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Articles avec #les hommes tag

GENEVIEVE HENNET DE GOUTEL, ECRITS DE GUERRE ET D'AMOUR

19 Mars 2017 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

 

A LIRE :

Geneviève Hennet de Goutel, Ecrits de guerre et d’amour, édition établie et présentée par Roxana Eminescu, L’Harmattan, Paris, 2017, 272 p.

ISBN 978-2-343-11523-8 - EAN 9782343115238

Présentation de l’éditeur :

« Par train et en bateau, de Paris en France à Iasi en Roumanie, en passant par Boulogne-sur-Mer, Folkestone, Londres, Bergen, Oslo, Tornio, Haparanda, Saint-Pétersbourg, Kiev et Bucarest, Geneviève Hennet de Goutel, 31 ans en 1916, nous entraîne dans son voyage sans retour.

Sur les champs de bataille des blouses blanches françaises et roumaines, elle dépeint de sa belle écriture l’écume des mers du Nord et les forêts enneigées de l’Est de l’Europe, elle dessine avec tendresse ou révolte, humour ou désolation, les portraits des femmes et des hommes dont elle croise le chemin et parmi lesquels les lecteurs découvriront peut-être un ou une ancêtre. Poilus et princesses, soignants et malades, croyants, mécréants, célèbres ou anonymes, hauts responsables politiques de la Grande Guerre ressuscitent sous sa plume, en laissant parfois entrevoir quelques dessous des cartes. " - L’édition est établie et présentée par Roxana Eminescu, chercheure en littérature et histoire, retraitée de l'enseignement supérieur.

Sur Geneviève Hennet de Goutel (1885-1917) et les « sanitaires » français victimes de la Guerre, de 1916-1918, en Roumanie, un article sur mon blog : ici.

MA RECLAME : Les monographies sommaires de tous les hôpitaux militaires et centres hospitaliers des armées françaises du front d'Orient (dont l'armée du Danube et la Roumanie) :

dans : F. Olier et J.L. Quenec'hdu, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 5, éditions Ysec, Louviers, 2016.

 

 

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BRANCARDIERS ! DES SOLDATS DE LA GRANDE GUERRE

26 Décembre 2016 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

BRANCARDIERS ! DES SOLDATS DE LA GRANDE GUERRE, par Benoît Boucard.

SORTIE 2015

 

Les ouvrages sur les personnels militaires relevant du service de santé dans la Grande Guerre sont peu nombreux. Bien sûr un assez grand nombre de ces soldats ont laissé des journaux de route, mais ce sont en général des carnets de médecins, dont certains sont aujourd’hui donnés comme « classiques » (Laby, Maufrais, etc.). Chez Benoît Boucard vous ne trouverez pas les énièmes souvenirs d’un praticien mais une première étude sur les brancardiers de la Grande Guerre. Le sujet n’a encore jamais été traité dans sa globalité. Et bien Benoît Boucard relève le gant et consacre son ouvrage à ces méconnus de la Guerre 1914-1918. Malheureusement, en dépit des qualités du livre, vous ne disposerez pas d’une monographie sur ce sujet quasi inépuisable mais plutôt de la première anthologie sur la « geste brancardière » 14-18…

Benoît Boucard ne fait pas mystère de son choix initial et précise dans son introduction qu’il n’a pas « abordé ce groupe sous la forme d’un historique de son organisation et de ses missions » (p. 6). Pour ma part je crois que cette thématique aurait mérité une « introduction historique » en quelques pages, ne serait-ce que pour bien présenter ces « brancardiers fréquentant les tranchées » positionnés dans un monde sanitaire 1914-1918 largement méconnu et dont la complexité rebute. Paradoxalement Benoît Boucard réussit parfaitement, grâce au plan de son ouvrage et à la qualité des textes sélectionnés, à nous faire toucher du doigt en moins de deux cents pages toute l’étendue du sujet. Le détail du « sommaire » de son livre nous en dit plus sur son objet que je ne pourrais le souligner pour vous décider à le lire :

LES BRANCARDIERS AU FRONT - Leur place dans les unités et en ligne - Les corps d'armée - Les divisions - Du régiment à l'escouade - Un échelonnement de l'avant vers l'arrière - Des hommes au coeur des combats - L'arrivée des renforts de brancardiers : signe d'un mauvais présage - Le creusement des postes de secours - DES ORIGINES DIVERSES - Des affectations liées aux activités d'avant-guerre - Les musiciens - Les prêtres - Des origines les plus diverses - Des qualités physiques et morales indispensables - LES AIDES EXTERIEURES - Les renforts de brancardiers: un apport lié aux circonstances - L'apport des musiciens - Des aides variées - ENTRAINEMENT ET MATERIELS - L'entraînement - Le matériel - Le brassard - Dans le sac du brancardier - Le pansement individuel - Du matériel peu adapté aux effets du gaz - Le matériel de transport des blessés - Le brancard - Brouettes porte-brancard, brancards à roues, poussettes - La toile de tente et la couverture - Le corps des brancardiers - LE RELÈVEMENT DES BLESSES ET SES DIFFICULTÉS - Protection et traîtrise de la nuit - Premiers soins et manipulation des blessés - Transporter les blessés - Quand les intempéries et la physionomie du champ de bataille s'en mêlent. - La boue - Circuler dans les tranchées - la mitraille n'épargne personne - Des trêves à but humanitaire - BRANCARDIER : UNE MISSION AUX INNOMBRABLES RISQUES - Les brancardiers pris pour cibles - Blessures et mort des brancardiers - APRES LES SIENS, SECOURIR L'ENNEMI - LA GESTION DES MORTS - Ramassage et transport - L'inhumation - L'identification - DES ARMES ET DES BRANCARDIERS - Des attitudes paradoxales - Les brancardiers font le coup de feu - LES BRANCARDIERS VUS PAR LES AUTRES SOLDATS - Une vision négative - Brancardiers = embusqués - L'embusque: une échappatoire aux dangers? - L'embusqué ou la « belle vie » - Les souffrances incomprises des combattants - L'attente des brancardiers - Pour ne pas affronter seul la souffrance et la mort - Les réceptacles des frustrations et de la colère des combattants - Changement de vision - Devenir soi-même un embusqué - Etre brancardier par intérim - Leur devoir, la vie sauve - RECONNAISSANCE ET HONNEURS - L'intégration au groupe des combattants - les décorations : la preuve officielle de leurs actions – ABRÉVIATIONS – BIBLIOGRAPHIE - LIENS INTERNET

Benoît Boucard met à notre disposition des dizaines d’extraits de la littérature combattante intéressant les brancardiers : quelques mots, quelques phrases, parfois quelques lignes. Un véritable trésor soigneusement assemblé qui permet de mettre en perspective ces « Brancardiers ! Des soldats – Des combattants – de la Grande Guerre » qu’ils appartiennent aux corps de troupe ou aux sections d’infirmiers militaires (S.I.M.) relevant du service de santé.

TEXTE DE L’AUTEUR :

« Pourquoi traiter des brancardiers et de leur fonction ? La réponse trouve son origine dans la réalisation d'un de mes ouvrages antérieurs. En étudiant le fonds photographique du médecin Max Lumière, mon regard a été attiré par un groupe d'hommes, les brancardiers, parfois présent sur ses clichés. Mes recherches m'ayant amené à consulter les écrits de plusieurs médecins du front afin de connaître les conditions de vie et de travail de Max Lumière, j'ai noté qu'ils les évoquent régulièrement et en font parfois l'éloge. Intrigué, j'ai voulu en savoir plus sur ces soldats dont je pressentais l'ampleur du rôle joué dans le conflit, rôle que je n'avais jusque-là fait qu'effleurer. Concentrant mon attention sur eux, j'ai pu être surpris du nombre de mentions rapportant leur existence au sein des écrits des combattants. Qu'ils soient détestés ou enviés, rabaissés ou honorés, que ce soit en quelques pages, quelques lignes, quelques mots, leur présence plus ou moins discrète reste régulière. Les tragédies journalières du conflit rendant leurs tâches indispensables, ils font partie de la vie quotidienne du front et leur fréquentation devient presque banale pour les hommes des tranchées. J'ai fait le choix de me consacrer essentiellement aux brancardiers fréquentant les tranchées, ceux que les soldats présents en ligne croisent quotidiennement. Cet ouvrage est illustré de 80 photographies d'époque. »

Boucard, Benoît (1981-...). Brancardiers ! [Texte imprimé] : Des soldats de la Grande guerre / Benoît Boucard - Louviers : Ysec éditions, 1 vol. (199 p.) : ill. : 24 cm. - ISBN 978-2-84673-200-0 (br) - EAN 9782846732000
Brancardiers -- France -- 1900-1945
Guerre mondiale (1914-1918) -- Soins médicaux -- France -- Récits personnels français
Guerre -- Secours aux malades et blessés -- 1900-1945 -- Récits personnels


 

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HISTOIRE DES MEDECINS DE LANGENSALZA VICTIMES DU TYPHUS (JANVIER-MAI 1915)

25 Août 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

HISTOIRE DES MEDECINS DE LANGENSALZA VICTIMES DU TYPHUS (JANVIER-MAI 1915)

Médecins prisonniers de guerre au camp de Langensalza (1914-1915)

J’apporte aujourd’hui quelques éléments complémentaires sur le décès dans le camp de prisonniers n°4 de Langensalza du docteur Rigollot-Simonnot (1876-1915), ancien interne en chirurgie de Paris (1903) et plus généralement sur les médecins militaires français, victimes du typhus à Langensalza en Thuringe.

La biographie du docteur Rigollot-Simonnot a fait l’objet d’un article très fouillé sur le site belge « Médecins de la Grande Guerre », en relation avec l’Association Bretagne 14-18, et je n’ai que peu d’éléments à y ajouter (cf. infra, témoignage Poinsot).

Camp de Langensalza. Témoignage du docteur Poinsot sur les conditions de remise du courrier par les autorités du camp – « Notre regretté confrère, le docteur Rigollot-Simonne[o]t apprend la mort de son père par une lettre de quatre pages ; on lui remet seulement les deux premières pages. Le docteur réclame; on lui promet une enquête, et de celle-ci il ressort, d'après le colonel allemand commandant le camp que c'est la censure française qui aurait fait la coupure. Inutile de dire que M. Rigollot n'en a pas cru un mot, bien qu'il fut au désespoir de ne pouvoir connaître les dernières volontés de son père » [Rapport du médecin aide-major de 1ère classe Poinsot, du 228e régiment d’infanterie, médecin en service au camp de prisonniers de guerre de Gustrow, puis à Langensalza (janvier 1915), p. 4].

Parmi les nombreux témoignages de médecins militaires français sur les épidémies, à Langensalza, puis à Cassel-Niederzwehren, j’ai choisi l’extrait suivant qui rythme magistralement la progression de l’épidémie de typhus, de janvier à mai 1915. Nos amis belges connaissent l’auteur de ce témoignage exceptionnel, le docteur Dournay, qui fut pris à Bellefontaine en Belgique et dont le long rapport de fin de captivité constitué de notes préservées au péril de sa liberté, m’a déjà permis de rédiger plusieurs articles sur ce blog.

Mais avant de passer au témoignage du docteur Dournay proprement dit, quelques mots sur le camp de Langensalza et son service de santé (1914-1915) : Langensalza est une ville d’eau de Thuringe. Le camp était situé à environ 3 kms de la ville, dans le fond d’une cuvette argileuse environnée de collines. En décembre 1914, le camp compte dix baraques en bois avec assise partielle sur pilotis. Ce sont des baraques pour mille lits divisées par des cloisons en 4 groupes de 250 hommes. Les PG de différentes nationalités sont mélangés (février 1915). Les prisonniers couchent sur des bas flancs superposés.

Lazarett/hôpital - A l’origine (1914) le service de santé dispose de deux grandes baraques à la distribution exemplaire, appelés lazarette 1 et 2 . Chaque baraque comprend deux salles de 80 lits, quatre salles de 4 à 6 lits et de locaux annexes (pharmacie, tisannerie, salle de soins, salle de bains, etc.). Lors de l’épidémie (décembre 1914-mai 1915) une baraque entière, la n° 10, est réservée aux typhiques légers, tandis que le lazarett 1 accueille les malades graves et le lazarett 2 les autres maladies, dont des diphtériques. En raison de l’afflux de typhiques, jusqu’à 1200 malades en traitement, les blessés sont disposés jusque dans les couloirs et entre les lits. Les typhiques ne peuvent être descendus et urinent sur les malades des couchettes basses, etc.

Pour les médecins militaires français détenus avant l’éclosion de l’épidémie ou arrivés en renfort, l’épidémie s’expliquerait par une faute de commandement qui aurait imposé le mélange des prisonniers russes et français, négligé les mesures de quarantaine pour les cas suspects voire avérés… Il faut attendre que la garnison de Langensalza soit touchée pour que Berlin prenne des mesures efficaces, dont l’envoi du docteur allemand Rehberg [Roehberg, Roberg ?] de Berlin dont l’action prophylactique a été décisive et unanimement louée par ses confrères français ; ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Ce médecin fut ensuite envoyé, comme d’autres médecins français prisonniers, combattre l’épidémie encore plus virulente du camp de Niederzwehren près de Cassel (1200/1500 décès - 3500 typhiques sont traités au 15 mai 1915) où deux autres médecins militaires décédèrent du typhus (Charles-Jean Dumas (1891-1915) du 57e régiment d’infanterie et Louis Joseph Perier (1887-1915) du 6e régiment de Tirailleurs.

Extrait du rapport du médecin aide-major Dournay, du 9e bataillon de chasseurs à pied sur sa captivité à Langensalza.

« Le service fut assuré au début par les médecins français seuls. Plus tard des médecins russes soignèrent leurs compa­triotes (Baraque 1). Chaque médecin avait en principe le ser­vice suivant : visite d'une Mannschafbarake, une salle de typhiques (ou service du Lazarett 1). Deux médecins français furent attachés aux salles du Lazarett 1 (non contagieux) comme assistants des médecins allemands. Il y avait de plus un service de garde de nuit, par rou­lement.

Logement - Les médecins sont logés à l'extrémité d'une baraque des hommes, à raison de 4 à 5 par chambre. Ils ont un lit, une cuvette chacun. Des tables, des chaises.

L'alimentation est largement suffisante,

Promenade - Mais nous ne pouvons sortir du camp. L’autorisation que nous en demandons nous est refusée. Ce n'est qu'après la maladie (et la mort) de la plupart d'entre nous que l'on nous autorise à nous promener de 14 à 16 heures dans un parc voisin du camp, et sous une surveil­lance étroite.

Les W.C. - méritent d'être signalés, Nous ne disposons que de quelques seaux de toilette, mis à notre disposition dans une chambre du Lazarett 1. Il faut s'y rendre au besoin la nuit.

Les médecins malades - En dehors de l'un d'eux, le médecin auxiliaire Dautrey [Hôpital militaire de Lens ?] qui fut soigné en ville (*), tous les médecins [page 2] malades furent soignés dans le camp par nous, dans une chambre de l'isolier-Baracke, où on peut leur donner des bains. Cette chambre n'était pas aménagée lors de la maladie et la mort de Lassalas [26e régiment d’infanterie territoriale]. On se rendra compte des mauvais moments passés dans ces conditions, par l’examen du tableau suivant (en bleu les cas de typhus, en rouge les décès [sur l’original]).

En janvier : arrivée du médecin auxiliaire Héritier [64e bataillon de chasseurs] que nous trouvons en convalescence de typhus.

21 février - arrivée à Langensalza des médecins Thorel, Dautrey, Pelte, Tersen [hôpital militaire de Douai].

22 février - Arrivée de MM. Bahier [17e bataillon de chasseurs], Goudard [50e régiment d’infanterie], Deupes [20e régiment d’infanterie], Esquirol [20e régiment d’infanterie], Dournay et Lassalas.

9 mars - Dautrey tombe malade

10 mars - arrivée de Meuilles, Nectoux [groupe de brancardiers divisionnaires n°37] et deux médecins russes.

12 mars - arrivée de MM. Faucheux et Nattier [4e régiment d’infanterie territoriale].

15 mars - Lassalas tombe malade. Le lendemain, Tersen s’alite.

17 mars - Arrivée de 8 médecins et 2 officiers d’administration russes.

24 mars - Les deux médecins russes arrivés le 10, tombent malades.

26 mars - Nattier tombe malade.

27 mars - Mort de [M. le médecin aide-major Ferdinand Jean Laurent Lassalas (1874-1915)], MM. Bahier, Nectoux s’alitent. Tersen est dans le coma. Le docteur allemand, médecin auxiliaire, Dhale, a le typhus.

28 mars - Enterrement de Lassalas. Esquirol s’alite. L’aumônier allemand de même.

29 mars - M. Faucheux s’alite.

1er avril - Un médecin russe s’alite.

4 avril - Arrivée de MM. Rigollot [amb. n° 9/10], Poinsot [228e régiment d’infanterie], Léonetti [228e régiment d’infanterie], Dhalluin, Fontaine et du médecin anglais Garlaud [Garland ?] et 4 médecins russes.

6 avril - mort de [M. le médecin aide-major Léon Alphonse Natier (1879-1915)].

7 avril - un officier d’administration russe malade.

12 avril - un médecin russe malade.

20 avril - Rigollot tombe à son tour. Poinsot est malade mais non du typhus.

24 avril - mort de l’officier d’administration russe.

1er mai - mort d’un médecin russe.

3 mai - Mort de [M. le médecin aide-major Louis Pierre Rigollot-Simonnot (1876-1915)].

16 mai - Mort d’un médecin russe.

Personnellement j’ai été chargé de la Mannschafbaracken 8, d’une salle de typhiques du lazarett II[2], que j’ai gardée jusqu’à l’arrivée du docteur Rigollot, du service de dyphtérie (du 1er avril-26 avril). J’ai soigné les docteurs Lassalas, Bahier, Nectoux, Esquirol.

J’ai quitté le camp de Langensalza le 26 avril avec MM Thorel, Pelte, Esquirol, Faucheux, Tersen, Dautrey, Neuilles, Deupes, Goudard et 8 russes. Nous sommes envoyés au Réserve Lazarett de la ville pour y faire une quarantaine, car on nous promet soit notre prochain rapatriement, soit notre envoi dans un camp de repos (…). Le 7 mai, après 10 jours de quarantaine et de désinfection, on nous envoyait à Cassel, où régnait une autre épidémie de typhus. (…) Je sais qu’après notre départ, le sort des hommes et des médecins a été amélioré. Mais il est trop tard. Environ 8000 hommes en effet sur 10 000 ont eu le typhus et 900 environ sont morts. Les Allemands nous ont toujours empêchés d’avoir des chiffres précis (…). »

En guise de conclusion : Citation du docteur Louis Rigollot-Simonnot mise en exergue de la thèse du docteur François Léonetti : « Au milieu de tant de misères, notre devoir n’est plus de songer à nous réclamer de nos droits, mais de travailler ».

Note : (*) Le docteur Dautrey n’en donne pas la raison dans son rapport de captivité.

Source : Musée du service de santé des armées au val-de-Grâce, à Paris, carton n° 635, dos. 59 (Dournay) ; carton n° 639, dossier 23 (Poinsot).

Léonetti François. Souvenirs de Captivité. Les épidémies dans les camps de prisonniers d’Allemagne. Gustrow, Langensalza, Cassel. Thèse de médecine, Paris, n°8-1915. Paris : Jouve, 1915, 121 p.

Carte des camps de PG en Allemagne

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ACCUEIL EN SUISSE DE MEDECINS FRANÇAIS LIBERES (novembre 1914)

14 Août 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #varia

ACCUEIL EN SUISSE DE MEDECINS FRANÇAIS LIBERES (novembre 1914)

Témoignage du médecin aide-major de 1ère classe Monteilh, médecin du 3e bataillon du 144e régiment d’infanterie (Bordeaux) sur les conditions de son rapatriement via la Suisse.

J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter le long témoignage d’un médecin militaire français libéré du camp d’Erfurt (Thuringe) - fait prisonnier à Corbeny et détenu à Erfurt de septembre à novembre 1914 - qui décrit par le menu son rapatriement et l’accueil mémorable dont il a bénéficié, tant des autorités que des populations helvêtiques. Ce type de témoignage contrariant en 1914 une certaine neutralité affichée reste relativement rare. Les rapports français de rapatriement à travers la Suisse sont assez peu détaillés.

"(…) [Erfurt, 6 novembre 1914] Nous allâmes reprendre notre service au camp, mais à 10 heures on nous fit appeler de nouveau Chez le Général pour nous dire que nous devions "être à midi à la gare". Nous télé­phonâmes alors immédiatement à des autos de venir nous prendre et après avoir déjeuné au camp nous partîmes en auto accompagnés d'un sous-officier allemand et passant Rudolf Casern prendre nos bagages nous nous rendons à la gare où on nous fait entrer dans [page 22] un salon particulier et ou un capitaine et un interprète passent soigneusement l'inspection de tous nos bagages. Puis on nous fait monter dans un wagon couloir de 1ère, 2e et 3e Classe où nous trouvons 20 infirmiers et brancardiers de la 16e Sec­tion [d’infirmiers militaires] qui rentrent en France avec nous. Nous sommes donc 10 médecins et 20 hommes. Le voyage s'accomplit sans incident. Nous arrivons a Stuttgart vers 20 heures et on nous permet de descendre du train nous et nos hommes pour aller prendre notre repas dans une installation de la Croix-Rouge mais ser­vi par le buffet de la gare et à nos frais.

Puis on nous fait remonter dans notre wagon qui mis sur une voie de garage nous sert d'hôtel et nous y passons la nuit. Le lendemain matin notre wagon est ramené sous le hall de la gare et on nous apporte notre petit déjeuner à nos frais mais on ne nous permet pas de descendre. Enfin nous repartons, en route pour Constance.

Nous arrivons à Constance vers 14 heures et sommes reçus courtoisement par un officier de troupe allemande, un capitaine qui est en congé de convalescence pour une blessure. Il est vraiment fort aimable et nous conduit à la frontière suisse, là nous sommes reçus d'une façon plus qu'aimable. On nous offre des cigarettes et des cigares et surtout des journaux. Un officier de l'armée suisse vient nous prendre et nous accompagne dans un hôtel ou nous commandons un repas pour nous, et Monsieur le médecin major de 1ère classe Rambaud [médecin chef du 144e régiment d’infanterie] offre un repas à tous les hommes, voulant leur dit-il leur offrir le 1er repas pris sur [un] terrain ami.

Nous quittons "Kreutzlingen" à 18 heures pour Saint-Gall. Sur tout le parcours de l'hôtel à la gare ce sont des ovations. A la gare aussi au moment du départ du train des cris de "Vive la France" qui vont au coeur.

Nous arrivons à Saint-Gall vers 20 Heures et là aussi nous sommes reçus par des officiers qui nous traitent en [page 23] camarades. Les soldats nous rendent les hon­neurs et on nous amène chez le Colonel qui a son bureau dans la gare même et qui nous reçoit d'une façon cordiale, nous demande des détails sur notre séjour, sur la façon dont nous avons été traités, et sur la partie de la campagne à laquelle nous avions assisté avant notre captivité. Nous lui soumettons aussi, les manquements à la convention de Genève que nous croyons avoir été commis à notre égard et surtout le non relâchement de nos infirmiers régimentaires et des étudiants en médecine infirmiers que nous avons dû laisser en Allemagne. De là il nous fait accompagner dans un hôtel superbe près de la gare ou des chambres nous ont été rete­nues et où un dîner succulent nous est servi à une table couverte de fleurs et attention délicate, sous chacune de nos serviettes nous trouvons un paquet de cigarette française. Après le dîner nous passons à l'Estaminet et là de jeunes suisses viennent se joindre à nous et nous font une réception très touchante. Peu après 2 messieurs anglais et un américain demandent la permission de venir se join­dre à nous. Un de ces messieurs anglais ne parlant pas fran­çais cause avec moi un moment puis me prie d'accepter un billet de 50 frs pour envoyer en Allemagne aux prisonniers que nous venons de quitter. Puis l'Américain pour nous remercier, ne sachant pas assez bien le français se lève et nous siffle la Marseillaise que tous les assistants écou­tent debout tête nue.

Le lendemain matin avant le départ, déjeuner au chocolat ou au café au lait au choix et lorsque nous de­mandons la note on nous répond que tout a été porté au compte du comité fédéral.

Nouvelle [page 24] ovation lorsque nous quittons l'Hôtel pour la gare quoique ce soit de grand matin. Nous allons à Berne et sur tout le parcours ce sont des ovations des cris de " Vive la France " poussés par des nuées de soldats qui se précipitent sur le quai de la gare lorsqu'ils nous aperçoivent. A Berne nous sommes reçus princièrement dans une salle de la direction d'un grand hôpital transformée en salle à manger ou un dîner succulent nous est servi. Pendant les deux repas que nous y prenons des soldats suisses viennent nous chanter des chants du Pays de leurs voix superbes et d'une méthode im­peccable. Pendant toute la journée des gens de la ville viennent nous voir et nous félicitent, nous souhaitant la bien­venue dans leur pays et nous apportant un tas de choses, cho­colat, cigares, tabacs, etc.

Nous avions demandé au commandant de dragon qui était chargé de nous accompagner de nous laisser sortir voir la ville. Il nous a répondu qu'il n'osait pas parce que c'était un dimanche et qu'il craignait que les manifestations francophiles dont nous serions l'objet ne soient telles que l'attaché militaire allemand habitant Berne n'en prenne om­brage.

Le soir on nous accompagne à l'Hôtel ou nous sommes très bien installés.

Pendant ce temps nos hommes sont aussi très bien traités, nourris largement et logés dans des salles [à] l'Hôpital ou dans des casernes. Pendant tout le voyage on les comble de tabac, cigares et chocolat, etc.

Le Lundi matin à 6 heures nous quittons Berne et par Neuchâtel nous rentrons en France par Verrière-en-Joux. »

Source : Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 638, dossier 24 (Monteilh).

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GASTON RIOU (1883-1958), PRISONNIER DES ALLEMANDS...

7 Mars 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

La gare de Dieuze d'où embarqua Gaston Riou...
La gare de Dieuze d'où embarqua Gaston Riou...

Gaston Riou. Journal d'un simple soldat, Guerre-Captivité, 1914-1915. Paris : Hachette, 1916, 251 p. [en ligne]

Je propose en marge du fonctionnement du service de santé militaire dans les combats de Lorraine en août 1914, le témoignage de "l’homme de lettres" Gaston Riou qui a servi à Kerprich au sein de l’ambulance n° 5/15. Je ne trancherai pas sur la formation d’affectation de Riou dans un débat levé par le CRID 1418 en 2008. Personnel sanitaire il a probablement appartenu à l’ambulance n° 5/15 et était certainement l’une des "ordonnances" des officiers de santé faits prisonniers et enfermés à Ingolstadt ; bien qu’il soit avéré qu’officiers et infirmiers aient été séparés dès août, dans des forts séparés (forts d’Orff et fort IX). Son témoignage peut d’ailleurs être rapproché du rapport de captivité, que j’ai proposé dans ce blog, du médecin-major de 2e classe Berge [ou Bergé], médecin-chef de l’ambulance n° 5/15. De plus Riou est rentré de captivité, en juillet 1915, avec un groupe d’officiers du service de santé et d’aumôniers français (sanitaires non officiers) prisonniers à Ingolstadt, dont ceux de l’ambulance n° 5/15.

Pour la présentation du service de santé du 15e corps d’armée et de ses diverses ambulances on se reportera à un précédent article sur Kerprich 1914 à travers le témoignage d’officiers prisonniers.

Kerprich, 20 août 1914.

« (…) [p. 26] Notre division était sacrifiée d'avance [A]. Chargée, je crois, de protéger la retraite, elle avait tenu. Comment ? Combien de temps ? Un simple soldat, dans la guerre moderne, ne sait rien. Toujours est-il qu'elle était détruite. Le combat émigra. La canonnade s'éloigna. Il fit soudain un grand calme. De la lutte féroce dont mes oreilles tintaient encore, il ne restait que l'effroyable puanteur des morts en train de pourrir dans les guérets et les vignes du côté de la forêt de la Bride, et, montant par intervalles du fond des vallons déserts, les longues clameurs lamentables des nids de blessés à l'abandon. C'est là, dans le district de Dieuze, exactement à Kerprich, en Lorraine annexée, que j'ai passé mes huit premiers jours de captivité. Quelle semaine ! Parmi les arrières de l'armée allemande qui s'épanchait comme un fleuve, défaillant de sommeil et de fatigue, dix fois mis en joue par les patrouilles, jour et nuit, j'ai charrié de la chair humaine : des morts, encore des morts, des morts de toute espèce, combattants tués nets dans le feu de l'action, blessés saignés à blanc, blessés achevés par les éclaireurs d'un coup de fusil à bout portant comme ils demandaient à boire ou essayaient de se sustenter avec de la luzerne ; et puis, les demi-morts, crânes percés d'une balle, torses lardés de mitraille, aines défoncées par un boulet.

De voir ces pauvres ballots défigurés et gémissants, [p. 27] il me semblait qu'on me râpait les nerfs. Le reste des blessés s'amenait sans aide, courait, clopinait, se traînait sur deux, sur trois, sur quatre pieds. C'était un spectacle stupéfiant. J'ai vu un fantassin dont la balle avait transpercé la poitrine devant derrière, et qui avait marché au drapeau blanc, tout seul, l'espace d'une lieue. Il avait perdu presque tout son sang. Je ne sais par quel miracle de volonté il s'était mis en chemin. Devant la grille de l'ambulance : « J'ai attendu quatre jours qu'on vienne, dit-il. J'ai soif. Ça va mieux ; mais j'ai soif ! » Il souriait. Il était beau, cet adolescent, comme un saint Sébastien de cire. Puis, sans un mot, il s'affaisse; il est mort.

L'on m'avait octroyé la tente où s'entassaient les blessés les plus graves. Ils étaient une quarantaine, posés sur une mince couche de paille, à même le sol. C'était plein de mouches. Cela puait les déjections et le cadavre. Aux heures de soleil, ils étouffaient. Le soir venu, ils claquaient des dents. Il y avait là des gars du 20e corps, de l'active, tous Parisiens, d'un courage gentil et simple; ils trouvaient moyen de s'intéresser à leurs voisins de paillis. Des Provençaux, à qui la douleur arrachait des larmes, me confiaient leurs amours, comme à une soeur. Quand le mal les mordait plus fort, tous appelaient : « Maman ! » C'était un concert à fendre l'âme. Je pansais. Mille fois le jour, mille fois la nuit, je tendais le bassin et l'urinal. Il y en avait deux pour sept cent vingt blessés. Une douille d'obus m'en fournit un troisième. J'assistais les agonisants ; je consolais ; j'enterrais. Toujours flanqué de deux soldats Poméraniens, j'allais par le village mendier du bouillon pour les pauvres gars. Les habitants étaient complètement terrorisés. Quelques femmes, dont une boiteuse et une petite fille de douze ans, m'étonnèrent par leur charité tenace. Sous l’oeil de l'Allemand, leur ardeur, simplement chrétienne, était de l'héroïsme. Pourtant, je devais suppléer parfois à la ration manquante par un discours [p.28] bien gaillard, tout ruisselant d'espérance. Sans cesse, il fallait refaire l’oreiller de paille sous la tête des blessés, arranger leur couchage, les aider à se déplacer. C'était toujours, sous la toile basse, le même orchestre de cris, de souffles caverneux, de râles et de plaintes. Quelquefois, au milieu de la longue nuit froide, n'ayant pas la force de porter plus loin sur le pré des fosses le camarade qui venait de trépasser, je tombais comme une masse et m'endormais à côté de lui.

Le 20, — l’ambulance était à peu près installée, — passa un capitaine prussien avec sa compagnie. Il s'arrête, réquisitionne le cheval de notre médecin-chef. M. Berge ; il l'enfourche aussitôt. Puis, dans un français râpeux et sonore. « Ne craignez rien, blessés ! Ah! l’on dit dans vos journaux — je les lis vos journaux, je lis le Figaro, le Temps — que nous sommes des Barbares ! Nous ne sommes pas des Barbares ! Moi, je porte un nom de chez vous ; je descends de réfugiés français; je m'appelle Charles de Beaulieu. Je vous le jure, vous serez bien soignés en Allemagne. L'Allemagne respecte la Croix-Rouge. »

Le 28, à midi, ayant expédié évacuables et inévacuables, coupé un dernier bras, enterré le restant des morts, nous partîmes, le ventre vide. Pour où ? Les naïfs, dont j'étais, ne doutaient point qu'on ne nous rapatriât en France par la Suisse. Les autres, qui avaient vu achever des blessés, — surtout des blessés galonnés — rétorquaient : « L'autorité militaire allemande est implacable, si le soldat est assez bon « zigue ». C'est sur ordre, c'est par obéissance stricte, que les patrouilleurs ont achevé des officiers et quelques sergents-majors. Si c'eût été malice personnelle, offriraient-ils, comme ils le font souvent, du café et de l'eau-de-vie aux blessés ? S'arrêteraient-ils pour les panser ? Non, c'est le haut commandement qui est responsable de cette pratique ignoble. Lui qui fait si bon marché de la vie des blessés, respecterait-il la Croix-Rouge ? » Ainsi, tout en gagnant Dieuze sous bonne escorte, [p. 29] notre petite troupe débattait la question : « Sommes nous retenus ou prisonniers ? » A Dieuze, L’on nous fit faire le tour de ville. Ce n’était pas nécessaire pour atteindre la gare ; et notre prise ne nous semblait point un motif de triomphe. L'on tint quand même à nous exhiber à la population qui ne souffla mot.

Huit jours plus tôt, arrivant à Dieuze en vainqueurs, les boutiquiers nous bourraient les poches de chocolat et de bonbons ; les marchands de vin nous restauraient gratis. « Surtout, nous disait-on sans détours, tâchez qu'ils ne remettent plus les pieds ici ! » Ayant envie d'un dictionnaire français-allemand, je priais un bourgeois de m'en procurer un « Je n'use pas de cette denrée, fit-il ; j'ignore l'allemand. » Il appelle sa fille. Elle va me quérir son propre dictionnaire, « Payez-vous ! lui dis-je, lui tendant mon porte-monnaie. — Oh ! Monsieur, faire payer un soldat français ! » Cependant elle couronnait de vin de la Moselle, à mon intention, une espèce de hanap en cristal qui remplissait sa fonction de parade sur l'étagère. C'était, dans toute la petite ville lorraine, un gai remuement de fête votive. L'armée et le peuple s'égayaient fraternellement. Cette joie du revoir paraissait si naturelle ! Le soir tombait. La journée était limpide et doucement tiède. La bataille tonnait sur les coteaux. Les régiments prenaient leurs formations de combat dans les rues même. A cent mètres des maisons, derrière des gerbes, une batterie française canonnait dans la direction de Vargaville. M'étant avancé jusqu'à elle, j'eus la seule vision de beauté de ma campagne. Dans l'air calme, les panaches des shrapnells allemands floconnaient, comme un feu d'artifice. Près de nous, le n* s'avançait parmi les avoines, en éventail, par masses de bataillon. Il avait passé la nuit dans la caserne des chevau-légers. La mine des hommes était dure et farouche. Là-bas, dans les chaumes et les prés verts, sous la pluie des obus, les alpins s'égaillaient en tirailleurs [p. 30]. Ils gravissaient en bon ordre le penchant nord de la riante cuvette qui s'étend entre Dieuze et Vargaville. L'on eût dit d'un tableau de Van der Meulen. Le soleil se couchait. L'air était plein de rayons et de parfums. Après chaque détonation, L’on entendait le chant des oiseaux et le léger crissement des insectes. Puis, les avant-trains amenés, ma batterie partit au grand trot prendre position ailleurs. Le 28, par contre, Dieuze était une ville morte. Personne aux fenêtres. De grands drapeaux allemands célébrant la chute de Manonviller, pendaient aux hampes, hissés sur criée publique. Un silence morne, sans grandeur ; un silence de taverne désertée; le silence de Paris à quatre heures du matin; et, au lieu des tombereaux des maraîchers et des boueux, des monceaux de sacs éventrés, de fusils brisés, de friperies souillées de sang et de glaise, qu'on charroyait du champ de bataille. Nous allions d'un pas vif — le pas français, — ce qui essoufflait nos gardes. Des régiments gris-bleus passaient sans mot dire. Comme nous butions à un embarras de fourragères pleines de blessés, un grand diable de colonel prussien, à cheval, monocle à l’oeil, nous accoste, et, en français, nous dit : « Fous n’afez pas honte, fous, la témocratie française, d'être les alliés des Russes, ces Parpares ! » Pas un de nous ne lui répondit. Nous ne le regardions même pas. Il était là, impassible. Pourtant, lui montrant mon brassard :« Sommes-nous retenus ou prisonniers? lui dis-je.

— prisonniers ! Vous tirez sur nos ambulances !

— Souffrez, monsieur, que je ne le croie point »

Mais nous repartions.

La gare; la longue attente sur la place; l’encombrement des voitures de blessés qu'on évacue ; un chevauléger démonté, la tête dans les bandages, qui s'avance sur nous, l'oeil plein de haine, et nous menace de son revolver; la visite de nos sacs; la remise de nos cartes, couteaux, fourchettes, rasoirs, poinçons, de tout ce qui pique et taille. Puis l'embarquement (…) »

Notes :

[A] Il s’agit de la 29e division d’infanterie, appartenant au 15e corps d’armée.

L'ouvrage de Gaston Riou a fait l’objet d’une édition anglaise : The Diary of a French Private, War-Imprisonment, 1914-1915. London : George Allen & Unwin Ltd., sd, [1916], 315 p.

Sur Kerprich 1914

Sources :

L’auteur a été le sujet d’un dossier « Témoignage » déjà ancien du Collectif de recherche international et de débat sur la guerre 1914-1918, établi par JF. Jagielski (27/02/2007) sur le modèle de Norton Cru.

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IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 (4)

23 Janvier 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 (4)

MEDECINS ET « SANITAIRES » BRETONS MORTS DURANT LA GRANDE GUERRE (1914-1918) – lettres G.- K.

En marge de la thématique des hôpitaux militaires je propose quelques biographies sommaires sur des « sanitaires » bretons (officiers et troupe) morts pendant la Grande Guerre…

News : Si ce blog vous intéresse. Si vous souhaitez être informés des parutions à venir... pensez à vous abonner ! Si vous souhaitez le voir évoluer, contactez-moi (Utilisez le lien "contact" en haut de la page d'accueil.) : Thèmes demandés par les abonnés/contacts qui seront présents en 2015 : Monographies hospitalières qui n'ont pas été développées dans les volumes de la collection et Actualités des hôpitaux militaires.
Lettres D-F

38. GALAINE Godefroy-Marie (1872-1917) – Médecin auxiliaire (adjudant), service de santé de la 10e région militaire de Rennes. Né le 9 novembre 1872 à Liffré (Ille-et-Vilaine). Décédé le 15 mars 1917 à Granville (Manche) : « tué dans un accident de voiture en allant visiter des malades ». Aux Med., 270.

39. GASTON Maurice-Joseph-Alfred (1895-1915) – Etudiant en médecine, canonnier au 51e régiment d’artillerie de campagne. Né le 11 juillet 1895 à Vairé (Vendée). Décédé le 2 mars 1915 à l’hôpital militaire Baur de Nantes (Loire-Inférieure) de maladie contractée en service, méningite cérébro-spinale. La Roche-sur-Yon 1915, matricule 1224. Etudiant en médecine (Ecole de Nantes). Aux Med., 274 ; Mémorial GenWeb.

40. GELEBART Henri-Marie-Alain (1889-1918) – Médecin aide-major 2e classe (sous-lieutenant), 121e régiment d’artillerie lourde. Né le 15 juillet 1889 à Morlaix (Finistère). Décédé le 5 octobre 1918 à Orfeuil (Ardennes). Brest 1909, matricule 1087. Croix de Guerre, Légion d’honneur. Mort pour la France - JO, 3 janvier 1919 : « Médecin consciencieux, dévoué, énergique et très brave. Tué à son poste le 5 octobre 1918 ». Aux Med., 276 ; MdH.

41. GOURIOU Léon-Marie (1882-1918) – Médecin-major de 2e classe (capitaine) des troupes coloniales, 131e bataillon sénégalais. Né le 11 mai 1882 à Châteaulin (Finistère). Décédé le 3 décembre 1918 à l’hôpital temporaire n°1 de Zeitenlick (Grêce), de broncho-pneumonie, suite de grippe maligne. Quimper 1902, matricule 3198. Docteur en médecine, 1906 (Faculté de Bordeaux). Mort pour la France. Aux Med., 283 ; MdH.

42. HUEROU François-Marie (1886-1918) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 120e régiment d’artillerie. [amb. n° 4/61]. Né le 10 novembre 1886 à Quemperven (Côtes-du-Nord). Décédé le 25 septembre 1918 à Sandricourt (Oise), de maladie contractée au front. Guingamp 1906, matricule 2179. Docteur en médecine, 1914 (Faculté de Paris). Mort pour la France. Aux Med., 294 ; MdH.

43. JAMYOT DE LA HAYE Alain-Evariste-Marie (1888-1917) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 47e régiment d’infanterie. Né le 27 juillet 1888 à Rennes (Ille-et-Vilaine). Décédé le 18 mars 1917 à Josselin (Morbihan) à son domicile, de maladie contractée au front. Vannes 1908, matricule 155. Docteur en médecine, 1911 (Ecole de Rennes et Faculté de Paris) – JO, 7 février 1915 : « A prodigué ses soins aux blessés sur la ligne de feu. Le 15 septembre a assuré l’évacuation d’un poste de secours en flammes. Le 2 novembre, s’est livré aux recherches les plus périlleuses et les plus minutieuses lors de l’attaque d’une briqueterie par son bataillon ». Mort pour la France. Aux Med., 296 ; MdH.

44. JARRY Anatole-Mathurin (1893-1916) – Médecin auxiliaire (adjudant), 310e régiment d’infanterie. Né le 31 août 1893 à Saint-Brandan (Côtes-du-Nord). Décédé le 26 février 1916 à Baleycourt (Meuse), suite à blessures de guerre. Saint-Brieuc 1913, matricule 980. Mort pour la France. Aux Med., 297.

45. JOUBREL Fernand-Auguste (1884-1915) – Médecin aide-major de 2e classe (sous-lieutenant), 247e régiment d’infanterie. Né le 7 octobre 1884 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine). Décédé le 13 mars 1915 en captivité au lazaret de Wittemberg (Allemagne), des suites de blessures de guerre. Saint-Malo 1904, matricule 94. Docteur en médecine, 1913 (Ecole de Rennes et Faculté de Paris). Il avait rejoint le camp de Wittemberg, en convoyant ses blessés du 247e depuis Sedan (29/08/14), en compagnie des docteurs Guibourg et Lequéré. Le lazaret de Wittemberg, organisé en une ou deux baraques (100 à 160 lits, en jan. 1915), était un camp où la morbidité était considérable et où sévissaient typhus et choléra. Mort pour la France. Aux Med., 298 ; MdH ; MSSA 633/7, Audion.

46. KERMABON (De) René-Olivier-Constant (1877-1917) – Médecin-major de 2e classe (capitaine), Active, Ambulance n° 16/13, 11e bataillon de chasseurs à pied à Annecy. Né le 21 mai 1877 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Décédé le 10 novembre 1917 à Nice (Alpes-Maritimes), à la villa Furtado-Heine, de maladie contractée au service : « paludisme, hépatite, hypertrophie de la rate » suite à un temps de service au Maroc, aggravée par un séjour au front. Chevalier de la Légion d’honneur, rang du 1er avril 1917, arrêté du 14 avril 1917. Mort pour la France. Aux Med., 300 ; Base Léonore LH/1398/22 ; MdH.

47. KERMARREC Jean-René (1877-1914) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 11e région militaire. Né le 8 janvier 1877 à Lannilis (Finistère). Décédé le 10 décembre 1914 à Morlaix (Finistère). Docteur en médecine, 1902 (Faculté de Paris). Médecin à Kerlouan. Aux Med., 300.

48. KERNEIS Christophe-Louis-Marie (1850-1915) – Médecin-major de 2e classe (capitaine), 158e régiment d’infanterie. Né le 7 mars 1880 à Elliant (Finistère). Décédé le 22 novembre 1915 à l’hôpital maritime de Lorient (Morbihan), de « maladie aggravée ». Quimper 1900, matricule 112. Docteur en médecine, 1907 (Faculté de Bordeaux). Mort pour la France. Aux Med., 301 ; MdH.

49. KERVERN Mathieu-Louis-Marie (1877-1914) – Médecin-major de 1ère classe de la marine. Affecté sur le « Bretagne ». Né le 25 août 1877 à Lambézellec, Moulin-à-Poudre [Brest] (Finistère). Décédé le [22] 24 décembre 1914 à l’hôpital militaire de Saint-Nazaire (Loire-Inférieure) d’une « miocardite infectieuse d’origine typhique ». Docteur en médecine, 1903 (Faculté de Bordeaux). Mort pour la France. Aux Med., 301 ; MdH.

A SUIVRE

Sources :

Aux Méd. - Collectif. Aux médecins morts pour la Patrie (1914-1918). Hommage au corps médical français. Paris : Syndicat des Editeurs, [ca. 1920-1922], 446 p.


MdHhttp://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/recherche_transversale/bases_nominatives.php

Base Léonore - http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/leonore.htm

Photo : Dans les boues de la Somme, par Gaston Broquet (1880-1947). Localisé dans les jardins de l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce à Paris.

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AMBULANCE DE BELLEFONTAINE (22-30 août 1914) - 4e partie

5 Janvier 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

AMBULANCE DE BELLEFONTAINE (22-30 août 1914) - 4e partie

4e partie - CARNET DE BLESSES A BELLEFONTAINE, 22-30 août 1914

Suite de la 3e partie : Ambulance franco-allemande à Marbehan (août-septembre 1914)

Les hasards de la recherche permettent parfois de découvrir, redécouvrir, signaler ou compléter des documents « remarquables ». Aujourd’hui je vous en propose un : la transcription d’un carnet de notes de médecin militaire donnant une liste de 176 blessés français et allemands entrés à l’ambulance militaire française de Bellefontaine (Belgique). Cette formation improvisée agrégat de granges, d’écoles, à l’origine postes de secours régimentaires, fut confié à une équipe médicale réduite laissée sur place au lendemain des engagements de la journée du 22 août 1914 et faite prisonnière. Ces militaires, vite débordés, furent activement secondés par une population belge héroïque, dont les habitations sont précisées.

Cette transcription peu courante est annexée (7 pages) au rapport de captivité du médecin aide-major de 1ère classe Jean Dournay, d’Amiens (1882-1950) qui fut en charge du fonctionnement de cette « ambulance ».

Appel aux généalogistes !

Cette liste de soldats blessés, parfois signalés comme décédés sur certaines situations régimentaires intéressera les généalogistes qui ont beaucoup travaillé sur les « pertes totales » (décédés, blessés et disparus) et les sépultures des morts de la bataille des Frontières et sur cette terrible journée du 22 août 1914 donnée comme le jour le plus meurtrier de l’Histoire de l’armée française… Le lecteur trouvera matière à des propositions de rectification dans le cadre de l’indexation collaborative du site Mémoiredeshommes du service historique de la Défense. Ces rectifications potentielles (Les deux Mousset, Pigache, etc.) sont indiquées entre crochets au fil de la transcription. Je laisse aux généalogistes experts le soin de poursuivre…
« Liste des blessés français et allemands soignés à l’ambulance de Bellefontaine (Belgique), du 22 au 30 août 1914.

Liste des blessés – Pour faciliter plus tard la tâche des pouvoirs publics, au cas où l’on voudrait remercier les habitants qui ont fourni des soins à nos blessés, je copie intégralement la liste ci-jointe, où les blessés sont rangés selon leur répartition dans le village.

Chez M. jacques Goffinet. [à Bellefontaine (Belgique)]- (grange), 13 blessés : 4 français, 9 allemands : Moscand, 120e régiment d’infanterie (120e RI), 4e compagnie (cie) – Frank, 120e d’infanterie, 8e cie – Tenaerts, 120e d’infanterie, 8e cie – Ducrocq, 120e d’infanterie, 8e cie – y sont également 9 soldats allemands, dont je n’ai pu avoir ni les noms ni le régiment.

A l’école communale des garçons [à Bellefontaine (Belgique)]- . (soignés par l’instituteur et sa famille), 26 français : Dutoit Lucas, 120e, 11e cie – Pamboucq, 140e, 12e cie – Hiver, 120e, 11e – Legros, 147e, 12e cie – Bethefer, 120e, 11e cie – Renard, 120e, 6e cie – Duclerq, 120e, 6e cie – Mouillesaux, 120e, 10e cie – Bourbion, 120e, 10e cie – Teissier Georges, 147e, 12e cie – Mousset [André Auguste, 1893-1914, décédé le 22 août 1914], 120e, 8e cie, décédé le 23 août [1914] – Douchet, 120e, 2e cie – Maillaux, 120e, 8e cie – Calais, 120e, 11e cie – Lallement, sergent, 120e, 2e cie – Miège, 120e, 2e cie – Caboche, 120e, 8e cie – Lefèvre Lucien, 120e, 2e cie – Osmont, 120e, 2e cie – Pierron, 120e, 10e cie – Woitier, 120e, 10e cie – Barthélémy, 120e, 4e cie – Amory, sergent, 120e, 11e cie – Mancolin, 18e Chasseurs à pied [BCP], 4e cie – Chaumont, 120e, 8e cie – de Villepoix, 120e, 4e cie.

Chez Monsieur Marcelin Goffinet [à Bellefontaine (Belgique)]-. (grange), 13 français : Brunet, 120e, 5e cie – Van Debruck, 9 [BCP], 4e cie – Floury Jules, 120e, 3e cie – Maison, sergent, 120e, 5e cie – Lefevre, 120e, 6e cie – Paris, 120e, 5e cie – Legardet, 147e, 10e cie – Lesueur, 120e, 6e cie – Braulet, 147e, 6e cie – Gradel, 120e, 6e cie – Bloudiaux, 147e, 11e cie – Caffiet, 147e, 11e cie – Colas, 147e, 11e cie.

Au Patronage [à Bellefontaine (Belgique)]-. (soignés par des femmes et des jeunes filles du pays), 29 français : Leune, Jules, 120e, 8e cie – Dagney, 120e, 8e cie – Loizel Louis, 120e, 1ère cie – Martin Marcel, 120e, 8e cie – Duquent Charles, 120e, 8e cie – Hermant Alfred, Avesnes 1969 (1212) – Delvaux Joseph, 120e, 8e cie – Garnier Emile, 9e [BCP], 4e cie – Larue Emile, 120e, 2e cie – Mardonnier, 120e, 2e cie – Paris, 120e, 6e cie – Ranbourg, 120e, 4e cie – Perrot, 120e, 11e cie – Tatton, 120e, 6e cie – Dupant, 120e, 11e cie – Marchal, 120e, 7e cie – Greuet, 120e, 11e cie – Fernet, 120e, 11e cie – Simon, 120e, 7e cie – Hagard, 120e, 11e cie – Delepine, 120e, 8e cie – Aubin, 120e – Maurice François, 147e, 9e cie – Lafevre Julien, 120e, 2e cie, probablement décédé le 26 août [1914]Conier Raymond, 120e, 7e cie – Lourdel François, 120e, 10e cie - Dumoulin Charles, 120e, 10e cie – Henin Henri, 120e, 7e cie – Comet [lire : Cornet, Léon-Edmond, 120e, 1886-1914] Léon, 1966 Mézières 1427, décédé le 29 août [1914]. Il y avait en plus, 5 allemands : Honisch, 10e Regiment Grenadier, 9e Kie – Orzol, 10e Regiment Grenadier, 9e Kie – Welenzek, 38e Reg. Inf., 12e Kie – Wolny Johann, 10e Regiment Grenadier, décédé le 27 août [1914] – Wosnitzka Karl, 10e Regiment Grenadier, 10e Kie.

Chez Madame Martilly [à Bellefontaine (Belgique)]-. (grange), 4 français, 3 allemands : [Français] Brea Louis, 120e, 10e cie – Camus, 120e, 10e cie – Gros Charles, 7e Colonial, 2e cie – Beysse Marcel, 7e Colonial, 2e cie – [Allemands] Künast, 38e Reg, 1ère Kie – Wolff, 38e Reg, 7e cie – Barton, 38e Reg, 7e cie, décédé le 25 août [1914].

Chez Monsieur Steinlet [à Bellefontaine (Belgique)]-. (Grange), 5 français : Letrauge, 18e [BCP], 2e cie – Debligue, 9e [BCP], 5e cie – Blauvaut, 9e [BCP], 1ère cie – Renaux, 9e [BCP], 5e cie – Colle, sergent, 120e, 4e cie.

Chez Monsieur Mace [à Bellefontaine (Belgique)]-. (Grange), 6 français : Laurent, 120e, 10e cie – Carton, 120e, 10e cie – Guibaut, 7e Colonial, 7e cie – Verdière Albéric, 147e, 9e cie – Marie, 120e, 10e cie – Martinet, 120e, 10e cie.

Ecole des filles [à Bellefontaine (Belgique)]-. (soignés par les sœurs de l’école), 35 français et 20 allemands : [Français] Pigache [Pierre, 1893-1914], lieutenant, 147e, [décédé le 31 août 1914] plaie de poitrine – Lecercle, 120e – Durin, 7e Colonial, 7e cie – Teboul [Aaron Sidney, 2e classe, 1891-1914], 147e, 10e cie, décédé le 29 août, fracture à la colonne vertébrale – Bernaux, 120e, 3e cie – Martin, 1er Colonial, 1ère cie – Delagoutte, 3e Colonial, 7e cie – Laout, 120e, 7e cie – Moiraud, 120e, 5e cie – Thuillier, 120e, 7e cie – Mousset [lire Mousset Louis, 1892-1914, décédé le 8 septembre 1914 à l’ambulance d’étape allemande de Marbehan], 120e, 1ère cie, décédé le 26 août [1914] – Nivoix, 120e, 4e cie – Degrosillier, 120e, 11e cie – Rousselle, 7e Colonial, 11e cie – Legrand, adjudant, 120e, 7e cie – Leroux, 120e, 12e cie – Lalou, 120e, 8e cie – Bœuf, 120e, 7e cie – Joyer, 120e, 5e cie – Baccuvier, 120e, 5e cie – Régnier, 120e, 5e cie, décédé le 29 août [1914], fracture du crâne – Aubay, 120e, 7e cie – Leclercq, 147e, 11e cie – Chemy Daniel, 147e, 9e cie – Charles, sergent, 120e, 6e cie – Osselin, 147e, 10e cie – Courquin, 147e, 10e cie – Lecul, 120e, 5e cie – Millet René, 120e, 5e cie – Marciau Eugène, 120e, 11e cie – Duquenne, 120e, 5e cie - Docq, 120e, 5e cie – Schmitt, 120e, 7e cie – Body, 120e, 5e cie - Harnay, 120e, 5e cie. – [Allemands] Neuwoleck, 38e inf. – Nuwak, 36e inf. – Urban, 10e – Jahn, 10e – Mislear, 6e inf., 6e Kie – Gorcol, 38e inf. – Juraschek, 38e inf., 9e Kie – HoppeBarfsuh, 10e Reg., 9e Kie – Reinfold Tagel, 51e inf., 3e Kie – Schmander, 38e Reg., 11e cie – Shendziclar Gestreiter des Rgt Stanislaüs – X…, 10e Reg., 8e Kie – Wassan, 38e Reg. – Klysta, 10e Reg. – Rzesnitzek, 10e Reg. – X…, 10e Reg., 8e Kie – Meumann Franz, 8/10 [10e Reg., 8e Kie] – Nawrath Théodor, 10e Reg., 10e Kie – Bartsch

Chez Monsieur le curé [à Bellefontaine (Belgique)]-. (dans des chambres), 2 français, 2 allemands : [français] Emile, 120e, 3e cie – Vinchon, 120e, 3e cie – [allemands] Huvzidem, 10e Reg, 9e Kie – Lejaryk, 10e Reg., 9e Kie.

Grange Klaynes, 4 français : Hubert, sergent, 120e, 4e cie – Bourdon Michel, 120e, 4e cie - Lefevre Henri, 120e, 4e cie - Lefevre Eugène, 120e, 4e cie.

Total – Français : 137, Allemands : 39 – [total] 176

Résumé : Sur ces 176 blessés il y eut 8 décès à Bellefontaine. Les autres furent évacués vers l’Allemagne. Tous ces noms sont reproduits d’après un carnet fait à la hâte. La liste que j’avais faite là-bas m’a été prise. Aussi il est possible que des erreurs se soient glissées dans les noms. J’ignore ce que sont devenus ces blessés par la suite. Quelques-uns sont à Alten-Grabow.

Le médecin aide-major de 2e classe : D. Dournay. »

1ère partie, les ambulances de Lahage.

2e Partie – Les ambulances de Lahage puis de Bellefontaine (Belgique). 22-30 août 1914.

3e partie - Ambulance franco-allemande à Marbehan (août-septembre 1914).

Sources :

Musée du Service de santé des armées, Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 635, dos. 59 (Dournay).

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LES INTERNES CIVILS FRANÇAIS DE LA CITADELLE DE LAON, EN 1914.

20 Septembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #les hommes

LES INTERNES CIVILS FRANÇAIS DE LA CITADELLE DE LAON,  EN 1914.

Témoignage inédit du docteur R. Peyron, de Montcornet, médecin militaire, sur les conditions inhumaines de détention des internés français à Laon (1914).

[page 2] « De mon séjour à Laon, je dois retenir surtout ce qui s'est passé à la citadelle. La "Citadelle” de Laon servait, avant la guerre, de caserne. Les Allemands y logèrent des troupes ; mais ils l'utilisèrent surtout pour les évacués civils. Ces civils étaient des habitants des villages voisins chassés de leurs foyers par ordre de l'autorité allemande, qui les avait concentrés à Laon. Des Dames de la Croix-Rouge française s'occupaient d'eux et leur fournissaient [page 3] fournissaient quelques secours. De temps en temps un médecin allemand venait passer une visite sanitaire.

Le Maire de Laon, Monsieur le Sénateur Touron [Ermant], qui était resté à son poste malgré l'invasion, inquiet de ce qui se passait à la citadelle, demanda qu'un médecin français fût chargé du service médical des évacués. La commandanture consentit avec d'autant plus d'empressement que les médecins allemands faisaient avec une extrême répugnance ce service. A la prière du maire on m'accorda donc un sauf-conduit, qui me permettait de circuler en ville à toute heure (de 7 h. du matin à 8 h. du soir) et de visiter la citadelle une fois par jour, (En outre je fus chargé du service des évacués civils du Palais de justice et des casernes d'artillerie, dont je parlerai plus loin.) Je fus chargé de ce service vers la fin du mois d'octobre. Et voici ce que je trouvai à la citadelle à cette date. Les constatations que je vais résumer ont fait l'objet d'un rapport détaillé que j'ai remis, sur sa demande entre les mains de Monsieur le Maire de Laon, après une première visite à la citadelle.

Dans les salles du dernier étage (la citadelle en comprend 3 ou 4, et fort élevés), les Allemands avaient entassé toute une population de femmes, d'enfants et de vieillards. Il y avait là des bébés à la mamelle, et des vieux de 90 ans ; des infirmes, des impotents, des paralytiques. Des femmes avalent été transportées là le Jour ou le lendemain de leur accouchement. Tout ce monde était parqué dans des salles grandes et aérées, mais absolument insuffisantes. Des locaux où 60 personnes auraient été serrées en contenaient 100 ; On avait jeté sur le sol une paille sale, étalée en couche mince. Ces malheureux vivaient et couchaient là pêle-mêle, dans un état de promiscuité et de saleté écoeurantes. La vermine apportée par [page 4] quelques-uns, s'était rapidement propagée à tous. La plupart n'avaient pu partir qu'avec le linge et les vêtements qu'ils portaient sur eux. Ils souffraient non seulement de cette saleté où ils vivaient depuis des semaines, mais aussi du froid, surtout la nuit, malgré les poêles allumés, (mais insuffisamment garnis). (Presque tous étaient atteints de bronchite. Des tuberculeux s'aggravaient rapidement.) Ils souffraient aussi de la faim. La nourriture qu'on leur distribuait était peu abondante et de mauvaise qualité. La soupe de midi seule était mangeable. Des vieillards très affaiblis, étaient morts les jours précédents ; d'autres pouvaient à peine remuer sur leur paillasse. Il en mourut encore dans la suite. Des mères qui allaitaient leurs enfants durent cesser l'alimentation au sein. Le lait qu'on leur distribuait, en petite quantité, n'était naturellement pas bouilli. On le coupait avec de l'eau prise à la pompe.

Il s'ensuivit une véritable épidémie de gastro-entérite. Quelques nourrissons, vivant depuis plusieurs jours dans l'humidité de langes non renouvelés et souillés d'évacuations diarrhéiques et de vomissements, étaient dans un état pitoyable. (Beaucoup d'adultes étaient eux-mêmes atteints d'entérite). Je dois ajouter que les latrines mises à la disposition des prisonniers, se trouvaient au fond d'une cour. Il fallait, par tous les temps, descendre et monter tous les étages, et traverser la cour sous la pluie. Pour des malheureux atteints de diarrhée, quelquefois avec fièvre, pour des vieillards débiles, pour des tuberculeux de 3ème degré, pour des femmes enceintes (il y en avait) pareille obligation était particulièrement dure.

Dès ma première visite, Je constatais dans les salles 2 cas de rougeole, et un cas de typhoïdes caractérisés. Le lendemain encore quelques cas de rougeole. Je fis envoyer de suite ces malades à l'hôpital. (Toute évacuation de l'hôpital civil était [page 5] soigneusement contrôlée par l’autorité allemande. Il était bien spécifié que même à l'hôpital les internés de la citadelle devaient être considérés comme prisonniers et que leur disparition engageait la responsabilité personnelle du Directeur. Je fis partir également à l'hôpital quelques femmes nourrices et leurs enfants qui étaient dans un état de misère physiologique justifiant l'hospitalisation. Mais le nombre des lits à l'hôpital était restreint (les Allemands s'étaient emparés d'un très grand nombre), et on devait réserver la place pour les grands malades.

Je m'enquis, de suite, auprès des évacués, des conditions dans lesquelles ils avaient été enlevés de leurs villages. J'ai interrogé des maires, des conseillers municipaux, de vieux instituteurs qui se trouvaient la citadelle ; j'ai interrogé des femmes de divers villages. Les réponses étaient presque toujours identiques : "Nous ne savons pas pourquoi nous sommes ici, ou plutôt nous le savons trop bien. C'est pour permettre aux Allemands de piller nos maisons à leur aise. Quand nous sommes partis de chez nous, toutes les maisons inoccupées étaient déjà pillées, et ils commençaient à s'attaquer aux maisons habitées.

C'était réquisition sur réquisitions. Mais les habitants gênaient. Depuis plusieurs jours tous les hommes valides, en âge de porter les armes étaient gardés comme prisonniers (soit dans l’église, soit dans la mairie). Un jour, brusquement, on a ordonné au reste de la population de se rassembler sur la place. Et on nous a tous emmenés, à pied ou en charrette, vers une destination que nous ne connaissions pas. La plupart d’entre nous n'ont pas eu le temps de prendre, chez eux, même un peu de linge ou quelques vêtements. Il semblait [page 6] que les Allemands voulussent surtout nous empêcher d'emporter avec nous quoi que ce fût. Les prétextes invoqués par les Allemands pour justifier ces évacuations étaient d'ordres divers : Difficulté de ravitailler la commune, attitude hostile de la population, voisinage immédiat de la ligne de feu, etc. Un jour on vit arriver avec quelques hommes une bande lamentable de femmes et de très jeunes enfants : les Allemands les envoyaient à la citadelle pour délit d'espionnage. Ils avaient fait, m'expliqua-t’on, des signaux lumineux. Interrogés par moi, ces gens-là ne savaient même pas ce qu'on leur reprochait. Les soldats allemands commis à la garde de ces prisonniers civils étaient des soldats de landsturm. La plupart se montraient assez humains, et d'une manière générale, leur attitude vis-à-vis de nos compatriotes n'était pas mauvaise.

Mon premier soin fut de demander à l'autorité allemande le renvoi des prisonniers dans leurs foyers, ce qui fut refusé. J'invoquai alors des motifs d'hygiène. Me basant sur les cas de rougeole et de typhoïde constatés, je fis ressortir les dangers d’une épidémie, non seulement pour les prisonniers, mais pour les soldats allemands. Un officier de la commandanture m'accompagna à la citadelle et parcourut avec moi les diverses salles. Le spectacle était éloquent, et Je crois qu'il en fut ému.... quoiqu'il en soit, l'évacuation fut décidée. Mais l'autorité allemande refusa formellement de renvoyer nos compatriotes dans leurs communes respectives. Ils devaient être évacués sur l'arrière, disséminés dans l’intérieur de la zone occupée, et logés chez les habitants. J'eus beau faire ressortir tout ce que [page 7] cette mesure comportait de dangereux Inconvénients pour les villages de l’arrière, et pour les évacués eux-mêmes, elle fut appliquée quand même. D'ailleurs pour les évacués, quelles que dussent être leurs nouvelles conditions de vie, elles étaient préférables, somme toute, à leur séjour à la citadelle.

L'évacuation eut lieu peu de jours après ma première visite. Le départ des prisonniers ne s'effectua pas sans protestations. Ils savaient qu’ils ne rentraient pas chez eux ; je dus leur fournir des explications et des encouragements, et m'interposer même, dans quelques cas, pour éviter des scènes regrettables, et obtenir leur départ de bonne grâce vers un nouvel exil... (Fidèle à sa méthode, l'autorité allemande, pour éviter les explications et des difficultés avait fait tout son possible pour tromper les intéressés et leur laisser croire qu'en quittant la citadelle ils allaient revenir chez eux...

Je ne voulus pas me faire le complice de cette fourberie, je crus devoir avertir mes compatriotes, avec tous les ménagements possibles, qu'on les envoyait loin de la ligne de feu, par mesures de prudence...) J'ignore ce que sont devenus ces malheureux (tous, je l'ai dit, femmes, enfants et vieillards). J'ai lieu de craindre que beaucoup d'entre eux, n'aient été, en plein hiver, évacués sur l'Allemagne, dans les camps de concentration. On rencontrait, en effet, en Décembre et Janvier, dans les camps de soldats, des civils très âgés, des femmes et des enfants très jeunes. (La plupart de ces civils furent plus tard, retirés des camps militaires et placés dans des camps spéciaux.)

Le jour même où se fit cette évacuation, on fit passer à la citadelle les prisonniers civils du Palais de Justice [page 8] et des casernes d'artillerie. Ceux-ci provenaient des mêmes régions que les précédents ; mais, c'étaient exclusivement des hommes de 18 à 50 ans, c'est-à-dire en âge de porter les armes. (Il y avait pourtant quelques jeunes gens de 14 à 16 ans.) Beaucoup d'ailleurs étaient des réformés ou des malades. On les plaça dans les locaux abandonnés quelques heures auparavant par les femmes et les enfants. Malgré mes recommandations, on ne fit aucune désinfection. La paille, ce jour-là, ne fut même pas renouvelée. Le régime de ces nouveaux venus fut identique à celui de leurs prédécesseurs - Peu à peu cependant j'obtins quelques améliorations : renouvellement de la paille, litière plus épaisse, distribution de quelques couvertures, nourriture meilleure (en dernier lieu, la soupe de midi constituait un repas très acceptable.) On faisait travailler les prisonniers, soit à la gare, où ils chargeaient et déchargeaient les wagons, soit dans les cours de la citadelle où ils faisaient diverses corvées.

J'avais obtenu 2 salles, où j'avais fait ranger quelques paillasses, et qui me servaient d'infirmerie. Tous les jours les malades se présentaient à la visite. Je gardais à l'infirmerie ceux qui étaient légèrement atteints, et j'envoyais à l'hôpital les malades graves. Les soins que je pouvais donner à l'infirmerie étaient naturellement tout-à-fait sommaires.

Le séjour dans cette salle permettait surtout aux hommes de se reposer. Mais leur régime ne changeait pas. Je dus même à plusieurs reprises, protester contre les façons d'agir des sous-officiers qui venaient, en mon absence, dans l'infirmerie, chercher des malades pour les faire travailler.

J'avais réservé une des 2 salles de l'infirmerie pour quelques vieillards, hommes et femmes, tout-à-fait impotents, dont [page 9] l’état de santé n'avait pas permis l'évacuation. Plusieurs de ces vieilles gens moururent à la citadelle. Je dois mentionner la présence, parmi ces prisonniers civils, de militaires, ignorés des Allemands. Il y avait à la citadelle, à ma connaissance, un officier d'infanterie, deux sous-officiers, et quelques soldats. - Au moment de la retraite de nos troupes, avant la bataille de la Marne, des groupes Isolés de combattants se trouvèrent cernés dans les lignes ennemies. Quelques-uns réussirent à regagner les lignes françaises. Les autres vécurent en se cachant pendant plusieurs jours, ravitaillés plus ou moins bien par les habitants du pays. Ils cherchaient une occasion favorable de fuite. Pour beaucoup d'entre eux cette occasion ne se présenta jamais.

Ils abandonnèrent alors leur uniforme dans un village quelconque où on leur prête des vêtements civils, et constitue un faux état-civil. C'est ainsi qu'ils furent pris par les Allemands dans les rafles dont j'ai parlé plus haut. Ces militaires déguisés ont dû être plus tard évacués sur l'Allemagne, toujours comme civils. Je crois que beaucoup d'entre eux, pour ne pas trahir leur identité, n'ont jamais donné de leurs nouvelles.

Portés comme disparus depuis le début de la campagne, Ils doivent être à l'heure actuelle considérés comme morts par leurs familles. Il y a ainsi un certain nombre de disparus qui reparaîtront après la Guerre.

L'autorité allemande soupçonnait la présence dans ses lignes de ces soldats français. Dans le courant de Novembre une proclamation datée du Grand Quartier Général, et portée à la connaissance des populations par voie d'affiche, menaçait de la peine de mort tout soldat ennemi surpris dans les lignes ou en arrière [page 10] des lignes allemandes, et dissimulant son identité. Les rigueurs de la loi martiale devait être appliquées à tout habitant ayant apporté une aide quelconque à ces soldats ; mieux à tout habitant connaissant leur présence dans un endroit quelconque, et qui n'en ferait pas immédiatement la déclaration aux autorités allemandes !

Pour en terminer avec la citadelle, Je dirai qu'elle était livrée à quelques sous-officiers qui y régnaient en maîtres. Le commandant en chef était un adjudant grossier et brutal, au profit duquel les soldats pillaient et volaient en ville à qui mieux mieux. Il m’est arrivé plusieurs fois de rencontrer à la porte de la citadelle une bande joyeuse de soldats allemands, qui apportaient l'un une pendule, l'autre une paire de candélabres, un guéridon, une pile d'assiettes, etc. A plusieurs étages on avait Installé des pianos. Quant au bureau de l'adjudant commandant, dans lequel je suis entré deux ou trois fois pour raison de service, il contenait plusieurs belles vieilles pendules, et toute une série de petits meubles de style, (secrétaire Louis XVl, bergères, bonheur du jour, etc.). Je fus un peu étonné de cette collection de meubles sélectionnés chez un pareil individu. Je suppose qu'il jouait simplement le rôle de receleur au profit d'officiers connaisseurs, qui avalent fait déposer là leur butin, en attendant une occasion favorable de l'évacuer sur l'Allemagne.

Le 4 décembre à 10 h. du matin, on nous déclara que le jour même nous serions évacués sur l'Allemagne. (...)

La famille du docteur Peyron, prise en otage…

[page 35] Qu'il me soit permis, en terminant, de raconter brièvement l'histoire de mon cas personnel : Au moment de la Guerre, j'habitais Montcornet, dans l'Aisne, avec ma famille, qui resta dans le pays, malgré l'invasion. Après avoir pillé chez moi tout ce qu'ils pouvaient, les Allemands, désireux sans doute d'occuper entièrement ma maison, qui était grande et confortable, enlevèrent, au mois d'avril, ma femme et mes deux enfants (le dernier né en août 1914,) et les transportèrent en Allemagne. Pour justifier cette mesure, ils mirent en avant divers prétextes : on reprocha à ma femme son attitude d'hostilité Intransigeante et on l'accusa [page 36] de complicité d'espionnage avec un vieux prêtre, malade et bien innocent, qui fut également emmené en Allemagne ; (une histoire da téléphone souterrain inventée de toutes pièces.) Quand l'ordre du départ lui arriva, ma femme ayant manifesté des velléités de résistance, la commandanture de [] lui affirma "qu'il s'agissait simplement de l'envoyer à Mayence, où son mari vivait en liberté sur parole ! Elle devait être rapatriée avec lui à très bref délai."

Sur cette assurance, elle partit sans résister, avec ses enfants et sa bonne, accompagnée d'un officier et d'un soldat. On la conduisit à Coblentz. Là elle fut menée immédiatement à la commandantur où on lui annonça : 1° que son mari était prisonnier de guerre, enfermé à la citadelle de Mayence, et qu’elle ne le verrait pas. - 2° qu'elle même était prisonnière, et que par conséquent, elle ne serait pas rapatriée, (son dossier contenant des accusations graves.). Il fut question de son internement dans un camp de concentration, Mais ayant affirmé qu'elle recevrait régulièrement de France de l'argent pour subvenir à ses besoins, elle obtint l'autorisation de loger en ville à ses frais. On l’envoya à Neuvried où elle vivait sous la surveillance très étroite du bureau de police ; (elle devait s‘y présenter deux fois par jour.). Ce n'est que dans les premiers jours de septembre que, sur l'intervention de l'ambassade d’Espagne, sollicitée par notre Ministère des Affaires étrangères, une famille m'a été enfin rendue. »

Lire aussi sur le même sujet : Laon sous la botte allemande 1914

Sources :

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 638, dos. 19, Mestrude ; carton n° 639, dos. 13, Peyron.

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HECATOMBE SANITAIRE A CONNANTRAY (7, 8, 9 et 10 septembre 1914).

24 Août 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

HECATOMBE SANITAIRE A CONNANTRAY (7, 8, 9 et 10 septembre 1914).

EN MARGE DE LA BATAILLE DE LA MARNE : CONNANTRAY (7-10 septembre 1914).

Lors de la Première bataille de la Marne, le 66e régiment d’infanterie (Tours) appartenait à la 18e division d’infanterie ; il fut transporté le 7 septembre 1914 aux environs d’Oeuvy (Marne), ferme Saint-Georges, pour être affecté, en renfort, au 11e corps d’armée. Cette 18e DI devait servir de réserve opérationnelle à la 9e armée (Foch). Le 7 septembre, le 66e RI se portait en fin de journée en direction de Connantray où il bivouaquait… « les hommes prenaient hâtivement leurs emplacements de bivouac entre… [cf. infra]

Le 66e régiment d’infanterie est balayé…

« Le 7 Septembre 1914 le 66e régiment d'Infanterie (35e brigade, 18e division, 9e [11e] corps d’armée) prenait position à Euvy (Marne). Des hauteurs placées en avant de cette localité on pouvait déjà apercevoir les mouvements de la grande bataille qui était partout engagée. Dans l'après-midi le régiment recevait l'ordre de se porter en avant et d'aller occuper les bois qui se trouvent à l'Est de Fère Champenoise ; il y arrivait vers 19 Heures. Les hommes prenaient hâtivement leurs emplacements de bivouac entre la grande route de Fère Champenoise à Connantray et la voie ferrée qui passe au Nord ; ils creusaient quelques tranchées. Tout mon personnel composé de 4 médecins aide-majors, de 2 médecins auxiliaires, des infirmiers et des brancardiers [page 2] se tenait groupé autour de moi au poste de secours que j’avais établi à un kilomètre en arrière du régiment.

Pendant toute la nuit l'artillerie ennemie avait montré une certaine activité, principalement entre minuit et 1 heure du matin. Des coups de feu isolés éclataient sur les lisières des bois, puis brusquement, avec les premières lueurs du jour, les Allemands déclenchaient sur nous une brusque et violente offensive. Le 93e surpris reculait en désordre et se rejetait sur notre division qu’il démasquait.

Aux premiers coups de feu je me porte vers le chef de bataillon de Villantroys, commandant le [III/]66e, pour lui demander ses ordres. Il n'est plus à son poste de commandement ; son adjoint le capitaine Robillot me dit de me replier avec mon personnel vers Connantray. Je me dirige vers cette localité au prix d'assez grandes difficultés ; je suis retardé dans ma marche par mes voitures médicales, sur lesquelles j'ai placé 3 ou 4 blessés. Les balles sifflent, des hommes tombent. La fusillade devient bientôt effroyable et s'accompagne du bruit plus sec des mitrailleuses. Dans les bois, la lutte se poursuit acharnée, terrible, on se bat à 50 mètres. En moins de deux heures mon seul régiment à vingt-cinq officiers et près de 1300 hommes hors de combat. La retraite sur Connantray n'est plus possible, je fais prendre à ma formation la direction du Sud, vers Euvy.

L'ennemi avance rapidement. Notre situation devient très critique. Les balles atteignent mes voitures médicales, mon cheval est tué près de moi. Mon personnel me précède [page 3] dans la retraite.

L’agonie du médecin aide-major Veteau…

Je ferme la marche de façon à ne laisse en arrière aucun de mes hommes. J'ai à côté de moi le médecin aide-major de 1ère classe de réserve Veteau. Soudain un obus éclate au-dessus de nos têtes. Un soldat qui marchait devant nous est tué sur le coup et Veteau a le bras gauche labouré par deux éclats d'obus. Mon aide-major étant gravement atteint, j’ordonne à mon personnel de continuer promptement la retraite vers Euvy et je m'arrête pour panser Veteau. Je constate que Veteau a une déchirure de l'humérale ; je parviens cependant à arrêter l'hémorragie au moyen d'un solide garrot. Puis Veteau et moi reprenons la ligne de retraite. Les allemands nous aperçoivent et ouvrent le feu sur nous. Mon aide-major épuisé par l'effort qu'il vient de fournir, se sent défaillir et m'adjure de l'abandonner si je veux échapper à la mort. Mais résolu à faire tout mon possible pour sauver mon camarade, je le prends dans mes bras et me dirige vers un petit bois distant d'une centaine de mètres ; ou j'espérais le mettre à l'abri.

Les allemands qui sont à moins de 300 mètres dirigent sur nous une fusillade de plus en plus vive. Nos brassards de la Croix-Rouge sont cependant très visibles et les allemands doivent comprendre qu'ils s'acharnent sur un blessé. Mon malheureux aide-major est frappé de deux balles à l'abdomen. Une balle me traverse l'avant-bras gauche en fracturant commutativement le radius ; d'autres balles traversent mes vêtements sans m'atteindre. Veteau et moi tombons en même temps. Les allemands n'en continuent pas moins pendant environ quinze minutes à envoyer dans notre direction des balles qui fauchent tout autour de nous. Leur tir [page 4] ayant enfin cessé, Je pus me relever, arrêter un peu l'hémorragie provoquée par la section complète de ma radiale et m'occuper de Veteau. Malheureusement tout espoir de le sauver était perdu. Avec un courage admirable, mon aide-major me dit qu'il était heureux de donner sa vie pour son pays, me parla de sa femme et de son enfant et malgré de violentes douleurs mourut sans une larme, sans une parole d'amertume. Pendant que j'assistais Veteau, à 200 mètres de là, un autre médecin aide-major de réserve de mon régiment, le docteur Dreux*, était tué d’une balle à la tête. Presque au même instant tombaient les médecins de réserve Bonnet* et Michel* du 114e d'Infanterie placé près de nous. Ces 4 Médecins reposent aujourd’hui côte à côte dans le petit cimetière de Connantray. Ils attestent de la vaillance et de l'héroïsme du corps médical dans cette sanglante journée de la Fère Champenoise.

Les docteurs Veteau et Dreux n'ont pas été cités à l'ordre de l'Armée et leurs familles n'ont pas reçu la Croix de Guerre ; c'est une omission que je regrette et qui, je l'espère, sera bientôt réparée [Croix de guerre, 1916 ; Légion d’honneur, JORF, 6 décembre 1921, p. 3204].

Capturé à Connantray… au « lazaret » saxon…

Quand mon aide-major eut succombé, je jugeai qu'il était de toute nécessité pour moi de rallier au plus tôt une ambulance pour m'y faire soigner. J'éprouvais des vertiges qui me faisaient redouter une syncope. J’étais épuisé par la perte de sang qu’arrêtait mal le pansement compressif très sommaire que je m'étais fait au bras gauche en m'aidant de la main droite et des dents. Je voulus poursuivre sur Euvy, mais déjà les troupes allemandes me barraient la route. Alors, prenant mon parti de la situation, voulant être utile à nos blessés jusqu'au bout, je recueillis un certain nombre d'entre eux et à leur tête j'atteignis Connantray. Chemin faisant, j'avais dû [page 5] faire confectionner un garrot pour arrêter mon hémorragie. Le village était occupé par les Saxons [XXXIIe DI du XIIe CA saxon de la IIIe armée allemande]. Ceux-ci firent prisonniers les blessés que j'amenais et les mirent dans l'église du village qui donnait asile à de nombreux blessés, la plupart allemands. Un officier saxon vint à moi, reconnut ma qualité de médecin militaire et me reconduisit au lazaret installé dans un groupe de maisons avec cours [Il s’agit probablement d’un poste de secours (hauptverbandplatz) organisé par les 2e et/ou 3e compagnies sanitaires (sanitätskompanie) du XIIe CA saxon].

Je trouvai là 5 ou 6 médecins saxons qui m'accueillirent correctement mais me déclarèrent qu'étant très occupés ils ne me feraient de pansement sérieux que lorsqu'ils auraient soigné leurs propres blessés. Ils ne touchèrent pas au pansement tout à fait insuffisant que je m'étais fait. Ils se bornèrent à le renforcer par une bande de toile très serrée avec attèle latérale en bois. Mon bras fut fixé à angle droit au moyen d'une petite écharpe maintenue par deux épingles. Une fiche (que j'ai conservée) indiquant mon nom, mon grade, ma nationalité et le diagnostic de ma blessure, fut épinglée sur mes vêtements. Je réclamai à un officier saxon le bénéfice de la convention de Genève, il me répondit que les instructions qu'il avait reçues n'en parlaient pas et qu'on verrait plus tard. Pendant toute la nuit du 8 au 9 Septembre et toute la Journée du 9, les Saxons amenèrent de nombreux blessés à Connantray à la fin de la journée du 9, il devait y avoir environ 300 blessés français et 600 allemands.

Je passais mon temps à secourir les nôtres et avec mon bras valide ; leur faire quelques pansements sommaires au moyen des paquets individuels qu'ils avaient encore sur eux. Il faut avoir vécu ces heures là pour sentir la force du lien qui unit les hommes d'un même pays en face de la douleur et de l'ennemi commun. Les Saxons, ne me fournirent aucun objet de pansement mais me laissèrent circuler [page 6] librement à travers les groupes de nos blessés. Je pus m'entretenir avec quelques officiers allemands. Ils reconnaissaient qu'ils avaient terriblement souffert. Un capitaine saxon m'avoua que sa compagnie était réduite à 97 hommes. Le lazaret de Connantray avait été bien organisé. Il était largement approvisionné en matériel de pansement. Les Saxons utilisaient quelques brancards français qu'ils nous avaient pris depuis le début de la guerre. Le modèle allemand moins souple que le modèle français m'a paru cependant plus pratique surtout plus résistant. Les blessés les plus graves étaient placés sur des paillasses dont l'enveloppe était constituée par des draps de lit pris chez l'habitant. Les linges et les instruments de chirurgie étaient stérilisés avec soin. Une voiture de pharmacie très bien comprise complétait la formation. Les allemands firent devant moi quelques opérations d'urgence ; deux amputations de bras, une de jambe, une de pied, quelques ligatures, etc. Le chirurgien en chef était excellent mais ses subordonnés me parurent bien inférieurs à la moyenne de nos médecins français ; en général leurs interventions étaient trop larges parfois inutiles.

Les Allemands ne s'occupèrent que de leurs blessés. Aucun des nôtres, même parmi les plus graves ne fut soigné par eux. Moi-même, malgré ma qualité de médecin et mes demandes réitérées, je ne pus obtenir d'être pansé. Je souffrais cependant beaucoup du bras, je laisse ce fait à l’appréciation du corps médical français.

Le 9 septembre, vers 21 heures, un officier supérieur saxon suivi de quelques officiers subalternes arriva à cheval au lazaret et demanda à haute voix en très bon [page 7] français où se trouvait le médecin militaire français blessé. Je me levai et j'allai à lui. Alors à ma grande stupéfaction l'officier saxon me dit à peu près textuellement :

- "Je suis le commandant des troupes qui sont ici. Je dois vous avouer que l'armée allemande est battue. Je vais quitter Connantray cette nuit en abandonnant nos blessés ; vous allez vous engager sur l'honneur à les protéger et les faire soigner."

Je répondis au colonel saxon :

" Les médecins militaires français ne voient plus d'ennemis dans les blessés qu'ils soignent. Ils ont pour tous le même dévouement sans distinction de nationalité."

Mais le colonel exigea de moi un écrit et je le lui donnai ; il le serra soigneusement. Il ne partageait sans doute pas le sentiment du chancelier de l'Empire allemand pour qui un engagement écrit n'est qu'un chiffon de papier. L'officier saxon me remit en échange sa carte que j'ai conservée et qui porte : Oberstleutnant Blochmann - Riesa (Sachsen). M'ayant salué, le lieutenant-colonel et les officiers de sa suite se retirèrent.

La bonne volonté apportée par l'officier allemand m'expliqua alors certains faits que j'avais observés avec étonnement. Deux heures plus tôt au lazaret, les médecins saxons avaient achevé à la hâte les pansements commencés et fermé leur matériel tandis que les blessés allemands non soignés étaient transportés dans des granges. Ces préparatifs de départ avaient commencé le 9 septembre à 19 heures. Ce détail peut avoir une importance historique ; il indique à quel moment précis le commandement allemand donna des ordres en vue de la retraite [page 8].

Evacuation de Connantray. Les blessés allemands sont confiés aux anciens « prisonniers »…

J'étais un témoin bien placé car il résulte du rapport de notre Etat-Major (publié dans le Bulletin des Armées de la République, du 5 décembre 1914) que ce qui décida de la bataille de la Marne, ce fut la manoeuvre audacieuse par laquelle la gauche de l'Armée Foch, se portant d’ouest en Est vers Fère Champenoise prit de flanc les corps saxons et la garde prussienne qui attaquaient au sud-est de cette localité? Or, je me trouvais exactement à cet endroit.

L'infanterie saxonne commença à se retirer de Connantray vers 23 heures. J’assistai alors à une scène inoubliable, les blessés allemands qui, en tant que soldats, n'avaient connu jusqu'alors que le succès et comprenaient maintenant qu'on les abandonnait, se livraient à un violent désespoir. Un très grand nombre d’entre eux étaient persuadés que Ies Français allaient venir les égorger. J'en interrogeai quelques-uns, j'en fis questionner d’autres par un sous-officier allemand possédant bien la langue française et j'acquis la conviction que Ies officiers allemands faisaient croire à leurs hommes qu'ils seraient exposés aux pires violences s'ils tombaient entre Ies mains des Français, Dans la nuit, je vis ce spectacle indicible de blessés, atteints de fractures et de plaies des membres inférieurs, se traînant sur le bord de la route, suppliant de les emmener, s'accrochant aux voitures et se faisant traîner par elles pour tâcher d'échapper aux Français. Je dus rassurer ces malheureux et joignant le geste à la parole bien que souffrant cruellement de ma blessure, j'allai chercher de l'eau que je leur portai à boire. J'ai été admirablement secondé dans ma tâche par un père [page 9] bénédictin aumônier volontaire de régiment, blessé au pied par une balle et conduit à Connantray par les Saxons.

Je passai debout la nuit du 9 au 10 septembre, protégeant nos soldats blessés, s'efforçant de les soustraire aux mauvais traitements des allemands irrités d'être obligés de fuir. Je fus assez heureux pour empêcher les ennemis de mettre le feu au village ; je leur fis observer qu'il y avait des blessés allemands ou français dans toutes les maisons. Il me fut cependant impossible d'empêcher le pillage ; les Saxons emportèrent tout ce qu'ils purent et détruisirent le reste.

A 2 heures du matin l'infanterie et l'artillerie avaient évacué Connantray mais la cavalerie tenait toujours le village.

Le commandement français avait donc toutes raisons de croire que la localité était presque toujours occupée par l'ennemi. Les derniers cavaliers saxons ne quittèrent Connantray que le 10 septembre vers 5 heures du matin.

A ce moment l'artillerie française envoya quelques obus dans la direction de Connantray. Un autre danger nous menaçait. Il fallait prévenir notre commandement de la situation. Ayant fouillé le village, je trouvai un homme âgé qui n'avait pas fui devant l'invasion, je lui procurai une mauvaise voiture à laquelle fut attelé un cheval abandonné par les Allemands et je l'envoyai vers nos lignes porter un mot de moi. Au bout d'une heure mon messager ne reparaissant pas, je résolus d'aller moi-même [page 10] au-devant de nos troupes. Je pus constituer un attelage de fortune et je me dirigeai vers Euvy. J'avais fait 4 kilomètres, lorsque j'eus la grande joie d'apercevoir nos soldats. Nos lignes de tirailleurs s'avançaient prudemment vers le village, en gardant comme otage l'homme que j'avais envoyé.

Un colonel étant venu vers moi, je lui exposai la situation et lui dis qu'il pouvait avancer sans crainte. Il donna des ordres et Connantray fut ainsi réoccupé rapidement. Je poursuivis ma route jusqu'à Euvy pour chercher du secours médical j'y trouvai mon médecin divisionnaire [18e division d’infanterie], le médecin principal Gruet et le mis au courant de la situation. Il se porta aussitôt vers Connantray avec une partie de son personnel et de son matériel pour recueillir et soigner les blessés français et allemands. Je pus enfin recevoir des soins mais ils étaient bien tardifs et ma blessure pour n'avoir pas été pansée quand je me trouvais aux mains des allemands, devait se compliquer d'une forme grave de tétanos. Au moment où l'on me soignait, mon rôle de médecin militaire s'achevait, je n'étais plus qu'un blessé. Et tandis que j'étais emporté vers l'arrière je revivais par la pensée le drame sanglant qui venait de se dérouler devant moi, mais j'entendais aussi la voix du colonel saxon m'annonçant la déroute allemande et ces premiers échos de la victoire française que les blessés se répétaient tout frémissants d'enthousiasme faisaient oublier toutes les souffrances, consolaient de tous les sacrifices.

Sur ces champs de carnage et de mort la France nous apparaissait triomphante... »

Notes - Les pertes médicales :

Bonnet Pierre-Camille-Félix. Né le 25 octobre 1886 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres). Tué à l’ennemi le 8 septembre 1914 à Connantre (Marne) – Interne des hôpitaux de Paris – Médecin auxiliaire, au 114e régiment d’infanterie.

Dreux Maurice-Albert-Joseph. Né le 22 mars 1881 à Ingrandes (Indre-et-Loire). Tué à l’ennemi le 8 septembre 1914, à La Fère Champenoise (Marne) – Docteur 1908, médecin à Bourgueil (Indre-et-Loire) – Médecin aide-major de 1ère classe, au 66e régiment d’infanterie. CG 1916, LH 1921.

Michel Henri-Alfred-Léonard. Né le 5 novembre 1887 à Vierzon-Village (Cher). Tué à l’ennemi le 8 septembre 1914 à Connantre (Marne) – Médecin auxiliaire, au 114e régiment d’infanterie.

Veteau Edouard-Pierre-Auguste. Né le 2 juillet 1881 à Rigny-Ussé (Indre-et-Loire). Tué à l’ennemi le 8 septembre 1914 à La Fère Champenoise (Marne) – Docteur 1908 (Fac. de Paris), médecin à Avoine (Indre-et-Loire) – Médecin aide-major de 2e classe, au 66e régiment d’infanterie. CG 1916, LH 1921.

Sources :

Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, carton n° 633, dossier 15. Rapport de captivité du Médecin Major de 1ère classe Bailby chef de Service au 66e régiment d'Infanterie actuellement médecin chef de l'hôpital temporaire n°2 à Tours sur son rôle au cours de la Bataille de la Marne (Journées des 7, 8, 9 et 10 septembre 1914).

Collectif. Aux médecins morts pour la Patrie, 1914-1918. Paris : Baillère et fils, s.d., 439 p.

Vilatte Robert. Foch à la Marne. La 9e armée aux marais de Saint-Gond (5-10 septembre 1914). Paris : Charles-Lavauzelle, 1933. XII-286 p.

Von Hausen, colonel-général, Baron. Souvenirs de la campagne de la Marne en 1914. Coll. de Mémoires, Etudes et documents pour servir à l’Histoire de la Guerre Mondiale. Paris : Payot, 1922, 285 p.

http://hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com/le-service-de-sante-de-l-armee-allemande-1914-1918

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A LIRE : CAPITAINE LONGUET, OFFICIER ARTILLEUR DE LA GRANDE GUERRE

25 Mai 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Bretagne 1914-1918, #les hommes

A LIRE : CAPITAINE LONGUET, OFFICIER ARTILLEUR DE LA GRANDE GUERRE

Capitaine Longuet. Officier artilleur de la Grande Guerre, par Michel Delannoy, Draguignan : chez l’auteur, 2014, 240 p., 250 ill.,

DERNIERE MINUTE : CONFERENCE DE L'AUTEUR - A FLAYOSC (Var), LE VENDREDI 13 JUIN 2014 A 18H. 30

Une fois n’est pas coutume, je vous présente un ouvrage n’ayant que peu de rapports avec le service de santé militaire… Comme c'est un "pays" brestois, je fais une exception. De plus, c'est moi qui fixe les règles ! Non mais...

C’est un ouvrage de qualité, au contenu photographique exceptionnel qui est à découvrir et à faire connaître. Des documents inédits, des clichés pris sur le vif. Du bel ouvrage d’artiste brestois. Merci à Michel Delannoy, son petit-fils de nous faire découvrir l’œuvre photographique d’Octave Longuet (1888-1944). Découvrez quelques-unes de ces magnifiques photos sur le blog de Michel Delannoy dédié à son grand-père.

http://guerre14longuet.canalblog.com/

Présentation de l’auteur :

« Si ces mots vous interpellent :

ARTILLERIE – BRETAGNE… - PERTHES - MORTIER - CURLU - BELGIQUE - ECHANTIGNOLLES - CAMPEMENT - ALSACE - SOMME - CANON - SOUAIN - MEUCON - FEUILLERES - OOSTDUNKERKE - CHAMP DE BATAILLE - ALLEMAGNE - HEM - OBUSIER - THANN – CHAMPAGNE ...

Alors lisez ce qui suit...

Je vous emmène sur les traces de mon grand-père, le capitaine Octave Longuet. Octave est né le 19 octobre 1888 à Brest. Tiens, encore un Breton de la Grande Guerre ! Après une jeunesse ballotée entre Brest, Cherbourg, Bizerte ou Toulon au gré des affectations de son père, mécanicien principal de 1ère classe de la Royale, Octave passe 3 années à l'école des Arts et Métiers d'Angers. A l'issue, il entreprend une carrière au sein des Chemins de Fer de l'Etat qui ne durera guère que 2 ans, n'étant pas vraiment intéressé par ce métier.

Et puis la guerre est arrivée.

Nous le suivrons ainsi pas à pas, au travers de son instruction en Bretagne, puis par le baptême du feu durant la bataille de Champagne fin septembre 1915. S'ensuit une période plus calme en Alsace avant de rejoindre la Somme pour la grande offensive de juillet 1916. De nouveau l'Alsace, mais dans des conditions bien plus difficiles en cette année 17 pris régulièrement sous les feux de l'ennemi avant de migrer sur la Belgique jusqu'à l'armistice. Il lui restera encore 6 mois en Champagne, mais aussi en Allemagne jusqu'en juillet 1919 (...)."

UN BLOG A DECOUVRIR.

 L'ouvrage est à commander chez l’auteur 

Vous pouvez découvrir l'entretien, sur le site d'En Envor, de Michel Delannoy qui parle du capitaine Longuet.

New : La page Facebook du capitaine Longuet.

Brest, le 14 août 1914 – Autour de Renaud Longuet l’officier mécanicien, ses fils : André Longuet, le médecin et Octave Longuet, l’artilleur.

Brest, le 14 août 1914 – Autour de Renaud Longuet l’officier mécanicien, ses fils : André Longuet, le médecin et Octave Longuet, l’artilleur.

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