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COLLOQUE SERVICE DE SANTE 14-18

17 Décembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

COLLOQUE SERVICE DE SANTE 14-18

COLLOQUE "SERVICE DE SANTE 1914-1918", AU VAL DE GRACE A PARIS, LES 4 ET 5 FEVRIER 2015.

L'association des amis du musée du service de santé des armées et le service de santé des armées organisent à l'école du Val-de-Grâce - 1 place Alphonse Laveran, 75 230 Paris Cedex 05 - les 4 et 5 février 2015, un colloque sur " Le service de santé aux armées dans la Grande Guerre", avec accès à l'exposition temporaire "Une armée qui soigne" du musée du service de santé..

Plus de vingt interventions sur deux jours. Voir le programme ci-dessous.

INSCRIPTION GRATUITE, avant le 9 janvier 2015.

Programme du colloque au Val-de-Grâce, 4 et 5 février 2015.

Bulletin d'inscription au colloque "Service de Santé 1914-1918"

INFIRMIER MILITAIRE 1914-1918

7 Décembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

INFIRMIER MILITAIRE 1914-1918

Promotion 2013-2016 « Infirmier de la Grande Guerre » de l’Ecole des Personnels Paramédicaux des Armées (EPPA) de Toulon

Les élèves-infirmiers militaires de la promotion 2013-2016 de l’école du personnel paramédical des armées de Toulon ont fait œuvre « d’œcuménisme paramédical» et d’un opportunisme bienvenu en baptisant leur promotion « infirmier de la Grande Guerre » et en l’ouvrant à tous les infirmiers et infirmières militaires et civiles de la guerre. Ainsi les centaines de milliers de « paramédicaux » 14-18 de toutes origines, professionnels et bénévoles, sont-ils devenus les parrains de cette petite phalange de cent dix sous-officiers qui se prépare à Toulon au diplôme d’état d'infirmier.

Le dossier de promotion soigneusement élaboré reflète parfaitement bien cette diversité des origines qui a fait l’objet en début d’année 2014 d’articles dans un périodique professionnel, la revue Soins.

Plan du dossier : 1) L’infirmier du ministère de la marine – 2) L’infirmier du ministère de la guerre ; infirmier des sections d’infirmiers militaires (SIM) ; maître infirmier du ministère de la guerre ; infirmiers régimentaires ; infirmier des troupes coloniales – 3) Infirmière laïque des hôpitaux militaires – 4) La Guerre, le personnel infirmier et les blessés ; infirmière temporaire des hôpitaux militaires ; infirmière bénévole des sociétés de Croix-Rouge – 5) Secours et soins au blessé pendant la guerre.
Baptême de promotion :

Texte EPPA Toulon :

« Le Vendredi 19 septembre 2014, a eu lieu sur la Place de la Liberté à Toulon la cérémonie annuelle du baptême de la promotion 2013 des élèves infirmiers de l’Ecole du personnel paramédical des armées (EPPA) placée sous le commandement du Médecin général Carpentier. Ce baptême a été présidé par le Médecin général des armées Debonne, Directeur central du service de santé des armées (…) ainsi que de nombreuses personnalités civiles et militaires.

Cent dix élèves infirmiers (50 de l’armée de terre, 20 de l’armée de l’air, 26 de la marine nationale, 4 du service de santé des armées, 7 de la légion étrangère et 3 de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris) ont cette année choisi comme nom de promotion celui d’« Infirmiers de la Grande Guerre ». 2014 est l’année du centenaire de la Grande Guerre et, à ce titre les élèves souhaitaient rendre hommage à leur Anciens et Anciennes tant civils que militaires qui ont œuvré auprès des Poilus… [Actualités EPPA Toulon]».

UN MODELE DE MONOGRAPHIE HOSPITALIERE : LEGE 1914-1918

3 Décembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

UN MODELE DE MONOGRAPHIE HOSPITALIERE : LEGE 1914-1918
Vient de paraître (novembre 2014) : Jean Girel. L’hôpital militaire de Legé pendant la Grande Guerre 1914-1918. Legé : Association des Amis de Legé, 2014, br., in-8, 94 p.

M. Jean Girel pilier de l’Association des Amis de Legé nous livre un modèle de monographie hospitalière de belle facture qui mérite d’être diffusée auprès des 3200 communes de métropole qui ont accueilli un hôpital militaire sur leur territoire durant la Grande Guerre. Abreuvé aux meilleures sources M. Jean Girel a fait œuvre de pionnier en consultant les fonds documentaires médico-militaires de Paris à Nantes et Legé.

L’hôpital militaire de Legé – hôpital complémentaire n° 58 – n’est pas un établissement hospitalier exceptionnel, c’est l’un des 10 000 hôpitaux « militaires » constitués pendant la guerre. Implanté au cœur de son terroir, l’HC n° 58 fonctionna, de 1914 à 1919, accueillant 2211 hospitalisés dans les locaux de fortune de l’ancien couvent de la Visitation de Legé. Grâce au travail de bénédictin de M. Girel et au « courage » éditorial des Amis de Legé et de la commune, le lecteur peut découvrir dans ce petit ouvrage de référence la complexité du déploiement du service de santé en campagne et accompagner le blessé jusqu’à la porte de l’hôpital legéen.La monographie hospitalière est précise et détaille les changements intervenus tant dans l’organisation que dans le fonctionnement de l’HC 58 et de ses annexes.

Nombre de chercheurs en histoire locale et de commissions départementales du centenaire, à n’en pas douter, s’inspireront de cette publication pour élaborer leurs monographies hospitalières. Reste à faire connaître au plus grand nombre ce travail de qualité.

Table des matières : Préface, avant-propos, introduction – chap. 1, l’organisation du service de santé des armées – chap. 2, les évacuations sanitaires vers la zone de l’intérieur – chap. 3, le monde de l’arrière – chap. 4, création de l’hôpital militaire ; hôpital militaire de Legé ; quelques moments dans la vie de l’hôpital ; transformation en hôpital sanitaire ; transformation en hôpital de contagieux – Epilogue, annexes, remerciements, crédits, bibliographie et sources, publications de l’association, quelques publications et sites internet, cahier central de photographies.

L’ouvrage est à commander à : Association des Amis de Legé, 11 rue de la Chaussée, 44650 LEGE.

Prix : 12€ (+2.5€ pour les frais de port)

Appel aux blogueurs : Faites-moi connaître, avec précision SVP, les publications, y compris confidentielles (bulletins municipaux, paroissiaux, associatifs, articles de périodiques divers et variés – en ligne ou non – de une à plusieurs pages… ) qui traitent des hôpitaux militaires en 1914-1918. Actuellement – Centenaire oblige - Il y a un réel engouement pour cette thématique et un foisonnement de notices hospitalières que je me propose – modestement, à travers ce blog - de porter à la connaissance du plus grand nombre. Merci.

GUS BOFA… ADIEU AUX ARMES

30 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

 l'ouvrage d'Emmanuel Pollaud-Dulian : GUS BOFA, l'enchanteur désenchanté, aux éditions Cornélius.
l'ouvrage d'Emmanuel Pollaud-Dulian : GUS BOFA, l'enchanteur désenchanté, aux éditions Cornélius.

GUS BOFA après le 41e Festival d’Angoulême est de retour à Paris…

J'ai déjà clamé, claironné dans le blog toute mon admiration pour l’auteur de « Chez les Toubibs »… Aujourd’hui c’est l’occasion pour les Parisiens de se rendre en procession à la mairie du 17e arrondissement pour communier avec les amoureux de l’œuvre de ce grand faire-valoir du service de santé militaire de 1914-1918.

Exposition du 26 novembre 2014 au 31 janvier 2015 - Gus Bofa : l’adieu aux armes.

- « Gus Bofa (Gustave Blanchot de son véritable nom) – né en 1883 et mort en 1968 – fut, pour Pierre Mac Orlan « le meilleur interprète du fantastique social ». (…) Toute l’œuvre de Bofa est marquée par son expérience du Front durant la Première Guerre Mondiale. Mobilisé à 31 ans, grièvement blessé, il revient chez lui « à l’état de mutilé translucide et décoloré », titulaire de la Croix de Guerre et de la Médaille Militaire. Les souffrances et les peurs endurées au combat et à l’hôpital nourrissent chez lui un pessimisme profond et une vision désabusée de la condition humaine… »

Du lundi au vendredi de 9 h à 17 h ; jeudi de 9 h à 19 h ; samedi de 9 h à 12 h.

Visites guidées par le commissaire de l’exposition

les mercredis 17 décembre 2014, 13 et 20 janvier 2015 à 15h00

Présentation de l’exposition au Festival d’Angoulême :

http://www.bdangouleme.com/387,gus-bofa-l-adieu-aux-armes

Emmanuel Pollaud-Dulian, auteur de la somptueuse biographie : « Gus Bofa, l’enchanteur désenchanté », dédicacera son livre dimanche 7 décembre, à partir de 14 h, dans le cadre de la Journée du Livre à la mairie du 17e.

Dans ce monumental ouvrage, oeuvre de huit années de travail on y retrouvera de magnifiques pages sur la Grande Guerre de Bofa et ses dessins, aujourd'hui « objets de vénération », extraits de la Baïonnette, en pleines pages couleur…

'' (…) Le bel ouvrage est constitué d'un tiers de dessins entièrement inédits et plus de la moitié des oeuvres reproduites le sont à partir des originaux. (…) Né en 1883, mort en 1968, Gus Bofa a traversé deux siècles, vécu deux guerres mondiales et vu les débuts de l’automobile, de l’aviation et de la conquête spatiale. Au fil de cinquante ans de carrière, et au gré de sa fantaisie, cet artiste autodidacte dessine pour la presse, réalise des affiches publicitaires, écrit des articles et des contes, des revues et des pièces de théâtre, se fait critique dramatique et littéraire, fonde un Salon artistique, et illustre plus d’une cinquantaine de livres. Après avoir mis en images le fantastique social de Pierre Mac Orlan et donné sa vision personnelle, parfois acide, des grands classiques, il associe ses propres textes et ses dessins dans une suite d’albums souvent introspectifs, toujours désillusionnés. Respecté de ses contemporains pour son talent et son intransigeance, Gus Bofa, qui a influencé nombre d’auteurs de bande dessinée, n’en est pas moins aujourd’hui oublié du public. Cette biographie, la première qui lui soit consacrée, tente de percer le mystère de l’homme et de l’artiste, en le mettant en scène dans sa vie, son métier et son époque…. »

AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

27 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

3e partie - MARBEHAN (BELGIQUE) : AMBULANCE CHIRURGICALE FRANÇAISE SUR LA LIGNE ALLEMANDE DES ETAPES (AOUT-SEPTEMBRE 1914)

Suite de la 2e partie - Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

IV - Evacuation des blessés vers les lignes allemandes le 30 août - Embarquement à Marbehan le 1er septembre. Extraits du rapport de captivité du médecin-major Barral du 120e régiment d'infanterie, médecin-chef de l'ambulance de Lahage-Bellefontaine (Belgique) – [suite du témoignage proposé dans la 1ère partie des « ambulances oubliées »].

(…) « Tout espoir étant perdu depuis le 26 [août] d'évacuer mes blessés dans nos lignes, je me mis en communication avec les ambulances allemandes de l'arrière, leur exposant le manque d'objets de pansements dans lequel je me trouvais et leur demandant les moyens d'évacuer mes malades.

Le 28 [août], un autobus aménagé vint prendre les blessés allemands et commença l'évacuation des blessés de Bellefontaine qui se poursuivit le lendemain 29 [août].

Le 30 [août], je reçus l'ordre d'évacuer sur Marbehan, gare tête de ligne, le reste de mes blessés, par des voitures de réquisition auxquelles vinrent se joindre des autobus. En arrivant avec mon convoi de blessés à Marbehan, je me présentai à un officier supérieur pour lui rendre compte des ordres reçus ; celui-ci m'enleva violemment, ainsi qu'aux autres médecins, notre révolver, les examina pour voir s'ils étaient chargés ; on nous enleva même nos couteaux de poche. Nous fûmes dépossédés de tout ce que nous avions ; on nous prit ainsi les registres de l'ambulance, liste des malades traités, liste des 400 morts français enterrés et des 290 allemands, ainsi que des [page 9] objets des décédés laissés au maire de Bellefontaine, On me dépouilla de ma capote, de ma trousse de médecin et de ma bicyclette. On nous dirigea ensuite sur un hôpital ne contenant que des français, situé près de la gare, Là, nous fûmes enfermés tous dans une chambre avec interdiction absolue d'en sortir pour aller soigner nos blessés, sous peine d'être immédiatement fusillés, ou d'allumer même une lumière sous le prétexte que nous pouvions faire des signaux aux aéroplanes.

Le lendemain matin [31 août 1914] à 11 heures, nous recevions brusquement l’ordre de nous embarquer avec le plus grand nombre possible de blessés. Je retrouvai le long du trottoir, les blessés amenés la veille qui avaient passé la nuit sans soins pendant que nous étions enfermés inactifs. Je veux m'avancer vers un médecin allemand pour lui signaler un malheureux atteint de tétanos qu'on allait embarquer et qui souffrait beaucoup ; je ne pus le faire, sous la menace des coups de crosse des sentinelles. Un certain nombre de blessés trop graves fut laissé dans ce lazaret d'étape de Marbehan avec des médecins français.

Nous fûmes embarqués comme prisonniers dans un train inconfortable avec de nombreux blessés, sous la surveillance étroite de sentinelles. On nous affirmait alors que nous trouverions en arrière des ordres précis pour être renvoyés en France par la Suisse. Notre voyage dura trois jours et deux nuits; il nous fut impossible, dans les gares où le train s'arrêtait, d'aller dans d'autres wagons où nos blessés avaient besoin de nous. Nous fûmes continuellement en but aux insultes de [page 10] la foule ou de soldats revenant de Belgique, aucune humiliation ne nous fut épargnée. Notre nourriture fut complètement négligée.

Nous arrivâmes le 2 septembre vers minuit au camp d'Altengrabow (près de Magdebourg, Saxe) où on nous enferma dans des baraques avec défense absolue d'en sortir. Quelques jours après nous retrouvions 40 médecins internés dans le camp. (…) »

Extraits du rapport du docteur Jean Dournay, médecin aide-major de 2e classe, du 9e bataillon de chasseurs à pied [suite du témoignage proposé dans la 2e partie, des « ambulances oubliées »].

[...] De Marbehan à Alten-Grabow (30 août - 2 septembre)

[30/08/14] « En arrivant à Marbehan que nous devions traverser pour aller à Rossignol nous nous trouvâmes dans une gare encombrée de soldats, de matériel, etc. Les Allemands semblaient en avoir fait un centre important, et une surveillance sévère y régnait. Nous entrâmes cependant sans difficulté, mais dès que nous nous sommes adressés aux autorités, nous fûmes traités avec rigueur et considérés comme prisonniers. Dépouillés de nos armes, manteaux, bicyclettes, papier, cartes, etc. Nous ne circulerons plus désormais qu'accompagnés de sentinelles, baïonnette au canon. Le docteur Barral se vit enlever toutes ses notes et c'est par hasard que je pus conserver sur moi un petit carnet [fera l’objet de la 4e partie de notre « saga » sur les « ambulances oubliées »] où se trouvaient, mais mal écrits les noms de mes blessés, et les quelques notes qui m'ont permis de rédiger ce rapport.

Nos infirmiers brancardiers furent enfermés soigneusement dans une petite maison, et surveillés étroitement. On nous conduisit dans une usine où se trouvaient de nombreux blessés français, mais à peine avions nous commencé à leur donner quelques soins, qu'on vint nous prendre [page 2] avec des sentinelles et nous empêcher de continuer. Les Allemands paraissaient très nerveux et très méfiants. Les ordres et contre-ordres à notre égard se succédaient rapidement. Nous avons cru comprendre qu'ils craignaient une attaque d'avions et des signaux de notre part. Quoi qu'il en soit, après nous avoir fait dîner dans la maison des maîtres de l'usine en compagnie de deux médecins allemands, on nous fait savoir que nous devions rester pendant toute la nuit dans la salle à manger et le petit salon sans lumière et la maison fut gardée très sévèrement. En autres choses, la consigne nous fut donnée de na pas allumer l'électricité dans les WC pour que nous ne fassions pas de signes aux aéroplanes.

Le lendemain vers onze heures, nous fûmes embarqués pour Trèves, où nous devions soit disant trouver des hôpitaux remplis de français. A Marbehan nous avions trouvé le docteur Huot aide-major de 1ère classe coloniale. Le médecin auxiliaire Jaffray des troupes coloniales, venant tous deux de Rossignol. Ils furent embarqués avec nous. Par contre le médecin auxiliaire Jullien et l'étudiant de Lyon [Prévôt] restèrent à Marbehan. On nous avait désignés parmi les blessés soignés dans l'usine tous ceux qui pouvaient marcher. Ils furent embarqués dans le même train que nous.

En arrivant à la gare, nous vîmes dehors et restés sur leur voiture sans aucuns soins, nos blessés amenés de la veille et qu'on avait laissé là dehors sans couvertures depuis 4 heures du soir. L'un d'eux atteint de tétanos et mis à part avait été pourtant recommandé par nous à la bienveillance des Allemands. Il est mort depuis. (...)" .

Le docteur Jean Dournay (1882-1950) prend le chemin du camp de prisonniers d’Alten-Grabow (02/09/14-23/01/15), puis de celui de Magdebourg où il séjourne au camp d’officiers du « Cavalier Scharnost et au Wagenhaüs » (23/01/15-23/02/15). Il est ensuite envoyé à Langensalza combattre l’épidémie de typhus qui affecte les 10 000 prisonniers français et russes du camp, dont 8 000 seront atteints et 900 décédèrent (23/02/15-26/04/15). Après ce séjour terrifiant il est mis en quarantaine au Reserve Lazarett de Langensalza (26/04/15-08/05/15) avant de poursuivre son activité dans l’immense camp de Cassel  (20 000 prisonniers) où sévit une autre épidémie de typhus, encore plus meurtrière (1 900 décès). Il rentre en France, en août 1915.

Rapport du médecin auxiliaire Prévôt Joseph, élève de l’Ecole du Service de santé militaire de Lyon.

« J’avais été affecté, au début de la mobilisation, au groupe de brancardiers n°4 du 2e corps d’armée. Le 22 août 1914 vers midi, ce groupe était cantonné à Meix-devant-Virton (Belgique), la bataille se livrait à quelques kilomètres de là, un peu au nord du petit village de Lahage (près de Bellefontaine). Dans l’après-midi, nous recevons l’ordre d’aller à Lahage effectuer un chargement de blessés. Arrivés vers 15 heures au village, le chargement commence à se faire, consistant à évacuer principalement un poste de secours établi dans l’école des sœurs, quand subitement l’artillerie allemande dirige son tir sur le village et surtout sur la partie basse, là où se trouvaient les voitures d’ambulance. Aussitôt, alerte, on donne l’ordre de retour. Dans le désarroi causé, les voitures se mettent en marche et je reste en arrière le dernier pour veiller à l’amélioration de l’installation des brancards dans les voitures (je crois pouvoir alléguer ici le témoignage de mon camarade Martène, de l’école du Service de santé militaire qui faisait également partie du groupe de brancardiers divisionnaires n°4 ][page 2]. Au moment où, tout étant enfin en ordre, je me dispose à rejoindre la tête de la colonne qui avait pris de l’avance, je reçois de Monsieur le médecin divisionnaire, monsieur le médecin principal Jeannot, l’ordre de rester au poste de secours sus-indiqué, pour y donner des soins aux blessés que nous n’avons pu transporter, ainsi qu’à ceux qui arrivent continuellement se faire panser.

Je continue à faire les pansements des blessés au milieu du bombardement, qui ne cessa qu’à 19 heures environ. Ce n’est qu’à minuit que je reçois à Monsieur le médecin divisionnaire lui-même l’ordre de rester, quoiqu’il arrive, étant sous la protection de la convention de Genève : les troupes se repliant, l’évacuation des blessés devenait impossible.

Le 23 [août 1914], à 3 heures du matin, le village était complètement évacué et je restai avec plusieurs médecins appartenant aux régiments qui se trouvaient en ligne à cet endroit, entre autres Monsieur le médecin major Barral du 120e régiment d’infanterie qui prit, étant le plus élevé en grade, le commandement de la formation ainsi isolée.

Le Docteur Barral, rapatrié en juillet 1915, a dû avoir à fournir un rapport sur les évènements qui se passèrent ensuite, ainsi que ce que firent les médecins sous ses ordres. Je me contenterai donc de mentionner rapidement que, après être restés à Lahage jusqu’au 30 août, nous fûmes dirigés sur Marbehan, nous et nos blessés, car le manque de vivres et de pansements rendait impossible plus longtemps le séjour à Lahage (le docteur Barral avait conservé la liste dressée par moi, des blessés que nous avons eu à soigner).

A Marbehan, après que nous eussions été mis au secret et gardés militairement jusqu’au lendemain 31 [août 1914], le Docteur Barral fut dirigé sur l’Allemagne (camp d’Altengrabow) avec 5 autres médecins.

Je restai à Marbehan avec le Docteur Jullien médecin auxiliaire au 42e régiment d’artillerie de campagne, et nous eûmes à donner des soins à environ 200 blessés qui étaient installés dans des baraquements aménagés dans les bâtiments de l’usine Lambiotte. Nous y restâmes occupés jusqu’au 8 septembre date à laquelle notre présence ne fut plus jugée nécessaire et où on nous évacua sur Trèves.(…) ».

Rapport du docteur Jullien, médecin auxiliaire au 42e régiment d’artillerie

« Le 30 août, les blessés ont été évacués sur l’ordre de l’autorité allemande sur Marbehan. J’ai été désigné par la Kommandantur, comme chirurgien d’une ambulance française avec M. [joseph] Prévôt, élève à l’école spéciale à Lyon comme aide et interprète. Les autorités allemandes ont mis à ma disposition les instruments qui m’étaient nécessaires, ils provenaient de la capture d’une ambulance française faite quelques jours auparavant. J’ai trouvé un assemblage de 150 à 200 blessés confiés aux soins de quelques vagues infirmiers français et belges, autrement dit sans secours efficace. J’ai pu leur assurer un traitement rationnel de leurs blessures, j’ai pratiqué une vingtaine de grosses interventions (trépanations, amputations, résections, etc.) et j’ai pu faire une évacuation dans des conditions à peu près satisfaisantes sur les hôpitaux d’Allemagne. M. Prévôt a été pour moi un collaborateur actif, intelligent et dévoué. Le 8 septembre, j’ai été dirigé avec M. Prévôt sur Trèves au Réserve Lazarett (…)»

A SUIVRE : 4e partie - Le « carnet de blessés » de l’ambulance française de Bellefontaine (Belgique), 22-30 août 1914.

Suite de la 1ère partie, les ambulances de Lahage.

2e Partie – Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

Sources :

Musée du Service de santé des armées, Val-de-Grâce, à Paris, cartons n°633, dos. 26, (Barral) ; n° 635, dos. 59 (Dournay) ; n°636, dos. 89, (Jullien) ; n° 639, dos. 30, (Prévôt).

AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

AMBULANCE 13 ET… ACAPSA ORLEANS

10 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

AMBULANCE 13 ET… ACAPSA ORLEANS

Le volume 5 (cycle III, 1/2) Les Plumes de fer… est sorti. L’ACAPSA monte au front.

Il n’est plus nécessaire de faire découvrir Louis-Charles Bouteloup, dont les aventures sont suivies par les passionnés de bandes dessinées de la Grande Guerre. La suite de la saga proposée par Ordas et Mounier, intitulée Les Plumes de Fer, aux éditions Grand Angle est disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Ce nouvel album nous permettra de découvrir l’année 1917 en Alsace, le front, les Américains, les Peaux-Rouges, les « parias de l’armée », les Corps Francs, etc. Un souffle à la Vercel. Il y a du Capitaine Conan dans cette épopée… Vivement que Bouteloup soit affecté au front d’Orient. Il n’est pas trop tard !

Mon petit propos pour signaler l’ACAPSA qui a réalisé, en lien avec le Val-de-Grâce, le dossier hors-texte qui accompagne le tome 5, sur : Le développement technique du Service de Santé des Armées à travers ses Ateliers Généraux. L’élaboration de ce dossier très intéressant, constitué par les soins de l’Association du Conservatoire des approvisionnements en produits de santé des armées d’Orléans-Chanteau, textes de Blandine Lauverjat et Michel Farouault, marque le centenaire de la naissance de l’établissement central des matériels sanitaires du service de santé des armées organisé à Paris en 1915.

Cette jeune association « ACAPSA » a collaboré cette année, dans le cadre du Centenaire, à plusieurs expositions sur le service de santé militaire : à Bourges, Chartres, Vitry-le-François, etc. en mettant en avant son expertise, le savoir-faire de ses membres et en sélectionnant parmi les milliers d’objets de ses réserves, nombre d’objets patrimoniaux de l’univers sanitaire de la Grande Guerre.

Une véritable « mine » encore trop peu connue des associations en recherche d’objets pour leurs expositions :

ACAPSA – site d’Orléans-Chanteau, route de Saint-Lyé-la-Forêt, 45400 FLEURY-LES-AUBRAIS
Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)

Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

5 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire, #varia

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

Le 8 octobre dernier j’ai publié un article sur l’inauguration de l’exposition « Hôpitaux et blessés de guerre, 1914-1918, Du front vers la Corrèze. » organisée par les archives départementales de la Corrèze. A l’avant-veille du départ en grande « itinérance » de cette remarquable exposition : Tulle, Uzerche, Objat, Brive, Argentat, Ussel (2014-2015), il est important de claironner que cette exposition est encore visible au siège des archives départementales à Tulle jusqu’au 21 novembre 2014.

Pour les non-corréziens - dont je suis - un coup d’éclairage s’impose sur le très beau catalogue à petit tirage (300 exemplaires) de cette exposition pionnière, qui est un petit bijou d’édition, une mine d’inspiration, un modèle pour les expositions à venir sur les thématiques sanitaires de la Grande Guerre. Un catalogue illustré qui fera date. Il est inutile d’en dire plus, vous en trouverez quelques illustrations in fine.

Archives départementales de la Corrèze. Sous la direction de Justine Berlière, par Julien Mendès, avec la collaboration de Jean-Marc Nicita. Catalogue d’exposition : Hôpitaux et blessés de guerre, 1914-1918, du front vers la Corrèze. Brive : éd. Lachaise, 2014, 95 p. – prix : 15€ + 1.5€ de frais d’envoi.
Pour commander le catalogue : s’adresser au secrétariat des archives départementales : 05.55.20.11.91.

http://www.archives.cg19.fr/boutique/

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.
CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

Exposition à Nogent-sur-Marne : Le Paradis des blessés (1914-1919)

2 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

1er avril 1916 - Mr Poincaré président de la République visite l'hôpital Champion Smith, à Nogent-sur-Marne. Agence Rol.
1er avril 1916 - Mr Poincaré président de la République visite l'hôpital Champion Smith, à Nogent-sur-Marne. Agence Rol.

L’hôpital auxiliaire n° 73, Champion-Smith à Nogent-sur-Marne (1914-1919).

Madeleine Smith-Champion (1864-1940) et Jeanne Smith (1857-1943) organisèrent, à leur frais, à Nogent-sur Marne, dans l’actuelle Maison Nationale des Artistes [1945], sous les auspices de la société de secours aux blessés militaires, un hôpital auxiliaire d’une capacité de 35 à 65 lits.

Cet hôpital ouvert le 29 août 1914, fut immatriculé par le Gouvernement militaire de Paris (GMP) sous le n°73. Il fut fermé le 10 avril 1919.

les soldats qui y furent hébergés lui donnèrent le nom de « Paradis des blessés » ; titre qui fut attribué au journal de guerre édité par les blessés, l’équipe de bénévoles et les sœurs Smith.

On trouvera une description de cet hôpital dans l’opuscule de 8 pages du docteur H. Rinuy : L’hôpital auxiliaire 73, Champion-Smith à Nogent-sur-Marne. Saint-Cloud : imp. Giraud, 8 p.

MANIFESTATIONS CENTENAIRE 2014 :

A La Maison nationale des artistes, 16 rue Charles VII, à Nogent-sur-Marne :

Exposition du 12 septembre au 16 novembre 2014. Tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 18h. Entrée libre.

A la Médiathèque municipale, 70 bis rue Alexandre Ledru-Rollin, au Perreux-sur-Marne

Lecture, Samedi 8 novembre à 16h : Extraits de la pièce « Hôpital Auxiliaire n°73 » par les huit comédiens de la Compagnie Philippe Eretzian. « Cette création originale évoque la vie de la demeure des Smith-Champion, actuelle Maison Nationale des Artistes à Nogent, pendant la Première Guerre mondiale. A partir des archives, des carnets, des correspondances et des articles de presse de l’époque, l’auteur et metteur en scène Philippe Eretzian dépeint la vie de l’hôpital auxiliaire 73 » et l’émouvant parcours des sœurs Smith.

La pièce sera jouée le samedi 13 décembre à 20h30 à l’Auditorium de la médiathèque

VAL DE GRACE, UNE NOUVELLE EXPOSITION TEMPORAIRE

26 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

VAL DE GRACE, UNE NOUVELLE EXPOSITION TEMPORAIRE

Une exposition au Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris, du 1er octobre 2014 au 4 octobre 2015 :

Une armée qui soigne. Le Service de santé des armées durant la Grande Guerre.
Exposition temporaire de 400 oeuvres, objets, photographies et documents d'archives, du 1er octobre 2014 au 4 octobre 2015, incluse dans la visite du musée.
Ouvert les mardi, jeudi, samedi et dimanche, de 12h00 à 18h00.

Le musée sera fermé les 25 décembre 2014 et 1er janvier 2015. Fermeture annuelle : août 2015.

CHEZ LES TOUBIBS

21 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Gus Bofa est de retour...
Gus Bofa est de retour...

Chez les Toubibs, de Gus Bofa, présentation d’Emmanuel Pollaud-Dulian, Paris : éd. Cornelius, 2014.

Un grand merci aux éditions Cornélius de nous permettre de redécouvrir – en fait, découvrir – « une édition nouvelle, revue et corrigée, augmentée de crayonnés des dessins interdits par la censure » de Gustave Blanchot (1883-1968) : Chez les Toubibs. Seuls les amateurs de BD et de caricatures connaissent la fameuse édition du journal La Baïonnette* de Charles Malexis et son numéro spécial de mars 1917 intitulé… « Chez les Toubibs ». Ce que nous proposent les éditions Cornélius c’est un ouvrage qui quitte le rayon des périodiques rares – lire : oubliés – pour être porté à la connaissance du grand public au travers d’une très belle édition reliée pleine toile.

Toutefois « cette mise à disposition » ne peut se faire qu’avec moult précautions et avertissements. Emmanuel Pollaud-Dulian, biographe de Gus Bofa** nous y aide. Il nous brosse en XXIII pages illustrées, une petite monographie érudite de la caricature sanitaire pendant la « Grande Farce », laquelle nous prépare, à petits traits, au choc cruellement drolatique des dessins de Bofa et du texte des « petites monographies » de Pierre Mac Orlan.

Mais ne nous égarons pas amis et héritiers des damnés de la Grande Guerre ; que l’on ne s’y trompe pas, les dessins de Bofa, ne sont pas que le réquisitoire d’un antimilitariste, pacifiste, fils de colonel, c’est avant tout l’œuvre d’un « artiste combattant » reconnu par ses pairs, du pur modèle « Norton-Cru », un médaillé militaire, croix de guerre, invalide de guerre… un héros commun, un vrai poilu !

Ne vous en déplaise, amis « Croix-Rouge » et « suppôts patentés de la santé militaire », l’expérience « Bofa chez les toubibs » est une histoire vécue, une histoire au long cours (Hôpitaux auxiliaires de Toul, 1915-1916) : « j’étais couché. Je faisais de la fièvre et des dessins sur les hôpitaux militaires », celle d’un être vulnérable, soumis au terrorisme médico-infirmier toulois.

Ne boudons pas notre plaisir et découvrons ce monument tendrement irrévérencieux, tout à la gloire du service de santé militaire français, l’œuvre d’un « antimilitariste combattant » dont la page de gloire assumée fut d’avoir sauvé sa « patte » des mains expertes des chirurgiens militaires.

Un livre rare, à mettre dans toutes les bonnes mains de la « Médico Fanfare » pour Noël. Qu’on se le dise ! Qu’on le claironne ! Gus Bofa est de retour.

* La Baïonnette, n°87, 1er mars 1917, n° spécial, par Gus Bofa et Jean Villemot, texte de Mac Orlan.

** Emmanuel Pollaud-Dulian. Gus Bofa, L'enchanteur désenchanté, éd. Cornelius, 2013, 550 p.

(c) cliché édition Cornelius

(c) cliché édition Cornelius

Grièvement touché aux jambes le 7 décembre 1914, lors d’une patrouille dans le secteur du Bois-le-Prêtre, Bofa refuse de se laisser amputer. Trimballé d’une ville l’autre, d’un traitement l’autre, il endure la promiscuité de l’hôpital jusqu’à sa démobilisation en novembre 1915...

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