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LE CRIME DE DALHAIN (Lorraine, août 1914)

24 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER

LE CRIME DE DALHAIN (Lorraine, août 1914)

TEMOIGNAGE D'UN MIRACULE :

Le docteur Pratbernon à Dalhain, Morhange (août 1914)...

J’ai déjà présenté dans ce blog plusieurs témoignages sur les combats de Morhange d’août 1914, vécus par des médecins militaires affectés tant à des corps de troupe (4e BCP) qu’à des formations sanitaires de campagne (ambulance n°4/20). Aujourd’hui, en marge de ces combats, je vous propose le témoignage de Louis Henri Joseph Pratbernon (1882-1936), alors jeune médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant) affecté à l’ambulance n°4/20 qui fut détaché de sa formation pour apporter ses soins à des soldats isolés à Dalhain (poste de secours de l’école). Le témoignage qui suit, daté de 1916, précise les évènements du 20 août 1914 qui conduisirent à l’exécution sommaire de treize soldats français dont certains étaient blessés, du sergent infirmier Eugène Faive (prêtre, 1888-1914), responsable du poste de secours de la « Grange » où trouvèrent refuge 47 blessés et de l’abbé Prosper Calba (1882-1914). Le témoin, le docteur Pratbernon réussit à s’échapper du lieu de l’exécution et retrouva ses blessés.

Le même jour le village fut brûlé et la population déportée sur l’Allemagne après plusieurs exécutions de civils (Cezard Julien, Fristot Théophile, Calba Robert âgé de 16 ans…). Sur ces crimes : voir le carnet de Lucien Lambert, de Dalhain.

Jacques Didier dans son très bel ouvrage Des Moissons Tâchées de Sang (Metz : éd. Serpenoise, 2010, 168 p.) a présenté de nombreux extraits de témoignages sur la bataille de Lorraine (1914), dont ceux du docteur Pratbernon, d'après une copie de ses "mémoires", transcrite par M. René Pierre.
« Récit composé par le médecin aide-major de 1ère classe Pratbernon sur les sévices qu'il a subis de la part des Allemands et les scènes dont il fut le témoin dans le cours de sa captivité.

Il n'est pas un Français qui après 22 mois de guerre, ne soit fixé sur la brutalité, avec laquelle les Allemands se sert, conduits, partout où les a menés le hasard des opérations militaires. Il n'en est pas un qui ne sache, avec quelle féro­cité insoupçonnée antérieurement à la guerre, les allemands ont traité à la fois la population civile et les prisonniers blessés ou non, qui sont tombés entre leurs mains. Chacun sait avec quel raffinement de cruauté, les allemands ont martyrisé ou mis à mort d'innocentes per­sonnes, que les circonstances avaient empêché de se déro­ber au danger, ou que le devoir avait retenues où elles furent prises. Le vandalisme dont les allemands ont usé envers, de nombreuses localités, en les détruisant par le canon et l'incendie, en dehors de toute indication militaire, est également connu de tout le monde. L'invasion de la Belgique et consécutivement celle d'une partie de notre territoire, se firent dans des conditions [page 2] où la destruction, l’assassinat, le carnage et la terreur furent les éléments le mieux caractérisés. Et lorsque fut constitué par les soins du Gouvernement, le dossier des crimes, dont l'armée allemande s’est rendue coupable, en vue de les porter à la connaissance du monde civilisé, alors les allemands s'efforcèrent pour se disculper de motiver leur conduite. Pour cela, ils adoptèrent un système de défense à peu près uniforme. Pour justifier la destruction d’un pays où la mise à mort de civils innocents ou de militai­res désarmés, ils inventèrent qu'un ou plusieurs des leurs avaient été victimes d'un guet-apens et que la po­pulation civile avait fait feu sur eux. Audacieuse Justification, mais combien fragile et que jettent bas les observations recueillies et rap­portées par de nombreux témoins. Parmi les personnes qui eurent à souffrir de la cruauté allemande et plus particulièrement, parmi les militaires qui ayant été faits prisonniers, ont eu à subir les plus effrayantes brutalités, il s’est trouvé un grand nombre de médecins et infirmiers. Envers le personnel sanitaire, les troupes alle­mandes avaient une merveilleuse occasion, en satisfaisant à leur besoin de barbarie, de donner libre cours à leur lâcheté, et n'avaient que plus de jouissance en s'attaquant à lui en toute sécurité. Le recueil officiel des atrocités allemandes contient au sujet des médecins qui ont été faits prisonniers plusieurs exemples tragiquement éloquents. Pour mon compte [page 3] personnel, il m'est arrivé de tomber entre les mains des Allemands, dans des circonstances qui m'ont permis de les voir exercer en détail leur cruauté et leur vandalisme. J’ai été soumis à toutes les menaces et j'ai échap­pé à de multiples dangers.

La situation dans laquelle je me suis trouvé résultait directement du rôle, que sur des instructions très précises de la part de mes chefs j'avais eu à jouer dans la localité où j'ai été pris. J'ai pensé que le récit des moments que J'ai vécus avec les allemands pouvait avoir un intérêt suffisant pour trouver une modeste place dans "l’histoire anecdotique du Service de Santé en Campagne."

En composant ce récit conformément à mes souvenirs et en relatant de façon scrupuleusement exacte, les observations qu'il m'a été permis d’enregistrer avec attention, mon but est de faire connaître dans quelles conditions les alle­mands ont procédé systématiquement à la destruction com­plète de le localité où je me suis trouvé pris. Je montrerai comment, pour justifier leur oeuvre de destruction ils ont eu recours aux pires moyens, à l'égard de la population civile et de malheureux militaires tombés entre leurs mains. J'espère que de ces quelques pages se dégagera une flétrissure méritée à l'adresse du régiment allemand que j'ai vu à l'oeuvre, alors que s’auréolera glorieusement la mémoire de ceux qui ont été ses victimes. C'était au mois d'août 1914, alors que les troupes françaises s'étaient avancées avec succès en Lorraine annexée [page 4]. J'appartenais à une ambulance du 20ème corps d'armée et vers la fin de la journée du 19 août, ma formation s'était fixée à "Berlingen" (Lorraine annexée) à quelques kilomètres de Morhange. Là sur les recommandations du médecin division­naire dont dépendait notre ambulance, nous ne donnâmes à notre installation qu'un caractère provisoire de façon à pouvoir nous déplacer aisément, en cas d'opportunité. Vers 9 heures du soir nous furent amenés les premiers blessés et nous passâmes toute notre nuit à en recevoir. Le 20 août dès 4 heures et 1/2 du matin, le canon se fait entendre tout près de nous, et de la porte de notre ambulance nous distinguons le sifflement des obus et nous voyons certains d'entre eux tomber à 150 ou 200 mètres de nous. Aussitôt nous recevons la visite de M. le directeur du Service de santé du XXe corps d'armée, qui exprime à notre chef l'impossibilité dans laquelle nous nous trouvons de laisser notre organisation dans une situation aussi dangereuse et nous engage à évacuer Berlingen dès que les circonstances le permettraient. Quelques minutes après survint M. le médecin divisionnaire qui renforçant les ordres de M. le directeur, prie notre chef de prendre toutes les dispositions nécessaires pour évacuer les blessés de notre ambulance sur "Dalheim” village considéré comme plus reculé de la ligne de feu et distant de Berlingen d’environ 3 kilomètres. Pour cela monsieur le médecin divisionnaire demande à notre chef, d'envoyer au préalable un aide-major qui irait immédiatement à bicyclette jusqu'à Dalheim pour y préparer [page 5] des locaux destinés à recevoir les blessés évacuables de "Berlingen". Me trouvant présent, au moment où ces instructions étaient données à mon chef, celui-ci me chargea de faire le nécessaire et d’aller à « Dalheim ». Je pars à bicyclette et je franchis sous les obus les 3 kilomètres que j'avais à faire. A partir de ce moment, je me considérai comme devant être séparé définitivement du personnel de mon ambulance, car je me rendis compte aisément, qu'en raison du bombardement intense, sévissant entre "Berlingen" et "Dalheim », il serait plus qu'imprudent de procéder à une évacuation de blessés. Un convoi de voitures en effet, s'engageant sur la route aurait été un objectif de choix pour l'artillerie ennemie et n'aurait pu parvenir à destination. Arrivé à "Dalheim" je me mets en relation avec le maire et malgré tout je prépare des locaux pour une arri­vée éventuelle de blessés. Je fais aménager ces locaux com­me il convenait, et j'attends sous la menace des obus, qui de plus en plus font entendre dans tous les sens, leur sifflement caractéristique. Une heure après mon arrivée à "Dalheim", je revois M. le médecin divisionnaire qui revient de Berlingen, la tête recouverte d'un pansement. Je vais à lui pour être ren­seigné sur sa blessure, j'apprends qu'il ne s'agit heureu­sement que d'une plaie superficielle de l'arcade sourcillère dûe à une balle de schrapnell. En raison de la situation de plus en plus menaçante, qui intéressait Dalheim et de la conviction [page 6] que j'avais de l'impossibilité pour mon ambulance laissée à "Berlingen" d'évacuer ses blessés sur l'organi­sation que j'avais préparée, je jugeais que ma présence en un tel milieu était devenue sans objet et je demandai de nouvelles instructions à M. le médecin divisionnaire. A la question précise que je me permis de lui poser relativement à l'éventualité que je fusse fait prisonnier il me répondit de rester là, jusqu'à ce que les abords au village soient occupés par l'ennemi. A partir de ce moment je fus définitivement fixé sur le sort qui m'était réservé, car le douloureux spectacle de repliement précipité de certains de nos effectifs ne me permettait pas d'espérer une issue heureuse peur la bataille engagée. Il était 7 heures et depuis cette heure-là, je reçus un assez grand nombre de blessés, qui isolément ou portés par des camarades, m'arrivaient du champ de bataille intéressant les environs du village. Il n'y avait point de mon côté de poste de secours régulièrement établi, et les malheureux qui tombaient se trouvaient dans la nécessité de se rendre au village qu'ils apercevaient. C'est dans ces conditions que m’étant fixé à la maison d'école, sur laquelle flottait une croix rouge, je recueillis les blessés que le hasard avait amenés dans cette direction. N’ayant à ma disposition pas le moindre matériel d’ambulance, j'étais contraint à soigner et à panser mes blessés avec le pansement individuel dont quelques-uns se trouvaient encore munis. [page 7] La journée se passa ainsi et vers 4 heures du soir, j'avais dans mon ambulance 80 blessés environ et une vingtaine d’éclopés, ou considérés comme tels. Ces derniers en effet, étaient des combattants, qui dans la journée, s'étaient égarés isolément de leurs unités et ne sachant où aller, cherchaient à se réfugier individuellement dans la maison de “Dalheim ». En prévision de leur inutilité et peur éviter toute complication à l'arrivée des Allemands, je les avais re­cueillis à mon ambulance, en me proposant de les présenter à l’ennemi comme étant éclopés. La canonnade avait cessé et quelques coups de fusil se faisaient encore entendre espacés, mais de plus en plus rapprochés, traduisant une avance certaine mais prudente des Allemands. A ce moment, alors que contre toute apparence, l'espoir m’était resté d'un retour offensif possible de notre part, je me mis dans l’obligation de préparer mes blessés à l'idée que nous étions menacés d’être pris. Ils acceptèrent mon avis et mes recommandations avec le plus grand calme, dissimulant toutefois avec peine le légitime effroi que leur causait une telle perspective ainsi que la douloureuse peine provoquée par le subit effon­drement de leurs plus grands espoirs. Et brusquement "Dalheim » se trouve envahi par le 90e régiment d'infanterie prussienne. J'attendais à la porte de l’ambulance et je vis un détachement se diriger sur moi, sous le commandement d’un officier [page 8], qui, révolver en main, accepta sans brutalité l'explication que je lui donnai de ma présence. Cet officier me demande de faire sortir ceux qui parmi mes blessés pouvaient marcher, Je lui livrai les éclopés, et après s’être assuré que toutes les armes avaient été mises de côté, l‘officier se retira, laissant la garde de mon installation au détachement qu'il conduisait, A ce moment je me sentis comme soulagé, car j’avais craint que les Allemands en s'emparant de mon am­bulance, n'usassent d'une plus grande brutalité. Peu après que l'officier se fut retiré, je reçus la visite du médecin major du régiment, qui venait de prendre possession du village. Celui-ci se montra très aimable. Il me tendit la main en m’appelant « camarade » et parlait assez correctement le français, me demanda de lui faire voir « mes blessés». Je me rendis à son invitation, et j’échangeai avec lui quelques mots relatifs aux diverses blessures que j‘avais constatées. Entre temps il ne put résister à m'exprimer, aimablement toutefois, une allusion au manque de respect que les français manifestaient ouvertement en­vers la Convention de Genève, et, comme une leçon apprise par coeur, il me cita l'exemple d'un officier français blessé, tuant d'un coup de révolver le major allemand, qui venait de lui donner ses soins sur le champ de bataille. Je ne fus évidemment pas dupe de cette hypocrite calomnie je vis par là au contraire, l’idée bien arrêtée chez les Allemands de se livrer au chantage le plus honteux.

[page 9] Le médecin major me quitta de façon très correcte, et me retrouvant seul, j’eus une nouvelle fois l'impression que j’aurais pu être maltraité davantage dans mes premiers rapports avec l’ennemi. Quelques instants après, je vois arriver à mon ambulance un sergent infirmier qui demande à me parler. Il s'a­gissait d'un sous-officier du groupe divisionnaire de bran­cardiers qui contraint à se replier isolément ou presque s'était arrêté à « Dalheim », s'était abrité dans une maison et y avait reçu quelques blessés. Parmi ces derniers se trouvait un jeune sous-lieutenant Forestier, qui était blessé très grièvement et le sous-officier venait me demander d'aller le visiter an rai­son de la gravité de son état. En présence de cette situation, je demandai au sous-officier de m’indiquer le chemin à prendre pour se rendre à la maison qu'il occupait, et je le laissai repartir en lui promettant de le rejoindre quelques minutes après. Je fais quelques recommandations de circonstance à mes blessés, avant de les quitter pour me porter au secours du jeune Forestier, et je m'engage dans le village où le 90e prussien me semble prendre possession de son cantonnement. Arrivé au centre du village, en face de l’église je me trouve à nouveau en présence du médecin allemand qui cette fois était à cheval. A ses côtés se trouvait un prêtre que j'avais [page 10] déjà eu l'occasion de rencontrer dans la journée et que je prenais pour le curé du pays. M'apercevant, le médecin allemand me demanda si j'avais un cheval, en ajoutant que si j'en avais un, il me demanderait de l'accompagner pour aller dans les environs du village, voir quelques blessés graves. Je lui réponds que je n’ai pas de cheval, mais pour ne pas opposer à sa demande un refus complet, je lui propose de lui confier un sous-officier susceptible de l'aider ; le sergent brancardier qui venait de me révéler sa presence en me solicitant pour les blessés qu’il avait recueillis. Ici je crois utile d’ouvrir une parenthèse. Au sujet de la proposition que venait de me faire le médecin allemand, les évènements qui se sont succédés par la suite, m’ont donné la certitude morale que l’objet de cette proposition ne correspondait pas du tout à ce qui m’avait été dit. Le confrère allemand croyait employer en se conduisant ainsi à mon égard, le moyen de me dérober au danger dont il savait que j’étais menacé. Si telle fut bien l’intention du médecin allemand je ne puis que rendre hommage au sentiment de confraternité dont il a fait preuve envers moi, mais dont malheureusement l’effet ne put être réalisé. En effet, pendant la très courte conversation, que j’avais avec le médecin et à laquelle participait indirectement le prêtre présent à nos côtés, nous étions entourés de 5 à 600 fantassins qui s’agitaient bruyamment en tous sens.

[page 11] Certains d'entre eux, 50 environ vont du côté de l’é­glise en face de laquelle nous nous trouvions, et dirigeant leurs armes dans le sens de la hauteur, me font l'impression, en s’abritant derrière le mur qui entourait l'église d’attendre le passage d’un aéroplane français, pour le tirer quand il serait à leur portée. Ce geste de la part de 50 fantassins fut répété par d’autres dans une autre direction et dans les mêmes conditions si bien que comme impression je m'imaginai que l’aéroplane, attendu au-dessus de l'église, était passé trop latéralement et qu'il allait être tiré ailleurs. Ces impressions étaient entièrement fausses, et ce dont j'ai été le témoin, était la mise en scène de l'oeuvre de destruction à laquelle le 90e prussien allait soumettre le village de « Dalheim », sa population et les militaires français blessés ou non, qui venaient d’y être faits prisonniers. Le premier des exercices prévus dans la circonstance par le commandant allemand était la fusillade, fusillade généralisée sans objectif déterminé, chacun des quelques cen­taines de soldats devant tirer au gré de sa sauvagerie ou de son indéfinissable exaltation. En effet au moment où nous échangions avec le médecin allemand les quelques mots cités plus haut, et où je subissais les impressions relatives au passage d'un aéroplane à ce moment une fusillade éclate dans tous les sens. Le médecin allemand disparait instantanément avec son cheval et je reste seul avec le prêtre au milieu de tous les allemands tirant dans toutes les directions, dans les mai­sons en dehors, en haut et en bas. [page 12] Instinctivement je juge que je n’échapperai pas à un coup de fusil, je suis en effet la seule culotte rouge dans le village et avec le prêtre nous nous précipitons dans une maison en y sautant par la fenêtre. Là sur le conseil du curé, nous nous cachons sous une table ronde, pendant qu’au-dehors la fusillade continue et que les Allemands pénètrent dans chaque maison. A ce moment, je juge ma situation désespérée et je m'attends de seconde en seconde à être assassiné par le premier allemand qui pénétrera dans la pièce que nous occu­pons. Cette situation dure de 4 à 5 minutes et la fusillade semblant se calmer au dehors; je conseille au curé de sortir de notre abri plutôt équivoque et de repasser au ris­que de notre vie, par la fenêtre que nous avions trouvée pour entrer. Aussitôt que nous eûmes franchi la fenêtre, nous apercevons a notre droite un groupe de 40 à 50 allemands arrêtés et ayant leurs armes dirigées vers la sortie de la maison que nous occupions. Devant cette maison, stationne un groupe de 5 à 6 militaires français prisonniers. Parmi eux, je reconnais le sergent brancardier, dont il a déjà été parlé. Aussitôt que nous sommes aperçus par les Allemands ceux-ci nous donnent l'ordre de nous joindre au grou­pe de prisonniers et pour renforcer cet ordre, ils nous poussent avec des coups de pied au derrière, des coups de crosse de fusil dans le dos et des coups de plat de baïonnette sur les épaules. [page 13] L'un d'entre eux se cramponne à mon brassard, et avec une violence inouïe, fait l'impossible pour me l’arracher. Je résiste aux tractions, que cette brute exerce sur mon bras, et mon brassard est d'une telle solidité, qu’il me reste intact, malgré le furieux arrachement auquel il a été soumis. A ce moment, je suis placé entre le sergent-brancardier et le prêtre civil. Les 4 ou 5 autres soldats français se tiennent en avant de nous et nous recevons l'ordre d'avancer en distinguant parmi le chaos de régiments allemands, l’avertissement suivant répété que nous allons être conduits à la fusillade.

C’est dans ces conditions que l’ordre nous est donné d'avancer et sous la poussée des bottes et des crosses allemandes, nous allons pour être fusillés à l'endroit où nous serons conduits. Le curé était à ma droite et le sergent-brancardier à ma gauche. Ce dernier était un prêtre réserviste et comme tel a su dans un moment aussi tragique manifester la plus grande beauté d’âme alliée au sentiment patriotique le plus élevé. C'est ainsi que lorsque nous fûmes mis en marche, il se découvrit, et faisant à demi face à nos bourreaux que nous précédions, il se redressa crânement et nous dit à haute voix : « Mes frères, recommandez votre âme à Dieu ». Ce furent les dernières paroles que j’entendais de lui. Le souvenir de cet instant à toujours entretenu dans mon esprit la plus forte émotion, et aussi est-ce pour moi comme un soulagement en même temps que l’accomplissement d‘un noble devoir que de rendre à la mémoire de cette victime, l’hommage de mon admiration la plus profonde. [page 14] Nous allions donc au mur résignés, et ne pouvant plus compter sur la moindre chance de salut, lorsque d'une maison quelconque devant laquelle nous passions, nous recevons d’une fenêtre du premier étage une fusillade subite. Suivant la détonation produite, cette fusillade de­vait être le résultat de 12 à 15 coups de fusil partis simultanément. Je baisse le dos et j'ai l’impression que tout autour de moi vient de tomber un panier de noisettes. C'est dire que je ne puis encore m’expliquer comment je n'ai pas été touché par une balle. A ce moment, nous nous trouvions à 100 mètres environ de mon ambulance et nous lui faisions face. Ce fut pour moi l'indication de m'y réfugier, à laquelle j'obéis instan­tanément et ne faisant qu'un bond ; je me retrouvai sain et sauf au milieu de mes blessés... J’avais laissé mes infortunés compagnons qui, hélas ne devaient pas comme moi, bénéficier d'une chance aussi peu vraisemblable. Quelques minutes après ils tombaient assassinés par les Allemands et ce n'est que longtemps après être rentré en France, que j'eus connaissance de leur identité par l'annonce officielle qui fut faite de leur mort.

Dans son numéro du 24 Octobre 1914, un journal de Nancy annonce "la mort de M. l'Abbé Prosper Albert Galba fusillé à Dalheim par les Allemands le 20 Août. Né à Dalheim le 3 Janvier 1882, M. l’Abbé Galba [Calba] était vicaire à Saint-Maur de Lunéville." l'Abbé Galba était donc ce prêtre que j'avais pris pour, le curé de Dalheim, en réalité il était originaire de ce pays et s’était laissé surprendre là par la guerre au moment où il y passait des vacances [chez sa mère].

[page 15] A la date du 13 février 1915, le même journal annonce la mort du sergent « M. l’Abbé Faive, vicaire au Sacré-Cœur, sergent à la 23e section de brancardiers (sic) fusillé par les Allemands au mois d’août. L’abbé Faive était né à Vézelise le 27 novembre 1888. »

Me retrouvant au milieu de mes blessés, je trouve ceux-ci dans un état indescriptible. La plupart de ceux qui pouvaient se trainer s’étaient réfugiés à la cave. Les autres s’abritaient comme ils pouvaient contre les balles qui traversaient les fenêtres de la salle où ils se trouvaient. Je les réconforte de mon mieux et les engage d’être courageux et surtout à s’abriter du mieux qu’ils pourront, en se partageant toutefois la place, pour que chacun puisse en profiter. Au dehors, la fusillade continue et pour mon compte j’attends que les Allemands viennent me chercher par l’oreille et me châtient sans pitié de leur avoir faussé compagnie. Mais dans de telles circonstances chaque minute passée équivaut à un résultat, et seul, le fait de ne pas encore être tiré suffisait à mes besoins du moment. Une demi-heure après mon invraisemblable retour à l’ambulance, la fusillade s’éteint, lorsque nous entendons un coup de canon très rapproché suivi d’un fracas épouvantable et nous avons l’impression que notre ambulance est bombardée. En réalité, ce n’était pas l’ambulance qui était l’objectif du canon allemand sans doute braqué à quelques cent mètres mais c’était l’église et je m’en aperçus plus tard. En effet, le programme des Allemands devait [page 16] pour ce jour-là du moins se trouver bientôt exécuté, et lorsque la nuit vint, j’aperçu une maison en feu. L’incendie se propage rapidement et s’avançant progressivement du côté de mon ambulance, je me rends compte que nous ne serons pas épargnés et qu’il me faudra procéder au sauvetage des malheureux qui m’entourent. Je leur cache le plus longtemps possible le danger qui nous menace, et je me décide à procéder à l’évacuation que lorsque notre ambulance est atteinte par le feu. Il était 9 heures du soir, tout le village était en feu, il ne restait plus que quelques maisons menacées elles aussi. Dans de telles conditions, je pensai que l’église constituait le seul abri possible pour mes blessés, et je m’y rendis pour juger de la situation. C’est alors que je constatai et que je compris les effets de canonnade, qui nous avait tant inquiétés, l’église n’était plus qu’une ruine et avait été frappée de toutes parts par l’artillerie allemande. Je résolus donc de placer mes blessés sur la route et à l’aide de 2 ou 3 troupiers valides nous les transportâmes au milieu du village. En effectuant ce sinistre déménagement, nous nous rendons compte des premiers résultats de l’œuvre allemande et nous trouvons en effet quelques cadavres de civils qui ont été ses victimes. Par l’intermédiaire d’un habitant j’apprends la mort du jeune sous-lieutenant Forestier qui a succombé à ses blessures. Je fais prendre son corps [page 17] et je le place respectueusement à proximité du tas que composent à présent mes blessés sur la route. Je me place au milieu d’eux et en prévision du passage possible de troupes allemandes dans le cours de la nuit, pour éviter de leur part une erreur redoutable en même temps que pour stigmatiser le résultat odieux de leurs actes ; je charge un homme de prendre la garde en tenant dans ses mains au pied de notre tas un fanion de la Croix-Rouge. C’est dans ces conditions que nous passâmes toute la nuit au milieu du village en flammes, ayant eu le pénible honneur de composer un tableau, dont se dégage le caractère de majesté tragique que l’on conçoit. Evidemment il n’y avait plus d’allemands à « Dalheim » ils s’étaient dirigés vers un cantonnement plus salubre avec la satisfaction du devoir accompli et l’espoir que les balles, les obus et le feu n’épargneraient que bien peu de la population et des nôtres.

Le lendemain matin, alors que les premières lueurs du jour nous surprenaient dans un décor fait de mines fumantes et de dévastation, un détachement du 90e fait son apparition à l’entrée du village ; et venant sans nul doute constater le résultat de son œuvre criminelle de la veille, s’arrête aussitôt qu’il aperçoit notre groupe. Les hommes de ce détachement mettent immédiatement baïonnette au canon et font entendre des vociférations, de l’ensemble desquelles je perçois l’ordre de me diriger vers eux. [page 18] Je me lève donc parmi mes blessés et aussitôt debout, j’entends de nouveaux rugissements de la part des Allemands. Cette fois, il s’agissait de la façon de me présenter à eux. Et de nombreux cris de « Hand, Hand » appuyés de gestes significatifs me firent comprendre que pour leur être agréable, je devais lever les bras. Je fais environ 150 mètres dans cette attitude pour aller vers eux. Arrivé à leur détachement, je suis menacé par les baïonnettes, les révolvers, etc. Un des plus furieux me pique la poitrine de l’extrémité de sa baïonnette. Et je subis de leur part les pires injures. Les mots de « Schvein-hund-xache » sont ceux qui me reviennent le plus fréquemment à l’oreille. Je suis en somme, à ce moment-là comme un renard sur lequel toute une meute de chiens enragés se serait ruée avec toute la force de leur instinct. Cependant outre les insultes que vomissent tout autour de moi et me crachent au visage toutes ces brutes ; je comprends que je suis voué à une manœuvre nouvelle de leur part. Et j’entends en effet quelques allusions, au rôle qui m’est attribué, et me vaut les représailles que je subis. J’ai, disent les Allemands, abrité des combattants français qui ont tiré sur leurs troupes, alors qu’elles prenaient possession du village. Il y avait en outre une mitrailleuse dans le clocher et j’ai donné les ordres pour qu’il en soit fait usage. Ils m’accusent d’autre part d’avoir participé à cette rébellion et d’avoir personnellement tué un général. Lorsque je vis se préciser de telle façon la manœuvre [page 19] dont je me voyais menacé, je compris toute l’hypocrite lâcheté dont les Allemands étaient résolus d’user envers moi pour assouvir leur besoin de cruauté, et en même temps pour tenter de légitimer la destruction dont j’avais été le témoin. Il leur fallait un prétexte au carnage auquel ils s’étaient livrés, ils le trouvaient dans l’invention des coups de fusil reçus par leurs troupes et de la mitrailleuse placée dans le clocher. Mais aussi ils voulaient donner à ce prétexte une forme plus concrète et un caractère de plus grande gravité. Aussi n’hésitaient-ils pas pour cela, à me rendre responsable de ce qu’ils disaient s’être passé ; en m’accusant du fait précis d’avoir tué un général. De cette façon, ils comptaient se disculper à mes dépens. J’étais fait pour les tirer d’embarras et à la fois pour eux une proie de choix, sur laquelle ils semblaient se réjouir d’exercer leur férocité. Pendant que s’ouvrait à mon esprit cette souriante perspective, j’étais toujours les bras levés entouré des allemands qui me poussaient du côté de mes blessés. Lorsque nous fûmes arrivés à eux, les Allemands leur firent lever les bras aussi, en leur prodiguant copieusement toutes sortes de brutalités. Et nous restâmes les bras levés si longtemps que je me souviens de l’obligation dans laquelle je me suis trouvé de m’aider alternativement d’une des deux mains pour tenir l’autre en l’air.

Pendant ce temps, une partie du détachement allemand s’occupait de faire la chasse aux habitants du village qui avaient échappé au massacre de la veille. Tous les hommes [page 20] sont arrêtés, vieillards et enfants se trouvent là et sont joints à nous. Il est question de nous emmener, je demande un chariot pour les plus gravement blessés, il en est amené un, et nous sommes mis en ordre de marche. Ace moment, l’officier du détachement croit devoir se livrer à une dernière manifestation sur le théâtre même de leurs crimes et brandit en me la balançant sous le nez, la tunique du malheureux sergent brancardier, en me criant qu’il n’en a plus besoin puisqu’il a été fusillé la veille avec le curé. Et sous bonne escorte nous sommes mis en route dans la direction de « Morhange ».

Nous cheminons péniblement sur la route, qui traverse la campagne, où s’est livré le combat. Et sous nos yeux se déroule le panorama le plus triste qui se puisse imaginer. Les champs de blé qu’un soleil généreux avait préparé à un plus noble sort, étaient autant de linceuls pour nos héroïques soldats, dont nous apercevons les cadavres amoncelés. Ma pensée, alors que nous avancions, se partageait entre le sort qu’avaient pu avoir les camarades de l’ambulance que j’avais laissés la veille à « Berlingen » ; et les conséquences qu’allait avoir pour moi la dernière accusation, dont les Allemands venaient de me charger. Nous avions environ 8 kilomètres à faire pour nous rendre de « Dalheim » à « Morhange » et les blessés se trainant difficilement, nous sommes obligés de nous arrêter assez souvent pour leur permettre de reprendre haleine. Parmi eux [page 21] il y en a qui ne peuvent plus avancer. Alors l’officier, qui nous conduisait vient me trouver et m’engage à les « terminer » (sic) pour que nous n’en soyons plus embarrassés. Je lui réponds que je me charge de les placer sur le chariot qui nous suit ; et malgré le peu de place disponible faisant comprendre en 2 mots aux blessés le caractère de la situation ; je les entasse pêle-mêle sur la voiture, pour éviter l’horreur qui m’avait été proposée.

Nous arrivons à Morhange et nous atteignons une caserne. Notre convoi s’y arrête pour permettre à l’officier allemand de demander sans doute un renseignement. Et j’ai la joie à ce moment, de retrouver mes camarades, qui dans la cour de cette caserne, se tiennent près de la porte d’entrée et me font l’impression d’être là depuis au moins quelques heures. Sans prendre un instant, mais sans pouvoir toutefois leur faire part du caractère grave de ma situation, je leur fais comprendre en m’adressant particulièrement à mon médecin-chef de vouloir bien employer tous les moyens pour que je ne sois plus séparé d’eux. Je me hasarde à demander à l’officier allemand l’autorisation d’être laissé avec mes camarades que je lui désigne. L’officier me répond négativement et je suis conduit avec mes blessés et les civils de « Dalheim », dans un camp provisoirement installé sur le terrain d’aviation de Morhange.

A mon arrivée, je demande au capitaine du camp, par quel moyen il me serait possible d’être autorisé à rejoindre mes camarades à Morhange, il me répond qu’avant tout, il existe une question à régler car je suis accusé d’avoir tué un général. Je m’aperçus par-là que la liaison était parfaite entre les diverses autorités, dans les mains desquelles je passais successivement [page 22], et que chaque fois que je serais transmis ainsi je pouvais être assuré d’une recommandation toute spéciale, dont le caractère n’était pas pour me réconforter. Entre temps, notre convoi avait pris place dans le camp et ses divers éléments s’étaient mêlés au nombre déjà grand d’autres prisonniers qui y avaient été amenés antérieurement. Les civils de « Dalheim » furent à leur entrée l’objet d’une sollicitude toute particulière de la part du commandant du camp. Voici en effet ce que je vis, et le souvenir de cette scène constitue pour moi un exemple éloquent de la barbarie allemande. Le capitaine de camp ayant rassemblé ces civils, leur adresse en allemand un langage martelé de reproche et de menaces et après les avoir terrorisés du mieux qu’il put, il les condamna à se coucher, à plat ventre, les uns à côté des autres, placés en carré, la face contre terre, avec défense de lever la tête, sous peine d’être immédiatement fusillés. Et je les vis dans cette position, pendant tout le temps que je suis resté là, 4 heures environ. Dans le nombre il y avait des vieillards de 70 à 80 ans et de tous jeunes gens de 13 à 17. Le carré qu’ils avaient formé était gardé aux quatre coins par plusieurs fonctionnaires. Et ceux-ci pour se distraire, s’amusaient à tirer l’un ou l’autre de ces malheureux par les oreilles. Lorsque celui qui était soumis à ce tiraillement ne pouvait résister à lever la tête, alors il recevait immédiatement un formidable coup de crosse, qui lui replaçait le nez en terre immédiatement. [page 23] C’est ainsi que je vis tomber sur la tête d’un vieillard une crosse dont le coup lui causa une déchirure étendue du cuir chevelu. Semblable spectacle n’était pas fait pour me donner l’espoir d’échapper aux menaces, dont j’étais personnellement l’objet. Mais malgré tout, j’avais pour objectif de rejoindre mon ambulance à Morhange, où j’avais l’impression que ma sécurité serait mieux assurée. Et j’observais tout ce qui, autour de moi, pouvait me servir à cet effet.

Or, vers le soir, le capitaine du camp fut remplacé par un autre, m’en étant immédiatement aperçu, et songeant à la possibilité que le remplaçant ne soit pas connaisseur du forfait qui m’était imputé, je m’en fus le trouver sur le champ et je lui demandai l’autorisation d’aller jusqu’à la caserne où j’avais revu mes camarades, pour y chercher ma cantine. Comme je l’avais espéré, j’allais bénéficier d’une solution de continuité dans la trop stricte liaison, dont jusque-là j’avais souffert, et le nouveau commandant du camp ne sachant rien de ma personnalité, m’autorisa à aller à Morhange sous la garde de quelques hommes de troupe et d’un sous-officier allemand. Arrivé à la caserne, je me mis en quatre pour mettre au courant mes camarades de la situation dans laquelle je me trouvais. Secouru par eux, j’obtins d’un médecin allemand avec lequel ils avaient été mis en rapport une note à l’adresse du commandant du camp qui était prié de me renvoyer définitivement à Morhange, pour y soigner les prisonniers français blessés. Je revins donc à Morhange le soir même et j’étais bien rassuré [page 24], espérant que je serais oublié plus facilement au milieu de mes camarades.

La nuit et la journée du lendemain se passèrent pour nous sans incident notable. Nous avions coupé notre temps à prodiguer nos soins à plusieurs centaines de malheureux blessés français, qui avaient été placés sur une mince couche de paille dans la cour de la caserne. J’étais personnellement occupé à panser un de ces blessés lorsque vers 5 heures du soir, je vis s’avancer droit sur moi un officier et au chiffre 90, que portait le manchon de son casque, j’eus tôt fait de me représenter l’objet de sa venue vers moi. En un instant, il est sur moi et m’abordant violemment me lance cette apostrophe, dont j’avais eu le tympan meurtri tant de fois : « C’est vous qui avez tué le général à Dalheim ?». Je me raidis et proteste selon mes moyens. Evidemment l’officier loin de tenir compte de mes dénégations, donnait libre cours à sa bruyante volubilité. Il était accompagné d’un autre officier. Je crus devoir me tourner vers ce dernier, pensant à la possibilité de le convaincre plus facilement. A peine lui [ai-je] exprimé un mot qu’il me dit : « vous êtes arrêté ». Et aussitôt quelques hommes sortis je ne sais d’où s’emparent de moi et à la vue de mes camarades stupéfaits, me conduisent au poste de police du quartier. Là le corps de garde célèbre mon arrivée d’une façon toute protocolaire et selon les usages allemands, je suis passé « à tabac » dans les plus belles conditions. [page 25] Cette séance ayant duré une dizaine de minutes, je fus emmené vers le bâtiment disciplinaire de la caserne. Arrivé là, je suis reçu à bras ouverts par le sous-officier gardien, le type classique de l’ogre qui ne savait contenir sa joie à la vue du gibier de choix que j’étais pour lui. Ses yeux roulaient d’impatience à s’emparer de moi, et à être seul, à me posséder dans une des plus solides de ses cellules. Outre qu’il manifestait une jouissance toute bestiale, à me tenir dans ses griffes, il me faisait entendre par des vociférations appropriées que j’allais enfin payer le crime odieux que j’avais osé commettre sur un de ses plus grands chefs. Et je fus jeté en cellule dans de telles conditions. Ayant entendu la porte se refermer sur moi et les clefs tourner bruyamment dans la serrure, je fus réellement effrayé à l’idée que peut être, on allait me laisser mourir là sans autre forme de procès. L’extrême brutalité dont j’avais vu les allemands user dans les circonstances que j’avais traversées, me portait à les croire capables de me réserver ce sort atroce et sous l’empire de cette obsession je m’affaissai sur ma couchette. La nuit ne tarda pas à tomber et avec elle, les idées les plus variées vinrent envahir mon cerveau. Allais-je être fusillé ? Je le craignais, mais je l’espérais encore davantage et j’en étais arrivé à envier la situation du condamné à mort régulier, au sujet duquel la loi demande que ses derniers moments soient favorisés d’une respectueuse attention de la part des autorités. [page 26] Tel était mon état d’esprit, lorsque le jour, en naissant apporta une heureuse atténuation à mon angoisse et je repris un peu d’espoir. Vers midi, j’eus la vive satisfaction de revoir mon sous-officier geôlier, qui flanqué de quelques hommes en armes, venait me chercher pour me conduire devant le tribunal qui avait mission de me juger. Je fus introduit dans une salle, où se trouvaient 2 sous-officiers assis à une table. Ils avaient m’ont-ils dit reçu de la Place de Mohrange l’ordre de me faire comparaître sous l’inculpation d’avoir tué le fameux général de « Dalheim ». Je subis donc un interrogatoire en règle et ne pouvant invoquer de témoignages contre l’accusation dont j’étais l’objet je me suis borné à opposer d’énergiques dénégations. Je les appuyai sur l’idée que je possédais du rôle qu’un médecin est appelé à exercer en campagne, et je m’efforçai de faire comprendre à mes juges le caractère odieux d’une telle machination contre un non combattant. Pour terminer enfin, je crus devoir faire appel enfin sans m’humilier aux sentiments de probité, qu’ils pouvaient posséder, malgré la tâche à laquelle ils étaient destinés envers moi et m’étant écrié « Haben Sie Herz » j’attendis le résultat de cette ultime apostrophe. A cela mes 2 juges n’extériorisèrent point la moindre réaction et après quelques questions, me firent remettre en cellule. Dix minutes après, la porte de ma cellule s’ouvrait et je voyais y pénétrer les deux officiers (sic). Le premier entré me dit aussitôt : « vous êtes libre » [page 27] sous la condition, toutefois peu méchante, de m’engager par écrit au bas du procès-verbal de mon interrogatoire, à ne pas m’enfuir et à soigner les blessés français et allemands. C’est dans ces conditions que je fus rendu à la vie de captivité normale, que je partageai désormais avec mes camarades… »

Docteur Pratbernon Louis. Médecin aide-major de 1ère classe. Dépôt du 1er Rég. D’Artillerie. Bourges, 8e région – Bourges le 15 juin 1916. Signé : Pratbernon.

[Lettre de transmission, en forme de synthèse] Rapport de Monsieur Pratbernon, médecin aide-major de 1ère classe du dépôt du 1er régiment d'artillerie à Bourges.

« Lorsque j’ai été fait prisonnier par les Allemands j’appartenais à l'ambulance n°4 du 20e corps d'armée. Après avoir difficilement obtenu l'autorisation de rejoindre mes camarades de l'ambulance dont j'avais été séparé dans les conditions que j'ai exposées, je les retrouvai à Morhange. Ils avaient été placés dans une caserne celle du 17e régiment d’Infanterie bavaroise dans laquelle les Allemands avaient amené les prisonniers français blessés, dont le trop grand nombre ne permettait pas leur admission dans les formations sanitaires de Morhange.

C'est dans cette caserne que nous restâmes jusqu'à la date de notre rapatriement.

Outre mes camarades de l'ambulance n°4, que j'avais retrouvés là, s'y trouvaient également d'autres médecins tous du 20e corps d'armée.

Nous étions environ 20 médecins plus les pharmaciens les 2 officiers d'administration de notre ambulance et un chef de musique celui du 153e d'Infanterie.

La caserne que nous occupions avait été transformée en un vaste hôpital où furent logés selon les disponibilités de 1200 à 1500 blessés français.

Et sous le contrôle d'un médecin major allemand, nous nous répartîmes la tâche de donner nos soins à ces blessés. Nous avions au sujet de ces soins pour indication essentielle, [page 2] de la part du major allemand de rendre nos blessés évacuables aussitôt que possible sur des forma­tions sanitaires de l’intérieur. Aussi nous nous applicâmes à l'aide d’un matériel rudimentaire, que les allemands avaient mis à notre dispo­sition, à immobiliser le mieux possible, toutes les variétés de fractures qui se trouvaient là. Vers le huitième jour, les évacuations commencèrent et lorsqu'au dixième la caserne fut à peu près vide de blessés, il nous fut appris brusquement que nous allions être rapatriés. Le 1er Septembre, nous fûmes en effet dirigés sur Bâle, où les autorités militaires suisses prirent la responsabilité de nous mettre dans le train à destination de la frontière française.

Pendant nos dix jours de captivité, nous eûmes à subir de diverses façons l’arrogance des allemands dont la surveillance s'exerçait à la caserne où nous étions. Il arriva qu'un jour nous fûmes l'objet de leur part, d'une brimade des plus brutales. Le service de garde de la caserne, composé de nombreux factionnaires, ayant, pour mission de garder toutes les issues des divers bâtiments occupés avait au dire des Allemands surpris un blessé qui tentait de s’évader. Sans hésitation la sentinelle qui se trouvait là avait à bout portant tué de 3 coups de fusil, le malheureux blessé qui en réalité ne devait avoir eu aucune intention de s’enfuir ; mais s'était sans doute trompé et cherchait sa [page 3] chambre. Il n’en fallut pas davantage pour que les 3 coups de fusil fussent un motif tout trouvé pour permettre aux allemands de s'exercer à leurs jeux favoris et en dramatisant à leur manière, d’échafauder d’emblée une accusation contre nous. C'est ainsi que (cela se passait vers 9 H 1/2 du soir) firent subitement irruption dans la chambrée où nous couchions quelques troupiers, qui, le révolver à la main, nous intimèrent l'ordre de nous vêtir à la hâte pour descendre dans la cour. Nous rendant aux injonctions qui nous étaient données, nous arrivâmes dans la cour, où, immédiatement l’ordre nous fut donné de nous agenouiller à terre, en levant les bras. Avec nous se trouvaient de nombreux blessés, qui eurent à se placer dans la même position. Autour de nous, grouillaient de nombreux soldats allemands qui nous exprimaient toutes sortes de menaces et agitaient leurs armes bruyamment. Nous attendions ainsi ce qu’il allait être fait de nous lorsqu’un officier allemand nous fit connaître avec des éclats de voix appropriés qu’un blessé ayant tenté de s’enfuir, il convenait que nous fut appliquée une peine commune. Cette peine consistait pour nous, à passer la nuit dans la cour. À ce moment, vint à passer le major allemand avec lequel nous étions en relations, en raison de la direction dont il était chargé du service médical de la caserne. [page 4] Il intervint en notre faveur et obtint que cous fussions renvoyés dars notre chambrée. C'est ainsi que se termina la plus dangereuse brimade que nous eûmes à subir dans le cours de notre captivité. Aussi bien je crois que nous dûmes de ne pas être plus inquiétés à l'esprit confraternel de ce major allemand, qui sut toujours nous protéger, en usant à notre égard d'une bienveillante vigilance. »

Sources :

Archives du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris. Carton n° 639, dossier Pratbernon.

Pour en savoir plus :

Didier Jacques. Echec à Morhange : août 1914, la bataille de Lorraine. Louviers : Ysec, 2003, 240 p et Des moissons tâchées de sang. Lorraine 1914. Metz : éd. Serpenoise, 2010, 168 p.

L’ignominie allemande à Dalhain, narration de l’abbé Thiriot

Carnet de Lucien Lambert, de Dalhain, témoin

Abbé R. Hogard. Livre d’Or, Le clergé du diocèse de Nancy pendant la Guerre (1914-1918), Nancy : Vagner, 1920, 329 p.

COMMENT EFFECTUER UNE RECHERCHE INDIVIDUELLE AUPRES DU SERVICE DES ARCHIVES MEDICALES ET HOSPITALIERES DES ARMEES (SAMHA) DE LIMOGES ?

20 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

COMMENT EFFECTUER UNE RECHERCHE INDIVIDUELLE AUPRES DU SERVICE DES ARCHIVES MEDICALES ET HOSPITALIERES DES ARMEES (SAMHA) DE LIMOGES ?

Le 12 avril 2014, dans le cadre de la 1ère rencontre généalogique nationale sur la Grande Guerre organisée à Nice, dans le cadre prestigieux du palais des Rois Sardes, par l’AGAM (Association généalogique des Alpes-Maritimes), Madame Nadine Lannelongue, responsable du département exploitation du service des archives médicales et hospitalières des armées a proposé aux généalogistes présents une conférence sur le SAMHA de Limoges.

Madame Lannelongue après avoir présenté le SAMHA de Limoges et ses fonds documentaires très mal connus, a donné des renseignements très précieux pour optimiser une recherche par correspondance.

Une demande de recherche de documents médicaux se prépare… Ces recherches se font exclusivement par correspondance, le SAMHA n’accueillant pas le public. N'oubliez pas que les recherches au SAMHA s'effectuent "sur mesure" à votre profit par des agents archivistes ; que les outils de recherche dont ils disposent sont des fichiers "manuels" de centaines de milliers de fiches et/ou registres. Aussi pour éviter une réponse négative ou des échanges de courriers intempestifs et inutiles, préparez soigneusement votre courrier de demande, sans omettre une adresse postale pour l'envoi éventuel des documents...

Renseignements obligatoires pour une recherche individuelle dans le fonds d'archives des formations sanitaires 1914-1918 :

- Nom, Prénom et date de naissance de la personne recherchée

- Matricule et régiment au moment de la blessure

- Date de blessure, nom ou numéro des formations sanitaires.

Pièce à fournir : Photocopie de la fiche matricule

"Pour tous types de recherches, donner le maximum d'informations"...

Contact SAMHA :

Service des Archives Médicales et Hospitalières des Armées

23 rue de Chateauroux - BP 21105 - 87052 LIMOGES-CEDEX 2

exploitation.samha@fr.oleane.com

Légende photo : Palais des Rois Sardes à Nice, 12 avril 2014, Madame Nadine Lannelongue, responsable du département exploitation du SAMHA de Limoges en compagnie de François Olier.

Pour en savoir plus sur les archives médicales :

http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/archives-medicales-des-hopitaux-militaires-1914-1918

LE SERVICE DE SANTE COLONIAL AU COMBAT DE ROSSIGNOL (Belgique, 22 août 1914)… (2e partie)

18 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE COLONIAL AU COMBAT DE ROSSIGNOL (Belgique, 22 août 1914)… (2e partie)

Le massacre du 1er colonial relaté par le docteur Talbot, son médecin-chef.

« J’ai l'honneur de vous adresser, ci-joint et comprenant huit pièces distinctes, le très intéressant dos­sier, relatif à l'affaire de Rossignol, (22 Août 1914, Luxembourg belge) que, par l'intermédiaire du dépôt du 1er régiment d'infanterie coloniale, nous venons de recevoir du médecin major de lère classe Talbot, rentré de captivi­té le 13 novembre, après avoir été fait prisonnier le 22 août, alors qu'il remplissait au 1er régiment les fonctions de médecin chef du service médical.

Indépendamment des précisions qu'il apporte sur le sort de nombreux officiers et soldats dont nous étions sans nouvelles depuis le 22 août d'une façon incon­testable, les mauvais traitements infligés au personnel du Corps de santé. Il établit notamment que, en violation des articles 12 & 14 de la Convention de Genève et de l'article VII de la Conférence de la Haye, les médecins Talbot, médecin major de lère classe ; Alexandre, médecin aide-major ; Bizatier [Bizollier], médecin aide-major ; Dormoy, médecin auxiliaire ; Huot, médecin auxiliaire tombés le 22 août, au cours du combat de Rossignol, entre les mains des Allemands ont été [page 2]

1°- le 22 août, dépouillés de leurs montures, de leurs armes, de leur équipement, de leurs instruments, de leurs effets.

2°- le même jour, dépouillés des attelages et des voitures constituant le matériel médical réglementaire appartenant à leur corps.

3°- internés d'abord le 14 septembre au camp d’Alten-Grabow, puis le 27 septembre dans une caserne à Stendal.

4°- relâchés seulement le 13 novembre et n’ont pas été rendus dans les délais compatibles avec les nécessités militaires.

Je n'avais pas le 22 août, l’honneur d'appar­tenir au 1er régiment d'infanterie coloniale, qui, d'autre part était alors sous votre commandement. C'est donc à vous, mon colonel, que j'ai l’honneur de demander de vouloir bien, en transmettant ce dossier à l’autorité supérieure émettre un avis au sujet des récompenses demandées par le docteur Talbot en faveur du personnel médical, qui, ce jour-là, a assuré sous sa direction le fonctionnement du poste de secours du 1er régiment d’infanterie coloniale à Rossignol, et qui a, ensuite jusqu’au 13 novembre, par­tagé son internement en Allemagne.

Signé/…

J’appuie d'un avis favorable les propositions du médecin-maj. Talbot, en faveur de son personnel et en particulier de M.M. Alexandre et Dormoy dont j'ai constaté moi-même l’intrépidité et le sang-froid, au début même du combat de Rossignol, alors qu'ils donnaient leurs soins aux blessés, sous une pluie de balles, presque sur la 1ère ligne. [page 3]

J'appelle, d'autre part, d'une façon toute spéciale l'attention de l'autorité supérieure sur le mé­decin-major de 1ère classe Talbot, lui-même, engagé pres­que instantanément, avec une grande partie de son person­nel et de son matériel, dans une action de guerre très violente et sous un feu intense, il a fait preuve d’un calme et d'un sang-froid des plus remarquables, en organisant, avec ordre et méthode, le fonctionnement de ses postes de secours, sur le terrain même et ensuite dans le village de Rossignol. Il a permis, ainsi, de relever et de soigner un nombre très considérable de blessés. J'estime qu'en raison du dévouement dont il a fait preuve, en cette cir­constance, le médecin major de 1ère classe Talbot, mérite d'être inscrit au tableau pour officier de la Légion d'Honneur (douze pièces Jointes)

Vienne, la Ville le 11/12/14. Le colonel Guérin, commandant le 1er rég. d'infanterie coloniale - M. Guérin.

Transmis au Général commandant l’Armée à toutes fins utiles et comme suite au rapport du docteur Rigollet médecin-divisionnaire de la 3° division relatif aux mêmes événements transmis sous le n° 4.381 du 9 décembre. Ci-Joint un état de proposition de citations en faveur des officiers et hommes de troupe du service de Santé qui sont signalés dans le présent rapport.

Q.G., le 22/12/14 Le Général Lefèvre, commandant le Corps d'Armée Colonial - H. Lefèvre.

Rossignol, le 29 Août 1914 - Etat de propositions :

1e Pour chevalier de la Légion d’Honneur : médecin aide-major Alexandre ; médecin auxiliaire Dormoy.

Ont assisté avec initiative et sang-froid le médecin chef de service dans l’organisation et le fonctionne­ment des postes de secours de Rossignol, arrosé d'o­bus et de shrapnels de 12 heures à 17 heures où ont reçu des soins 307 blessés dont 16 officiers des 1er et 2ème infanterie coloniale, 2ème d'artillerie coloniale dans la journée du 22 août, jusqu'à vingt-quatre heures.

2° Témoignage de satisfaction ;

Médecin aide-major Bizollier ; Médecin aide-major Huot

Se sont acquittés avec dévouement de leur rôle dans la direction de la relève des blessés sur la ligne de feu, dans la forêt de Neufchâteau qu'ils n'ont abandonné qu'avec le régiment, après avoir perdu plusieurs infirmiers et brancardiers tués et disparus

3° Pour la Médaille Militaire;

Soldat Infirmier Bellerue (9e cie) a montré le plus grand courage en allant rechercher incessamment les blessés dans la forêt, sous le feu, et après la mort de plusieurs des brancardiers qui l’accompagnaient.

- Rossignol, 28 août 1914. Signé /…

[page 5]

Rapport de captivité du médecin major de 1ère classe Talbot chef du service médical du régiment, sur le fonctionnement du poste de secours du régiment à Rossignol, du 22 août au 5 septembre.

Le 22 août, à 1 heure 30, le 1er régiment can­tonna à Saint-Vincent. Il en partit à 6 heures 30 avec l’or­dre de transporter son cantonnement à Neufchâteau.

A sept heures 15, les trois bataillons étaient engagés dans la forêt de Neufchâteau. Je marchais à la gau­che du bataillon de tête, conformément aux ordres de mon co­lonel, lorsque je fus appelé derrière la pointe d’avant-garde par le général Montighaut près du maréchal de Logis du 6° Dragons, chef de l’escorte, blessé par l’ennemi. Le batail­lon venait de faire halte. Je mis pied à terre à la hauteur de l’état-major du régiment et donnais les premiers soins au dragon, lorsqu’une grêle de balles s'abattit sur la route. Le feu devenant très intense, Le colonel Guérin me donna l’ordre de faire enlever rapidement les blessés, et de me transporter, si possible, avec le train régimentaire, pour installer un poste de secours à l'arrière. Je remontais à cheval et suivis la route. A la gauche de chaque bataillon, dont les bommes étaient défilés dans les fossés, et engagés à droite et à gauche dans la forêt [page 6]

Je fis remettre aux brancardiers leur matériel ; don­nait l'ordre aux médecins de bataillon de rester avec leur personnel à hauteur de la ligne de feu, et ramenai à la gauche du régiment les trois voitures médicales et les bles­sés de chaque bataillon dont le nombre augmentait de minutes en minutes.

Derrière le 1er régiment, la route, dans les forêts était encombrée par les trains régimentaires, les ca­valiers du 3°Chasseurs et du 6°Dragons qui se repliaient sous le feu. Je reçus à ce moment au talon droit une violen­te contusion dont je ne pus établir la cause; le conducteur de la 3ème voiture fut tué, un infirmier tué, un infirmier blessé.

J'atteignis la lisière du bois vers neuf heu­res trente avec trente-sept blessés, L'état-major de la di­vision s'y trouvait. Je rendis compte au médecin division­naire de notre mouvement et lui demandai des instructions pour l'installation de mon poste de secours ; l'ambulance de la Croix-Rouge belge, installée dans un château du village de Rossignol, et situé à un kilomètre de la lisière de la forêt me fut Indiquée. J'y fis entrer les voitures et les blessés et disposai mon matériel dans une salle du château aussitôt mise à ma disposition. Vers onze heures, les dé­bris du 1er et du 2ème régiment repliés sur Rossignol, et la ligne de feu occupant le village même, la recherche des bles­sés devient impossible. Les médecins aide-majors et auxi­liaires firent le triage des blessés dans les granges du

château, [page 7] assistant les blessés légers avec leurs pansements individuels, et dirigeant les blessés graves sur le poste de secours, jusqu'à la tombée de la nuit. Quarante-deux blessés du régiment m'avaient précédé à la Croix-Rouge de Rossignol dans le rez-de-chaussée était déjà encombré, à mon arrivée, vers dix heures. Assisté du médecin aide-major Alexandre, et du médecin auxiliaire Dormoy, j'ai pratiqué dès mon arrivée jusqu'à la fin du combat qui cessa vers dix-sept heures trente, sans arrêt, des pansements et interventions chirurgicales à trois cent sept blessés dont :

1°- deux cent soixante-dix-huit (278 hommes du 1er Régiment, parmi lesquels 13 Officiers.

Lieutenant-colonel Vitarel, blessé par éclate­ment, de la main gauche (amputation) ; Capitaines : Sguarel, fract. commont humérus (désarticulation épaule gauche) ; Vignon, plaie de la jambe gauche ; Diarnis du Lejour, plaie pénétrante de poitrine ; Tracol, fracture comminente bras gauche ; Roussel, plaie de la jambe gauche ; Marsand, fracture comminente tarse gauche ; Lieutenants : Lazannec, plaies des bras droit et gauche ; Vialle, retors su thorax ; Begot, plaie de l'épaule gauche ; Sous-lieutenants : Taddee, fracture comminente jambe gauche ; Charlane, plaie de l’épaule droite ; Laurent, plaie de la main gauche

2° dix hommes des 2ème Régiment et Artillerie divisionnaire dont 3 Officiers :

Colonel (artil.) Guichard-Mouguer, plaie de la cuisse droite.

Lieutenant-colonel (22e Rég.) Gadoffre, plaie de la poitrine.

Capitaine (2° Rég.) Coulon, plaies poitrine et tête.

3° dix-neuf hommes de troupes allemandes dont 1 Officier, hauptman d’infanterie.

Cent neuf blessés légers du 1° Régiment ont été pansés dans les granges du château par les aides-majors. Le nombre total des blessés du 1er régiment assistés au pos­te de secours, le 22, est de 278 + 109 = 387.

Les blessés ramassés par les brancardiers après le combat nous furent amenés jusqu’après la nuit et les pansements et interventions n’ont pu prendre fin qu’à vingt-quatre heu­res trente environ.

Dès dix heures, le matin, l’artillerie allemande en positions sur les hauteurs qui dominent la route de Breuvanne à Rossignol coupait cette route et notre ligne de retraite. La prise de Rossignol devint le but de la bataille et le poste de secours fut criblé de projectiles [page 9] (obus et shrapnels) jusqu'à dix-sept heures trente. Des tirailleurs allemands firent alors irruption dans l'encein­te du château par le parc, tirant sur le poste de secours, pendant plusieurs minutes. Le feu cessa avec l'arrivée du gros de l'infanterie devant laquelle furent agitées les croix de Genève de nos voitures.

Nous fûmes aussitôt dépouillés de nos montures, selles, armes, etc. et placés sous la garde du 118ème Rgt. allemand (18h 30). Nos voitures médicales furent appréhendées et ne nous furent laissées que sur nos protestations réitérées près d'officiers allemands ; dans la nuit, les trois chevaux, leurs attelages, et une voiture furent cependant enle­vés.

Le dimanche 23 [août], à six heures, pendant plusieurs minutes le poste de secours fut criblé de balles par des soldats d'infanterie placés dans la cour et la rue et tirant sur le château et sur les granges. Cette fusillade fut légi­timée, au dire des officiers allemands présents, par des coups de fusils qu'auraient tiré du haut des granges du château, des militaires français ; cependant, les blessés et le personnel médical dépouillés la veille de leurs armes et munitions, étaient dans l'impossibilité de tirer.

Vers huit heures, j'obtins du Général en Chef allemand un "laissez passer" pour rechercher et assister les blessés réfugiés dans le village ; dans huit maisons si­tuées à l'extrémité nord de Rossignol, je donnais des soins à 27 blessés des 1°, 2° & 3° régiments qui s'y étaient ré­fugiés et les signalai à l'attention des médecins allemands. [page 10]

Le lundi, 24 [août], Je me transportai vers neuf heures dans l’école des filles ou était installée le poste de secours allemand et où avaient été réunis les blessés français réfugiés dans les maisons de Rossignol. Je leur fis distribuer des aliments et demandai aux médecins alle­mands de les faire transporter à notre poste de secours où ils furent placés dans les granges du château. Nos infirmiers et brancardiers porteurs de la Croix-Rouge, nous furent enlevés dans la matinée du 23 et conduits hors du village avec les prisonniers de guerre, 15 nous furent rendus sur nos protestations dont 5 du 1° Régiment, avec lesquels nous dûmes assurer le fonctionne­ment du poste de secours du 23 août au 5 Septembre.

L’après-midi du 24 et du 25, j'ai continué avec mes médecins-aide-majors et auxiliaires 1° à renouve­ler les soins aux premiers blessés, 2° à faire des panse­ments ou interventions aux blessés apportés chaque jour, par les brancardiers allemands ou les habitants des envi­rons de Rossignol, au nombre de cent trois, dont trois officiers :

Etat-Major Division;

Rigollet, Médecin Divisionnaire, plaie en retors du bras.

Moreau, chef d'état-major, plaie de la fesse droite

Laurens, Capitaine, contusion du genou droit.

2ème Régiment :

Rey, chef de bataillon, pénétrante abdomen.

Interventions chirurgicales;

Le nombre total des amputations et désarticu­lations pratiquées au cours des journées des 22, 23, 24, 25. [page 11] août a été de 23 :

Epaule (2) ; humérus (5) ; avant-bras (4) ; poignet (1) ; doigts (2) ; cuisse (6) ; jambe (3).

Le mercredi 26, j'ai quitté Rossignol à huit heures du matin, sur autorisation du hauptman, pour me transporter avec la voiture médicale d'artillerie à Breuvanne distant de 4 kilomètres où cent-vingt blessés français nous furent signalés par les médecins allemands. J'y assis­tai 59 blessés (3° Rgt. Colonial, 3° Chasseurs) dont le lieutenant Freysseney (plaie bras droit par shrapnel).

Je dus quitter Breuvanne à six heures du soir sans qu'il fut possible de voir les autres blessés, tous étaient abrités par petits groupes dans les maisons du village.

En les parcourant, j'observai qu'on inhumait dans le voisinage de nombreux militaires français et me fis présenter leurs plaques d'identité ; celle du général Raffenel, accompagné de sa croix, me fut ainsi remise. Je me suis [page 12] aussitôt transporté sur le monticule (haut des 12…) où il était déjà en partie enseveli avec d'autres militaires pour le reconnaître. J'ai confié au médecin divisionnaire les plaques et les renseignements exacts sur le lieu d'in­humation.

Le vendredi 28, je me transportai de nouveau à Breuvanne, avec le médecin auxiliaire Dormoy et donnai des soins aux 61 blessés que je n'avais pu voir à ma première visite.

3° Rgt. Colonial (45) ; 2° Rgt. Colonial (6) ; 1° Rgt. Colonial (2) ; 2° Rgt. Artillerie (2) ; 6e Dragons (1) ; 3° chasseurs (1). Total : 61

parmi lesquels j'ai relevé un officier : Lieutenant Hude (2° Rgt.) plaie de poitrine par shrapnel (extraction).

J'eus à poser 24 appareils à fractures, dont 20 pour les membres inférieurs.

Au total j'ai assisté, pendant les journées des 22, 23, 24, 25, 26, et 28 août, au poste de secours de Rossignol, dans les maisons des villages de Rossignol et de Breuvanne, cinq cent soixante-six (566) blessés :

[page 13] Rossignol, 22 août (307) ; 23 août (27) ; 24-25 août (103) ; Breuvanne, 26-28 août (129). Total : 566 –

parmi lesquels 22 officiers : Etat-major de la division (3) ; 1° Rgt. colonial (13) ; 2° Rgt. colonial (4) ; 3° Chasseurs d’Afrique (1) ; Artillerie divisionnaire (1)

Pertes du 1° régiment :

1° Officiers – Tués (19) ; Blessés (14) ; Disparus (23). Total : 56

2° S/Of. & hommes - Tués ou disparus (environ 2.000) ; Blessés passés par le poste de secours du régiment (387).

Le Service des étapes allemand commença à évacuer les blessés transportables, le 27 août, sur Morbehan.

[page 14] Les évacuations prirent fin le 1er Septembre et le poste de secours ne conservait plus que seize blessés inévacuables, assistés des médecins auxiliaires des 2° & 3° bataillons, à notre départ, le 5 Septembre.

Pendant le fonctionnement du poste de secours la nourriture des blessés légers et du personnel infirmier et médical (pommes de terre et viande de boeuf) nous fut fournie par le bourgmestre de Rossignol sur nos réquisitions en application des dispositions arrêtées par l’autorité mi­litaire allemande ; et un état des dépenses supportées par le château de Rossignol, du fait de fourniture de vivres particuliers et boissons pour les blessés graves, de maté­riel de couchage, etc. a été remis au médecin divisionnaire par le délégué de la Croix-Rouge belge.

Rossignol, le 5 septembre 1914. Signé : Talbot. »

FIN

A LIRE...

http://www.rossignol.free.fr/

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/rossignol.htm

http://1914ancien.free.fr/rossignol2.htm

http://www.sambre-marne-yser.be/article=7.php3?id_article=22

http://www.carto1418.fr/19140822.php

Sources :

Archives du service de santé des armées au Val-de-Grâce à Paris, carton n° 641

LE SERVICE DE SANTE COLONIAL AU COMBAT DE ROSSIGNOL (Belgique, 22 août 1914)… (1ère partie)

5 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE COLONIAL AU COMBAT DE ROSSIGNOL (Belgique, 22 août 1914)… (1ère partie)

Rossignol (22 août 1914) : Une épopée entre Gloire et Déshonneur.

Gloire pour les malheureux marsouins de la 3e division d'infanterie coloniale, chargeant au son du clairon un ennemi bien retranché qui joue superbement de sa supériorité tactique, condamnant au massacre des vagues de valeureux coloniaux conduits avec panache par des chefs aveuglés par la doctrine de l’offensive à outrance et des règles d’engagement d’une autre époque ; où la « furia », le cran et l’esprit offensif devaient faire la différence. Honte et Déshonneur pour les unités silésiennes qui gommeront de leur légende militaire cette page noircie par des exactions sans nombre au détriment des populations civiles belges.

Aujourd’hui tout cela peut paraître décalé ; l’on ne retient que la graine de folie des combattants français chargeant un ennemi à « l’efficacité » éprouvée, et l’on oublie nos amis belges, victimes civiles, fusillées par dizaines – en cachette - autour de Rossignol et d'Arlon… Une « spécialité » allemande en Belgique occupée qui se renouvellera, dont on ne parle jamais, du moins en France. Ce sera ma piqure de rappel contre l’oubli, action totalement irrévérencieuse en cette année de centenaire où l’amitié franco-allemande est une nouvelle fois mise en avant et nécessite des « gommages » inesthétiques – pardon – politiques, à la marge.

Une nouvelle fois je fais appel, à la demande des abonnés du blog, pour illustrer cette bataille de rencontre, aux témoignages du personnel sanitaire français dont les rapports sont conservés pour partie au musée du service de santé des armées au Val-de-grâce à Paris et pour l'autre au service historique de la défense de Vincennes. Ces témoignages sont inédits. Il faut dire que les témoignages de médecins… militaires n’intéressent pas les Historiens… militaires. Il ne faut y voir là aucun ostracisme, aucune hostilité à leur égard, mais une totale indifférence. Le service de santé n’a pas sa place dans l’historiographie militaire française officielle ; il ne figure pas sur la « grille » de lecture ou de décodage des opérations. Vous chercherez en vain dans les « Histoires » et autres « Historiques », des mentions de l’action des praticiens, de l’implantation des ambulances ou des hôpitaux, de la manoeuvre sanitaire, des plans d’évacuations… Que nenni ! Soyez heureux si l’on vous précise les pertes…souvent illisibles et incompréhensibles : pertes totales, pertes santé, etc. En pratique cela me permet de vous présenter, au fil des mois, tous ces acteurs oubliés.

Après cette digression, je vous laisse avec notre témoin, le médecin principal de 2e classe (lieutenant-colonel) Rigollet au cœur du massacre de Rossignol. Pour situer ce combat légendaire, vous pouvez vous référer aux nombreux blogs et sites qui abordent le sujet (sources in fine). Parmi ceux-ci, sur Rossignol, je vous invite à consulter le texte de la conférence du lieutenant Louis Garros (Rouen, 25 juin 1929), proposé par le site spécialisé http://www.rossignol.free.fr/

Et bien sur la carte du 22 août 1914 de l’incontournable : http://www.carto1418.fr/19140822.php

« RAPPORT DE CAPTIVITE du médecin principal de 2° classe Rigollet médecin divisionnaire de la 3° division coloniale sur le fonctionnement du Service de Santé au combat de Rossignol le 22 août 1914 et pendant les jours suivants

I – Marches des 21 & 22 août.

Le 21 août 1914. Le quartier général de la 3° divi­sion, parti de Chauvency–le-Château à 1 heure 30, se transporte à Thonne-la-longue (sic), l’ambulance 4 et la 1° section du groupe de brancardiers prennent leurs cantonnements à Avioth, l’ambulance 3 et la 2° section de brancardiers vien­nent à Thonnelle où le Q.G. rétrogradant de Thonne-la-longue revient à 9 Heures.

Il repart à 17 Heures pour Gérouville tandis que l’ambulance 3 et la 2° section du groupe de brancardiers joi­gnent à Avioth le groupe qui y est déjà.

22 août Le Q.G. quitte Gérouville à 4 H 30 sans que l’ordre de mouvement de la journée ait été communiqué. Arrivée à Saint-Vincent vers 7 Heures où se trouve le Q.G. du C.A. Après un court arrêt, le Général commandant la division prend les devants, pendant qu'un officier de son Etat-Major [page 2] me fait prendre note de l'ordre de mouvement. Je constate que le groupe des formations sanitaires reste en entier au train de combat ; Je fais remarquer verbalement que depuis quelques jours une ambulance marche avec l’avant-garde et je demande de faire porter en avant une formation et une section de brancardiers. Il m'est répondu qu'il n'est plus possible de modifier l'ordre de marche, tous les éléments étant engagés sur la route. Mon cycliste retourne sur l'arrière porter aux ambulances un extrait de l'ordre de mouvement et je rejoins le Général commandant la division sur la rive droite de la Semois ; à 1500 mètres en avant du bourg de Rossignol.

II – Combat du 22 août 1914 .

Le Général traversant le bourg vers 8 heures est prévenu par les habitants que la forêt est occupée par les allemands, nous entendons d'ailleurs à ce moment une fusillade assez nourrie et le Q.G. se porte à 500 mètres au nord du village, à peu près à égale distance de la lisière de la forêt. Le poste de commandement est établi à proximité et à l'ouest de la route. Le 2° régiment colonial reçoit l'ordre de se déployer de chaque côté pour soutenir le 1° Régiment engagé dans le bois. [page 3]

Vers 9 heures arrivent les premiers blessés que j’interroge et qui me confirment la vivacité du feu sur le front de combat ; le chiffre des pertes serait déjà très élevé ; J'en rends compte au commandant de la division. Je fais diriger les blessés sur l'ambulance de la Croix-Rouge belge installée au Château de Rossignol, au milieu du bourg et que j'avais remarquée en passant. Un peu plus tard de nouveaux blessés me donnent quelques précisions : les pertes s'élèveraient au moins au tiers de l'effectif du 1° régiment ; des sections entières auraient été anéanties. Je transmets ces renseignements au Général.

Vers 10 heures, ordre est donné de rétrograder, de s'établir dans le village et de le défendre. Le Q.G. revient en arrière. Sur la route, je rencontre le médecin major de 1° classe Talbot du 1° régiment qui, sur l'ordre de son colonel, se replie avec ses voitures régimentaires et je lui prescris d'installer son poste de secours à l’ambulance de la Croix-Rouge de Rossignol.

Traversant le village avec le Général qui cherche un nouveau poste de commandement, Je visite ce poste de secours qui commence à fonctionner sous la direction du Med. Major Talbot. Je constate le grand nombre de blessés et à défaut d'instructions du Commandement, je libelle l'ordre suivant daté de 11 heures : « L'ambulance 4 et la 1ère Section du groupe de brancardiers se porteront au reçu du présent ordre, sur le village de Rossignol. L'ambulance s'établira à l’hôpital de la Croix-Rouge. La section de brancardiers attendra des ordres ». A défaut de cycliste, je confie cet ordre [page 4] à mon ordonnance montée. Je ne sais s’il a pu parvenir à destination, en tout cas, il n’aurait pu être exécuté, car ainsi que je l'apprends un peu plus tard, les obus tombaient à Breuvanne sur la queue de la colonne d'artillerie pendant que la fusillade accueillait l'avant garde, et la retraite nous était coupée dès le début de l'action.

Je rejoins ensuite le Général sur une hauteur au S.E. du village et je lui rends compte des instructions que Je viens de donner.

Le Médecin-Major de 1* classe Bresson du 2° régiment [d’infanterie coloniale] qui passe à ce moment me demande des ordres, Je lui prescris de rejoindre avec son personnel et son matériel le poste de secours organisé par le Médecin Major Talbot et d'y coopérer aux soins des blessés.

Vers 12 heures 30, quelques obus arrivent sur le grou­pe formé par l'Etat-Major, Je tombe frappé d'un shrapnel qui me contusionne la poitrine après avoir traversé la face interne du bras gauche. A côté de moi, un cycliste du Q.G. a le genou traversé d'un autre shrapnel, le blessé n'a pas de paquet individuel, et Je le panse avec mon paquet personnel, peu après ne pouvant d'ailleurs me panser moi-même, je descends au poste de secours distant de 300 mètres, je visite le château et ses dépendances où sont déjà réunis plusieurs centaines de blessés.

Revenu sur le terrain vers 13 h. 30, Je n'y trouve plus de Q.G. une rafale d'obus s'y abat d'ailleurs en ce moment et je me protège à côté d'officiers (Général Rondony et d’hommes).

Vers 14 heures le Général commandant la division venant de la [page 5] direction du village, monte le chemin, à pied sans fanion, accompagné de son seul chef d'Etat-Major. Je crois qu'il revient au poste de commandement que je lui avais vu occuper précédemment et je ne bouge pas. Mais quelques minutes après, l'ayant perdu de vue, je suis le chemin der­rière lui, cherche le Général autour d'une masure où il s'é­tait également tenu, reprends le chemin qui descend vers le Sud-Est, et j'erre longtemps sur le champ de bataille sans rencontrer le Général nulle part. Je rallie alors, à la route de Breuvanne, le Commandant de l’artillerie établie sur la route même. J'y suis rejoint plus tard par le Capitaine Scheidhauer, de l'Etat-Major de la Division, qui avait de son côté inutilement cherché le général pour lui rendre compte d'une mission dont il avait été chargé.

Je reste là jusqu'à la nuit tombante, pansant les blessés qui, sur le tard, deviennent assez nom­breux, du fait de la mousqueterie.

Vers 18 heures 30 les fantassins allemands s'approchent en tiraillant du groupe de blessés qui se sont rassemblés autour de moi. Je monte sur la route au-devant d'eux. Ils reconnaissent mon brassard mais ne me permettent pas de revenir auprès des blessés. Je suis donc emmené au village de Rossignol avec les prisonniers valides et les blessés pouvant marcher.

Passant devant l'ambulance de la Croix-Rouge, j'obtiens d'entrer et de rester au poste de secours. Les blessés y affluent sans cesse et les pansements sont continués par le docteur Talbot jusqu'à 24 h30 au milieu du va et vient des soldats allemands. [page 6] Ce poste de secours du château de Rossignol fut servi par le personnel médical des 1° et 2° Rég. d'Inf. De leur côté les médecins des Groupes d'artillerie soignèrent leurs blessés soit sur le champ de bataille, soit dans une maison qui fut incendiée au cours de l'action. Je ne reviens pas sur les détails donnés dans les rapports ci-annexés des Mé­decins Chefs de Service. A aucun moment de la journée il ne fut possible même d'envisager l'évacuation des blessés légers.

III - Organisation des secours.

Les Allemands maîtres du champ de bataille, et devant assurer la relève des blessés, ne nous en apportèrent qu'un petit nombre. Je reste dans le doute sur la destination donnée aux blessés du 1° Colonial qui doivent être tombés en foule dans la forêt (Quelques habitants du village qui voulurent y pénétrer furent fusillés. L’ennemi voulait évidemment cacher les travaux qu’il y avait exécutés ou les approvisionnements qu’il y avait rassemblés.) Nous fûmes au contraire autorisés à relever les blessés de la route de Breuvanne à Rossignol et le seul attelage qui nous fut conservé y employa trois journées.

23 Août. Le personnel médical, réuni le 23 au matin au Château de Rossignol, comprend 18 Médecins :

[page 7] Médecin Principal Rigollet, des troupes coloniales

Médecin major de 1ère cl. Talbot, Bresson, des troupes coloniales

Méd. Maj. 2° cl. Philippe, Grilliat, Bongrand, des troupes coloniales

Médecins aide-major Baise, Bizollier, Alexandre, Huot, des troupes coloniales.

Méd. maj. Chavanne des troupes métropolitaines

Médecins [aide-major] de réserve De Mouzon, Ribadeau-Dumas.

Médecins auxiliaires Dormoy, Adelus, François, Le Mossu, Jaffrey.

et un nombre d’infirmiers qu’il n’est pas possible de préciser pour la raison suivante.

Le matin, vers 7 h., une alerte se produit : quelques coups de feu ayant été entendus aux alentours du bourg de Rossi­gnol, les allemands crient au franc-tireur belge (?). Ils ti­rent des salves dans toutes les directions et dans les rues mê­me du village. La façade de l’ambulance est criblée de balles dont plusieurs pénètrent par les fenêtres dans les chambres oc­cupées par les blessés, un adjudant d’artillerie blessé, qui se poste à la fenêtre de l’école transformée en ambulance, re­çoit un projectile dans l’avant-bras, à bout-portant. A la suite de cette effervescence, presque tous les infirmiers et brancardiers survivants des 2 régiments d’infanterie et de l’A. D. 3 sont rassemblés dans la cour, se voient arracher leur brassard et sont joints au convoi - en formation (des blessés légers dirigés sur le campement des prisonniers. Moi-même, qui avais pénétré dans ce convoi pour parler à quelques officiers, suis obligé de le suivre et ne puis revenir à l'ambulance que sur l'intervention d'un des officiers surveillant le campe­ment. Plus tard, 15 de nos infirmiers nous sont restitués.

[page 8] Cette journée du 23 août est d*ailleurs presque complètement perdue pour l'organisation des secours. Le dé­sordre occasionné par cet incident et par l'afflux de 1300 blessés, l'encombrement des locaux et des cours par les soldats allemands, la recherche des blessés capables de marcher annihilent à peu près les efforts de M.M. Talbot et Bresson. Quelques pansements d'extrême-urgence sont seulement refaits dans l'après-midi.

24 & 25 Août - A la faveur du beau temps, on installe sur la pelouse du château de Rossignol quatre tables d'opérations et de pansements compliqués. Les Médecins Majors Talbot et Bongrand pratiquent les premières, Bresson et Philippe prennent la charge des seconds, pendant que les petits pansements sont faits à proximité par les Aides-Majors et les Médecins auxiliaires. Ma blessure du bras ne me permettant pas de prendre une part active au traitement des blessés ; j'assure seulement la direction d'ensemble et la formation.

En ces deux journées presque tous les pansements sont revus et de nombreuses opérations pratiquées.

26 & 27 Août - La pluie vient déranger la réfection des pansements, il est en effet impossible, vu l'encombrement de tous les locaux de monter une table à l'abri. L'après-midi du 26 peut cependant être partiellement utilisée.

Le 26, 21 officiers sont évacués en autobus sur Marbehan (…) de ravitaillement.

Le 27, 428 évacuations : 315 à pied et 113 en charrettes de réquisition. L’Officier allemand qui commande l'escorte émet Ia prétention de prendre, pour convoyer ces blessés, [page 9] tous les Infirmiers qui me restent. Sur mes protestations, il consent à m'en laisser la moitié.

28 Août - Le beau temps se rétablit et les pansements peuvent être poursuivis dans des conditions d’autant meilleures que l'encombrement est moindre. 199 évacuations sont pratiquées par charrettes de réquisition.

29 Août - 48 blessés seulement restent à l’ambulance 15, dont 5 officiers sont intransportables. Tous les pansements sont refaits. Dans l'après-midi, on amène de Breuvanne 35 bles­sés qui ont été soignés jusque-là chez les habitants par des médecins venus de Rossignol où ils rentraient le soir.

30 Août - Le reste des blessés de Breuvanne (2 offi­ciers, 110 hommes) est évacué sur Rossignol. Je vois en outre passer sur la route 70 blessés (des 3° et 7° régiments) éva­cués de Saint-Vincent sur Marbehan.

31 Août - L'enlèvement des derniers blessés transportables annoncé pour ce jour, n'est pas effectué.

1° Septembre - Des autobus enlèvent 160 blessés.

Notre rôle étant terminé, les autorités allemandes nous annoncent notre départ prochain. Nous sommés dirigés le 5 sur la gare de Marbehan, laissant à Rossignol les 2 médecins auxi­liaires Dormoy et Adelus ainsi que 6 infirmiers, pour les bles­sés non transportables qui sont au nombre de 15 dont 3 officiers.

Au total 1300 à 1400 blessés français ont été soignés au poste de secours de Rossignol. Le 22 et 23 Août nous avons en outre pansé une cinquantaine de blessés allemands.

Les blessés légers, 500 environ, ont été emmenés le 1° jour au campement des prisonniers. Il nous est resté à l'ambulance 855 blessés dont 30 Officiers.

[page 10] Le nombre des décès a été de 30 dont 2 officiers (Colo­nel Gallois, Capitaine Auclin). Deux décès par tétanos (1) ont été observés. L'installation de ces blessés dans le château de Rossi­gnol ainsi que dans les granges et greniers à foin des dépendances a été réalisée dans des conditions satisfaisantes. Le personnel auxiliaire fut malheureusement très insuffisant comme quantité et aussi, je dois le dire, comme qualité : 32 infirmiers ou brancardiers nous furent laissés, cette pénurie rendit impossible la surveillance des blessés et les petits soins qu’ils réclamaient. Le service des vidanges fut notamment très défectueux et la situation n’aurait pu se prolonger sans de graves dangers.

Le personnel de l'Ambulance belge fut d’un dévouement et d’une abnégation admirables, mais il était lui-même débordé par les besoins.

L'alimentation des blessés et de tout le personnel fut as­surée, à partir du 24 au matin, par des réquisitions de viande et de pommes de terre, établies par l'autorité allemande. L’ambu­lance de la Croix-Rouge fournit Jusqu'à épuisement du café, du sucre, et du lait, le pain fit complètement défaut ainsi que le vin et la bière. L'eau, abondante et de bonne qualité, fut four­nie par deux pompes installées dans les cuisines du château.

Le matériel médical dont nous avons disposé (5 voitures de bataillon, 1 voiture de groupe de batteries, 1 petite voiture pour blessés de Régiment de cavalerie) fut suffisante pour permettre tous les pansements et les opérations, sauf les trépanations. 5 paniers de pansements grands et moyens restèrent même inemployés. Dix kilogs de coton ordinaire et du matériel à fracture, obtenu [note 1, p. 10] d'après ce qui m'a été dit par un Médecin allemand, les blessés ennemis auraient eu des cas de tétanos plus nombreux [page 11] obtenu du service de santé allemand, nous fut très utile pour l’immobilisation des membres fracturés. La teinture d'iode noué fit défaut et les allemands, malgré leurs promesses, ne purent nous en livrer.

IV – Pertes de la Division

Il est impossible d'évaluer le chiffre des tués qui a été élevé, surtout pour le 1° Régiment.

Le chiffre des blessés ne peut être lui-même indi­qué que très approximativement. D'après les renseignements fournis par les médecins allemands, il y aurait eu 1500 blessés repartis dans les villages ci-dessous désignés :

Fermes autour de Rossignol (12) ; Breuvanne (140) ; Les Fossés (10) ; St-Vincent (70) ; Bellefontaine (15) ; Lalrage (30) ; L’église (12) ; Rossignol (1200). Les rapports ci-annexés des médecins des troupes donnent quelques renseignements très incomplets sur les pertes parti­culières des corps. [page 12] En ce qui concerne l'Etat-Major de la 3° Division, le bilan de la journée est le suivant :

Général Raffenel, tué (vers Breuvanne, rive gauche de la Semois) ;

Commandant Moreau, Chef d'E.M. blessé ;

Capitaine Chevreau, blessé ;

Capitaine Laurans, blessé ;

Capitaine Scheighauer, blessé ;

Colonel Guichard-Montguers, Commandant l'artillerie blessé ;

Capitaine Charpentier, blessé ;

Sous-Lieutenant de réserve Maudres, Commandant l'es­corte, disparu,

Médecin Principal de 2° Classe Rigollet , blessé.

Seuls, le Sous-Lieutenant d'artillerie de réserve Laurent et l'officier interprête Moranta sont prisonniers sans blessures.

V – Propositions

A défaut des chefs de corps et de service, tous disparus dans la journée du 22 Août, il m'appartient de dire que les Médecins restés à Rossignol ont fait leur devoir dans des circonstances difficiles et souvent périlleuses. Victimes d’une interprétation abusive de la Convention de Genève, ils ont été retenus en Allemagne pendant que leurs camarades continuaient à supporter les fatigues et les dangers de la campa­gne [page 13]. Cette circonstance fâcheuse, dont ils ne sont pas responsables, ne saurait faire oublier leurs services.

Je ne puis me substituer aux Chefs de corps pour établir, en leur faveur, des propositions régulières. Je crois devoir cependant attirer la bienveillante attention de l’autorité militaire sur les officiers ci-dessous désignés, qui me paraissent particulièrement avoir mérité une récompense, j’ajoute que tous ont le plus vif désir de retourner aussitôt que possible sur le front pour prendre leur part des fatigues et des dangers :

Avancement en Grade : Médecin-major de 1° classe Talbot du 1° colonial : a réussi à ramener en arrière, sous un feu de mousqueterie intense, son personnel et son matériel, a organisé les secours dans l'am­bulance belge de Rossignol et, quoique, contusionné au talon, a pris la part la plus active, avec la plus grande compétence chirurgicale, au traitement des blessés.

Propositions pour la Légion d'Honneur :

1° Le Médecin Aide-major de 2° classe de réserve Ribadeau-Lumas du 3° Groupe de l'artillerie divisionnaire, entraîné hors du champ de bataille en poursuivant sa voiture médicale prise dans une panique, a réussi, par l’exemple de son énergie et de son courage à ramener avec lui, en défilant sous le feu de l’artillerie ennemie, une partie de son personnel et de son matériel, a pansé les blessés, pendant toute la journée du 22 sous le feu de l’ennemi, a été sérieusement contusionné à la poitrine par un éclat d’obus.

[page 14] 2° Le médecin major de 2° classe Philippe du 2° Groupe de l’artillerie divisionnaire : a pansé les blessés sous le feu de l’ennemi pendant toute la journée du 22 en donnant à son personnel l’exemple constamment renouvelé de son courage et de son sang-froid.

Propositions pour un témoignage officiel de satisfaction :

Le médecin major de 1° classe Bresson du 2° Colonial, le Médecin major de 2° Classe Bongrand du 1° groupe d’artillerie division­naire, le Médecin auxiliaire Dormoy du 1° colonial, ont pansé les blessés sous le feu, ont contribué, avec traitement des blessés du poste de secours de Rossignol.

Les autres propositions faites par les Médecins Chefs de Service ne me paraissent pas devoir être retenues.

Annexes

Je joins à ce rapport une copie de la protestation que j'ai remise à l'autorité allemande à la suite des violations de la Convention de Genève.

Mais j'ai à signaler des violations plus graves que j'ai Jugé imprudent de mentionner dans ma protestation :

1° Le 20 Août malgré les pavillons très apparents quelques obus allemands sont arrivés sur l’ambulance belge, deux sont tombés au milieu des blessés sans éclater, heureusement [page 15]. Ceci a pu être le résultat d’un mauvais réglage de tir, mais un feu de mousqueterie fut également dirigé sur le château à 100 mètres de distance, alors qu’un détachement al­lemand en avait déjà pris possession, et ne cessa que sur l'intervention du Commandant de ce détachement.

2° le poste de secours du 1° groupe d'artil­lerie divisionnaire installé dans une maison du village et signalé par le pavillon international a cependant été incendié par les obus et a reçu à 30 mètres, des salves de mousqueterie ; un officier blessé a été de nouveau mortellement atteint dans le corridor de la maison.

3° Le Médecin-major de 2° Classe Bongrand a été volé, par un soldat allemand, de l'argent qu'il possédait.

4° Le 23 Août au matin, ainsi que Je l'ai dit plus haut, des édifices couverts par le pavillon de Genève ont été criblés de balle et un blessé a été de nouveau grièvement blessé.

5° Le capitaine Marsaud, du 1° Régiment blessé et actuellement prisonnier de guerre, m'a déclaré avoir vu le 22 Août un soldat allemand achever un adjudant blessé désarmé et qui demandait grâce.

6° Le Sous-Lieutenant Hayaert, trésorier du 1° Régiment qui s'était dissimulé dans un tas de bois pour sauver l'argent (note 1) dont il était porteur, a déclaré avoir vu […]

(p. 15, note 1) M. Hayaert, put me remettre cet argent: 42.885 f en papier. Je me chargeai de l'or que J'ai reversé au Trésor de Besançon. Les billets furent brûlés et le procès-verbal de leur des­truction remis à l'Intendance de la Place de Besançon.

[page 16] le 23 Août, le lendemain du combat, un groupe de soldats al­lemands achever à coups de fusils une vingtaine de blessés français tombés autour de lui dans un petit bosquet. Cet officier est actuellement prisonnier de guerre.

7° Je crois intéressant de signaler enfin que la prétendue attaque des francs-tireurs belges dont J'ai parlé plus haut a été le prétexte : 1° de l'incendie du bourg de Rossignol dont plus de la moitié des maisons a été détrui­te ; l'arrestation d'une cinquantaine d'habitants, dont une femme, qui furent emmenés à Arlon et fusillés 2 ou 5 jours après, sans autre information.

Il est permis de croire que cette attaque fut volontairement simulée pour Justifier ces exécutions.

8° Le 24 Août, les allemands renouvelèrent leurs plus violentes menaces à l'encontre des habitants par­ce qu'un de leurs soldats, à moitié dévêtu et porteur d'un pansement de.la tête, avait été trouvé mort dans un jardin, avec des traces de brulures de ses effets et de son pansement Ils prétendirent que ce blessé avait été enduit de pétrole par les Belges qui l'avaient ensuite brûlé.

Je fus invité par un Médecin allemand à exami­ner ce cadavre et pus me rendre compte qu'il n'avait aucunement été imprégné de pétrole. Vraisemblablement, ce blessé du crâne (dont la blessure n'a pas été même examinée) était resté dans l'une des maisons incendiées par les allemands eux—mêmes. Il avait eu ses vêtements et ses bandes rous­sies en traversant les flammes et était allé achever de mou­rir dans le jardin de la maison.

[page 17] Après la relation de ces atrocités, c'est pour moi un devoir des plus agréables de vanter le courage, le dévouement et l’abnégation dont ont fait preuve les autorités belges et les habitants dans ces heures tragiques.

Si nos blessés ont été relevés, abrités, soignés et nourris, c'est grâce à l'activité inlassable de tous les habitants, dont le concours n'a pas été sans danger. En particulier, les dames âgées à qui appartient le château de Rossignol, les bourgmestres de Rossignol et de Breuvanne ainsi que quelques autres personnes ont consacré sans res­triction leur personne et leurs biens au sauvetage de nos blessés. Ce serait une grande justice de reconnaître et de récom­penser ces services éminents et je recommande à la bienveillance du Gouvernement français les personnes suivantes :

1° Pour la Croix de la Légion d’Honneur : Melle la Comtesse Mathilde von der Strat Ponthoz, déléguée de la Croix-Rouge belge, copropriétaire du château de Rossignol qui malgré son grand âge, a dirigé personnellement, sans presque prendre aucun repos pendant 10 jours, le personnel de l'ambulance belge, et qui a mis tout ce qu'elle possé­dait à l'entière disposition du personnel médical français.

M. X.[Gustave Hinque].. (note 1) bourgmestre de Rossignol qui, outre l'assistance donnée en qualité de magistrat communal, a recueilli chez lui et a soigné avec le plus entier dévouement des blessés français dont un officier gravement atteint.

2° Pour une médaille d’honneur en or - Melle la Comtesse Gabrielle-Jeanne von der Strat Ponthoz, copropriétaire du Château de Rossignol, qui a activement secondé sa sœur […]

(page 17, note 1) J'ai le regret de n'avoir pas pris les noms de ces 2 magistrats principaux [Hinque et Provis, secrétaire communal].

[page 18] la Comtesse [Mathilde-Marie-Isabelle von der Strat Ponthoz]. M. le Docteur Sironval, de [Jamoigne] qui a assumé, dans cette localité, les soins de 107 blessés français abandonnés par la retraite de la 2° Division coloniale. M. X• • • bourgmestre de Breuvanne en récompense du dévouement avec lequel tous les habitants de cette localité ont recueil­li, nourri et soigné pendant 10 jours 140 blessés français.

M. Adolphe Marouzé, de Rossignol, qui avait recueilli dans sa maison, le 22 août, une quinzaine de blessés. Sa maison ayant été incendiée par un obus, M. Marouzé assura l’évacua­tion de ces blessés dans un autre local où il continua de les soigner.

3° Pour une médaille d’honneur d’argent : Mme [Ducigne], de Rossignol, qui recueillit chez elle, pendant le combat et prodigua ses soins à 23 blessés français.

Mme Préval, de Rossignol, qui recueillit chez elle, pendant le combat et prodigua ses soins à 15 blessés français.

Mme Félix Provis, infirmière de la Croix-Rouge belge, qui prodigua nuit et jour ses soins éclairés aux blessés de l'am­bulance.

Mlle Augustine Collin, infirmière de la Croix-Rouge belge, sage-femme, qui assista avec le plus grand dévouement et la plus grande compétence, les médecins qui s’étaient chargés des opérations. Toulon, le 21 novembre 1914 - Docteur Rigollet. »

A SUIVRE (le combat de Rossignol, 2e partie)

En marge de la bataille, IN MEMORIAM : sur le massacre des civils belges de Rossignol qui avaient été si secourables pour les marsouins blessés - 108 habitants de 16 à 82 ans, dont une femme, ramassés à Rossignol furent fusillés sans procès à Arlon le 26 août 1914 sur le motif inique d’avoir été des « francs-tireurs »…

Les responsables de ces exécutions : Colonel Von Tessmar, commandant le corps d’occupation du Luxembourg ; Von Hademann, commandant de place d’Arlon, commandant du bataillon de Gotha ; Oberstforster Von Hoering, en charge de l’exécution des civils sur le ballast de la gare d’Arlon.

On lira le livre édifiant sur les atrocités allemandes en Belgique : Schmitz et Nieuwland, Documents pour servir à l’Histoire de l’invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg, 7e partie (t. VIII). La bataille de la Semois et Virton, Bruxelles-Paris : Van Oest et cie, 1924, 432 p. – La liste des victimes à la page 203.

A LIRE...

http://www.rossignol.free.fr/

http://chtimiste.com/batailles1418/combats/rossignol.htm

http://1914ancien.free.fr/rossignol2.htm

http://www.sambre-marne-yser.be/article=7.php3?id_article=22

http://www.carto1418.fr/19140822.php

Sources :

Archives du service de santé des armées au Val-de-Grâce à Paris, carton n° 640

Concernant les "chiches" récompenses octroyées aux citoyens belges par la République Française : JORF, n°186,11 juillet 1919, p. 7137, 7139 (médailles de la Reconnaissance Française) - Journal des Débats, n° 102, 13 avril 1921, p. 3 (citations à l'ordre de l'armée).

LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (16e au 22e C.A.)

2 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (16e au 22e C.A.)

SUITE

Ces JMO peuvent être consultés, sur place à Paris, sur rendez-vous : au Musée du service de santé des armées, 1 place Alphonse Laveran, 75230 Paris-cedex 05.

Classification des ambulances de la Guerre 1914-1918 :

« Les ambulances furent affectées à leur mise sur pied, à raison théoriquement d’une par division de cavalerie ; deux, par division d’infanterie ; seize, par corps d’armée…

On identifiait ces ambulances par une fraction dont le numérateur représentait un numéro d’ordre, et le dénominateur, le n° de la grande unité de rattachement. Exemple : 1/137, ambulance n°1 de la 137e DI ; 5/5, ambulance n°5 du 5e CA.

Toutefois cette belle architecture ne prévalait que pour le jour de la mobilisation, de la mise sur pied et pour les quelques jours et semaines qui suivirent. Rapidement, lors de la « bataille des frontières » et d’une manière générale lors des mouvements de la « Course à la mer », le rattachement mécanique aux grandes unités (GU) fut bouleversé. Aussi est-il illusoire – comme on peut le lire encore trop souvent – de vouloir rattacher une ambulance quelconque – à de rares exceptions – à l’épopée d’une grande unité durant la Grande Guerre. L’histoire de chaque ambulance doit être singularisée et c’est ce qui fait toute la difficulté du suivi de leurs pérégrinations sur les théâtres de guerre. Ce rattachement évolua rapidement. Il suffit de consulter quelques journaux de marches et opérations (JMO) pour s’en convaincre. Dans un premier temps l’on individualisa l’ambulance en tant que formation sanitaire, sans jamais la rattacher à un CA organique qui pouvait se situer à des centaines de kilomètres de l’ambulance déployée au sein d’un nouveau CA. L’on choisit alors de l’identifier par l’appellation générique de « groupe » en lieu et place de CA. Exemple : 10/12, ambulance n°10 du 12e groupe [initialement 12e CA] ».

(Olier F, Quénec’hdu JL, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, III, 20-21).

Ambulances du 16e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 16e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/16 – 1 vol. (7/08/14-6/07/15) ; 1 vol. (7/07/15-27/08/16) ; 1 vol. (28/08/16-3/09/17) ; 1 vol. (4/09/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-11/11/18).

Note : dossier très complet sur l’ambulance 1/16 (mai 1915-novembre 1918) à partir de la biographie de Léon Marty, prisonnier de guerre : http://treziers.oc.free.fr/1418/1418MartyLeon.htm

Ambulance 2/16 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-1/03/19).

Ambulance 3/16 – 1 vol. (8/08/14-8/02/16) ; 1 vol. (9/02/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-25/03/19).

Ambulance 4/16 – JMO manquant.

Ambulance 5/16 – Manque avant le 8/08/15 ; 1 vol. (8/08/15-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18) ; 1 vol. (1/01/19-1/03/19).

Note : l’auteur a servi dans cette ambulance 5/16, dès juin 1915 – Virginie Auduit, Carnet de guerre d’un ambulancier 1914-1918 [Germain Balard]. Mémoire de maîtrise : Toulouse 2 : 1998, 30 cm, 196 f.

Ambulance 6/16 – manque avant le 30/10/15 ; 1 vol. (31/10/15-10/01/19).

Ambulance 7/16 – 1 vol. (2/08/14-6/05/16) ; 1 vol. (7/05/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (6/09/18 ?-28/02/19).

Ambulance 8/16 – 1 vol. (4/08/14-15/04/16) ; 1 vol. (16/04/16-31/12/16) ; manque depuis le 1/01/17.

Ambulance 9/16 – JMO manquant.

Ambulance 10/16 – 1 vol. (4/08/14-30/11/16) ; 1 vol. (4/12/16-31/12/16) ; manque depuis le 1/01/17.

Ambulance 11/16 – 1 vol. (3/08/14-28/02/17) ; 1 vol. (19/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-24/12/18).

Ambulance 12/16 – JMO manquant.

Ambulance 13/16 – 1 vol. (13/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (12/05/16-1/10/18) ; manque depuis le 2/10/18.

Note : Une minute sur feuille volante du 01/01/17 au 11/04/17.

Ambulance 14/16 – 1 vol. (3/08/14-20/03/19).

Ambulance 15/16 – JMO manquant

Ambulance 16/16 – 1 vol. (4/08/14-16/06/17) ; manque depuis le 17/06/17.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 16e Corps d’armée : Direction (2/08/14-11/3/19), 26N 162/7 à 162/10 – Groupe de brancardiers de corps (3/08/14-14/11/18), 26N 162/11 à 162/12. Le 2e volume du GBC (26N162/12), contient en annexe, des états d’officiers, des textes de citations individuelles et des états nominatifs de pertes.

Ambulances du 17e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 17e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/17 – 1 vol. (3/08/17-15/01/19).

Ambulance 2/17 – JMO manquant

Ambulance 3/17 – 1 vol. (11/08/14-1/03/19).

Ambulance 4/17 – 1 vol. (8/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-29/12/18).

Ambulance 5/17 – 1 vol. (12/08/14-13/07/18) ; manque depuis le 14/07/18.

Ambulance 6/17 – manque avant le 29/08/15 ; 1 vol. (29/08/15-13/10/15) ; manque du 14/10/15 au 14/07/16 ; 1 vol. (15/07/16-6/04/19).

Ambulance 7/17 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 8/17 – JMO manquant.

Ambulance 9/17 – 1 vol. (13/08/14-20/01/17) ; 1 vol. (1/01/17-9/01/18) ; 1 vol. (1/01/18-10/03/19).

Ambulance 10/17 – 1 vol. (11/08/14-29/12/16) ; manque depuis le 30/12/16.

Ambulance 11/17 – 1 vol. (13/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-1/01/19).

Ambulance 12/17 – 1 vol. (6/08/14-1/01/17) ; 1 vol (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-5/02/19).

Ambulance 13/17 – 1 vol. (11/08/14-14/08/17) ; 1 vol. (15/08/17-23/02/18) ; 1 vol. (24/02/18-1/02/19).

Ambulance 14/17 – 1 vol. (13/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 15/17 – 1 vol. (13/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-29/01/19).

Ambulance 16/17 – JMO manquant.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 17e Corps d’armée : Direction (2/08/14-5/3/19), 26N 190/12 à 190/15 – Groupe de brancardiers de corps (12/08/14-16/01/19), 26N 190/16 à 190/18.

Ambulances du 18e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 18e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/18 – JMO manquant.

Ambulance 2/18 – 1 vol. (9/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-16/03/19).

Ambulance 3/18 – 1 vol. (9/08/14-28/05/16) ; 1 vol. (28/05/16-1/05/17) ; 1 vol. (1/05/17-nov. 1918).

Ambulance 4/18 – 1 vol. (2/08/14-8/02/19).

Ambulance 5/18 – 1 vol. (10/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-28/01/19).

Ambulance 6/18 – 1 vol. (5/08/14-30/11/16) ; 1 vol. (1/12/16-30/01/19).

Ambulance 7/18 – 1 vol. (11/08/14-25/12/16) ; 1 vol. (3/02/17-23/07/18) ; 1 vol. (1/07/18-23/06/19).

Ambulance 8/18 – 1 vol. (11/08/14-1/01/17) ; 1 vol. (1/01/17-7/02/19).

Note : l’auteur a servi dans cette ambulance 8/18 – Prosper Viguier, Un chirurgien de la Grande Guerre. Toulouse : Privat, 2007, 158 p.

Ambulance 9/18 – 1 vol. (12/08/14-6/12/16) ; 1 vol. (6/12/16-26/11/18) ; 1 vol. (24/11/18-1/05/19).

Ambulance 10/18 – 1 vol. (6/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-21/05/18).

Note : Une minute sur feuille volante, du 21 mai au 12 octobre 1918.

Ambulance 11/18 – Manque avant le 1/01/17 ; 1 vol. (1/01/17-1/12/17).

Ambulance 12/18 – 1 vol. (14/08/14-14/07/18) ; manque après le 15/07/18.

Ambulance 13/18 – JMO manquant.

Ambulance 14/18 – 1 vol. (6/08/14-31/01/19).

Ambulance 15/18 – 1 vol. (6/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 16/18 – 1 vol. (14/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-11/02/19).

Note : Copie, 1 vol. (14/08/14-24/11/17).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 18e Corps d’armée : Direction (8/08/14-20/02/19), 26N 192/9 à 192/14 – Groupe de brancardiers de corps (9/08/14-21/01/19), 26N 192/15 à 192/16 – Groupe de sections d’hospitalisation (11/08/14-31/12/17), 26N 192/17 à 192/18.

Ambulances du 20e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 20e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/20 – 1 vol. (1/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-23/08/18) ; manque après le 24/08/18.

Ambulance 2/20 – 1 vol. (31/07/14-15/04/19).

Ambulance 3/20 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; manque depuis le 1/01/18.

Ambulance 4/20 – JMO manquant.

Note : Sur l’ambulance 4/20 en août 1914 à Bellange, d’après les extraits des mémoires inédits du docteur Pratbernon, voir : Didier J., Des moissons tâchées de sang. Lorraine 1914. Metz : éditions Serpenoise, 2010, 168 p.

Ambulance 5/20 – 1 vol. (6/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-7/10/18) ; manque depuis le 8/10/18.

Note : Copie, 1 vol. (2/11/15-5/05/17).

Ambulance 6/20 – 1 vol. (2/08/14-1/08/18) ; manque depuis le 2/08/18.

Ambulance 7/20 – 1 vol. (6/08/14-4/09/15) ; 1 vol. (4/09/15-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18) ; 1 vol. (1/01/19-1/03/19).

Ambulance 8/20 – JMO manquant.

Ambulance 9/20 – 1 vol. (10/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-16/03/19).

Ambulance 10/20 – 1 vol. (2/08/14-30/01/19).

Ambulance 11/20 – 1 vol. (2/08/14-31/12/18).

Ambulance 12/20 – 1 vol. (2/08/14-29/12/16) ; manque après le 30/12/16.

Ambulance 13/20 – 1 vol. (15/08/14-1/06/16) ; manque après le 2/06/16.

Ambulance 14/20 – JMO manquant.

Ambulance 15/20 – JMO manquant.

Ambulance 16/20 – 1 vol. (2/08/14-27/01/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 20e Corps d’armée : Direction (31/07/14-12/02/19), 26N 194/21 à 194/26 – Groupe de brancardiers de corps (2/08/14-16/01/19), 26N 194/27 à 194/28.

Sur le service de santé du 20e CA : Sieur C, Six mois de Direction du service de santé du XXe corps d’armée (28/07/14-15/02/15), dans la revue du service de santé militaire, CVI, n°3, mars 1937, p. 313-406.
Ambulances du 21e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 21e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/21 – 1 vol. (31/07/14-31/03/15) ; 1 vol. (1/04/15-28/08/15) ; 1 vol. (29/08/15-30/06/16) ; 1 vol. (30/06/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-9/01/19).

Ambulance 2/21 – 1 vol. (1/08/14-15/05/15) ; 1 vol. (16/05/15-10/10/16) ; 1 vol. (11/10/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-5/03/19).

Ambulance 3/21 – 1 vol. (3/08/14-28/02/19).

Ambulance 4/21 – JMO manquant.

Ambulance 5/21 – 1 vol. (2/08/14-12/01/16) ; 1 vol. (13/01/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-19/02/19).

Ambulance 6/21 – 1 vol. (3/08/14-1/10/15) ; 1 vol. (2/10/15-13/12/17) ; 1 vol. (14/12/17-3/01/19).

Note : l’auteur a servi dans cette ambulance 6/21 – Edouard Laval, Souvenirs d’un médecin-major, 1914-1917. Paris : Payot, 1932, 238 p.

Ambulance 7/21 – 1 vol. (6/08/14-17/02/19).

Ambulance 8/21 – 1 vol. (6/08/14-12/01/19).

Ambulance 9/21 – 1 vol. (7/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-28/02/19).

Ambulance 10/21 – 1 vol. (7/08/14-3/02/19).

Ambulance 11/21 – 1 vol. (9/08/14-11/06/15) ; 1 vol. (12/06/15-30/12/15) ; 1 vol. (31/12/15-15/07/16) ; 1 vol. (16/07/16-28/02/17) ; 1 vol. (1/03/17-13/09/17) ; 1 vol. (14/09/17-11/01/18) ; 1 vol. (9/01/18-20/01/19).

Ambulance 12/21 – 1 vol. (8/08/14-1/12/18).

Note : Le journal des marches a été reconstitué jusqu’au 4 décembre 1916 ; l’original étant tombé, le 27 mars 1918, aux mains de l’ennemi.

Ambulance 13/21 – 1 vol. (7/08/14-15/02/19).

Ambulance 14/21 – 1 vol. (7/08/14-18/01/19).

Ambulance 15/21 – 1 vol. (7/08/14-21/05/17) ; 1 vol. (22/05/17-10/01/19).

Ambulance 16/21 – 1 vol. (5/08/14-23/09/16) ; manque après le 24/09/16.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 21e Corps d’armée : Direction (1/08/14-10/02/19), 26N 197/18 à 197/22 – Groupe de brancardiers de corps (5/08/14-16/01/19), 26N 197/24 à 197/26.

Ambulances du corps d’armée colonial (1er C.A.C.) devenues ambulances du 22e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/22 – 1 vol. (4/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 2/22 – 1 vol. (9/08/14-2/04/16) ; 1 vol. (3/04/16-31/12/16) ; 1 vol. (31/12/16-14/05/18) ; manque après le 15/05/18.

Ambulance 3/22 – 1 vol. (7/08/14-1/01/18) ; 1 vol. (3/01/18-17/12/18).

Note : Copie, 1 vol. (7/08/14-15/12/16).

Ambulance 4/22 – 1 vol. (2/08/14-5/03/19).

Ambulance 5/22 – JMO manquant.

Ambulance 6/22 – 1 vol. (3/08/14-25/02/19).

Ambulance 7/22 – JMO manquant.

Ambulance 8/22 – 1 vol. (3/08/14-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-16/03/19).

Ambulance 9/22 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-17/01/19).

Ambulance 10/22 – 1 vol. (14/08/14-28/02/18) ; 1 vol. (1/03/18-7/01/19).

Ambulance 11/22 – 1 vol. (8/08/14-13/11/16) ; 1 vol. (12/11/16-9/06/18) ; 1 vol. (10/06/18-12/02/19).

Ambulance 12/22 – 1 vol. (4/08/14-21/04/15) ; 1 vol. (22/04/15-19/09/15) ; 1 vol. (19/09/15-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-9/12/17) ; 1 vol (10/12/17-1/03/19).

Note : Un journal de mobilisation annexé (17/02/14).

Ambulance 13/22 – 1 vol. (14/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-11/03/19).

Ambulance 14/22 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-20/12/18).

Ambulance 15/22 – JMO manquant.

Ambulance 16/22 – 1 vol. (9/08/14-15/08/18) ; manque du 16/08/18 au 29/10/18 ; 1 vol. (29/10/18-17/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

JMO du Service de santé du corps d’armée colonial : Direction (2/08/14-04/09/14 et 10/09/17-23/06/19), 26N 241/7 et 241/8.

A SUIVRE

Le Service de santé régimentaire de l’armée allemande (1914-1918)

1 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #organisation

Le Service de santé régimentaire de l’armée allemande (1914-1918)
Notes d’organisation et de fonctionnement sur le service de santé régimentaire de l'armée allemande (1914-1918) :

« Le médecin-chef du régiment (Oberstabsarzt, médecin-major 1ère classe) se tient avec un médecin aide-major (Oberartz), un médecin auxiliaire (unterartz), un sous-officier, 4 infirmiers et 16 brancardiers au poste de secours principal du régiment (P. S. R.) qui, en période de stabilisa­tion, sert d’infirmerie de cantonnement.

« Dans chaque secteur de régiment, écrit le général von Below, environ à 2 ou 3 kilomètres en arrière de la 1ère ligne, il faut organiser divers abris (de préférence dans des caves réunissant les conditions nécessaires) pour servir de poste de secours régimentaire et susceptible du recevoir environ 100 blesses cou­chés. Il faut que chaque local ait 2 issues et permette le passage facile des brancards. »

Chaque bataillon possède un médecin-major ou un aide-major, un médecin auxiliaire, un sous-officier infirmier, 4 infir­miers et 16 brancardiers, qui se tiennent dans le P. S. B. : seuls les malades très légers y sont gardés quelques jours. Le général von Below demande «qu'il soit construit, à proximité de la réserve du bataillon, quelques abris pouvant recevoir de 25 à 40 hommes et une grande réserve da matériel sanitaire ».

Le « bataillon artz » marche à cheval à côté du chef du batail­lon et de l'officier adjoint « adjudant ». Ce dernier fixe l’emplacement du P, S. B. « Trüppenverbandplatz » et du point de rassemblement des blessés légers « Leichtverwundetensammelplatz ».

Au moment d'engager le combat, le chef de bataillon donne directement ou par écrit ses ordres au médecin du bataillon.

La voiture médicale (sanitäts wagen), attelée de 2 chevaux, marche avec le train de combat du bataillon.

Enfin, chaque compagnie, quand elle tient un secteur possède un petit poste de secours (P.S. C.) refuge-abri souterrain, à l’épreuve, voisin des premières lignes, dans lequel se trouvent un sous-officier infirmier et 4 brancardiers. En cas de nécessité, il peut demander 4 brancardiers supplémentaires occasionnels, qui sont munis d'un simple brassard rouge uni.

« Dans les périodes où la lutte est très active, ajoute von Below, il faut qu'il y ait dans chaque secteur de compagnie un abri sanitaire, tout à fait à l'épreuve, capable de recevoir 14 bles­sés couchés, à proximité de la 2e ligne et dans chaque secteur de compagnie. En outre, il faut avoir des locaux pour abriter le personnel sanitaire et le matériel sanitaire pour les premiers soins à donner aux blessés ; les brancards de tranchée, les couvertures, l'eau minérale, le matériel de désinfection, le maté­riel de réserve contre les gaz, des vivres de réserve, etc.».

En résumé, le Service Médical régimentaire est à peu près semblable au nôtre avec ses trois échelons (P. S. C. — P.S.B. — P. S. R.), généralement assez bien installés, dans des abris à l'épreuve. Ces P.S. souterrains, comme le réclame le général von Below, doivent être longs, solides, secs, avec couchettes latérales superposées, pour abriter momentanément de nombreux blessés, ainsi que le personnel, le matériel sanitaire, les substances désinfectantes et la réserve de masques et d'appareils anti-asphyxiants.

Service des évacuations. — Les blessés des compagnies en li­gne sont acheminés des P. S. C. et des P. S. B. sur le P. S. R. (truppenverbandplatz) par les brancardiers des bataillons. C'est là que les brancardiers de la Sanitäts Kie (G. B. D.) viennent chercher les blessés pour les transporter sur des brancards au « Wagenhalteplatz » (arrêt des voitures) appelé aussi « zwischenhauptverbandplatz » (poste intermédiaire de secours). Les bles­sés sont ensuite transportés au « hauptverbandplatz » (poste principal de secours) de la division en auto ou en voiture (Krankenwagen) et enfin à un « Feldlazaret ». » - Docteur Bonnette, article publié dans Le Progrès Médical, du 12 janvier 1918. In Variétés - Service de Santé allemand en campagne, p. 16)

Le personnel infirmier et brancardier allemand : équipements et dotations (1914-1918)

Poste de secours de compagnie. — Ce P. S. est installé dans un abri blindé, voisin des tranchées de résistance. Généralement on y trouve une petite caisse, renfermant quelques paquets de pansement, de la gaze, teinture d'iode, etc., permettant de faire un premier pansement. Le sous-officier infirmier a sous ses ordres 4 brancardiers pro­venant : 2 du premier peloton el deux du second peloton de la compagnie. En cas de nécessité, ils peuvent être renforcés par 4 brancardiers auxiliaires (brassard rouge uni), qui sont demandés au capitaine. Ces brancardiers sont capables de faire un premier pansement au moyen des paquets individuels. Les blessés sont ensuite transportés par deux brancardiers jus­qu'au « Revier ». — Ce poste de secours de bataillon comprend :

Une salle de visite (Untersüchnugsranm); une salle de malades (Krankenzimmer); une salle d’isolement (Senchenranm).

Brancards — Les brancardiers se servent en principe du brancard réglementaire bien connu. Toutefois, dans les tranchées souvent démolies et les boyaux étroits, où la circulation est difficile, ils se servent de préférence de la «Nottragbahre» (brancard de fortune), consistant en une toile de tente soutenue par un bâton. Les brancardiers ont toujours un petit approvisionnement de perches au P. S. de compagnie. Mais, dès la sortie du boyau, le blessé est placé sur un brancard ordinaire ou, avec une seconde perche, cette toile de tente est trans­formée en un brancard horizontal. La «Stuhlbahre», brancard en forme de chaise, portée par un ou deux brancardiers, est moins utilisée, mais est assez pratique lorsqu'on la porte à deux. La Stuhlbahre est une chaise faite avec des tubes d'acier et de la toile à voile. Au bord du siège, se trouve une palette mobile pour soutenir le membre fracturé. Le transport d’un blessé en Stuhlbahre par un brancardier est très pénible; à deux, il est notablement plus facile. Ce moyen de trans­port est surtout préconisé pour les blessés thoraciques. Les brancardiers signalent encore la «Schützengrabentragbahre» (brancard de tranchée) ou brancard à cadre métallique, avec sous-cuisses et courroies sous-auxiliaires., et deux toiles enveloppantes, qui enserrent le blessé et permettent de le transporter dans toutes les positions : ce brancard est similaire à ceux de Mooïg ou de Matignon.

Insignes de neutralité des brancardiers. — Le brancardier se distingue par un brassard blanc à croix rouge qu'il porte au bras gauche (2 cachets humides du ministère). Il est muni, en outre, d'une attestation (ausweis), délivrée par le chef de service, l’autorisant à porter ce brassard.

Cartouchières et revolver. — Chaque brancardier est muni de deux cartouchières d’environ 10 sur 20 centimètres, qu'il porte des deux Côtés de la plaque du ceinturon. Dans ces cartouchières, il place : 12 paquets de pansements petits, 3 paquets de pansements grands, 2 morceaux de tissu triangulaire (en serge grise noire, comme écharpes, 2 morceaux de tissu carré, 1 flacon de teinture d’iode, 1 paire de ciseaux, 1 pince, 1 bande hémostatique en tissu élastique portant à une des extrémités des boutons à pression, 2 paquets de gaze. Les brancardiers sont armés d'un revolver automatique et sont porteurs d'un bidon contenant 1 litre de café.

Renseignements divers :

Les feuillées, voisines des tranchées, ont des fosses profondes de 2 mètres environ, de 3 mètres de long et au moins d'un mètre de large. Ces feuillées ont un plancher avec trois ou quatre longs trous « à la Turque », pas de séparations entre ces trous. Les cabinets avec sièges sont rarement utilisés. Les feuillées sont recouvertes d’un abri. Le chlorure de chaux est surtout employé comme désinfectant.

Urinoirs improvisés. — Dans les tranchées, il existe de nombreux urinoirs improvisés avec deux planches en V, formant une auge légèrement inclinée vers un puisard de 1 mètre de profondeur, garni de grosses pierres et destiné à recevoir les urines. A défaut de pui­sard, il est utilisé des récipients métalliques goudronnés à l’intérieur. Au-dessus des auges on place un plan vertical en planches recouvert de papier goudronné, ou mieux de zinc.

Robusticité [sic] des brancardiers. — Pour être brancardier dans l'armée active, il fallait être très robuste, et avoir un minimum de 1 m 68 de taille.

Transport des blessés. — Dans les boyaux démolis ou tortueux, la préférence unanime des brancardiers est le transport du blessé dans une toile de tente. Malgré toute sa force, un brancardier ne peut transporter seul qu’un blessé très léger. La fatigue est encore accrue, quand il est obligé de se pencher fortement en avant, comme dans le transport en stuhlbahre.

Pansements en papier. — Sont très peu utilisés sur le front, car ils se délitent trop facilement sous la pluie ou le sang. Ils sont surtout employés dans les hôpitaux de l’intérieur.

Casques en acier. — Tous les brancardiers allemands sont dotés de ce casque depuis environ un an, la troupe depuis près de deux ans. Les casques en cuir ont été reversés. Seuls, les officiers à l'arrière sont autorisés à se servir de leurs casques en cuir bouilli. Le casque en acier allemand pèse 980 grammes, mais les trois coussinets, qui sont à l’intérieur, en répartissent bien le poids et le font vite accepter. Les médecins militaires allemands ont aussi constaté que les plaies crâniennes ont diminué de fréquence et de gravité. Sur les côtés du casque, se trouvent deux saillies métalliques perforées d'un canal central pour la ventilation et servent de pivot à une visière ajourée, qui peut se rabattre sur les yeux au moment de l'assaut; mais cette visière a été rarement employée.

Insignes de neutralité. — Les infirmiers et les brancardiers sont dotés d'un large brassard avec croix rouge très visible, portant deux timbres humides. Chacun d'eux possède une autorisation signée de leur chef de service pour le port de cet insigne : cette autorisation est imprimée sur un papier entoilé :

Ausweis (1)

Name : Dienstgrad : Truppenteil :, Ist gemäh Artikel 20 des Genfer Abkommens vom 6. Juli 1906 zum Tragen des Neutralitätszeichens, einer auf dem linken Arme befestigten von der Militärbehörde gestempelten Binde mit dem Roten Kreuze auf weihem Grunde, berechtigt.

Truppenteil : Kommandeur : Unterschrift, Zur Gegenprobe : (Unterschrift des Inhabers).

(1) Permis, nom, grade, unité. Selon l'article 20 de la Convention de Genève du 6 juillet 1906, l’insigne de la neutralité consistant en un brassard avec croix rouge sur fond blanc fixé sur le bras gauche : ce brassard porte un timbre de l’autorisation militaire,
Unité, chef de l'unité (signature). Signature du porteur.

Les infirmiers, qui ont subi avec succès l'examen du caducée portent cet insigne sur le bras droit. (Grand ovale au centre duquel se trouve un serpent en drap jaune, enroulé sur un bâton d’Epidaure.

Plaque d'identité (Enkennungsmarke). — Les plaques d'identité des infirmiers et des brancardiers sont du nouveau modèle et portent les indications suivantes : le nom de l’homme, son adresse (ville, rue, n°), la date de naissance, le corps auquel il appartient, l’unité et le n° matricule. En outre, ces plaques, qui sont deux fois plus volumineuses que les anciennes, présentent à leur centre trois dépressions longitudi­nales, de telle sorte que les deux moitiés de la plaque portant deux fois les mêmes indications, tout en adhérant suffisamment, puissent être séparées facilement. Quand un soldat allemand est tué, on enlève seulement la partie inférieure de la plaque et la partie supérieure est laissée fixée au cou, de manière à permettre d'identifier ultérieurement le cadavre.

Carnet de prêt (soldbuch). — Comme tous les soldats allemands, chaque infirmier ou brancardier est détenteur d’un carnet de prêt qui sert de pièce d'identité militaire et présente plusieurs indications médico-militaires. A la page 4 figure la date des diverses vaccinations; ex. : Typhoïde : 26.2.15, 6.3.15, 12.3.15 ; Choléra : 12.3.15, 17-4-15 ; A la page 10 et 15 sont notées les diverses hospitalisations dans les feld et kriegs lazarette.

Vaccinations antityphoïdique et anticholèrique. — En général, les allemands font 3 injections antityphoïdiques et 2 injections anticholériques, à huit jours d’intervalle. Elles se font en avant et au-dessous du mamelon gauche, au lieu d'être faites dans la région rétroscapulaire, comme en France. La peau est désinfectée à la teinture d'iode, les aiguilles de Pravaz sont bouillies et les flacons, bouchés à l’émeri, renfermant le sérum, sont versés dans une cupule bien aseptique. Tous les soldats, presque sans exception (même ceux des plus vieilles classes), sont vaccinés. Unité, chef de l'unité (signature). Signature du porteur. Quelques soldats présentent des réactions fébriles assez marquées, les vomissements sont exceptionnels et les décès inconnus. Les vaccinations anticholériques sont particulièrement bien supportées.

Pansement individuel. — Est un petit paquet de 7 centimètres de long, 5, de large et 3 de haut. Il est recouvert d'une toile grisâtre, forte, qui porte, comme indication, l'année de la fabrication, puis une enveloppe en papier jaunâtre sur laquelle est indiquée la façon d'ouvrir le pansement sans le souiller. La bande porte à une de ses extrémités une compresse de gaze rosée (imbibée de sublimé). Le globe de la bande doit être saisi par la main droite et la main gauche doit saisir l'extrémité qui porte l’indication « hier ». Et en faisant une légère traction, la compresse s'ouvre et s'applique sur la plaie sans qu'on la touche. Les pansements individuels sont utilisés pour les petites blessures. Chaque soldat porte sur lui deux de ces pansements, qui sont placés dans une pochette sous le pan gauche antérieur de la vareuse. Pour les blessures graves, étendues, il existe des pansements plus grands, tout prêts, qui sont entreposés avec le matériel sanitaire (gouttières, etc.,) dans les paniers ou armoires des P.S.

Pansements en papier. — Ce papier ressemble à du crèpe Velpeau. Les pansements ont été fabriqués pour économiser la gaze et le coton. Ils sont surtout employés quand ils doivent être promptement remplacés. En cas d'hémorragie un peu abondante, ces pansements en papier se désagrègent très vite. Les médecins régimentaires recommandent aux infirmiers d'appliquer les pansements individuels à sec, car la compresse rosée qui est imprégnée de sublimé, peut produire au contact de la teinture d'iode, une dermite médicamenteuse désagréable.

Leucoplaste. — Les infirmiers allemands font un très grand usage du leucoplaste (rouleau de zink-kantschuk-pflaster) pour fixer et maintenir les pansements au lieu et place des bandes.

Bandes de pansement au bismuth. - Les médecins allemands emploient beaucoup des bandes au bismuth (bandes du Dr Von Bardeleben) contre les brûlures. C'est un pansement commode, économique, calmant rapidement la douleur et ne nécessitant pas son renouvellement fréquent. En outre, il se conserve très bien en magasin. Ces bandes « Bardella » ont été également utilisées dans les cas de datres exsudantes, d'ulcères des jambes, engelures ulcérées, de congélation, d’écorchures et de pansement ombilical des nouveaux nés. Actuellement, ils l’emploient pour les plaies consécutives aux gaz vésicants. Il est recommandé de fixer ces bandes par une couche de coton hydrophile, qui doit seule être changée lorsqu'elle commence à être imbibée. Ces bandes doivent être laissées plusieurs jours au contact des plaies. Pour les renouveler il y a lieu d'imbiber le coton et la bande avec de l'eau chaude stérile, puis refaire le pansement au bismuth. Avant la guerre, en Allemagne, ces bandes bismuthées étaient très employées dans les usines, où les ouvriers étaient exposés aux éclaboussures d'acide sulfurique. En cas d'accident, on commençait par laver ces brûlures à grande eau, puis avec une solution légère d'ammoniaque ou de soude pour neutraliser l'action de l'acide. Puis, après avoir épongé la plaie, on appliquait un morceau de bande Bardella, qui calmait la douleur et faisait promptement cicatriser la brûlure. » - P. Bonnette. Le Progrès médical, bulletin, 1918, Service de santé allemand. Service régimentaire. p. 286-288.

On se reportera à notre synthèse sur : http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/le-service-de-sante-de-l-armee-allemande-1914-1918

Légende photo :

Infirmier allemand (1ère Guerre Mondiale), dans l’exposition « L’ambulance 13 stationne au Val-de-Grâce », Val-de-Grâce, Paris, 2011. Droits réservés.

LES CACHETS ALLEMANDS DES HOPITAUX MILITAIRES...

30 Mars 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

LES CACHETS ALLEMANDS DES HOPITAUX MILITAIRES...

"Les cachets allemands des hôpitaux militaires et formations sanitaires en Alsace-Lorraine (1914-1918)"


M. Michel Frick, marcophile colmarien bien connu, spécialiste des marques postales d’Alsace Lorraine a publié en novembre 2013 un nouvel ouvrage de référence, un fort catalogue de 258 pages comprenant 800 cachets décrits et reproduits, illustré de monographies hospitalières et de cartes postales anciennes sur :

"LES CACHETS ALLEMANDS DES HÔPITAUX MILITAIRES ET FORMATIONS SANITAIRES - ALSACE-LORRAINE (1914-1918)"

Cette nouvelle publication de la « SPAL », la prolifique association des Spécialistes en marques postales et oblitérations d’Alsace Lorraine, complément de l’édition 1991 ; dont l’actualisation avait été relancée auprès des « spalistes » dès 2008, s’inscrit parfaitement dans la préparation du Centenaire de la Grande Guerre.

Présentation de l’éditeur :

« Au début de la Grande Guerre, de nombreux hôpitaux de fortune ont été ouverts par la Croix-Rouge sous la dénomination de "Vereinslazarett", dont huit rien qu’à Colmar, trente-neuf à Strasbourg, principalement dans les écoles et les couvents.

A partir de 1915, l'armée prend le relais et les hôpitaux sont transformés en "Feldlazarett", en "Etappenlazarett" puis en "Kriegslazarett".

Dans les villes de garnison, ces hôpitaux étaient nommés "Garnisonlazarett", dans villes fortifiées (Strasbourg ou Neuf-Brisach par exemple), "Festungslazarett".

Il existait également des hôpitaux militaires spécialisés pour les malades contagieux (par exemple le "Seuchenlazarett" de Logelbach, installé dans l’actuel Centre pour personnes âgées de Colmar), pour les blessés aux yeux, pour les opérations orthopédiques, etc.

On découvrira également, parfois avec surprise, l'existence d'hôpitaux de campagne dans de multiples petites communes : autour de Colmar, on peut par exemple citer Wintzenheim, Ingersheim, Turckheim, Kaysersberg, Kientzheim, Trois Epis, etc.

Chaque hôpital ou unité sanitaire disposait de son propre cachet de franchise.

Une partie de l’ouvrage est consacrée aux trains sanitaires, chargés du transport des blessés et malades, une autre aux services sanitaires pour les chevaux. »

Pour en savoir plus sur la SPAL

Bon de commande de l’ouvrage

Le lecteur pourra aussi se référer à nos petites synthèses sur l'organisation du service de santé allemand (1914-1918) dont nous compléterons bientôt la découverte par de nouveaux extraits compilés dans la presse médicale de l'époque.

LES HOPITAUX BENEVOLES DE GRENOBLE 1914-1918

25 Mars 2014 , Rédigé par D.C. Publié dans #Centenaire

LES HOPITAUX BENEVOLES DE GRENOBLE 1914-1918

Le Samedi 5 avril à 14h30 à l'Auditorium de la Maison du Tourisme à Grenoble

Conférence de Dominique Chancel, architecte honoraire, historien du Patrimoine sur :

LA VILLA DEMENJON-DOUILLET, DEMEURE DE LA BELLE ÉPOQUE À L’ÉPREUVE DE LA GRANDE GUERRE.

Le bowling privé de cette demeure bourgeoise de la Belle Époque est utilisé comme hôpital bénévole pendant la Première Guerre mondiale. Les parois de cette belle dépendance, l'un des tout premiers bowlings privés de France, seront dévoilées au public : 200m2 de paysages de montagne réalisés par le peintre Édouard Brun !

La famille Douillet-Mounier, propriétaire de la villa, y accueille et y soigne plus de 1000 soldats blessés pendant toute la durée de la guerre. Ses archives, qui sont conservées, permettent d'évoquer la vie de ces soldats.

Plus tard, cette maison deviendra une dépendance de la clinique des Bains voisine, qui n’existe plus aujourd’hui.

Au cours de cette conférence, les nombreux autres hôpitaux bénévoles de l'agglomération grenobloise, et notamment celui du Clos des Capucins à Meylan, tenu par la famille du bâtonnier Marc Giroud, seront également évoqués.

◗ Entrée libre
◗ Contact : association Patrimoine et Développement du
Grand Grenoble – 09 51 86 27 84
www.grenoble-patrimoines.org

SOLDATS DECEDES A L'HOPITAL JAPONAIS DE PARIS (1915-1916)

24 Mars 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation, #Centenaire

SOLDATS DECEDES A L'HOPITAL JAPONAIS DE PARIS (1915-1916)

Liste exhaustive des soldats français décédés à l'hôpital bénévole n°4 bis, hôpital japonais de Paris.

(N° 13) - SALUT Gaston, soldat de 2e classe, 23e régiment d’infanterie coloniale (R.I.C.), né le 8 juillet 1875 à Toulouse (Haute-Garonne), fils de [SALUT] Jean et de Marie NOT. Marié avec Marie PERPèRE, domiciliés à Merens (Ariège). Entré à l’hôpital bénévole japonais de Paris, le 23 mars 1915 [registre des entrées (R.E.), n° 93] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 4 avril 1915 à 9h1/4 du matin. - Fracture du crâne. Trépané le 8 mars 1915. Eclat d’obus reçu le 5 mars 1915 au Bois [d’…]. Le médecin traitant, [signé : Watanabé] - N° de l’état-civil : 711. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°14) – CESSES Louis, soldat de 2e classe du 96e régiment d’infanterie (R.I.), né le 25 mars 1881 à Aurin (Haute-Garonne), fils de [CESSES] Pierre, décédé, et de Marguerite PAUL, domiciliés à Lanta (Haute-Garonne). Marié à Maria TRENTOUL domiciliée à Lanta. Entré le 23 mars 1915 [R.E. n°85 : vient de l’hôpital d’évacuation (HoE) 38, Châlons-sur-Marne] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 15 avril 1915 à 9h. du matin. Plaie par éclat d’obus de la jambe droite. Amputation de la cuisse droite pour gangrène gazeuse. Plaie de l’avant pied gauche pour gangrène gazeuse. Plaie superficielle du bras droit. Blessure reçue le 7 mars 1915 à […] [signé : Watanabé] – N° de l’acte d’état-civil : 781, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°15) PETIT Elisé Léonce, soldat de 2e classe du 128e régiment d’infanterie. Né le 17 février 1889 à La Thieuloye (Pas-de-Calais), fils de [PETIT] Charles et de LEFEVRE Pulcherie, domiciliés à La Comté, [R.E. : par Houdain] (Pas-de-Calais). [Célibataire ?]. Entré le 30 mars 1915 [R.E. n°122] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 22 avril 1915 à 23h 1/2 – Plaie par éclat d’obus cuisse droite et anus. Blessure reçue le 4/03/15 à Mesnil. [Signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’Etat-civil : 832. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°16) VILLAIN Maurice Albert, soldat de 2e classe du 142e régiment d’infanterie. Né le 3 septembre 1894 à Douai (Nord), fils de [VILLAIN] Alfred Camille et de BUF Maria demeurant à Douai (Nord). Entré le 30 mars 1915 [R.E. n° 129, M. Roullot Jean-Marie, 32 avenue de Fredy à Villemomble] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 26 avril 1915 à midi. Blessé le 12 mars 1915 à Beauséjour par éclat d’obus jambe gauche, pied et genou droit. Amputation de la jambe gauche pratiquée le 19 avril 1915, [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état-civil : 880, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°17) ADE Georges Edmond, soldat de 1ère classe du 329e régiment d’infanterie. Né le 14 février 1884 à Oherville (Seine Inférieure), fils de [ADE] Pierre Léopold et de PAIN Blanche Alexandrine, décédée, domiciliés à Yvetot, rue des Jardins (Seine Inférieure). Marié à GORON Lucie domiciliée au Havre, rue Reine Berthe (Seine Inférieure). Entré le 15 mai 1915 [R.E. n° 259] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 23 mai 1915 à 16 heures. Pied gauche enlevé et plaie pénétrante pied droit. Blessure reçue sur le champ de bataille, [signé : Motéki] – N° de l’acte de l’état-civil : 1080, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°18) PERNET Charles, soldat de 2e classe du 129e régiment d’infanterie. Né le 31 janvier 1879 à Matton-Clemency (Ardennes), fils de [PERNET] Lucien et de Clémentine HAHAN, domiciliés à Sedan, rue du Calvaire (Ardennes). Marié à Françoise BIGNERTE, domiciliée à Montreuil-sous-Bois, 36 rue de Vincennes. Entré le 2 juin 1915 [R.E. n°314] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 3 juin 1915 à 4 heures du matin. Plaies multiples jambe et main gauches. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Motéki] – N° de l’acte de l’état-civil : 1171, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°19) DUMORT Gabriel Louis Léon, caporal au 160e régiment d’infanterie. Né le 6 décembre 1894 à Argenteuil (Seine-et-Oise), fils de [DUMONT] Gabriel Jules Léon et de feue Eugénie Lainé, domiciliés à Argenteuil, 5 rue Saint-Germain (Seine-et-Oise). Entré le 15 mai 1915 [R.E. n° 277] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 10 juin 1915 à 5h. matin – Plaie par balle au flanc droit. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte à l’état-civil : 1221. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°20) LERAY Léon, caporal au 241e régiment d’infanterie. Né le 13 mars 1886 à Dingé (Ille-et-Vilaine), fils de feu [LERAY] Emmanuel, et de Rosalie SAUVAGE, domiciliés à Dingé [R.E. : aux Champs-Thébault] (Ille-et-Vilaine), [célibataire]. Entré le 18 juin 1915 [R.E. n° 327] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 26 juin 1915 à 5h du matin. Amputation jambe droite. Blessure reçue sur le champ de bataille [signé : Watanabé]. N° de l’état-civil : 1326. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°21) LANDAIS François Marie, soldat de 1ère classe au 41e régiment d’infanterie. Né le 6 octobre 1889 à Rennes (Ille-et-Vilaine), fils de [LANDAIS] François et de Marie-Louise HUREL, domiciliés à Rennes, 6 rue Jules-Simon (Ille-et-Vilaine) [Célibataire ?]. Entré le 21 juin 1915 [R.E. n°348] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 2 juillet 1915 à 04H soir. Plaie front. Blessure reçue sur le champ de bataille [signé : Moteki]. N° de l’acte de l’état-civil : 1359. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°22) BERNIER Pierre Marie. Soldat de 2e classe au 270e régiment d’infanterie. Né le 30 juin 1887 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure), fils de [BERNIER] Eugène Marie et de Marie Françoise Jeanne MORICE, domiciliés à Fontaine-Tuhaud (Loire-Inférieure). Entré le 21 janvier 1915 [R.E. n°354] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 16 août 1915 à 7 h. du matin. Plaies au genou gauche et front par éclats d’obus. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé]. N° de l’acte de l’état-civil : 1600. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°23) BLONDY Albert, caporal au 32e régiment d’infanterie. Né le 8 mai 1892 à Lubersac (Corrèze), fils de BLONDY Pierre et de feue Françoise TERRASSE domiciliés à La Crèche (Deux-Sèvres). Entré le 21 juin 1915 [R.E. n° 352] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 26 août 1915 à 4h. du matin. Fracture clavicule par éclat. Blessure reçue sur le champ de bataille [signé : Moteki] – N° de l’acte d’état civil : 1637, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°24) LEGAL Mathurin, 2e classe au 102e régiment d’infanterie. Né le 23 août 1878 à Moréac (Morbihan), fils de feu LEGAL Joachim et de feue Marie GIGADOT. Entré le 1er août 1915 [R.E. n° 393 : Blessé le 6 janvier 1915 à Crouy. Prisonnier de guerre rapatrié d’Allemagne via la Suisse, vient de l’hôpital complémentaire n°16 de Lyon, « n’a pas voulu laisser d’adresse »] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 8 septembre 1915 à 6h. du matin. Amputation cuisse droite consécutive à plaie par schrapnell. Amputation 4 orteils pied gauche, suite à gelure. Blessures reçues sur le champ de bataille [signé : Moteki] – N° de l’acte de l’état civil : 1712, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France.[ne figure pas au fichier MDH]

(N° 25) BRAJON Bernard, soldat de 2e classe au 142e régiment d’infanterie. Né le 1er mars 1892 à Saint-Chély-d’Apcher (Lozère), fils de BRAJON Félix et de feue Philomène CHYLA domiciliés à Saint-Chély-d’Apcher (Lozère). Célibataire. Entré le 1er août 1915 [R.E. n° 392 : blessé le 18 août 1914 en Alsace, prisonnier de guerre rapatrié d’Allemagne, via l’hôpital auxiliaire n°21, école Ozanam de Lyon] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Décédé le 14 septembre 1915 à 7h. du matin – Balle épaule droite avec lésion moelle épinière ayant déterminé paraplégie complète avec incontinence de la vessie et des matrices. Blessure reçue sur le champ de bataille [signé : Watanabé] – N° de l’acte d’état civil : 1743. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°26) TIREL Pierre, 2e classe du 1er régiment d’infanterie coloniale. Né le 21 octobre 1888 à Bourg-des-Comptes (Ille-et-Vilaine), fils de [TIREL] Pierre et de Marie-Ange ROUILLER, domiciliés à Bourg-des-Comptes, aux Hautes Rivières (Ille-et-Vilaine), célibataire - Entré le 18 septembre 1915 [R.E. n° 430 : blessé le 8 septembre 1915 à Souain, passé par l’hôpital de Châlons] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 30 septembre 1915 à 11 h. le matin – Plaie genou droit par éclat d’obus. Blessure reçue sur le champ de bataille [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état civil : 1834. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°27) FAVIER Jean, 1ère classe du 35e régiment d’infanterie. Né le 16 mars 1881 à Béréziat (Ain), fils de [FAVIER] Joseph Marie, décédé et de feue Philomène BOYER. Marié à Henriette SAUNIER domiciliée à Saint-Etienne-de-Reyssouze (Ain) – Entré le 2 octobre 1915 [R.E. n° 530 : blessé le 25 septembre 1915 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 3 octobre 1915 à 2h. du matin – Eclat d’obus hanche gauche. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Motéki] – N° de l’acte de l’état-civil : 1848. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N° 28) TURQUIN Julien Ernest, sergent au 19e bataillon de chasseurs à pied. Né le 4 juin 1891 à Saint-Quentin (Aisne), fils de TURQUIN Julienne Emmerline veuve Mahieux, domiciliés à La-Capelle-en-Thiérache (Aisne). Entré le 29 septembre 1915 [R.E. n° 498 : blessé le 27 septembre 1915 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Fracture cuisse droite par balle et plaie épaule droite. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état-civil : 1954, mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°29) BARBET Pierre Alphonse, soldat de 2e classe au 171e régiment d’infanterie. Né le 25 septembre 1895 à Le Plantay (Ain), fils de [BARBET] Jean et de Marie FAVRE, domiciliés à Bouligneux [par Villars] (Ain). Célibataire – Entré le 29 septembre 1915 [R.E. n° 496 : blessé le 27 septembre 1915 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais). Célibataire – Décédé le 17 octobre 1915 à 6h. du matin – Plaie fesse droite par balle. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état-civil : 1976. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°30) PATUREL Fernand Léonce Marie, soldat de 2e classe au 103e régiment d’infanterie. Né le 2 septembre 1895 à Surtauville (Eure), fils de [PATUREL] Auguste Alfred et de Angella Joséphine BLONDEL, domiciliés à Louviers, 40 faubourg de Rouen (Eure). Entré le 4 octobre 1915 [R.E. n°537 : Blessé le 29 septembre 1915 à Saint-Hilaire] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 19 octobre 1915 à 4h. du matin – Eclat d’obus à l’épaule et poumon droit. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état civil : 1995. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°31) DOUILLY Gustave, soldat de 2e classe au 273e régiment d’infanterie. Né le 28 mars 1880 à Lillers (Pas-de-Calais), fils de feu [DOUILLY] Flory et de feue Sophie MOURIEUX. Marié à Céline DECROIX, domiciliée à Auchel [R.E. : 122 rue de la Côte] (Pas-de-Calais) - Entré le 10 octobre 1915 [R.E. n° 576 : Blessé le 5 octobre 1915 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 24 novembre 1915 à 4h. du matin – Fracture fémur droit par éclat d’obus. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte de l’état civil : 2241. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N° 32) BOUTET Florent Maximin Alexis, soldat de 2e classe du 52e régiment d’infanterie coloniale. Né le 12 octobre 1889 à Saint-Gervais-les-Marais (Vendée), fils de feu [BOUTET] Louis Florent et de Joséphine Rose Denis, domiciliés à Saint-Gervais (Vendée), célibataire. – Entré le 29 septembre 1915 [R.E. n° 494 : blessé le 28 septembre 1915 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 4 décembre 1915 à 9h. du matin – Plaie poumon gauche par éclat. Blessure reçue sur le champ de bataille. [signé : Watanabé] – N° de l’acte d’état-civil : 2303. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°33) COUTAREL Gustave Arthur René, Brigadier au 37e régiment d’artillerie. Né le 7 octobre 1893 à Meilhaud (Puy-de-Dôme), fils de feu [COUTAREL] Gabriel et de Rosalie THIEULON domiciliés à Paris, 207 boulevard Saint-Germain (Seine). Célibataire – Entré le 18 février 1916 [R.E. n° 726 : blessé le 8 janvier 1916 à Souain] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais)- Décédé le 9 mars 1916 à 9h. du soir – Amputation main gauche plaie main droite et trépanation frontale par éclats. Blessures reçues sur le champ de bataille. [signé : Motéki] – N° de l’acte de l’état civil : 496. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N°34) BONIFACE Frontin, soldat de 2e classe du 31e bataillon de chasseurs à pied. Né le 4 janvier 1895 à Vindelle (Charente), fils de [BONIFACE] Clair[e] et de feue Anna ROUGIER, domiciliés à Vitrac et Saint-Vincent (Charente). Célibataire. Entré le 5 avril 1916 [R. E. n° 784 : blessé le 12 mars 1916 à Vaux, près de Verdun] à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 12 juin 1916 à 9h. du matin – Fracture crane et plaie jambe droite par éclats d’obus. Blessures reçues sur le champ de bataille. [signé : Motéki] – N° de l’acte d’état civil : 1206. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

(N° 35) MARECHAL Jules Emmanuel Henri, maréchal des logis au 46e régiment d’artillerie. Né le 20 février 1891 à Saulces-Monclin (Ardennes), fils de feu [MARECHAL] Jules Walter Délia et de BARON Célina Amandine Emma, domiciliés à Verzy (Marne). Célibataire – Entré le 19 janvier 1916 (R.E. n° 700 : blessé le 26 novembre 1915 à Souain (Marne)) à l’hôpital bénévole n° 4bis de Paris (hôpital japonais) – Décédé le 22 juin 1916 à midi – Amputation avant-bras gauche. Fracture genou gauche et doigt main droite par éclats. Blessures reçues sur le champ de bataille [signé : Watanabé] - N° de l’état civil : 1275. Mairie du 8e arrondissement. Mort pour la France. [figure au fichier MdH]

J'invite les personnes, chercheurs, généalogistes susceptibles de connaître ces soldats de prendre contact avec moi : via le point "contact" en début d'article ; en ajoutant un commentaire ou en consultant le lien vers l'irremplaçable forum Pages 14-18 dans lequel cette recherche a déjà fait l'objet de plus d'une vingtaine d'échanges passionnants et de plusieurs centaines de consultations... à ce jour.

Merci à tous.

Je profite de l'occasion pour remercier les abonnés de leur confiance

CONFERENCE SUR LE SERVICE DE SANTE MILITAIRE... Nice, le 12 avril 2014.

24 Mars 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

CONFERENCE SUR LE SERVICE DE SANTE MILITAIRE... Nice, le 12 avril 2014.

L’A.G.A.M. (Association Généalogique des Alpes-Maritimes), soutenue par le comité du centenaire du Conseil général des Alpes-Maritimes organise les 11 - 12 - 13 avril 2014, à Nice, au Palais des Rois Sardes, la 1ère Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre qui est soutenue par la Fédération Française de Généalogie (F.F.G.).

A l’occasion de cette « Rencontre » nationale, je proposerai à l’invitation de l’A.G.A.M. et de son équipe du projet « Bleuets » une conférence, le samedi 12 avril 2014, après-midi, sur le Service de santé militaire en 1914-1918. Un vaste sujet… qui sera plus particulièrement axé sur l’organisation et le fonctionnement du Service dans les zones des armées et de l’intérieur (hospitalisation militaire), complété par un focus sur les personnels sanitaires, en particulier, infirmiers et infirmières.

Vous en saurez plus, sur le programme, en consultant ces liens :

http://www.agam-06.org/new%20index%202013.htm

http://leblog-ffg.over-blog.org/article-1ere-rencontre-genealogique-nationale-sur-la-grande-guerre-122662266.html

http://www.cg06.fr.

A Bientôt, à Nice, le 12 avril…

François OLIER

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« D’un projet à une rencontre nationale  ... L’équipe du projet Bleuets vous propose de se  rencontrer afin d’échanger nos expériences pour transmettre la mémoire de nos ancêtres Poilus.
Nous souhaitons grâce cet évènement susciter l’intérêt des associations qui réalisent ou envisagent des projets mémoriels.
Pour cela nous mettons à leur disposition des stands et des temps de parole pour présenter leurs actions respectives.
Les intervenants vont nous permettre de mieux découvrir le côté humain de cette guerre.
Nous aurons à notre disposition une salle de conférences de 200 places, un espace pour les ateliers de 45 places, bureaux et salons.
Nous vous proposons dans cette brochure le pré programme de ces journées d’histoire et de généalogie (sous réserve de modifications).

Toutes les conférences, animations, expositions sont gratuites.
Association Généalogique des Alpes-Maritimes
Archives départementales des Alpes-Maritimes 
Centre administratif départemental 
Route de Grenoble 
06206 NICE CEDEX 3 »
Organisation.AGAM@gmail.com
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