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2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

27 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

Bonjour

LE FORUM NATIONAL DE LA GENEALOGIE "1914-1918" est à GRENOBLE les 6 et 7 Juin 2015...

Le Centre généalogique du Dauphiné sous la houlette de sa présidente, Madame Claude Scarpelli relève le défi d'organiser, après Nice en 2014, la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, les samedi 6 et dimanche 7 juin 2015 à Grenoble, au fort de la Bastille.

Vous trouverez, comme promis, le programme de cette "Rencontre" et le dossier de presse pour en savoir plus...

Je peux vous confirmer que pour ce qui me concerne, je serai présent à Grenoble durant ces deux jours et que je ferai une communication le dimanche 7 juin à 15h00 sur les personnels médicaux et paramédicaux de la Grande Guerre (seront plus particulièrement traités dans cette imposante "armée sanitaire"..., les médecins, les infirmiers et les infirmières militaires).

A BIENTOT... A GRENOBLE !

Le programme des 6 et 7 juin 2015 à Grenoble

Le dossier de presse de la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, Grenoble 2015

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SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

17 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

La très dynamique équipe de L’institut Chanteloup de Sainte-Savine animée par M. Francis Tailleur dont j’ai relayé dans ce blog de précédentes activités et publications remarquées, nous invite à venir nombreux découvrir, dans le cadre de la Semaine du Centenaire 1914-1918, du 6 au 11 juin 2015 à Sainte-Savine, une exposition et deux conférences (Alan Cumming/Jacques Fournier et Catherine Robinet) sur l’épopée de cet hôpital militaire : l’hôpital des Dames écossaises de Chanteloup.

Programme à découvrir ci-dessous :
SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…
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LE SERVICE DE SANTE A CARLEPONT (SEPTEMBRE 1914)

10 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE A CARLEPONT (SEPTEMBRE 1914)

Avec le 4e corps d'armée : au château de Carlepont (Oise) dans les combats de septembre 1914

La première partie de cet article sur les combats autour du château de Carlepont aurait pu trouver sa place, comme conclusion à l’article sur Cuts présenté en avril 2015 en deux parties. Je vais en effet, dans un premier temps, poursuivre notre survol des formations sanitaires de la 37e division d’infanterie qui n’ont pas suivi à Cuts l’épopée de l’ambulance n°2/37. Il s’agit de suivre les ambulances qui n’ont pas fait mouvement sur Cuts et ont été utilisées à Carlepont, sans déploiement de leurs matériels, en renfort de formations sanitaires du 4e CA (ambulance n°2/4 et GBC 4/2). Pour l’ensemble de ces formations de la 37e DI et du 4e CA nous ne disposons pas de la même qualité de témoignages, les protagonistes n’ayant pas tous été capturés par les Allemands et de fait n’ont pas tous été astreints à se fendre d’un rapport détaillé sur leur captivité. Pour pallier cette absence, je présenterai des extraits des journaux des marches et opérations du 4e CA, dont le rapport du médecin aide-major de 2e classe André Ballu, transcrit intégralement par son chef du service de santé, reste le plus précis sur le soutien sanitaire des combats de Carlepont. Dans un premier temps je traiterai des formations de la 37e DI à travers deux témoignages succincts. Dans une seconde partie, après un point de situation sur les moyens sanitaires du 4e CA, je présenterai des notes sur l’ambulance n° 2/4 et la 2e section du Groupe de brancardiers de corps du 4e CA.

Carte de situation du 15 septembre 1914 (à partir de Cartographie 1914-1918, le site de référence de Jean Michel Martin)

Avec les formations sanitaires de la 37e division d’infanterie… suite de Cuts 1914

« Rethondes le 18 septembre 1914

Le médecin aide-major de 2e classe de réserve Favier à M. le médecin principal de 2e classe, directeur du service de santé de la 37e Don active.

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que la 2e section du Groupe de brancardiers de la 37e Don qui se trouvait avec les ambulances 3, 4 et 5 au château de Carlepont depuis le 15 [septembre] (15 heures) a été surprise par l’ennemi le 16 septembre à 11 heures 1/2 et est restée en son pouvoir jusqu’au lendemain 17 à 6 heures.

Au cours des divers engagements nos pertes en matériel et en chevaux, soit par projectiles soit par pillage ont été d’une voiture et dix chevaux en plus des brancards et objets divers emportés par l’ennemi.

Nous avons un brancardier blessé et de nombreux dis­parus, une trentaine environ. Certains ont été emmenés par l’ennemi, d’autres ont dû s’échapper.

Je ne puis donner de chiffres exacts n’ayant pas en ma possession de contrôle nominatif.

Signé : docteur Favier»

Tracy-le-Mont le 17 septembre 1914.

Le médecin major de 2e classe de réserve Combier, médecin-chef de la 5e ambulance [amb. n° 5/37] à M. le médecin divisionnaire de la 37e division.

J'ai l'honneur de vous rendre compte que conformément à votre ordre les formations sanitaires de la 37e division cantonnée le 15 courant à Carlepont ont séjourné hier au châ­teau transformé en ambulance du 4e corps, et ont contribué aux soins que réclamaient les blessés transportés à cette am­bulance. Vers 14 heures un détachement allemand a occupé le châ­teau, s'est emparé des revolvers des officiers et des couteaux de poche des hommes et a gardé toutes les issues, baïonnette au canon. Par suite de la présence de nombreux blessés allemands, les soldats n'ont molesté personne, ils se sont contentés de nous empêcher de sortir du château. Il a été impossible d'ali­menter les blessés dans la soirée. Ce matin au point du jour nous avons remarqué la dispa­rition des soldats allemands, que les troupes françaises avaient dans la nuit délogés de Carlepont. Mais 2 sergents, 1 caporal et 12 hommes de la 5e ambulance, 1 brigadier et 2 conducteurs du train, 1 homme de la 4e section d'hospitalisation manquent à l'effectif - Trois chevaux ont disparu, un autre a été blessé par un projectile. Le matériel de l'ambulance a été respecté. Ordre nous a été donné aujourd'hui à 14 heures par l'Etat-major stationné à Carlepont de nous porter vers Tracy-le-Mont. Signé : Combier"

Avec les formations sanitaires du 4e corps d’armée…

Carte de situation du 19 septembre 1914

Point de situation sur les formations du 4e corps, du 13 au 18 septembre 1914 : Les trains sanitaires attachés au 4e CA s’arrêtent à Villers-Cotterets ce qui oblige le 4e CA à disposer d’une chaîne d’évacuation très étirée sur un axe nord/sud. Les conditions de transport sanitaire sont difficiles, les voies ferrées sont coupées. Il faut passer l’Aisne. Les concentrations de blessés en attente d’évacuation se multiplient à Vic-sur-Aisne (voie ferrée mètrique, axe Compiègne/Soissons), à Attichy, à Berneuil-la Motte.

Déploiement des ambulances du 4e CA : (amb. n° 1/4), en fonctionnement à la sucrerie de la Motte - (amb. n° 2/4), en soutien de la 16e brigade, en fonctionnement au château de Carlepont (cf. infra) – (amb. n° 3/4), avec la 8e DI, en fonctionnement à l’église de Tracy-le-Mont, où elle remplace un feldlazarett capturé – (amb. n° 4/4) en réserve, va renforcer le 17/09/14 l’amb. n° 3/4 à Tracy-le-Mont, puis évacuation et remplacement par une ambulance de la 37e DI [n° 5/37]. Le médecin inspecteur général Pauzat, médecin de la 6e armée a observé le 19/09 à l’église de Tracy-le-Mont, les mauvaises conditions de fonctionnement de l’ambulance – (amb. n°5/4), en fonctionnement à la ferme Morenval avec le GBD 8 – (amb. n°6/4), avec la 7e DI – (amb. n°7/4), en fonctionnement à l’école municipale de Berneuil – (amb. n°8 /4), avec la 7e DI.

Journal des marches et opérations du Groupe de brancardiers de corps du 4e corps d’armée (extraits sur les combats de Carlepont, rapport du médecin aide-major [André] Ballu), SHD Terre Vincennes, 26N 113/13.

« F°49v - 15/09/1914 – 08h20. Le médecin-chef [médecin-major de 1ère classe Lucien Jenny (1870-1953)] reçoit l’ordre suivant : [Le médecin inspecteur Henri Comte (1854-1915), directeur du service de santé du 4e CA] à M. le médecin-chef GBC à Berneuil. « Détachez une section à la 16e brigade (Gal Devaux) à Carlepont. Cette brigade se trouvant détachée. Maison de garde, 7h20. Signé : [médecin inspecteur Comte] » Communiquez cet ordre à l’amb. n°1[/4] qui marche avec vous.

F° 50r - 08h25. Le médecin-chef rend compte au DSS que l’amb. n°1 ne lui paraît pas susceptible de se déplacer ayant reçu dans la nuit tous les blessés de Tracy et de Morenval.

08h50. Le médecin-chef reçoit l’ordre suivant : La Motte, 15 Sept. 1914. 08h45. DSS à médecin-chef du GBC 4e corps. Vous confirme % de diriger sur Carlepont une section de votre formation. Amb. n° 2 fera route avec cette section. Signé : Comte.

F° 50v - 10h15. En exécution de l’ordre ci-dessus la 2e section du GBC quitte le bivouac de Berneuil à destination de Tracy-le-Mont sous les ordres de M. le médecin aide-major Ballu. Accompagnent ce détachement l’abbé Robillard, le pasteur Casalis et le rabbin Hertz (*). Le reste du Gr[oupe] cantonne à Berneuil.

16/09 – 09h50. Le médecin-chef reçoit l’ordre suivant : La Motte 16 sept. 9h30. Directeur santé 4e corps à médecin-chef GBC. Vu l’impossibilité pour les grandes voitures automobiles sanitaires de [fol. 51r] franchir le pont improvisé sur l’Aisne, il est nécessaire d’établir un va et vient de voitures entre ces autos restées sur la rive gauche et les ambulances de la Motte. Veuillez donc mettre à la disposition de l’ambulance n°1 (sucrerie de la Motte) deux grandes voitures pour blessés (17 places assises)… (…)

14h45 – (…) [le médecin-chef du GBC signale qu’il est « sans nouvelles » de la 2e section du GBC4 et de l’amb. n°2 détachées à Carlepont.]

F°54r – 17/09/14, 16h00 – (…) La 2e section du gr[oupe] dont on était sans nouvelles depuis la veille réintègre le Gr[oupe] à Tracy-le-Mont. Ci-joint le rapport du médecin aide-major de 2e classe Ballu qui commandait cette section : Tracy-le-Mont, le 18 sept. 1914. Rapport … au sujet de l’attaque de Carlepont. En exécution de l’% du service de santé du 4e CA en date du 15 sept. La 2e section du GBC du 4e CA a quitté le cantonnement de Berneuil le 15 sept. à 11h. [f° 54v] pour se rendre à Carlepont et se mettre à la disposition du Gal cdt la 16e brigade conjointement avec l’amb. n° 2. Arrivée à Carlepont à 14h30. Le 16 septembre vers 6h00 du matin, le village de Carlepont commença à être bombardé par les troupes allemandes, tandis que l’infanterie attaquait de son côté. Jugeant que nos hommes de la 2e section sont en danger nous les faisons évacuer des communs où ils cantonnaient et les dirigeons dans les caves du château. Vers 11 h. les allemands arrivent au château qu’ils cernent, nous font prisonniers, prennent nos armes et s’occupent d’évacuer leurs blessés au moyen de nos voitures qu’ils font atteler par les [fol. 55r] hommes du Train de la 2e section. L’amb. n°2 ainsi qu’une amb. du 13e corps d’armée [ ! plutôt 37e DI] et notre section de brancardiers s’occupent activement de donner leurs soins aux blessés qui arrivent fort nombreux. La situation est extrêmement critique. L’artillerie française dirige son tir sur le château. Nous avons 3 blessés pendant que les allemands faisaient évacuer les caves aux hommes qui s’y trouvaient. Les blessés sont le trompette du train Dreyffus atteint d’une plaie en séton au biceps droit ; le conducteur Martin frappé légèrement au creux poplité droit par un éclat d’obus [f° 55v] et le brancardier Debras dont l’humérus droit est fracturé par un éclat d’obus. Ces 3 hommes ont pu être ramenés à Tracy-le-Mont : ils sont maintenus au corps à l’exception du brancardier Debras évacué sur l’amb. n°3 à Tracy-le-Mont.

La journée s’est achevée sans incident notable : le feu s’est calmé dans la soirée après que Carlepont ait été repris par nos troupes. Nos hommes ont passé la nuit au 2e étage avec ordre de descendre au lever du jour au cas de reprise du tir de l’artillerie. Vers 7h l’action recommence très chaude. Les blessés arrivent de plus en plus nombreux [f° 56r] et on envisage le moment où on n’en pourra plus recevoir, d’où la nécessité d’en informer M. le DSS et le Gal cdt la 7e div. Nous sommes plus de 800 h. dans le château dont 400 blessés.

A 14h. l’ordre arrive à la 2e amb. et à la 2e section de GBC d’évacuer le château et de se diriger vers Tracy-le-Mont où nous arrivons vers 16h.il convient de signaler la conduite parfaite en tous points des médecins auxiliaires et de nos hommes et en particulier celle de Mas, brancardier qui par son sang-froid a pu éviter le massacre de ses camarades en parlementant avec [f° 56v] l’ennemi qui au moment de son arrivée se ruait sur eux baïonnette en avant ; Derape, Noël et Riche qui sans prendre aucun repos n’ont cessé de se multiplier pour donner leurs soins dévoués aux blessés, leur portant à manger et à boire, et. Madelaine, médecin auxiliaire et Froger sergent de brancardiers qui peu avant le départ ont fait atteler les voitures sous le feu de l’ennemi.

Les pertes peuvent se résumer de la façon suivante : 1°) Hommes : A Disparus : 10 hommes du train dont 1 brigadier et un ordonnance ; 20 brancardiers dont 2 caporaux [f° 57r] B Blessés : 1 trompette, 1 conducteur du train, 1 brancardier – 2°) Chevaux : chevaux de trait, 16 avec harnachement ; mulets de cacolets, 6 avec bâts – 3°) Voitures : voiture médicale (1), voiture à 2 roues pour le transport de blessés (4), voitures à 4 roues pour le transport de blessés (2), chariot porte-brouettes (1). Toutes ces voitures ont été emmenées [f° 57v] par les allemands à l’exception du chariot porte-brouettes qu’ils ont laissé à Carlepont, mais qui n’a pu être ramené, son attelage ayant été capturé par l’ennemi. Signé : Ballu (…). »

Le GBC 4 regroupé le 17 septembre, cantonne à Tracy-le-Mont avant de recevoir l’ordre le 18 à 21h. de prendre la direction de Compiègne. Il effectue le passage de l’Aisne dans la nuit sous des pluies torrentielles « en deux colonnes, les hommes à pied sur le pont de bateaux du génie, les voitures sur un pont de péniches ». Le GBC 4 arrive à Compiègne le 19 sept. à 8h. et passe l’Oise, à 11h. sur un pont de bateaux, en avant du pont de pierre détruit.

Notes sur l’ambulance n° 2/4 détachée en soutien de la 16e brigade d’infanterie.

L’ambulance n° 2/4 (médecin-major de 2e classe Jallot) accompagnée par la 2e section du GBC 4 (Ballu) fut désignée (cf. supra) le 15 septembre 1914 pour assurer le soutien sanitaire de la 16e brigade d’infanterie engagée par le 4e CA dans les combats autour de Carlepont. Je ne dispose pas de témoignage sur l’engagement des formations sanitaires du 4e corps au château de Carlepont, hormis ceux de Ballu et les compte rendus succincts des médecins de la 37e DI (cf. supra). L’on sait que les combats furent d’une extrême violence. Le médecin-chef de l’ambulance n°2/4, le médecin-major de 2e classe Victor-Henri Jallot (1870-1950) fut même blessé le 17 septembre par un éclat d’obus à la joue droite. L’ambulance put se replier vers Tracy-le-Mont en laissant sur place, aux bons soins de quelques « sanitaires », plus de 220 blessés dont 20 allemands.

Notes :

(*) L’aumônier volontaire, le dominicain Louis Robillard (1862-1915), le pasteur Maurice Casalis (1878-1966), le rabbin Albert Hertz.

Sources

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n°635, dos. 4 (Combier) ; cart. n° 636, dos. 17 (Favier).

et orientation :

en attendant nos articles sur "Noyon 1914", sur ce blog d'ici juin 2015.

Quelques références d’ouvrages présentant « Noyon » devenue ville-sanitaire allemande (Kriegslazarett), vers laquelle les blessés de Carlepont-Cuts sont évacués en septembre 1914 : De Grandmaison (Léonce), recueil. Impressions de guerre de prêtres soldats. T. 1, Paris : Plon-Nourrit, 1916-1917, 332 p. (p. 170 et suiv.) et [Sœur Saint Eleuthère], Occupation allemande de Noyon, 1914-1917. Les carnets de guerre d’une sœur infirmière. Louviers : SHASN-Ysec, 2003, 144 p.

Sur les formations hospitalières de l’Oise : Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 5, à paraître en 2015, aux éditions Ysec (www.ysec.fr) .
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HOPITAL MILITAIRE ET THEATRE… SAINT-MESMIN (8-10 Mai 2015)

8 Mai 2015 Publié dans #varia, #les hopitaux

BREVES… SORTIR CE WEEK-END

Du 8 au 10 mai 2015, la compagnie "la Facétieuse" investit le château de Saint-Mesmin à Saint-André-sur-Sèvre (Deux-Sèvres) pour y reconstituer l’hôpital bénévole n° 87 bis, de 80 lits, ouvert le 15 septembre 1914 et fermé le 16 février 1915...

Le visiteur est immergé dans un hôpital de convalescence tel qu'il pouvait se présenter vers 1915… La vidéo jointe vous fait découvrir la qualité des costumes et des uniformes. Du bel ouvrage !... P'tit bémol. Par pitié : changez la couverture couleur "orange" du lit de l'un des hospitalisés !

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2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

8 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

LE FORUM NATIONAL DE LA GENEALOGIE "1914-1918" est à GRENOBLE les 6 et 7 Juin 2015...

Le Centre généalogique du Dauphiné sous la houlette de sa présidente, Madame Claude Scarpelli relève le défi d'organiser, après Nice en 2014, les 2e Rencontres Généalogiques Nationales sur la Grande Guerre, les samedi 6 et dimanche 7 juin 2015 à Grenoble, au fort de la Bastille.

Nombreuses participations d'institutionnels, d'associations mémorielles et généalogiques - Suite d'ateliers pratiques de généalogie militaire, suivi du projet "Bleuets" initié à Nice, conférences sur deux jours...

Je vous communiquerai bientôt le programme définitif, mais je peux vous préciser dès à présent que je serai présent à Grenoble durant ces deux jours et que je ferai une communication le dimanche 7 juin sur "Les personnels du service de santé militaire, 1914-1918... - sous titré - Vers une armée sanitaire..." Un vaste sujet, assez peu traité dans toutes ses composantes médicales et paramédicales...

A BIENTOT... A GRENOBLE !

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LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).

1 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).

SUITE de la 1ère partie

Avec la 37e division d’infanterie (37e DI) dans la 1ère bataille de l’Aisne (15 au 20 septembre 1914)

CUTS 1914 (2e partie)

« Rapport du médecin-major de 1ère classe Routier (*) médecin-chef du groupe de brancardiers division­naires au sujet de l’affaire de Cuts (Oise).

Le 15 septembre 1914, après avoir cantonné à Clairoix (Oise) le groupe sanitaire de la 37e division (groupe de brancardiers, ambulances n° 2, 3, 4 et 5 [de la 37e division]) reçurent l'ordre de se porter à St. Léger-sous-Bois par la forêt et d'y attendre de nouveaux ordres. Le parcours de la forêt par des chemins très meubles et profondément ravinés fut particulièrement difficile et long. Les attelages durent être dédoublés, les voitures désembourbées à bras d'hommes à plusieurs reprises. Enfin, vers onze heures la formation atteignait St. Léger et on allait faire reposer hommes et chevaux quand un nouvel ordre me par­vint, prescrivant de continuer Jusqu'à Carlepont, pour installer une ambulance au château et procéder au relèvement des blessés nombreux dans les villages de Laigle, Quesnes et leurs alentours. Je donnais alors l'ordre au médecin-major de 1ère cl. Boyé (**) des Troupes coloniales, commandant l'ambulance n° 2 [2/37], d'expédier en avant un de ses médecins montés, pour étudier et préparer l'installation de l'ambulance et tout le convoi sert immédiatement en route. Nous arrivâmes vers Carlepont vers quinze heures et nous y trouvâmes l'Etat-major de la division et le médecin divisionnaire, monsieur le médecin principal de 2e classe Vallois (***). Au château où il nous accompagna nous trouvâmes une ambulance du 4e corps déjà instal­lée (*4) et devant ce fait il fut décidé que l'ambulance n° 2 ne serait pas installée sur ce point.

[page 2] Afin de laisser un peu reposer mes hommes et mes animaux je laissai au parc auprès du château de Carlepont une section de mes brancardiers, avec les quatre ambulances sous les ordres de M. le médecin aide-major de réserve Favier avec ordre de se reposer, de faire manger les hommes de ma­nière à être prêts à me remplacer avec sa section à mon re­tour et je partis avec ma section dans la direction de Laigle et Gillisne [ ?]. A mon retour vers six heures et demie je fis à mon tour reposer et manger les hommes de ma section et M. le médecin aide-major Favier s’apprêtait à partir à son tour quand le médecin divisionnaire nous envoya un ordre disant que le château de Cuts venant d’être évacué par les Allemands qui y avaient établi une ambulance (*5). Je devais y envoyer une ambulance et une section de brancardiers pour s’y établir et procéder au relèvement des blessés et soigner les blessés allemands qui avaient été abandonnés, ainsi que les Français qui auraient pu y être conduits. J'ordonnai aussitôt au médecin-chef de la 2° ambulance [2/37] de se mettre en route et je partais moi-même avec lui, à la tête de la 2e section de mon groupe, laissant à M. Favier le commandement de la seconde, car je tenais à être avec ceux qui marchaient en avant.

Nous partîmes vers 19 heures et demie. Dès le départ et tout le long de la route je constatais que toutes les troupes qui avaient marché dans la direction de Cuts redescen­daient vers Carlepont. M. le sous-lieutenant de réserve Lacombe du 16° escadron du Train, qui avait tenu à marcher avec moi bien que ce ne fut pas son tour et dont entre paren­thèse le zèle et le dévouement ne se sont jamais ralentis et m’ont été de la plus grande utilité, envoya d’après mes ins­tructions son bicycliste au médecin divisionnaire quand nous [page 3] passâmes au niveau de Quesne où cantonnait l'Etat-major de la division pour lui signaler cet état de choses et lui demander si malgré tout nous devions continuer notre marche sur Cuts.

Au bout de quelques minutes le bicycliste revint et nous rendit compte que M. le médecin divisionnaire n’a­vait pas voulu le recevoir et lui avait fait répondre qu'il était couché et qu’on le laissa dormir. J’ai peine à croire que ce soit là l'exacte vérité et je suppose que le bicycliste n'ayant pas trouvé cet officier ou ayant été éconduit par quelque planton a trouvé cette réponse à nous donner.

Quoiqu’il en soit n’ayant pas de nouveaux ordres nous avons exécuté le dernier donné et sommes arrivés à Cuts vers 23 heures 30 ou minuit. Là je formais mon parc à côté des dépendances du château, tandis que l'ambulance s'installant au Château même où se trouvaient trente blessés allemands environ et pas un seul français. Avant de se coucher les médecins de l'ambulance soignèrent tous les blessés et refirent leurs pansements tandis que je m'occu­pais du cantonnement des hommes et des préparatifs pour pouvoir les mettre en action dès l'aube. Je couchais moi- même dans une voiture au milieu d'eux, au lieu de prendre une chambre au château pour être prêt à toute éventualité. Dès le matin du 16 j'envoyais mes hommes sous la conduite d'un médecin auxiliaire, d'un élève de Lyon et de leurs sous-officiers à la recherche des blessés soit dans le village de Cuts, soit dans le bois environnant et j'al­lais voir les malades installés au château. Le médecin di­visionnaire vint nous trouver, il nous dit que notre ambulance était un peu en l'air, s'il y avait une attaque de [page 4] nous replier en laissant les blessés à la garde d’un médecin. Mais il ne nous fixa pas de ligne de retraite, nous disant de nous diriger sur Compiègne (On trouvera plus de détails sur cette conversation dans le rapport de mon collègue de la 2e ambulance, car lui a pu garder son journal de marche et ses divers ordres tandis que après que j’ai été pris tous mes papiers et toutes mes affaires ont été pillées).

Une demie heure après le départ du médecin divi­sionnaire je priais M. Lacombe, officier du Train d'aller reconnaître la route de Compiègne par Carlepont. Il rentra et me dit qu'on se battait à Carlepont et que la route, par suite de la contre attaque opérée sur ce point n'était pas tenable et battue par l'artillerie. Il en fut de même d'une autre route plus au sud et se dirigeant par les bois sur Clairefontaine et Quesne. Après en avoir conféré avec mon collè­gue de la 2e ambulance nous décidâmes que la retraite était impossible et qu'il n'y avait qu'à rester et à atten­dre qu'on vint nous délivrer. Toute la journée la bataille se rapprocha de Cuts augmentant d'activité, tantôt au nord, tantôt au Sud, tantôt à l'Est, tantôt à l'Ouest, le nombre de blessés aug­mentant rapidement et bientôt le château devint insuffisant et il fallut en installer sur de la paille, dans des dépen­dances (garages, remises, écuries, greniers à foin, etc.).

Je ne laissais plus sortir mes voitures, la ba­taille étant si proche que mes brancardiers utilisaient sim­plement la brouette et que souvent les blessés venaient d'eux- mêmes ou accompagnés par leurs brancardiers et infirmiers ré­gimentaires.

Mes aides et moi nous mîmes alors à les soigner pour aider un peu le personnel de l'ambulance qui était surmené. [page 5] Dans l'après-midi l'action se ralentit un peu mais sans s'éloigner. Dans la nuit nous fûmes éveillés par une vive fusillade jusque dans le parc du château, mais ce fut court autant que violent et cela ne donna d'ailleurs pas de grands résultats, car nous ne trouvâmes pas de blessés dans le parc.

Dès la matinée du 16 l'action recommença. L'ordre de la division portait, m'ont affirmé des médecins de tirailleurs que l'ambulance devait rester à Cuts mais cet ordre ne m'est pas parvenu. Toute la matinée l'action resta stationnaire, l'après-midi l'action se resserrait autour du château et il était difficile d'aller relever les blessés. Le château lui même était bombardé. Vers trois heures on se battait dans le Parc. Le château ne pouvant plus recevoir de blessés ils refluaient tous vers les annexes. C'est à ce moment que mon médecin auxiliaire M. le docteur Boulet (*6) tomba frappé par une balle qui après avoir perforé une forte porte en fer lui traversa la poitrine de part en part et vint se loger dans le bras d'un sergent de tirailleurs qu'il pansait. La mort fut instantanée. Je n'eus que le temps de me retourner pour le recueillir dans mes bras ou il expirait.

Une heure après les nôtres battaient en re­traite et les Allemands prenaient les dépendances du châ­teau d'assaut et malgré mes protestations soutenant qu'on avait tiré sur eux des dépendances, nous amenaient tous prisonniers. Je fus moi même enlevé, traîné et bousculé jusqu'à environ deux kilomètres. Ma Croix [de la Légion d’honneur] me fut arrachée ; mes hommes séparés de moi à l'exception d'un sergent qu'on [page 6] laissa m'accompagner. Ce ne fut que plus-tard que ma croix me fut rendue et que grâce à un capitaine qui parlait un peu le français je pus être conduit au Général. Celui-ci me dit que puisque j’étais médecin je ne serais pas prisonnier et me fit reconduire à l'ambulance où j’arrivais avec lui du reste vers onze heures du soir.

Les Allemands firent un triage parmi les bran­cardiers et infirmiers qu’ils avaient pris et en rendirent une quinzaine à l'ambulance ainsi que le sergent qui ne m’avait pas abandonné. Le lendemain j’allais voir les dépendances, les blessés y étaient encore ainsi que les infirmiers arrivés, mais je trouvais deux brancardiers tués et un certain nom­bre de blessés qui furent soignés à l’ambulance. Quant au matériel de l’ambulance ou de brancardiers, tout avait été pillé, le matériel de l’Etat tant que nos propriétés per­sonnelles. Seuls, ont pu sauver quelque chose, les officiers qui logeaient au château même, car les Allemands ne l’ont pas pillé. Mais tout ce qui était au parc, voitures, harnache­ments, chevaux, matériel fut enlevé et enlevé rapidement.

Dès le lendemain 18 septembre des médecins al­lemands vinrent visiter l’ambulance, ils nous prièrent ain­si que quelques médecins des Tirailleurs et des corps de troupe qu’ils avaient fait prisonniers comme nous dans leur poste de secours, de vouloir bien continuer nos soins à leurs blessés comme aux nôtres, nous avisant que nous serions traités non en prisonniers mais en médecins et que la solde nous serait payée par leurs soins ainsi que la nourriture des malades leur incombant. Ils procédèrent d’ailleurs le plus rapidement possible à l’évacuation sur Chauny et Blérancourt d’abord de tous les blessés pouvant marcher, puis des leurs.

[page 7] Enfin le 27 [septembre], ils évacuèrent les derniers sur Chauny et nous amenèrent avec eux sous prétexte de leur continuer nos soins, mais à Chauny ou déjà certains de nos collè­gues étaient employés à cela nous fûmes simplement inter­nés dans une maison de la Croix-Rouge, Pension de made­moiselle Aillot [Hallot] (*7) où un certain nombre d’officiers blessés (Français et Anglais) étaient traités et nous n’eûmes jamais à nous occuper d’un malade pas plus d’ailleurs qu’en Allemagne ou nous fûmes envoyés le 1er octobre toujours sous prétexte de donner nos soins aux blessés français très nombreux disait-on (…) ».

Parmi les personnels officiers du GBD n° 37, hormis son adjoint le docteur Favier qui resta à Carlepont et le sous-lieutenant Lacombe qui l’accompagna à Cuts, le docteur Routier ne mentionne pas : le médecin auxiliaire Nectoux, élève de l’école du service de santé de Lyon et l’aumônier titulaire de la 37e DI, Amédée Huc (né en 1875), prêtre lazariste qui a la suite de la prise de Cuts, le 17 septembre 1914 fut envoyé au camp de prisonniers de guerre de Frederichsfeld duquel il réussit à s’échapper le 6 octobre 1914 ; Huc termina la guerre avec 5 citations et la Légion d’Honneur.
A SUIVRE : Le château de Carlepont (Oise) dans les combats de septembre 1914

Notes :

(*) Médecin-major de 1ère classe Marie, Arnaud, Jean-Baptiste, Adrien Routier (1861-1929). A son retour d’Allemagne, est nommé médecin-chef du groupe de brancardiers de corps (GBC) du 33e corps d’armée (1/11/14-11/07/16) -

(**) Sur Léon Boyé (1873-1938), voir son rapport dans la 1ère partie de l’article -

(***) Médecin principal de 2e classe Félix, Paul Vallois (1859-ca.1947), médecin divisionnaire de la 37e division d’infanterie –

(*4) Ambulance n° 2/4, ambulance n°2 du 4e corps d’armée, médecin-chef : Victor-Henri Jallot (1870-1950).

(*5) ou poste de secours organisé puis évacué par la 4e division de cavalerie allemande (4 Kavallerie-Division).

(*6) François Marie Louis Boulet (1878-1914). Montpellier, cl. 1897, matricule 720 - Médecin auxiliaire, 16e section d’infirmiers militaires, docteur en médecine de Montpellier, 1904.

(*7) Pension de jeunes filles Hallot, organisé dès août 1914 par les soins de la Société de secours aux blessés militaires de Chauny, immatriculée comme hôpital auxiliaire n° 12 de Chauny (cf. Olier et Quénechdu. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, Louviers : Ysec, tome 5 (à paraître)).

Sources : Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 640, dos. 23 (Routier).

LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).
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L’HOPITAL AUXILIAIRE, CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (1ère partie).

20 Avril 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

L’HOPITAL AUXILIAIRE, CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (1ère partie).

CUTS 1914 - (1ère partie).

Dernière mise à jour : 22/04/2015
Avec la 37e division d’infanterie (37e DI) dans la 1ère bataille de l’Aisne (15 au 20 septembre 1914)

A l’issue victorieuse pour les Français de la bataille de la Marne, la Ière armée allemande (Von Kluck), retraite entre Aisne et Oise. La 6e armée française (Général Maunoury, médecin inspecteur Nimier) est chargée d’accompagner ce repli tentant de le déborder à l’ouest de l’Oise. Le 14 septembre 1914, les Allemands interrompent leur retraite et font face. La première bataille de l’Aisne commence.

Nous trouvons à l’aile gauche de la 6e armée, à l’ouest de l’Oise : la 37e DI (général Comby), la 16e brigade du 4e corps d’armée (CA), le 13e CA (général Alix), la 3e brigade marocaine et de très fortes concentrations de cavalerie. Aujourd’hui nous nous attacherons au sort de la 37e DI, grande unité originaire d’Afrique du Nord, composée de 15 bataillons de zouaves et de tirailleurs algériens, articulée en deux brigades (73e et 74e) qui est engagée isolément en appui du 4e corps d’armée.

Le 15 septembre 1914, la 6e armée rencontre des difficultés de mise en place pour assurer le débordement de la droite allemande (retard dans le passage de l’Oise). Elle enlève cependant Caisnes et le bois de Choisy, s’empare de la Pommeraye et de Cuts.

Le 16 septembre, à l’aube, contre toute attente, ce sont les Allemands qui attaquent ; prenant l’initiative de l’offensive, ils provoquent une confusion (intrication d’unités en marche) au 4e CA et à la 37e DI, les menaçant d’être pris à revers. La 37e DI n’est plus en mesure de progresser et se retrouve virtuellement cernée.

Le 17 septembre, la 37e DI, trop en flèche, « aux trois quarts investie », évacue la Pommeraye et Cuts. Après de furieuses actions de combat et nombre de dégagements à la baïonnette, la 37e DI se replie sur la ligne Bailly – Tracy-le-Val.

Pour conclure sur ces journées : la manœuvre de débordement « à court rayon » de l’armée Maunoury est un échec en dépit de succès initiaux dans la région de Caisnes (15/09). Dès le 16, l’aile marchante de la 37e DI est surprise par des attaques débouchant de Noyon. Le 17, la 37e DI cède le terrain et se pose sur la défensive (travaux de campagne), de Bout-de-Vaux à Bailly, dans le cadre d’un groupement tactique confié le 18 septembre au général Ebener (6e Groupe de divisions de réserve, 37e DI et 3e brigade du Maroc).

Notes sur le service de santé de la 37e DI et son environnement médico-militaire.

Le médecin principal Félix Paul Vallois (1859-ca.1947), chef du service de santé de la division dispose : des services médicaux des 15 bataillons appartenant aux 73e et 74e brigades (2e et 3e régiments de zouaves et 2e, 3e, 5e, 6e et7e régiments de tirailleurs algériens) ; du groupe de brancardiers divisionnaires (GBD n°37) et des cinq ambulances de la division (amb. n° 1 à 5/37).

A Carlepont, au château, est positionnée l’amb. n° 5/37 (Combier) et l’amb. n°2/4 (Jallot) du 4e CA.

A Tracy-le-Mont, dans l’église, est installée depuis le 15/09, l’amb. n° 3/4 du 4e CA qui évacue ses blessés sur Pierrefonds fonctionnant comme point d’embarquement voie ferrée, armé par des moyens du 4e CA.

A Cuts, au château du baron de Langlade, dit « château de Cuts » fonctionne un hôpital auxiliaire (HA) de 20 lits relevant de la société de secours aux blessés militaires de l’Oise, annexe de l’HA n° 31 de Noyon, que l’on trouve parfois mentionné « HA n°44 », numéro d’immatriculation du service de santé de la 6e région militaire. D’après un rapport de l’officier d’administration de 1ère classe Le Gouguès (arch. MSSA, Val-de-Grâce, cart. n° 637, dos. 40) l’on sait que cette formation hospitalière a accueilli dans des conditions difficiles des blessés français et allemands. Le Gouguès mentionne quatre « dames de la Croix-Rouge » complètement débordées dès le 15/09 par l’afflux des blessés. Dans le même temps, en dépit des Conventions de Genève, les abords immédiats du château (angles formés par les fossés) sont mis en état de défense par la 37e DI (artillerie et mitrailleuses). C’est dans cet environnement hostile que s’installent, le 15 septembre en provenance de Carlepont le GBD n°37 (Routier) et l’amb. n° 2/37 (Boyé) ; ce dernier nous a laissé un rapport détaillé des conditions dans lesquelles il fut fait « prisonnier ».

Rapport de captivité du médecin major de 1ère classe (des troupes coloniales) [Jean, Paul, Léon Boyé (1873-1938)], médecin-chef de l'ambulance n° 2 de la 37e division d'infanterie [amb. n° 2/37].

« J'ai l'honneur de vous rendre compte que, tombé le 17 septembre dernier au pouvoir des troupes allemandes au combat de Cuts (Oise) avec mon ambulance tout entière et 500 blessés, j'ai été renvoyé en France par la Suisse, avec tous les officiers de ma formation, sauf deux. Arrivé le 31 octobre [1914] à Pontarlier, le commandant d'armes de cette place nous a envoyés à Montpellier au dépôt de la 16e région [militaire], où la formation s'était mobilisée.

Le 15 septembre, à 14 heures 15 du soir, j'arrivais au château de Carlepont (Oise) et recevais du médecin divi­sionnaire (*), l'ordre d'y stationner en attendant de nouvelles instructions.

A 18 heures, reçu l'ordre de me porter au châ­teau de Cuts, à 4 kilomètres au nord-est de Carlepont et de m'immobiliser avec ma formation, dans ce château que venait [page 2] d'évacuer l'ennemi et où je trouverais les blessés d'­une ambulance allemande, dont le personnel avait fui, en em­menant le matériel.

Une section du groupe de brancardiers devait m'accompagner, dès son retour de la ligne de feu, où elle était occu­pée à relever des blessés.

Départ à 20 heures [de Carlepont] ; arrivée à Cuts, seulement à minuit, la route était encombrée de convois et de batteries d'artillerie, de colonnes de cavalerie, se repliant en arriè­re, vers Caisnes ; à hauteur de ce village, une vive fusillade s'entend à droite de la route, vers le mont de Choisy occupé par l'ennemi, et que nous devons contourner. D'où arrêt d'une heure environ. Pour arriver au château, nous devons traver­ser nos avant-postes à hauteur desquels il se trouve.

A l'arrivée à Cuts, l'ambulance commence immédiate­ment à fonctionner et les brancardiers ont relevé quelques blessés qui se trouvent aux environs.

Le 16 [septembre], le combat recommence au jour. Nos lignes de tirailleurs sont à une centaine de mètres à peine, en avant de l'ambulance.

Vers 7 heures, le médecin divisionnaire vient visi­ter l'ambulance et, constatant qu'elle est trop en avant, le combat étant encore incertain, me prescrit, si la situa­tion devient dangereuse, de me replier, en ne laissant qu'un médecin, avec le personnel et le matériel strictement indis­pensable, sans qu'il puisse cependant m'indiquer une route par laquelle la retraite serait praticable. Dès que la chose serait possible, une section sanitaire automobile devait m'être envoyée pour évacuer les blessés sur l'arrière.

Pendant toute la journée, les blessés ne cessent d'­affluer, il en est venu 250 dans la journée. [page 3] A cause de la situation de l'ambulance, qui pendant les péripéties du combat s'est trouvée à plusieurs reprises, non seulement à hauteur de notre ligne de feu, mais parfois même en avant d'elle, entre les deux lignes de tirailleurs, le parc a été constamment battu, tantôt par le feu ennemi seul, tantôt par le feu des deux partis; les salles des blessés ont été souvent traversées par des projectiles qui, grâce à la précaution prise de les coucher tous à l'abri des murs n'ont causé qu'un seul accident : un blessé allemand a reçu une balle dans la cuisse. Néanmoins, le service a beaucoup souffert de cette situation, car la station dans les salles où leur traversée était aussi dangereuse pour les blessés qui arrivaient que pour le personnel. De plus, à cause de l'encombrement du château, j'avais envoyé une partie des blessés dans les communs situés à 50 mètres de là, à l'a­bri d'un bosquet, mais, il fallait pour y accéder, traverser un espace découvert et souvent battu, ce qui ne pouvait se faire que pendant les rares accalmies du feu.

Le combat cessa à la nuit, et l'ennemi fut refoulé à 1500 mètres environ, au nord du château. Toute la nuit, les blessés ne cessèrent d'arriver.

Dans cette journée, vers midi, devant l'intensité que prenait le combat qui se rapprochait de plus en plus de nous, j'avais, de concert avec le médecin-major de 1ère classe Routier commandant le groupe de brancardiers, envisagé la possibilité de nous replier en arrière, en laissant seulement un médecin avec une partie du matériel et du personnel. Mais, à ce moment, me parvenait, par un bicycliste parti en recon­naissance, l'avis que le château de Carlepont était depuis le matin, bombardé par l'ennemi qui était sur le point de s'en emparer, et que l'artillerie allemande battait divers points [page 4] de la route de retraite, vers Compiègne soit par Carlepont soit par Nampcel. Il ne fallait donc pas songer à s'engager avec le convoi. Le combat s'entendait d'ailleurs dans toutes les directions.

Dans cette situation, et devant le nombre considérable de blessés, le maintien intégral de l'ambulance fut décidé en attendant de nouveaux ordres (A).

La section automobile promise pour l'évacuation n'­arrivant pas, j'ai envoyé réquisitionner dans le village, conformément au règlement du service de santé, tous les vé­hicules disponibles, pour le cas où une retraite deviendrait possible; on n'a trouvé qu'un chariot et un âne, l'ennemi ayant tout pris pendant son occupation précédente.

D'après les renseignements reçus dans la soirée du 16, du colonel des tirailleurs (**), dont le régiment avait com­battu aux environs de Cuts (le 6e, je crois), la journée avait été très bonne pour nos armes. Une retraite de l'ennemi vers le Nord, pendant la nuit, était donc possible.

Quoiqu'il en soit, en prévision de la reprise du combat, le lendemain matin, dans nos parages, et pour signa­ler de loin, la présence de l'ambulance, un très grand pavillon de Genève fut fixé sur une longue hampe, au toit du château.

Dans la nuit du 16 au 17 [septembre], la fusillade se fit en­tendre à plusieurs reprises aux environs, et le château reçut encore [page 5] de nombreux projectiles qui ne causèrent que des dé­gâts matériels ; pendant la nuit, il arrive encore un certain nombre de blessés.

Le 17 [septembre], au matin, le combat recommença, mais assez éloi­gné vers le nord, à 1800 mètres, environ.

Modéré dans la matinée, il reprend une grande intensité à midi, et se rapproche du château. Le parc et les prairies qui s'étendent devant lui sont occupés par nos tirailleurs qui reçoivent les feux de l'artillerie et de l'infanterie ennemies, dissimulées dans les bois. De nombreux projectiles arrivent dans l'ambulance et prennent les salles en enfilade; il n'y a plus une vitre intacte, et le service doit être interrompu à chaque instant, pour mettre les blessés à l'abri des murs.

Ceux-ci ne cessent d'affluer, malgré les décès survenus dans la nuit, une vingtaine, nous avons, à ce moment, environ 400 hommes, tant au château que dans les communs; ils sont pansés au fur et à mesure de leur arrivée, mais mon personnel est débordé, malgré l'aide que nous apportent les deux méde­cins du groupe de brancardiers et quelques médecins, du 6e Ti­railleurs Algériens, qui ont jugé inutile, vu la position avancée de l'ambulance, d'établir des postes de secours qui au­raient fait double emploi avec elle.

Tous les blessés sont disposés à l'abri des murailles: en dehors de la zone dangereuse qui fait face aux grandes baies vitrées des salles. Bientôt cette protection est insuf­fisante, car, à 14 heures 50, le bombardement de l'ambulance par [page 6] par l’artillerie commence et les obus éclatent sur les murs.

Je fais descendre dans les sous-sols, tous les blessés pouvant être transportés facilement; ils sont en majorité.

Quelques autres doivent rester en place, l'étroitesse de l'escalier, ne permettant pas le passage d'un brancard. Ils sont abrités derrière les murs et par des matelas. Les obus continuent à tomber sur l'ambulance, elle en a reçu 50 mais, heureusement, sans causer des dégâts autres que des dégâts matériels considérables ; seul, un officier blessé, reçoit, à nouveau, deux balles de shrapnels à la jambe.

A 16 heures, un obus pénètre dans le sous-sol par un soupirail et vient exploser dans la cuisine, tuant un infirmier (***) et un blessé, et blessant grièvement, trois autres infirmiers, quelques autres ne reçoivent que des blessures légères.

Pendant ce temps, dans les communs, le médecin auxiliaire Boulet (****), était tué, d'une balle dans la tête, en faisant un pansement.

Les blessés continuaient à arriver, mais les pansements ne peuvent se faire, que par de rares accalmies du feu. Les salles sont complètement saccagées par les projectiles, la pharmacie est détruite et, par surcroît, toutes les pièces sont inon­dées; un réservoir d'eau de plusieurs mètres cubes, placé sous les combles et alimentant tout le château a été crevé par des balles : grâce à cette circonstance, heureuse peut-être, l'immeuble n'a pas pris feu.

A 17 heures, l'ennemi faisait irruption dans l'ambulance et désarmait tous les officiers. Un peu avant, dans les communs où ils étaient arrivés, après une charge à la baïonnette, quel­ques allemands faisaient feu sur les brancardiers qui s'y trou­vaient. Deux furent tués. (B) [page 7]

Les voitures qui restaient au parc, notamment, le fourgon de vivres, étaient pillées ; les bagages d'un certain nombre d’entre nous échappèrent au pillage parce que les cantines étaient placées dans le casier spécial de la voiture du personnel, que les soldats ennemis, ne découvrirent pas, mais tous les effets ou objets ou armes placés dans les voitures disparurent.

Beaucoup de paniers à médicaments et à pansements furent fouillés et versés sur le sol en désordre, la voiture de chirurgie fut pillée.

Dès le 18 [septembre] au matin, tous nos chevaux survivants, (beaucoup avaient été tués ou blessés par la fusillade) ainsi que les harnais et quelques fourgons avaient disparus. La plupart d'ailleurs, avaient été très avariés pendant le combat.

Avec l’aide des officiers allemands, je fis recueillir le lendemain, tout le matériel médical utilisable ; il fut placé en sécurité, à l’ambulance.

Ma formation a continué à fonctionner dans les lignes ennemies, jusqu’au 27 septembre. Du 17 au 20, je n’ai pas cessé de recevoir des blessés allemands et français. Les Allemands ont commencé, dès le 18, l’évacuation des blessés légers, pou­vant marcher ; la plupart des blessés graves furent enlevés le 20, par des camions automobiles, et, le 27, les derniers par­taient pour Chauny, avec tout le personnel. Pendant son séjour, l’ambulance avait traité environ 600 blessés.

[page 8] Au personnel de l'ambulance, il avait été adjoint des médecins de corps de troupe, faits prisonniers aux environs ; ils contribuèrent à assurer le service. A Chauny, nous avons été séparés de nos infirmiers qui ont été répartis dans diverses ambulances allemandes, contenant des blessés français.

Le 1er octobre, un convoi de médecins qui comprenait la plupart de ceux qui avait été pris à Cuts ou aux environs étaient mis en route vers l'Allemagne, par Charleroi, Namur, Liège, et Aix-la-Chapelle, pour arriver le 5 [octobre], à Wesel, près de la frontière hollandaise.

L'un des miens, le médecin aide-major de réserve Delpech, restait à Chauny dans une ambulance allemande où il était employé depuis le lendemain de notre arrivée (…) »

......................................

(A) « J'ai appris ultérieurement que l'ordre d'opération de la division pour la journée du 17 portait que l'ambulance resterait à Cuts. Je n'ai jamais reçu cet ordre (…) Depuis le 16 au matin, coupé de toute communication avec l'état-major de la division, dont j'ai ignoré l'emplacement. - (B) Pour ces deux la chose est certaine ; leurs corps ont été retrouvés le lendemain, mais il se peut que d’autres aient été tués et enterrés dans la nuit avec les morts allemands et français ».
A SUIVRE : L’HOPITAL AUXILIAIRE, CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie) : le groupe sanitaire divisionnaire n° 37. Le témoignage du médecin major Routier.

Notes : (*) Médecin principal de 2e classe Félix, Paul Vallois (1859-ca.1947), médecin divisionnaire de la 37e division d’infanterie – (**) Colonel Firmin, Augustin Dégot (1861-1928), commandant le 6e régiment de tirailleurs de marche (RTM). Le médecin-chef du 6e RTM est le médecin-major de 2e classe Armand-Raoul Savornin (1877-1941) – (***) soldat Fortuné Nuixe (1880-1914), infirmier de la 16e section d’infirmiers militaires de Montpellier - (****) François Marie Louis Boulet (1878-1914). Montpellier, cl. 1897, matricule 720 - Médecin auxiliaire, 16e section d’infirmiers militaires, docteur en médecine de Montpellier, 1904.

Deux autres soldats de la 16e SIM de Montpellier ont été tués à Cuts le 17 septembre 1914, il s'agit des soldats : Paul Emile Alquier (1878-1914) et Laurent Urbain Vaysse (1882-1914).

Sources : Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 633, dos. 51 (Boyé).

Les armées françaises dans la Grande Guerre. Paris : Etat-major de l’armée, ca. 1923, t. 1, vol. 4, p. 25-45.

Goasguen, Jean. Boyé Jean-Paul : De la capture de l’Almani Samori à Verdun. L’épopée d’un Navalais, dans ASNOM, n° 128, déc. 2014, p. 28-37.

Aux médecins morts pour la Patrie (1914-1918). Hommage au corps médical français. Paris : syndicat des éditeurs, [ca. 1920-1922], p. 185.

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LES JMO DES AMBULANCES 1914-1918 AU VAL-DE-GRACE (GROUPES 40 à 49)

8 Avril 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

LES JMO DES AMBULANCES 1914-1918 AU VAL-DE-GRACE (GROUPES 40 à 49)

LES JMO DES AMBULANCES 1914-1918 AU VAL-DE-GRACE (GROUPES 40 à 49)

SUITE et classification des ambulances de la Guerre 1914-1918

Ces JMO peuvent être consultés, sur place à Paris, sur rendez-vous : au Musée du service de santé des armées, 1 place Alphonse Laveran, 75230 Paris-cedex 05.

Notes sur le 40e corps d’armée :

Les notes ci-après donnent quelques indications sur la situation des formations sanitaires lors de la création des corps d’armée et divisions. Ces courtes notes relevées sur les JMO des Armées, CA et divisions complètent les mentions trop succinctes, voire inexactes, figurant dans les volumes 1 et 2, du tome X, des Armées Françaises dans la Grande Guerre (AFGG).

40e corps d’armée (40e CA)Lors de sa création (24 décembre 1916), constitué sans formations sanitaires éléments organiques de CA (GBC ou ambulances) ; les seules ambulances appartiennent aux grandes unités rattachées : 7e division d’infanterie (ambulances n° 1/4 et 6/4) et 73e division d’infanterie (amb. n° 3/73 et 3/64).

Le 40e CA est le dernier CA à numérotation continue constitué durant la Grande Guerre.

Notes sur les divisions des groupes 40 à 49, et sur leurs services de santé.

40e division d’infanterie (40e DI) – Lors de sa constitution dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Appartenant au 6e corps d’armée il reçoit les ambulances n° 2/6 et n° 5/6.

41e division d’infanterie (41e DI) - Lors de sa constitution dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Appartenant au 7e corps d’armée il reçoit les ambulances n° 2/7 et n° 5/7.

42e division d’infanterie (42e DI) - Lors de sa constitution dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Appartenant au 6e corps d’armée il reçoit les ambulances n° 1/6 et n° 6/6.

43e division d’infanterie (43e DI) - Lors de sa constitution dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Appartenant au 21e corps d’armée il reçoit les ambulances n° 2/21 et n° 4/21.

44e division d’infanterie (44e DI) - Lors de sa constitution (11/08/14) elle dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) et de cinq d’ambulances organiques. Employée de manière isolée d’août à septembre 1914 à la défense des Alpes (11/08/1914), elle est disloquée le 5/09/1914.

Ambulance n° 1/44 – 1 vol. (03/08/14-10/05/19).

Ambulance n° 2/44 – 1 vol. (02/08/14-10/01/17). Cf. ambulance alpine n° 14 (20/12/16-25/02/19).

Ambulance n° 3/44 – 1 vol. (17/08/14-18/12/18).

Ambulance n° 4/44 – 1 vol. (06/08/14-31/12/16) ; 1 vol. « abrègé sommaire » (19/08/14-31/01/19).

Ambulance n° 5/44 – 1 vol. (06/08/14-10/09/16) ; 1 vol. (11/09/16-31/12/17) ; manque depuis le 01/01/18.

45e division d’infanterie (45e DI) - Lors de sa constitution en Afrique du Nord (24/08/14) dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) et d’ambulances organiques.

Ambulance n° 1/45 – Manque

Ambulance n° 2/45 – 1 vol. (16/08/14-31/12/18)

Ambulance n° 3/45 – 1 vol. (04/09/14-01/03/19)

Ambulance n° 4/45 – Manque

46e division d’infanterie (46e DI) - Lors de sa constitution (21/03/16) dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Il reçoit des ambulances provenant des éléments organiques d’armée (EOA) : ambulances n° 16/7, n° 5/56, n° 2/58.

Note : La 46e DI après la guerre est mise à la disposition de la Société des Nations pour la surveillance du Plébiscite du 21 mars 1921 en Haute-Silésie (contentieux germano-polonais) :

Ambulance n° 1/46 – 1 vol. (29/10/19-31/07/21) ; 1 vol. (01/08/21-17/07/22).

Ambulance n° 2/46 – 1 vol. (26/10/19-11/07/22).

47e division d’infanterie (47e DI) - Lors de sa constitution 16/01/15) dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Affectée au détachement d’armée des Vosges, reçoit initialement des ambulances EOA : n° 15/7, n° 3/63, n° 2/65 et n° 2/75.

48e division d’infanterie (48e DI) - Lors de sa constitution (06/02/15) dispose d’un Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) mais pas d’ambulances organiques. Fonctionne comme division isolée ou au profit du 7e CA, reçoit initialement des ambulances EOA : n° 1/1, n° 4/7, n° 1/11, n° 2/154.

49e division d’infanterie (49e DI) – n’existe pas.

A SUIVRE

Sources :

Musée du Service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris.

Les armées françaises de la Grande Guerre (AFGG), t. X, 2 vol., Paris : imp. Nationale, 1923.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

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Pierre Ancher (1893-1918), poète, à l'Hôpital auxiliaire n° 101 d'Amiens

6 Avril 2015 Publié dans #varia

Pierre Ancher (1893-1918), poète, à l'Hôpital auxiliaire n° 101 d'Amiens

« A l’hôpital – Le réveil

Un jour terne a pâli les vitres embuées,

La veilleuse se meurt et, sur le blanc des lits,

Les ombres lentement abandonnent les plis

Où, vers le soir, elles s’étaient insinuées.

Le jour tant attendu par ceux que des douleurs

Tenaces ont tenus pantelants d’insomnie,

Le jour vient, éveillant la limpide harmonie,

Douce aux yeux enfiévrés, des formes, des couleurs.

Sous les draps les moulant, les corps sont immobiles

Et comme ensevelis dans de tièdes linceuls ;

Mais les yeux sont ouverts, les yeux qui vivent seuls,

Perdus dans on ne sait quelles torpeurs débiles.

Une rougeur s’anime en la pâleur des teints.

Dans le fond, deux blessés conversent à voix basse

Et, tandis qu’à pas doux une infirmière passe,

Dehors mille moineaux piaillent dans le matin.

Pierre Ancher

Amiens, hôpital 101, 14 mars 1915. »

Pierre Ancher (1893-1918), Médaillé militaire, du 294e régiment d’infanterie, blessé le 21 février 1915 près d’Hébuterne. Hospitalisé à l’hôpital auxiliaire n° 101 de l’Union des Femmes de France, installé dans l’école normale d’institutrices, 31 boulevard de Châteaudun à Amiens (1914-1917)

Décédé à l’hôpital auxiliaire n°25 de Bordeaux, de maladie contractée au service. Mort pour la France - Anthologie des écrivains morts à la Guerre 1914-1918, publiée par l’association des écrivains combattants. Amiens : Bibl. du Hérisson-Edgar Malfère, 1924-1927, 6 vol.. [IV, P. Ancher, p.13-17].
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HOPITAUX MILITAIRES DANS LA GUERRE 1914-1918,… 1300 pages et 3500 illustrations…

3 Avril 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

HOPITAUX MILITAIRES DANS LA GUERRE 1914-1918,… 1300 pages et 3500 illustrations…

Mise à jour : 2 avril 2015

HOPITAUX MILITAIRES DANS LA GUERRE 1914-1918,… 1300 pages et 3500 illustrations…

Bonjour

Un petit point de situation sur les différents volumes des Hôpitaux Militaires dans la Guerre 1914-1918 de F. OLIER et J.L. QUENEC’HDU publiés aux éditions Ysec de Louviers.

L’on me demande régulièrement des renseignements sur les volumes et ce qu’ils contiennent. Voici un petit point au 1er avril 2015 sur notre défi amorcé en 2008 : Aujourd’hui ce sont 1300 pages et 3500 illustrations qui vous sont déjà proposées… et ce n’est pas fini !

Tome 1 – France nord-ouest, 302 p., 600 illustrations, 36€Dossiers : Organisation générale du service de santé dans la guerre 1914-1918 ; Aperçu sur l’organisation du service de santé dans la zone de l’intérieur ; Historique de l’organisation et du fonctionnement de l’hospitalisation militaire dans la zone de l’intérieur durant la guerre 1914-1918.

EPUISE - Le tome 1 est épuisé !

Tome 2 – France centre-est, 320 p., 950 illustrations, 45€Dossiers : Hospitalisation dans la zone des armées et évacuations sanitaires par voie ferrée (1914-1918) ; organisation des hôpitaux d’évacuation (HoE) ; les évacuations sanitaires par voie ferrée, les trains sanitaires.

Le tome 2 est encore disponible chez Ysec à Louviers - www.ysec.fr

Tome 3 – France sud-ouest, 336 p., 1000 illustrations, 45€ - Dossiers : Soutien sanitaire dans la zone des armées et évacuations sanitaires par voie routière (1914-1918), les sections sanitaires automobiles (françaises, anglaises, américaines et russes).

EPUISE - Le tome 3 est épuisé !

Tome 4 – France sud-est, 336 p., 950 illustrations, 38€ - Dossiers : Les navires-hôpitaux français et les évacuations sanitaires par voie maritime (1914-1918) ; les péniches sanitaires et les évacuations sanitaires par voie fluviale.

Il me reste quelques exemplaires "auteur" (au 02/04/2015)que je cède au prix marqué + frais d'envoi + dédicace si souhaitée... me contacter via la rubrique "contact" du blog.

Vous pouvez accéder au détail des rattachements départementaux en consultant mon blog. Ils sont régulièrement complétés et mis à jour grâce à vous !

Jean-Luc Quénec'hdu et moi-même vlous remercions pour votre confiance. Prochain rendez-vous : 2e semestre 2015 pour le tome 5 et dernier volume de la collection.

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