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AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

21 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

3e partie - MARBEHAN (BELGIQUE) : AMBULANCE CHIRURGICALE FRANÇAISE SUR LA LIGNE ALLEMANDE DES ETAPES (AOUT-SEPTEMBRE 1914)

Suite de la 2e partie - Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

IV - Evacuation des blessés vers les lignes allemandes le 30 août - Embarquement à Marbehan le 1er septembre. Extraits du rapport de captivité du médecin-major Barral du 120e régiment d'infanterie, médecin-chef de l'ambulance de Lahage-Bellefontaine (Belgique) – [suite du témoignage proposé dans la 1ère partie des « ambulances oubliées »].

(…) « Tout espoir étant perdu depuis le 26 [août] d'évacuer mes blessés dans nos lignes, je me mis en communication avec les ambulances allemandes de l'arrière, leur exposant le manque d'objets de pansements dans lequel je me trouvais et leur demandant les moyens d'évacuer mes malades.

Le 28 [août], un autobus aménagé vint prendre les blessés allemands et commença l'évacuation des blessés de Bellefontaine qui se poursuivit le lendemain 29 [août].

Le 30 [août], je reçus l'ordre d'évacuer sur Marbehan, gare tête de ligne, le reste de mes blessés, par des voitures de réquisition auxquelles vinrent se joindre des autobus. En arrivant avec mon convoi de blessés à Marbehan, je me présentai à un officier supérieur pour lui rendre compte des ordres reçus ; celui-ci m'enleva violemment, ainsi qu'aux autres médecins, notre révolver, les examina pour voir s'ils étaient chargés ; on nous enleva même nos couteaux de poche. Nous fûmes dépossédés de tout ce que nous avions ; on nous prit ainsi les registres de l'ambulance, liste des malades traités, liste des 400 morts français enterrés et des 290 allemands, ainsi que des [page 9] objets des décédés laissés au maire de Bellefontaine, On me dépouilla de ma capote, de ma trousse de médecin et de ma bicyclette. On nous dirigea ensuite sur un hôpital ne contenant que des français, situé près de la gare, Là, nous fûmes enfermés tous dans une chambre avec interdiction absolue d'en sortir pour aller soigner nos blessés, sous peine d'être immédiatement fusillés, ou d'allumer même une lumière sous le prétexte que nous pouvions faire des signaux aux aéroplanes.

Le lendemain matin [31 août 1914] à 11 heures, nous recevions brusquement l’ordre de nous embarquer avec le plus grand nombre possible de blessés. Je retrouvai le long du trottoir, les blessés amenés la veille qui avaient passé la nuit sans soins pendant que nous étions enfermés inactifs. Je veux m'avancer vers un médecin allemand pour lui signaler un malheureux atteint de tétanos qu'on allait embarquer et qui souffrait beaucoup ; je ne pus le faire, sous la menace des coups de crosse des sentinelles. Un certain nombre de blessés trop graves fut laissé dans ce lazaret d'étape de Marbehan avec des médecins français.

Nous fûmes embarqués comme prisonniers dans un train inconfortable avec de nombreux blessés, sous la surveillance étroite de sentinelles. On nous affirmait alors que nous trouverions en arrière des ordres précis pour être renvoyés en France par la Suisse. Notre voyage dura trois jours et deux nuits; il nous fut impossible, dans les gares où le train s'arrêtait, d'aller dans d'autres wagons où nos blessés avaient besoin de nous. Nous fûmes continuellement en but aux insultes de [page 10] la foule ou de soldats revenant de Belgique, aucune humiliation ne nous fut épargnée. Notre nourriture fut complètement négligée.

Nous arrivâmes le 2 septembre vers minuit au camp d'Altengrabow (près de Magdebourg, Saxe) où on nous enferma dans des baraques avec défense absolue d'en sortir. Quelques jours après nous retrouvions 40 médecins internés dans le camp. (…) »

Extraits du rapport du docteur Jean Dournay, médecin aide-major de 2e classe, du 9e bataillon de chasseurs à pied [suite du témoignage proposé dans la 2e partie, des « ambulances oubliées »].

[...] De Marbehan à Alten-Grabow (30 août - 2 septembre)

[30/08/14] « En arrivant à Marbehan que nous devions traverser pour aller à Rossignol nous nous trouvâmes dans une gare encombrée de soldats, de matériel, etc. Les Allemands semblaient en avoir fait un centre important, et une surveillance sévère y régnait. Nous entrâmes cependant sans difficulté, mais dès que nous nous sommes adressés aux autorités, nous fûmes traités avec rigueur et considérés comme prisonniers. Dépouillés de nos armes, manteaux, bicyclettes, papier, cartes, etc. Nous ne circulerons plus désormais qu'accompagnés de sentinelles, baïonnette au canon. Le docteur Barral se vit enlever toutes ses notes et c'est par hasard que je pus conserver sur moi un petit carnet [fera l’objet de la 4e partie de notre « saga » sur les « ambulances oubliées »] où se trouvaient, mais mal écrits les noms de mes blessés, et les quelques notes qui m'ont permis de rédiger ce rapport.

Nos infirmiers brancardiers furent enfermés soigneusement dans une petite maison, et surveillés étroitement. On nous conduisit dans une usine où se trouvaient de nombreux blessés français, mais à peine avions nous commencé à leur donner quelques soins, qu'on vint nous prendre [page 2] avec des sentinelles et nous empêcher de continuer. Les Allemands paraissaient très nerveux et très méfiants. Les ordres et contre-ordres à notre égard se succédaient rapidement. Nous avons cru comprendre qu'ils craignaient une attaque d'avions et des signaux de notre part. Quoi qu'il en soit, après nous avoir fait dîner dans la maison des maîtres de l'usine en compagnie de deux médecins allemands, on nous fait savoir que nous devions rester pendant toute la nuit dans la salle à manger et le petit salon sans lumière et la maison fut gardée très sévèrement. En autres choses, la consigne nous fut donnée de na pas allumer l'électricité dans les WC pour que nous ne fassions pas de signes aux aéroplanes.

Le lendemain vers onze heures, nous fûmes embarqués pour Trèves, où nous devions soit disant trouver des hôpitaux remplis de français. A Marbehan nous avions trouvé le docteur Huot aide-major de 1ère classe coloniale. Le médecin auxiliaire Jaffray des troupes coloniales, venant tous deux de Rossignol. Ils furent embarqués avec nous. Par contre le médecin auxiliaire Jullien et l'étudiant de Lyon [Prévôt] restèrent à Marbehan. On nous avait désignés parmi les blessés soignés dans l'usine tous ceux qui pouvaient marcher. Ils furent embarqués dans le même train que nous.

En arrivant à la gare, nous vîmes dehors et restés sur leur voiture sans aucuns soins, nos blessés amenés de la veille et qu'on avait laissé là dehors sans couvertures depuis 4 heures du soir. L'un d'eux atteint de tétanos et mis à part avait été pourtant recommandé par nous à la bienveillance des Allemands. Il est mort depuis. (...)" .

Le docteur Jean Dournay (1882-1950) prend le chemin du camp de prisonniers d’Alten-Grabow (02/09/14-23/01/15), puis de celui de Magdebourg où il séjourne au camp d’officiers du « Cavalier Scharnost et au Wagenhaüs » (23/01/15-23/02/15). Il est ensuite envoyé à Langensalza combattre l’épidémie de typhus qui affecte les 10 000 prisonniers français et russes du camp, dont 8 000 seront atteints et 900 décédèrent (23/02/15-26/04/15). Après ce séjour terrifiant il est mis en quarantaine au Reserve Lazarett de Langensalza (26/04/15-08/05/15) avant de poursuivre son activité dans l’immense camp de Cassel  (20 000 prisonniers) où sévit une autre épidémie de typhus, encore plus meurtrière (1 900 décès). Il rentre en France, en août 1915.

Rapport du médecin auxiliaire Prévôt Joseph, élève de l’Ecole du Service de santé militaire de Lyon.

« J’avais été affecté, au début de la mobilisation, au groupe de brancardiers n°4 du 2e corps d’armée. Le 22 août 1914 vers midi, ce groupe était cantonné à Meix-devant-Virton (Belgique), la bataille se livrait à quelques kilomètres de là, un peu au nord du petit village de Lahage (près de Bellefontaine). Dans l’après-midi, nous recevons l’ordre d’aller à Lahage effectuer un chargement de blessés. Arrivés vers 15 heures au village, le chargement commence à se faire, consistant à évacuer principalement un poste de secours établi dans l’école des sœurs, quand subitement l’artillerie allemande dirige son tir sur le village et surtout sur la partie basse, là où se trouvaient les voitures d’ambulance. Aussitôt, alerte, on donne l’ordre de retour. Dans le désarroi causé, les voitures se mettent en marche et je reste en arrière le dernier pour veiller à l’amélioration de l’installation des brancards dans les voitures (je crois pouvoir alléguer ici le témoignage de mon camarade Martène, de l’école du Service de santé militaire qui faisait également partie du groupe de brancardiers divisionnaires n°4 ][page 2]. Au moment où, tout étant enfin en ordre, je me dispose à rejoindre la tête de la colonne qui avait pris de l’avance, je reçois de Monsieur le médecin divisionnaire, monsieur le médecin principal Jeannot, l’ordre de rester au poste de secours sus-indiqué, pour y donner des soins aux blessés que nous n’avons pu transporter, ainsi qu’à ceux qui arrivent continuellement se faire panser.

Je continue à faire les pansements des blessés au milieu du bombardement, qui ne cessa qu’à 19 heures environ. Ce n’est qu’à minuit que je reçois à Monsieur le médecin divisionnaire lui-même l’ordre de rester, quoiqu’il arrive, étant sous la protection de la convention de Genève : les troupes se repliant, l’évacuation des blessés devenait impossible.

Le 23 [août 1914], à 3 heures du matin, le village était complètement évacué et je restai avec plusieurs médecins appartenant aux régiments qui se trouvaient en ligne à cet endroit, entre autres Monsieur le médecin major Barral du 120e régiment d’infanterie qui prit, étant le plus élevé en grade, le commandement de la formation ainsi isolée.

Le Docteur Barral, rapatrié en juillet 1915, a dû avoir à fournir un rapport sur les évènements qui se passèrent ensuite, ainsi que ce que firent les médecins sous ses ordres. Je me contenterai donc de mentionner rapidement que, après être restés à Lahage jusqu’au 30 août, nous fûmes dirigés sur Marbehan, nous et nos blessés, car le manque de vivres et de pansements rendait impossible plus longtemps le séjour à Lahage (le docteur Barral avait conservé la liste dressée par moi, des blessés que nous avons eu à soigner).

A Marbehan, après que nous eussions été mis au secret et gardés militairement jusqu’au lendemain 31 [août 1914], le Docteur Barral fut dirigé sur l’Allemagne (camp d’Altengrabow) avec 5 autres médecins.

Je restai à Marbehan avec le Docteur Jullien médecin auxiliaire au 42e régiment d’artillerie de campagne, et nous eûmes à donner des soins à environ 200 blessés qui étaient installés dans des baraquements aménagés dans les bâtiments de l’usine Lambiotte. Nous y restâmes occupés jusqu’au 8 septembre date à laquelle notre présence ne fut plus jugée nécessaire et où on nous évacua sur Trèves.(…) ».

Rapport du docteur Jullien, médecin auxiliaire au 42e régiment d’artillerie

« Le 30 août, les blessés ont été évacués sur l’ordre de l’autorité allemande sur Marbehan. J’ai été désigné par la Kommandantur, comme chirurgien d’une ambulance française avec M. [joseph] Prévôt, élève à l’école spéciale à Lyon comme aide et interprète. Les autorités allemandes ont mis à ma disposition les instruments qui m’étaient nécessaires, ils provenaient de la capture d’une ambulance française faite quelques jours auparavant. J’ai trouvé un assemblage de 150 à 200 blessés confiés aux soins de quelques vagues infirmiers français et belges, autrement dit sans secours efficace. J’ai pu leur assurer un traitement rationnel de leurs blessures, j’ai pratiqué une vingtaine de grosses interventions (trépanations, amputations, résections, etc.) et j’ai pu faire une évacuation dans des conditions à peu près satisfaisantes sur les hôpitaux d’Allemagne. M. Prévôt a été pour moi un collaborateur actif, intelligent et dévoué. Le 8 septembre, j’ai été dirigé avec M. Prévôt sur Trèves au Réserve Lazarett (…)»

A SUIVRE : 4e partie - Le « carnet de blessés » de l’ambulance française de Bellefontaine (Belgique), 22-30 août 1914.

Suite de la 1ère partie, les ambulances de Lahage.

2e Partie – Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

Sources :

Musée du Service de santé des armées, Val-de-Grâce, à Paris, cartons n°633, dos. 26, (Barral) ; n° 635, dos. 59 (Dournay) ; n°636, dos. 89, (Jullien) ; n° 639, dos. 30, (Prévôt).

AMBULANCE FRANCO-ALLEMANDE A MARBEHAN (août-septembre 1914) - 3e partie

AMBULANCE 13 ET… ACAPSA ORLEANS

10 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

AMBULANCE 13 ET… ACAPSA ORLEANS

Le volume 5 (cycle III, 1/2) Les Plumes de fer… est sorti. L’ACAPSA monte au front.

Il n’est plus nécessaire de faire découvrir Louis-Charles Bouteloup, dont les aventures sont suivies par les passionnés de bandes dessinées de la Grande Guerre. La suite de la saga proposée par Ordas et Mounier, intitulée Les Plumes de Fer, aux éditions Grand Angle est disponible dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre. Ce nouvel album nous permettra de découvrir l’année 1917 en Alsace, le front, les Américains, les Peaux-Rouges, les « parias de l’armée », les Corps Francs, etc. Un souffle à la Vercel. Il y a du Capitaine Conan dans cette épopée… Vivement que Bouteloup soit affecté au front d’Orient. Il n’est pas trop tard !

Mon petit propos pour signaler l’ACAPSA qui a réalisé, en lien avec le Val-de-Grâce, le dossier hors-texte qui accompagne le tome 5, sur : Le développement technique du Service de Santé des Armées à travers ses Ateliers Généraux. L’élaboration de ce dossier très intéressant, constitué par les soins de l’Association du Conservatoire des approvisionnements en produits de santé des armées d’Orléans-Chanteau, textes de Blandine Lauverjat et Michel Farouault, marque le centenaire de la naissance de l’établissement central des matériels sanitaires du service de santé des armées organisé à Paris en 1915.

Cette jeune association « ACAPSA » a collaboré cette année, dans le cadre du Centenaire, à plusieurs expositions sur le service de santé militaire : à Bourges, Chartres, Vitry-le-François, etc. en mettant en avant son expertise, le savoir-faire de ses membres et en sélectionnant parmi les milliers d’objets de ses réserves, nombre d’objets patrimoniaux de l’univers sanitaire de la Grande Guerre.

Une véritable « mine » encore trop peu connue des associations en recherche d’objets pour leurs expositions :

ACAPSA – site d’Orléans-Chanteau, route de Saint-Lyé-la-Forêt, 45400 FLEURY-LES-AUBRAIS
Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)

Plaquette de présentation de l'ACAPSA d'Orléans-Chanteau (2014)

L’HOPITAL MILITAIRE DE LEGE (Loire-Atlantique), 1914-1918

8 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire, #Bretagne 1914-1918

L’HOPITAL MILITAIRE DE LEGE (Loire-Atlantique), 1914-1918

L’hôpital militaire de Legé pendant la Grande Guerre, par Jean Girel, Legé 2014.

L’association des Amis de Legé propose une nouvelle publication, en marge de l’exposition « La Grande Guerre en Loire-Inférieure » dans le cadre de la commémoration de la Grande Guerre (1914-2014) :

Jean Girel. L'hôpital militaire de Legé pendant la Grande Guerre, Legé : association des Amis de Legé, 2014.
Sommaire de l’ouvrage :

Introduction – L’organisation du Service de santé des armées – Les évacuations sanitaires vers la zone de l’intérieur – Le Monde de l’arrière – Création de l’hôpital militaire de Legé – Epilogue et annexes.

Présentation de l’éditeur (extraits) : « La commémoration du centenaire de la Première Guerre Mondiale nous oblige à un devoir de mémoire envers les millions de soldats confrontés à la violence des combats, envers les blessés, envers leurs familles qui, pour certaines d’entre elles, ont été anéanties par le deuil.

Plus de quatre années durant lesquelles le courage des combattants et des blessés a été immense, de même que le dévouement sans borne des personnels sanitaires a permis d’apporter le plus grand soulagement au martyre subi par les blessés.

Cet ouvrage permettra de comprendre comment était organisé le Service de santé aux armées, comment les blessés étaient acheminés vers les hôpitaux, comment la population de « l’Arrière » vivait cette douloureuse et tragique épreuve de guerre, c’est ce que nous avons voulu examiner au préalable avant de décrire ce qu’était l’hôpital militaire de Legé.

Un peu plus d’un mois après le début de la guerre, le 11 septembre 1914, une équipe médicale était dirigée sur Legé. Avec la plus grande générosité, les Legéens, quelles que soient leurs conditions, participèrent avec enthousiasme à l’aménagement des locaux entièrement vides. L’ancien couvent de la Visitation trouvait ainsi son utilité en devenant l’hôpital militaire complémentaire n° 58. (…) ».

Disponible au siège de l’association : Association des Amis de Legé, 11 rue de la Chaussée, 44650 LEGE – Prix : 12€ (+2.5€ pour les frais de port).
Samedi 22 novembre 2014, à 14h 30, Jean Girel proposera une conférence sur l’Hôpital militaire de Legé, au Centre culturel Saint-Michel de Legé. Dédicace de l’ouvrage à l’issue de la conférence.

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

5 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire, #varia

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

Le 8 octobre dernier j’ai publié un article sur l’inauguration de l’exposition « Hôpitaux et blessés de guerre, 1914-1918, Du front vers la Corrèze. » organisée par les archives départementales de la Corrèze. A l’avant-veille du départ en grande « itinérance » de cette remarquable exposition : Tulle, Uzerche, Objat, Brive, Argentat, Ussel (2014-2015), il est important de claironner que cette exposition est encore visible au siège des archives départementales à Tulle jusqu’au 21 novembre 2014.

Pour les non-corréziens - dont je suis - un coup d’éclairage s’impose sur le très beau catalogue à petit tirage (300 exemplaires) de cette exposition pionnière, qui est un petit bijou d’édition, une mine d’inspiration, un modèle pour les expositions à venir sur les thématiques sanitaires de la Grande Guerre. Un catalogue illustré qui fera date. Il est inutile d’en dire plus, vous en trouverez quelques illustrations in fine.

Archives départementales de la Corrèze. Sous la direction de Justine Berlière, par Julien Mendès, avec la collaboration de Jean-Marc Nicita. Catalogue d’exposition : Hôpitaux et blessés de guerre, 1914-1918, du front vers la Corrèze. Brive : éd. Lachaise, 2014, 95 p. – prix : 15€ + 1.5€ de frais d’envoi.
Pour commander le catalogue : s’adresser au secrétariat des archives départementales : 05.55.20.11.91.

http://www.archives.cg19.fr/boutique/

CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.
CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.CATALOGUE DE L’EXPOSITION « DU FRONT VERS LA CORREZE… », 1914-1918.

Exposition à Nogent-sur-Marne : Le Paradis des blessés (1914-1919)

2 Novembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

1er avril 1916 - Mr Poincaré président de la République visite l'hôpital Champion Smith, à Nogent-sur-Marne. Agence Rol.
1er avril 1916 - Mr Poincaré président de la République visite l'hôpital Champion Smith, à Nogent-sur-Marne. Agence Rol.

L’hôpital auxiliaire n° 73, Champion-Smith à Nogent-sur-Marne (1914-1919).

Madeleine Smith-Champion (1864-1940) et Jeanne Smith (1857-1943) organisèrent, à leur frais, à Nogent-sur Marne, dans l’actuelle Maison Nationale des Artistes [1945], sous les auspices de la société de secours aux blessés militaires, un hôpital auxiliaire d’une capacité de 35 à 65 lits.

Cet hôpital ouvert le 29 août 1914, fut immatriculé par le Gouvernement militaire de Paris (GMP) sous le n°73. Il fut fermé le 10 avril 1919.

les soldats qui y furent hébergés lui donnèrent le nom de « Paradis des blessés » ; titre qui fut attribué au journal de guerre édité par les blessés, l’équipe de bénévoles et les sœurs Smith.

On trouvera une description de cet hôpital dans l’opuscule de 8 pages du docteur H. Rinuy : L’hôpital auxiliaire 73, Champion-Smith à Nogent-sur-Marne. Saint-Cloud : imp. Giraud, 8 p.

MANIFESTATIONS CENTENAIRE 2014 :

A La Maison nationale des artistes, 16 rue Charles VII, à Nogent-sur-Marne :

Exposition du 12 septembre au 16 novembre 2014. Tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 18h. Entrée libre.

A la Médiathèque municipale, 70 bis rue Alexandre Ledru-Rollin, au Perreux-sur-Marne

Lecture, Samedi 8 novembre à 16h : Extraits de la pièce « Hôpital Auxiliaire n°73 » par les huit comédiens de la Compagnie Philippe Eretzian. « Cette création originale évoque la vie de la demeure des Smith-Champion, actuelle Maison Nationale des Artistes à Nogent, pendant la Première Guerre mondiale. A partir des archives, des carnets, des correspondances et des articles de presse de l’époque, l’auteur et metteur en scène Philippe Eretzian dépeint la vie de l’hôpital auxiliaire 73 » et l’émouvant parcours des sœurs Smith.

La pièce sera jouée le samedi 13 décembre à 20h30 à l’Auditorium de la médiathèque

VAL DE GRACE, UNE NOUVELLE EXPOSITION TEMPORAIRE

26 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

VAL DE GRACE, UNE NOUVELLE EXPOSITION TEMPORAIRE

Une exposition au Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris, du 1er octobre 2014 au 4 octobre 2015 :

Une armée qui soigne. Le Service de santé des armées durant la Grande Guerre.
Exposition temporaire de 400 oeuvres, objets, photographies et documents d'archives, du 1er octobre 2014 au 4 octobre 2015, incluse dans la visite du musée.
Ouvert les mardi, jeudi, samedi et dimanche, de 12h00 à 18h00.

Le musée sera fermé les 25 décembre 2014 et 1er janvier 2015. Fermeture annuelle : août 2015.

CHEZ LES TOUBIBS

21 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Gus Bofa est de retour...
Gus Bofa est de retour...

Chez les Toubibs, de Gus Bofa, présentation d’Emmanuel Pollaud-Dulian, Paris : éd. Cornelius, 2014.

Un grand merci aux éditions Cornélius de nous permettre de redécouvrir – en fait, découvrir – « une édition nouvelle, revue et corrigée, augmentée de crayonnés des dessins interdits par la censure » de Gustave Blanchot (1883-1968) : Chez les Toubibs. Seuls les amateurs de BD et de caricatures connaissent la fameuse édition du journal La Baïonnette* de Charles Malexis et son numéro spécial de mars 1917 intitulé… « Chez les Toubibs ». Ce que nous proposent les éditions Cornélius c’est un ouvrage qui quitte le rayon des périodiques rares – lire : oubliés – pour être porté à la connaissance du grand public au travers d’une très belle édition reliée pleine toile.

Toutefois « cette mise à disposition » ne peut se faire qu’avec moult précautions et avertissements. Emmanuel Pollaud-Dulian, biographe de Gus Bofa** nous y aide. Il nous brosse en XXIII pages illustrées, une petite monographie érudite de la caricature sanitaire pendant la « Grande Farce », laquelle nous prépare, à petits traits, au choc cruellement drolatique des dessins de Bofa et du texte des « petites monographies » de Pierre Mac Orlan.

Mais ne nous égarons pas amis et héritiers des damnés de la Grande Guerre ; que l’on ne s’y trompe pas, les dessins de Bofa, ne sont pas que le réquisitoire d’un antimilitariste, pacifiste, fils de colonel, c’est avant tout l’œuvre d’un « artiste combattant » reconnu par ses pairs, du pur modèle « Norton-Cru », un médaillé militaire, croix de guerre, invalide de guerre… un héros commun, un vrai poilu !

Ne vous en déplaise, amis « Croix-Rouge » et « suppôts patentés de la santé militaire », l’expérience « Bofa chez les toubibs » est une histoire vécue, une histoire au long cours (Hôpitaux auxiliaires de Toul, 1915-1916) : « j’étais couché. Je faisais de la fièvre et des dessins sur les hôpitaux militaires », celle d’un être vulnérable, soumis au terrorisme médico-infirmier toulois.

Ne boudons pas notre plaisir et découvrons ce monument tendrement irrévérencieux, tout à la gloire du service de santé militaire français, l’œuvre d’un « antimilitariste combattant » dont la page de gloire assumée fut d’avoir sauvé sa « patte » des mains expertes des chirurgiens militaires.

Un livre rare, à mettre dans toutes les bonnes mains de la « Médico Fanfare » pour Noël. Qu’on se le dise ! Qu’on le claironne ! Gus Bofa est de retour.

* La Baïonnette, n°87, 1er mars 1917, n° spécial, par Gus Bofa et Jean Villemot, texte de Mac Orlan.

** Emmanuel Pollaud-Dulian. Gus Bofa, L'enchanteur désenchanté, éd. Cornelius, 2013, 550 p.

(c) cliché édition Cornelius

(c) cliché édition Cornelius

Grièvement touché aux jambes le 7 décembre 1914, lors d’une patrouille dans le secteur du Bois-le-Prêtre, Bofa refuse de se laisser amputer. Trimballé d’une ville l’autre, d’un traitement l’autre, il endure la promiscuité de l’hôpital jusqu’à sa démobilisation en novembre 1915...

LES AMBULANCES « OUBLIEES » DE BELGIQUE (Août-Septembre 1914) – En marge des combats de Virton, Rossignol, Bellefontaine, etc. – 2e partie

12 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LES AMBULANCES « OUBLIEES » DE BELGIQUE (Août-Septembre 1914) – En marge des combats de Virton, Rossignol, Bellefontaine, etc. – 2e partie

2e Partie – Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

Suite de la 1ère partie: Les ambulances de Lahage.

« Du 2 août 1914 au 22 août 1914, j'ai été attaché au 9e bataillon de chasseurs à pied. Le 22 août 1914 vers minuit, j'étais à Lahage (Belgique), avec mon bataillon ; lorsque je reçus de M. le médecin principal Janot [médecin divisionnaire de la 4e division d’infanterie], assisté de mon médecin major (médecin major de 2e classe Thurel du 9e Chasseurs) l'ordre verbal, de rester avec quelques médecins auxiliaires et des infirmiers dans le village qu'on allait évacuer, d'y attendre avec les blessés l'arrivée des allemands, de me placer sous la protection de la Croix-Rouge, et de remettre mes blessés aux ambulances allemandes. Le même ordre fut donné quelques instants après, au moment où nos troupes partaient au docteur Barral, médecin-major de 2e classe du 120e d'Infanterie, et je fus placé sous ses ordres.

Le personnel médical ainsi laissé se composait du docteur Barral, [dr] Dournay, des médecins auxiliaires : Julien du 42e d'Artillerie, Piettre du 120e, Natan du 9e Chasseurs et d'un élève de l'école de Lyon, dont le nom m'échappe. Etaient adjoints un certain nombre de brancardiers et infirmiers du 120e.

Le matériel laissé à notre disposition se composait de deux paniers pris dans des voitures régimentaires, et quelques brancards.

La nuit se passe sans incident. Monsieur Barral avait de suite réparti le service, et chacun donna les soins aux malades qui lui étaient confiés.

Le matin, au petit jour, les allemands ne venant pas, [page 2] je fus chargé de former un convoi d'évacuation de blessés pouvant marcher. Environ 150 parmi lesquels 3 officiers partirent accompagnés du médecin auxiliaire Natan, et d'un caporal infirmier.

J'eus ensuite la douloureuse mission de faire enterrer les officiers tués dont les noms suivent : capitaine Maréchal Eugène, né à Cherbourg le 26 juin 1876 ; lieutenant Levé, du 9e Chasseurs à pied ; sous-lieutenant Rolland, du 9e Chasseurs à pied, et de plus, l'adjudant Carrion du 9e Chasseurs à pied ; le soldat Perinet Etienne (Mézières, 1901-632).

Les trois officiers furent enterrés près du cimetière chacun dans une tombe séparée, l'adjudant et les hommes furent mis dans une fosse commune creusée à côté de celle des officiers. Le curé de Lahage pourra au besoin donner des renseignements précis aux familles.

Arrivée des allemands - Au moment où j'accomplissais cette douloureuse mission (il était environ 9h 1/2 du matin), j'entendis sur la route des pas de chevaux. Comme il avait été convenu avec le docteur Barral, que le premier de nous deux qui entendrait venir les allemands irait au-devant d'eux les prévenir que le village était occupé uniquement par des ambulances, je me dirigeai du côté des allemands.

Je fus accueilli par des coups de fusil tirés par des hommes à pied, cachés à 200 m. environ de moi, et protégeant leurs cavaliers. J'étais placé en pleine lumière, néanmoins il est possible qu'ils n'aient pas vu mon brassard. En tous cas je pus atteindre et agiter un pavillon de la Croix de Genève qui se trouvait non loin de là. Le tir cessa, et je pus aller leur causer. Leur attitude fut très correcte.

Ces soldats représentaient l'avant-garde d'un escadron de chasseurs à cheval qui traversa le village sans s'y arrêter, et revint quelques heures après en nous laissant quelques blessés (Dans la nuit avaient déjà été emmenés [page 3] quelques blessés allemands à l'ambulance.)

Le lendemain, nous avons appris par une patrouille de cavaliers allemands, qu'un certain nombre de blessés se trouvaient à Bellefontaine (que nous croyions occupé par les allemands), sans personne pour les soigner. Je reçus du docteur Barral l'ordre d'y aller, et à partir de ce moment Je rentrai à Bellefontaine où je fus chef de service. Ambulance de Bellefontaine - Les blessés au nombre de 176 se trouvaient répartis dans des granges, des écoles, un patronage (voir la liste)

Les allemands étaient venus le soir du 22 Août, après le départ des troupes françaises, et une ambulance s'était installée. Nos blessés et les blessés allemands avaient été pansés, sans qu’on sache pourquoi, les allemands étaient brusquement repartis, emmenant avec eux tout leur personnel médical.

Dans l'intervalle du temps qui s'écoula entre le départ des allemands, et leur arrivée, les blessés reçurent les soins du docteur Lepyre, médecin civil de Bellefontaine assisté de femmes, de jeunes filles du pays, et de l'instituteur. Il nous aida par la suite dans toute la mesure de son pouvoir. Il faut louer d'ailleurs l'attitude de la population, (en particulier l'Instituteur, les religieuses) qui n'a cessé prodiguer à nos blessés les soins les plus assidus et les plus touchants.

J'annexe à ce rapport les noms des blessés, parmi lesquels sont 39 allemands. Le personnel médical était représenté par le docteur Dournay ; le médecin auxiliaire Piettre, et deux infirmiers, les nommés Delacroix et Beauchamp, tous deux soldats du 120e, qui m'ont assisté avec un zèle et une activité dignes d'éloge. La tâche fut pourtant rude, en raison de notre manque de matériel, car tous les pansements que nous avons trouvé ; avaient besoin [page 4] d'être refaits. Ils le furent très soigneusement et avec intelligence par mes infirmiers, et cela sauva certainement la vie de nombreux blessés, car les conditions où nous les avons trouvés étaient très favorables au développement du tétanos, dont nous n'avons eu que deux cas, (chez de très grands traumatisés).

La nourriture des blessés fut assurée au début par la population qui s'en occupe charitablement, et sans rien demander. Mais comme les vivres devenaient rares, je pris sur moi de signer des bons de réquisition, que je donnai au bourgmestre. Je ne sais s'ils furent très réglementaires, mais je n'avais pas d'autres moyens d'alimenter ces 176 blessés. C'est ainsi que je réquisitionnai :

Le 26 Août, 20 kg de viande de mouton, 50 Kg de pommes de terre ;

Le 28 Août, 20 Kg de viande de porc, 50 kg de pommes de terre.

Le 29 Août, 5 Kg de porc et 20 kg de pommes de terre auxquels il faut ajouter 25 Kg d'avoine, pour le cheval du médecin auxiliaire Piettre.

Ces qualités de matières alimentaires furent complétées par des boites de viande de conserve ou de biscuits trouvés dans les sacs sur le champ de bataille. J'ajoute que j'ai cru bien faire en remboursant de ma poche au médecin du pays, les médicaments qu'il avait personnellement employés ou m'avait fournis pour soigner nos blessés, J'en tiens un reçu à la disposition du Service de Santé (52, 35).

Notre départ pour Marbehan. Le docteur Barral a dû, dans son rapport indiquer tous ses efforts infructueux pour organiser des convois vers la France ; aussi n'en parlerai-je pas ici.

A Bellefontaine, nous eûmes le 25 Août la visite du médecin en chef de l'hôpital allemand d'Etalle, et du [page 5] docteur Hillebreak, oberartz, de l'ambulance de Tintigny. Ces messieurs furent corrects, visitèrent notre ambulance, et nous prièrent de rester là pour soigner les blessés français et allemands. Leurs ambulances d'Etalle et Tintigny étaient pleines. Ils ne pouvaient nous porter secours, et s'offrirent seulement à nous procurer du matériel ou des instruments en cas de besoin (...) Le 27 août le docteur professeur Hannes (de Breslau) stabartz, vint avec un convoi d'automobiles et de voitures, prendre les blessés allemands, et les plus graves parmi les Français. Il nous expliqua que nous nous trouvions à l'arrière de l'armée allemande, qu'il était impossible de nous rendre par les avant-postes, et que nous serions renvoyés par la Suisse.

Le lendemain et jours suivants des voitures automobiles vinrent chercher successivement nos blessés, en commençant par les plus graves. Ces voitures bien installées étaient servies par des infirmiers allemands qui se montrèrent pour nos blessés, aussi soigneux et aussi prévenants que pour les leurs.

C'est dans ces conditions, que je reçus le 30 août au matin, d'un médecin allemand (de grade élevé), l'ordre de transporter nos derniers malades (une vingtaine) dans des voitures de réquisition, à Rossignol. Je fus rejoint par le docteur Barral, accompagné de ses médecins auxiliaires, de ses infirmiers, brancardiers, et de ses derniers blessés, venant de Lahage, où il avait reçu le même ordre.

Nous fîmes sans escorte le trajet de Bellefontaine à Marbehan, où nous rencontrâmes peu de monde, quelque landwehr et landstrum. Il ne semblait pas y avoir beaucoup de troupes dans cette région à ce moment-là (30 août) ».

A suivre : 3e partie - MARBEHAN (BELGIQUE) : Ambulance chirurgicale française improvisée sur la ligne allemande des étapes (août-septembre 1914)

Source :

Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 635, dos. (NC) Dournay, n° 59. Extraits du rapport du docteur Dournay Jean, aide-major de 2e classe, du 9e Chasseurs à pied, rapatrié d'Allemagne.

HOPITAUX ET BLESSES DE GUERRE, 1914-1918. DU FRONT VERS LA CORREZE.

8 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire, #varia

HOPITAUX ET BLESSES DE GUERRE, 1914-1918. DU FRONT VERS LA CORREZE.

Dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre, les Archives départementales de la Corrèze inaugurent à Tulle, le 18 octobre 2014, une exposition itinérante (2014-2015) consacrée à l'action du service de santé militaire et aux moyens sanitaires tant civils que militaires déployés durant la Grande Guerre dans le département. Une approche originale qui associe les Corréziens à la Grande Histoire de la Grande Guerre.

Présentation des archives départementales de la Corrèze :

« Cette exposition présente les grandes étapes logistiques de prise en charge et de transport des soldats blessés du front vers la Corrèze. Chaîne d'évacuation des blessés et malades, constitution des hôpitaux temporaires dans notre département et, surtout, formidable mobilisation de la population corrézienne y sont tour à tour dévoilées. »

Trois thèmes sont déclinés en 18 panneaux : les formations sanitaires de l’avant ; les formations sanitaires de l’intérieur ; le soutien aux blessés. Des panneaux-focus sont consacrés à trois praticiens corréziens : les docteurs Bussy, Parrical de Chammard et Buteau.

« L'exposition est basée sur l'exploitation d'archives et de documents iconographiques. Des fonds privés de particuliers et des fonds de partenaires institutionnels (Musée du service de santé des armées. Paris / Service des archives médicales hospitalières des armées. Limoges) ont été rassemblés à cette occasion.

Partie intégrante de l'exposition, deux tablettes numériques permettent aux visiteurs de découvrir, via une carte interactive, le paysage sanitaire de la Corrèze de 1914 à 1918. En liaison avec chacune des structures hospitalières présentées sont rassemblés photographies, articles de presses et documents d'archives inédits. »

Entrée libre

Archives départementales de la Corrèze Le Touron – 19000 Tulle Horaires d'ouverture au public : du lundi au jeudi : 8h30-17h ; vendredi de 8h30-16h30.

Catalogue de l’exposition : 15 €
Programme d’itinérance (2014-2015) : Tulle, Uzerche, Objat, Brive, Argentat, Ussel. (Pour les dates exactes, consulter le programme en PDF, in fine)

Dossier de presse de l'exposition "Hôpitaux et blessés de guerre, 1914-1918. Du front vers la Corrèze".

« L’Arlington breton » 1914-1918

2 Octobre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Bretagne 1914-1918

Le Mémorial aux Bretons de la Guerre 1914-1918
Le Mémorial aux Bretons de la Guerre 1914-1918

Visite au Mémorial aux Bretons morts pour la Patrie, en 1914-1918, de Sainte-Anne-d’Auray.

Au retour d’une conférence à Vannes sur le Service de santé de la XIe région militaire pendant la Grande Guerre, il est naturel – presque obligatoire – de faire étape au Mémorial des Bretons de Sainte-Anne-d’Auray, placé à main droite de la Basilique.

« La Bretagne à ses enfants – Breiz d’he bugale karet »

A chaque visite, je reste écrasé par la grandeur sobre de ce monument inauguré en 1932 symbolisant – encore et toujours – entre Armor et Argoat, la seule identification régionale majeure de la commémoration de la Grande Guerre.

Je me fais, à chaque visite, le devoir de faire le tour de son mur d’enceinte de 450 mètres de long, construit entre 1934 et 1935, où sont gravés, par paroisses, les noms de 8500 catholiques anciens combattants parmi les 110 à 140 000 bretons « morts pour la France ». Ce mur, improprement désigné comme « l’Arlington breton » est en fait le précurseur du « Vietnam War Memorial » de Washington D.C., lequel ne fait que 150 mètres… mais est bien plus fourni en noms de vétérans killed in action du Vietnam (plus de 58 000!).

Cette poussée de chauvinisme mise à part, je souhaitais vous faire partager – ou découvrir – quelques photos d’un lieu d’exception, propice à la méditation et largement déserté aujourd’hui – et par les fidèles et - par les anciens combattants (125 000 pèlerins à son inauguration en 1932). Tout un symbole en cette année de centenaire.

« L’Arlington breton » 1914-1918« L’Arlington breton » 1914-1918« L’Arlington breton » 1914-1918
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