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JACQUES VACHE "EN ISOLEMENT" SUR TREBERON (1915)

22 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

SURREALISME ET HOPITAUX MILITAIRES 1914-1918… DU NOUVEAU !

Jacques Vaché « en isolement » sur l’îlot de Trébéron, en rade de Brest (1915).

Nous retrouvons aujourd’hui Jacques Vaché (1895-1919), « l’évangéliste dada » auquel j’ai déjà consacré deux petits articles sur ce blog (31 décembre 2012 et 1er janvier 2013). Le dépouillement des archives du service historique de la défense, département marine de Brest me permet d’apporter de nouvelles informations inédites sur le séjour de Jack de Nantes à Brest, à partir desquelles, il sera dorénavant possible de dater la correspondance de Vaché écrite de l’îlot de Trébéron où il était hospitalisé.

Le 19 février 1915, Jacques Vaché rejoignait le lazaret de Trébéron situé sur un îlot en rade de Brest. Cette structure sanitaire de 200 lits (1915) relevant du département de la Marine était alors réservée au traitement des militaires atteints de maladies vénériennes et non de convalescents comme il le laisse entendre dans sa correspondance. Population mêlée de marins, de soldats coloniaux et de « Piou-Piou » du 19e régiment d’infanterie de Brest auquel appartenait le soldat de 2e classe Jacques Vaché.

Jacques Vaché est entré le 19 février 1915 à Trébéron en compagnie d’un camarade de 26 ans, du 19e, qui revient du front, Jean Rannou. Ils sont les seuls militaires entrés ce jour-là dans le lazaret, qui accueillit, en février 1915, dix-sept soldats et marins. Une seule ligne sur le registre d’enregistrement de malades conserve la trace du passage de J. Vaché à Trébéron.

VACHE Jacquessoldat 19e ligne20 ansProvient de l’hôpital principal [de la Marine] de Brest – Date d’entrée : 19 février 1915 – Date de sortie : 16 avril 1915 – Nature de la maladie : Orchite blenmorhag. [orchite blennorragique] – Journées d’infirmerie : 44a – Journée d’hôpital : 21 – Total : 21 – Destination à sa sortie : RSS [reprend son service] – Observations [néant].

Quelques pages plus loin dans une note sur le registre, le médecin traitant précisait, le 21 février, que parmi les entrants, conformément à la réglementation des hôpitaux militaires, « aucun malade n’a exprimé le désir d’un envoi du bulletin de santé militaire à sa famille » [du 15 au 21 février]. Ce bulletin, imprimé sous forme de carte postale, permettait en temps de guerre à l’hospitalisé d’informer sa famille et de la rassurer sur sa situation médico-militaire et son lieu d’hospitalisation… Dans le cas de Vaché, le lieu d’hospitalisation, Brest, était connu de la famille ; toutefois, il paraît naturel qu’il ne se soit pas étendu dans sa correspondance sur les raisons de son quasi isolement à Trébéron - où on le donne comme "convalescent" ou soignant une bronchite ? - qu’il décrit comme « un vieux sanatorium, ancien asile de pestiférés, puis de lépreux, puis de tuberculeux » mais dont il taisait la destination d’accueil des vénériens…

Le lazaret de Trébéron accueillit son dernier hospitalisé militaire le 27 septembre 1915 et ferma officiellement ses portes le 21 octobre 1915.

Source : Arch. SHD-Marine Brest, 3F (service de santé), cart. n° 61, art. 3F 560, Trébéron, salle 3, registre de l’enregistrement journalier [de malades (vénériens)], août 1914-décembre 1915, non paginé.

Voir aussi les pages relayées par la Blogosphère sur Jacques Vaché, les articles des 31 décembre 2012 (Jacques Vaché à Nantes) et 1er janvier 2013 (Jacques Vaché à Brest).

et le site incontournable de Thomas Guillemin sur Jacques Vaché : https://jacquesvaché.fr/

Version du 16 février 2018
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LENS 1914 – LES HOPITAUX OCCUPES

21 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LENS 1914 – LES HOPITAUX OCCUPES

Témoignages sur l’occupation des hôpitaux de Lens, en 1914

La ville de Lens se retrouva, lors des opérations de « La course à la mer » (19 septembre-15 octobre 1914), au cœur des mouvements franco-britanniques soumis aux pressions incessantes, sur leur droite, des troupes allemandes battues sur la Marne et qui se repliaient sur l’Aisne. Sur la gauche, vers la mer du Nord, les troupes allemandes libérées du siège d’Anvers fonçaient, entre la Lys et la mer, en direction de Dunkerque et de Calais. Il s’ensuivit une course de vitesse entre les belligérants qui à la fin d’octobre constituaient une ligne de feu interrompue. A Lens, les 3-4 octobre, le corps de cavalerie français du général de Mitry ne pouvant se maintenir devant des masses allemandes d’infanterie abandonnait la ville.

Les témoignages sur la prise de Lens abandonnée par les troupes combattantes sont peu nombreux ; j’en propose deux : l’un est celui du médecin-chef de l’hôpital des Mines de Lens, le docteur Bourgain, qui parvînt à s’échapper ; l’autre est celui d’un jeune civil « mobilisé » avant l’heure, Henri Basset, qui put lui aussi rejoindre les lignes françaises pour reprendre la lutte.

Hôpital des Mines de Lens (1914)

« Rapport de captivité de M. le médecin-major de 2e classe Bourgain [adressé] à M. le Colonel, commandant d’armes de la place d’Abbeville, en date du 1er mai 1916.

J’ai l’honneur de vous rendre compte : que me trouvant comme médecin-chef de l’Hôpital des Mines de Lens depuis le 23 août 1914, j’appris le 5 septembre, que les Allemands avançaient de Lille vers Lens. Sachant qu’ils faisaient prisonniers les blessés soignés dans les hôpitaux annexes de Carvin et de Mourchin qui contenaient environ 100 soldats blessés. – L’après-midi, en voulant faire évacuer mon propre hôpital, je fus rejoint sur la route de Lens à Béthune par 5 autos allemandes, mis en joue et conduit avec mon convoi de 48 blessés à Douai.

Dès leur arrivée, après avoir installé mes blessés à l’hôpital de Douai, le soir, je fus interrogé par le général Von Bertrab qui m’annonça que mon convoi et moi étions prisonniers, il me donna un laissez-passer pour me rendre à Lens rechercher les blessés restant à l’hôpital avec mission de les ramener à Douai pour les diriger sur l’Allemagne. Je devais partir avec les troupes allemandes le lendemain à 10 heures du matin. Comme aucune heure n’était marquée sur mon laissez-passer je quittai Douai à sept heures du matin avec mon chauffeur et mon auto et arrivai à Lens où j’évacuai la majorité des blessés de l’hôpital. [page 2]

Le jour même un rideau de troupes françaises s’interposait entre Douai et Lens. Les allemands quittèrent Douai précipitamment, n’emmenant que 12 des blessés que j’y avais laissés la veille. En somme, sur 220 blessés de l’hôpital des Mines de Lens et des hôpitaux annexes, 12 seulement ont été privés de leur liberté. Je pus encore tenir un mois à Lens. Aux combats de fin septembre et début d’octobre, j’assurai le service d’évacuation des blessés.

Le 2 octobre, j’avais 350 blessés dans un hôpital pouvant en contenir 120. Avec les plus grandes difficultés, je vidai l’hôpital par 3 trains d’évacuation, n’y laissant aucun blessé. Dans la soirée du 4 octobre, au moment où les allemands entraient dans Lens comme je ne voulais rien laisser à l’ennemi, je prenais place avec 48 grands blessés dans un train de fortune formé de wagons et d’une locomotive de mines.

J’emportai, avec mon matériel chirurgical et mes pansements, les munitions, armes et équipement des blessés amenés les derniers jours à l’hôpital. – Je reçus le lendemain officiellement pour cet acte militaire, les félicitations de Monsieur le général Couturier, commandant en chef de la région du Nord à Boulogne-sur-Mer ». [Signé : Bourgain].

Pour copie conforme. Le lieutenant-colonel, commandant d’armes – [signé Beaufort].

Hôpital auxiliaire n° 101, Ecole Campan et Institut Michelet de Lens (août-septembre 1914)

« Rapport de captivité du médecin auxiliaire Basset Henri à Monsieur le médecin inspecteur, directeur du service de santé de la région du Nord. Amiens le 6 août 1916.

En réponse à la circulaire du 31 juillet 1916, n° 9297 P, j’ai l’honneur de vous informer que du 6 septembre au 4 octobre 1914, je fus sous la domination allemande.

Je m’étais mis bénévolement au service de Monsieur Brunet médecin chef de l’hôpital 101 à Lens. Nous avons soigné dans les trois premières semaines de septembre des blessés de la bataille de Bapaume, ces blessés appartenaient au 12e corps français.

Lors de l’occupation, des médecins major allemands accompagnés d’officiers de troupe vinrent visiter plusieurs fois l’hôpital, ils nous enlevèrent une fois une douzaine de blessés pouvant marcher et ils les emmenèrent à Arras puis à Cambrai. J’ai retrouvé plus tard le caporal Barrez que j’avais soigné du 338e d’infanterie, il s’était évadé à Cambrai, il me conta que jusqu’alors ils avaient été traités correctement, ils étaient ravitaillés par la population civile.

A la fin de septembre nous évacuâmes l’hôpital.

Au début d’octobre les troupes françaises occupèrent Lens et on ne vit plus de patrouilles allemandes.

Le 4 octobre l’ordre fut donné aux hommes mobilisables [page 2] de quitter la ville. Le service sanitaire de la ville était assuré par Monsieur le docteur Vallois mobilisé et affecté à Lens comme médecin civil. [signé : Henri Basset. Médecin auxiliaire].

Vu et transmis à Monsieur le médecin inspecteur, directeur du service de santé de la région du Nord – « Le médecin auxiliaire Basset, de la classe 1915, n’était pas encore mobilisé à la date, dont il fait mention dans son rapport, c’est comme étudiant civil et donnant des soins bénévoles aux soldats blessés en traitement à Lens qu’il s’est trouvé sous la domination allemande ». – Le médecin chef du Pavillon Duvauchel. Docteur Marcel Sénéchal. »

Hormis ces deux témoignages, il est fait mention dans les archives du musée du service de santé des armées au Val-de-grâce à Paris, d’un troisième récit, celui du médecin auxiliaire Dautrey, lequel, isolé de son unité le 4 octobre, resté caché à Lens, était fait prisonnier le 8 octobre, par les Allemands. Ces derniers le conduisirent à l’hospice de la ville, transformé en feldlazarett (XIVe Armee Korps), où il soigna une trentaine de soldats français dont deux officiers blessés. Le 14 novembre 1914, Dautrey fut envoyé à Mayence en Allemagne ; il y resta jusqu’au 18 juillet 1915, avant d’être libéré comme « sanitaire ».

Sources : Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce à Paris, carton n°633 (Basset) ; carton n°634 (Bourgain et Dautrey).

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SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE »

16 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #recherche archives documentation

SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE »

SANITAIRES… ET « PRISONNIERS DE GUERRE » (1914)

Depuis quelques semaines j’ai commencé la transcription de témoignages de personnels sanitaires faits prisonniers par les Allemands, en 1914, lors de la bataille des Frontières : Lille 1914, Montmédy 1914, Sedan 1914, etc. D’autres sont en préparation : Lens, Chauny, Rethel, etc.

Dans ces témoignages les médecins se plaignent d’avoir été faits prisonniers et retenus en dépit des termes de la convention de Genève qui protègent les « sanitaires ». Vous trouverez ci-après un extrait des articles de la convention de Genève révisée qui traite du personnel sanitaire prisonnier.

Convention de Genève, révisée le 6 juillet 1906 :

« (…) III – Du Personnel

Art. 9 – Le personnel exclusivement affecté à l’enlèvement, au transport et au traitement des blessés et des malades, ainsi qu’à l’administration des formations et établissements sanitaires, les aumôniers attachés aux armées, seront respectés et protégés en toute circonstance ; s’ils tombent entre les mains de l’ennemi, ils ne seront pas traités comme prisonniers de guerre.

Ces dispositions s’appliquent au personnel de garde des formations et établissements sanitaires dans le cas prévu à l’article 8, n°2.

Art. 10 – Est assimilé au personnel visé à l’article précédent le personnel des sociétés de secours volontaires dûment reconnues et autorisées par leur gouvernement, qui sera employé dans les formations et établissements sanitaires des armées, sous la réserve que ledit personnel sera soumis aux lois et règlements militaires.

Chaque Etat doit notifier à l’autre, soit dès le temps de paix, soit à l’ouverture ou au cours des hostilités, en tout cas avant tout emploi effectif, les noms des sociétés qu’il a autorisées à prêter leur concours, sous sa responsabilité, au service sanitaire officiel de ses armées.

Art. 11 – Une société reconnue d’un pays neutre ne peut prêter le concours de ses personnels et formations sanitaires à un belligérant qu’avec l’assentiment préalable de son propre gouvernement et l’autorisation du belligérant lui-même.

Le belligérant qui a accepté le secours est tenu, avant tout emploi, d’en faire la notification à son ennemi.

Art. 12 – Les personnes désignées dans les articles 9, 10 et 11 continueront, après qu’elles seront tombées au pouvoir de l’ennemi, à remplir leurs fonctions sous sa direction.

Lorsque leur concours ne sera plus indispensable, elles seront renvoyées à leur armée ou à leur pays dans les délais et suivant l’itinéraire compatible avec les nécessités militaires.

Elles emporteront alors les effets, les instruments, les armes et les chevaux qui sont leur propriété particulière.

Art. 13 – L’ennemi assurera au personnel visé par l’article 9, pendant qu’il sera en son pouvoir. Les mêmes allocations et la même solde qu’au personnel des mêmes grades de son armée. » (…)

Médecin inspecteur Troussaint. La Direction du service de santé en campagne, 2e éd., Paris : Ch. Lavauzelle, 1913, p. 270-271.

Photo : Médecins français prisonniers au lazarett de Konigsbruck (Saxe), en 1914-1915.

(c) Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 639, dossier du médecin aide major de 2e classe Maurice Picard, du 109e régiment d'infanterie.

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LE PINARD SANITAIRE (suite)

12 Mars 2013 , Rédigé par FO Publié dans #varia

LE PINARD SANITAIRE (suite)

Après le pinard cocardier,

Après le pinard sénatorial,

Vient le temps du pinard sanitaire… dans la guerre 1914-1918.

« (…) Le service de santé, dans la zone de l’intérieur tout au moins, s’est affranchi de l’Intendance en ce qui concerne la nourriture des blessés et des malades. Le « régime » du patient est naturellement au premier rang des préoccupations du médecin. Il est logique que le médecin militaire revendiquât le soin de choisir, de conserver, de préparer l’aliment dont l’assimilation va rendre au blessé le sang qu’il a perdu. C’est ainsi que depuis 1889 chaque hôpital militaire était devenu maître de sa « dépense ». Maître de sa bourse, d’abord, la législation financière d’avant-guerre l’affirme et il faut bien le croire : l’hôpital militaire est un « établissement régi par économie ».Le fait est qu’il reçoit des avances de l’ordonnateur, et, comme la parfaite cuisinière, il fait lui-même son marché. Après le marché, les comptes ; et il justifie, à la fin, ses achats.

Telle est l’organisation du temps de paix. Elle peut convenir à une hospitalisation restreinte, à des ressources multiples, à des prix assez bas. L’idée qu’on se faisait en temps de paix d’une guerre courte l’avait fait maintenir, sur le papier, pour la guerre. La préoccupation de parer au plus pressé, de faire face aux nécessités d’ordre plus directement médical ou chirurgical, l’a fait conserver effectivement pendant la première partie de la campagne. Petit à petit, cependant, les denrées sont devenues plus rares, leur qualité plus irrégulière, les prix plus élevés. Dans chaque place un peu importante, les hôpitaux militaires étaient arrivés à se faire concurrence. Partout ils étaient à la merci des intermédiaires ; nulle part, ils n’avaient la moindre garantie du lendemain. Régime de blocus. On n’en peut sortir que par une centralisation rationnelle. Le service de santé l’a entreprise et l’a conduite, jusqu’ici, à son entière satisfaction.

Il a tenté son premier essai sur le vin. Chaque hôpital l’achetait, sinon au litre ou au tonneau, du moins à courte échéance. Et à chaque renouvellement de marché, les prix étaient plus élevés. Crise de quantité, crise des transports ; surtout spéculation.

En plein pays de l’Hérault, à Béziers, patrie d’Ajalbert, un chai assez moderne, a été réquisitionné. L’outillage du chai perfectionné et développé jusqu’à, tripler le rendement, pourrait débiter aujourd’hui jusqu’à 50 000 hectolitres par mois. Les besoins mensuels du service de santé ne dépassent pas 20 à 30 000. Ils sont donc largement assurés. Ils le sont aussi à meilleur compte et avec du meilleur vin. C’est la réquisition qui le fournit. Des wagons-réservoirs qui l’amènent de la propriété sont vidés, sans avoir quittés la gare de Béziers, au moyen d’une tuyauterie de cuivre qui le conduit dans les cuves de verre du chai. Le laboratoire s’en saisit, l’échantillonne, l’analyse ; et, d’après sa teneur, ses caractéristiques, ses vertus essentielles, décide son coupage. Des pompes électriques l’aspirent et le montent au sommet de l’édifice. Il en redescend en se filtrant et va se marier dans une autre cuve au cru qui a été choisi pour corriger son degré ou son acidité. Le voici prêt et déjà les pompes l’ont repris et le refoulent par une deuxième tuyauterie souterraine, en pleine gare de Béziers, sur le quai d’embarquement du commerce, où six robinets permettent de charger six wagons-réservoirs à la fois. Dans chaque région militaire, un ou plusieurs entrepôts ont été installés qui l’attendent. Il y séjournera un mois environ, en demi-muids, avant d’être livré en tonneaux à la cave de l’hôpital. L’hôpital a les tonneaux ; l’entrepôt régional les demi-muids ; le chai de Béziers les wagons-réservoirs. Tout ce matériel circule, est entretenu ; toutes ces opérations sont conduites parles soins, sous la surveillance d’un personnel technique éprouvé, qui n’a donné lieu, depuis l’origine, qu’à des éloges. Tous frais largement comptés, l’économie réalisée est d’environ sept millions de francs par an. Jamais, surtout, nos poilus n’ont bu pareil pinard… »

Olivier JALLU. Denrées d’alimentation et objets de consommation, dans Science et Dévouement, Paris : éd. Quillet, 1918, p. 67-69.

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ô Pinard sanitaire !

10 Mars 2013 , Rédigé par FO Publié dans #varia

Le Pinard sanitaire ou Quand le service de santé s'en mêle... (1914-1918)

« Pour assurer son ravitaillement, le Service de santé avait même créé des entrepôts de vins et des magasins d’approvisionnements en denrées de consommation, si bien organisés et qui avaient rendu de tels services que, en septembre 1918, le Ravitaillement obtint de se les annexer pour assurer l’alimentation de toute la population civile et militaire (…) »

Jean-Lorris. Musée du Val-de-Grâce, dans Science et Dévouement, Paris : éd. Quillet, 1918, p.299

A Suivre...

(Photo gauche) - Magasin d'approvisionnement du service de santé de la 7e région militaire, à Besançon - La sortie de l'entrepôt de vins. - (Photo droite) L'entrepôt  répartiteur des vins du service de santé de la 15e région à Aimargues (Gard)(Photo gauche) - Magasin d'approvisionnement du service de santé de la 7e région militaire, à Besançon - La sortie de l'entrepôt de vins. - (Photo droite) L'entrepôt  répartiteur des vins du service de santé de la 15e région à Aimargues (Gard)

(Photo gauche) - Magasin d'approvisionnement du service de santé de la 7e région militaire, à Besançon - La sortie de l'entrepôt de vins. - (Photo droite) L'entrepôt répartiteur des vins du service de santé de la 15e région à Aimargues (Gard)

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TRAINS SANITAIRES – IDENTIFICATION DES EVACUES (1916)

9 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

A plusieurs reprises sur le forum Pages 1914-1918 des intervenants ont signalé la difficulté de retrouver la trace de soldats blessés ou malades évacués par trains sanitaires ; les fonds documentaires détenus par le service des archives médicales et hospitalières des armées étant signalés comme « lacunaires »... Dans les faits la réglementation administrative concernant l’enregistrement des évacués à bord des trains sanitaires a évolué durant la guerre dans le sens d’une simplification des écritures. C'est à mon avis, pour cette raison que la documentation administrative fait parfois défaut. D’août 1914 à octobre 1916 – « réglementairement » - l’on peut trouver par train sanitaire des « carnets de passage » où sont inscrits tous les évacués embarqués. A compter d’octobre 1916 (cf. infra) cet enregistrement est supprimé. Pour trouver trace de l’évacué il faut dorénavant se reporter 1) - aux « feuilles d’évacuation » qui accompagnent le train sanitaire et qui sont retournées aux hôpitaux d’évacuation (HOE) d’origine du chargement, dès la fin de mission ; 2) - aux « listes de blessés » (classés par wagon !) dont les souches sont conservées dans les archives des trains sanitaires. (Instruction provisoire sur les évacuations par voie ferrée…, du 15 décembre 1916, annexe II).

Ces « feuilles » et « listes » volantes, de conservation plus difficile que les « carnets de passage », ne nous sont pas toutes parvenues...

Trains sanitaires – Suppression des carnets de passage (1916)

« Le sous-secrétaire d’Etat au service de santé militaire à M. le Général, commandant en chef les Armées Françaises (Direction de l’Arrière)

N° 15512 C/7 du 7 octobre 1916

Objet : Suppression de la tenue des carnets de passage dans les trains sanitaires.

L’exécution du service médical au cours des évacuations ne permet pas d’exiger et d’obtenir la tenue exacte et complète des carnets de passage, dans les conditions prescrites par votre Instruction du 19 juillet 1915 sur le service de l’identification des blessés. Le Bureau des Renseignements aux Familles consulté me fait connaître, qu’il ne dépouille jamais et ne collationne pas les fiches de carnets de passage qui lui sont adressées par les Médecins chefs des trains d’évacuation.

Dans ces conditions, j’estime inutile de maintenir les prescriptions relatives à la tenue du carnet de passage dans les trains d’évacuation, et d’imposer à ces formations sanitaires une augmentation de travail, une perte de temps, une dépense d’imprimés non justifiées par un résultat appréciable.

En conséquence, j’ai l’honneur de vous demander de bien vouloir prescrire la suppression de la tenue des carnets de passage dans les trains sanitaires. Signé : Justin Godart.

[Ms.] N° 3193/DA du 10 Oct. 1916 – Copie conforme notifiée pour exécution aux DES et commissaires régulateurs – Signé : Ch. Payot. »

Nota : Pour les chercheurs intéressés par les trains sanitaires de la Grande Guerre, voir le dossier thématique sur les évacuations sanitaires par voie ferrée dans le tome 2, p. 26-46. On y trouvera, au-delà d'un Historique traditionnel, les principales modifications au régime des évacuations sous la forme d'un Précis d'organisation et de fonctionnement..

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MONTMEDY 1914 – HOPITAUX MILITAIRES DE LA MEUSE DANS LA BATAILLE DES FRONTIERES

2 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

MONTMEDY 1914 –

La place forte de Montmédy disposait en 1914 d’une importante garnison de 3500 hommes dispersée entre la citadelle et de nombreux ouvrages extérieurs destinés à « empêcher toute attaque de vive force ». La garnison comprenait un bataillon du 165e régiment d’infanterie, un bataillon du 45e Territorial, deux batteries du 5e régiment d’artillerie de forteresse, d’importants détachements du génie, de chasseurs forestiers, de gendarmes, de douaniers et d’infirmiers militaires. Dès le déclenchement de la mobilisation, en application du Plan XVII, les troupes de couverture françaises se mirent en place pour permettre la concentration du 2e corps d’armée (QG à Louppy-sur-Loison). A compter du 10 août les combats s’intensifièrent en Belgique puis sur la frontière, au nord de Montmédy (10-25 août). Le 24 août la gare de Montmédy était évacuée, puis, le 27, c’était au tour de l’ensemble de la garnison de prendre la route de Verdun après avoir détruit ses armements et ses approvisionnements. Le 29, cette troupe qui retraitait prudemment à couvert des bois engageait à Brandeville et Murvaux, au sud de Montmédy, un combat perdu d’avance contre un ennemi supérieur en nombre.

Le 29 août 1914 les Allemands entraient à Montmédy.

« Rapport établi par le médecin-major de 1ère classe Thirion Rémy Edouard au sujet de sa captivité, [daté de Toul, le 11 mars 1915]

Après avoir été affecté à Verdun depuis 10 ans, depuis le 7 mars 1904, avec le grade de médecin-major de 1ère classe, j’ai demandé en février 1914 à faire valoir mes droits à la retraite et ai été rayé des contrôles de l’armée active le 23 juin 1914.

En quittant mon régiment, j’avais désigné pour y recevoir les notifications relatives à ma pension de retraite et à mon emploi à la mobilisation :

1°) Montmédy de juillet au 1er septembre

2°) Nancy, 108 quai Claude Le Lorrain, à partir du 1er septembre.

Le 2 août, n’ayant rien reçu, je me suis mis à la disposition du gouverneur de Montmédy, qui m’a attribué l’emploi de médecin traitant à l’hôpital militaire (Ville Basse).

Le même jour arrivait à Montmédy le médecin-major de 1ère classe de territoriale Prévost (A), désigné comme médecin-chef de la Place et de l’hôpital militaire.

Lorsque après la retraite du 2e corps, dans l’attente du bombardement, les deux autres médecins affectés au service hospitalier de la Ville Basse se rendaient dans la forteresse avec presque tout le personnel infirmier, je restai à la Ville Basse pour y assurer le service médico-chirurgical ; je n’ai en réalité été médecin chef de service qu’à ce moment, c’est-à-dire du 25 au 27 août inclus.

A la date du 25 août 1914, la Ville Basse possédait trois hôpitaux : l’hôpital militaire du temps de paix, annexe de celui de Sedan, l’hôpital complémentaire de l’école supérieure et l’hôpital auxiliaire de la Croix-Rouge près de la sous-préfecture (B)(C).

La plupart des malades et des blessés (ceux-ci venaient des petits combats des environs et surtout de la bataille livrée en Belgique, à Virton...) avaient [page 2] été groupés à l’hôpital militaire qui abritait 95 malades sur 150 y compris six officiers.

L’hôpital auxiliaire venait de recevoir d’une ambulance du 2e corps (D), 3 infirmiers et un étudiant en médecine qui ne devaient pas s’abriter dans la forteresse. Un capitaine de chasseurs à pied hospitalisé le 25, huit jours après ses blessures, a succombé dans la nuit du 26 au 27 à des accidents septicémiques. Aucun autre blessé n’inspirait des inquiétudes immédiates.

Le 27 août dans l’après-midi, quand l’abandon prochain sans combat du fort fut connu, le service médical hospitalier regagna son poste et je cessai d’être médecin chef de service de la Ville Basse (E).

Le 29, l’ennemi prenait possession de Montmédy, mais le service hospitalier continua à fonctionner comme auparavant pendant une huitaine de jours (F).

Le 7 septembre, le médecin-chef de la Place était dirigé sur l’Allemagne (G) et j’étais maintenu dans mes fonctions de médecin traitant pour les blessés français à l’hôpital militaire, fonctions que j’ai conservées jusqu’au 23 octobre.

L’hôpital de Montmédy, peu éloigné du front, ne devait en principe recevoir désormais que des blessés devant être rapidement évacués sur les hôpitaux du territoire allemands. Les blessés les plus gravement atteints, - au nombre de cinq – n’ont été évacués qu’en octobre ; les autres avaient été successivement évacués, après mon avis, par train sanitaire improvisé ou permanent ; le 23 octobre, des premiers blessés d’août, il ne restait plus qu’un officier atteint de paraplégie due à des lésions de la moelle par balle. Ils étaient remplacés en partie par de nouveaux blessés français appartenant aux corps d’armée qui formaient la défense mobile de Verdun ; il y a eu ainsi toujours un effectif moyen d’une vingtaine de blessés jusqu’à la 2e décade d’octobre ; plusieurs centaines de blessés se sont succédés rapidement en sept semaines.

Le 10 septembre, j’ai eu l’honneur de trouver parmi eux, Mr le médecin principal Simonin (H), du Val-de-Grâce, blessé dans la région du genou droit ; il était accompagné d’un médecin aide-major, d’un médecin [page 3] auxiliaire, d’un artilleur non blessés.

Les blessés français étaient indifféremment répartis dans les trois divisions [allemandes], au rez-de-chaussée, au 1er étage où se trouvaient des lits de troupe et au 2e étage aménagé ave des lits de troupe... Chaque division était dotée de deux médecins, soit avec le médecin-chef, 7 médecins pour l’hôpital militaire ; de plus il y avait en dehors du personnel médical hospitalier, des spécialistes pour les yeux, les oreilles, les affections nerveuses, contagieuses, pour la radiographie ; il y en avait même pour les opérations et les autopsies délicates. Un service dentaire avait été installé dès les premiers jours pourvu comme les services chirurgicaux, d’un arsenal des plus complets. Comme les autres médecins traitants, je soumettais à l’examen de ces spécialistes, mes malades, lorsque je le jugeais utile...

Le 23 octobre au matin, le médecin-chef m’a communiqué une note du ministère de la Guerre allemand prescrivant mon envoi en Allemagne ; je devais partir le même jour, vers midi. J’ai été mis en route en même temps que deux étudiants en médecine, lesquels comptaient sur un prochain retour en France ; j’en ai été séparé à Thionville, d’où j’ai gagné isolément le camp d’Ohrdruf (Thuringe). Là j’ai retrouvé dix médecins et deux pharmaciens arrivés de la veille ; ils avaient été depuis la fin d’août, employés aussi au traitement des blessés à Givet, Charleville... (...)

[copie] datée de Clairvaux, le 30 août 1916»

Il quitta le camp de prisonniers le 20 novembre et repassa la frontière française, via la Suisse, le 23 novembre 1914.

Le service de santé de la place forte de Montmédy (après le 27 août 1914) dans les combats de Brandeville et Murvaux (Meuse).

« Rapport de captivité du médecin auxiliaire Déhérain François du 45e Territorial de Montmédy. Fait prisonnier le 29 août 1914. Libéré le 15 juillet 1915, actuellement de service à l’hôpital temporaire 75 à Vichy.

La garnison de Montmédy évacua le 27 août au soir la forteresse pour tenter de regagner Verdun à travers les bois de la Woëvre.

Le 29 août au matin, elle entra en contact avec l’armée du Kronprinz entre Brandeville et Murvaux et fut en quelques heures massacrée ou prisonnière.

Ayant eu à m’occuper immédiatement de nombreux blessés, je formai un poste de secours sur le bord de la route. Je réussis par des observations violentes faites en allemand à protéger mes blessés contre les soldats allemands qui tiraient sur eux à travers les buissons. Je n’ai pas eu à me plaindre dès ce moment de l’ennemi. Le transport des blessés fut retardé par le défilé de l’armée ennemie sur cette même route. J’obtins pour eux de l’eau et du café. Le lendemain ils furent [page 2] soignés dans l’église de Brandeville. La formation sanitaire d’origine wurtembourgeoise fut à mon égard pleine de prévenances, de même durant mon séjour à l’hôpital installé au château de Loupy et où l’on me pria de rester jusqu’au 15 août (sic) [septembre] pour soigner les Français au nombre de 70 ou 80. Toutes les opérations furent faites avec une grande compétence et en temps utile. L’hôpital de Loupy fut évacué par suite de la bataille de la Marne. Je fus emmené à la forteresse de Montmédy et enfermé avec des officiers prisonniers. J’allais deux fois par jour soigner des soldats français blessés au nombre d’une centaine, mais sans moyens matériels suffisants, par suite du manque de contact avec le personnel médical allemand.

Tous les médecins rencontrés jusque là m’affirmaient que j’allais être rapatrié par la Suisse. Je partis le 19 septembre pour l’Allemagne, dans un wagon à bestiaux avec de nombreux blessés. (…) »

Le médecin auxiliaire Déhérain fut enfermé au camp de prisonniers de guerre de Halle-sur-Saale jusqu’au 11 juillet 1915 ; dans ce camp il retrouva de nombreux médecins français, dont ceux de la garnison de Sedan (Aubertin, Abd-El-Nour, etc.).Voir mon article sur SEDAN 1914.

Notes :

(A) - Le médecin-major de 1ère classe Prévost a laissé un rapport de captivité, daté du 12 août 1915, qui est archivé au musée du service de santé des armées, carton n° 639. Dans ce rapport, complémentaire de celui du docteur Thirion (carton n° 641), j’emprunterai les éléments concernant Montmédy antérieurs au 25 août 1914. Le docteur Prévost signalait que les premiers blessés, au nombre de 30 à 40, arrivèrent le 10 août 1914, après le combat de Pillon-Mangiennes.

(B) - Le médecin-major de 1ère classe Prévost précisait que l’hôpital militaire et l’hôpital complémentaire de l’EPS de garçons disposaient de 150 lits ; celui de la Croix-Rouge (salle des fêtes), de 50 à 60 lits ; la forteresse de Montmédy (Montmédy-Haut) quant à elle possédait un hôpital de siège de 50 places qui ne fonctionna pas. « A partir du 22 août, tous les lits sont constamment occupés, malgré de très nombreuses évacuations sur Mézières et Laon ».

(C) - Le médecin inspecteur Cahier (1857-1926), directeur du service de santé de la 4e armée, mentionnait dans son Journal des marches et opérations (Arch. SHD Terre, 26N 33/10, fol. 9), à la date du 22 août 1914, la capacité hospitalière de la place forte de Montmédy : « Hôpital militaire, 92 lits ; hôpital temporaire, 63 lits ; infirmerie de fort, 50 lits, dépôt d’éclopés (caserne), 600 places ».

(D) - Formations sanitaires du 2e corps d’armée à Montmédy - L’ambulance n°8/[2] est en charge du dépôt d’éclopés de Montmédy. « A 23 heures, ordre est donné au médecin-chef de l’ambulance n°2/[2] de mettre tout son personnel à la disposition du service de santé de la Place en vue de l’évacuation des blessés sur Montmédy ». Le 25 août 1914, « L’ambulance n° 4/ [2] après avoir assuré l’évacuation de 40 de ses blessés et fait transférer à l’hôpital de Montmédy ses blessés inévacuables rejoint l’ambulance 8. Elle laisse sur l’ordre du Directeur à l’hôpital de Montmédy, 1 caporal et six infirmiers. » (Arch. SHD Terre, 26N 105/1, 22, 23 et 25 août 1914).

(E) - « La garnison toute entière a quitté cette ville le 27 août vers 20 heures pour se diriger vers Verdun », in rapport Prévost, op. cit., p. 2.

(F) - « Les Allemands occupèrent la ville le 29 août, vers 3 ou 4 heures du matin. » (…). Les médecins allemands (XII AK Wurtembourgeois) arrivèrent le 1er ou le 2 septembre. Archives du musée du service de santé des armées, carton n° 637, rapport Lassaux, daté du 5 août 1915, p. 2.

(G) - Départ à 14 h. avec un pharmacien (Vasseur), un officier d’administration (Lassaux) et quelques blessés pour Ingolstadt (All.), où ils arrivent le 10 septembre vers 10 heures. In rapport Prévost,op. cit., p. 3.

(H) - Sur le médecin principal de 1ère classe Jules Simonin (1864-1920), professeur au Val-de-Grâce, médecin divisionnaire de la 7e division du 4e corps d’armée, qui n’est pas très disert dans son rapport (carton n° 640) sur ses conditions de séjour comme prisonnier blessé à Montmédy. L’on sait seulement qu’il y fut, très correctement, traité par le docteur Mann avant son transfert à Mannheim (Grand Duché de Bade). On lui connaît un ouvrage de souvenirs : De Verdun à Mannheim, Ethe et Gomery (22, 23, 24 août 1914). Paris : Vitet, 1917, 315 p. dans lequel il relate le massacre des « sanitaires » de sa division survenu à Ethe et Gomery (Belgique).

Sur Montmédy 1914-1915 : Errard Paul. Montmédy du 1er août 1914 au 1er juin 1915, dans le bulletin de la société des naturalistes et archéologues du Nord de la Marne, 1959, 73-105 [en ligne].

In Memoriam : DUPUY Maurice Jean Raoul (1882-1914). Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant) au 251e régiment d'infanterie. Né le 4 décembre 1882 à Lyon (Rhône). Décédé de ses blessures, le 22 ou le 26 août 1914 à Montmédy (Meuse). Classe 1902, matricule n°74 au corps. Mort pour la France. Croix de Guerre - JO, 12 décembre 1914 : "A fait preuve du dévouement le plus absolu en se prodiguant au milieu des points de chute des projectiles. A été grièvement blessé, au moment où, penché sur un homme qui venait d'être atteint, il s'apprêtait à le panser." (Aux médecins morts pour la Patrie..., p. 252).

Sources : Arch. Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, cartons n° 635 (Déhérain), 637 (Lassaux), 639 (Prévost), 641 (Thirion).

Mise à jour : 1er décembre 2013.

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