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HOPITAUX MILITAIRES 1939-1940 - 2e REGION MILITAIRE (AMIENS)

31 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

Service de santé de la 2e région militaire (Amiens)

Départements : Somme, l'Oise, l'Aisne, Ardennes et Meuse (partie).

Directeur du Service de santé : Médecin-colonel LALOY.

Capacité hospitalière de la 2e région (au 10 mai) : 24 230 lits.

 

Secteur hospitalier de la Somme

ABBEVILLE - Hôtel Dieu (02.09.1939 / 18.05.1940), HC Collège de jeunes filles (28.10.1939 /17.05.1940), Hôtel Dieu (03.08.1939 / 18.05.1940), HC Duvauchel (22.09.1939 / 25.06.1940), HC Institution Saint-Pierre, HC Collège de garçons, HA de la Croix-Rouge.

AMIENS - Hôtel-Dieu, HC Saint-Martin, HC Paraclet, HC Saint-Victor, HC d’institutrices (rue de Chateaudun).

DURY-LES-AMIENS - Centre régional de psychiatrie (03.09.1939 /18.05.1940).

PERONNE - HC Lycée de jeunes filles.

SAINT-RIQUIER - HC du Petit séminaire (04.10.1939 /16.05.1940).

 

Hôpital complémentaire n°11 en 1914-1918, le lycée de jeunes filles Jeanne Hachette reprend du service en 1939. L'Hôpital complémentaire est l'une des formations hospitalières (HC n°2) constitutives de l'Hôpital d'évacuation secondaire (HoE2) n°6 de Beauvais

 

Secteur hospitalier de l'Oise

BEAUVAIS - HC Félix Faure (16.09.1939 /19.05.1940), HC Jeanne Hachette, HC du Séminaire, HC Ecole normale, HC Caserne Agel.

CEMPUIS - HC Orphelinat.

CLERMONT – Hôpital général - Hospice civil (04.09.1939 / 20.05.1940).

COMPIEGNE - Hôpital mixte, civil et général (durée de la Guerre), HC Delruxelles (04.04.1940 / 28.01.1941), HA Bethléem.

CREIL – Hôpital complémentaire (16.10.1939 /21.05.40).

LA BRUYERE par LIANCOURT - HC Sanatorium Paul Doumer (21.10.1939 /18.05.1940).

PONT-SAINTE-MAXENCE - Hôpital Saint-Joseph HC Abbaye Sainte-Marie.

SENLIS - HC Collège Saint-Vincent (11.09.1939 / 07.06.1940), HC Orphelinat Saint-Joseph (11.09.1939 / 07.06.1940).

Secteur Hospitalier de l’Aisne

CHATEAU-THIERRY - Hospice de la Charité.

CHAUNY - Hôpital mixte (29.01.1940 /17.05.1940).

GUISE – Hôpital complémentaire (10.09.1939 /17.05.1940), Hôpital civil (1939 /1940).

LAON – Hôpital complémentaire Foch (23.08.1939 / 02.03.1941).

LEME – Hôpital complémentaire (02.10.1939 /11.05.1940).

ORIGNY – Hospice.

SAINT-QUENTIN - HC La Croix Saint-Jean (10.11.1939 / 07.06.1940), HC La Charité (13.09.1939 / 05.07.1940), HC Lycée Henri-Martin (02.09.1939 / 31.08.1942), HC Cordier.

SISSONNE - HC du Camp (06.12.1939 /11.05.1940).

SOISSONS - HC Institution La Croix (12.09.1939 /18.05.1940), HC Collège de jeunes filles (20.09.1939/1940), HC du Grand séminaire.

VERVINS – Hôpital complémentaire (04.09.1939 /14.06.1940).

VILLERS-COTTERETS – Hôpital complémentaire (17.10.1939 / 20.05.1940).

VILLIERS-SUR-MARNE – HC des Sanarias Calmette (25.09.1939 /16.06.1940), Hôpital complémentaire (1940).

Secteur Hospitalier des Ardennes et de la Meuse (Mezières)

CHARLEVILLE - Hospice (01.05.1940 / 28.11.1944).

RETHEL - HC Tour Mazarin (08.08.1939 /14.05.1940), HC Ecole d’agriculture (01.09.1939 /13.05.1940).

RIMOGNE – Hospice.

VOUZIERS - HC Jeanne d’Arc (01.05.1940 /13.05.1940), HC Ecole Mazaryck.

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HOPITAL D'EVACUATION SECONDAIRE (HoE2) 1940

29 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

L'HoE2 est « la barrière thérapeutique des Armées ».

L’HoE2 a pour mission :

- de recevoir les évacués de 3e urgence, provenant des HoE1 ;

- de trier et de traiter, en fonction des délais de récupération (5 semaines environ) ;

- d'évacuer sur l'intérieur les blessés traités.

 

DONNEES COMPLEMENTAIRES :

 

L'HoE2 s'installe à 150/200 Kms du front (10 à 12 heures de chemin de fer) et à un noeud de communications Voie ferrée. Son implantation nécessite l'affectation en gare d'au moins deux chantiers d'évacuation de 300 mètres linéaires. L'HoE2 ne peut s'implanter sous tentes et s’implante, par réquisition, dans la plupart des locaux disponibles de la ville retenue (hôpitaux complémentaires, cliniques, hôpitaux civils, casernes, écoles, etc.). Ces centres hospitaliers élargis peuvent atteindre 10 000 lits.

Campagne 1939-1940 : 7 HoE2, numérotés de 1 à 7.

 

 

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Journal de guerre du service de santé - mercredi 15 mai 1940

29 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Mercredi 15 mai 1940

 

Capitulation de l'armée hollandaise. La VIIe armée précipite son repli. La 68e division d'infanterie est ramenée de l'île de Walcheren dans la région d’Anvers. La Ière armée reçoit le choc le plus dur sur le plateau de Gembloux. Rupture du front français sur la Meuse. La IIe armée ne parvient pas à colmater la brèche ouverte dans sa partie gauche. La VIe armée dont le chef est Robert Touchon (1878-1960) tente de la combler, puis se rétablit sur l'Aisne. La IXe armée commence, en fin de matinée, son repli sur la ligne générale Charleroi-Rocroi ; son chef, le général André Corap (1878-1953) est relevé de son commandement et remplacé par le chef de la VIIe armée, le général Henri Giraud (1879-1949), celui-ci étant lui-même remplacé à la VIIe armée par le général Aubert Frère (1881-1944). Reflux de l'ensemble du front. Course à la mer des panzers. A 20h 00 les Panzers sont à Montcornet (35 kms de Laon).

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

Repli sur le canal de Charleroi à Bruxelles.

 

            Corps de cavalerie - Le directeur du service de santé du Corps de cavalerie (médecin colonel Lambert des Cilleuls) est à Saint-Symphorien. Le groupement d'ambulances du Corps de cavalerie se replie sur Villers-Saint--Ghislain. L'ambulance chirurgicale légère n°229 quitte Fleurus, en raison de la pression de l'ennemi. Les blessés opérés les jours précédents peuvent être évacués sur Maubeuge "dans des conditions satisfaisantes, malgré l'encombrement des routes par les réfugiés". Pendant ces journées de fonctionnement intense, l'ambulance chirurgicale légère n°229 opère 90 blessés de 1ère urgence et donne ses soins à plus de 300 blessés d'autres catégories.

 

            Centre hospitalier de Binche (Belgique) - La compagnie sanitaire automobile n°974 transporte l'ambulance médicale n°31, de Binche sur l'hôpital complémentaire "Notre Dame de Grâce" de Cambrai.

 

             Centre hospitalier de Bonne-Espérance (Belgique) - Les formations sanitaires évacuent le centre hospitalier :

            - l'ambulance chirurgicale légère n°231 se replie sur Beauvois-en-Cambrésis.

            - la section d'hygiène lavage désinfection n°131 (pharmacien-lieutenant Veniez) va au Quesnoy.

            - Un groupe chirurgical mobile non identifié va à Cambrai.

 

            Centre hospitalier de Lille - Devant la pression de l'ennemi, dans le secteur britannique, les blessés hospitalisés de l'hôpital militaire "Scrive" (425 lits) sont évacués sur Le Touquet. Il s’agit d’une mesure préventive, les Allemands sont encore sur un axe Anvers-Charleroi, à plus de 100 kilomètres.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - Embouteillage de la clinique "Saint-Christophe". Les évacuations deviennent difficiles. "Les blessés civils, qui ne cessent d'arriver, sont répartis dans les caves disponibles avoisinant la clinique".

 

            Centre hospitalier de Mons (Belgique) - L'ambulance chirurgicale légère n°251 et trois équipes chirurgicales mobiles de renfort sont maintenues en fonctionnement. Dans la journée, la presque totalité du personnel des formations sanitaires est ramené en arrière et la majeure partie du matériel sanitaire est évacué. Cette opération de repli est assurée par la compagnie sanitaire automobile n°980 (lieutenant Herlein) qui procède à l'évacuation sur Lens, de 250 blessés et de dix-huit tonnes de matériel sanitaire.

"Jusqu'ici, Saint-Quentin et Marcoing (HoE1 n°3) ont procédé tranquillement à l'évacuation de leurs occupants. Maubeuge a demandé un train sanitaire pour le 15 mai. Les blessés commencent à se faire plus nombreux et Valenciennes demandera son premier train sanitaire pour le 16 mai."

 

                        IIe armée -

La IIe armée ne parvient pas à colmater la brèche ouverte dans sa partie gauche.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - Le personnel de l'ambulance chirurgicale légère n°279 (médecin-capitaine Iselin) de Senoncourt travaille à Ancemont. A minuit, 386 lits sont occupés. Dans la journée : 243 entrées et 386 sorties dont neuf décès.

 

            HoE1 n°10 (Vouziers) - Repli du personnel sur Sainte-Menehould-Vertevoyes ; le matériel est laissé sur place.

 

         Hôpital militaire "Edmond Delorme" (Mourmelon) - Cet hôpital devait servir, conformément au journal de mobilisation, de centre de débordement, dès la période de sureté, aux hôpitaux militaires des régions du nord-est. Le 15 mai, à la suite de bombardements, l'hôpital est rendu inutilisable (dix morts et quinze blessés sur le camp). Une équipe chirurgicale mobile de l'HoE2 n°4 d’Epernay, détachée à Mourmelon, qui ne peut plus opérer est renvoyée à Epernay. Mise en alerte d’Epernay et de Reims.

 

          Centre hospitalier de Bras-sur-Meuse - L'ambulance chirurgicale lourde n°429 (médecin-commandant Gattelier) repliée sur un fort de Verdun est mise à la disposition de l'HoE2 n°2 de Bar-le-Duc.

 

            Centre hospitalier de Maison-Rouge - Violents bombardements exigeant le repli de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 (Maison-Rouge), de l'ambulance chirurgicale légère n°242 (Maison-Rouge) non déployée, de l'ambulance médicale n°42 (Tersen) à La Forêt (300 lits). L'ambulance chirurgicale légère (ACl) n°242 reçoit l'ordre de se replier sur Sainte-Menehould. Les blessés classés "extrême urgence" sont laissés sur place avec une équipe chirurgicale. A 03h 00, l'ACl n°242 arrive à Vouziers et trouve l'hôpital d'évacuation primaire n°10 abandonné (cf. supra). A 06h 00 arrivée à Sainte-Menehould ; la formation sanitaire est ensuite dirigée sur Vertevoyes où elle fonctionne jusqu'au 9 juin.

 

                        IIIe armée

             Le point d'embarquement voie ferrée (PEVF) de Longuyon est reporté à Spincourt.

 

            HoE1 n°15 (Labry) - Bombardement aérien : 8 bombes sur l'hôpital ; une seule touche un bâtiment. Repli partiel de l'HoE1 n°15 sur Droitaumont et Thiaucourt où se trouve déjà déployé  l'HoE1 n°7 (formation organique de la IIIe armée). L'ambulance chirurgicale lourde n°427 (Labry) évacue tous ses blessés sur Thiaucourt, de même que l'ambulance médicale n°99 (médecin-capitaine Juillet).

 

                        VIe armée

            La VIe armée (Touchon) qui va venir se placer à gauche de la IIe armée, à cheval sur le dispositif des IIe et IXe armées, pourra utiliser éventuellement Rethel (IXe armée), bien que ce centre hospitalier soit bien diminué, ainsi qu’une ambulance chirurgicale lourde à Montmirail (ACL n°424 ou 425). Départ d'un échelon léger de la direction de cette armée, sans formation sanitaire d’accompagnement, par Dijon (lieu de son stationnement en réserve), Troyes, Châlons-sur-Marne, Reims. Arrivée à Hermonville (12 kms, nord-ouest de Reims) à 01h 00.

 

                        VIIe armée -

la pression allemande s'exerce principalement sur l'aile gauche.

 

            Centre hospitalier de Bruges (Belgique) - Ouverture d'un centre hospitalier d'armée à l'hôpital "Saint-Jean" (400 lits, onze équipes chirurgicales, quatre radiologues) comprenant :

            - un centre de chirurgie générale composé de l’ambulance chirurgicale lourde n°416 et du groupe chirurgical mobile n°17 (Henrion) avec deux salles d'opérations et radiologie ;

            - un centre de neurochirurgie (ambulance chirurgicale légère n°237, médecin-commandant Ginestet), avec salle d'opération et radiologie ;

            - un centre de spécialités chirurgicales avec salles d'opérations pour les diverses spécialités et radiologie (ACl n°237) ;

            - un centre de médecine générale et de spécialités médicales (ambulance médicale n°57).

 

            Centre hospitalier de Gand (Belgique) - Les 3e urgences sont évacuées sur Zuydcoote par autocars sanitaires. Un point d'embarquement voie ferrée (PEVF) est organisé par l'ambulance médicale n°57 en gare de la Pinte.

 

            Centre hospitalier de Roulers (Belgique) - une option est mise sur Roulers, mais nécessite une collaboration franco-belge. Certaines formations sanitaires sont tenues en réserve en Belgique : hôpital complémentaire d'armée n°317, ambulances médicales n°77 et 89 (médecin-capitaine Dutard), section d'hygiène lavage désinfection n°180 (pharmacien-lieutenant Rouanet). L'HoE1 n°14 est partiellement déployé. Le laboratoire d'armée n°337 est prêt à fonctionner. La réserve avancée de médicaments n°357 achève de s'installer, sous la direction du pharmacien-colonel Burollet, inspecteur des services pharmaceutiques de la VIIe armée.

 

            Centre hospitalier du Touquet-Paris-Plage - est organisé en HoE2 (1 500 lits chirurgicaux)  Il est "réservé à l'hospitalisation belge". Le médecin-colonel Bouissou, chef d'état-major de l'aide-major général "est envoyé sur place pour régler les conditions d'hospitalisation." Le secteur hospitalier des côtes-du-nord (4e région militaire) et un crédit hospitalier sur la 2e région (Amiens) sont réservés pour les évacuations sanitaires belges.

 

                        IXe armée

            La IXe armée envisage le repli des 11e et 41e groupements d'ambulances de corps d'armée sur Amiens.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - L'ambulance chirurgicale lourde n°430 (médecin-capitaine R. Bloch) est intégrée dans le centre hospitalier, de même que l'hôpital complémentaire "Mazarin" qui se replie "spontanément" sur Soissons et Amiens ; elle confie ses blessés au groupe chirurgical mobile n°4. Retour des équipes chirurgicales mobiles n°28 et 29. "En raison de ce repli, on prévoit l'installation à La Fère (20 kms nord-ouest de Laon) d'un hôpital complémentaire et le fonctionnement du centre hospitalier de Laon comme HoE1." L'HoE1 n°2 de Rethel évacue ses blessés sur l'HoE1 n°4 de Liesse et sur l'HoE2 n°7 (médecin-colonel Dreneau) de Compiègne. La compagnie sanitaire automobile n°981 procède du 15 au 21 mai, à l'évacuation du centre hospitalier de Rethel. La compagnie sanitaire automobile n°972 poursuit également l'évacuation de Rethel, avec tous ses moyens en direction de Reims et de Liesse (HoE1 n°4). Dans la nuit du 15 au 16 mai, l’on procède à l’évacuation des formations sanitaires d'armée sur Liesse. Une autre section poursuit les évacuations du groupement d'ambulances de corps d'armée n°2. Toutefois les hôpitaux de Fourmies étant pleins, cette section dirige ses évacuations sur ceux de Laon et de Guise. Un train sanitaire parti d’Amagne à 19h 00 quitte Rethel emportant 300 malades et 121 civils.

 

            HoE1 n°4 (Liesse) - Chargement d'un train sanitaire (280 évacués) et de deux autorails sanitaires dont un avec remorque. L'ambulance chirurgicale lourde n°428 et légère n°278 (médecin-capitaine Salmon) fonctionnent à plein rendement. L’ensemble des évacuations sanitaires donne 500 blessés à 18h 00.

 

            Centre hospitalier d'Aubigny-les-Pothées - L'ambulance chirurgicale légère n°276 (médecin-commandant Debrie), entrant dans la composition du groupement d'ambulances de corps d'armée n°41 avec l'ambulance médicale n°95 et la section d'hygiène lavage désinfection n°179, se replient d’Aubigny en abandonnant leur matériel.

 

              Centre hospitalier de Laon - L'ambulance chirurgicale légère n°277 d’Origny-en-Thiérache reçoit l'ordre de se replier sur l'hôpital "Foch" de Laon.

 

                        Armée des Alpes

            En prévision d'une guerre avec l'Italie : "cette armée [doit] vivre sur les formations sanitaires de la 14e région militaire (Lyon), 15e (Marseille), sur l'HoE2 n°3 de Sathonay et la régulatrice de communications n°6 (médecin-colonel Bardon) de Venissieux." Cette armée ne disposera que d'une seule compagnie sanitaire automobile. De plus, il est nécessaire d’ « équiper fortement Grenoble, Lyon, Avignon et Valence".

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Le poste de secours central de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère est détruit à Bjerkvik par bombardement aérien. Le médecin-capitaine Blancardi, médecin-chef et le pharmacien-lieutenant Le Mouet sont blessés. Plusieurs tués dans le personnel. Cause de cet accident :

            1) - le poste de secours s'était installé dans une des rares maisons restées debout à Bjerkvik ;

            2) - le poste de secours était signalé par un vaste drapeau à croix rouge.

            Par la suite, les postes de secours de la Légion rechercheront des emplacements non visibles ou non repérables. Ils n'arboreront plus la croix rouge. Le médecin-sous-lieutenant Blanchon, adjoint au médecin-chef de la division est envoyé en renfort à la Légion étrangère.

 

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

            HoE2 n°2 de Bar-le-Duc (médecin-colonel Badies) - 1 400 blessés reçus en trois jours, quatre chantiers opératoires en fonctionnement. L'ambulance chirurgicale lourde n°429 provenant de Bras-sur-Meuse s'installe au quartier "Exelmans", en renfort de l'HoE2 n°2. Un renforcement en infirmières se révèle rapidement nécessaire.

Insigne de tradition de l'Ambulance chirurgicale lourde n°415 (médecin-capitaine Fevre), de la réserve générale, affectée à l'Hôpital d'évacuation secondaire n°2 de Bar-le-Duc.

            HoE2 n°4 (Epernay) - est mis en alerte par l'aide-major général ; toutefois ses ressources en personnels sont très dispersées : Le Touquet, Reims, etc.

 

            HoE2 n°6 (Beauvais) - (suite au rapport de mission du médecin-commandant Wilmoth, adjoint au chef des services chirurgicaux auprès de l'aide-major général). L'HoE2 n°6 dispose de 23 équipes chirurgicales. Demande un renfort en médecins-auxiliaires et en matériels et médicaments. L'HoE2 procède à l'achat direct sur Paris de produits anesthésiques (Narcangil).

 

            HoE2 n°7 (Compiègne) - (suite au rapport Wilmoth, cf. supra) demande un renfort de matériels qui est accordé par l'aide-major général. L'HoE2 signale un retard des trains sanitaires de blessés non opérés en provenance de Rethel (HoE1 n°2, IXe armée) ; demande que ces blessés aient leurs fiches d'évacuation soigneusement libellées, aux fins d'accélérer le triage.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            IIe armée - "a pris sur elle" sans en référer à l’Aide major général d'utiliser deux sections de la compagnie sanitaire automobile n°968, en réserve générale à Sainte-Ménéhould.

 

            IIIe armée - a dû prêter au commandement, plusieurs autocars sanitaires pour le transport de troupes...

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, Ière, VIIe, IXe, Armée des Alpes]

 

                        Voie ferrée

            Trains rouges - envoi aux armées de la note n° 11 501/SS/FT/1 du 15 mai concernant les trains sanitaires de blessés à opérer : "on organise dans chacune des régions de l'Intérieur limitrophe de la zone des armées, après entente entre l'Intérieur et les armées, un certain nombre de centres hospitaliers réunissant les ressources suffisantes pour pouvoir absorber en une fois le chargement d'un train sanitaire de blessés et assurer le traitement chirurgical dans les délais voulus".

enlightened[cf. 14 mai, Evacuations sanitaires, voie ferrée].

 

            Aide aux populations civiles -  Un train de blessés civils est dirigé sur Evreux et Caen (3e région militaire) en provenance de la 6e région militaire (IIe armée). Un autre train sanitaire est parti de Laon, transportant des blessés civils sur la 11e région militaire (Nantes). L'aide-major général adresse la note n°11 535/SS/FT/1 à l'état-major général (4e bureau) "pour l'informer des demandes de trains sanitaires dont il est saisi par les autorités civiles pour l'évacuation des blessés civils". Il décide de l'emploi de trains sanitaires militaires "à titre exceptionnel". En cas de refus, il propose la mise sur pied de trains sanitaires improvisés, à organiser par les autorités civiles.

 

               RC n°1 (Amiens) -

       - le train sanitaire n°219 (médecin-lieutenant Zaeppfel), stationne à Bruges.

 

               RC n°2 (Laon) -

        Hôpital complémentaire de régulatrice de communications n°2 (Laon) - Evacuation de petits blessés: "Des trains sanitaires doivent partir pour Angers, Le Mans. Changements de destination, d'heures de départ. Longue attente, des heures entières de nos "sortants" à la gare.

            L'évacuation se prépare, selon les ordres reçus, mais barré par des difficultés nouvelles qui surgissent sans cesse. Les trains partent avec des retards de quatre à cinq heures, quand ils partent. Les rames sanitaires ne correspondent pas aux chiffres annoncés de couchés et assis (...) Nous sommes néanmoins contraints de remettre au lendemain un lot de départs, derniers malades transportables et paquets de blessés légers (...)

            Les blessés comme convenu, ont été descendus dans les sous-sols aménagés pour les accueillir pendant la nuit. Pas d'autre solution étant donné la fréquence des alertes."

            Vers 23h 00, le médecin-colonel Hauvuy (médecin-chef de la RC n°2) attend toujours des ordres du GQG qui ne viennent pas.

            La IXe armée à un besoin d'évacuation de 450 blessés militaires et de 250 blessés civils. La RC n°2 signale les difficultés d'évacuation en raison de coupures de la voie ferrée. L'aide-major général met à la disposition de la IXe armée: deux sections sanitaires automobiles à base d'autocars sanitaires de la compagnie stationnée à Chauny qui sont dirigées sur Sons près de Marle. Cette section était initialement à la disposition de la IIe armée.

            - le train sanitaire n°218 (médecin-lieutenant Wester), de Fourmies (270 évacués) sur Beauvais (16 mai).

            - le train sanitaire n°268 est signalé comme opérant de Fourmies à Compiègne.

 

                  RC n°3 (Saint-Dizier) -

         La IIe armée évacue sur Sainte-Menehould, sur Ancemont (HoE1 n°5), sur Bar-le-Duc (HoE2 n°2) fonctionnant comme HoE1. En prévision du débordement éventuel de l'HoE2 n°2 de Bar-le-Duc, l'aide-major général prévoit :

            - l'envoi de trains sanitaires "rouges" à Paris ;

            - la dérivation du courant d'évacuation sanitaire sur Troyes (600 lits chirurgicaux) en utilisant les autocars sanitaires et la compagnie sanitaire automobile de Chaumont.

- le train sanitaire n°109, de Bar-le-Duc (321 évacués) sur Bordeaux (17 mai).

            - le train sanitaire n°112 (médecin-lieutenant Arru-Blachette), à trois kilomètres de Sainte-Menehould, le train est bombardé et mitraillé : quatre wagons sont hors service.

            - le train sanitaire n°160, de Reims (257 évacués, embarqués pendant un bombardement) sur Saint-Lô via Caen (16 mai).

            - le train sanitaire n°303, de Sainte-Ménéhould (300 évacués) sur Bar-le-Duc (15 mai).

 

                        RC n°5 (Troyes) -

            - le train sanitaire n°104 est en désinfection à Limoges.

 

                        RC n°6 (Venissieux) -

            - un autorail sanitaire (15 couchés et 25 assis) d’Annecy sur Lyon.

            - un autorail sanitaire (6 couchés et 32 assis) de Chambéry sur Lyon.

            - le train sanitaire n°569 (médecin-lieutenant G. Bloch) avec 330 malades ou blessés, dont 70 couchés, de l'HoE2 n°3 (Sathonay) sur Privas.

 

                        RC n°7 (Creil) -

            - Ière armée : le train sanitaire n°200 (médecin-lieutenant Ayrignac), de 260 évacués, de Maubeuge sur un hôpital d’évacuation secondaire non localisé.

            - Un train sanitaire (n°118?), avec 281 évacués, de Saint-Quentin sur la 4e région militaire (Le Mans).

            - le train sanitaire n°102 est en désinfection à Bordeaux.

            - le train sanitaire n°114 (médecin-lieutenant Verdier), de Reims sur Bordeaux et Mont-de-Marsan.

            - le train sanitaire n°118 (cf. supra), de Saint-Quentin à destination de Compiègne.

            - le train sanitaire n°200, est bombardé à Busigny, un noeud ferroviaire à 26 kms au nord-est de Saint-Quentin. A 17h 00, ce train quitte Maubeuge dont la gare est très touchée par les bombardements.

            - le train sanitaire n°468 est signalé à Essigny-le-Petit (7 kms, nord-est de Saint-Quentin) bloqué par une coupure de voie ferrée.

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, Ière, IIIe, VIIe, IXe armées]

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            7e Direction (ministère de la Guerre) signale toutes les ressources de la réserve ministérielle actuelles concernant certains médicaments :

            - sérum de Normet (10 000 ampoules de 250 cc) ;

            - sérum antigangréneux (130 000 ampoules de 20 cc) ;

            - sérum antitétanique (900 000 ampoules de 10 cc) ;

            - camphosulfonate (commande de 1 000 000 d'ampoules de 2 cc) ;

            Il existe à la pharmacie centrale de l'armée à Malakoff : 15 000 ampoules de 2 cc et 10 ampoules de 5 cc de camphosulphonate.

            - Evipan (stock à zéro, remplacé par du Privénal : 8 000 doses prévues)

            - Ephédrine (250 000 ampoules - en marché : 850 000)

E [Hôpitaux d'évacuation secondaire, HoE2 n°6].

 

            Recomplètement - Commande du 15 mai 1940 de 25 fourgons tolés citroën TAMH de radiologie : "Ces véhicules à prélever sur chaîne, auront une carosserie tolée sans fenêtres, avec une porte à double battant à l'arrière." L'équipement technique est assuré par l'établissement central d'électro-radiologie de l'armée à Malakoff.

 

            Station-magasin (Dole) - coupure de voie ferrée (trafic ferroviaire interrompu pendant quatre jours). La station-magasin de Vesoul est prévenue pour l'enlèvement de son matériel par camions.

 

            Station-magasin (Le Mans) - dirige une section d'hospitalisation sur les régulatrices de communications n°5 (Troyes) et n°7 (Creil).

MEMORIAL

 

Georges Marquet, né le 11 juin 1913 à Sauviat-sur-Vige (Haute-Vienne), diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937), médecin-lieutenant au 32e bataillon de chars, mort au combat le 15 mai 1940 à Rozoy-sur-Serre (Aisne).

 

André Thut, né le 13 octobre 1913 à Rethel (Ardennes), médecin-auxiliaire à la 17e section d’infirmiers militaires, mort au combat le 15 mai 1940 à Montcornet (Aisne).

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HOPITAL D'EVACUATION PRIMAIRE (HoE) 1940

27 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

MISSION : L'HOE1 a pour mission :

- de recevoir la masse des évacués de 2e et de 3e urgence ;

- de trier et de catégoriser soigneusement ces évacués, dont il conserve les 2e urgence pour le traitement ;

- de mettre en état d'évacuation les 3e urgence.

HOPITAL D'EVACUATION PRIMAIRE (HoE) 1940

(a) - 1 groupe de buanderie-séchoir (2 remorques), 1 voiture de désinfection DZ.

(b) -1 500 lits d'après Arch SHAT, 7N4077, Historique du 4è bureau, p. 342, titre I, ch. V, E2a.

Déplacement par voie ferrée ou par moyens de transport fournis par l’Armée ou le GQG : 30 à 36 wagons couverts et 3 wagons plats, ou par route : 60 camions sont nécessaires.

DONNEES COMPLEMENTAIRES

L’HOE1 s'installe à 25/30 kms du front. Implantation à 1 km de tout objectif militaire, à proximité d'une voie ferrée (nécessite un chantier d'évacuation sanitaire VF de 300 mètres linéaires). Dans le cas d'une implantation exceptionnelle sous tentes : 6 à 8 hectares.

D'une manière générale l'HOE1 est une formation de réserve générale semi-mobile affectée aux Armées. Le nombre d'HOE1 affectés dans chaque armée active était fonction de la manoeuvre sanitaire envisagée.

Au plan E : 14 HOE1 sont affectés aux armées, 7 restent en réserve dont 2 sont réservés pour un éventuel emploi outre-mer.

Campagne 1939-1940 : 23 HOE1. Numérotation continue de 1 à 23.

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Journal de guerre du service de santé - mardi 14 mai 1940

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Mardi 14 mai 1940

Repli de la VIIe armée (Giraud) derrière l'Escaut d’Anvers. La 68e division d'infanterie se "cramponne" aux îles de Walcheren et de Beveland. En Belgique, la Ière armée est au contact. Le Corps de cavalerie se replie derrière la position de Gembloux. Dans les Ardennes, multiplication des têtes de pont allemandes, sur la Meuse, au contact des IIe et IXe armées. Bombardement systématique des arrières de la IXe armée (Corap). Recul général, déroute. Repli des IIe et IXe armées sur la deuxième ligne de défense. Percée allemande de plus de 50 kms. La VIe armée (Touchon) reçoit l'ordre de rétablir la liaison entre les IIe et IXe armées.

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

est dès son engagement, au contact des Allemands sur la position de Gembloux-Ernage.

 

            Corps de cavalerie - Repli du groupement d'ambulances du Corps de cavalerie sur Villers-Saint-Ghislain (7 kms est de Mons), à l'exception de l'ambulance chirurgicale n°229 (Fleurus) qui "restera déployée jusqu'à la liquidation de la situation" (76 entrants du 14 au 15 mai). Le DSS/CC s'établit à Fleurus. Une des deux sections sanitaires automobiles de renfort est mise à la disposition du DSS/5e CA (médecin-colonel Augé). Ces évacuations se font sur Maubeuge par autorail et véhicules sanitaires.

 

            Le Directeur du service de santé de la Ière armée visite Binche, Bonne-Espérance, où il prévoit l'installation de l'HoE1 n°13 (médecin-lieutenant-colonel Rigaux) dans les locaux d'une abbaye "immense" et Thuin où l'installation de l'HoE1 n°1 (médecin-commandant Diffre) est envisagée.

            A Lobbes, la section d'hygiène lavage désinfection n°181 est "anéantie" par un bombardement aérien. A Mons, est poussée l'ambulance chirurgicale légère n°251 (médecin-lieutenant Welti), qui y restera jusqu'au 16 mai, renforcée par le groupe chirurgical mobile n°15 (médecin-lieutenant Joly) qui fonctionnera les 14 et 15 mai 1940. A 24h 00, ordre est donné de préparer le repli de toutes les formations sanitaires arrivées à Thuin (15kms sud-ouest de Charleroi). La Ière armée arrête également toutes les formations sanitaires en cours de transport, dont ses deux hôpitaux d'évacuation primaire (n°1 et 13).

 

            Centre hospitalier de Bonne-Espérance - (cf. supra) Arrivée à Thuin de l'ambulance médicale n°31 (médecin-capitaine Joulia) et d'une section d'hygiène lavage désinfection qui sont dirigées le jour même sur l'abbaye de Bonne-Espérance. L'ambulance chirurgicale légère n°231 fait mouvement de Binche sur Bonne-Espérance où fonctionnent déjà l'hôpital d'évacuation primaire n°13 et l'ambulance chirurgicale lourde n°422 (médecin-commandant Chenut).

 

                      IIe armée -

Elargissement des têtes de pont allemandes de Houx et de Sedan.

 

             HoE1 n°5 (Ancemont) - 222 lits sont occupés à minuit. Dans la journée, 188 entrées et quatorze sorties dont deux décès sont enregistrés.

 

              HoE1 n°10 (Vouziers) - Le repli de l'HoE1 n°10 et de l'hôpital complémentaire d'armée n°312 (Corbon) est décidé sur Sainte-Menehould-Vertevoyes. Ce centre hospitalier fonctionne dorénavant comme groupement d'ambulances de corps d'armée (GACA) et évacue sur Bar-le-Duc. Départ d'un train sanitaire de 360 blessés (14h 30). A 20h 00, il ne reste plus qu'une soixantaine de blessés. A la nuit, évacuation complète des blessés.

 

              Centre hospitalier de Maison-Rouge - A l'ambulance chirurgicale légère n°242 : "travail formidable, du fait de la disparition du GACA (n°10) du Chesne et de certains GSD, des blessés arrivent sans aucune fiche de l'avant. Les deux équipes chirurgicales opèrent sans arrêt..."

 

             Hôpital militaire de Mourmelon - subit un bombardement, ainsi que le camp d'aviation. Ce bombardement sera renouvelé le 15 mai.

 

                        IIIe armée

            HoE1 n°7 (Pont-à-Mousson) - Deux autocars sanitaires de la compagnie sanitaire automobile n°543 sont mis à la disposition de l'HoE1 n°7 de Pont-à-Mousson (médecin-lieutenant-colonel Campaignolle).

 

                       VIe armée (détachement d'armée Touchon) - armée de réserve

              Dans la nuit du 14 au 15 mai, départ rapide pour le front de Aisne d'un petit détachement du service de santé militaire comprenant: un médecin, un sous-officier et trois infirmiers de l'ambulance chirurgicale légère n°236 (Peyrus) avec du matériel et deux véhicules sanitaires.

 

           Centre hospitalier de Reims - (sera dans le secteur du détachement d'armée Touchon le 15 mai). Un train sanitaire est accordé à la direction du service de santé de la 6e région militaire (Châlons-sur-Marne) pour l'évacuation de Reims de 350 blessés civils. C'est sur Reims, compte-tenu du non déploiement de l'HoE2 n°4 d’Epernay, toujours en "réserve générale" le 14 mai, que pèse tout le poids des évacuations sanitaires de la bataille de Sedan. Reims joue en effet, avec ses douze hôpitaux complémentaires et ses 6 881 lits, le rôle d'HoE2 au profit des IIe, VIe, IXe armées et complète, au mieux, la "barrière sanitaire" des HoE2 dans laquelle le médecin-général Liégeois a laissé un vide énorme de plus de 200 kilomètres entre Compiègne (HoE2 n°7) et Bar-le-Duc (HoE2 n°2).

 

                       VIIe armée -

repli sur le camp retranché d’Anvers.

           

 

             Centre hospitalier de Bruges - installation de l'HoE1 n°14 (médecin-colonel Tournier).

 

            Centre hospitalier de Gand - Renforcement du centre hospitalier de Gand-Zwijnaarde par la 21e compagnie d'infirmiers de réserve générale, une section d'hospitalisation de l'hôpital complémentaire d'armée n°317 (Brouste) et l'ambulance chirurgicale lourde n°412 (en partie). Le groupe chirurgical mobile n°18 de Saint-Omer est également dirigé sur Gand. Le centre hospitalier peut recevoir des blessés et opérer à 16h 00. Au soir du 14 mai, Gand comprend onze équipes chirurgicales et quatre radiologues.

 

             Centre hospitalier du Touquet-Paris-Plage - Renforcement du centre hospitalier par trois équipes chirurgicales et 150 hommes, provenant de l'HoE2 n°4 d’Epernay (médecin-colonel Pauron). La 1ère section de la compagnie sanitaire automobile n°967 de Saint-Riquier (douze autocars sanitaires) est également mise à sa disposition.

 

                          VIIIe armée -

             

Insigne de tradition de l'ambulance chirurgicale légère n°258, appartenant à la VIIIe armée. Considérée comme disparue pendant la campagne de France.

            Etude de déploiement de l'hôpital d'évacuation primaire n°8 (médecin-commandant Faure) à Remiremont.

 

                           IXe armée -

En situation précaire, compte-tenu des puissantes formations blindées allemandes qui après avoir enfoncé les défenses de la IIè armée se rabattent vers l'Ouest dans son secteur.

 

              HoE1 n°2 (Rethel) - Encombrement de blessés civils : 300 évacués dont 150 graves. Un train sanitaire a été bombardé. Evacuation par autorail sanitaire des blessés de troisième urgence (U3). L'aide-major général envisage la constitution d'un train sanitaire de blessés civils, à évacuer sur la 4e région militaire du Mans.

 

              HoE1 n°4 (Liesse) - (rapport de mission du médecin-commandant Wilmoth, de l'état-major de l'aide-major général). L'ambulance chirurgicale lourde n°428 (médecin-commandant Soupault) est en partie détruite par un bombardement: "deux salles d'opération ont été réinstallées dans des caves aménagées." Capacité de traitement de 60 blessés par jour. Chargement d'un train sanitaire en gare.

 

              Centre hospitalier de Fourmies - Hospitalisation de 400 à 500 blessés. Evacuation sur Ribemont et repli le 15 mai.

 

              Centre hospitalier de Laon - (Hôpital complémentaire "Foch") reçoit des blessés du front après 14 heures de route et de Rethel après deux heures. L'aide-major général accorde au centre hospitalier: trois équipes chirurgicales mobiles, huit véhicules sanitaires et des moyens de stérilisation (cinq autoclaves).

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

                        HoE2 n°7 (Compiègne) - a reçu vingt blessés civils. "S'il en reçoit d'autres, il devra déborder sur les salles militaires" de l'hôpital civil de Compiègne.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie maritime

           Toutes les évacuations sanitaires par voie maritime, tant françaises que britanniques, du corps expéditionnaire français en Scandinavie transitant par la Grande-Bretagne (détachement médical de liaison à Manchester) sont dirigées sur la base sanitaire de Lorient (instruction n°100 294/4/FT du 14 mai 1940).

 

                        Voie routière

            DSS/2e région militaire (Amiens) - signale qu'elle a des difficultés à assurer le transport des blessés. L'aide-major général fait diriger 40 camionnettes disponibles, aménagées en version sanitaire.

            Compagnie sanitaire automobile n°961 - utilisée sans ordres, retourne à Ailly-sur-Noye.

            CSA n°974 - est mise à la disposition de l'HoE2 n°6 (Beauvais).

            CSA n°983 - provenant de la Ve armée est reportée à Senlis.

         CSA n°984 - provenant de la VIIIe armée est mise en réserve à Crépy-en-Valois (24 kms sud-est de Compiègne).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IIIe et VIIe armées]

 

                        Voie ferrée

            Le GQG demande à l'état-major général de l'armée (télégramme n° 9753-4/FT) la constitution, à partir des équipements existants de deux trains sanitaires pour couchés.

           L'aide-major général met à la disposition de l'armée belge un courant d'évacuation passant par Ghywelde, Dunkerque, Calais et Etaples, en direction du centre hospitalier du Touquet, réservé à l'hospitalisation belge.

             Diffusion du tableau récapitulatif, arrêté à la date du 14 mai, des centres hospitaliers de l'Intérieur "sur lesquels pourront être dirigés des trains sanitaires de blessés à opérer" appelés aussi "trains rouges".

 

TABLEAU n°2 - Centres hospitaliers "abonnés" pour un train sanitaire de blessés à opérer :

3e région militaire (Rouen)

Evreux - Trouville - Rouen - Caen - Lisieux – Saint-Lô

4e région militaire (Le Mans)

Le Mans - Rennes – Bagnoles-de-l’Orne - Alençon

5e région militaire (Orléans)

Nevers

8e région militaire (Dijon)

Châlons-sur-Saône - Sens

9e région militaire (Tours)

Un train rouge tous les quatre jours, soit à Angers, Tours ou Poitiers

 

                        RC n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de gare régulatrice n°2 (Laon) - nombreux arrivages de blessés (bombardements de Corbény sur la route de Reims, de Laon (13 mai) et de Guignicourt).

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            - un train sanitaire partiellement détruit à Charny.

            - le train sanitaire n°109 (médecin-lieutenant Danhier), de Vouziers (306 évacués) sur Bar-le-Duc.

            - le train sanitaire n°466 signalé au départ de Vouziers (600 évacués) sur Bar-le-Duc prend en remorque le train sanitaire n°303.

 

                        RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°460 (316 évacués), de Dijon-Beaune sur la 13e région militaire (Néris-les-Bains).

            - le train sanitaire n°512 (médecin-lieutenant Madeuf) de 247 évacués, de Besançon sur Carpentras.

            - le train sanitaire n°535 (273 évacués), de Sarrebourg sur Epinal.

            - le train sanitaire n°563 (328 évacués), de Montbéliard-Luxeuil sur Autun.

 

                        RC n°5 (TROYES)

            - le train sanitaire n°318 (médecin-lieutenant Lapuyade), de Commercy (301 évacués) sur Nevers (14 mai).

            - le train sanitaire n°325, de Réthel (204 évacués) sur Soissons et Compiègne (15 mai).

 

                        RC n°6 (Venissieux)

            - Un autorail sanitaire de Nantua sur Lyon (39 assis et quatre couchés).

            - Deux autorails sanitaires jumelés de Gap sur Crest et Valence (seize assis et 64 couchés).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, VIe et IXe armées]

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        La 7e direction du ministère de la Guerre fait procéder :

            - à l'envoi d'appareils de fractures type "Lardennois"; fait fabriquer du store en rouleaux (type "Eugène Perdu") ; envisage la fabrication d'appareils de fractures de Pouliquen.

            - à l'achat de brancards : 40 000 sont commandés et seront livrés à raison de 300 par semaine, 3 000 sont envoyés aux stations-magasins. On compte actuellement à la station-magasin de Sens, 1 800 brancards, à la station-magasin de Saint-Cyr (2 800), à la station-magasin d’Avord (300). Compte-tenu de la destruction d’Avord, ils seront répartis sur les régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°3 (Saint-Dizier), n°7 (Creil).

            - à la constitution urgente de matériel de neuro-chirurgie ;

          - à l'expédition de médicaments de faible poids et de peu de volume par la section automobile féminine (SSAF). Cet organisme dispose pour cette mission de trois sections auxiliaires de transport sanitaire (SATS): n°5 201/19 (lieutenant Henrion), n° 5 202/19 (lieutenant Dreyfuss), n° 5 203/19 (lieutenant Roques) ;

            - à l'achat de médicaments destinés au traitement des hémorragies: Anthemo, Arrhemapectil et au traitement du choc: syncortyl (laboratoires Roussel) et néocortyl.

 

                        Pharmacie centrale de l'armée (fort de Vanves à Malakoff) - répartira vingt lots de traitement des brûlures, par jour, sur les régulatrices de communications.

 

                        Station-magasin de Dole – A la suite au bombardement de la station-magasin d'Avord, la station-magasin de Dole fait procéder à une dispersion de ses approvisionnements en trois locaux distants au minimum de 800 mètres.

                    Alcide Dutilleul, né le 27décembre 1914 à Croix (Nord), diplômé de la faculté de Médecine de Nancy (1939), médecin-auxiliaire au 2e régiment de dragons portés, mort au combat le 14 mai 1940 à Aische-en-Refaix (Belgique).

 

                     Robert Lapierre, né le 13 octobre 1913 à Casablanca (Maroc), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1936), médecin-lieutenant au 1er régiment de dragons portés, mort le 14 mai 1940 au combat à Aische-en-Refaix (Belgique).

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HOPITAUX MILITAIRES 1939-1940 - 1ère REGION MILITAIRE (LILLE)

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

Dans le "Journal de campagne" que je proposais en 1992 aux lecteurs, j'avais intégré un essai du plan hospitalier Guerre national 1939-1940 réalisé à partir de mes notes d'archives et d'un inventaire émanant du Service des archives hospitalières et médicales des armées (SAMHA) de Limoges dont j'avais extrait les éléments intéressant la campagne de France. Aujourd'hui ce plan hospitalier reste inédit et ne demande qu'à être complété...

Amis lecteurs. Je vous saurai gré de relayer mon projet auprès d'autres passionnés susceptibles de le compléter. Merci.

Le Service de santé de la 1ère région militaire (1939-1940)

Départements : Nord, Pas-de-Calais.

Directeur du Service de santé : Médecin-général Justin FONTAN (1881-1961), puis médecin-colonel SERGEANT.

Capacité hospitalière de la 1ère région (au 10 mai) : 12 940 lits.

Secteur hospitalier du Nord

AVESNES-SUR-HELPE - Hôpital Mixte (durée de la Guerre).

BRAY-DUNES - Hôpital complémentaire (désormais HC) Préventorium.

CAMBRAI - Hôpital Militaire Parmentier (1939 -1941), HC Notre-Dame de Grâce, HC Grand-Séminaire.

DOUAI - Hôpital Mixte (durée de la Guerre), HC Lycée de Garçons (01.10.1939/17.05.1940).

DUNKERQUE - Hôpital Militaire, HC Maison du Marin.

FOURMIES - HC Collège Saint-Pierre.

LE CATEAU - HC Château-Seydoux.

LE QUESNOY - Hôpital Général.

LILLE - Hôpital Militaire Scrive (durée de la Guerre), HC Ecole Professionnelle, HC Clinique Sainte-Camille, HC Saint-Sauveur (03.05.1940 / 31.08.1940), HC Levasseur (10.09.1939 / 21.08.1940), HC Sainte-Camille / Saint-Philibert (26.05.1940 / 28.08.1940).

MAUBEUGE - Hôpital Militaire, HC Ecole Pratique, route de Mons, Hôpital auxiliaire (désormais HA) Clinique Saint-Christophe.

ROSENDAEL - Hôpital civil.

SAINT-WAAST - Clinique d'Anzin.

VALENCIENNES - Hôpital Mixte et Hôtel Dieu (09.1939 / 07.06.1940), HC Caserne Ronzier.

ZUYDCOOTE - HC Sanatorium.

Berck-sur-Mer - HC Cazin-Perrochaud

Secteur hospitalier du Pas-de-Calais

AIRE-SUR-LA-LYS - HC Sainte-Marie 02.01.1940 /17.05.1940).

ARRAS - HC Sainte-Marie 02.01.1940 /17.05.1940), Hôpital Mixte Saint-Jean (durée de la Guerre), HC Grand Séminaire (10.09.1939 / 20.05.1940), HC Collège de Jeunes Filles.

BERCK-SUR-MER – Hôpital Militaire (27.01.1940 / 02.07.1940), HC Cazin-Perrochaud (26.10.1939 / 23.06.1940).

BETHUNE – HC Collège Saint-Waast.

BOULOGNE-SUR-MER – Hospice Civil (02.05.1940 / 26.06.1940), HC EPS Jeunes filles-Cazin (28.11.1939 / 29.06.1940), HA Union des Femmes de France (désormais UFF) de Clocheville (12.09.1939 /19.07.1940), HC Collège Saint-Pierre (22.05.1940 / 04.07.1940), HC Jeanne d'Arc (12.02.1940 / 03.07.1940).

CALAIS - Hôpital militaire, Hôpital civil Saint-Pierre, HC Collège de garçons, HC Jeanne d'Arc, HC Château des Dunes, HC Condorcet, HC Franciscaines, HC Richelieu, HC Eglise Notre-Dame, HA Maison Casset (rue Leveux).

CAMIERS - HC du Préventorium.

FREVENT - Hôpital de Cercamp (21.05.1940 / 06.07.1940).

HELFAUT - HC Sanatorium (02.09.1939 / 24.05.1940).

LENS – Hôpital.

LE TOUQUET - HC Royal-Picardie (07.11.1939 / 01.07.1940),  HC du Golf (08.02.1940 / 27.06.1940), HC Alexandre (04.10.1939 / 01.07.1940), HC Carlton (21.05.1940 / 25.06.1940), HC Westminster (11.10.1939 /19.07.1940), HC Saint-Christophe (15.04.1940 / 22.06.1940), HC Bristol (23.10.1939 / 29.06.1940), HC Les Anglais (17.05.1940 / 04.07.1940), HC de l’Ermitage (29.11.1939 /15.07.1940), HC Grand Hôtel de la Plage (03.09.1939 / 24.06.1940), HC des Dunes (16.121939 / 26.06.1940), HC La Potinière (OS.06.1940 /17.06.1940), HC Annexe Casino de la Forêt,  HC Britannia,  HC Regina,  HC Scampalo,  HC Côte d’Opale,  HC Riva-Bella.

LONGUENESSE - HC des Frères de la Malassire (25.09.1939 / 23.05.1940).

MONTREUIL-SUR-MER - HC Collège de garçons, HA Institution libre Sainte- Austreberthe, HA Orphelinat de filles.

NEUVILLE-SOUS-MONTREUIL - HC La Chartreuse (20.05.1940 / 25.05.1940).

SAINT-OMER - HC Arsenal Ribot (25.09.1939 / 20.06.1940).

WIMEREUX - HC Grand-Hôtel (22.05.1940/31.05.1940), HC Massabielle (11.02.1940 / 24.11.1940).

 

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Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Lundi 13 mai 1940

Hollande - bataille, capitulation et bombardement de Rotterdam. Belgique - repli du Corps de cavalerie. Franchissement de la Meuse par les Allemands, à la jonction de la IXe armée (Corap) et de la IIe armée (Huntziguer); les défenses françaises sont bousculées. Constitution d'une forte tête de pont à Monthermé. Attaque de Sedan (16h 00). L'aile gauche de la IIe armée lâche pied (21h 00). A la IIIe armée, la position avancée de Longwy est menacée.

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

hâte la mise en état de défense de la position Wavre-Namur.

            Le 2e échelon de la DSS/Ière armée se porte à Valenciennes. Liaison du directeur du service de santé avec le directeur du service de santé du Corps de cavalerie (DSS/CC) à Saint-Géry et le DSS/5e CA à Warfusee.

 

            Corps de cavalerie -  18h 00, un point d'embarquement par voie ferrée (PEVF) pour automotrice sanitaire est signalé à Marlais (8 kms au nord-ouest de Fleurus) pour les blessés légers. Le Corps de cavalerie demande à la Ière armée un renfort de deux sections sanitaires automobiles (SSA). L'ambulance chirurgicale légère n°229 (Fleurus) a déjà reçu 73 blessés dont 40 de première urgence (U1), "opérés dans d'excellentes conditions de temps et d'installation."

 

            HoE1 n°3 (Marcoing) - renforcé par l'ambulance chirurgicale lourde n°411 (médecin-commandant Richard). Arrivée dans la nuit du 13 au 14 mai, du groupe chirurgical mobile n°40 (médecin-lieutenant Chigot) à trois équipes chirurgicales.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - Evacuation par train sanitaire des blessés de Maubeuge. A la clinique "Saint-Christophe", affluence de blessés graves. Deux équipes chirurgicales travaillent sans arrêt. Une nouvelle salle de réchauffement est installée. Repli de nombreux médecins isolés, d'infirmiers et de formations sanitaires.

 

            Centre hospitalier de Saint-Quentin - Départ de l'ambulance chirurgicale légère n°231, de Saint-Quentin pour Binche, où elle installe un poste de recueil dans le collège.

 

                        IIe armée -

La Meuse est franchie par les Allemands à l'Ouest de Sedan, à Houx et Monthermé.

 

           

Médecin général Bercher, DSS du 10e corps d'armée

10e corps d'armée - La direction du service de santé du 10e corps d'armée (médecin-général Bercher) perd toute liaison avec ses formations sanitaires. Au groupement d'ambulances du même corps d'armée (GACA n°10) installé au Chesne: une "atmosphère de panique règne dans ce secteur". Le repli de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 de Maison-Rouge (4 kms, sud du Chesne) est ordonné.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - Nombre de lits occupés à minuit : 188 - Dans la journée : 96 entrées et 72 sorties dont trois décès.

 

            HoE1 n°10 (Vouziers) - Afflux considérable de blessés (hôpital complémentaire "Jeanne d'Arc"). L’ambulance chirurgicale lourde n°402, venant de Maison-Rouge s’implante à l’école « Mazaryck ».

 

                        IIIe armée -

            Le point d'embarquement voie ferrée de Longwy est replié sur Longuyon.

 

                        IVe armée

            HoE1 n°11 (Saint-Jean-de-Bassel) - Arrivée de 23 blessés dans la nuit.

 

            Relève des moyens d'évacuation de la compagnie sanitaire automobile n°982, par ceux de la compagnie sanitaire automobile n°544, à Burthecourt, Luneville et Morhange.

 

                        VIIe armée -

vient occuper la ligne générale : isthme de Woendsrecht-Turnhout.

 

            Centre hospitalier de Bruges - Regroupement des formations sanitaires, dont l'ambulance chirurgicale lourde n°416 (médecin-capitaine Thalheimer).

 

            Centre hospitalier de Gand - Regroupement des formations sanitaires de la VIIe armée au centre hospitalier de Gand-Zwijnaarde (banlieue sud), lequel possède 500 lits d'hospitalisation et 400 places d'évacuation sous tentes.

Formations sanitaires regroupées : ambulance chirurgicale lourde n°407 (médecin-capitaine Cibert), ambulance chirurgicale légère n°257, ambulances médicales n°47 et 57, sections d'hygiène lavage désinfection n°137 et 147, laboratoire d'armée "Z" n°347. Bombardement de deux ambulances chirurgicales transportées par voie ferrée, en gare de Gand.

 

            Centre hospitalier de Roulers - Arrivée de deux formations sanitaires de réserve générale : l'ambulance chirurgicale lourde n°412 (médecin-lieutenant-colonel Assali) et l'hôpital d'évacuation primaire n°22 (médecin-commandant Franchi) "qui resteront sur roues".

 

                        IXe armée -

La situation est très grave, en raison du franchissement de la Meuse à Houx et Monthermé.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - L'ambulance chirurgicale lourde n°430 (médecin-capitaine R. Bloch) signale l'arrivée de l'équipe chirurgicale mobile n°37 (Cochin) venant de Vittel (HoE2 n°5). A Rethel, débordé, les blessés se présentent en très grand nombre. A 04h 00, des camions de réquisition en conduisent une grande partie à Reims. Dès 05h 30 une section sanitaire de volontaires américains fait la navette entre Rethel et Reims.

 

            HoE1 n°4 (Liesse) - Bombardement aérien : "Toute l'hospitalisation chirurgicale est absolument inutilisable pendant deux jours." Après triage, l'hospitalisation des blessés se fait à l'hôpital complémentaire "Foch" de Laon (15 kms de Liesse).

E- [Evacuations sanitaires, voie ferrée, RC2 (Laon)]

 

            Centre hospitalier de Fourmies - L'ambulance chirurgicale lourde n°423 signale l'arrivée en renfort des groupes chirurgicaux mobiles n°37 et 38 provenant de Vittel.

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Prise de Bjerkvik par la 13e demi-brigade de Légion Etrangère. Conclusions du médecin-capitaine Merklen intéressant le fonctionnement du service de santé de ce débarquement de vive force :

            " 1) - Dans une opération de débarquement, le fonctionnement du service de santé régimentaire est aisé et presque normal en cas de succès ; impossible à faire fonctionner en cas d'échec. Il est à craindre en cas d'échec que les blessés des éléments débarqués ne tombent aux mains de l'ennemi et que les blessés des éléments débarquants ne soient noyés.

            2) - Il est donc inutile de faire débarquer trop tôt un élément sanitaire avancé (comme celui que j'avais demandé dans mon instruction technique). Chaque PS (B)ataillon ou (R)égiment ne doit débarquer que lorsque l'unité correspondante a largement et solidement mis pied sur la côte.

            3) - Il faut donc prévoir que le service de santé ne fonctionnera que très lentement. En fait dans le débarquement de Bjerkvik les premiers éléments de combat ont débarqué vers 02h 00 du matin. Les postes de secours de bataillon ont dû commencer à fonctionner entre 07h 00 et 08h 00. Le poste de secours central de la demi-brigade vers 10h 00 et le service divisionnaire britannique vers 18h 00 seulement".

 

Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

EVACUATIONS SANITAIRES

 

            Voie routière

            Rappel d'une section de la compagnie sanitaire automobile n°974 (capitaine Delegorgue), affectée à la Ière armée, qui est en cours de déplacement. Il lui est donné ordre de retourner à Beauvais à l'HoE2 n°6 (médecin-colonel Soulié) pour en assurer le service.

            Retour de deux sections de la compagnie sanitaire automobile n°961 (Ailly-sur-Noye).

            La compagnie sanitaire automobile n°983 (capitaine Giliby) quitte Lorquin (Ve armée) pour la VIIe armée.

            La compagnie sanitaire automobile n°984 (capitaine Peron) fait mouvement sur Troyes.

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IVe armée]

 

            Voie ferrée

            L'aide-major général demande aux régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier), n°5 (Troyes), n°7 (Creil) "d'assurer les évacuations demandées par les armées, les régions et les HoE2, qui désirent vider autant que possible leurs formations en les libérant des malades ou blessés hospitalisés depuis un certain temps ; de diriger ces blessés ou malades de préférence sur les régions de l'Intérieur les plus éloignées".

 

            Diffusion de la directive n°3 aux directions du service de santé d'armées (n°11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940) relative à l'hospitalisation, aux évacuations, au ravitaillement sanitaire.

            "Le plan d'évacuation devra être réalisé en tenant compte des possibilités d'interruption de la voie ferrée."

enlightened - [cf. Manoeuvre sanitaire, IIIe armée]

 

            Régulatrice de communications n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de régulatrice de communications n°2 (Laon) - Evacuation des malades médicaux   "L'ACL Z à Liesse et l'HoE ont été bombardés, le bloc chirurgical est atteint et hors d'usage. Nous devons être prêts à fonctionner à leur place, à partir de cette nuit".

            - le train sanitaire n°360, de Rethel (360 évacués) à Rennes (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

      - le train sanitaire n°408 (96 malades) de l'hospice civil de Belfort sur Brive.

      - le train sanitaire n°467 (325 évacués) de Saint-Die sur Autun.

      - le train sanitaire n°503 (285 évacués) d’Autun sur la 15e région militaire (Nimes).

 

            RC n°5 (Troyes)

      - le train sanitaire n°104 (médecin-lieutenant Giraudon), du 13 au 15 mai, de Langres (49 évacués), Chaumont (258 évacués) sur Périgueux, désinfection à Cosne et retour à Brienne.

      - le train sanitaire n°525, après désinfection à Vittel, embarque 295 évacués sur Cahors. Retour au garage à Bar-sur-Aube, le 16 mai.

 

            RC n°6 (Venissieux)

      - Deux autorails sanitaires jumelés (50 assis et 16 couchés) de Chambéry sur Lyon.

 

            RC n°7 (Creil)

      - le train sanitaire n°118 (médecin-lieutenant Fuchs), de 244 évacués, de Marcoing-Cambrai sur Le Mans et Alençon.

      - le train sanitaire (334 évacués) de Saint-Quentin sur la zone de l'Intérieur.

      - le train sanitaire n°201 (médecin-lieutenant Traut) est au Cateau, du 13 au 17 mai.

 

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            Des directives sont adressées aux stations-magasins pour assurer le ravitaillement d'urgence des régulatrices de communications et leur réapprovisionnement en matériels sanitaires (directive n° 11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940).

            La Direction de l'Artillerie informe l'aide-major général qu'elle dispose de 300 brouettes porte-brancard à répartir sur les armées.

            L'Aide-major général demande à la 7e Direction :

            - d'accélèrer les livraisons aux stations-magasins de bandes plâtrées, sparadraps, drains, etc...

            - l'expédition sur les stations-magasins de Saint-Cyr et de Sens, de l'alcool et de l'éther qui se trouvaient à la station-magasin d’Avord, le 11 mai, lors de son bombardement.

            - le nivellement sur les régulatrices de communications des matériels Z (paniers et musettes)

            - la mise en place de films radiographiques et de médicaments auprès des régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier).

MEMORIAL

 

Jean Benjamin Ferrari, né le 12 janvier 1908 à Venacco (Corse), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1932). Médecin-capitaine au 77e régiment d’infanterie, mort au combat, tué par une explosion d’obus le 13 mai 1940 à Dinan (Belgique).

 

Jean Lucien de Lemos, né le 23 mai 1910 à Paris, diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937), médecin-lieutenant au 1er régiment d’autos-mitrailleuses, mort au combat le 13 mai 1940, à Vodecée (Belgique).

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Journal de guerre du service de santé - Dimanche 12 mai 1940

24 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Dimanche 12 mai 1940 (Pentecôte)

Hollande - les Allemands marchent sur Amsterdam. Repli des troupes françaises sur Berg-op-zoom et Lierre. La reprise de Rotterdam est abandonnée. Les troupes allemandes franchissent le canal Albert. Le front belge est rompu dans la région de Tongres (près de Maastricht). Infiltrations allemandes au sud de Namur. Franchissement dans les Ardennes de la frontière française. Dans la soirée, de Dinant à Sedan, l'ennemi est devant la Meuse.

 

 

Le médecin-colonel Jean Lambert des Cilleuls, médecin-chef du Corps de Cavalerie (à gauche)

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                       Ière armée -

La Ière armée se trouve déployée entre Wavre et Namur. En avant, le Corps de cavalerie est puissamment attaqué et résiste sur la ligne Tirlemont-Huy.

 

           

Corps de Cavalerie - Le groupe d'ambulances du Corps de cavalerie (GACC) s'implante à Fleurus :

            - l'ambulance chirurgicale légère n°229 (médecin-capitaine Sicard) s'installe à "'Institution des soeurs de Notre-Dame" (52 lits) ;

            - l'ambulance médicale n°29 (médecin-commandant Chavialle puis médecin-capitaine Lainier) à l'institution épiscopale "Saint-Victor", 54 lits.

            - le groupe sanitaire de ravitaillement n°29 (médecin-commandant Carrade) à l' "Ecole Mayenne". Celui-ci subit un bombardement aérien (5 blessés).

            Les évacuations primaires sont assurées sur Maubeuge et Valenciennes (plus de 80 kms).

            La DSS/Ière armée recherche à Mons des locaux "susceptibles d'être utilisés à des fins sanitaires", destinés à recevoir le matériel d'un hôpital d'évacuation primaire.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - les 4 équipes chirurgicales de l'hôpital militaire fonctionnent sans arrêt sous la règle des 3X8 (8 heures de chirurgie, 8 heures de soins et de triage, 8 heures de sommeil). Dans la soirée, le régulateur annonce l'arrivée d'un train sanitaire pour le lendemain.

            La 2e section de la compagnie sanitaire automobile n°971 va à MONS et la 4e section à Maubeuge.

 

          Centre hospitalier de Saint-Quentin - l'ambulance chirurgicale légère n°231 (médecin-lieutenant-colonel Didiée) est à Saint-Quentin.

 

                        IIe armée -

dont la cavalerie se replie derrière la position de résistance.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - 357 lits sont occupés à minuit. Dans la journée : 103 entrées et 272 sorties dont 2 décès.

 

         HoE1 n°10 de Vouziers (médecin-commandant Magnenot) - reçoit 300 blessés par jour. L'ambulance chirurgicale lourde n°402 (médecin-commandant Bloch) est affectée à Vouziers en renfort, de même que le groupe chirurgical mobile n°9 (médecin-capitaine Leydet) et l'équipe chirurgicale mobile n°4.

 

            Centre hospitalier de Maison-Rouge -  L'ambulance chirurgicale légère n°242 (médecin-lieutenant Baumann) fonctionne à Maison-Rouge et signale le départ de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 pour Vouziers.

 

         L'hôpital complémentaire d'armée n°312 de Saint-Morel (médecin-commandant Culty) et l'ambulance chirurgicale légère d'étape n°262 de Corbon (médecin-capitaine Cordier) subissent des bombardements sans conséquences.

 

                     IVe armée -  demande la mise à sa disposition de l'ambulance chirurgicale légère n°281 de réserve générale de Toul, qui lui est refusée par l'aide-major général, en raison de l'activité des armées du Nord.

 

                        VIIe armée -

se renforce dans les îles des bouches de l'Escaut, poursuit l'acheminement de ses grandes unités d'infanterie ; prend le contact avec les troupes allemandes au nord-est d’Anvers.

 

            Intention de la VIIe armée de faire venir à Saint-Nicolas, l'hôpital d'évacuation primaire n°14 (médecin-lieutenant-colonel Tournier) dont la première destination était Bruges et qui vient de quitter Soissons par voie ferrée. Toutefois il reste une incertitude sur ce mouvement. Arrivée à Saint-Nicolas de l'ambulance chirurgicale légère n°257 (médecin-capitaine Rudler), de l'ambulance médicale n°47, de la section d'hygiène lavage désinfection n°137. Ces formations, en attente de déploiement, restent sur roues. La situation militaire impose un repli pour le lendemain (13 mai à 08h 00) sur Gand (plus de 30 kms). Suppression du centre hospitalier de Saint-Nicolas, repris par des formations sanitaires du groupement d'ambulances de corps d'armée (GACA) n°1. Maintien du poste chirurgical avancé (PCA) organisé par l'ambulance chirurgicale légère n°257, jusqu'à sa relève par le GACA n°1. Suppression du poste chirurgical avancé de Braaschaat (banlieue nord-est d’Anvers).

 

            Centre hospitalier de Bruges - L'ambulance médicale n°77 (médecin-commandant Bernier) est à Bruges avec une équipe chirurgicale de l'hôpital complémentaire d'armée n°327.

 

                        IXe armée - opère le repli de ses divisions légères de cavalerie (DLC) sur la Meuse ; poursuit au nord de Givet l'installation de ses grandes unités d'infanterie.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - une section de la compagnie sanitaire automobile n°972 est détachée à Rethel pour l'évacuation de l'hôpital civil (70 couchés et 250 assis) sur le centre hospitalier de Reims. La gare de Rethel avait été bombardée la veille (11 mai à 09h 10).

 

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            L'aide-major général demande à la direction de l'Artillerie d'assurer le recomplètement en véhicules sanitaires des ambulances chirurgicales lourdes n°424 et 425 (médecin-lieutenant-colonel Duboureau) et de l'ambulance chirurgicale légère n°281 (Banzet) de Toul.

            Le 12 mai l'état-major général (4e bureau) prescrit le regroupement des compagnies sanitaires automobiles n°982 (IVe armée), n°983 (Ve armée), n°984 (VIIIe armée).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, Ière et IXe armées]

 

                        Voie ferrée

Destructions de voies ferrées sur l'axe Tergnier-Charleroi, et la zone Laon, Rethel, Reims, Saint-Dizier: "quatorze interruptions dont cinq réparées dans la journée".

 

            RC n°3 (Saint-Dizier)

            - le train sanitaire n°105 (médecin-lieutenant Coulloudon), du 12 au 14 mai, de Vouziers, Verdun, Ancemont, Bar-le-Duc sur Angers (14 mai).

          - le train sanitaire n°565 (médecin-lieutenant Bertrand), d’Ancemont (210 évacués) et Vouziers (181) sur Poitiers (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°473 de Dijon sur la 13e région militaire (Moulins-Clermont-Ferrand).

         - le train sanitaire n°534 (médecin-lieutenant Jacquot) de Besançon (299 évacués) sur la 15e région militaire (Tarascon) au 13 mai.

            - le train sanitaire n°561, de Sarrebourg sur l'HoE2 n°3 de Sathonay.

 

            RC n°5 (Troyes)

             - le train sanitaire n°108, de Toul (329 évacués) à Auxerre, via Sens et Joigny (14 mai).

            - le train sanitaire n°164 (357 évacués), du 12 au 14 mai, de Vittel sur Auch. Le 16 mai, retour à Pagny.

            - le train sanitaire n°418 (médecin-lieutenant Malaplate) de 301 évacués, du 12 au 15 mai, de Toul sur Orléans. Désinfection à Cosne. Retour à Thaon.

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        L'aide-major général demande à la Pharmacie centrale de l'armée de Malakoff : des envois de sérums antitétaniques et antigangréneux sur les régulatrices de communications n°3 (Saint-Dizier) et n°4 (Vesoul) ; l'état des disponibles en produits anesthésiques et ligatures.

MEMORIAL

 

                     César Chaspoul, né le 18 octobre 1908 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute- Provence), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1935). Médecin-lieutenant au 1er bataillon du 4e régiment de tirailleurs marocains, mort au combat le 12 mai 1940 à Rouhling (Moselle).

 

                     Jean-Paul Tellier, né le 9 juillet 1911 à Levallois (Hauts-de-Seine), diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937). Médecin-lieutenant au 40e Groupe de reconnaissance de division d’infanterie, mort des suites de ses blessures au combat le 12 mai 1940 à Rombas (Moselle).

 

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journal de guerre du service de santé - samedi 11 mai 1940

23 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Samedi 11 mai 1940

Poursuite de la mise en oeuvre de l'option "Dyle". Les combats s'intensifient en Hollande. Franchissement de la Meuse par les Allemands. Sérieux bombardements sur plus de 33 aérodromes en France

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

   

Médecin Général Mahaut

                     Ière Armée

            "Tout est en place on attend les évènements." (médecin-général Mahaut).

            Les corps d'armée (CA) poursuivent leur avance en Belgique. La direction du service de santé de la Ière armée (premier échelon) s'installe à Valenciennes, où quelques blessés civils victimes de bombes d'avions sont traités depuis le 10 mai au soir. Les centres hospitaliers de Marcoing (HoE1 n°3), Cambrai, Saint-Quentin commencent à procéder au chargement de leurs trains sanitaires. Installation à l'hôpital complémentaire "lycée Henri Martin" de l'ambulance chirurgicale lourde n°401 (médecin-commandant Courty).

            Centre hospitalier de Maubeuge - Arrivée dans la matinée, du groupe chirurgical mobile n°13 (médecin-lieutenant Colson). Le matériel chirurgical et radiologique est installé dans un local de la clinique "Saint-Christophe". Les trois équipes chirurgicales fonctionnent alternativement avec l'équipe chirurgicale de l'hôpital militaire. Les évacuations sanitaires sont assurées sur Saint-Quentin.

 

                        IIe Armée

            HoE1 n°5 (Ancemont) - 178 lits sont occupés à minuit - Dans la journée : 190 entrées et 12 sorties (six évacués et six décès).

            La deuxième section de la compagnie sanitaire automobile n°542 (capitaine Normand) transporte des malades civils des hôpitaux de Sedan sur Rethel et Château-Porcien. Du 11 au 14 mai, les deuxième et troisième sections de la CSA n°542 évacuent les hôpitaux de Vouziers, Maison-Rouge, La Forêt, Saint-Morel et Corbon.

 

                        IIIe Armée

            HoE1 n°6 (Burthecourt) - Arrivée à Burthecourt de l'ambulance chirurgicale lourde n°413 (médecin-capitaine Banzet).

 

                        IVe Armée

         Centre hospitalier de Toul - Bombardement de l'hôpital militaire (Gama ?) de Toul (570 lits), les 11 et 12 mai 1940 (trois bâtiments éventrés).

 

                        VIIe Armée

Les corps d'armée poursuivent leur avance en Belgique et en Hollande; les unités de découverte sont à Tilburg et Turnhout.

 

               A Saint-Nicolas, l'hôpital "Saint-Louis" est prêt à fonctionner (médecin-lieutenant Ferradou). Mise en place de la chaîne des évacuations : Duffel (urgence 1), Saint-Nicolas (urgences 2 et 3). Reconnaissance des moyens hospitaliers d’Anvers et des compléments d'hospitalisation de Saint-Nicolas ("Séminaire" et "Institution de jeunes filles").

 

                Centre hospitalier de Zuydcoote - dispose de neuf équipes chirurgicales :

            - ambulance chirurgicale légère n°247 du médecin-capitaine Magendie (deux équipes) ;

            - groupe chirurgical mobile n°19 (trois équipes) ;

            - hôpital complémentaire d'armée n°307 (une équipe), HCA n°317 (une équipe), HCA n°327 (deux équipes).

 

                        VIIIe Armée

            L'ambulance chirurgicale légère n°258 ? et l'ambulance médicale n°87 sont prêtes à faire mouvement : en direction générale de Delemont. Deux équipes chirurgicales sont affectées en renforcement : l'une au groupement d'ambulances de corps d'armée n°7, l'autre à l'ambulance chirurgicale légère n°258 ?

 

                        IXe Armée

            HoE1 n°2 (Rethel) - Le centre hospitalier de Rethel a déjà reçu 100 malades des hôpitaux de Sedan et on en annonce 100 autres qui doivent être dirigés sur l'Aisne, par manque de place. Une section de la compagnie sanitaire automobile n°972 est affectée au groupement d'ambulances de corps d'armée n°2. Une autre section poursuit 'évacuation de l'hôpital d'évacuation primaire n°2 de Rethel. Poursuite de l'évacuation de l'hospice de Rimogne sur l'hôpital d'évacuation primaire n°4 de Liesse.

 

            Centre hospitalier de Fourmies - La compagnie sanitaire automobile n°981 procède à l'évacuation du centre hospitalier de Fourmies.

 

            Centre hospitalier d’Origny-en-Thiérache - (7kms sud-est d’Hirson) - L'ambulance chirurgicale légère n°277 (médecin-capitaine Figarella) stationne à l'hospice d’Origny et y fonctionne du 11 au 15 mai, opérant une centaine de blessés.

 

                        Corps Expéditionnaire Français en Scandinavie

            Le service de santé de la 1ère division légère de Chasseurs demande l'envoi d'urgence en Norvège du médecin-commandant Toureng, son chef, d'un groupe sanitaire divisionnaire et d'une section d'hygiène lavage désinfection. Préparation de l'attaque de Bjervik.

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

              HoE2 n°3 (Sathonay)

            Départ du groupe chirurgical mobile n°14 (Folisson) et de l'équipe chirurgicale mobile n°23 (Charton-Ronzier).

 

              HoE2 n°5 (Vittel)

                D'après une enquête de l'aide-major général, il reste huit équipes chirurgicales à la disposition de l'HoE2 n°5. Renforcement complémentaire de Vittel par les centres hospitaliers de Chaumont (hôpital complémentaire "Damrémont") et de Biesles. Dans la nuit du 11 au 12 mai, départ sur ordre de l'aide-major général des groupes chirurgicaux mobiles n°11 (médecin-lieutenant Soustelle), n°12 (médecin-capitaine Regad), n°17, 37, 38 et des équipes chirurgicales mobiles n°25, 35 (médecin-lieutenant Benassy), n°36 (médecin-lieutenant Xambeu), n°37.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            Mise en alerte de la compagnie sanitaire automobile n°961 (Ailly-sur-Noye, 18 kms sud-est d’Amiens) à deux sections (SSA) et de la compagnie sanitaire automobile n°967 (Saint-Riquer).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IIe et IXe armées]

 

                        Voie ferrée

Destructions de voies ferrées dans les régions de Châlons, Toul, Molsheim, Cassel, Saint-Quentin, Brienne-le-Château, Vesoul, Hirson ; en Belgique, Termonde, Alost, Tournai, Louvain, Mons : "vingt-deux interruptions, dont le tiers réparées dans la journée".

 

                        Régulatrice de communications n°1 (Amiens)

            - le train sanitaire n°361 (médecin-lieutenant Delaeter) stationne à Calais.

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            - IIe armée : abonnement pour 7 autorails sanitaires (AS) à Verdun et 2 AS à Sainte-Menehould.

            - le train sanitaire n°303 (médecin-lieutenant Salles), de Reims (293 évacués) sur Poitiers (12 mai).

            - le train sanitaire n°463, de Bar-le-Duc (313 évacués) sur Bordeaux et Mont-de-Marsan (12 mai).

 

                        RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°119 (médecin-capitaine Lefevre), de Dijon sur la 13e région militaire de Clermont-Ferrand.

           - le train sanitaire n°520 (médecin-lieutenant Fraysse), de Dijon sur Moulins et Vichy (12 mai).

 

                        RC n°5 (Troyes)

            - le train sanitaire n°120 (médecin-lieutenant Lautrente), de Nancy (259 évacués) sur Limoges et Brive (13 mai).

           - le train sanitaire n°163 (médecin-lieutenant Servy) de Nancy (345 évacués) sur Troyes (12 mai).

           - le train sanitaire n°363 (médecin-capitaine Philippeau) de Lunéville (359 évacués) sur Sens.

         - le train sanitaire n°565 (médecin-lieutenant Barbier), du 11 au 12 mai, de Droitaumont (308 évacués) sur Chaumont ; puis va à Vittel en désinfection.

 

                        RC n°7 (Creil)

      - le train sanitaire n°309 (médecin-lieutenant Conté), de Marcoing-Cambrai (300 évacués) sur Argentan (12 mai).

            - la Ière armée : deux trains sanitaires (601 évacués) de Saint-Quentin sur la zone de l'Intérieur (12 mai).

           - le train sanitaire n°571 (médecin-lieutenant Dassencourt), de Compiègne (316 évacués) sur Lamballe et Saint-Brieuc (12 mai).

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        Sation-magasin d’Avord - bombardement le 11 mai de la station-magasin (30 baraques et 3 wagons incendiés).

MEMORIAL

 

André Ducasse, né le 2 février 1914 à Toulouse (Haute-Garonne), médecin-auxiliaire au groupe sanitaire divisionnaire n°61, mort suite de ses blessures le 11 mai 1940 à l’ambulance chirurgicale légère n°276 à Rimogne (Ardennes).

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Journal de guerre du service de santé - vendredi 10 mai 1940

23 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

Vendredi 10 mai 1940

 

 

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, cette dernière lance ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France mettant fin à la « Drôle de guerre ».

LE SERVICE DE SANTE DANS LA MANOEUVRE "DYLE"

 

            06h 15 - Les Ière (Blanchard), VIIe (Giraud) et IXe (Corap) armées commencent à exécuter la manoeuvre offensive "Dyle", préférée à l'hypothèse défensive "Escaut", en dirigeant vers la Hollande, à travers la Belgique, leurs formations sanitaires organiques et celles de réserve générale affectées pour la circonstance. Pendant leur marche vers le front, en Belgique, elles ne disposent pas de leurs hôpitaux d'évacuation primaire (HoE1) déployés, hormis l'HoE1 n°3 au Préventorium de Marcoing (médecin-commandant Brion) appartenant à la Ière armée et les HoE1 n°2 de Rethel (médecin-commandant Bonneterre) et n°4 de Liesse (médecin-commandant Surreau) de la IXe armée.

            Les missions de traitement sont assurées pendant ce vaste mouvement en avant par les centres hospitaliers de la zone des armées fonctionnant comme hôpitaux d'évacuation primaire, voire secondaire (HoE2), cas du centre hospitalier du Touquet Paris-Plage (médecin-colonel Debeyre).

 

            Centres hospitaliers fonctionnant comme hôpitaux d'évacuation, au profit des Ière et VIIe armées en mouvement :

                        Ière armée

            Centre hospitalier (CH) de Cambrai :

            - 1 000 lits de médecine à l'hôpital complémentaire (HC) "Notre-Dame-de-Grâce" et à l'HC du "Grand séminaire".

            Centre hospitalier de Saint-Quentin :

            - 2 000 lits dans l’hôpital militaire du lieu et neuf hôpitaux complémentaires, dont deux HC importants : "Lycée H. Martin" et "Cordier".

 

            Centre hospitalier de Péronne :

            - 820 lits dont 300 à l'HC "Lycée de jeunes filles".

           Mais aussi les hôpitaux militaires et mixtes de Maubeuge, Valenciennes, Le Quesnoy et Avesnes, établissements de 30 à 120 lits.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - mise en place du dispositif sanitaire prévu pour le jour J :

            a) - un centre d'aiguillage des évacuations est installé aux "Grisettes" dans un hangar situé à l'intersection des routes Maubeuge, Avesnes, Ferrières-la-Grande ;

            b) - un poste de triage s'implante à l' Ecole pratique armé par l'ambulance chirurgicale légère n°241 (médecin-commandant Desbonnets) ;

            c) - les malades et blessés hospitalisés à l'hôpital militaire sont mis en état d'évacuation et dirigés sur Le Cateau et Saint-Quentin.

 

            Centre hospitalier de Valenciennes - L'ambulance chirurgicale légère n°261 (médecin-capitaine Igelrans) effectue le triage des blessés dans les sous-sols aménagés de l'hôpital général et organise le point d'embarquement voie ferrée (PEVF) de Marly-les-Valenciennes. Le centre hospitalier reçoit en renfort :

            - le groupe chirurgical mobile n°1 (médecin-lieutenant-colonel Sauve-Evausy), qui occupe les salles militaires de l'Hôtel-dieu ;

            - la section d'hygiène lavage désinfection n°151 (pharmacien-lieutenant Bultez), installée à la caserne Ronzier ne se déploie pas, les installations de désinfection et de bains de la ville étant encore utilisables ;

            - la compagnie sanitaire automobile n°551 (capitaine Delahaye) ;

            - la 17e compagnie d'infirmiers de réserve générale.

         

Corps de Cavalerie - Le service de santé du Corps de cavalerie (médecin-colonel Jean Lambert des Cilleuls) établit en Belgique des "postes de recueil" sanitaires échelonnés sur les itinéraires Court-Saint-Etienne, Gembloux, etc.

            Comme le notera plus tard le médecin-général Mahaut dans ses "Commentaires" annexés au journal des marches et opérations de sa direction "le 10 mai fut une journée extrèmement calme. Après les coups de téléphone destinés à mettre tout en place, rien ne vînt troubler la quiétude de la direction."

 

                        VIIe armée

            En attendant le déploiement des formations sanitaires de l'armée, en cours de mouvement en Belgique, l'armée belge propose l'hôpital "Saint-Jean" (400 lits) à Bruges, pour y organiser un poste chirurgical avancé (PCA). De même, à l'Institut orthopédique de Zwijnaarde, la VIIe armée prépare l'implantation d'un nouveau PCA, ainsi qu'à Saint-Nicolas (hôpital civil "Saint-Louis"). Les moyens hospitaliers de Gand sont reconnus dans la journée. A la nuit, le quadrillage médico-chirurgical est mis en place: Bruges, Dixmude, Eekloo, Lichtervelde, Deinze, Saint-Nicolas, Lier, Braaschaat. "Aucun incident n'est signalé ». La note n°6116-1/FT du 10 mai 1940 fixe les règles de réquisition en Belgique et prévoit exclusivement pour le Service de santé militaire français : "les soins aux blessés et malades".

Afin de faciliter la manoeuvre sanitaire des trois armées engagées par l'option "Dyle", plusieurs formations sanitaires de la réserve générale sont accordées sur la ressource gérée par l'aide-major général du service de santé. Ces éléments doivent être acheminés entre J2 et J8 :

 

TABLEAU n°1 - Renforcement des armées engagées durant la manœuvre « Dyle » en formations sanitaires de réserve générale :

Type de formation sanitaire

Ière armée

VIIe armée

IXe armée

 

HoE1

2 (n°13 et 20)

2 (n°14 et 22)

1 (n°19)

 

ACL

2 (n°411 et 422)

1 (n°416)

 

 

GCM

6

1

2

 

ECM

10

 

4

 

SHLD

2

1

 

 

SH

1

 

 

 

CSA

2 (n°974 et 980)

1 (n°975)

 

 

CIRG

1

1

 

 

DE

 

1

 

 

Lot d’abris

 

1

 

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

(Armées non engagées dans la manoeuvre "Dyle")

 

                        IIe armée

            Centre hospitalier d'Ancemont (HoE1 n°5) - 41 lits sont occupés à 0H00. Dans la journée du 10 mai : 155 entrées et 18 évacués.

enlightened[cf. Manoeuvre sanitaire, IXe armée.]

 

                        IIIe armée

            Centre hospitalier de Labry - arrivée des premiers blessés (qui seront de l'ordre de 250 par jour). Le groupe chirurgical mobile n°27 et l'ambulance chirurgicale légère n°280 secondent l'ambulance chirurgicale lourde n°427 (médecin-capitaine Larget).

 

            Centre hospitalier de Morhange - L'ambulance chirurgicale lourde n°413 (médecin-capitaine Banzet) subit un bombardement aérien. La formation sanitaire est inutilisable (deux tués et un blessé). Evacuation immédiate des blessés sur l'hôpital d'évacuation primaire n°6 de Burthecourt (médecin lieutenant-colonel Farinaud).

enlightened [cf. Mémorial].

 

                        IXe armée

            Centre hospitalier d'Ancemont (HoE1 n°5) - [rattaché à la IIe armée] Arrivée des premiers blessés de guerre de la IXe armée à l'hôpital d'évacuation primaire n°5 (médecin-commandant Pinard). Mise en oeuvre du chantier "Triage-évacuations".

 

            Centre hospitalier de Fourmies - L'ambulance chirurgicale lourde n°423 (médecin-commandant Boppe) va se déployer au collège "Saint-Pierre". Bombardement, puis évacuation sur Liesse et Compiègne (12 mai).

 

            La compagnie sanitaire automobile n°972 procède à l'évacuation des blessés de l'hôpital d'évacuation primaire n°2 de Rethel. Une section sanitaire automobile de la CSA n°972 évacue les hôpitaux de Charleville et les blessés des localités frontières de la Belgique. Six véhicules sanitaires sont détachés à l'hôpital de Rimogne (12 kms Sud-Ouest de Rocroi) pour son évacuation sur Aubigny-les-Potées et Liesse (HoE1 n°4).

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Constitué à l’origine au profit d'une intervention en Finlande (janvier 1940) et finalement dirigé sur la Norvège (15 avril). Débarquement à Namsos (Norvège) le 19 avril de la 5e demi-brigade de chasseurs (1ère division légère de Chasseurs). Les 27 et 28 avril, débarquement du deuxième échelon de cette grande unité dans la région de Skaanland en vue d'opérations dans la région de Narvik. Entre le 29 avril et le 2 mai, rembarquement des forces de la région de Namsos, par suite de l'impossibilité de couvrir efficacement la base contre les actions aériennes ennemies. Le 3 mai, embarquement sur le El Djezaïr, à Namsos, des blessés de la 5e demi-brigade, relâche à Scapa-Flow du 4 au 6 mai 1940 et transbordement des blessés sur le navire-hôpital français Sphinx. Arrivée à Gourock le 6 mai. Le 7 mai, débarquement dans la région de Harstad, Bellangen (Narvik) des éléments organiques du corps expéditionnaire français en Scandinavie destinés au renforcement de la 1ère division légère de Chasseurs (13e demi-brigade de légion étrangère et brigade polonaise des Chasseurs du Nord).

                        Eléments du service de santé en Norvège (au 10 mai) :

            - Chefferie : médecin-capitaine Merklen, faisant fonction de médecin-chef du corps expéditionnaire français en Norvège, en l'absence du médecin-commandant Toureng, médecin-chef, retenu en Grande-Bretagne.

            Les moyens sanitaires sont ceux des postes de secours régimentaires, sans aucun autre renforcement. Le matériel sanitaire a été chargé séparément puis "égaré" à l'embarquement à Brest, par défaut d’allotissement des dotations et il ne sera jamais débarqué en Norvège...

                        Eléments du service de santé au Royaume-Uni :

            - A Glasgow, direction du service de santé : médecin-commandant Toureng, dépendant de la direction des bases et services du CEFS ;

            - A Bella-Houston : ambulance chirurgicale légère n°271 (médecin-commandant Migayron) et ambulance médicale n°90 (médecin-capitaine Henri).

            Ces éléments organiques, hormis une équipe chirurgicale de l'ambulance chirurgicale légère n°271, ne rejoindront jamais la Norvège.

ZONE DE L'INTERIEUR

 

                        Directions régionales du service de santé

            "Aussitôt connue la nouvelle du déclenchement de l'attaque allemande, le sous-secrétaire d'état [au service de santé militaire] adressa à tous les directeurs régionaux une dépêche, par laquelle il les invitait, notamment:

- à libérer, au maximum, les formations hospitalières territoriales par des sorties effectuées suivant tous les modes justifiés;

- à faire vérifier par les chirurgiens consultants des secteurs toutes les installations chirurgicales, leurs ressources en personnel, la constitution de leurs équipes, l'instrumentation, la stérilisation;

- à ouvrir et à mettre en état de fonctionnement tous les hôpitaux en sommeil et réintégrer, jusqu'à nouvel ordre, les hôpitaux thermaux dans l'hospitalisation générale;

- à rappeler, d'urgence, les officiers mis en congé sans solde par application des circulaires 1805, 3491, 3492 et non encore rayés des cadres."

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

                        HoE2 n°2 (Bar-le-Duc)

            L'hôpital d'évacuation secondaire n°2 (médecin-colonel Badie) est implanté dans les casernes "Oudinot" et "Exelmans". Il comprend 2 200 lits pouvant être portés à 2 600. Le centre hospitalier dispose également de quatre hôpitaux complémentaires dont le lycée "Henri Poincaré" (250 lits) et l'hôpital complémentaire "Ecole Saint-Louis". Dans son rapport en date du 30 avril 1940, le contrôleur-général Valette, en mission d’inspection, constate que l'HoE2 n°2 "est trop avancé" et propose comme nouveau site d'implantation : Epernay.

 

                        HoE2 n°4 (Epernay)

            L'hôpital d'évacuation secondaire n°4 (médecin-colonel Pauron) est une formation de réserve générale, non déployée, dont les personnels "officiers" sont détachés à :

            - l'hôpital mixte de Châlons-sur-Marne ;

            - l'hôpital complémentaire "Cognaq-Jay" à Reims ;

            - l'hôpital complémentaire "Libergier" à Reims;

            - l'hôpital complémentaire "collège de garçons" à Epernay;

            - l'hôpital complémentaire "lycée de jeunes filles" à Reims;

            - l'hôpital complémentaire "asile départemental de vieillards" à Châlons.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie Ferrée

                        Destruction de voies ferrées dans les régions de Laon, Metz, Conflans-Jarny, Toul, Nancy. "Vingt-cinq interruptions dans nos voies, dont moitié réparées le soir même".

                        Mise en alerte générale, par l'aide-major général et le 4e bureau de l'état-major général, des trains sanitaires (TS) stationnés dans la zone de l'Intérieur.

 

                        Régulatrice de communications n°1 (Amiens)

            La RC n°1 (médecin colonel Brizon) est installée dans les locaux d'une vieille usine désaffectée ; elle dispose, au 10 mai 1940, de dix-huit trains sanitaires dont deux sont prêtés à l'armée britannique et de dix autorails sanitaires (2 à Boulogne, 4 à Amiens, 4 à Fives).

 

                        Régulatrice de communications n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de RC n°2 (Médecin-capitaine Coste) - Bombardement de la ville de Laon (nombreux blessés dont un médecin-auxiliaire). Les blessés sont transportés dans les caves. "L'hôpital n'a plus qu'à fermer ses portes. Les blessés sont continuellement en voyage entre les lits et les souterrains".

            - le train sanitaire n°360 (médecin-lieutenant De Prat), de Rethel (360 évacués) à Nogent-l’Arthaud (sanatorium de Villers-sur-Marne), le 10 mai.

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            La chefferie est à Saint-Dizier et les services à Vitry-le-François.

            - le train sanitaire n°160 (médecin-lieutenant Fuselier), de Verdun (300 évacués) sur Rochefort (12 mai).

            - le train sanitaire n°463 (médecin-lieutenant Goulesque), de Verdun (149 évacués) et Vouziers (210 évacués) sur Epernay (10 mai).

            - le train sanitaire n°466 (médecin-lieutenant Cornu) de Vouziers (262 évacués) et Sainte-Ménéhould (88 évacués) sur Châteauroux (11 mai).

 

                        RC n°5 (Troyes, médecin-colonel Hassenforder)

            IVe armée - dispose de neuf autorails sanitaires (5 à Sarrebourg et 4 à Château-Salins) et de dix-neuf trains sanitaires mis en place par la RC n°5 de Troyes.

            - le train sanitaire n° 108 (médecin lieutenant Perdu), de Droitaumont (300 évacués) sur Vittel.

            - le train sanitaire n°164 (médecin-lieutenant Coladant), du 10 au 11 mai, de Metz, Pont-à-Mousson sur Vittel (384 évacués), désinfection, reste sur place.

            - le train sanitaire n° 325, de Longwy (225 évacués) sur Nogent-l’Artaud (11 mai).

            - le train sanitaire n°420 (médecin-lieutenant Susbielle), du 9 au 11 mai, de Vittel sur Cahors, désinfection à Cahors et retour en garage à Brienne.

            - le train sanitaire n°464 (médecin-lieutenant Demoly), de Vittel (360 évacués) sur Limoges (11 mai).

 

                        RC n°7 (Creil)

            Six trains sanitaires de renfort sont demandés par l'aide-major général au 4e bureau de l'état-major général pour Creil.

 

                        RC n°8 (Saincaize, médecin-colonel Paris)

            La chefferie de la RC n°8 est au château de Sampanges par Gimouille. L'hôpital complémentaire de régulatrice n°8 est à Nevers (Ecole professionnelle). La réserve de personnels sanitaires est cantonnée à Saint-Pierre-le-Moutier ; les réserves avancées de matériels et de médicaments sont installées dans les usines "Souriou" de Vierzon.

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            L'aide-major général demande à la 7e Direction (ministère de la Guerre, Service de santé) de hâter l'envoi des "lots de traitement pour brûlures", en cours de constitution à la Pharmacie centrale des armées de Malakoff.

MEMORIAL

 

Paul Cavalin, né le 20 janvier 1917 à Gourin (Morbihan), élève à l’Ecole du Service de santé militaire de Lyon, médecin-auxiliaire au 61e régiment d’artillerie détaché au parc d’artillerie de forteresse n°4, mort au combat le 10 mai 1940 à Morhange (Moselle).

 

Jean Kunossy, né le 12 mai 1905 à Budapest (Hongrie), médecin-auxiliaire attaché à la 9e batterie de repérage, mort lors de l’explosion d’un avion allemand revenant d’une mission de bombardement à Borre non loin de la commune d’Hazebrouck (Nord) le 10 mai 1940.

Journal de guerre du service de santé - vendredi 10 mai 1940
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