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Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)…

21 Juillet 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)…

Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)… un nouveau témoignage inédit…

A la veille du centenaire du combat de Lagarde (10-11 août 1914), je vous propose un nouveau témoignage inédit sur cette courte offensive française qui se transforma en véritable désastre (près de 2000 tués, blessés et disparus – dont 500 tués). Il n’est pas dans mon intention de retracer dans le détail cette malheureuse opération dans laquelle furent engagés deux bataillons d’infanterie (2/40e RI et 3/58e RI) et un groupe d’artillerie (1/19e RAC). Vous trouverez dans les sources « in fine » matière à réflexions sur cet engagement traité plus particulièrement par l’historien lorrain Jacques Didier (Lagarde, Ysec, 2006).

« Le 10 août 1914, la 2e division de cavalerie française monte une opération surprise pour s’emparer du village de Lagarde, en Moselle annexée, avec deux bataillons de la 59e brigade. L’action est menée rapidement et sans opposition adverse. Mais le lendemain, les Allemands contre-attaquent. L’artillerie prépare le terrain efficacement en neutralisant les pièces françaises, qui sont finalement enlevées par une audacieuse charge d’uhlans. L’infanterie attaque ensuite le village, où les défenseurs français, isolés, sans espoir de renforts, succombent les uns après les autres. L’armée allemande, dès les premières journées de la guerre, fait ainsi une démonstration éclatante de sa puissance et de son efficacité (J. Didier) ».

Notre témoin, le docteur Louis-Frédéric-Etienne Lambert, de Lyon (1881- ?) est déjà connu au travers du témoignage qu’en a donné le docteur Fouquier dans un autre article du blog (4 septembre 2013).

Le docteur Lambert fut apparemment le dernier survivant des médecins des deux bataillons engagés à Lagarde ; il nous a laissé trois rapports adressés à des destinataires et à des dates différentes qui traitent des vicissitudes du service de santé à Lagarde.

I - Compte-rendu du médecin auxiliaire [Louis] Lambert, en date du 20 novembre 1914, adressé au médecin-chef du 58e régiment d’infanterie sur les combats de Lagarde.

[page 12] Lyon le 20 novembre 1914 - Monsieur le Major,

A mon retour d'Allemagne j’ai pensé que peut-être vous seriez désireux d'être instruit de ce qui est advenu du personnel du Service de santé du 3e bataillon engagé dans l'affaire de Lagarde. Et comme probablement je suis le seul survivant, je prends la liberté au milieu de vos occupations, de vous envoyer la relation de nos misères.

Au début de l’action nous avions installé notre poste de secours à 5-600 mètres de la ligne de feu un peu en arrière des fourgons de munitions dans un repli de terrain qui nous paraissait un abri suffisant ; nous étions en rase campagne, le bruit ayant circulé que l'ennemi devait bombarder le village.

Déjà quelques blessés arrivaient, les paniers étaient ouverts et nous commencions notre travail lorsque subitement des obus tombèrent autour de nous, presqu'au même moment une grêle de balles venant de notre droite crépitait autour de la voiture et fauchait instantanément presque tout le monde, Doudet [Fernand Daudet] tombait des premiers le pied traversé, bref en quelques minutes il ne restait plus qu'un infirmier et moi, je place Doudet [Fernand Daudet] et quelques blessés à l'abri autant que faire se pouvait dans le petit fossé qui bordait la route. L'idée de gagner le village s'offrit tout de suite à moi mais une mitraille épaisse passait par là comme le montraient les pertes du poste médical du 40ème qui se trouvait un peu en avant de nous. Je pensais donc à me retirer plus en arrière pensant revenir prendre mes blessés, la voiture me précédait sous une grêle de balles et nous fîmes [page 13] ainsi une centaine de mètres, et en m'attardant à tirer un blessé dans le fossé, j'ai été atteint par l’éclatement d'un obus. De petits éclats et une balle pénétrèrent, la balle entraînant un bouton de culotte me brisa le bassin [à] trois centimètres de l'articulation sacro-iliaque, traverse l'abdomen par un trajet oblique et vint s'arrêter contre la peau au niveau de l'ombilic donnant lieu quelques jours après à un phlegmon de la paroi. Dès Iors je suis resté couché par terre sous le feu de mitrailleuses, ignorant ce qu'est devenu la voiture et l'infirmier qui l'accompagnait. Bref, Mauchant [Joseph Beauchamp], l'aide-major disparu dès le début et tout le personnel blessé ou mort, tel est le bilan de la journée.

Pour ma part, après avoir essuyé un ou deux coups de feu, j'ai été ramassé et obligé de marcher, pour comble de malheur, j'ai rencontré un détachement du 138ème allemand qui s'est jeté sur moi, m'a arraché mon équipement, mes vêtements, ma chemise, mes cheveux, m'a couvert de crachats. En dernière analyse, après avoir été menacé d'être fusillé, parce que je refusais de marcher, j'ai été envoyé d'une bourrade sur le tas de fumier qui se trouve au croisement des deux routes. J'ai enfin été recueilli par la Croix-Rouge allemande qui m'a fort bien traité à tous égards.

Les 14 et 15 [août], tout seul des 731 blessés français évacués à Dieuze, J’ai été laissé isolé et n'ai eu de soins que grâce à la charité de quelques jeunes filles du pays et à l'intervention d’un médecin civil, le docteur Husson qui me fit transporter à l'hôpital civil. Les 19 et 20 [août] je suis redevenu Français, mais des phénomènes péritonéaux encore intenses ont fait que malgré mes supplications je n'ai pas été évacué et que j’ai eu la douleur de voir repartir les nôtres....sans moi. [page 14] Je n'aurais plus rien à vous dire de cette lamentable odyssée si je n'avais été, dans les premiers jours de septembre, victime de la dénonciation d'un officier qui prétendait que je lui avais déclaré et que d'ailleurs il m'avait vu tirer sur les allemands. En prévention de Conseil de guerre, j'ai été interrogé par un juge militaire puis le silence s'est fait sur cette affaire et j’ai été finalement expédié par la Suisse à Lyon où je suis en congé de convalescence de trois mois attendant avec impatience le moment de repartir.

J'ai pensé, Monsieur le Major, que ce petit aperçu des faits et gestes allemands pourrait vous être utile, cela me permettait, d'autre part, de vous assurer à nouveau combien j'ai été touché de la bienveillance avec laquelle vous m'avez témoigné votre Intérêt pendant le trop court délai où je suis resté sous vos ordres.

Signé : Lambert. Docteur Lambert, ancien interne des Hôpitaux de Lyon. 6 quai de la Bibliothèque, Lyon.

N.B. Pendant mon séjour en Allemagne, je n'ai eu aucun détail sur les militaires du 58e et je sais depuis mon retour que l'on est toujours sans nouvelles de Doudet [Daudet].

II – Rapport du médecin aide-major Lambert, en date du 25 mai 1915, sur le service de santé du 3e bataillon du 58e de ligne, au combat de Lagarde.

[page 9] A Lyon le 25 mai 1915 - Médecin aide-major Lambert (réserve). Né le 14 novembre 1881. Interne de Lyon. Aide d'anatomie - Aide-major de 1915.

J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits survenus au cours de ma courte campagne de 1914 et pendant sept semaines de captivité. Le poste de secours, du 3e bataillon du 58e de ligne, auquel j'étais affecté fut engagé à Lagarde le 11 août et fut bientôt pris sous le feu de l'ennemi. En quelques Instants il ne resta plus que le conducteur de la voiture médicale, un infirmier et moi. Mes deux confrères le docteur Beauchamp d'Orange et Daudet interne des hôpitaux de Paris disparu depuis avaient été atteints presque immédiatement par des balles de mitrailleuses. Avec l'aide du dernier infirmier, je rechargeai les paniers de la voiture médicale et donnai l’ordre de la conduire plus en arrière. Cette voiture fut peut-être le seul véhicule qui put rejoindre la France de tous ceux du 3e bataillon amenés à Lagarde ainsi que me le fit connaître à mon retour mon chef de service Monsieur le Médecin aide-major de 1ère classe Vidal.

Pour ma part désirant mettre à l'abri les blessés que j'étais obligé de laisser, je m' attardai à transporter ceux qui étaient autour de moi, dans le fossé qui borde la route, et c'est en rejoignant la voiture pour établir un autre poste à l’abri des mitrailleuses que je fus atteint par l’éclatement d'un obus. Je reçus une balle avec plusieurs éclats qui entraînant un bouton de culotte ainsi qu'en font foi des radiographies m'occasionnèrent une fracture [page 10] du bassin et la balle poursuivant son trajet du sacrum vers l'ombilic fut arrêtée à la peau.

A la fin du combat, lors de la relève, j'essuyai, bien que couché à terre, deux coups de feu, un notamment tiré de très près, pour être assis et opposé à l'achèvement d'un blessé qui ne pouvait marcher. Relevé à mon tour et contraint à marcher, je rencontrai un détachement du 138ème allemand qui se rua sur moi, me frappant, déchirant mes effets, me crachant au visage et lorsque, épuisé, je déclarais ne plus pouvoir marcher, je fus menacé d'être fusillé puis jeté sur un tas de fumier à l‘intersection des deux routes qui traversent Lagarde. Dans la soirée je fus transporté au lazaret de Dieuze puis abandonné à cause de la gravité de ma blessure abdominale. Je restais les journées des 14 et 15 août complètement seul et n'ayant de soins que par la pitié des habitants du pays qui m'amenèrent à l'hôpital civil. Là je revins aux mains des Français les 18, 19 et 20 août, mais bientôt j'eus la douleur de voir repartir mes compagnons et de retomber au pouvoir des Allemands. Je fus alors opéré d'un phlegmon de l'abdomen par un chirurgien de Nuremberg [probablement le docteur Burkardt, mentionné à Dieuze dans le rapport Fouquier] et depuis mon arrivée à l'hôpital, je n'aurais plus lieu de me plaindre, si vers le 10 septembre, je n'avais été accusé par un officier du 138ème [allemand] d'avoir fait usage de mes armes. J'ai tenu la lettre entre mes mains mais je n'ai pu me rendre compte si j'étais accusé d'avoir achevé des prisonniers ou d'avoir combattu comme soldat. Bref je fus en prévention de conseil de guerre et interrogé en allemand par un juge militaire assisté d'un sous-officier interprète. L'affaire en resta là grâce à l'appui d'un confrère allemand.

Dès cette époque, nombreux étaient les blessés français, un jeune médecin auxiliaire actuellement à Porquerolles, M. Fouquier [page 11] avait été laissé à l'hôpital de Dieuze où il prodiguait ses soins à tous sous la direction dévouée du médecin du pays Monsieur le docteur Husson. Néanmoins étant donnée l'orientation chirurgicale de mes études et malgré mon état précaire je fus prié d'opérer un certain nombre de blessés graves, notamment le capitaine Vallier du 61e qui présentait une balle de shrapnell ayant passé d'une région inguinale à l'autre. Le capitaine Vallier est actuellement guéri au camp de Heidelberg.

Enfin au 26 septembre on décida notre évacuation et nous fûmes renvoyés en France avec M. Fouquier après un voyage en 4e classe de quatre jours de durée. Au 30 septembre nous arrivions en Suisse où chacun s'évertua à nous faire oublier nos tribulations. Depuis lors je suis en congé de convalescence à Lyon avec le diagnostic suivant : Fracture du bassin - plaie pénétrante de l'abdomen. Claudication - modifications à la dynamique gastrique et intestinale par brides ou cicatrices - troubles vésicaux. Corps étrangers à la région sacrée, du passiliaque [psoas-iliaque], de la cavité abdominale et la région fessière. [signé :] Lambert. 6 quai de la Bibliothèque Lyon.

III - Rapport du docteur Lambert, médecin auxiliaire au 58e régiment d’infanterie, sur sa blessure au combat de Lagarde (11 août 1914), son calvaire et ses suites… en date du 1er janvier 1915

Ce rapport est inclus dans un courrier adressé par le colonel Jaguin, commandant le 58e régiment d’infanterie, en convalescence, au général, commandant les subdivisions de Nîmes, daté d’Avignon, du 1er janvier 1915.

« [page 2] Au cours du combat de Lagarde le 11 août le poste de secours fut subitement exposé à un feu très violent et le personnel médical atteint presque en totalité. Désirant trouver un abri, je rechargeais avec l'aide d’un dernier infirmier la voiture médicale et donnais l'ordre au conducteur de partir.

Mais les blessés étaient exposés au feu, je les plaçais avant de m'éloigner à l’abri dans un fossé et c'est en les quittant que je fus atteint par l'éclatement d'un obus. Je me rendis compte qu’un projectile entré en arrière presque au niveau du sacrum m'avait traversé l'abdomen et était venu frapper en avant au niveau de l'ombilic. De midi à cinq heures, je suis resté exposé à un feu des plus vifs couché à terre derrière un arbre. Vers cette [sept] heures le feu cessa, je m'adossais au talus et à la vue des soldats je criai "à moi" en levant un bras. Immédiatement un de ces hommes épaula son fusil se tourna vers moi et malgré mon immobilité fit feu. Je fus manqué et me recouchai la face contre terre et ne relevai plus la tête qu'aux cris déchirants poussés par un soldat, un second coup de feu retentit et je perçus une deuxième balle s’enfoncer près de moi. Ces deux coups de feu furent tirés à une distance de cent à deux cents mètres, il est juste de dire que pour le second je n’ai pas vu le soldat me viser comme pour le premier. Les cris étaient poussés par un Français blessé qui tenait à deux mains une baïonnette allemande ; le prussien avait probablement piqué ce blessé et il cherchait à se protéger. A ma prière le prussien n’appuya plus son arme et j’expliquai au malheureux français ce que l’on exigeait de lui par ces “hoch" assourdissants.

A mon tour je fus abordé par un soldat prussien, je lui fis connaître en allemand ma qualité de médecin et la gravité de ma blessure ; il fut très doux mais m'obligea è me lever et à marcher. Il m'offrit pour cela l’aide de son bras et me procura [page 3] une canne en cassant une lame abandonnée.

Je m’efforçai de marcher appuyé sur mon conducteur lorsque je rencontrai un détachement du 138ème allemand. A ma vue ces soldats se mirent à pousser des hurlements me menaçant de leurs fusils et de leurs baïonnettes, puis malgré mes protestations et celles de non conducteur me dépouillèrent de mes vêtements, me crachèrent au visage, me bousculant et me frappant. L'un d'eux m'arracha si brutalement mon képi de la tête qu'il l'emporta avec bon nombre de cheveux. Au bout de quelques instants le détachement ayant été dépassé, harassé Je déclarai ne plus pouvoir marcher.

Un sous-officier me menaça en disant : "si vous ne pouvez plus marcher on va vous fusiller" tout cela en allemand bien entendu. Je protestai de mon mieux arguant de ma double qualité de médecin et de blessé quand d'une bourrade le sous-officier m'envoya rouler sur un fumier qui se trouvait là (à la croisée des deux routes qui se coupent vers Lagarde) et m’enjoignit d’y rester quand il vit que je cherchais à me traîner à côté.

Je n’avais alors pour vêtement que ma chemise tiraillée et déchira en plusieurs endroits mon pantalon auquel avait été arraché plusieurs boutons. Je restais donc couché sur ce fumier exposé à un soleil ardent sans coiffure, harcelé par les mouches et sentant sur mes mains ramper les vers qui foisonnaient. Des artilleurs eurent pitié de mon sort ils me donnèrent à boire à deux reprises, m'apportèrent un morceau de toile pour me couvrir la figure mais aucun n’osa probablement enfreindre l'ordre du sous-officier et je restai sur le fumier.

Une colonne sanitaire s'approcha de moi et avec les plus grands soins me fit un pansement. On s'apprêtait à me transporter quand [page 4] un officier donna l'ordre de s'occuper des allemands d'abord. Je restais donc sur ce fumier pendant deux heures environ puis je fus transporté à l'ambulance régimentaire où je fus pansé à nouveau. Le médecin m'accompagna jusqu'à une automobile et recommanda de marcher très doucement. Je fus ainsi transporté à Dieuze le 11 août dans la soirée. Les 12 et 13 août je reçus des soins éclairés à l'hôpital militaire de Dieuze. Néanmoins dès le lendemain une péritonite évoluait marquée par des vomissements, de la température, le pouls rapide.....mon état me semblait désespéré. Le 14 [août] avant le jour les allemands évacuèrent le lazaret et me laissèrent seuls. Infirmiers, soeurs avaient disparu, des jeunes filles du pays vinrent par commisération 2-3 fois m'offrir à boire. Dans la soirée le lazaret fut réoccupé pendant quelques heures puis évacué à nouveau. C’est seulement le 15 août vers quatre heures de l'après-midi que, sur les instances d'un médecin de Dieuze, je fus transporté à l'hôpital civil où je reçus des soins empressés et cordiaux.

Les 19 et 20 août les Français occupèrent Dieuze mais à cause de la gravité de mon état, aucun médecin n'osa accéder à mon désir et me faire transporter. J'assistais donc de mon lit à la bataille de Dieuze et après la retraite française je fus repris par les Allemands ; j’eus alors de nombreux compagnons alors que du 14 au 19 j'étais le seul blessé laissé par les allemands à Dieuze. Après l'ouverture d'un phlegmon abdominal, ma convalescence marcha rapidement et le seul incident à signaler est une mise en accusation devant le conseil de guerre.

Par une lettre un officier déclarait que je lui avais affirmé et que d'ailleurs il m'avait vu (je ne suis pas absolument sur de cette dernière proposition) faire usage de mes armes [page 5] contre des blessés ou des soldats. Un juge avec un greffier et un sous-officier interprète vinrent m'interroger dans mon lit. Le juge se montra d'une correction parfaite, voulut bien donner créance à ma défense et ajouter foi à cet axiome qu’aucun médecin français ne pouvait être oublieux de ses devoirs et de sa mission.” Je fus également très soutenu par un autre médecin de Dieuze le Dr. Stach Von Gol[z]heim.

Enfin le 26 septembre je fus renvoyé vers Bâle en wagon de quatrième classe, sauf de Dieuze à Strasbourg où je voyageai en deuxième classe. La radiographie faite à Lyon a montré que je présentais une fracture du bassin en arrière, une balle de shrapnell dans la paroi abdominale antérieure et plusieurs éclats d'obus profondément dans le bassin. » [signé : Lambert].

Le court témoignage attribué à un médecin allemand :

Carnet de route d’un médecin allemand (Oberartz Walter de l’armée bavaroise ; prisonnier de guerre le 27 août 1914 à Hériménil)

« A ce moment, arrive la compagnie sanitaire. Spectacle pénible… Il y a des blessés partout et des deux partis. On les porte dans les granges, on les y couche. L’évacuation se fait lentement jusqu’à 2h de la nuit et de nouveaux blessés arrivent sans cesse. (…) » SHD-T Vincennes, 26N 649/1, JMO 58e RI, 5/08/1914-3/05/1915, p. 5.

Médecins tués, blessés ou disparus au combat de Lagarde :

Médecin aide-major de 1ère classe Joseph Beauchamps (1882-1914) du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Docteur en médecine, 1908. Médecin à Orange (Vaucluse).Tué à l’ennemi ;

Médecin aide-major de 2e classe Fernand-Victor-Marie-François Daudet (1890-1914) du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Interne des hôpitaux de Paris. Tué à l’ennemi ;

Médecin aide-major de 2e classe Escalier, du 2e bataillon du 40e régiment d’infanterie. Disparu ?

Médecin auxiliaire Marie-Emile Granier (1887-1914), du 19e régiment d’artillerie de campagne, 1er groupe. Tué à l’ennemi.

Médecin auxiliaire Louis-Frédéric-Etienne Lambert (1881- ?), du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Docteur en médecine. Ancien aide d’anatomie à la Faculté de médecine de Lyon. Blessé.

Sources :

Musée du Service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n°637, dossier n°9 Nouveau classement (Lambert).

A classer parmi ses favoris, un incontournable pour le suivi des opérations militaires de 1914 à 1918 : http://www.carto1418.fr/19140810.php

Sur les mésaventures du docteur Louis Lambert à Dieuze, voir le témoignage du docteur Fouquier du 173e régiment d’infanterie dans notre blog (article du 4 septembre 2013) : ici.

Bibliographie :

Anonyme. Historique du 58e régiment d’infanterie. Guerre de 1914-1919. Avignon : Rullière, 1920, 65p.

Yves Buffetaut. L’affaire de Lagarde (1914), dans Tranchées Magazine, n°18, juillet-septembre 2014.

Jacques Didier. 10 et 11 août 1914. Lagarde. Louviers : Ysec, 2006, 128 p.

CONFERENCE A VANNES LE 27 SEPTEMBRE 2014

11 Juillet 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

CONFERENCE A VANNES LE 27 SEPTEMBRE 2014

Dans le cadre général de l’exposition « Vannes 1914-1918, Ville hôpital et Solidaire » François OLIER animera à l’invitation des archives municipales de Vannes une conférence intitulée : « L’hospitalisation militaire dans le département du Morbihan, 1914-1918 », le samedi 27 septembre 2014, à 15 heures au Palais des Arts de Vannes, salle Ropartz – entrée libre.

« Vannes 1914-1918, Ville hôpital & Solidaire »

Texte de présentation de l’exposition :

Sur 320 m² au Château de l’Hermine, découvrez l’exposition « Vannes, ville hôpital & solidaire », du 2 août au 19 octobre 2014, à travers le parcours d’un blessé de guerre.

Photographies, bande son, vidéo, correspondances, matériel d’époque, reconstitutions de salle d’opération, de chambre de convalescence… tels sont les multiples supports à découvrir lors de cette exposition, entièrement gratuite et tout public.

La première guerre mondiale fut l’un des événements les plus marquants du XXe siècle pour notre pays, avec 7 900 000 mobilisés français.

Le conflit militaire fut d’une telle intensité qu’il reste ancré dans la mémoire collective, car chaque famille aura, au moins, un de ses membres touché par ce conflit.

Cinq thèmes abordés

Le personnel de médecine

Les blessures et l’évacuation

Foyer des blessés et du soldat

Les avancées de la médecine

Les hôpitaux à Vannes

SCOTTISH WOMEN’S HOSPITAL A VILLERS-COTTERETS (1918) – LE FILM…

6 Juillet 2014 , Rédigé par François OLIER - remerciements à Chris HOLME. Publié dans #varia, #les hopitaux

SCOTTISH WOMEN’S HOSPITAL A VILLERS-COTTERETS (1918) – LE FILM…

SCOTTISH WOMEN’S HOSPITAL A VILLERS-COTTERETS (1918) – LE FILM…

L’hôpital bénévole n°1bis de Villers-Cotterêts organisé par le mouvement des suffragettes écossaises, les « dames écossaises » du Scottish Women’s Hospital (SWH), a fait l’objet, en décembre 1917, d’un documentaire cinématographique visible sur le net qui m’a été signalé par Chris Holme de The History Company. Ce documentaire muet, de dix minutes (10’13), est visible sur le site de la Bibliothèque Nationale d’Ecosse (Scottish Screen Archive). Chris Holme a publié sur son remarquable blog un article très documenté (en anglais), avec de nombreux liens web, sur l’histoire de ce film qui mérite d’être redécouvert.

On trouvera dans ce film, l’HoE de Villers-Cotterêts sous la neige avec ses principales séquences, dont : la voiture radiologique (x-ray car), à 4’40, offerte par le National Union of Women’s Suffrage Societies (NUWSS) et l’arrivée mémorable de la vaguemestre en vélo sur la neige (9’45), etc.

Il existe une version plus courte de ce document (2’30) dans les collections françaises, à l’ECPAD d’Ivry-sur-Seine qui l’a mis en ligne sous le titre : L’hôpital bénévole des Dames d’Ecosse sur le front français (actualités du 4 janvier 1918) - Ici

Villers-Cotterets, HB 1bis - Ancien hôpital d’évacuation (HoE), hôpital baraqué situé en bordure de la voie ferrée de Soissons, 300 lits, ouvert le 27/08/17 et fermé le 30/05/18 - L’HB 1 bis, dépend du « Scottish Women’s Hospital » filiale de Royaumont (HB 301) sous la direction de Miss Ivens (chief medical officer). Autorisation du ministère de la Guerre du 11 juillet 1917 ; il reçoit ses premiers blessés le 27 août 1917. L’HB 1bis fonctionne comme un service de répartition des évacuations au profit du centre hospitalier de Villers-Cotterêts porté à 2 242 lits. L’hôpital bénévole n°1bis est évacué lors de l’offensive Ludendorff du 27 mai 1918.

Sur Royaumont, la maison mère des Scottish Women’s Hospital en France, voir : Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, Louviers : ysec, tome 2, GMP, Val d’Oise, Asnières-sur-Oise, p. 162. et le site de la ville d’Asnières-sur-Oise

– Sur les autres formations sanitaires des SWH : Ajaccio (Corse), tome 4, p. 284 ; sur Sainte-Savine (près de Troyes, Aube), Villers-Cotterêts (Aisne) et Salonique (Macédoine), des notices hospitalières, à paraître en 2015, dans le tome 5 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918 (collection en cinq volumes, aux éditions Ysec à Louviers).

HOPITAL D’EVACUATION (HoE) DE LITZ

24 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

HOPITAL D’EVACUATION (HoE) DE LITZ

ACTUALITE DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE ET HISTORIQUE DE CLERMONT-DE-L’OISE (SAHC)

Très belle actualité pour la connaissance de l’Histoire du service de santé militaire en 1914-1918 dans le département de l’Oise, avec la dernière étude de Guy Isambart. Cette société nous livre de nombreuses études et monographies hospitalières disponibles sur son site. Je pourrais vous les citer et les détailler, mais ce serait risquer d’en oublier… car le site est une véritable mine d’informations remarquablement illustrée. Les études sont téléchargeables au format PDF… ce qui ajoute à la facilité de consultation.

Je citerai parmi les dernières études de Guy Isambart sur le service de santé militaire : « L’hôpital militaire de Litz » dont il n’ignore pas la véritable fonction d’évacuation, d’HoE, mais comme il se plaît à ne pas prendre parti entre les tenants des différentes définitions de cet acronyme devenu célèbre dans le petit monde du service de santé 14-18… je ne lui en tiens pas rigueur… - « L’hôpital militaire de Breuil-le-Sec pendant la Grande Guerre ». Il faudrait encore citer : « l’ambulance 10/4… » A découvrir sur le site de la société archéologique et historique de Clermont-de-l’Oise.

et en 2015 dans le tome 5 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918 de F. Olier et J.L. Quénec’hdu, aux éditions Ysec de Louviers (4 volumes déjà parus). www.ysec.fr

Légende : HoE de Litz in Bassères, Le service de santé de la IIIe armée, Paris, Lavauzelle, 1922, annexe II, p. 275.

LES INFIRMIERES DANS LA GRANDE GUERRE

20 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Centenaire

LES INFIRMIERES DANS LA GRANDE GUERRE

LES INFIRMIERES DANS LA GRANDE GUERRE

Revue Soins, n°786, juin 2014, 128 pages.

Un numéro spécial sur les paramédicaux dans la Grande Guerre au travers de vingt-cinq articles particulièrement bien illustrés Un hors-série exceptionnel sur un sujet encore peu traité. Avec la revue Soins c'est chose faite en 128 pages... sans publicité.

Je « recommande » plus particulièrement l’article sur Les infirmiers militaires français dans la guerre 1914-1918, pp. 49-55...

A DECOUVRIR ET A COMMANDER...

Mis à jour : 4 juillet 2014

AUTOUR DE MAISSIN AVEC LES BLESSES ET MEDECINS DU XIe CORPS D’ARMEE (22 août-septembre 1914).

9 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

AUTOUR DE MAISSIN AVEC LES BLESSES ET MEDECINS DU XIe CORPS D’ARMEE (22 août-septembre 1914).

Retour en Belgique avec ce deuxième volet des vicissitudes du service de santé dans les combats de Maissin (22 août 1914) ; complément de l'article précédemment proposé sur l'hôpital improvisé du couvent des Abys de Beth...

Rapport du médecin aide-major de 2e classe Georges Bourguignon, de l’ambulance n°1 du XIe corps d’armée, en date du 28 septembre 1914, 34 p.

Au poste de secours d’Our (Belgique)

« J’ai l’honneur de vous rendre compte des évènements qui se sont passés du 22 août au 27 septembre 1914, depuis que je suis resté à Our, après le combat de Maissin, jusqu’à ce que j’ai rejoint mon poste à l’ambulance n°1. Le 22 août 1914, l’ambulance n°1 avait établi un poste de secours dans l’école communale du village d’Our. Lorsque à 23 heures, arriva l’ordre de faire replier l’ambulance n°1 en laissant un aide-major avec le poste de secours. Je me proposai à monsieur le médecin-major Clot, chef de l’ambulance, pour rester avec les blessés. C’est ainsi que je restai à Our, sur ma demande (…) Toute la nuit du 22 au 23 août, j’assistai à la retraite de nos troupes, m’occupant à recueillir tout ce que je pus de blessés ne pouvant plus marcher, et d’appliquer ou rectifier les pansements individuels de ceux qui pouvaient accompagner la retraite. L’école débordant bientôt de blessés je me fis ouvrir des granges dans le voisinage. J’employai le soldat Péron toute la nuit à aller chercher de la paille pour coucher les blessés et les recouvrir de paille pour les mettre à l’abri du froid. [page 2] Sachant, pour avoir été le reconnaître à notre arrivée à Our, qu’il y avait dans le même village un poste de secours du 93e de ligne, je profitai d’un moment d’accalmie dans la retraite pour traverser la route et me rendre à ce poste de secours. Ce poste était resté sous la garde de l’aide-major de 2e classe Le Lyonnais. Cet aide-major dormait. Je le fis réveiller et lui offrit de faire transporter dans les granges que j’avais, les blessés qui se trouvaient sur de la paille devant la maison dans laquelle était établi le poste de secours du 93e. L’aide-major Le Lyonnais avait avec lui 8 brancardiers et 4 infirmiers et deux voitures médicales régimentaires avec leurs chevaux et conducteurs ; il avait en effet la voiture de son bataillon et celle d’un autre bataillon du même régiment ; cette voiture avait été abandonnée pendant la retraite. Je proposai donc à l’aide-major Le Lyonnais de se réunir à moi pour soigner avec moi l’ensemble des blessés laissés à Our. Entre 1 heure et 2 heures du matin, un médecin auxiliaire du 116e de ligne, le docteur Flaties arriva, accompagnant un blessé que portaient 4 brancardiers et 1 infirmier. Le docteur Flaties m’ayant dit, qu’il avait perdu son régiment pendant qu’il faisait des pansements sur le champ de bataille, et qu’il ne savait où aller, je lui demandai de rester avec moi et de se réunir à moi et à l’aide-major Le Lyonnais pour soigner nos blessés dont le nombre augmentait rapidement. Le docteur Flaties accepta de rester avec son infirmier et ses brancardiers. C’est ainsi que je pus constituer une ambulance de fortune dont le personnel et le matériel étaient :

3 médecins : médecin aide-major Bourguignon ; médecin aide-major Le Lyonnais ; médecin auxiliaire Flaties – 22 soldats : 5 infirmiers, dont 4 du 93e et 1 du 116e [parmi les infirmiers du 93e RI : MM. Godart, Chotard et Mouleau] ; 12 brancardiers, dont 8 du 93e et 4 du 116e ; 3 conducteurs, dont 2 du 93e et 1 isolé [page 3] recueilli par l’aide-major Le Lyonnais ; 2 ordonnances, dont 1 du 93e et 1 de l’ambulance n°1 – Matériel : 2 voitures régimentaires avec leurs attelages et tout le matériel sanitaire.

Le médecin auxiliaire Flaties resta avec moi toute la nuit et m’aida à faire mettre à l’abri les blessés qui ne pouvaient marcher ou étaient trop fatigués pour suivre la retraite. Je conseillai aux blessés pouvant marcher de partir au moins jusqu’à l’ambulance n°2 qui était immobilisée dans le village de Beth, au couvent des Abys. Un grand nombre de blessés furent ainsi évacués à pied, peut-être 100 à 150. Il ne resta avec moi à Our qu’un officier, le sous-lieutenant Le Goc, du 64e de ligne. Je pus aussi, me trouvant sur le passage des troupes auxquelles je demandais tout le temps : « Avez-vous des blessés ? », donner de indications sur la direction de la retraite à des officiers, parmi lesquels un officier général qui me demandaient des renseignements sur la route à suivre (…).

[Le docteur Bourguignon à l’étroit dans son poste de secours improvisé, encombré de blessés, se rend au couvent de Abys  où fonctionne l’ambulance n°2/11, pour y transporter son trop-plein de blessés]

[page 5] (…) Je demandais, par écrit, à Monsieur le médecin-major Mével, chef de cette ambulance, s’il pouvait me prendre des blessés. M. le médecin-major Mével répondit qu’il ne pouvait me prendre de blessés parce qu’il serait obligé de les mettre dans le jardin du couvent, faute de place. Nous avions, à ce moment-là, dans Our, 170 blessés, répartis entre les deux postes de secours. Vers 7 heures du matin, un peu après avoir reçu la réponse du médecin-major Mével, une fusillade éclate dans le village : les Allemands arrivaient. Tout le monde rentre dans la maison du poste de secours du 93e. L’aide-major Le Lyonnais, en se mettant à l’abri, me crie de rentrer dans la maison au plus vite. Mais je lui dis qu’il faut, au contraire, montrer qu’il n’y a que des médecins et des blessés dans le village, pour tâcher de protéger nos blessés. Attrapant au passage un pavillon de la Croix-Rouge d’une des voitures du 93e, je me porte sur la route dans la direction d’où venaient les balles qui sifflaient à nos oreilles. Je ne fus pas plus tôt à l’entrée du village, agitant mon pavillon, que le feu cessa. Je ne pus voir où étaient les Allemands qui tiraient sur nous, sans doute à cause du peu de visibilité de leurs uniformes. La fusillade venait à peine de cesser lorsque la fourragère que j’avais envoyé chercher des blessés sur le champ de bataille avec le médecin auxiliaire Flaties arriva. D’accord avec l’aide-major Le Lyonnais, je décidai de ne pas la décharger et de l’envoyer immédiatement à l’ambulance n°2. Je rédigeai une note pour M. le médecin-major Mével, dans laquelle je lui disais que je lui envoyais une charrette de blessés parce que les Allemands fusillaient le village et que les blessés que j’avais sur le bord de la route seraient mieux dans le jardin du couvent [page 6] que sur la route dans Our, exposés aux incursions des ennemis. J’ai su depuis que Monsieur le médecin-major Mével avait envoyé cette voiture à Bouillon et qu’elle avait pu rentrer dans les lignes françaises. Je fis accompagner la voiture par le soldat Péron, à cheval, en lui donnant l’ordre de ne pas dépasser Beth et de revenir me dire la décision de M. Mével au sujet de cette voiture (…). Dans cette même matinée du 23 août, quelques blessés isolés arrivèrent (…)

[Le docteur Bourguignon après avoir pris contact avec le docteur Mével de l’ambulance n°2/11 est fait prisonnier par les Allemands au couvent des Abys, alors qu’il est venu discuter de la possibilité d’évacuer les blessés d’Our sur le couvent. Il est libéré presque aussitôt et retourne à Our où ses confrères réquisitionnent des moyens de transport.]

[page 9] A Our, les Allemands n’étaient pas revenus. Il était environ 11 heures 1/2 ou midi lorsque j’y fus de retour et les voitures réquisitionnées par l’aide-major Le Lyonnais augmentaient de nombre. On les chargeait de blessés au fur et à mesure que les Belges les amenaient, attelées, sur la route. Les Belges, apeurés par la venue des Allemands le matin, donnaient leurs voitures très difficilement. Enfin entre 1 heure et 2 heures de l’après-midi du 23 août, notre convoi était prêt. Un blessé allemand du poste de secours du 93e fut placé sur la première voiture. J’ai espéré un moment rentrer dans les lignes françaises, les Allemands n’ayant laissé aucun poste à Beth, et ne paraissant pas s’être encore beaucoup avancés dans la direction de Bouillon, d’après les renseignements que nous donnaient les Belges que nous rencontrions. Notre convoi comprenait 11 voitures, dont 9 de réquisition. J’aurais voulu une dixième voiture de réquisition pour emporter le matériel, armes, sacs, une cantine de vivres de réserve laissée par l’ambulance n°1 (…) Mais, malgré mes démarches, aucun belge ne consentit à donner une voiture pour transporter du matériel. Je leur demandai alors de cacher les fusils où ils voudraient, en dehors des maisons, et de garder dans la maison du poste de secours la cantine à vivres et les sacs avec le linge et le matériel de cuisine. Entre 3 heures et 4 heures nous sommes arrivés au village d’Opont.

Prisonniers « temporaires » à Opont…

Malheureusement nous y arrivions un peu trop tard. Les Allemands l’occupaient depuis une heure environ (…) [page 11] Après nous avoir fouillés, l’officier nous cantonna dans l’école du village. Un officier subalterne, à pied et parlant très bien le français, vînt me dire : « Selon la Convention de Genève, vous êtes libres. Mais les atrocités des Belges sur nos blessés sont telles que nous avons reçu des ordres très sévères et nous sommes obligés de vous faire prisonniers ? Vous resterez dans cette école et vous serez gardés par deux sentinelles : vous m’excuserez ! » Un autre officier vint me dire : « Nous avons plus de tués que de blessés à cause de votre artillerie ; votre artillerie est un instrument de boucherie. Votre infanterie ne nous fait que peu de mal ; nous la voyons, elle ne nous voit pas. Si votre artillerie était restée plus longtemps nous ne serions pas revenus à Maissin. » Puis il me demanda si nous avions mangé. Nous n’avions pas mangé depuis le samedi matin 10 h. On nous donna deux sentinelles qui accompagnèrent deux de nos infirmiers, baïonnette au canon ; on les conduisit dans un champ où ils déterrèrent des pommes de terre. Avec cela et quelques choux donnés par un belge, on fit une soupe sans sel. Ensuite sous la garde de sentinelles, et accompagné par les brancardiers allemands, je fis disposer les blessés dans l'école et dans une maison abandonnée, sur de la paille. Les brancardiers allemands défirent quelques pansements pour examiner quelques blessures. Ils refirent les pansements qu'ils avaient défaits. Lorsque tous les blessés furent couchés, on nous donna l'ordre de ren­trer dans l'école, et on nous y enferma à clef, avec deux sentinelles devant l'école et deux sentinelles devant l'autre maison contenant des blessés.

J'étais rentré le dernier, ayant voulu vérifier que tous les blessés étaient rentrés et avaient de la paille. Mais il n’y avait plus de place pour moi, tant l’espace qu'on nous avait permis d'occuper dans le village était restreint. Je passai la nuit sur une marche de l'escalier. A côté de nous, la maison [page 12] voisine, incendiée par les Allemands brûlait. Toute la nuit, les sentinelles tirèrent en l'air de temps en temps. L'aide-major Le Lyonnais s’était réservé une place et s'était couché avant que tous les blessés fussent rentrés. Vers le soir, un peu avant le coucher du soleil, alors que nous étions déjà enfermés dans l'école, une attaque fran­çaise eut lieu et un artilleur allemand fut blessé sous nos yeux. Malgré celà, les Allemands n'exercèrent sur nous aucu­nes représailles. Même, une des sentinelles prit un pavillon de Croix-Rouge et l'agita, devant l'école. La fusillade ayant cessé, l'artillerie allemande se mit en route pour Paliseul ainsi que j'ai entendu l'officier supé­rieur en donner l'ordre (…). Il ne resta à Opont qu'un poste de police commandé par un sergent, pour nous garder. Le lundi 24 août, vers 5 heures du matin, je demandai à sortir de l'école pour me mettre à faire des pansements, Ac­compagné de deux sentinelles, je pus aller chercher les paniers de pansements dans les deux voitures régimentaires. Puis Je montai réveiller l’aide-major Le Lyonnais et, dans le jardinet de l'école, nous avons installé notre "salle d'opérations". Nous avons fait ce jour-là les pansements de nos 170 blessés, et leurs fiches de diagnostic. Dans l'après-midi nous avons fait, en plein air, trois amputations urgentes qui étaient des régularisations et non des amputations typiques. L'aide- major Le Lyonnais, le plus chirurgien de nous trois, opérait. Le médecin auxiliaire Flaties était l'aide. Je donnais le chloroforme, dont j'ai une grande habitude. Quand les Allemands nous ont vus ainsi travailler, leurs derniers doutes sur notre qualité de médecins se dissipèrent et ils nous [page 13] laissèrent aller et venir sans nous accompagner. Ils nous donnèrent même des indications précieuses sur les en­droits où nous pouvions trouver du lait, des légumes, de la viande, à réquisitionner. Ce qui nous faisait totalement dé­faut, c'était le pain. Je pus aussi occuper une maison de plus, abandonnée, ce qui me permit de pouvoir me coucher sur la paille, dans la nuit de lundi au mardi. Dans la matinée du 25 août, nous avons vu passer encore de l'artillerie allemande, puis un convoi automobile. Après le passage de ce convoi dont un officier avait parlé au sergent allemand, celui-ci vint m'avertir que nous serions relevés par une ambulance allemande, que les blessés légers seraient en­voyés en Allemagne, que les grands blessés seraient envoyés au lazaret de Luxembourg et que la Croix-Rouge serait recondui­te en France. Mais nous n'avons jamais vu venir cette ambulan­ce allemande. Dans cette même matinée de mardi 25 août, le sergent al­lemand, puis un belge, m'avertirent que le château des Abys, au village de Beth, était à notre disposition, les Allemands ayant évacué leurs blessés qu'ils y avaient mis. Nous avons donc décidé de quitter Opont pour le château des Abys. Dans cette même matinée encore, un belge vint m'avertir que, dans le village de Framont, à 7 ou 8 km d’Opont, les allemands avaient abandonné des blessés français. Je décidai d'aller les chercher, après avoir été les visiter. Peu après, une petite voiture nous apporta deux blessés venant de Framont, dont un officier, le capitaine de Barbayrac de Saint-Maurice, du 118e de ligne. Pendant notre évacuation d’Our à Opont, le 23 août, des soldats et sous-officiers non blessés, qui avaient passé la nuit dans les bois, s'étaient joints furtivement à notre convoi. [page 14] Le Sergent allemand nous demanda d'en dresser la liste. Il y en avait 40. Les hommes, peu intéressants, bien portants, se conduisant en pillards, nous les avons laissés à Opont, tandis que nous avons transporté nos blessés d’Opont au château des Abys. Parmi les non-blessés, je signale tout particulièrement l'adjudant P……, du 19e de ligne, ancien colonial, pour sa conduite honteuse (A). Pendant l'évacuation de Our à Opont, le 23 août, il est venu me trouver en me demandant si, au cas où nous tomberions dans les mains des Allemands, ils regarderaient sa blessure et enlèveraient son pansement. Il avait la main gauche enveloppée dans un pansement que maintenait un gant de peau dont les doigts étaient coupés et il portait cette main en écharpe. Puis il m'avoua qu'il n'avait pas de blessure de guerre, et que son pansement recouvrait une coupure sur le dos de la main gauche qu'il s'était fait en coupant du pain. Je le soupçonne fort de s'être mutilé, étant donné que cette coupure était sur la face dorsale de la main gauche, parallèle au grand axe de la main. Je refusai de le considérer comme blessé et lui donnai l'or­dre de quitter son écharpe. Il me demanda alors un brassard d'in­firmier pour se faire passer comme sous-officier sanitaire. Je le lui refusai naturellement et le renvoyai avec mépris. A Opont il se mit à piller les maisons abandonnées et, faisant croire à ses camarades blessés qu'il achetait ce qu'il avait, il leur revendait les vivres qu’il avait pillés. L'aide-major Le Lyonnais a eu connaissance d'autres faits précis du même ordre à la char­ge de ce sous-officier. Le Médecin-major Mével, de son côté, l'a vu, à Maissin, au mois de septembre, soignant des blessés en se faisant passer près des Allemands pour médecin. Il a d’ailleurs, parait-il d'après un récit fait par des civils belges [page 15] menacé d'être fusillé par les allemands. Nous avons déposé tous ces faits au lieutenant de gendarmerie de la place de Pontarlier, lors de notre arrivée en France. Laissant à Opont cet adjudant avec tous les non-blessés, nous avons été débarrassés d’éléments qui menaçaient d'entraver sérieusement la bonne marche de notre ambulance improvisée. Après avoir décidé de quitter Opont pour le château des Abys à Beth, en laissant les non-blessés à Opont avec les Alle­mands, je proposai à l'aide-major Le Lyonnais de m’occuper d'aller chercher les blessés qu'on nous avait signalés à Framont pendant que lui-même s'occuperait de l'évacuation d’Opont à Beth. Il nous restait trois voitures de réquisition. Deux se­raient donc employées à l’évacuation d’Opont, et la troisième me servirait à aller chercher les blessés de Framont pour les ramener directement au château des Abys.

Au château des Abys…

Le mardi 25 août, donc, dans l'après-midi, je laissai le docteur Le Lyonnais et le docteur Flaties s'occuper du transport de nos blessés d’Opont au château des Abys. Je demandai au sergent allemand de me prêter la bicyclette qu'il avait, puisque les Allemands m'avaient pris la mienne. Il me prêta sa bicyclet­te de bonne grâce, et je partis pour Framont sur une bicyclette peinte aux couleurs nationales allemands». Après être passé au couvent des Abys prévenir l'ambulance n°2 de notre installation près d'elle, puis au château des Abys faire préparer les granges par les domestiques laissés au château par leurs maîtres pour installer nos blessés, je suis par­ti pour le village de Framont. Sur la route, je vis une quantité de sacs, de linge, de vestes, de képis, de gamelles, marmites, bidons, etc. abandonnés ­[page 16] par les soldats français. Je résolus de les ramasser lorsque je passerais avec une voiture. Je rencontrai des Belges qui me signalèrent deux blessés, l'un sur le bord d'un champ, l'autre sur la lisière d'un bois qu'ils m’indiquèrent. Un de ces belges, un fermier possédait 16 vaches qu’il ne savait où mettre, sa ferme ; à Larmoine, étant brûlée. Je l'invitai à les mettre dans un pré que j'avais vu derrière le château des Abys, et de me donner tous les jours son lait. Voulant être payé, je lui promis de lui faire des bons. Il me dit alors avec étonnement : « Alors, vous faites des bons ? Les Allemands prennent ce dont ils ont besoin et ne font pas de bons. En ce cas, je suis tout disposé à vous donner le lait de mes vaches ». Il ajouta qu'un de ses camarades pourrait se joindre à lui et qu'à, eux d'eux ils pourraient me donner 100 litres de lait par jour. C'est ainsi que Je pus donner du lait en abondance à mes blessés pendant tout le temps de notre séjour en Belgique.

A Framont, je trouvai, non pas 12 blessés, mais 20 blessés tous français, que les Allemands avaient abandonnés en leur promettant qu'une ambulance française viendrait les prendre. Le capitaine de Barbayrac du II8e de ligne qui était venu de Framont à Opont dans la matinée, ainsi que je l'ai raconté plus haut, m’a dit qu’il avait été blessé le 22 août au soir, au combat de Maissin. Il avait été relevé par un régiment alle­mand, dans la nuit, sur la route de Paliseul à Maissin. On l'avait installé sur des sacs de soldats, dans une voiture d'infanterie et on l'avait ainsi transporté pendant 4 à 5 kilo­mètres. En passant à Framont on l'avait déposé en lui disant d'attendre une ambulance française. 11 n'avait eu que son pansement individuel et aucun médecin allemand ne l’a soigné. Il est resté à Framont dans une grange jusqu'au 25 août. Les Bel­ges qui l'avaient recueilli et le nourrissaient apprirent par hasard notre présence à Opont, vinrent me prévenir que des blessés français avaient été abandonnés par les Allemands le 23 août à Framont et c'est ainsi que le Capitaine de Barbayrac se fit conduire à Opont le 25 dans la matinée et que je pus réunir dans la même journée tous les blessés abandonnés à Framont [page 17] Revenu à Opont après avoir reconnu les blessés et après avoir demandé aux Belges de réunir à Framont tous les blessés qu'il pourrait y avoir dans les villages voisins , je pris une de mes voitures de réquisition, avec un conducteur, 2 bran­cardiers et 4 ou 5 brancards. Je commençai par faire les détours nécessaires pour aller prendre les 2 blessés qu’on m'avait signalés à mon premier voyage. Puis je fis battre les champs par mes 2 brancardiers pour y ramasser tout le matériel français qu'ils trouveraient, pendant que moi-même, je faisais le même travail sur le bord de la route. Je fis charger dans la voitu­re tout le linge, chemises, caleçons, chaussettes, mouchoirs, toutes les vestes, tous les képis, toutes les marmites, quarts et bidons, gamelles, que je trouvai. Je fis laisser les sacs eux-mêmes, ne pouvant me charger d'objets ne pouvant servir à mes blessés (…).

[page 18] A Framont, il y avait encore du matériel abandonné. Avec un sac de distribution je demandai aux Belges de remplir le sac de distribution pendant que j'allais embarquer les blessés. Il était environ 7 heures du soir lorsque nous sommes arrivés à Framont. Nous avons mis environ 3 heures pour ramas­ser notre matériel pendant 7 kilomètres de trajet. Mais au lieu de 20 blessés, il y en avait maintenant 30. Les Belges, ainsi que je le leur avais demandé, en avaient ramené 10 des villages voisins pendant que je retournais à Opont pour en revenir avec une voiture. Grâce à deux voitures de plus que les gens de Framont me prêtèrent je pus enlever de suite 19 blessés et une grande partie du matériel que j’avais recueilli. Je dus en laisser 11 que j'allais chercher le len­demain. Je laissai les moins malades, sauf une fracture de jambe qu'il était impossible de transporter sans immobilisation. Notre convoi partit de Framont vers 9 heures du soir et arriva au château des Abys entre 10 heures l/2 et 11 heures du soir. Mes brancardiers et moi-même n'avions pas mangé depuis le matin à 10 heures. Je n'ai eu qu’à me louer du dévouement de ces soldats ». Ce mercredi matin, 26 août, avec les mêmes brancardiers je retournai à Framont en emportant dans la voiture un appareil à fracture et je ramenai au château des Abys les derniers blessés laissés à Framont et tout ce que j’avais pu emporter de matériel la veille. Dans les jours qui ont suivi, il nous arriva encore deux ou trois blessés français que nous amenèrent les Belges. J'ai la certitude d'avoir réunis au château des Abys tous les blessés français abandonnés par les Allemands dans un rayon de 7 à 8 kilomètres.

[page 19] Je puis dire que j’ai fourni du 22 au 27 août le maximum de l’effort physique dont j’étais capable. Les nuits sans sommeil, la nourriture insuffisante, les kilomètres à pied et à bicyclette pour aller chercher les blessés et le matériel, et aussi les émotions de la prise par les Allemands, les ren­contres avec les Allemands pendant ces courses, tout cela avait épuisé mes forces physiques, et le 26 août, je fus pris de troubles gastro-intestinaux avec inflammation de larynx et des corps thyroïdes, en même temps que j'avais des raideurs musculaires rendant difficiles les mouvements. Malgré cela, le jeudi 27 août, je me rendis encore à Our pour exécuter la dernière partie du programme que je m'étais tracé : rapporter de Our ce que j'y avais laissé de matériel. Avec deux brancardiers et une voiture, emportant 3 sacs à distribution, je retournai à Our. Les Belges, par peur des Allemands, avaient remis sur la route tout ce que je leur avais laissé. La cantine d'approvi­sionnements de réserve était défoncée et vidée. Les cantines d’officiers blessés avaient été enlevées par les Allemands ; les fusils étaient cassés ; la crosse était cassée et le canon tordu. Les sacs étaient fouillés, mais il en restait d'intacts cependant. Je remplis deux sacs de distribution avec les chemises, ca­leçons, vestes, gamelles, marmites, etc. qui étaient sur le bord de la route devant l'église. Puis je me rendis dans l'école où avait été établi le poste de secours de l'ambulance n°1 pour remplir le troisième sac de ce qu'il y avait encore de matériel. Pendant que nous procédions à ce travail, un Belge m'an­nonça l'arrivée d'une compagnie allemande. Je me précipite [page 20] hors de l’école et cours au-devant de mes deux sacs pleins de matériel que j'avais laissés devant l'église et j'attendis que les Allemands qui arrivaient fussent à ma hauteur. C’était une patrouille d'infanterie d'environ 40 à 50 hommes conduits par un officier ou un sous-officier. Lorsqu'ils furent à ma hau­teur, j'étendis le bras au-dessus de mes sacs et dis : « Für die Kranken » [« pour les malades »], avant que le chef du détachement m'ait adressé la parole. Il me demanda seulement si J'avais beaucoup de malades. Je lui dis en allemand, que j'en avais trop, beaucoup trop et que je ramassais des vêtements de rechange pour eux. Il me dit "c'est bien", et le détachement partit. J'achevai mon char­gement et je partis avec ma voiture. Lorsqu’au petit trot, je dépassai le détachement allemand sur la route, son chef me salua. Nous étions donc installés au château des Abys. Le poste resté à Opont, ne nous y suivit pas et, à partir de là, nous avons joui d'une liberté relative. Les Allemands venaient de temps en temps voir si nous étions toujours là. Jamais ils ne nous ont envoyé de médecin allemand. Jamais ils ne se sont in­quiétés de notre ravitaillement. Nous avons donc dû vivre en­tièrement par nous-mêmes.

A notre arrivée au château des Abys, je suis allé trouver le chef de l'ambulance n°2, Monsieur le médecin major Mével pour lui demander de nous réunir à lui et de faire du couvent et du château des Abys, une seule ambulance sous ses ordres. Nous avions en effet un nombre de blessés sensiblement égal des 2 côtés, 150 environ dans chaque formation (j'en ai eu 200 en­tre les mains). Mais l'ambulance n°2 avait 6 médecins : nous étions trois. L’ambulance avait 41 hommes (38 infirmiers et 3 ordonnan­ces) nous en avions 22. L’ambulance avait un pharmacien et deux officiers d’administration : nous n’en avions pas. Les sœurs du couvent [page 21] se chargèrent de faire la cuisine et le pain pour les blessés et de se procurer tout le nécessaire pour la nourri­ture qu'elles faisaient elles-mêmes dans les cuisines de leur pensionnat de jeunes filles, alors inutilisés. Nous étions dans une maison particulière où il était impossible de faire la cui­sine pour 150 à 200 personnes. Il me semblait que le sort de nos blessés tant au point de vue de la nourriture qu'à celui des soins médicaux aurait beaucoup gagné à cette réunion sans que les blessés de l'ambulance du couvent y aient rien perdu. Mais l’officier gestionnaire de l’ambulance n°2 Monsieur Cazaux, me dit qu’administrativement il était très difficile de nous réunir, nous isolés, à une ambulance entière régulièrement constituée, pour nous en détacher ensuite, et que si, nous pouvions marcher seuls, tant bien que mal, Il était plus réglementaire de ne pas nous réunir. Tout ce qu'il put faire pour nous, fut de nous donner un carnet de bons et un carnet d'ordres de réquisition, Monsieur le médecin major Mével me dit donc que, malgré tout son désir de nous aider, il ne pou­vait faire plus. Seulement on nous invita, nous, les 3 officiers du château, à venir manger à la table des officiers de l'ambulance n°2, au couvent.

Nous nous sommes donc arrangés tout seul. L'aide major Le Lyonnais, étant de l'active, prit le commandement de notre formation de fortune et se chargea des réquisitions et des voi­tures. Il possédait d'ailleurs dans sa voiture, une caisse de comptabilité et d'administration, tandis que moi, je n'avais aucun matériel, Le médecin auxiliaire Floties et moi-même, nous nous occupions surtout de la besogne médicale. Du 22 au 27 août, nous n’avions pas eu de pain, ni nous ni nos blessés. Mais nous avons pu en avoir grâce à un meunier [d’Our]. Nous le faisions nous-mêmes. Le meunier [d’Our] four­nissait la farine, mélange de seigle et de froment, avec pré­dominance croissante d'ailleurs, du seigle. Deux brancardiers, sachant un peu boulanger, allaient avec une voiture chercher la farine à Our. A Opont, nous avons trouvé un four abandonné. [page 22] Les brancardiers transportaient la farine [d’Our] à Opont. Là ils faisaient le pain et le rapportaient ensuite à Beth, au château des Abys. Deux autres brancardiers furent chargés de la boucherie. L'aide major Le Lyonnais réquisitionnait le bétail qu'on nous livrait vivant. Les deux brancardiers, tant bien que mal, à l'aide d'une pioche terminée, de l’autre côté par une masse, tuaient le bé­tail et le dépeçaient, les 4 brancardiers faisaient la cuisine dans le jardin du château et ce n'est que grâce aux marmites que j'avais recueillies les premiers jours que nous avons pu faire la cuisine pour nos blessés. A Opont, nous l’avions fai­te grâce aux ustensiles que nous ont prêtés les soldats du poste de police allemand qui nous gardait.

Aussi, malgré les difficultés nombreuses, nous avons pu donner du pain, de la viande, des légumes et du lait à nos blessés. Le matériel sanitaire de l'aide major Le Lyonnais nous permit de les soigner. Je pus donner une chemise, un caleçon, un mouchoir, un ké­pi ou un bonnet de police, une veste ou une capote ,une gamel­le , un quart et un bidon à nos 150 blessés qui avaient tous semé leurs sacs et leurs musettes sur le champ de bataille ; je me félicitai d’avoir ramassé tout ce matériel. Nous avons ainsi vécu par nos propres moyens et soigné les blessés que j'avais réunis sans qu'à aucun moment les Allemands se soient inquiétés de nous ravitailler en nourriture ni en matériel médical. Depuis le jour où le poste Opont est parti, nous avons [été laissés] tranquilles par les Allemands.

Le 9 septembre 1914, Monsieur le médecin major Mével vint me trouver au château pour me faire part de ses intentions. Les ressources du couvent, et, pour nous, celles du pays, com­mençaient à s'appauvrir. Nos pansements et médicaments s'épui­saient. [page 23] D'autre part les blessés demandaient de moins en moins de soins, les uns étaient morts, les autres s’améliorant très vite. Dans ces conditions ; Monsieur le médecin major avait l'intention de se rendre à l'ambulance allemande la plus proche, au château de Roumont et de demander à être évacué. Il estimait que nous avions maintenant plus de services à rendre en France. Il fut donc décidé que Monsieur Mével irait avec un de ses aide-majors, son officier gestionnaire et un sergent au château de Roumont, avec notre voiture de réquisition. Il revint le soir accompagné d'un sergent allemand. Nos blessés étant évacuables, les Allemands avaient décidé de fai­re l’évacuation le 11 Septembre. Le 10 Septembre, le sergent allemand vint au château voir nos blessés. Il n'y en avait que trois d'inévacuables qu’il voulut bien laisser chez les soeurs du couvent des Abys.

Le 11 septembre, avec 46 fourragères, le château et le couvent furent évacués à Libramont. Il me restait alors 148 blessés, dont 145 furent évacués et 3 furent laissés au couvent. Au couvent, il y avait environ 160 blessés, ce qui fai­sait en tout environ 300 blessés prisonniers. Après un trajet de 20 Km en fourragère, nous sommes arri­vés à Libramont, à 5 heures du soir. Il y avait une pluie bat­tante sans interruption depuis notre départ. Nous avions demandé de remettre l'évacuation au lendemain, on nous le refusa. Nos blessés étalent trempés jusqu'aux os et transis de froid en arrivant à Libramont (…) »

La suite du voyage est à découvrir dans le rapport du docteur Mével qui est transcrit sur notre blog : Avec les blessés du XIe corps d’armée réfugiés au couvent des Abys (combats de Maissin, 22 août 1914).

Ce rapport Mével constitue la première partie de notre dossier de témoignages sur les combats de Maissin (22 août 1914).

Notes :

  1. – Sur l’adjudant P…. du 19e régiment d’infanterie et son attitude « honteuse » à Opont et autres lieux ; les faits sont confirmés dans la relation du docteur Le Lyonnais, mais pas dans celle du docteur Mével.

Légende de la photo : La gare de Bouillon – L’ambulance n°1/11 (Médecin major Clot) après avoir laissé le docteur Bourguignon à Our, se replie sur Bouillon où elle arrive le 23 août à 11 h. 00. Sur ordre du directeur du service de santé (médecin inspecteur Descours), elle s’installe à la gare de Bouillon et organise les évacuations sanitaires du corps d’armée par le chemin de fer à voie étroite sur Sedan.

Sources : Arch. Musée du service de santé des armées, carton n° 634, dos. 19, Bourguignon ; carton 637, dos. 67, Le Lyonnais.

HOPITAL BENEVOLE 155 bis ET FILLES DE JESUS (1914-1918)

8 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire, #varia, #Bretagne 1914-1918

HOPITAL BENEVOLE 155 bis ET FILLES DE JESUS (1914-1918)

EXPOSITION : à Kermaria, en PLUMELIN (Morbihan).

« Dans la guerre, les Filles de Jésus 1914-1918 »

est visible à Kermaria dans les locaux des archives

depuis le 10 novembre 2013 jusqu’en fin d’année 2014

à Kermaria-Plumelin, 56506 LOCMINE

La communauté des Filles de Jésus de Kermaria organisa en 1914 un hôpital bénévole immatriculé par la 11e région militaire de Nantes sous le n° 155bis. L’hôpital fut ouvert le 5 novembre 1914 avec 75 lits et fonctionna jusqu’au 31 mars 1917, date de sa fermeture « officielle ». (OLIER, QUENEC’HDU. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, Louviers : Ysec, 2008, tome 1, p. 282)
Présentation des organisateurs :

« Réalisée à partir d’une documentation inédite, abondante et variée, elle illustre l’engagement singulier de la congrégation dans le premier conflit mondial, à Kermaria même, en France, en Belgique…

Destinée à tous les publics, elle offre un intérêt pédagogique et une valeur de témoignage. Dans chacun des quatre espaces qui la structurent, des panneaux illustrés rappellent les grandes étapes du drame national où s’inscrit l’histoire particulière de Kermaria. Des documents iconographiques et audio-visuels les font voir et entendre ; des vitrines présentent une collection d’objets et de documents authentiques attestant du vécu des sœurs, des militaires et des civils en lien avec la Maison-Mère durant les hostilités. »

L’exposition (entrée gratuite ) est ouverte :

Mercredi, samedi, dimanche : 14h – 18h tous publics

Mardi et jeudi : de 9h30 à 16 h non stop, groupes (sur réservation)

Extraits des Nouvelles de l’exposition : « (…) Début mars [2014], arrivait aussi une sympathique famille du Maine et Loire, dont le grand-père passa un mois de convalescence à Kermaria en octobre 1915. Ils nous ont communiqué les lettres écrites pendant ce temps par le poilu à sa famille, sa fiancée, son ancien maître d’école. Le réalisme des visions du champ de bataille, comme la profondeur des réflexions sur la guerre, en font un témoignage hors pair. Quant à Kermaria, il s’y trouve au paradis, craignant pourtant d’en sortir « confit dans l’eau bénite » et déplorant de ne pouvoir que regarder tant de jeunes et jolies novices !

L’exposition durera au moins [jusqu’à la fin de l’année 2014]. Venez nombreux la voir ou la revoir ! Sœur Emma L’Helgouac’h (archiviste) »

http://www.fillesdejesus.catholique.fr/des-nouvelles-de-lexposition-dans-la-guerre-les-filles-de-jesus-1914-1918/

TULLE 2014 – EXPOSITION « ANDRE MAZEYRIE » 1914-1918

4 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

TULLE 2014 – EXPOSITION « ANDRE MAZEYRIE » 1914-1918

André Mazeyrie. Carnet d’un médecin de guerre 1914-1918

Exposition au Musée des Armes, 1 rue du 9 juin 1944, 19000 TULLE, du 20 juin au 24 novembre 2014.

Cette exposition qui a reçu le label « Centenaire » par la mission du Centenaire de la Première guerre mondiale permettra de découvrir croquis, illustrations et documents de la guerre du docteur André Mazeyrie (1876-1953), mobilisé comme médecin aide-major ; que le goût du dessin et de l’illustration ne quitta pas durant ses pérégrinations militaires des Vosges à la Marne.

André Mazeyrie personnalité tulliste bien connue était très attachée à sa ville. Membre de la société des lettres, sciences et arts de la Corrèze, il prit une part active, comme conservateur bénévole (1922-1953), à la sauvegarde puis au développement du musée du cloître de Tulle devenu aujourd’hui : « Musée du cloître de Tulle André Mazeyrie ». En 2014 c’est l’occasion pour le musée de l’ancienne « Manu » de mettre en avant le confrère tulliste, érudit, dessinateur et médecin… de guerre.

DERNIERS JOURS ! … Il n’est pas trop tard pour visiter jusqu’au 30 juin 2014 lexposition temporaire « Le Tulle d’André Mazeyrie », en quatre-vingts dessins, au premier étage du Musée du Cloître. Place Monseigneur Berteaud, 19000 TULLE.

LES AUTOCHIRS (1914-1918)

2 Juin 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

F. OLIER. LES AUTOCHIRS (1914-1918). Genèse d’une épopée,
dans Médecine et Armées, 2002, 30, 3, 299-320.

Travaillant en 1986 sur un catalogue des véhicules techniques du service de santé dans la Grande Guerre (resté inédit à ce jour), entrepris dans les fonctions de conservateur des matériels du service de santé à l’établissement central des matériels de mobilisation de Caen-Mondeville, établissement aujourd’hui dissous ; j’avais été amené, lors de mes recherches, à relever des mentions de ces fameuses « autochirs » et de leurs véhicules spéciaux… Cette enquête entamée en Normandie je l’ai poursuivie, de 1995 à 2000, au Val-de-Grâce, à Paris, où j’ai dépouillé le riche fonds du musée sur 14-18. L’ensemble documentaire considérable ainsi rassemblé, méconnu voire inédit, j’en ai proposé une synthèse « La Genèse d’une épopée » à la revue Médecine et Armées, laquelle, en dépit de ses 22 pages… a fait preuve de beaucoup de bienveillance, à la marge de ses « critères », en l’acceptant et en le publiant en 2002

Depuis cette date la curiosité des chercheurs ne s’est pas démentie. En 2008 le professeur Larcan et le docteur Ferrandis m’ont fait l’honneur de citer largement mon article dans leur ouvrage : Le Service de santé aux armées pendant la Première Guerre mondiale, ed. LBM, Paris, 2008, p. 137 et suiv. et de réserver une annexe de leur livre à mes monographies sommaires d’autochirs (p. 544-548), telles qu’elles avaient été publiées dans Médecine et Armées.

En 2009, le Forum 1914 relançait l’intérêt porté aux autochirs au travers d’un « fil » consacré à Maurice Marcille (1871-1941), auquel « fil » MM. Laurent Provost et Michel Pineau apportèrent au dossier nombre d’éléments restés dans l’ombre, extraits des archives de l’Assistance Publique de Paris, sur les débuts « exotiques » de Marcille dans la carrière chirurgicale ; caractère qui vaudra à Marcille de figurer en bonne place dans la correspondance de Georges Duhamel (1884-1966) de l’Académie Française. L’historiographie des autochirs se développe, en France mais aussi chez nos voisins belges.P. Loedts a ainsi trouvé des similitudes entre les « carrières médico-militaires » atypiques de Marcille et du belge Antoine Depage (1862-1925). Tout reste à écrire.

A l’occasion de la mise en ligne par l’ECPAD du film : Ambulance chirurgicale automobile n°7, présenté le 27 mai 2014 dans ce blog, je vous propose aujourd’hui le PDF de mon article in-extenso sur les Autochirs 1914-1918, publié en 2002 dans Médecine et Armées. Cet article comprend la liste des autochirs 14-18.

Bonne lecture – François OLIER.

résumé en français

"Cette étude retrace, à l’aide de documents d’archives pour la plupart inédits, la naissance des ambulances chirurgi­cales automobiles plus connues sous le nom d’autochirs. La première partie de ce travail met en exergue le rôle prépondérant, dans leur création, d’un officier de réserve, Maurice Marcille, chirurgien des hôpitaux et ingénieur « par nature », lequel, envers et contre tous, saura imposer au service de santé militaire français une formation chi­rurgicale mobile très novatrice pour l’époque. Un deuxième volet met en évidence les difficultés d’organisa­tion et de fonctionnement de ces autochirs, leur lente évo­lution ainsi que les conditions d’éviction de son concep­teur, Marcille, personnage entier et atypique, qui mènera un combat perdu d’avance pour conserver et faire évoluer son concept de la chirurgie de guerre. Une dernière partie présente la version ultime de ce qui deviendra la grande œuvre du service de santé militaire français en 1914-1918 : I’autochir type 1917. Cette formation sanitaire représen­tera le pôle d’excellence de la chirurgie militaire française et sera rapidement adoptée par plusieurs services de santé étrangers dont celui de l’armée américaine.

THE « AUTOCHIRS » - Mobile hospital - (1914-1918). THE BIRTH OF A SAGA.

This study relates through archives, most of them unpubli- shed, the birth of surgical car units best lcnown under the name of “ Autochirs ”. The first part of this work under- lines the prominent rôle in their création of a reservist offi- cer, Maurice Marcille, surgeon in hospitals and engineer “by nature”, who despite ail oppositions, will manage to impose on the french military health department a mobile surgery training very innovativc at that time. A second part puts forward the organisation and functioning diffi- culties of thèse autochirs, their slow évolution as well as the way their designer, Marcille, an atypical chairacter of great integrity who will lead an already lost struggle in order to keep and make his war surgery concept.
The last part will show the ultimate turning of what will become the great work of the french military health department between 1914-1918 : the 1917 “ autochir ” type. This sanitary training will represent the pôle of excel­lence of the french military surgery and will rapidly be adopted by several foreign military health departments including US army.

Key words: History of médical service - War surgery - World War I - Mobile hospital - Mobile surgical unit

(Médecine et armées, 2002, 30, 3, 299-320)

I. - INTRODUCTION.

Le règlement sur le service de santé en campagne de 1910, modifiant celui de 1892, n’affectait à la chaîne logistique sanitaire du corps de bataille français que des moyens de transport et de traitement hippomobiles d’un autre âge. À la mobilisation de 1914, toutes ces forma­tions sanitaires partirent rejoindre les divisions et corps d’armée avec leurs voitures de chirurgie conçues en 1874, héritières des enseignements de la guerre de 1870. Ces véhicules hippomobiles, cœur des ambulances divi­sionnaires, n’offraient aux chirurgiens aucun des moyens modernes de pratique de leur art. Les récentes conquêtes de la chirurgie n’y étaient pas mise en œuvre : l’asepsie y était nulle, la propreté douteuse, l’aération inexistante, l’éclairage absent. La table d’opération était dressée à même le sol, dans la paille, sous la tente ou dans tout local prêt à la recevoir. Le chirurgien de carrière rejoi­gnant les armées à l’Été 1914 avait l’impression générale de régresser et se plaignait amèrement de ses difficiles conditions d’exercice qui n’avaient que peu évolué depuis les conquêtes du Premier Empire. Le déficit en matériels chirurgicaux récents était immense. En l’absence de volonté et de moyens financiers mis en place par l’Etat-major et la 7e direction (service de santé) du ministère de la Guerre, ce déficit se révéla insurmon­table durant les premiers mois de la guerre.

Le principe d’une formation chirurgicale automobile réunissant toutes les techniques modernes de traitement (radiologie, stérilisation, chauffage, éclairage, etc.) n’était pas une nouveauté. Dès 1912, la société des constructions mécaniques du Havre, dépendant du groupe Schneider..."

A TELECHARGER EN PDF...

François OLIER. LES AUTOCHIRS (1914-1918). Genèse d’une épopée, dans Médecine et Armées, 2002, 30, 3, 299-320.

HOPITAUX MILITAIRES 1914-1918… LE 200e ARTICLE !

27 Mai 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

HOPITAUX MILITAIRES 1914-1918… LE 200e ARTICLE !

Ce 200e article… pour remercier les lecteurs et abonnés du blog pour leur confiance et leur « assiduité » à suivre mes articles … 55 000 « visiteurs uniques » depuis décembre 2012...

Je vous propose aujourd’hui ma petite « madeleine » pour marquer cet « évènement », un moment cinématographique à déguster, un lien vers un film ECPAD en quatre parties sur le service de santé militaire 1914-1918 et ses nombreuses composantes, intitulé :

A.C.A 7 [ambulance chirurgicale automobile n°7] (1915-1918).

FICHE :
L'Ambulance automobile chirurgicale n° 7
1918 ? - Noir et blanc - Muet
Durée : 56 min 49
Pays de production : France
Réalisation : Association des anciens de l'ambulance automobile chirurgicale n°7
Opérateur : Charles Blanc
Photographes : Civalle ; Boinaud
Référence ECPAD : 14.18 A 1470
Analyse sommaire : Je vous propose cette analyse personnelle...
1ère partie – La voiture de chirurgie « Boulant », 1912 [images dans Gallica@ et La Nature, n° 2045, 3 août 1912, p. 145] – Présentation dans les jardins du Val-de-Grâce à Paris – Images de juin 1913 sur son déploiement et sa mise en fonctionnement à Gonesse (Val d’Oise) – Brancardiers et infirmiers montent en ligne – Groupe de brancardiers divisionnaires (GBD) ou de corps (GBC) en ordre de route, avec brouettes porte-brancard, voitures et fourgons hippomobiles – Brancardiers en action, relève, brancardage, brouette porte-brancard, manœuvres du brancard dans la tranchée – Premiers pansements, pose du pansement individuel – Arrivée au poste de secours, brouette spéciale de tranchée (modèle présenté au musée du service de santé des armées)

2e partie – Le poste chirurgical avancé (PCA) de Souain (Marne). Vue extérieure et accueil, répartition au Poste chirurgical Général Paulinier. Un véhicule sanitaire léger Ford de l’US Army. Transport et chargement du véhicule sanitaire – Téléphérique sanitaire en action – Transport sur plan d’eau, barge sanitaire motorisée – ACA dans un hôpital baraqué – Remise de décorations aux Invalides par le maréchal Pétain, l’on distingue Henri Rouvillois, 1875-1969 (1er récipiendaire) – Mai 1915, ACA 7 médecin-major Lapointe, modèle 1915, départ de Versailles pour le front - Saint-Rémy-sur-Bussy, près de SommeSuippes , camions techniques, cantonnements – HoE  de Wiencourt (Somme), hôpital d’évacuation baraqué, juin 1916 – baraques détruites. HoE, Tricot en ruines – ACA Lapointe devient ACA de Georges Lardennois, 1878-1940 – A Guiscard (Oise) en ruines, mars 1917.

3e partie – Guiscard, tentes Bessonneau « modestes et peu confortables »… Mai 1917, à Cugny (Aisne) près de Saint-Quentin. Lardennois, chirurgien consultant de la 3e armée. Vue aérienne. ACA 7 à Cugny, salle d’opérations, infirmières, chirurgiens, salle de pansements – Remise de décorations, visites officielles – « Chez les infirmières », cantonnement, popote, infirmières en service, « au laboratoire » - Visite des évacués avant le départ de l’HoE – Train sanitaire semi-permanent « Etat » à quai, chargement – Ressons-sur-Matz (Oise), avril à fin juin 1918, ville en ruines – Evacuation des blessés par péniche sanitaire sur l’Oise (1918), brancardage et chargement, disposition à bord, navigation.

4e partie – ACA 7 : 11 000 blessés soignés et opérés. Bombardement, vue aérienne, avions, mention de mitraillage de l’ACA 7 (10 juin 1918) – médecin inspecteur Bassères – Compiègne puis Angicourt (Oise), ACA en fonctionnement – Médecins américains signalés – A Notre-Dame-de-Liesse près de Laon (Aisne), séminaire de Liesse – Armistice – Citation ACA 7 à l’ordre du jour du 8e CA – Démobilisation à Notre-Dame de Liesse – Création de l’Association des Amis de l’ACA 7.

Ce très beau documentaire est dédié aux « maîtres » : les chirurgiens Rouvillois et Lardennois, anciens médecins-chefs de l’ACA 7. Le « metteur en scène » s’il note parmi les précurseurs - en fait, un seul : Boulant – ignore superbement le concepteur principal des ACA, le docteur Maurice Marcille (1871-1941) et son successeur, le professeur Antonin Gosset (1872-1944)… La Gloire ne se partage vraiment pas !

Merci et à bientôt pour le 201e article… qui tentera de rectifier cette lecture sur les autochirs et de refaire partager la Gloire...

Légende : La salle d'opération transportable de Marcille (1914) - (Musée du service de santé des armées)

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