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2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

27 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

Bonjour

LE FORUM NATIONAL DE LA GENEALOGIE "1914-1918" est à GRENOBLE les 6 et 7 Juin 2015...

Le Centre généalogique du Dauphiné sous la houlette de sa présidente, Madame Claude Scarpelli relève le défi d'organiser, après Nice en 2014, la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, les samedi 6 et dimanche 7 juin 2015 à Grenoble, au fort de la Bastille.

Vous trouverez, comme promis, le programme de cette "Rencontre" et le dossier de presse pour en savoir plus...

Je peux vous confirmer que pour ce qui me concerne, je serai présent à Grenoble durant ces deux jours et que je ferai une communication le dimanche 7 juin à 15h00 sur les personnels médicaux et paramédicaux de la Grande Guerre (seront plus particulièrement traités dans cette imposante "armée sanitaire"..., les médecins, les infirmiers et les infirmières militaires).

A BIENTOT... A GRENOBLE !

Le programme des 6 et 7 juin 2015 à Grenoble

Le dossier de presse de la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, Grenoble 2015

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SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

17 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…

La très dynamique équipe de L’institut Chanteloup de Sainte-Savine animée par M. Francis Tailleur dont j’ai relayé dans ce blog de précédentes activités et publications remarquées, nous invite à venir nombreux découvrir, dans le cadre de la Semaine du Centenaire 1914-1918, du 6 au 11 juin 2015 à Sainte-Savine, une exposition et deux conférences (Alan Cumming/Jacques Fournier et Catherine Robinet) sur l’épopée de cet hôpital militaire : l’hôpital des Dames écossaises de Chanteloup.

Programme à découvrir ci-dessous :
SAINTE-SAVINE 1915-2015 - LE RETOUR DES DAMES ECOSSAISES…
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LE SERVICE DE SANTE A CARLEPONT (SEPTEMBRE 1914)

10 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE A CARLEPONT (SEPTEMBRE 1914)

Avec le 4e corps d'armée : au château de Carlepont (Oise) dans les combats de septembre 1914

La première partie de cet article sur les combats autour du château de Carlepont aurait pu trouver sa place, comme conclusion à l’article sur Cuts présenté en avril 2015 en deux parties. Je vais en effet, dans un premier temps, poursuivre notre survol des formations sanitaires de la 37e division d’infanterie qui n’ont pas suivi à Cuts l’épopée de l’ambulance n°2/37. Il s’agit de suivre les ambulances qui n’ont pas fait mouvement sur Cuts et ont été utilisées à Carlepont, sans déploiement de leurs matériels, en renfort de formations sanitaires du 4e CA (ambulance n°2/4 et GBC 4/2). Pour l’ensemble de ces formations de la 37e DI et du 4e CA nous ne disposons pas de la même qualité de témoignages, les protagonistes n’ayant pas tous été capturés par les Allemands et de fait n’ont pas tous été astreints à se fendre d’un rapport détaillé sur leur captivité. Pour pallier cette absence, je présenterai des extraits des journaux des marches et opérations du 4e CA, dont le rapport du médecin aide-major de 2e classe André Ballu, transcrit intégralement par son chef du service de santé, reste le plus précis sur le soutien sanitaire des combats de Carlepont. Dans un premier temps je traiterai des formations de la 37e DI à travers deux témoignages succincts. Dans une seconde partie, après un point de situation sur les moyens sanitaires du 4e CA, je présenterai des notes sur l’ambulance n° 2/4 et la 2e section du Groupe de brancardiers de corps du 4e CA.

Carte de situation du 15 septembre 1914 (à partir de Cartographie 1914-1918, le site de référence de Jean Michel Martin)

Avec les formations sanitaires de la 37e division d’infanterie… suite de Cuts 1914

« Rethondes le 18 septembre 1914

Le médecin aide-major de 2e classe de réserve Favier à M. le médecin principal de 2e classe, directeur du service de santé de la 37e Don active.

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que la 2e section du Groupe de brancardiers de la 37e Don qui se trouvait avec les ambulances 3, 4 et 5 au château de Carlepont depuis le 15 [septembre] (15 heures) a été surprise par l’ennemi le 16 septembre à 11 heures 1/2 et est restée en son pouvoir jusqu’au lendemain 17 à 6 heures.

Au cours des divers engagements nos pertes en matériel et en chevaux, soit par projectiles soit par pillage ont été d’une voiture et dix chevaux en plus des brancards et objets divers emportés par l’ennemi.

Nous avons un brancardier blessé et de nombreux dis­parus, une trentaine environ. Certains ont été emmenés par l’ennemi, d’autres ont dû s’échapper.

Je ne puis donner de chiffres exacts n’ayant pas en ma possession de contrôle nominatif.

Signé : docteur Favier»

Tracy-le-Mont le 17 septembre 1914.

Le médecin major de 2e classe de réserve Combier, médecin-chef de la 5e ambulance [amb. n° 5/37] à M. le médecin divisionnaire de la 37e division.

J'ai l'honneur de vous rendre compte que conformément à votre ordre les formations sanitaires de la 37e division cantonnée le 15 courant à Carlepont ont séjourné hier au châ­teau transformé en ambulance du 4e corps, et ont contribué aux soins que réclamaient les blessés transportés à cette am­bulance. Vers 14 heures un détachement allemand a occupé le châ­teau, s'est emparé des revolvers des officiers et des couteaux de poche des hommes et a gardé toutes les issues, baïonnette au canon. Par suite de la présence de nombreux blessés allemands, les soldats n'ont molesté personne, ils se sont contentés de nous empêcher de sortir du château. Il a été impossible d'ali­menter les blessés dans la soirée. Ce matin au point du jour nous avons remarqué la dispa­rition des soldats allemands, que les troupes françaises avaient dans la nuit délogés de Carlepont. Mais 2 sergents, 1 caporal et 12 hommes de la 5e ambulance, 1 brigadier et 2 conducteurs du train, 1 homme de la 4e section d'hospitalisation manquent à l'effectif - Trois chevaux ont disparu, un autre a été blessé par un projectile. Le matériel de l'ambulance a été respecté. Ordre nous a été donné aujourd'hui à 14 heures par l'Etat-major stationné à Carlepont de nous porter vers Tracy-le-Mont. Signé : Combier"

Avec les formations sanitaires du 4e corps d’armée…

Carte de situation du 19 septembre 1914

Point de situation sur les formations du 4e corps, du 13 au 18 septembre 1914 : Les trains sanitaires attachés au 4e CA s’arrêtent à Villers-Cotterets ce qui oblige le 4e CA à disposer d’une chaîne d’évacuation très étirée sur un axe nord/sud. Les conditions de transport sanitaire sont difficiles, les voies ferrées sont coupées. Il faut passer l’Aisne. Les concentrations de blessés en attente d’évacuation se multiplient à Vic-sur-Aisne (voie ferrée mètrique, axe Compiègne/Soissons), à Attichy, à Berneuil-la Motte.

Déploiement des ambulances du 4e CA : (amb. n° 1/4), en fonctionnement à la sucrerie de la Motte - (amb. n° 2/4), en soutien de la 16e brigade, en fonctionnement au château de Carlepont (cf. infra) – (amb. n° 3/4), avec la 8e DI, en fonctionnement à l’église de Tracy-le-Mont, où elle remplace un feldlazarett capturé – (amb. n° 4/4) en réserve, va renforcer le 17/09/14 l’amb. n° 3/4 à Tracy-le-Mont, puis évacuation et remplacement par une ambulance de la 37e DI [n° 5/37]. Le médecin inspecteur général Pauzat, médecin de la 6e armée a observé le 19/09 à l’église de Tracy-le-Mont, les mauvaises conditions de fonctionnement de l’ambulance – (amb. n°5/4), en fonctionnement à la ferme Morenval avec le GBD 8 – (amb. n°6/4), avec la 7e DI – (amb. n°7/4), en fonctionnement à l’école municipale de Berneuil – (amb. n°8 /4), avec la 7e DI.

Journal des marches et opérations du Groupe de brancardiers de corps du 4e corps d’armée (extraits sur les combats de Carlepont, rapport du médecin aide-major [André] Ballu), SHD Terre Vincennes, 26N 113/13.

« F°49v - 15/09/1914 – 08h20. Le médecin-chef [médecin-major de 1ère classe Lucien Jenny (1870-1953)] reçoit l’ordre suivant : [Le médecin inspecteur Henri Comte (1854-1915), directeur du service de santé du 4e CA] à M. le médecin-chef GBC à Berneuil. « Détachez une section à la 16e brigade (Gal Devaux) à Carlepont. Cette brigade se trouvant détachée. Maison de garde, 7h20. Signé : [médecin inspecteur Comte] » Communiquez cet ordre à l’amb. n°1[/4] qui marche avec vous.

F° 50r - 08h25. Le médecin-chef rend compte au DSS que l’amb. n°1 ne lui paraît pas susceptible de se déplacer ayant reçu dans la nuit tous les blessés de Tracy et de Morenval.

08h50. Le médecin-chef reçoit l’ordre suivant : La Motte, 15 Sept. 1914. 08h45. DSS à médecin-chef du GBC 4e corps. Vous confirme % de diriger sur Carlepont une section de votre formation. Amb. n° 2 fera route avec cette section. Signé : Comte.

F° 50v - 10h15. En exécution de l’ordre ci-dessus la 2e section du GBC quitte le bivouac de Berneuil à destination de Tracy-le-Mont sous les ordres de M. le médecin aide-major Ballu. Accompagnent ce détachement l’abbé Robillard, le pasteur Casalis et le rabbin Hertz (*). Le reste du Gr[oupe] cantonne à Berneuil.

16/09 – 09h50. Le médecin-chef reçoit l’ordre suivant : La Motte 16 sept. 9h30. Directeur santé 4e corps à médecin-chef GBC. Vu l’impossibilité pour les grandes voitures automobiles sanitaires de [fol. 51r] franchir le pont improvisé sur l’Aisne, il est nécessaire d’établir un va et vient de voitures entre ces autos restées sur la rive gauche et les ambulances de la Motte. Veuillez donc mettre à la disposition de l’ambulance n°1 (sucrerie de la Motte) deux grandes voitures pour blessés (17 places assises)… (…)

14h45 – (…) [le médecin-chef du GBC signale qu’il est « sans nouvelles » de la 2e section du GBC4 et de l’amb. n°2 détachées à Carlepont.]

F°54r – 17/09/14, 16h00 – (…) La 2e section du gr[oupe] dont on était sans nouvelles depuis la veille réintègre le Gr[oupe] à Tracy-le-Mont. Ci-joint le rapport du médecin aide-major de 2e classe Ballu qui commandait cette section : Tracy-le-Mont, le 18 sept. 1914. Rapport … au sujet de l’attaque de Carlepont. En exécution de l’% du service de santé du 4e CA en date du 15 sept. La 2e section du GBC du 4e CA a quitté le cantonnement de Berneuil le 15 sept. à 11h. [f° 54v] pour se rendre à Carlepont et se mettre à la disposition du Gal cdt la 16e brigade conjointement avec l’amb. n° 2. Arrivée à Carlepont à 14h30. Le 16 septembre vers 6h00 du matin, le village de Carlepont commença à être bombardé par les troupes allemandes, tandis que l’infanterie attaquait de son côté. Jugeant que nos hommes de la 2e section sont en danger nous les faisons évacuer des communs où ils cantonnaient et les dirigeons dans les caves du château. Vers 11 h. les allemands arrivent au château qu’ils cernent, nous font prisonniers, prennent nos armes et s’occupent d’évacuer leurs blessés au moyen de nos voitures qu’ils font atteler par les [fol. 55r] hommes du Train de la 2e section. L’amb. n°2 ainsi qu’une amb. du 13e corps d’armée [ ! plutôt 37e DI] et notre section de brancardiers s’occupent activement de donner leurs soins aux blessés qui arrivent fort nombreux. La situation est extrêmement critique. L’artillerie française dirige son tir sur le château. Nous avons 3 blessés pendant que les allemands faisaient évacuer les caves aux hommes qui s’y trouvaient. Les blessés sont le trompette du train Dreyffus atteint d’une plaie en séton au biceps droit ; le conducteur Martin frappé légèrement au creux poplité droit par un éclat d’obus [f° 55v] et le brancardier Debras dont l’humérus droit est fracturé par un éclat d’obus. Ces 3 hommes ont pu être ramenés à Tracy-le-Mont : ils sont maintenus au corps à l’exception du brancardier Debras évacué sur l’amb. n°3 à Tracy-le-Mont.

La journée s’est achevée sans incident notable : le feu s’est calmé dans la soirée après que Carlepont ait été repris par nos troupes. Nos hommes ont passé la nuit au 2e étage avec ordre de descendre au lever du jour au cas de reprise du tir de l’artillerie. Vers 7h l’action recommence très chaude. Les blessés arrivent de plus en plus nombreux [f° 56r] et on envisage le moment où on n’en pourra plus recevoir, d’où la nécessité d’en informer M. le DSS et le Gal cdt la 7e div. Nous sommes plus de 800 h. dans le château dont 400 blessés.

A 14h. l’ordre arrive à la 2e amb. et à la 2e section de GBC d’évacuer le château et de se diriger vers Tracy-le-Mont où nous arrivons vers 16h.il convient de signaler la conduite parfaite en tous points des médecins auxiliaires et de nos hommes et en particulier celle de Mas, brancardier qui par son sang-froid a pu éviter le massacre de ses camarades en parlementant avec [f° 56v] l’ennemi qui au moment de son arrivée se ruait sur eux baïonnette en avant ; Derape, Noël et Riche qui sans prendre aucun repos n’ont cessé de se multiplier pour donner leurs soins dévoués aux blessés, leur portant à manger et à boire, et. Madelaine, médecin auxiliaire et Froger sergent de brancardiers qui peu avant le départ ont fait atteler les voitures sous le feu de l’ennemi.

Les pertes peuvent se résumer de la façon suivante : 1°) Hommes : A Disparus : 10 hommes du train dont 1 brigadier et un ordonnance ; 20 brancardiers dont 2 caporaux [f° 57r] B Blessés : 1 trompette, 1 conducteur du train, 1 brancardier – 2°) Chevaux : chevaux de trait, 16 avec harnachement ; mulets de cacolets, 6 avec bâts – 3°) Voitures : voiture médicale (1), voiture à 2 roues pour le transport de blessés (4), voitures à 4 roues pour le transport de blessés (2), chariot porte-brouettes (1). Toutes ces voitures ont été emmenées [f° 57v] par les allemands à l’exception du chariot porte-brouettes qu’ils ont laissé à Carlepont, mais qui n’a pu être ramené, son attelage ayant été capturé par l’ennemi. Signé : Ballu (…). »

Le GBC 4 regroupé le 17 septembre, cantonne à Tracy-le-Mont avant de recevoir l’ordre le 18 à 21h. de prendre la direction de Compiègne. Il effectue le passage de l’Aisne dans la nuit sous des pluies torrentielles « en deux colonnes, les hommes à pied sur le pont de bateaux du génie, les voitures sur un pont de péniches ». Le GBC 4 arrive à Compiègne le 19 sept. à 8h. et passe l’Oise, à 11h. sur un pont de bateaux, en avant du pont de pierre détruit.

Notes sur l’ambulance n° 2/4 détachée en soutien de la 16e brigade d’infanterie.

L’ambulance n° 2/4 (médecin-major de 2e classe Jallot) accompagnée par la 2e section du GBC 4 (Ballu) fut désignée (cf. supra) le 15 septembre 1914 pour assurer le soutien sanitaire de la 16e brigade d’infanterie engagée par le 4e CA dans les combats autour de Carlepont. Je ne dispose pas de témoignage sur l’engagement des formations sanitaires du 4e corps au château de Carlepont, hormis ceux de Ballu et les compte rendus succincts des médecins de la 37e DI (cf. supra). L’on sait que les combats furent d’une extrême violence. Le médecin-chef de l’ambulance n°2/4, le médecin-major de 2e classe Victor-Henri Jallot (1870-1950) fut même blessé le 17 septembre par un éclat d’obus à la joue droite. L’ambulance put se replier vers Tracy-le-Mont en laissant sur place, aux bons soins de quelques « sanitaires », plus de 220 blessés dont 20 allemands.

Notes :

(*) L’aumônier volontaire, le dominicain Louis Robillard (1862-1915), le pasteur Maurice Casalis (1878-1966), le rabbin Albert Hertz.

Sources

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n°635, dos. 4 (Combier) ; cart. n° 636, dos. 17 (Favier).

et orientation :

en attendant nos articles sur "Noyon 1914", sur ce blog d'ici juin 2015.

Quelques références d’ouvrages présentant « Noyon » devenue ville-sanitaire allemande (Kriegslazarett), vers laquelle les blessés de Carlepont-Cuts sont évacués en septembre 1914 : De Grandmaison (Léonce), recueil. Impressions de guerre de prêtres soldats. T. 1, Paris : Plon-Nourrit, 1916-1917, 332 p. (p. 170 et suiv.) et [Sœur Saint Eleuthère], Occupation allemande de Noyon, 1914-1917. Les carnets de guerre d’une sœur infirmière. Louviers : SHASN-Ysec, 2003, 144 p.

Sur les formations hospitalières de l’Oise : Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 5, à paraître en 2015, aux éditions Ysec (www.ysec.fr) .
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HOPITAL MILITAIRE ET THEATRE… SAINT-MESMIN (8-10 Mai 2015)

8 Mai 2015 Publié dans #varia, #les hopitaux

BREVES… SORTIR CE WEEK-END

Du 8 au 10 mai 2015, la compagnie "la Facétieuse" investit le château de Saint-Mesmin à Saint-André-sur-Sèvre (Deux-Sèvres) pour y reconstituer l’hôpital bénévole n° 87 bis, de 80 lits, ouvert le 15 septembre 1914 et fermé le 16 février 1915...

Le visiteur est immergé dans un hôpital de convalescence tel qu'il pouvait se présenter vers 1915… La vidéo jointe vous fait découvrir la qualité des costumes et des uniformes. Du bel ouvrage !... P'tit bémol. Par pitié : changez la couverture couleur "orange" du lit de l'un des hospitalisés !

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2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

8 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

LE FORUM NATIONAL DE LA GENEALOGIE "1914-1918" est à GRENOBLE les 6 et 7 Juin 2015...

Le Centre généalogique du Dauphiné sous la houlette de sa présidente, Madame Claude Scarpelli relève le défi d'organiser, après Nice en 2014, les 2e Rencontres Généalogiques Nationales sur la Grande Guerre, les samedi 6 et dimanche 7 juin 2015 à Grenoble, au fort de la Bastille.

Nombreuses participations d'institutionnels, d'associations mémorielles et généalogiques - Suite d'ateliers pratiques de généalogie militaire, suivi du projet "Bleuets" initié à Nice, conférences sur deux jours...

Je vous communiquerai bientôt le programme définitif, mais je peux vous préciser dès à présent que je serai présent à Grenoble durant ces deux jours et que je ferai une communication le dimanche 7 juin sur "Les personnels du service de santé militaire, 1914-1918... - sous titré - Vers une armée sanitaire..." Un vaste sujet, assez peu traité dans toutes ses composantes médicales et paramédicales...

A BIENTOT... A GRENOBLE !

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LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).

1 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).

SUITE de la 1ère partie

Avec la 37e division d’infanterie (37e DI) dans la 1ère bataille de l’Aisne (15 au 20 septembre 1914)

CUTS 1914 (2e partie)

« Rapport du médecin-major de 1ère classe Routier (*) médecin-chef du groupe de brancardiers division­naires au sujet de l’affaire de Cuts (Oise).

Le 15 septembre 1914, après avoir cantonné à Clairoix (Oise) le groupe sanitaire de la 37e division (groupe de brancardiers, ambulances n° 2, 3, 4 et 5 [de la 37e division]) reçurent l'ordre de se porter à St. Léger-sous-Bois par la forêt et d'y attendre de nouveaux ordres. Le parcours de la forêt par des chemins très meubles et profondément ravinés fut particulièrement difficile et long. Les attelages durent être dédoublés, les voitures désembourbées à bras d'hommes à plusieurs reprises. Enfin, vers onze heures la formation atteignait St. Léger et on allait faire reposer hommes et chevaux quand un nouvel ordre me par­vint, prescrivant de continuer Jusqu'à Carlepont, pour installer une ambulance au château et procéder au relèvement des blessés nombreux dans les villages de Laigle, Quesnes et leurs alentours. Je donnais alors l'ordre au médecin-major de 1ère cl. Boyé (**) des Troupes coloniales, commandant l'ambulance n° 2 [2/37], d'expédier en avant un de ses médecins montés, pour étudier et préparer l'installation de l'ambulance et tout le convoi sert immédiatement en route. Nous arrivâmes vers Carlepont vers quinze heures et nous y trouvâmes l'Etat-major de la division et le médecin divisionnaire, monsieur le médecin principal de 2e classe Vallois (***). Au château où il nous accompagna nous trouvâmes une ambulance du 4e corps déjà instal­lée (*4) et devant ce fait il fut décidé que l'ambulance n° 2 ne serait pas installée sur ce point.

[page 2] Afin de laisser un peu reposer mes hommes et mes animaux je laissai au parc auprès du château de Carlepont une section de mes brancardiers, avec les quatre ambulances sous les ordres de M. le médecin aide-major de réserve Favier avec ordre de se reposer, de faire manger les hommes de ma­nière à être prêts à me remplacer avec sa section à mon re­tour et je partis avec ma section dans la direction de Laigle et Gillisne [ ?]. A mon retour vers six heures et demie je fis à mon tour reposer et manger les hommes de ma section et M. le médecin aide-major Favier s’apprêtait à partir à son tour quand le médecin divisionnaire nous envoya un ordre disant que le château de Cuts venant d’être évacué par les Allemands qui y avaient établi une ambulance (*5). Je devais y envoyer une ambulance et une section de brancardiers pour s’y établir et procéder au relèvement des blessés et soigner les blessés allemands qui avaient été abandonnés, ainsi que les Français qui auraient pu y être conduits. J'ordonnai aussitôt au médecin-chef de la 2° ambulance [2/37] de se mettre en route et je partais moi-même avec lui, à la tête de la 2e section de mon groupe, laissant à M. Favier le commandement de la seconde, car je tenais à être avec ceux qui marchaient en avant.

Nous partîmes vers 19 heures et demie. Dès le départ et tout le long de la route je constatais que toutes les troupes qui avaient marché dans la direction de Cuts redescen­daient vers Carlepont. M. le sous-lieutenant de réserve Lacombe du 16° escadron du Train, qui avait tenu à marcher avec moi bien que ce ne fut pas son tour et dont entre paren­thèse le zèle et le dévouement ne se sont jamais ralentis et m’ont été de la plus grande utilité, envoya d’après mes ins­tructions son bicycliste au médecin divisionnaire quand nous [page 3] passâmes au niveau de Quesne où cantonnait l'Etat-major de la division pour lui signaler cet état de choses et lui demander si malgré tout nous devions continuer notre marche sur Cuts.

Au bout de quelques minutes le bicycliste revint et nous rendit compte que M. le médecin divisionnaire n’a­vait pas voulu le recevoir et lui avait fait répondre qu'il était couché et qu’on le laissa dormir. J’ai peine à croire que ce soit là l'exacte vérité et je suppose que le bicycliste n'ayant pas trouvé cet officier ou ayant été éconduit par quelque planton a trouvé cette réponse à nous donner.

Quoiqu’il en soit n’ayant pas de nouveaux ordres nous avons exécuté le dernier donné et sommes arrivés à Cuts vers 23 heures 30 ou minuit. Là je formais mon parc à côté des dépendances du château, tandis que l'ambulance s'installant au Château même où se trouvaient trente blessés allemands environ et pas un seul français. Avant de se coucher les médecins de l'ambulance soignèrent tous les blessés et refirent leurs pansements tandis que je m'occu­pais du cantonnement des hommes et des préparatifs pour pouvoir les mettre en action dès l'aube. Je couchais moi- même dans une voiture au milieu d'eux, au lieu de prendre une chambre au château pour être prêt à toute éventualité. Dès le matin du 16 j'envoyais mes hommes sous la conduite d'un médecin auxiliaire, d'un élève de Lyon et de leurs sous-officiers à la recherche des blessés soit dans le village de Cuts, soit dans le bois environnant et j'al­lais voir les malades installés au château. Le médecin di­visionnaire vint nous trouver, il nous dit que notre ambulance était un peu en l'air, s'il y avait une attaque de [page 4] nous replier en laissant les blessés à la garde d’un médecin. Mais il ne nous fixa pas de ligne de retraite, nous disant de nous diriger sur Compiègne (On trouvera plus de détails sur cette conversation dans le rapport de mon collègue de la 2e ambulance, car lui a pu garder son journal de marche et ses divers ordres tandis que après que j’ai été pris tous mes papiers et toutes mes affaires ont été pillées).

Une demie heure après le départ du médecin divi­sionnaire je priais M. Lacombe, officier du Train d'aller reconnaître la route de Compiègne par Carlepont. Il rentra et me dit qu'on se battait à Carlepont et que la route, par suite de la contre attaque opérée sur ce point n'était pas tenable et battue par l'artillerie. Il en fut de même d'une autre route plus au sud et se dirigeant par les bois sur Clairefontaine et Quesne. Après en avoir conféré avec mon collè­gue de la 2e ambulance nous décidâmes que la retraite était impossible et qu'il n'y avait qu'à rester et à atten­dre qu'on vint nous délivrer. Toute la journée la bataille se rapprocha de Cuts augmentant d'activité, tantôt au nord, tantôt au Sud, tantôt à l'Est, tantôt à l'Ouest, le nombre de blessés aug­mentant rapidement et bientôt le château devint insuffisant et il fallut en installer sur de la paille, dans des dépen­dances (garages, remises, écuries, greniers à foin, etc.).

Je ne laissais plus sortir mes voitures, la ba­taille étant si proche que mes brancardiers utilisaient sim­plement la brouette et que souvent les blessés venaient d'eux- mêmes ou accompagnés par leurs brancardiers et infirmiers ré­gimentaires.

Mes aides et moi nous mîmes alors à les soigner pour aider un peu le personnel de l'ambulance qui était surmené. [page 5] Dans l'après-midi l'action se ralentit un peu mais sans s'éloigner. Dans la nuit nous fûmes éveillés par une vive fusillade jusque dans le parc du château, mais ce fut court autant que violent et cela ne donna d'ailleurs pas de grands résultats, car nous ne trouvâmes pas de blessés dans le parc.

Dès la matinée du 16 l'action recommença. L'ordre de la division portait, m'ont affirmé des médecins de tirailleurs que l'ambulance devait rester à Cuts mais cet ordre ne m'est pas parvenu. Toute la matinée l'action resta stationnaire, l'après-midi l'action se resserrait autour du château et il était difficile d'aller relever les blessés. Le château lui même était bombardé. Vers trois heures on se battait dans le Parc. Le château ne pouvant plus recevoir de blessés ils refluaient tous vers les annexes. C'est à ce moment que mon médecin auxiliaire M. le docteur Boulet (*6) tomba frappé par une balle qui après avoir perforé une forte porte en fer lui traversa la poitrine de part en part et vint se loger dans le bras d'un sergent de tirailleurs qu'il pansait. La mort fut instantanée. Je n'eus que le temps de me retourner pour le recueillir dans mes bras ou il expirait.

Une heure après les nôtres battaient en re­traite et les Allemands prenaient les dépendances du châ­teau d'assaut et malgré mes protestations soutenant qu'on avait tiré sur eux des dépendances, nous amenaient tous prisonniers. Je fus moi même enlevé, traîné et bousculé jusqu'à environ deux kilomètres. Ma Croix [de la Légion d’honneur] me fut arrachée ; mes hommes séparés de moi à l'exception d'un sergent qu'on [page 6] laissa m'accompagner. Ce ne fut que plus-tard que ma croix me fut rendue et que grâce à un capitaine qui parlait un peu le français je pus être conduit au Général. Celui-ci me dit que puisque j’étais médecin je ne serais pas prisonnier et me fit reconduire à l'ambulance où j’arrivais avec lui du reste vers onze heures du soir.

Les Allemands firent un triage parmi les bran­cardiers et infirmiers qu’ils avaient pris et en rendirent une quinzaine à l'ambulance ainsi que le sergent qui ne m’avait pas abandonné. Le lendemain j’allais voir les dépendances, les blessés y étaient encore ainsi que les infirmiers arrivés, mais je trouvais deux brancardiers tués et un certain nom­bre de blessés qui furent soignés à l’ambulance. Quant au matériel de l’ambulance ou de brancardiers, tout avait été pillé, le matériel de l’Etat tant que nos propriétés per­sonnelles. Seuls, ont pu sauver quelque chose, les officiers qui logeaient au château même, car les Allemands ne l’ont pas pillé. Mais tout ce qui était au parc, voitures, harnache­ments, chevaux, matériel fut enlevé et enlevé rapidement.

Dès le lendemain 18 septembre des médecins al­lemands vinrent visiter l’ambulance, ils nous prièrent ain­si que quelques médecins des Tirailleurs et des corps de troupe qu’ils avaient fait prisonniers comme nous dans leur poste de secours, de vouloir bien continuer nos soins à leurs blessés comme aux nôtres, nous avisant que nous serions traités non en prisonniers mais en médecins et que la solde nous serait payée par leurs soins ainsi que la nourriture des malades leur incombant. Ils procédèrent d’ailleurs le plus rapidement possible à l’évacuation sur Chauny et Blérancourt d’abord de tous les blessés pouvant marcher, puis des leurs.

[page 7] Enfin le 27 [septembre], ils évacuèrent les derniers sur Chauny et nous amenèrent avec eux sous prétexte de leur continuer nos soins, mais à Chauny ou déjà certains de nos collè­gues étaient employés à cela nous fûmes simplement inter­nés dans une maison de la Croix-Rouge, Pension de made­moiselle Aillot [Hallot] (*7) où un certain nombre d’officiers blessés (Français et Anglais) étaient traités et nous n’eûmes jamais à nous occuper d’un malade pas plus d’ailleurs qu’en Allemagne ou nous fûmes envoyés le 1er octobre toujours sous prétexte de donner nos soins aux blessés français très nombreux disait-on (…) ».

Parmi les personnels officiers du GBD n° 37, hormis son adjoint le docteur Favier qui resta à Carlepont et le sous-lieutenant Lacombe qui l’accompagna à Cuts, le docteur Routier ne mentionne pas : le médecin auxiliaire Nectoux, élève de l’école du service de santé de Lyon et l’aumônier titulaire de la 37e DI, Amédée Huc (né en 1875), prêtre lazariste qui a la suite de la prise de Cuts, le 17 septembre 1914 fut envoyé au camp de prisonniers de guerre de Frederichsfeld duquel il réussit à s’échapper le 6 octobre 1914 ; Huc termina la guerre avec 5 citations et la Légion d’Honneur.
A SUIVRE : Le château de Carlepont (Oise) dans les combats de septembre 1914

Notes :

(*) Médecin-major de 1ère classe Marie, Arnaud, Jean-Baptiste, Adrien Routier (1861-1929). A son retour d’Allemagne, est nommé médecin-chef du groupe de brancardiers de corps (GBC) du 33e corps d’armée (1/11/14-11/07/16) -

(**) Sur Léon Boyé (1873-1938), voir son rapport dans la 1ère partie de l’article -

(***) Médecin principal de 2e classe Félix, Paul Vallois (1859-ca.1947), médecin divisionnaire de la 37e division d’infanterie –

(*4) Ambulance n° 2/4, ambulance n°2 du 4e corps d’armée, médecin-chef : Victor-Henri Jallot (1870-1950).

(*5) ou poste de secours organisé puis évacué par la 4e division de cavalerie allemande (4 Kavallerie-Division).

(*6) François Marie Louis Boulet (1878-1914). Montpellier, cl. 1897, matricule 720 - Médecin auxiliaire, 16e section d’infirmiers militaires, docteur en médecine de Montpellier, 1904.

(*7) Pension de jeunes filles Hallot, organisé dès août 1914 par les soins de la Société de secours aux blessés militaires de Chauny, immatriculée comme hôpital auxiliaire n° 12 de Chauny (cf. Olier et Quénechdu. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, Louviers : Ysec, tome 5 (à paraître)).

Sources : Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 640, dos. 23 (Routier).

LE CHATEAU DE CUTS (OISE) DANS LES COMBATS DE SEPTEMBRE 1914 (2e partie).
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