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Le Service de santé régimentaire de l’armée allemande (1914-1918)

1 Avril 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #organisation

Le Service de santé régimentaire de l’armée allemande (1914-1918)
Notes d’organisation et de fonctionnement sur le service de santé régimentaire de l'armée allemande (1914-1918) :

« Le médecin-chef du régiment (Oberstabsarzt, médecin-major 1ère classe) se tient avec un médecin aide-major (Oberartz), un médecin auxiliaire (unterartz), un sous-officier, 4 infirmiers et 16 brancardiers au poste de secours principal du régiment (P. S. R.) qui, en période de stabilisa­tion, sert d’infirmerie de cantonnement.

« Dans chaque secteur de régiment, écrit le général von Below, environ à 2 ou 3 kilomètres en arrière de la 1ère ligne, il faut organiser divers abris (de préférence dans des caves réunissant les conditions nécessaires) pour servir de poste de secours régimentaire et susceptible du recevoir environ 100 blesses cou­chés. Il faut que chaque local ait 2 issues et permette le passage facile des brancards. »

Chaque bataillon possède un médecin-major ou un aide-major, un médecin auxiliaire, un sous-officier infirmier, 4 infir­miers et 16 brancardiers, qui se tiennent dans le P. S. B. : seuls les malades très légers y sont gardés quelques jours. Le général von Below demande «qu'il soit construit, à proximité de la réserve du bataillon, quelques abris pouvant recevoir de 25 à 40 hommes et une grande réserve da matériel sanitaire ».

Le « bataillon artz » marche à cheval à côté du chef du batail­lon et de l'officier adjoint « adjudant ». Ce dernier fixe l’emplacement du P, S. B. « Trüppenverbandplatz » et du point de rassemblement des blessés légers « Leichtverwundetensammelplatz ».

Au moment d'engager le combat, le chef de bataillon donne directement ou par écrit ses ordres au médecin du bataillon.

La voiture médicale (sanitäts wagen), attelée de 2 chevaux, marche avec le train de combat du bataillon.

Enfin, chaque compagnie, quand elle tient un secteur possède un petit poste de secours (P.S. C.) refuge-abri souterrain, à l’épreuve, voisin des premières lignes, dans lequel se trouvent un sous-officier infirmier et 4 brancardiers. En cas de nécessité, il peut demander 4 brancardiers supplémentaires occasionnels, qui sont munis d'un simple brassard rouge uni.

« Dans les périodes où la lutte est très active, ajoute von Below, il faut qu'il y ait dans chaque secteur de compagnie un abri sanitaire, tout à fait à l'épreuve, capable de recevoir 14 bles­sés couchés, à proximité de la 2e ligne et dans chaque secteur de compagnie. En outre, il faut avoir des locaux pour abriter le personnel sanitaire et le matériel sanitaire pour les premiers soins à donner aux blessés ; les brancards de tranchée, les couvertures, l'eau minérale, le matériel de désinfection, le maté­riel de réserve contre les gaz, des vivres de réserve, etc.».

En résumé, le Service Médical régimentaire est à peu près semblable au nôtre avec ses trois échelons (P. S. C. — P.S.B. — P. S. R.), généralement assez bien installés, dans des abris à l'épreuve. Ces P.S. souterrains, comme le réclame le général von Below, doivent être longs, solides, secs, avec couchettes latérales superposées, pour abriter momentanément de nombreux blessés, ainsi que le personnel, le matériel sanitaire, les substances désinfectantes et la réserve de masques et d'appareils anti-asphyxiants.

Service des évacuations. — Les blessés des compagnies en li­gne sont acheminés des P. S. C. et des P. S. B. sur le P. S. R. (truppenverbandplatz) par les brancardiers des bataillons. C'est là que les brancardiers de la Sanitäts Kie (G. B. D.) viennent chercher les blessés pour les transporter sur des brancards au « Wagenhalteplatz » (arrêt des voitures) appelé aussi « zwischenhauptverbandplatz » (poste intermédiaire de secours). Les bles­sés sont ensuite transportés au « hauptverbandplatz » (poste principal de secours) de la division en auto ou en voiture (Krankenwagen) et enfin à un « Feldlazaret ». » - Docteur Bonnette, article publié dans Le Progrès Médical, du 12 janvier 1918. In Variétés - Service de Santé allemand en campagne, p. 16)

Le personnel infirmier et brancardier allemand : équipements et dotations (1914-1918)

Poste de secours de compagnie. — Ce P. S. est installé dans un abri blindé, voisin des tranchées de résistance. Généralement on y trouve une petite caisse, renfermant quelques paquets de pansement, de la gaze, teinture d'iode, etc., permettant de faire un premier pansement. Le sous-officier infirmier a sous ses ordres 4 brancardiers pro­venant : 2 du premier peloton el deux du second peloton de la compagnie. En cas de nécessité, ils peuvent être renforcés par 4 brancardiers auxiliaires (brassard rouge uni), qui sont demandés au capitaine. Ces brancardiers sont capables de faire un premier pansement au moyen des paquets individuels. Les blessés sont ensuite transportés par deux brancardiers jus­qu'au « Revier ». — Ce poste de secours de bataillon comprend :

Une salle de visite (Untersüchnugsranm); une salle de malades (Krankenzimmer); une salle d’isolement (Senchenranm).

Brancards — Les brancardiers se servent en principe du brancard réglementaire bien connu. Toutefois, dans les tranchées souvent démolies et les boyaux étroits, où la circulation est difficile, ils se servent de préférence de la «Nottragbahre» (brancard de fortune), consistant en une toile de tente soutenue par un bâton. Les brancardiers ont toujours un petit approvisionnement de perches au P. S. de compagnie. Mais, dès la sortie du boyau, le blessé est placé sur un brancard ordinaire ou, avec une seconde perche, cette toile de tente est trans­formée en un brancard horizontal. La «Stuhlbahre», brancard en forme de chaise, portée par un ou deux brancardiers, est moins utilisée, mais est assez pratique lorsqu'on la porte à deux. La Stuhlbahre est une chaise faite avec des tubes d'acier et de la toile à voile. Au bord du siège, se trouve une palette mobile pour soutenir le membre fracturé. Le transport d’un blessé en Stuhlbahre par un brancardier est très pénible; à deux, il est notablement plus facile. Ce moyen de trans­port est surtout préconisé pour les blessés thoraciques. Les brancardiers signalent encore la «Schützengrabentragbahre» (brancard de tranchée) ou brancard à cadre métallique, avec sous-cuisses et courroies sous-auxiliaires., et deux toiles enveloppantes, qui enserrent le blessé et permettent de le transporter dans toutes les positions : ce brancard est similaire à ceux de Mooïg ou de Matignon.

Insignes de neutralité des brancardiers. — Le brancardier se distingue par un brassard blanc à croix rouge qu'il porte au bras gauche (2 cachets humides du ministère). Il est muni, en outre, d'une attestation (ausweis), délivrée par le chef de service, l’autorisant à porter ce brassard.

Cartouchières et revolver. — Chaque brancardier est muni de deux cartouchières d’environ 10 sur 20 centimètres, qu'il porte des deux Côtés de la plaque du ceinturon. Dans ces cartouchières, il place : 12 paquets de pansements petits, 3 paquets de pansements grands, 2 morceaux de tissu triangulaire (en serge grise noire, comme écharpes, 2 morceaux de tissu carré, 1 flacon de teinture d’iode, 1 paire de ciseaux, 1 pince, 1 bande hémostatique en tissu élastique portant à une des extrémités des boutons à pression, 2 paquets de gaze. Les brancardiers sont armés d'un revolver automatique et sont porteurs d'un bidon contenant 1 litre de café.

Renseignements divers :

Les feuillées, voisines des tranchées, ont des fosses profondes de 2 mètres environ, de 3 mètres de long et au moins d'un mètre de large. Ces feuillées ont un plancher avec trois ou quatre longs trous « à la Turque », pas de séparations entre ces trous. Les cabinets avec sièges sont rarement utilisés. Les feuillées sont recouvertes d’un abri. Le chlorure de chaux est surtout employé comme désinfectant.

Urinoirs improvisés. — Dans les tranchées, il existe de nombreux urinoirs improvisés avec deux planches en V, formant une auge légèrement inclinée vers un puisard de 1 mètre de profondeur, garni de grosses pierres et destiné à recevoir les urines. A défaut de pui­sard, il est utilisé des récipients métalliques goudronnés à l’intérieur. Au-dessus des auges on place un plan vertical en planches recouvert de papier goudronné, ou mieux de zinc.

Robusticité [sic] des brancardiers. — Pour être brancardier dans l'armée active, il fallait être très robuste, et avoir un minimum de 1 m 68 de taille.

Transport des blessés. — Dans les boyaux démolis ou tortueux, la préférence unanime des brancardiers est le transport du blessé dans une toile de tente. Malgré toute sa force, un brancardier ne peut transporter seul qu’un blessé très léger. La fatigue est encore accrue, quand il est obligé de se pencher fortement en avant, comme dans le transport en stuhlbahre.

Pansements en papier. — Sont très peu utilisés sur le front, car ils se délitent trop facilement sous la pluie ou le sang. Ils sont surtout employés dans les hôpitaux de l’intérieur.

Casques en acier. — Tous les brancardiers allemands sont dotés de ce casque depuis environ un an, la troupe depuis près de deux ans. Les casques en cuir ont été reversés. Seuls, les officiers à l'arrière sont autorisés à se servir de leurs casques en cuir bouilli. Le casque en acier allemand pèse 980 grammes, mais les trois coussinets, qui sont à l’intérieur, en répartissent bien le poids et le font vite accepter. Les médecins militaires allemands ont aussi constaté que les plaies crâniennes ont diminué de fréquence et de gravité. Sur les côtés du casque, se trouvent deux saillies métalliques perforées d'un canal central pour la ventilation et servent de pivot à une visière ajourée, qui peut se rabattre sur les yeux au moment de l'assaut; mais cette visière a été rarement employée.

Insignes de neutralité. — Les infirmiers et les brancardiers sont dotés d'un large brassard avec croix rouge très visible, portant deux timbres humides. Chacun d'eux possède une autorisation signée de leur chef de service pour le port de cet insigne : cette autorisation est imprimée sur un papier entoilé :

Ausweis (1)

Name : Dienstgrad : Truppenteil :, Ist gemäh Artikel 20 des Genfer Abkommens vom 6. Juli 1906 zum Tragen des Neutralitätszeichens, einer auf dem linken Arme befestigten von der Militärbehörde gestempelten Binde mit dem Roten Kreuze auf weihem Grunde, berechtigt.

Truppenteil : Kommandeur : Unterschrift, Zur Gegenprobe : (Unterschrift des Inhabers).

(1) Permis, nom, grade, unité. Selon l'article 20 de la Convention de Genève du 6 juillet 1906, l’insigne de la neutralité consistant en un brassard avec croix rouge sur fond blanc fixé sur le bras gauche : ce brassard porte un timbre de l’autorisation militaire,
Unité, chef de l'unité (signature). Signature du porteur.

Les infirmiers, qui ont subi avec succès l'examen du caducée portent cet insigne sur le bras droit. (Grand ovale au centre duquel se trouve un serpent en drap jaune, enroulé sur un bâton d’Epidaure.

Plaque d'identité (Enkennungsmarke). — Les plaques d'identité des infirmiers et des brancardiers sont du nouveau modèle et portent les indications suivantes : le nom de l’homme, son adresse (ville, rue, n°), la date de naissance, le corps auquel il appartient, l’unité et le n° matricule. En outre, ces plaques, qui sont deux fois plus volumineuses que les anciennes, présentent à leur centre trois dépressions longitudi­nales, de telle sorte que les deux moitiés de la plaque portant deux fois les mêmes indications, tout en adhérant suffisamment, puissent être séparées facilement. Quand un soldat allemand est tué, on enlève seulement la partie inférieure de la plaque et la partie supérieure est laissée fixée au cou, de manière à permettre d'identifier ultérieurement le cadavre.

Carnet de prêt (soldbuch). — Comme tous les soldats allemands, chaque infirmier ou brancardier est détenteur d’un carnet de prêt qui sert de pièce d'identité militaire et présente plusieurs indications médico-militaires. A la page 4 figure la date des diverses vaccinations; ex. : Typhoïde : 26.2.15, 6.3.15, 12.3.15 ; Choléra : 12.3.15, 17-4-15 ; A la page 10 et 15 sont notées les diverses hospitalisations dans les feld et kriegs lazarette.

Vaccinations antityphoïdique et anticholèrique. — En général, les allemands font 3 injections antityphoïdiques et 2 injections anticholériques, à huit jours d’intervalle. Elles se font en avant et au-dessous du mamelon gauche, au lieu d'être faites dans la région rétroscapulaire, comme en France. La peau est désinfectée à la teinture d'iode, les aiguilles de Pravaz sont bouillies et les flacons, bouchés à l’émeri, renfermant le sérum, sont versés dans une cupule bien aseptique. Tous les soldats, presque sans exception (même ceux des plus vieilles classes), sont vaccinés. Unité, chef de l'unité (signature). Signature du porteur. Quelques soldats présentent des réactions fébriles assez marquées, les vomissements sont exceptionnels et les décès inconnus. Les vaccinations anticholériques sont particulièrement bien supportées.

Pansement individuel. — Est un petit paquet de 7 centimètres de long, 5, de large et 3 de haut. Il est recouvert d'une toile grisâtre, forte, qui porte, comme indication, l'année de la fabrication, puis une enveloppe en papier jaunâtre sur laquelle est indiquée la façon d'ouvrir le pansement sans le souiller. La bande porte à une de ses extrémités une compresse de gaze rosée (imbibée de sublimé). Le globe de la bande doit être saisi par la main droite et la main gauche doit saisir l'extrémité qui porte l’indication « hier ». Et en faisant une légère traction, la compresse s'ouvre et s'applique sur la plaie sans qu'on la touche. Les pansements individuels sont utilisés pour les petites blessures. Chaque soldat porte sur lui deux de ces pansements, qui sont placés dans une pochette sous le pan gauche antérieur de la vareuse. Pour les blessures graves, étendues, il existe des pansements plus grands, tout prêts, qui sont entreposés avec le matériel sanitaire (gouttières, etc.,) dans les paniers ou armoires des P.S.

Pansements en papier. — Ce papier ressemble à du crèpe Velpeau. Les pansements ont été fabriqués pour économiser la gaze et le coton. Ils sont surtout employés quand ils doivent être promptement remplacés. En cas d'hémorragie un peu abondante, ces pansements en papier se désagrègent très vite. Les médecins régimentaires recommandent aux infirmiers d'appliquer les pansements individuels à sec, car la compresse rosée qui est imprégnée de sublimé, peut produire au contact de la teinture d'iode, une dermite médicamenteuse désagréable.

Leucoplaste. — Les infirmiers allemands font un très grand usage du leucoplaste (rouleau de zink-kantschuk-pflaster) pour fixer et maintenir les pansements au lieu et place des bandes.

Bandes de pansement au bismuth. - Les médecins allemands emploient beaucoup des bandes au bismuth (bandes du Dr Von Bardeleben) contre les brûlures. C'est un pansement commode, économique, calmant rapidement la douleur et ne nécessitant pas son renouvellement fréquent. En outre, il se conserve très bien en magasin. Ces bandes « Bardella » ont été également utilisées dans les cas de datres exsudantes, d'ulcères des jambes, engelures ulcérées, de congélation, d’écorchures et de pansement ombilical des nouveaux nés. Actuellement, ils l’emploient pour les plaies consécutives aux gaz vésicants. Il est recommandé de fixer ces bandes par une couche de coton hydrophile, qui doit seule être changée lorsqu'elle commence à être imbibée. Ces bandes doivent être laissées plusieurs jours au contact des plaies. Pour les renouveler il y a lieu d'imbiber le coton et la bande avec de l'eau chaude stérile, puis refaire le pansement au bismuth. Avant la guerre, en Allemagne, ces bandes bismuthées étaient très employées dans les usines, où les ouvriers étaient exposés aux éclaboussures d'acide sulfurique. En cas d'accident, on commençait par laver ces brûlures à grande eau, puis avec une solution légère d'ammoniaque ou de soude pour neutraliser l'action de l'acide. Puis, après avoir épongé la plaie, on appliquait un morceau de bande Bardella, qui calmait la douleur et faisait promptement cicatriser la brûlure. » - P. Bonnette. Le Progrès médical, bulletin, 1918, Service de santé allemand. Service régimentaire. p. 286-288.

On se reportera à notre synthèse sur : http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/le-service-de-sante-de-l-armee-allemande-1914-1918

Légende photo :

Infirmier allemand (1ère Guerre Mondiale), dans l’exposition « L’ambulance 13 stationne au Val-de-Grâce », Val-de-Grâce, Paris, 2011. Droits réservés.

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PAUL HARDOUIN (1874-1956) ET LE SERVICE DE SANTE ALLEMAND

21 Septembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #organisation, #Bretagne 1914-1918

PAUL HARDOUIN (1874-1956) ET LE SERVICE DE SANTE ALLEMAND

Suite [page 8] du rapport de captivité du chirurgien rennais Paul Hardoüin (1874-1956) consacré à sa découverte du service de santé de l’armée allemande.

« II) - Le service de santé allemand sur le front [Beaurieux et Saint-Gilles, mai-juillet 1918]

Je me suis trouvé pendant six semaines sur le front en contact étroit avec le service de santé allemand, et cela a été un de mes grands étonnements, de l’autre côté de la barricade, de voir combien il était défectueux et mal organisé : relève tardive des blessés, traitement d’urgence presque jamais appliqué, pénurie complète d’objets de pansements, d’instruments, de moyen de transport. Jointe à cela, une ignorance absolue par la presque totalité des médecins que j’ai vus, de la chirurgie de guerre actuelle, ablation rare des projectiles et toujours secondaire, débridement incomplet, pas une seule opération d’exérèse des tissus contusionnés, pas une tentative de suture primitive. Plus grave encore, aucune immobilisation des fractures de cuisse [page 9] comme nous l’avons dit plus haut. Enfin aucune notion de procédés de désinfection des plaies par le Dakin [antiseptique à base d’eau de Javel mis au point par Henry Drysdale Dakin (1880-1952)] ou par la méthode de Delbet [utilisation, dès 1915, du chlorure de magnésium comme antiseptique, par Pierre Delbet (1861-1957)]. La suppuration très abondante existait partout. Je dois d’ailleurs dire de suite, que je n’ai pas noté de différence de traitement par les allemands, de nos blessés ou des leurs. Les faits que je leur reproche, me paraissent relever exclusivement d’ignorance, d’un manque complet d’organisation, et non d’un mauvais vouloir pour leurs adversaires. Voici quelques détails intéressants qui permettront de préciser notre jugement sur le Service de Santé Allemand à l’avant. Il ne possédait, à proximité des lignes, aucune organisation importante pour recevoir les blessés. Ceux-ci étaient transportés très loin à l’arrière jusqu’à Laon, soit par camions automobiles à roues non caoutchoutées [cf. in fine, Pour en savoir plus], soit par brancards, soit dans des toiles de tente, soit enfin à dos d’hommes (rapport verbal du commandant Chevalier du 64e Infanterie, blessé le 27 mai, d’une plaie de poitrine et transporté à Laon). Heureusement pour les blessés, l’ennemi a trouvé nos magnifiques installations du front, les postes chirurgicaux avancés et les H.o.E. [cf. 1ère Partie]

A Beaurieux, les blessés ont commencé à arriver le 27 [mai] vers midi. Dans la soirée et la nuit, il en est entré environ 200, tout d’abord des allemands, puis des français et des anglais. Leur nombre, je l’ai dit, n’a pas tardé à atteindre 350. Le premier jour, un seul médecin allemand non chirurgien, assurait le service. J’ai soigné des allemands jusqu’à l’arrivée des blessés français, ensuite je me suis occupé de ceux-ci exclusivement. J’ai demandé au médecin allemand si il ne viendrait pas d’autres des ses collègues pour l’aider, il m’a répondu « pas avant demain, et il est très heureux que vous soyez resté, car vous pouvez vous en rendre compte, pas un seul de nos blessés n’aurait pu être soigné ». Pendant ce temps les blessés s’accumulaient, tous les lits étaient [page 10] occupés, tous les couloirs remplis de brancards se touchant et bientôt dans la cour elle-même une soixantaine de blessés se trouvaient rangés. J’ai réussi à mettre à l’abri tous les Français en utilisant jusqu’aux écuries. Mais j’ai vu des allemands avec des blessures de toute nature, et munis d’un pansement provisoire placé sur le champ de bataille, rester ainsi deux jours et au moins une nuit dehors, sans aucune espèce de soin.

Le 28 [mai] est arrivé un jeune chirurgien de Berlin remplissant les fonctions de consultant d’armée ou de corps d’armée. Je lui ai désigné, sur sa demande, deux blessés allemands atteints de plaie abdominale par balle, blessure de date récente et justifiant une laparotomie immédiate. J’ai assisté à l’opération. Elle m’a montré une très mauvaise technique et un manque complet d’asepsie. Ce chirurgien entre autres choses, après s’être servi d’un instrument, le déposait en dehors des champs opératoires sur le drap non stérilisé, et le reprenait ensuite pour opérer. Il a fait à la paroi abdominale une incision extrêmement étroite de 7 à 8 centimètres à travers laquelle il recherchait l’anse intestinale lésée. Dans l’un des deux cas où je l’ai vu opérer, il n’a trouvé aucune perforation, ce qui ne saurait étonner, et malgré la présence évidente de gaz sortant de l’abdomen, il a refermé le ventre sans rien faire de plus. Au bout de quatre jours seulement un véritable chirurgien est venu ; c’est le seul que j’ai rencontré au front.

Les Allemands ont beaucoup admiré l’appareil d’Ombredanne [appareil d’anesthésie à l’éther conçu (1908) par Louis Ombrédanne (1871-1956)] qu’ils ne connaissaient pas, mais dont ils se sont ensuite servis constamment. Ils donnaient auparavant de l’éther au goutte à goutte, ce qui dépensait une grande quantité de narcotique, difficile à doser et provoquant en général une anesthésie très irrégulière.

[page 11] A St-Gilles au moment où nous sommes arrivés le 13 juin, il y avait environ deux mille deux cents blessés, soit 2000 allemands et 200 alliés dont une vingtaine d’américains et d’anglais. Pendant le courant de juin et jusqu’au 8 juillet, il est passé à peu près 4000 allemands dans l’H.o.E. Le personnel médical comprenait en tout deux ambulances et un G.B.D [(Groupe de brancardiers divisionnaires), équivalent de la Sanitätskompanie allemande]. Ce dernier un peu différent du notre [car probablement associé à un Feldlazaret], comprenait 7 à 10 médecins ; sur ce nombre il y avait parait-il 2 à 3 chirurgiens dont le principal était malade et n’opérait pas. Je ne sais ce que valaient les deux autres, ne les ayant pas vus à l’œuvre. De toute façon il y avait insuffisance absolue de personnel compétent et cela explique le manque de soins qui étaient donnés aux blessés. J’ai dit plus haut dans quel état de saleté et de suppuration ils se trouvaient. En outre ces ambulances ne possédaient pas de matériel chirurgical, ou du moins à peine ce qui aurait été nécessaire pour un tout petit hôpital de blessés légers. Le médecin chef allemand à différentes reprises, a réclamé des instruments de Beaurieux, mais il ne lui jamais été transmis. Lorsque j’avais une intervention à faire, j’étais obligé de prévenir à l’avance la salle d’opération de l’ambulance à laquelle j’étais rattaché. On me prêtait quelques mauvais instruments et je devais les rendre aussitôt après m’en être servi. Si les Allemands n’avaient pas trouvé nos organisations du front, je ne sais comment ils auraient pu arriver à faire même de simples pansements à tous leurs blessés. Nos H.o.E. d’ailleurs ont provoqué chez eux une admiration qu’ils n’essayaient pas de dissimuler, malgré le dépit visible de n’avoir rien de pareil à nous opposer. Notre richesse en matériel de pansements les impressionnait beaucoup et certains qui croyaient la France épuisée, n’ont pu [page 12] s’empêcher d’en faire la réflexion. J’ai eu l’occasion de parler plusieurs fois de l’organisation du Service de Santé ALLEMAND avec le médecin chef. Il m’a demandé comment fonctionnaient nos H.o.E. et comment nous aurions fait dans des circonstances analogues en pays ennemi. Je lui ai alors parlé de nos équipes chirurgicales, de leur fonctionnement, de leur rôle et de la possibilité que nous aurions eue en 48 heures de réunir le nombre de chirurgiens nécessaires au bon fonctionnement normal d’un gros centre de blessés. Il a paru très intéressé et fort étonné.

Leur ignorance en chirurgie de guerre était complète, j’ai déjà signalé plus haut la lenteur des évacuations, l’absence de sutures primitives, la suppuration profuse qui me rappelait les plus mauvais jours de 1914, mais encore, ils ne connaissaient rien de nos procédés si remarquables de désinfection des plaies. L’ablation des projectiles n’a rien de systématique chez eux et les médecins allemands ont été particulièrement surpris de notre luxe d’installation radiographique. Parmi leurs résultats déplorables que je pourrais citer en grand nombre, je signale en passant le cas du lieutenant d’Artoli. Cet officier atteint au genou d’une plaie par balle n’ayant pas intéressé les os, a subi l’ouverture large de l’articulation avec section du tendon rotulien. La plaie opératoire est restée largement ouverte, le genou maintenu en demi-flexion par une gouttière métallique. Je l’ai vu 13 jours après une infection extrêmement grave, fusées purulentes remontant haut à la partie postérieure de la cuisse, état général des plus alarmants. J’ai du faire dans l’urgence une amputation basse du fémur.

Le traitement des fractures du membre inférieur est chez eux absolument déplorable. Les blessés arrivent du front sans immobilisation, et ils n’ont rien qui ressemble à notre attelle de Thomas [mise en place dès 1916, et généralisée jusque dans les postes de secours régimentaires en 1918], dont je leur ai expliqué l’emploi. Puis le blessé débridé [page 13] et pansé est mis dans son lit sans extension, sans immobilisation véritable, la mauvaise gouttière qu’ils emploient quelquefois ne pouvant en tenir lieu. Aussi leur mortalité est-elle considérable, les amputations presque de règle et les résultats éloignés très mauvais chez ceux qui guérissent.

Le médecin chef allemand venant un jour, par ordre, visiter la salle dans laquelle j’avais réuni une trentaine de fractures dont 23 du fémur est resté stupéfait de voir toutes les fractures de jambe dans un appareil plâtré, et les fractures de cuisse en extension parfaite, grâce à une modification intéressante que j’avais adoptée dans l’application de l’attelle de Thomas, sur un plâtre formant spica au niveau de l’aine. Je lui ai également montré plusieurs de ces fractures complètement réduites par huit ou dix jours de traction forte, parfaitement immobilisées dans un grand appareil plâtré prenant à la fois le bassin et tout le membre inférieur avec fenêtre large pour continuer le pansement. Il m’a demandé alors l’autorisation d’amener ses collègues me voir placer des appareils pour fracture de cuisse et le lendemain matin, j’avais le plaisir de montrer aux 10 médecins allemands présents [qu’en] France on savait traiter les grands blessés autrement que chez eux.

J’ai voulu alors par réciprocité voir leurs blessés mais dans tout le service que j’ai visité il n’y avait pas de fractures du fémur et je crois que dans tout l’H.o.E. j’en aurais rencontré très peu. Ceux qui résistent en effet et qui n’ont pas été amputés sont le plus tôt possible embarqués dans des trains sanitaires, munis ou non d’appareils d’immobilisation de fortune et renvoyés à l’Intérieur.

Je voyais tout récemment à Heidelberg un commandant de cuirassiers rentrant en France. Il avait été atteint d’une fracture de cuisse par balle de révolver devant Lassigny et avait eu la chance de ne pas s’infecter. Pendant un mois il a été trainé d’hôpitaux en [page 14] hôpitaux sans immobilisation et il a actuellement une consolidation vicieuse dans laquelle les deux fragments osseux forment un angle de 60 degrés environ ouvert en dedans. Il est inutile je crois d’insister plus longuement. Je ne veux pas évidemment généraliser. Il y a en Allemagne d’excellents chirurgiens mais ils ne sont pas sur le front. Ceux que j’y ai rencontrés ne sont pas instruits de la chirurgie de guerre, ils sont insuffisamment outillés et trop peu nombreux. En arrivant au camp d’Osnabrück l’officier chargé de fouiller mes bagages constatant par différentes notes que j’étais professeur suppléant à l’Université de Rennes, m’a dit d’un air étonné : « Comment se fait-il étant professeur que vous ayez pu être fait prisonnier ? » - « En France lui ai-je répondu les professeurs vont soigner les blessés là où l’on juge qu’il est le plus utile de le faire ».

Ce qui ressort visiblement pour moi du contact prolongé avec les organisations chirurgicales allemandes de l’avant, c’est que la récupération rapide du petit blessé leur importe par-dessus tout, le reste est sacrifié et ils jugent inutile de faire de grands frais pour sauver quelques membres gravement atteints ou des vies trop compromises. C’est d’ailleurs l’avis de tous ceux de mes collègues qui ont travaillé dans les mêmes conditions que moi à Mont-Notre-Dame et à Vasseny [cf. 1ère Partie]. Comme le disait un médecin allemand à l’un d’eux qui me l’a répété : « l’argent que vous dépensez avec une telle prodigalité pour le traitement de ces blessés, nous l’employons nous, à acheter des canons et des mitrailleuses. » Tout le Boche est résumé là. »

Le 8 juillet 1918 le médecin major de 2e classe quitte St-Gilles pour l’Allemagne, via Fismes (camp de prisonniers anglais), Beaurieux, Laon, Hirson (fort) ; il séjournera aux camps de Rastatt (24 juillet) puis Osnabrück (3 août 1918) avant d’être libéré via la Suisse. Il rentre en France le 7 novembre 1918.

Retour à l’H.o.E. de Saint-Gilles…..

Extraits du rapport manuscrit du médecin aide-major de 1ère classe Boulet, de l’équipe chirurgicale n° A 151, en date du 6 avril 1919 que nous avons quitté le 8 juillet 1918 à l’H.o.E. de Saint-Gilles, au départ du docteur Hardoüin pour la captivité [cf. 1ère partie].

« [page 1] (…) Nous restions donc le 8 juillet, 3 médecins français, une infirmière (les deux autres étaient malades), un soldat infirmier pour soigner tous ces blessés. Nous continuâmes les pansements, fîmes quelques nouveaux appareils plâtrés et c’est en excellent état que nos blessés furent successivement évacués du 11 au 13 juillet. Nous restâmes avec trois blessés intransportables. Nous fûmes tous heureux de souffler quelques jours. La nourriture devenait insuffisante et personnellement j’avais la fièvre, de la courbature, explicables par ce surmenage durant depuis plus de six semaines.

Le 15 nous reçûmes dix blessés français ou alliés, puis le 18, une centaine qui nous arrivèrent dans un état épouvantable ; de nombreux blessés des membres inférieurs avaient de la gangrène, d’autres étaient porteurs de myiases de toutes tailles. J’ai le regret d’avoir quelques décès pour gangrène malgré tous les soins et l’amputation. D’autres blessés atteints de gangrène des membres, même de la cuisse et de la région fessière furent sauvés grâce au traitement chirurgical (excisions avec conservation des membres) et à l’injection de 50, 100, 120 cc de sérum de Wassermann [August Von Wassermann (1866-1925)]. Ce sérum m’a paru spécifique dans plusieurs cas, amenant en vingt-quatre heures la chute de la température, faisant se diminuer nettement les tissus gangrénés, des tissus sains et amenant la fonte des tissus suspects. Quant aux blessés porteurs de m[y]iases, les lavages au formol, à la solution [page 2] de Mencière [Louis Mencière (1870- ?)] les en débarrassèrent. Tous ces blessés arrivaient des lignes avec le plus souvent leur pansement individuel parfois recouvert par quelques tours de bande en papier. Beaucoup de fractures étaient sans immobilisation. Aucun pansement sérieux n’avait été fait, à plus forte raison, aucune opération depuis cinq jours qu’ils avaient été blessés. C’est ainsi que je vis un sous-lieutenant français cinq jours après sa blessure, présentant par une plaie au ventre, une hernie d’un mètre cinquante d’intestin verdâtre sur lequel couraient des myiases, cet officier avait eu le courage de rester cinq jours sans boire ni manger. Il était mourant quand on nous l’amena.

Les allemands ne nous avaient plus laissés qu’une salle d’opération et de pansements – ils nous avaient pris celle si bien aménagée par nos dames infirmières. Aussi certains jours fûmes nous obligés de travailler plus de vingt heures, de faire des pansements à la lampe, les allemands éteignant l’électricité de crainte des avions.

Pendant ces journées épouvantables le dévouement de mes collaborateurs fut absolu. Je sais qu’une récompense a été donnée à Madame Legrix, dame de la Croix-Rouge qui fut admirable, j’en demanderai une pour le soldat infirmier Bouligon ? du 408e régiment d’infanterie (déjà quatre fois cité) qui soigna ses camarades jusqu’à l’épuisement.

Le 22 juillet au soir les allemands nous prévinrent que tous les Français valides devaient partir de bonne heure le 23. Tous nos blessés avaient reçus les soins nécessaires, avaient été opérés et étaient en bon état à cette date (…) ».

Le médecin aide-major Boulet quitte à pied l’H.o.E. de Saint-Gilles le 23 juillet 1918 pour Laon via Fismes. Il embarque ensuite en train pour Hirson où il séjourne du 25 au 30 juillet 1918. Il se remet en route pour le camp de prisonniers de Rastatt où il est enfermé du 30 juillet au 4 septembre 1918. A Rastatt il retrouve les médecins faits prisonniers, le 28 mai, à l’H.o.E. de Mont-Notre-Dame lors de l’offensive allemande du 27 mai. Il est ensuite dirigé vers la Prusse Orientale où il est employé au camp de prisonniers de Graudenz (5 septembre-24 décembre 1918) bien au-delà de l’Armistice. Le 24 décembre 1918, avec le médecin major David il est envoyé au camp de Cottbus (Brandebourg) où il soigne les malades français de la « grippe pulmonaire ». Il rentre en France le 7 janvier 1919 via Mannheim ; il se présente à la direction du service de santé de la 1ère région, le 18 janvier 1919.

FIN

Paul Hardouin (1ère partie)

Source : Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, cartons n°634 (dos. Boulet) et n°635 (dos. Hardouin)

Illustration : CPA - Conflans. Embarquement de blessés à proximité de la gare (Coll. particulière, DR)

Pour en savoir plus :

Sur le service de santé allemand (1914-1918)

Sur les erzatz et politiques de remplacement dans l’armée allemande : Laparra Jean-Claude. La Grande Débrouille. Un point de vue iconoclaste sur l’armée allemande 1914-1918. Louviers : Ysec, [2005], 208 p.

A Paraître en octobre 2013, le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, France sud-est.

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AMBULANCES MILITAIRES OU HOPITAUX TEMPORAIRES ? (2)

31 Août 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #organisation

AMBULANCES MILITAIRES OU HOPITAUX TEMPORAIRES ? (2)

D’une Guerre à l’autre (1870-1914)

En décembre 2012, je proposais aux lecteurs un court article sur « Ambulances ou Hôpitaux ?... une terminologie vicieuse » (août 1914). Aujourd’hui, je présente un autre court extrait d’un ouvrage de Jean-Charles Chenu (1808-1879) - cité infra – ancien médecin militaire, inspecteur général et directeur des ambulances auxiliaires de la Société Française de Secours aux Blessés durant la guerre de 1870-1871. L’on verra ci-après que l’abus de langage de 1914 était déjà d’actualité en 1870…

« Partout le nom d’ambulance a été donné à tous les dépôts de blessés ou de malades ; c’est une erreur qui n’a pas, il est vrai, d’importance ; mais ces dépôts dans les villes et quelques localités plus ou moins éloignées du champ de bataille n’étaient que des hôpitaux temporaires petits ou grands. Le nom d’ambulance indique la mobilité qui permet de suivre l’armée dans tous ses mouvements et ne peut s’appliquer aux dépôts dont nous venons de parler. Quoi qu’il en soit et pour nous conformer à l’usage qui vient d’être en quelque sorte établi pendant cette guerre, nous dirons qu’il y a eu pour secourir les blessés et les malades :

1° Des ambulances de campagne ou ambulance volantes, les unes civiles volontaires, les autres militaires et officielles ; […]

2° des ambulances des gares ou de passage et de ravitaillement ;

3° des ambulances sédentaires ou dépôts de blessés et de malades ;

4° des hôpitaux militaires et civils. »

Extrait de Chenu (J.-C.). Rapport au Conseil de la Société Française de Secours aux Blessés des armées de terre et de mer sur le service médico-chirurgical des ambulances et des hôpitaux pendant la Guerre de 1870-1871. Paris : Dumaine, t. 1, 1874, p. 99.

A PARAITRE en Octobre 2013 Le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918. Région Sud-Est .

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Navires-hôpitaux (1914-1918)

1 Juillet 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #organisation

Navires-hôpitaux (1914-1918)

Les navires-hôpitaux français et les évacuations sanitaires par voie maritime (1914-1918).

Ce sujet méconnu fera l’objet de développements dans le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918 consacré à la France sud-est (à paraître, en novembre 2013, chez Ysec) et va ainsi clore la série de dossiers thématiques sur les évacuations sanitaires proposée dans les précédentes livraisons : tome 2, les trains sanitaires ; tome 3, les véhicules sanitaires automobiles ; tome 4 (octobre 2013), les navires-hôpitaux et les péniches sanitaires.

Plan :

Introduction historique

  1. Les navires-hôpitaux et le front des Flandres : avec focus sur le centre hospitalier de Dunkerque. Les évacuations au départ de Dunkerque sur les ports de destination : Brest, Cherbourg, Le Havre et Saint-Nazaire.
  2. Les navires-hôpitaux aux Dardanelles : avec focus sur le centre hospitalier d’Alexandrie (Egypte).
  3. Les navires-hôpitaux à Corfou et à Salonique : avec focus sur le centre hospitalier de Corfou, « au secours des Serbes », le centre hospitalier de Bizerte. Les navires-hôpitaux à Salonique. Les lignes de communication en Méditerranée, Toulon, etc.

En guise de conclusion

Ce dossier thématique sera illustré, accompagné d’annexes et d’un tableau récapitulatif des navires-hôpitaux, transports de blessés, hôpitaux flottants, dépôts de convalescents, etc. de la Guerre 1914-1918, repérés par les auteurs :

Amazon - Amiral Duperré - Amiral Hamelin - Amiral Magon - Angèle Achaque – Annam - André Lebon – Aquitaine – Ariadne - Armand Béhic - Asie - Asturias – Australien – Basque - Bien Hoa - Bon Voyage – Brasile – Bretagne – Britannia – Burdigala – Calédonien – Canada – Carthage – Caudan – Ceylan - Charles Martel - Charles Roux – Delta – Divona – Djemnah – Doukkala - Duguay Trouin – Dumbea - Edouard-Corbière – Flandre - France IV – Furet – Gange – Glaneuse – Goliath [exemple] - Grand Phocéen – Havraise – Infatigable – Iskheul – Italie - Jeanne Antoinette – Karnac – France - La Gascogne - La Navarre – Landau – Lafayette - Lorraine II – Lotus – Louqsor – Lutetia – Médie – Miquelon – Moulouya - Natal - Paul-Lecat - Petite Savoie – Phocéen – Polynésien - Provence II – Rove - Saint François d’Assise - Sainte Hélène - Sainte Marguerite - Savoie II – Sphinx – Sud – Sydney – Tchad - Théodore Mante – Timgad – Travailleur - Ville-d’Arzew - Ville-de-Rabat - Ville-de-Rochefort - Vinh Long – Yarra – Zazita

Ces bâtiments feront l’objet d’une monographie succincte avec le détail connu de leurs évacuations sanitaires, classées chronologiquement, sur le modèle des notices présentées dans les précédents volumes des Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918. Un point de synthèse sur les marques postales des navires-hôpitaux français sera présenté par René Le Verge, marcophile naval.

A titre d’exemple :

Goliath - 1915-1919 - Remorqueur - Activités d'évacuations sanitaires : [mai 1915 à juillet 1915]

Notes : Front d’Orient (Dardanelles) – 31/05/15, Dép. Cap Helles (217 évacués, avec Th. Mante) pour Moudros – 07/06/15, 13h00, Dép. Cap Helles (60) pour Moudros – 17/06/15, Dép. Cap Helles (148) pour Moudros – 19/06/15, 13h00, Dép. Cap Helles (220) pour Moudros – 21/06/15, Dép. Cap Helles (120) pour Moudros – 25/06/15, 13h00 Dep Cap Helles (151) pour Moudros – 29/06/15, 11h00 Dép. Cap Helles (186) pour Moudros – 03/07/15, 13h00 Dép. Cap Helles (159) pour Moudros – 05/07/15, 13h00 Dép. Cap Helles (94) pour Moudros – 07/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (143) pour Moudros – 11/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (149) pour Moudros. Goliath, lors de ce trajet est touché par un obus (7 blessés) - 15/07/15, 12h00 Dép. Cap Helles (60 ou 162 ?) pour Moudros – 19/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (129) pour Moudros.

Photo : Le personnel médical sur le pont du Charles-Roux à Salonique.(c) Musée du service de santé des armées, cl. 22644

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SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE »

16 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #organisation

SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE »

SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE » (1914)

Depuis quelques semaines j’ai commencé la transcription de témoignages de personnels sanitaires faits prisonniers par les Allemands, en 1914, lors de la bataille des Frontières : Lille 1914, Montmédy 1914, Sedan 1914, etc. D’autres sont en préparation : Lens, Chauny, Rethel, etc.

Dans ces témoignages les médecins se plaignent d’avoir été faits prisonniers et retenus en dépit des termes de la convention de Genève qui protègent les « sanitaires ». Vous trouverez ci-après un extrait des articles de la convention de Genève révisée qui traite du personnel sanitaire prisonnier.

Convention de Genève, révisée le 6 juillet 1906 :

« (…) III – Du Personnel

Art. 9 – Le personnel exclusivement affecté à l’enlèvement, au transport et au traitement des blessés et des malades, ainsi qu’à l’administration des formations et établissements sanitaires, les aumôniers attachés aux armées, seront respectés et protégés en toute circonstance ; s’ils tombent entre les mains de l’ennemi, ils ne seront pas traités comme prisonniers de guerre.

Ces dispositions s’appliquent au personnel de garde des formations et établissements sanitaires dans le cas prévu à l’article 8, n°2.

Art. 10 – Est assimilé au personnel visé à l’article précédent le personnel des sociétés de secours volontaires dûment reconnues et autorisées par leur gouvernement, qui sera employé dans les formations et établissements sanitaires des armées, sous la réserve que ledit personnel sera soumis aux lois et règlements militaires.

Chaque Etat doit notifier à l’autre, soit dès le temps de paix, soit à l’ouverture ou au cours des hostilités, en tout cas avant tout emploi effectif, les noms des sociétés qu’il a autorisées à prêter leur concours, sous sa responsabilité, au service sanitaire officiel de ses armées.

Art. 11 – Une société reconnue d’un pays neutre ne peut prêter le concours de ses personnels et formations sanitaires à un belligérant qu’avec l’assentiment préalable de son propre gouvernement et l’autorisation du belligérant lui-même.

Le belligérant qui a accepté le secours est tenu, avant tout emploi, d’en faire la notification à son ennemi.

Art. 12 – Les personnes désignées dans les articles 9, 10 et 11 continueront, après qu’elles seront tombées au pouvoir de l’ennemi, à remplir leurs fonctions sous sa direction.

Lorsque leur concours ne sera plus indispensable, elles seront renvoyées à leur armée ou à leur pays dans les délais et suivant l’itinéraire compatible avec les nécessités militaires.

Elles emporteront alors les effets, les instruments, les armes et les chevaux qui sont leur propriété particulière.

Art. 13 – L’ennemi assurera au personnel visé par l’article 9, pendant qu’il sera en son pouvoir. Les mêmes allocations et la même solde qu’au personnel des mêmes grades de son armée. » (…)

Médecin inspecteur Troussaint. La Direction du service de santé en campagne, 2e éd., Paris : Ch. Lavauzelle, 1913, p. 270-271.

Photo : Médecins français prisonniers au lazarett de Konigsbruck (Saxe), en 1914-1915.

(c) Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 639, dossier du médecin aide major de 2e classe Maurice Picard, du 109e régiment d'infanterie.

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TRAINS SANITAIRES – IDENTIFICATION DES EVACUES (1916)

9 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #organisation

A plusieurs reprises sur le forum Pages 1914-1918 des intervenants ont signalé la difficulté de retrouver la trace de soldats blessés ou malades évacués par trains sanitaires ; les fonds documentaires détenus par le service des archives médicales et hospitalières des armées étant signalés comme « lacunaires »... Dans les faits la réglementation administrative concernant l’enregistrement des évacués à bord des trains sanitaires a évolué durant la guerre dans le sens d’une simplification des écritures. C'est à mon avis, pour cette raison que la documentation administrative fait parfois défaut. D’août 1914 à octobre 1916 – « réglementairement » - l’on peut trouver par train sanitaire des « carnets de passage » où sont inscrits tous les évacués embarqués. A compter d’octobre 1916 (cf. infra) cet enregistrement est supprimé. Pour trouver trace de l’évacué il faut dorénavant se reporter 1) - aux « feuilles d’évacuation » qui accompagnent le train sanitaire et qui sont retournées aux hôpitaux d’évacuation (HOE) d’origine du chargement, dès la fin de mission ; 2) - aux « listes de blessés » (classés par wagon !) dont les souches sont conservées dans les archives des trains sanitaires. (Instruction provisoire sur les évacuations par voie ferrée…, du 15 décembre 1916, annexe II).

Ces « feuilles » et « listes » volantes, de conservation plus difficile que les « carnets de passage », ne nous sont pas toutes parvenues...

Trains sanitaires – Suppression des carnets de passage (1916)

« Le sous-secrétaire d’Etat au service de santé militaire à M. le Général, commandant en chef les Armées Françaises (Direction de l’Arrière)

N° 15512 C/7 du 7 octobre 1916

Objet : Suppression de la tenue des carnets de passage dans les trains sanitaires.

L’exécution du service médical au cours des évacuations ne permet pas d’exiger et d’obtenir la tenue exacte et complète des carnets de passage, dans les conditions prescrites par votre Instruction du 19 juillet 1915 sur le service de l’identification des blessés. Le Bureau des Renseignements aux Familles consulté me fait connaître, qu’il ne dépouille jamais et ne collationne pas les fiches de carnets de passage qui lui sont adressées par les Médecins chefs des trains d’évacuation.

Dans ces conditions, j’estime inutile de maintenir les prescriptions relatives à la tenue du carnet de passage dans les trains d’évacuation, et d’imposer à ces formations sanitaires une augmentation de travail, une perte de temps, une dépense d’imprimés non justifiées par un résultat appréciable.

En conséquence, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir prescrire la suppression de la tenue des carnets de passage dans les trains sanitaires. Signé : Justin Godart.

[Ms.] N° 3193/DA du 10 Oct. 1916 – Copie conforme notifiée pour exécution aux DES et commissaires régulateurs – Signé : Ch. Payot. »

Nota : Pour les chercheurs intéressés par les trains sanitaires de la Grande Guerre, voir le dossier thématique sur les évacuations sanitaires par voie ferrée dans le tome 2, p. 26-46. On y trouvera, au-delà d'un Historique traditionnel, les principales modifications au régime des évacuations sous la forme d'un Précis d'organisation et de fonctionnement..

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Région militaire du Nord (1914-1918) : aux origines...

16 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #organisation

Région militaire du Nord (1914-1918) : aux origines...
Région militaire du Nord (1914-1918)

Quelques lignes sur cette région militaire du Nord, création de la guerre, dont les origines restent méconnues pour un grand nombre de passionnés de la Grande Guerre et qui s’est substituée aux 1ère et 2e régions militaires.

La région du Nord fut créée par décision ministérielle du 9 septembre 1914, le lendemain de la reddition de Maubeuge et quatre jours après le déclenchement par les alliés de l’offensive de la Marne. Sous la pression allemande, les populations civiles belges de la frontière prirent la fuite ; elles furent suivies par les citadins et ruraux du nord de la France qui tentaient d’échapper aux avant-gardes ennemies (Maubeuge, Hirson, Rocroi, Avesnes, etc. se vidèrent de leur population). Près de 325 000 belges et deux millions de Français prirent la route entraînant l’évacuation des hôpitaux militaires des 1ère (Lille) et 2e (Amiens) régions militaires qui allèrent se réfugier dans les 12e (Limoges) et 11e (Nantes) régions militaires. Les rares structures hospitalières maintenues sur place au profit des intransportables ou qui furent mises sur pied en octobre 1914, au lendemain de la stabilisation du front, intégrèrent le service de santé de la nouvelle région du Nord.

« Bordeaux le 9 septembre 1914

Le Président de la République,

Vu l’article de la loi du 24 juillet 1873 relative à l’organisation générale de l’armée, etc.

Vu le décret du 6 août 1874 qui détermine les régions territoriales et les subdivisions de région, etc.

Sur le rapport du ministre de la Guerre

Décrète :

Art. 1 – Les territoires des 1e et 2e régions, non occupés par l’ennemi, sont réunis provisoirement en une région unique dont le chef lieu est Boulogne.

Art. 2 – Cette région comprend les subdivisions suivantes :

1) Dunkerque, arrondissements de Dunkerque, Hazebrouck, tout ou partie de ceux de Lille, Douai, Valenciennes, Cambrai, Avesnes.

2) Boulogne, arrondissements de Boulogne, Saint-Omer, Montreuil.

3) Béthune, arrondissements de Béthune, Saint-Pol, tout ou partie de celui d’Arras.

4) Abbeville, arrondissements d’Abbeville, Doullens.

5) Amiens, arrondissement d’Amiens, tout ou partie des arrondissements de Péronne et Montdidier.

6) Beauvais, arrondissements de Beauvais, Clermont.

Art. 3 – Le ministre de la Guerre est chargé de l’exécution du présent décret. »

Cette région appartenant dans sa totalité à la zone des armées, correspondait, de Dunkerque à Clermont (Oise), à la partie du front occupée par l’armée belge, par le corps expéditionnaire britannique (BEF) et par l’aile gauche des armées françaises.

Dès le premier mois de la campagne (au 1er septembre 1914), 14 300 lits de la 1ère région et 8 461 lits de la 2e région militaire furent perdus, soit la presque totalité des capacités hospitalières du Nord. Au 31 décembre 1915, la nouvelle région du Nord n’avait retrouvé qu’une capacité de 4 031 lits.

Le personnel de la direction du service de santé de la 2e région militaire d’Amiens (directeur : médecin inspecteur Charles-Marie-Jules Viry, 1845-1930) qui avait reçu l’ordre de se replier sur Nantes devînt le noyau de la nouvelle région. Le personnel médical mobilisé des deux anciennes régions constitua le corps des effectifs de la région du Nord ainsi que le personnel « troupe » des 1ère et 2e sections d’infirmiers militaires (SIM). Toutefois, comme aucun dépôt de corps de troupe ou de services ne pouvait être implanté dans la zone des armées, les dépôts des deux SIM furent maintenus dans la zone de l'intérieur : l’un au Dorat (Haute-Vienne), celui de la 1ère SIM ; l’autre à Nantes (Loire-Inférieure) pour la 2e SIM.

La région du Nord fonctionna jusqu’au 20 octobre 1919, date à laquelle les anciennes structures régionales furent rétablies avec quelques modifications dans leurs délimitations.

Photo : Carte originale des régions militaires de 1914 réalisée par Bernard Labarbe. Avec l'aimable autorisation de l'auteur www.bernard-labarbe-57ri.com/

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HOPITAUX OU AMBULANCES MILITAIRES ?

11 Décembre 2012 , Rédigé par FO Publié dans #organisation

HOPITAUX OU AMBULANCES MILITAIRES ?

VARIA :

AMBULANCES OU HOPITAUX ? … "une terminologie vicieuse"

« Ministère de la Guerre

7e direction du service de santé

Cabinet du directeur

N° 12 792 C/7 - Bordeaux, le 29 octobre 1914

Le Ministre de la Guerre aux Directeurs du Service de Santé [des régions militaires]

[Objet] Terminologie vicieuse abusivement en usage

J’ai pu constater depuis l’ouverture des hostilités l’infiltration progressive dans les comptes-rendus qui me sont transmis de[s] désignations vicieuses susceptibles de jeter la confusion dans les esprits, et qui sont intolérables de la part de personnes qualifiées pour en saisir l’impropriété.

C’est ainsi que le mot « ambulance », qui est exclusivement réservé à la désignation d’une formation sanitaire de l’avant, est à chaque instant employé dans les comptes-rendus pour désigner des voitures de transport de blessés – dont la désignation correcte est « voiture d’ambulance » -, ou des établissements de l’intérieur, que les règlements désignent sous le nom d’ « hôpitaux » temporaires ou auxiliaires.

Dans certains cas, ces dénominations erronées ont été transportées sur des cachets réglementaires, sur des en-têtes de correspondance, ou sur des écriteaux placés à la façade des immeubles.

Enfin, il arrive souvent que des médecins chargés des fonctions de Chef de Service de Santé de la Place n’ont pas hésité, quelque fût leur grade, à prendre la qualification de « Directeur du Service de Santé » ou de « Médecin Principal de la Place ».

J’ai l’honneur de vous prier de donner des ordres immédiats et précis en vue de la suppression de ces terminologies vicieuses et de ces qualifications abusives, et en avisant tout le personnel placé sous votre autorité, qu’il appartienne au Service de Santé ou aux Sociétés de la Croix-Rouge, que je le rendrai personnellement responsable du maintien de ces abus.

Pour le Ministre et par son ordre

Le Directeur du Service de Santé

Signé : TROUSSAINT »

Ce document a précédemment été relevé par M. Laurent Provost aux archives de l' APHP et publié, le 5 septembre 2007, sur le forum 1914-1918.

Marcophilie : Pour la période 1914-1915 il est difficile de bonifier les marques postales de type "ambulance" tellement celles-ci sont nombreuses et présentes dans toutes les régions. On réservera une surcote aux marques encore frappées à la veille de l'Armistice.

Photo : L'hôpital bénévole n° 131bis dite ambulance anglo-française, 70 rue Montaux à Marseille (coll. René Le Verge).

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