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RELIGIEUX ET RELIGIEUSES CATHOLIQUES AUX ARMEES, 1914-1918

27 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation, #Centenaire, #les hommes

RELIGIEUX ET RELIGIEUSES CATHOLIQUES AUX ARMEES, 1914-1918

Un site en or, le diocèse aux Armées frappe fort pour le Centenaire… LE CLERGE MONTE AU FRONT

Un nouveau site à ajouter aux favoris qui va vite devenir indispensable aux passionnés de 1914-1918 : le site du diocèse aux armées françaises. Celui-ci met, à la disposition des curieux et des spécialistes, une « mine » - c’est peu de le dire – de dossiers, témoignages, portraits d’aumôniers, de prières, de chants religieux de 14-18…

Il fait également le point sur les rendez-vous, en lien avec le « fait religieux 14-18 » à inscrire sur son agenda (expositions, concerts, colloques, pèlerinages, etc.).

Autre « divine » surprise à découvrir absolument et à télécharger en format PDF, sans modération :

Le Guide des sources ecclésiastiques sur la Première Guerre mondiale pour le Sud-est de la France et ses dizaines de références sur le Service de santé militaire ;

Le Rarissime : La Preuve du sang. Livre d’or du clergé et des congrégations (1914-1922), 2 tomes, Paris, Bonne Presse, 1925, avec annexes et… supplément.

– LE MONUMENT sur le clergé dans la Grande Guerre, avec ses milliers de notices biographiques intéressant des « sanitaires ». LE MONUMENT, la « Preuve du sang », qui a permis Après-guerre de terrasser le « Satan de l’infâme rumeur », sur les curés embusqués… Un bel outil mis à la disposition des chercheurs.

L’on découvrira sur ce site, au fil des pages de nombreuses informations sur le Service de santé militaire et ses « trésors » hérités de la Grande Guerre. Mon coup de cœur : A voir, à redécouvrir, les dix magnifiques vitraux de la chapelle de l’hôpital d’instruction des armées Bégin de Saint-Mandé (Val-de-Marne), œuvres de Raphaël Lardeur (1890-1953), le maître de la « symphonie des bleus »… époustouflant ! …

J’arrête là. Allez, sans tarder, découvrir ce site qui fera date en dépit de son inscription « à la marge », au rebut ? des labellisations du Centenaire… à classer entre « Rad. Soc. » et « Union sacrée »… Alléluia !

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LES HOPITAUX DE L'ARRIERE DANS LE CANTAL

22 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

LES HOPITAUX DE L'ARRIERE DANS LE CANTAL

Les hôpitaux de l’arrière dans le Cantal (1914-1918)

En mai 2014 à Vic-sur-Cère (Cantal) :

Une conférence accompagnée d'une exposition sur les hôpitaux temporaires cantaliens (Aurillac, Saint-Flour, Vic-sur-Cère) durant la Grande Guerre, dont l’hôpital complémentaire n°73 de Vic-sur-Cère qui est magnifiquement illustré par un fonds iconographique très riche conservé par les archives départementales du Cantal.

Hôpitaux temporaires cantaliens :
Aurillac – Hôpitaux complémentaires n°1, n°2, n°22, n°23 (Ecole d’institutrices, 1 rue de l’Ecole Supérieure).

Saint-Flour – Hôpital complémentaire n°72

Vic-sur-Cère – Hôpital complémentaire n°73. Grand Hôtel de la Compagnie de chemins de fer d’Orléans. 148/205 lits, ouvert le 26 août 1914, accueille les premiers blessés le 28 août. L’HC 73 reçoit les convalescents évacués d’Aurillac (mai 1915). Il n’est pas utilisé pendant les six derniers mois précédant la fermeture. Fermé dès le 28 septembre 1916. Il aura hospitalisé 1233 malades et blessés. (Référence de fermeture n° 16436-3/7 du 28 octobre 1916).
Médecins-chefs : docteurs Solelis (1914-15 nov. 1915), Chaumet (16 nov. 1915-8 mai 1916), Chadefaux (9 mai 1916-10 oct. 1916).
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VAUCLAIRE, BASE HOSPITAL N°3 (1918-1919)

22 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

VAUCLAIRE, BASE HOSPITAL N°3 (1918-1919)
Evocation théâtrale :

Du 4 juillet au 6 juillet 2014 - Hôpital Vauclaire, Montpon-Ménestérol

Présentation de la Compagnie Galop de Buffles et l'association Zap'Art :

« C'est quoi, le projet Vauclaire Base Hospital N°3?

Il y a presque 100 ans, l'armée américaine investissait en Dordogne, à Montpon, un ancien monastère de l'ordre des chartreux pressenti pour devenir un hôpital de soins pour personnes atteintes de troubles mentaux mais dont les travaux avaient été interrompus par l'éclatement du premier conflit mondial.

Une occupation des lieux qui dura une année au cours de laquelle des liens se nouèrent entre les habitants des communes rurales alentours et ce personnel soignant d'engagés volontaires.

Il s'agit de faire revivre cet événement le temps d'une évocation théâtrale sur le site les 4, 5 et 6 juillet 2014 en soirée...."

Ce projet original a été retenu par le comité national de labellisation de la Mission du Centenaire de La Première Guerre Mondiale.

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« ARCHIVISTE-BIBLIOTHECAIRE » DU SERVICE DE SANTE MILITAIRE AU FRONT (1917-1918).

21 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918, #recherche archives documentation

« ARCHIVISTE-BIBLIOTHECAIRE » DU SERVICE DE SANTE MILITAIRE AU FRONT (1917-1918).

Henri Bourde de la Rogerie (1873-1949) - Un archiviste paléographe à l’hôpital d’évacuation (HoE) de Bouleuse (Marne).

Parmi les emplois d’archivistes diplômés de l’Ecole des Chartes proposés par le service de santé militaire en 1914-1918, celui « d’archiviste-bibliothécaire » du groupement des services chirurgicaux et scientifiques (G.S.C.S.) confié à Henri Bourde de la Rogerie, ancien archiviste départemental d’Ille-et-Vilaine (1912-1934) est resté unique. C’est à ma connaissance, le seul archiviste paléographe (Promo 1895) qui ait été employé par les autorités militaires, dans sa spécialité, si près du front, à 20-30 kilomètres des lignes.

Le Groupement des services chirurgicaux et scientifiques est né de la volonté du sous-secrétaire d’état au service de santé, Justin Godart (1871-1956) qui souhaitait, aux armées, développer la recherche et faire coïncider l’enseignement médico-militaire avec les programmes de l’Université. La création de cette nouvelle structure avait un double objectif : faire progresser la chirurgie de guerre par la collaboration de chirurgiens et de chercheurs et diffuser la connaissance des meilleures méthodes de traitement par l’enseignement. Cette unité militaire de recherche fut confiée au professeur Claudius Regaud (1870-1940) qui s’entoura de nombreux spécialistes alliés pour animer ce centre d’instruction et de perfectionnement ouvert à nos alliés anglo-saxons.

Le G.S.C.S. fut organisé en deux échelons, rattachés à la 5e armée, implantés à Prouilly et Epernay. D’avril à juin 1917, le groupement s’installa sommairement à l’HoE de Prouilly qui fut rapidement évacué, le 5 juin 1917, à la suite de bombardements allemands sur des dépôts logistiques situés à proximité de l’hôpital. Le repli s’opéra sur l’HoE de Bouleuse implanté à 17 kilomètres de Reims. Dans cette formation hospitalière baraquée de plus de 3000 lits, le G.S.C.S. prit une importance considérable sous la conduite du professeur Regaud qui était « un apôtre ascétique avec un merveilleux esprit d’organisation » (Leriche, cité par Segal et al.).

De fait la masse documentaire générée, tant d’étude que de suivi des hospitalisés, étant devenue considérable, C. Regaud estima nécessaire la présence d’un professionnel des archives et du classement. Le 5 juillet 1917 (demande n° 52 du G.S.C.S.) il sollicitait des bureaux de Justin Godart l’affectation d’un « archiviste-bibliothécaire », en charge :

« 1) – de la réunion, du classement et de la conservation de tous les documents se rapportant aux observations cliniques et scientifiques qui devront être versés aux archives par les chefs de service à la sortie des blessés soignés dans les divers échelons du groupement ; 2) – de la conservation et de la gestion des bibliothèques qui pourront être annexées au « groupement » ; 3) – du classement et de la conservation des fiches bibliographiques de chirurgie de guerre que je me propose de faire dresser, en collaboration avec le service des « Archives et documents » et celui des « Archives de médecine et de pharmacie militaires » (A) - signé : Regaud. »

Très rapidement, dès le 24 juillet, Justin Godart relaya sa demande à la direction du personnel du Grand Quartier Général (n° 17697-3/7), demandant expressément la mise à disposition du directeur du service de santé de la 5e armée, du sergent-fourrier, du 86e régiment d’infanterie territoriale, Henri Bourde de la Rogerie pour servir comme « archiviste-secrétaire » au G.S.C.S. de Bouleuse. (Ordre n° 31009/EM/1 du 29 juillet.

L’école médico-chirurgicale interalliée ou « faculté de médecine de guerre » fonctionna à Bouleuse jusqu’à l’offensive allemande de mai-juin 1918. A cette date, pressé par les succès allemands vers la montagne de Reims, le G.S.C.S. fut évacué sur son échelon arrière d’Epernay. L’HoE de Bouleuse abandonné dès le 29 juin 1918 ne fut libéré que le 22 juillet 1918. Entretemps il avait été entièrement pillé, à l’instar des autres hôpitaux d’évacuation (HoE) ; ses archives et bibliothèques dispersées et brûlées, mettant en évidence – s’il en était besoin - toute la vanité qu’il y avait à organiser si près du front un dépôt d’archives vivantes doublé d’un centre documentaire et de recherche unique. Quant au sergent Bourde de la Rogerie, je perds sa trace après Bouleuse ; en juin 1918, il serait passé au bataillon territorial de mitrailleurs du 1er corps d’armée ?

  1. – Il s’agit d’un périodique, la revue du corps de santé de l’armée de terre qui prend le nom, de 1883 à 1935, d’ « Archives de Médecine et de Pharmacie Militaires ».

Sources :

Archives du musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 551.

Arch. du musée Curie, à Paris. Fonds privé Claudius Regaud. Inventaire CR-HoE.

Pocquet Du Haut-Jussé Barthélemy-A, Henri Bourde de la Rogerie. In :Bibliothèque de l'école des chartes. 1950, tome 108. pp. 192-193.

Segal A, Ferrandis J-J, Pallardy G, et al., « L’hôpital d’Origine d’Etape (H.O.E.) de Bouleuse/ Aubilly/ Ste-Euphraise dans la tourmente du début de la deuxième bataille de la Marne (fin mai-début juin 1918) ». In : Histoire des Sciences Médicales, XXXVIII, 3, 2004, pp. 333-50.

Pour en savoir plus sur les hôpitaux d’évacuation (HoE) faits prisonniers et pillés lors de l’offensive Ludendorff, en mai-juin 1918 : HoE de Saint-Gilles ; HoE de Mont-Notre-Dame.
Remerciements aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine de Rennes de m’avoir autorisé à publier la photographie d’Henri Bourde de la Rogerie, leur ancien conservateur.
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LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : VITRY-LE-FRANCOIS, VILLE HOPITAL (1914-2014)

17 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : VITRY-LE-FRANCOIS, VILLE HOPITAL (1914-2014)

VITRY-LE-FRANCOIS, VILLE HOPITAL (1914-2014)

Expositions « Les services de santé en 1914 » à la Collégiale de Vitry-le-François et « les services de santé contemporains », sur la place d’Armes (6 septembre-11 novembre 2014).

« Après la bataille du Mont Moret, et la défaite allemande consommée, Vitry-le-François devient une ville-hôpital, spécialité conférée à une ville de l’arrière, avec plus de 2000 lits et une « maison des Eclopés ».

La collégiale a été le véritable point central de ce dispositif sanitaire pendant les quelques jours de l’occupation allemande de la ville, avec le stockage, les soins et le triage des blessés...

Une exposition retraçant « les services de santé dans la Marne pendant la guerre 1914-1918 » existe auprès de l’ONAC. Nous avons l’accord des autorités religieuses pour la présenter au public dans la Collégiale.

Avec l’aide du Val de Grace et de la Direction des Approvisionnement des Produits de Santé des Armées (DAPSA), une exposition et une reconstitution des services de santé en 1914 sont en cours de réalisation. Dans ce cadre, une chapelle de la collégiale sera transformée en centre de soins reconstitués. Une exposition d’objets chirurgicaux et autres instruments à usage médical, crée par la DAPSA, va être présentée au public. Des panneaux retraçant la vie des vitryats et montrant l’investissement de chacun pour soigner les blessés des deux camps sont en cours de création. Ils montreront la ville de Vitry-le-François à différents moments de la guerre, à savoir avant l’occupation allemande en août 1914, pendant les quelques jours de l’occupation allemande et après l’occupation allemande en septembre 1914.

Pour faire un parallèle avec les moyens de la médecine moderne, et en collaboration avec l'ERSA de Marolles, une unité de soins récemment opérationnelle sur les champs de bataille sera exposée à la vue de tous.

Un programme permettant la visite des écoles sera organisé. Pour ne pas perturber les cérémonies religieuses, elles auront lieu le matin. Le week-end sera consacré à l’ouverture au grand public, et ce, jusqu’au 11 novembre 2014. »

Source : Ville de Vitry-le-François. Centenaire de la Grande Guerre, 1914-2014 : Un siècle de mémoire.

La caserne des Minimes de Vitry-le-François. Hôpital complémentaire n° 27 – de 325 à 380 lits – ouvert le 16 avril 1917 et fermé le 25 mai 1919.

La caserne des Minimes de Vitry-le-François. Hôpital complémentaire n° 27 – de 325 à 380 lits – ouvert le 16 avril 1917 et fermé le 25 mai 1919.

LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : VITRY-LE-FRANCOIS, VILLE HOPITAL (1914-2014)
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LOGOTYPE "CENTENAIRE" DU SERVICE DE SANTE DES ARMEES

16 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

LOGOTYPE "CENTENAIRE" DU SERVICE DE SANTE DES ARMEES
BREVE :

Le Service de santé des armées lance un concours ouvert à l'ensemble de son personnel tant d'active que de réserve, civil et militaire, "quelle que soit l'armée d'origine ou l'affectation" pour se doter d'un logo "servant d'accroche symbolique à la participation du Service aux manifestations de commémoration du centenaire de la Grande Guerre".

La date limite de dépôt des visuels est fixée au 1er juin 2014.

Dans l'attente de ce choix, je tiens à la disposition du Service de santé des armées mon petit logo du Centenaire...
Source : Service de santé des armées (4 février 2014).
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La radiologie monte au front : de 1914 à 2014

16 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014
NOUVELLE EXPOSITION A BRUXELLES

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014

De Radiologie trekt naar het front : van 1914 tot 2014

15 mars 2014 - 15 décembre 2014

Belgian Museum of Radiology - Military Hospital Queen Astrid -

Bruynstreet 2 - B1120 BRUSSELS

tel : +32 2 264 40 97 - Fax : + 32 2 264 40 98 - Email : info@radiology-museum.be

Pour en savoir plus : clic

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014
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"Les blessés de la Trogne" au Val-de-Grâce...

16 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

"Les blessés de la Trogne" au Val-de-Grâce...

Les blessés de la Trogne

- avec nos excuses à « Cyrano » -

"Ce sont les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Riant de leur sort, sans vergogne,

Ce sont les blessés de la trogne.

Revenants du monde où l’on cogne,

De leurs pansements tous jaloux,

Ce sont les blessés de la trogne

Du Val de Grâce, joyeux fous.

Face jamais qui se renfrogne,

Bouche en tulipe ou… bouche en trou !

Nez à greffer… - cherchez l’ivrogne ? .. –

Face jamais qui se renfrogne,

Œil de cristal, pas un ne grogne,

Et tous ils tiendront jusqu’au bout !

Face jamais qui se renfrogne,

Bouche en tulipe ou… bouche en trou !

Voici les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Narguant la censure qui rogne,

Voici les blessés de la trogne :

Allons ! Civils ! au garde-à-vous !"

La Greffe Générale, n°1 – 15 décembre 1917
Journal des mutilés de la face du Val-de-Grâce
Cité par Jean-Pierre TUBERGUE, 1914-1918. Les journaux de tranchées, 
Ed. Italiques, 1999, p. 133.

La chirurgie maxillo-faciale moderne est née de la Grande Guerre pour apporter une réponse chirurgicale aux dizaines de milliers de « gueules cassées » victimes du conflit. Le 10 novembre 1914, trois centres sont constitués (Paris, Bordeaux et Lyon) qui seront suivis de beaucoup d’autres. Tous les spécialistes français sont mis à contribution, la plupart et les plus connus provenant du cadre de réserve : A Paris, Sébileau et Morestin ; Pont à Lyon ; Imbert à Marseille ; Moure à Bordeaux, Dufourmentel à Châlons-sur-Marne, etc.

A Paris, Hippolyte Morestin (1869-1919) migre le 14 décembre 1914 de l’hôpital Saint-Louis au Val-de-Grâce pour y organiser un centre de chirurgie réparatrice de premier plan. Le 5 janvier 1915 le service des blessés de la face est créé officiellement au Val-de-Grâce ; Il disposera de plusieurs centaines de lits (480 en août 1919). Ce service – connu du plus grand nombre grâce au roman de Marc Dugain (J.C. Lattès, 1998) et au film éponyme de François Dupeyron (2001) - est renforcé par une annexe, installée dans les anciens locaux du Carmel, au 25 rue Denfert-Rochereau, qui accueille du 6 octobre 1915 au 15 novembre 1919, avec ses 95 à 110 lits, les mutilés de la face en convalescence ou nécessitant des « reprises ». Cette annexe sera évacuée en 1919 sur l’hôpital militaire de Vaugirard.

La carte postale qui illustre ce court article représente les « Gueules cassées » déléguées le 28 juin 1919 au château de Versailles pour la signature du Traité de Paix. Ces « braves » choisis par H. Morestin qui décédera la même année de complications pulmonaires liées à la grippe espagnole, sont : Albert Jugon, Eugène Hébert, Henri Agogue, Pierre Richard et André Cavalier.

Sur le convoi mortuaire d'Hippolyte Morestin, extrait des Mémoires d'Hélène Marie Zoé Baillaud épouse Rous de Madinhac (1892-1976) :

« Tout notre service a assisté à son enterrement : toutes les infirmières en uniformes, tous nos blessés valides. Ces derniers, qui étaient en cours de traitement, souvent pleuraient. Pour l’accompagner à sa dernière demeure nous avons traversé tout Paris à pied, du Val-de-Grâce au Père Lachaise. Dans les rues, tout le monde en silence regardait. Rien ne pouvait être si impressionnant que ce si long défilé de blessés à la face ».

"Voici les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Narguant la censure qui rogne,

Voici les blessés de la trogne :

Allons ! Civils ! au garde-à-vous !"

Respects !

(Musée du service de santé des armées, Cart. 148bis, V2, dact., s.d.n.l., « Mémoires d’une infirmière au Val-de-Grâce, en 1914-1918 », par Hélène Marie Zoé Baillaud épouse Rous de Madinhac (1892-1976), p. 3).

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LES RIDES DU SOL 1914-1918. JOURNAL DU POILU CHAUSSIS…

8 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

LES RIDES DU SOL 1914-1918. JOURNAL DU POILU CHAUSSIS…

Chaussis le « bouffeur de gradés » au long cours (1914-1919)

Redécouverte : SORTIE 2004 (au catalogue éditeur 2014)

Je présente aujourd’hui l’ouvrage d’Ernest Chaussis (1884-1950) sous-titré : « Journal du poilu Chaussis, inspecteur primaire normand ». L’intéressé n’est pas un « sanitaire » ; ce n’est pas non plus un poilu classique, un combattant de première ligne, en dépit de ses affectations successives, de 1915 à 1919, aux 154e et 202e régiments d’infanterie. Classé « faible » et service auxiliaire à l’issue de son service en 1909, il est, comme tant d’autres, « miraculeusement » reclassé « service armé » le 13 novembre 1914. Il faut bien combler les pertes de l’été 1914 !

Ernest Chaussis inspecteur primaire à Loudéac (Côtes-du-Nord) est en 1914 un « militariste » convaincu, « sincèrement désireux de jouer un rôle utile et s’il est possible en rapport avec mes facultés », que quatre années de guerre transformèrent en un pacifiste « anti gradés » passablement aigri. Ce diplômé de l’enseignement supérieur n’admit jamais d’être resté « caporal-fourrier » au long cours et de n’avoir pas été nommé officier, emploi pour lequel il était naturellement forgé : « mon expérience et ma volonté ne sauraient former obstacles à l’art de conduire une troupe à l’ennemi (p. 19) ». Les circonstances, sa faible constitution, de malveillantes manœuvres liées - systématiquement, pour lui - à l’impéritie militaire, le maintinrent chez les petits gradés ; mais pas n’importe lesquels, chez ces auxiliaires précieux du commandement, ces « embusqués » de l’avant qui grenouillaient autour de la compagnie hors rang régimentaire. Ernest Chaussis les décrit très justement et s’applique indirectement (p. 318) cette expression pleine de noblesse « d’embusqué de l’avant », décrivant les postes et emplois qu’il a pu tenir durant quatre années (caporal-fourrier, secrétaire, cartographe, chef de musique, etc…). Belle, longue et vaste expérience. C’est bien heureux pour la relation de ce « poilu » hors normes.

« Embusqués ? Qui ? Naguère les mitrailleurs étaient considérés comme tels par les poilus qui veillaient au petit poste ? Les brancardiers, descendant deux par deux les pentes boueuses et « billées » du Bois le Chaume, embusqués ? Les cyclistes, courant dans la boue et la neige, pour alimenter en tabac et en journaux leurs camarades, embusqués ? Les « ravitailleurs » de section, trop surveillés par l’artillerie adverse, jamais certains de rapporter la « soupe » du petit groupe, embusqués ? L’homme de liaison, filant d’un P.C. à l’autre, sans souci des marmitages, conscient de sa responsabilité, embusqué ? (…) [et cette observation plus personnelle, vécue au 202e ] Les secrétaires, suivant sur le bled… labouré un colonel aux abois, indécis, et inconscient, attendant trois heures sous le marmitage qu’un P.C. soit « reconnu », avançant avec le minus habens jusque dans le secteur de la compagnie d’A[vant]-P[oste] (château du Mesny, Frétoy-le-Château, etc.) embusqués ? »

Nicolas Mariot dans son remarquable ouvrage Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple (Seuil 2013), décrit nombre d’intellectuels « petits gradés », déclassés de cette nouvelle société militaire, aigris de n’être pas passés officiers, qui se réfugient dans le commentaire acide et la caricature de leurs supérieurs tout en reproduisant de magnifique manière leur environnement. Il en est de même pour ce laïc, diplômé de l’enseignement supérieur, hussard de la République qui nous a laissé de fines descriptions des arrières du front, des transports par voie ferrée, dont celui pour Pau qui s’arrête à Sens… des attentes en gare, des gourbis de l’Argonne (p. 49 et suiv.), de la descente des blessés (p. 57), de la Harazée (p. 60), etc. Ce sont des dizaines d’observations illustrées avec bonheur, de vers, d’aphorismes, de dessins… de rosseries sur ses supérieurs qui sont proposés par notre diariste cabotin et plein d’orgueil dans ce fort ouvrage de 366 pages.

Je le distingue aujourd’hui plus particulièrement, parmi des dizaines d’autres « journaux », car il traite en un fort chapitre – troisième partie : la typhoïde et les hôpitaux militaires, 19 septembre-30 octobre 1915 – de ses pérégrinations dans les formations hospitalières militaires des zones de l’avant et de l’intérieur (p. 37-72) [voir notices in fine] dans lesquelles il conçoit l’ouvrage, né « du désoeuvrement qui rend si mornes les longues journées de l’hôpital (p. 5) », car « l’ attente pour le soldat, c’est la moitié de la Vie (p. 122)».

On trouvera dans ces pages travaillées au petit point :

- des développements politiques sur la place de la religion à l’hôpital, le prosélytisme, les calotins et… anti-calotins, le décret Millerand-Godart sur la liberté de conscience dans les hôpitaux (p. 86), un assez… peu chrétien portrait d’aumônier, « Ecrit sans haine, ad majorem Dei gloriam… » (p. 79). Toutefois Chaussis n’est pas à proprement parler un « bouffeur de curé » comme tant d’autres socialistes. Son obsession à lui c’est de bouffer du gradé, d’active et officier de préférence ;

- sur les distractions de l’hospitalisé à l’hôpital-caserne (hôpital dépôt de convalescents), sur les représentations cinématographiques offertes par « l’œuvre des convalescents » d’Auxerre…

« (p. 116) Comptez-vous quatre !

En avant… marche ! »

Les sous-officiers tiennent la tête, derrière viennent cent quarante « poilus » de tous les âges et de tous les costumes : territoriaux, réservistes, maries-louises ; fantassins en grande majorité, un petit groupe de sapeurs, quelques artilleurs ; la cavalerie n’est pas représentée. D’un pas traînant et inégal, lentement, la colonne s’ébranle, réglant sa marche sur les béquillards qui suivent immédiatement les « gradés » à sardine blanche. »

- des notes sur la tenue des comptes de gradés, sur les menus illustrés, les feuilletons de popotes, aventures irrévérencieuses des chefs, sur le pinard, sur la place de la pipe (Auxerre, oct. 1915, p. 116) et celle du « poilu » convalescent, du combattant « meurtri » que l’on cache ou tente de cacher à la population (p. 114, 116)… ;

« « (Auxerre, p. 116) Pas de pipes en ville ! » Ainsi veut la consigne, rappelée par le sergent qui nous conduit. Je ne comprends pas que la vue d’un soldat, d’un combattant qui fume la pipe, même en ville, puisse offusquer un Français. Et si quelqu’un s’en trouve gêné qu’il aille faire un stage dans les tranchées pour comprendre quels genres de rapports unissent le soldat et sa pipe ! »

Cet ouvrage bien écrit, très richement illustré et doté par sa petite-fille (archiviste-paléographe) d’un index très complet (p. 336-366) est à redécouvrir à la veille du centenaire à la lumière de la récente étude de Nicolas Mariot sur les « intellectuels » au front et leur place, si humble soit-elle, dans la société combattante.

Les hôpitaux militaires fréquentés par Ernest Chaussis (d’après F. OLIER et J.-L. QUENECHDU. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, II, Louviers : Ysec, 2010 ; V, à paraître) :

Châlons-sur-Marne (Marne, 6e région militaire) - « L’hôpital Février » (hôpital complémentaire n° 19), caserne Février (1914-1919). Caserne achevée en 1915, succède à un dépôt d’éclopés. Hôpital pour contagieux. Militarisé, passe dans la zone des armées, devient hôpital complémentaire d’armée (HCA) n° 54 le 12 juillet 1918, puis repasse à la 6e région militaire (7 nov. 1918-30 mai 1919).

Sens (Yonne, 5e région militaire) – Hôpital complémentaire n°32. Lycée de garçons, rue Thénard, 220-280 lits, ouvert le 10 août 1914 et fermé le 24 août 1916.

Villeblevin (Yonne, 5e région militaire) – Caisse des écoles du XIIe arrondissement de Paris. 300-370 lits, ouvert le 1er mars 1915 et fermé le 1er mai 1919.

Auxerre (Yonne, 5e région militaire) - Hôpital-dépôt de convalescents (HDC), caserne Vauban, boulevard Denfert-Rochereau. 500-320 lits, ouvert le 1er novembre 1914 et fermé le 24 mars 1917.

A Redécouvrir : Ernest Chaussis. Les rides du sol 1914-1918. Carnets de bord de la guerre 1914-1918. Louviers : Ysec, 2004, 366 p.

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LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : MARIE CURIE, une femme sur le front.

1 Février 2014 , Rédigé par Le glaneur sanitaire Publié dans #Centenaire

LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : MARIE CURIE, une femme sur le front.

MARIE CURIE, une femme sur le front.

A l’occasion du Centenaire, le Glaneur sanitaire annonce la sortie en février 2014 d’un « docufiction » de 90 mn sur Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie. Ce téléfilm labellisé par le comité du Centenaire et soutenu par le ministère de la Défense sera présenté au festival de Luchon, du 12 au 16 février 2014.

Réalisé par Alain Brunard. Scénario écrit par Marie-Noëlle Himbert, Yann Le Gal, Alain Brunard. Produit par Cécile Roger-Machart. Production : Capa Drama ; co-production Be-Films, de Bruxelles. Fiche du film

Résumé proposé par le festival de Luchon :
« Quand la guerre de 14 éclate, Marie Curie est une scientifique reconnue, prix Nobel de Physique puis de Chimie. Son époux Pierre Curie est mort brutalement depuis huit ans déjà, et elle dirige, depuis peu, l’institut du Radium avec le docteur Claudius Regaud. L'urgence de la situation de guerre et les besoins qu'elle analyse immédiatement la poussent hors de son laboratoire.

Déterminée à implanter les techniques de la toute nouvelle radiologie, elle va, accompagnée de sa fille Irène, 17 ans, sillonner les lignes de front, convaincre mécènes, chirurgiens, médecins de l'importance de l'utilisation de la radiographie. De son coté, Claudius Regaud, qui travaille depuis plusieurs années sur le traitement radiologique du cancer, va développer sur le front de nouvelles méthodes de soins dans les hôpitaux. Tous deux vont pendant ces quatre années de guerre, contribuer à faire avancer, à grand pas, la médecine et à inventer l’hôpital moderne.

A la fin de la guerre, ces deux chercheurs ouvriront une unité de soins à l’institut du radium, couplant ainsi la recherche à la thérapie. »

Fiche du film

La figure emblématique de Marie Curie aux armées et sa place dans la réorganisation des services radiologiques des armées françaises et belges ont été souvent soulignées. Récemment, René Van Tiggelen conservateur du musée belge de radiologie et ses collaborateurs ont mis en exergue l’œuvre de Marie Curie sur le front belge dans : La Grande Guerre de 1914-1918. La radiologie belge monte au front, Bruxelles, 2011, 143 p.

Brèves

Plus récemment c’est le musée Curie de Paris qui prêtait des objets de ses collections (plaque de radiologie) pour l’exposition conjointe « Guerre et Trauma » "Oorlog en Trauma" des musées belges : In Flanders Fields Museum d’Ypres et Musée du docteur Guislain de Gand. Cette grande exposition originale, en deux volets, sur les soins médicaux durant la Première Guerre mondiale, se déroule jusqu’au 30 juin 2014. Le musée yprois propose l’exposition : « Des soldats et des ambulances 1914-1918 », tandis que le volet gantois présente « Des soldats et des psychiatres, 1914-2014 ». L’exposition française sur le « Service de Santé durant la Grande Guerre » quant à elle, très attendue, en raison de la richesse des collections du musée du service de santé des armées devrait être inaugurée au Val-de-Grâce à Paris, en octobre 2014 et se poursuivre tout au long de l’année 2015.

Le Glaneur vous conseille, après avoir survolé les analyses de presse sur le film "La guerre de Marie" (ancien nom ? de "Marie Curie, une femme sur le front") et - en quelque sorte pour redescendre sur terre - de lire La Radiologie et la Guerre, F. Alcan, 1921, 143 p. de Madame Pierre Curie. Comme ne semblent pas le comprendre les commentateurs délirants et ignorants, on ne fait pas la guerre seule dans son coin, même si l'on s'appelle Marie Curie. Sur le site Gallica vous trouverez aussi sa correspondance, ses notes de guerres et ce qu'elle doit à ses devanciers français et belges. Je ne mets pas de lien... il faudra farfouiller...

BIENTOT A BRUXELLES

Le téléfilm en avant-première, le 14 mars 2014

Belgian Museum of Radiology - Military Hospital Queen Astrid - Bruynstreet 2 - B1120 BRUSSELS - tel : +32 2 264 40 97  -  Fax : + 32 2 264 40 98
Email : info@radiology.be
http://www.be-films.com

http://www.be-films.com

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