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HOPITAL BENEVOLE 1914-1918

29 Octobre 2017 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

Qu'est-ce qu'un hôpital bénévole en 1914-1918 ?

 

HOPITAL BENEVOLE (H.B.) — Les hôpitaux bénévoles, dont à ma connaissance, l’appellation a été mentionnée pour la première fois dans les textes officiels, le 3 octobre 1914 (circ. n° 8 902-2/7 sur la comptabilité des dépenses dans les Hôpitaux auxiliaires et H.B.) furent organisés suivant les directives de l’arrêté du 21 août 1914 relatif à l’application de l’art. 3 du décret du 2 mai 1913 portant règlement sur le fonctionnement des sociétés d’assistance aux blessés des armées de terre et de mer. Bull. officiel de la Guerre, vol. 82bis, p. 137, [en ligne]. Ces H.B., héritiers des "ambulances" de la Guerre de 1870-1871, puis des "ambulances locales" du règlement sur le service de santé en campagne de 1884, furent mis sur pied grâce aux initiatives privées (dons en nature). Ces concours se substituaient à "l'hospitalisation chez l'habitant" - mais pas "à domicile" - qui s'était développée de manière anarchique en août 1914 et qui fut organisée par une circulaire ministérielle du 1er septembre 1914.

Ces hôpitaux bénévoles s’administrèrent eux-mêmes, sous une tutelle souple du ministère de la guerre et reçurent du service de santé militaire un prix de journée forfaitaire ; ne pouvant bénéficier de dons en argent exclusivement réservés aux hôpitaux auxiliaires mis sur pied par les sociétés d'assistance de la Croix-Rouge - A leur création, pour leur homologation, les H.B. devaient attester pouvoir fonctionner, avec leurs moyens, durant trois mois au minimum. Ils se distinguaient par une numérotation continue, attribuée par région militaire, individualisée par un chiffre "bis" mis en exposant, lequel indiquait immédiatement leur origine bénévole. A titre d’exemple, dans la 17e région militaire (Toulouse), les H.B. reçurent leur numérotation définitive le 18 novembre 1914. Exceptionnellement l’on peut rencontrer postérieurement à 1914, des exposants “ ter ” ou “ quarto ”, intéressant des annexes d’hôpitaux complémentaires (ex : 5e région militaire, HC 13 Blois et ses annexes HB 13ter et qua) mais aussi d’hôpitaux auxiliaires : H.B. devenu H.A. (H.B. 20bis devenu HA 20bis Seine-Port), etc.

A titre d'illustration, à la date du 25 novembre 1914 ils étaient officiellement : 852 hôpitaux bénévoles pour 17 696 lits organisés pour une capacité hospitalière nationale de 1981 hôpitaux et 191 408 lits.

Ces H.B. fonctionnèrent au-delà de 1918 pour quelques-uns, ceux qui disposaient des plus fortes capacités. Ainsi pour la Région du Nord : les hôpitaux bénévoles n°20bis de Boulogne-sur-Mer (de 100 à 900 lits!), les n° 21bis, 22bis, 23bis, 25bis, 27bis, 29bis de Berck-Plage ou celui dénommé "Cosserat" à Amiens, annexe de l'hôpital auxiliaire n°1 etc. Cette typologie ne fut pas utilisée en 1939-1945.

 

SYNONYMES : En 1914, l'on rencontre des mentions d'autres formations hospitalières bénévoles qui deviendront des H.B. en octobre-novembre 1914, ce sont : des "ambulances municipales", "ambulances locales", "ambulances libres", "hôpitaux privés", "hôpitaux indépendants", "hôpitaux libres", etc.

 

Rédigé à partir de la notice modifiée extraite du Précis d'organisation et de fonctionnement (tomes 1, 2, 4 et 5) de : F. OLIER et J.L. QUENEC'HDU, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, 5 volumes, éd. Ysec, Louviers, 2008-2016. (www.ysec.fr)

illustrations : Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce, Paris

HOPITAL BENEVOLE 1914-1918
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"SCANDALES MEDICAUX" DE H. DE GOLEN ET ETAT CIVIL 1914-1918

27 Octobre 2017 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation, #varia

Généalogistes. Un sujet qui reste d’actualité : la mention « Mort pour la France ».

L’ouvrage d’Henry de Golen « Scandales Médicaux » traite entre autres sujets polémiques de l’état civil en 1914-1918 et des problèmes qui se sont posés aux officiers d’état civil militaires et aux maires pour faire appliquer la loi du 2 juillet 1915 relative aux actes de décès de militaires (mention "mort pour la France") survenus dans les milliers de formations hospitalières militaires et civiles.

H. de Golen à travers l’expérience de Robert Dalsenne « son héros », nous décrit par le menu le quotidien,  en 1917-1918, du service des décès de l’hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris. Dans ce qui a été décrit comme un « pamphlet-document » où les victimes restent reconnaissables  aujourd’hui encore par les familles et sont inscrites sur la base de données « Mémoire des Hommes », l’auteur expose sans fard, les difficultés pratiques, les arguties juridiques nécessaires pour faire enregistrer par la mairie du 5e arrondissement, la mention « mort pour la France » au profit des blessés de guerre décédés au Val-de-Grâce.

Il décrit ses méthodes et sa production de « fausses écritures » pour contourner la loi du 2 juillet 1915. Cette loi mal ficelée qui laissait place dans l’ensemble des 10 000 hôpitaux militaires de France et de Navarre à d’innombrables interprétations, irrégularités et « trafics », en particulier pour les militaires décédés dans la période du 2 août 1914 au 2 juillet 1915. Vaste sujet qui reste d'actualité. Les dossiers de militaires décédés pendant cette période et ne possédant pas la mention « mort pour la France » (environ 95 000 militaires d’après les ACVG) peuvent  être, encore aujourd’hui, sujets à des demandes de rectifications d'actes par les familles.

L’ouvrage d’Henry de Golen est éclairant sur ces dérives et son expérience parisienne est malheureusement transposable, en matière de décès de combattants, à des milliers de structures hospitalières de la Grande Guerre.

Légende : Services administratifs d'un hôpital auxiliaire

 

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