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Articles récents

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014

16 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014
NOUVELLE EXPOSITION A BRUXELLES

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014

De Radiologie trekt naar het front : van 1914 tot 2014

15 mars 2014 - 15 décembre 2014

Belgian Museum of Radiology - Military Hospital Queen Astrid -

Bruynstreet 2 - B1120 BRUSSELS

tel : +32 2 264 40 97 - Fax : + 32 2 264 40 98 - Email : info@radiology-museum.be

Pour en savoir plus : clic

La radiologie monte au front : de 1914 à 2014
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"Les blessés de la Trogne" au Val-de-Grâce...

16 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

"Les blessés de la Trogne" au Val-de-Grâce...

Les blessés de la Trogne

- avec nos excuses à « Cyrano » -

"Ce sont les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Riant de leur sort, sans vergogne,

Ce sont les blessés de la trogne.

Revenants du monde où l’on cogne,

De leurs pansements tous jaloux,

Ce sont les blessés de la trogne

Du Val de Grâce, joyeux fous.

Face jamais qui se renfrogne,

Bouche en tulipe ou… bouche en trou !

Nez à greffer… - cherchez l’ivrogne ? .. –

Face jamais qui se renfrogne,

Œil de cristal, pas un ne grogne,

Et tous ils tiendront jusqu’au bout !

Face jamais qui se renfrogne,

Bouche en tulipe ou… bouche en trou !

Voici les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Narguant la censure qui rogne,

Voici les blessés de la trogne :

Allons ! Civils ! au garde-à-vous !"

La Greffe Générale, n°1 – 15 décembre 1917
Journal des mutilés de la face du Val-de-Grâce
Cité par Jean-Pierre TUBERGUE, 1914-1918. Les journaux de tranchées, 
Ed. Italiques, 1999, p. 133.

La chirurgie maxillo-faciale moderne est née de la Grande Guerre pour apporter une réponse chirurgicale aux dizaines de milliers de « gueules cassées » victimes du conflit. Le 10 novembre 1914, trois centres sont constitués (Paris, Bordeaux et Lyon) qui seront suivis de beaucoup d’autres. Tous les spécialistes français sont mis à contribution, la plupart et les plus connus provenant du cadre de réserve : A Paris, Sébileau et Morestin ; Pont à Lyon ; Imbert à Marseille ; Moure à Bordeaux, Dufourmentel à Châlons-sur-Marne, etc.

A Paris, Hippolyte Morestin (1869-1919) migre le 14 décembre 1914 de l’hôpital Saint-Louis au Val-de-Grâce pour y organiser un centre de chirurgie réparatrice de premier plan. Le 5 janvier 1915 le service des blessés de la face est créé officiellement au Val-de-Grâce ; Il disposera de plusieurs centaines de lits (480 en août 1919). Ce service – connu du plus grand nombre grâce au roman de Marc Dugain (J.C. Lattès, 1998) et au film éponyme de François Dupeyron (2001) - est renforcé par une annexe, installée dans les anciens locaux du Carmel, au 25 rue Denfert-Rochereau, qui accueille du 6 octobre 1915 au 15 novembre 1919, avec ses 95 à 110 lits, les mutilés de la face en convalescence ou nécessitant des « reprises ». Cette annexe sera évacuée en 1919 sur l’hôpital militaire de Vaugirard.

La carte postale qui illustre ce court article représente les « Gueules cassées » déléguées le 28 juin 1919 au château de Versailles pour la signature du Traité de Paix. Ces « braves » choisis par H. Morestin qui décédera la même année de complications pulmonaires liées à la grippe espagnole, sont : Albert Jugon, Eugène Hébert, Henri Agogue, Pierre Richard et André Cavalier.

Sur le convoi mortuaire d'Hippolyte Morestin, extrait des Mémoires d'Hélène Marie Zoé Baillaud épouse Rous de Madinhac (1892-1976) :

« Tout notre service a assisté à son enterrement : toutes les infirmières en uniformes, tous nos blessés valides. Ces derniers, qui étaient en cours de traitement, souvent pleuraient. Pour l’accompagner à sa dernière demeure nous avons traversé tout Paris à pied, du Val-de-Grâce au Père Lachaise. Dans les rues, tout le monde en silence regardait. Rien ne pouvait être si impressionnant que ce si long défilé de blessés à la face ».

"Voici les blessés de la trogne

Du Val-de-Grâce, joyeux fous.

Narguant la censure qui rogne,

Voici les blessés de la trogne :

Allons ! Civils ! au garde-à-vous !"

Respects !

(Musée du service de santé des armées, Cart. 148bis, V2, dact., s.d.n.l., « Mémoires d’une infirmière au Val-de-Grâce, en 1914-1918 », par Hélène Marie Zoé Baillaud épouse Rous de Madinhac (1892-1976), p. 3).

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LES RIDES DU SOL 1914-1918. JOURNAL DU POILU CHAUSSIS…

8 Février 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

LES RIDES DU SOL 1914-1918. JOURNAL DU POILU CHAUSSIS…

Chaussis le « bouffeur de gradés » au long cours (1914-1919)

Redécouverte : SORTIE 2004 (au catalogue éditeur 2014)

Je présente aujourd’hui l’ouvrage d’Ernest Chaussis (1884-1950) sous-titré : « Journal du poilu Chaussis, inspecteur primaire normand ». L’intéressé n’est pas un « sanitaire » ; ce n’est pas non plus un poilu classique, un combattant de première ligne, en dépit de ses affectations successives, de 1915 à 1919, aux 154e et 202e régiments d’infanterie. Classé « faible » et service auxiliaire à l’issue de son service en 1909, il est, comme tant d’autres, « miraculeusement » reclassé « service armé » le 13 novembre 1914. Il faut bien combler les pertes de l’été 1914 !

Ernest Chaussis inspecteur primaire à Loudéac (Côtes-du-Nord) est en 1914 un « militariste » convaincu, « sincèrement désireux de jouer un rôle utile et s’il est possible en rapport avec mes facultés », que quatre années de guerre transformèrent en un pacifiste « anti gradés » passablement aigri. Ce diplômé de l’enseignement supérieur n’admit jamais d’être resté « caporal-fourrier » au long cours et de n’avoir pas été nommé officier, emploi pour lequel il était naturellement forgé : « mon expérience et ma volonté ne sauraient former obstacles à l’art de conduire une troupe à l’ennemi (p. 19) ». Les circonstances, sa faible constitution, de malveillantes manœuvres liées - systématiquement, pour lui - à l’impéritie militaire, le maintinrent chez les petits gradés ; mais pas n’importe lesquels, chez ces auxiliaires précieux du commandement, ces « embusqués » de l’avant qui grenouillaient autour de la compagnie hors rang régimentaire. Ernest Chaussis les décrit très justement et s’applique indirectement (p. 318) cette expression pleine de noblesse « d’embusqué de l’avant », décrivant les postes et emplois qu’il a pu tenir durant quatre années (caporal-fourrier, secrétaire, cartographe, chef de musique, etc…). Belle, longue et vaste expérience. C’est bien heureux pour la relation de ce « poilu » hors normes.

« Embusqués ? Qui ? Naguère les mitrailleurs étaient considérés comme tels par les poilus qui veillaient au petit poste ? Les brancardiers, descendant deux par deux les pentes boueuses et « billées » du Bois le Chaume, embusqués ? Les cyclistes, courant dans la boue et la neige, pour alimenter en tabac et en journaux leurs camarades, embusqués ? Les « ravitailleurs » de section, trop surveillés par l’artillerie adverse, jamais certains de rapporter la « soupe » du petit groupe, embusqués ? L’homme de liaison, filant d’un P.C. à l’autre, sans souci des marmitages, conscient de sa responsabilité, embusqué ? (…) [et cette observation plus personnelle, vécue au 202e ] Les secrétaires, suivant sur le bled… labouré un colonel aux abois, indécis, et inconscient, attendant trois heures sous le marmitage qu’un P.C. soit « reconnu », avançant avec le minus habens jusque dans le secteur de la compagnie d’A[vant]-P[oste] (château du Mesny, Frétoy-le-Château, etc.) embusqués ? »

Nicolas Mariot dans son remarquable ouvrage Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple (Seuil 2013), décrit nombre d’intellectuels « petits gradés », déclassés de cette nouvelle société militaire, aigris de n’être pas passés officiers, qui se réfugient dans le commentaire acide et la caricature de leurs supérieurs tout en reproduisant de magnifique manière leur environnement. Il en est de même pour ce laïc, diplômé de l’enseignement supérieur, hussard de la République qui nous a laissé de fines descriptions des arrières du front, des transports par voie ferrée, dont celui pour Pau qui s’arrête à Sens… des attentes en gare, des gourbis de l’Argonne (p. 49 et suiv.), de la descente des blessés (p. 57), de la Harazée (p. 60), etc. Ce sont des dizaines d’observations illustrées avec bonheur, de vers, d’aphorismes, de dessins… de rosseries sur ses supérieurs qui sont proposés par notre diariste cabotin et plein d’orgueil dans ce fort ouvrage de 366 pages.

Je le distingue aujourd’hui plus particulièrement, parmi des dizaines d’autres « journaux », car il traite en un fort chapitre – troisième partie : la typhoïde et les hôpitaux militaires, 19 septembre-30 octobre 1915 – de ses pérégrinations dans les formations hospitalières militaires des zones de l’avant et de l’intérieur (p. 37-72) [voir notices in fine] dans lesquelles il conçoit l’ouvrage, né « du désoeuvrement qui rend si mornes les longues journées de l’hôpital (p. 5) », car « l’ attente pour le soldat, c’est la moitié de la Vie (p. 122)».

On trouvera dans ces pages travaillées au petit point :

- des développements politiques sur la place de la religion à l’hôpital, le prosélytisme, les calotins et… anti-calotins, le décret Millerand-Godart sur la liberté de conscience dans les hôpitaux (p. 86), un assez… peu chrétien portrait d’aumônier, « Ecrit sans haine, ad majorem Dei gloriam… » (p. 79). Toutefois Chaussis n’est pas à proprement parler un « bouffeur de curé » comme tant d’autres socialistes. Son obsession à lui c’est de bouffer du gradé, d’active et officier de préférence ;

- sur les distractions de l’hospitalisé à l’hôpital-caserne (hôpital dépôt de convalescents), sur les représentations cinématographiques offertes par « l’œuvre des convalescents » d’Auxerre…

« (p. 116) Comptez-vous quatre !

En avant… marche ! »

Les sous-officiers tiennent la tête, derrière viennent cent quarante « poilus » de tous les âges et de tous les costumes : territoriaux, réservistes, maries-louises ; fantassins en grande majorité, un petit groupe de sapeurs, quelques artilleurs ; la cavalerie n’est pas représentée. D’un pas traînant et inégal, lentement, la colonne s’ébranle, réglant sa marche sur les béquillards qui suivent immédiatement les « gradés » à sardine blanche. »

- des notes sur la tenue des comptes de gradés, sur les menus illustrés, les feuilletons de popotes, aventures irrévérencieuses des chefs, sur le pinard, sur la place de la pipe (Auxerre, oct. 1915, p. 116) et celle du « poilu » convalescent, du combattant « meurtri » que l’on cache ou tente de cacher à la population (p. 114, 116)… ;

« « (Auxerre, p. 116) Pas de pipes en ville ! » Ainsi veut la consigne, rappelée par le sergent qui nous conduit. Je ne comprends pas que la vue d’un soldat, d’un combattant qui fume la pipe, même en ville, puisse offusquer un Français. Et si quelqu’un s’en trouve gêné qu’il aille faire un stage dans les tranchées pour comprendre quels genres de rapports unissent le soldat et sa pipe ! »

Cet ouvrage bien écrit, très richement illustré et doté par sa petite-fille (archiviste-paléographe) d’un index très complet (p. 336-366) est à redécouvrir à la veille du centenaire à la lumière de la récente étude de Nicolas Mariot sur les « intellectuels » au front et leur place, si humble soit-elle, dans la société combattante.

Les hôpitaux militaires fréquentés par Ernest Chaussis (d’après F. OLIER et J.-L. QUENECHDU. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, II, Louviers : Ysec, 2010 ; V, à paraître) :

Châlons-sur-Marne (Marne, 6e région militaire) - « L’hôpital Février » (hôpital complémentaire n° 19), caserne Février (1914-1919). Caserne achevée en 1915, succède à un dépôt d’éclopés. Hôpital pour contagieux. Militarisé, passe dans la zone des armées, devient hôpital complémentaire d’armée (HCA) n° 54 le 12 juillet 1918, puis repasse à la 6e région militaire (7 nov. 1918-30 mai 1919).

Sens (Yonne, 5e région militaire) – Hôpital complémentaire n°32. Lycée de garçons, rue Thénard, 220-280 lits, ouvert le 10 août 1914 et fermé le 24 août 1916.

Villeblevin (Yonne, 5e région militaire) – Caisse des écoles du XIIe arrondissement de Paris. 300-370 lits, ouvert le 1er mars 1915 et fermé le 1er mai 1919.

Auxerre (Yonne, 5e région militaire) - Hôpital-dépôt de convalescents (HDC), caserne Vauban, boulevard Denfert-Rochereau. 500-320 lits, ouvert le 1er novembre 1914 et fermé le 24 mars 1917.

A Redécouvrir : Ernest Chaussis. Les rides du sol 1914-1918. Carnets de bord de la guerre 1914-1918. Louviers : Ysec, 2004, 366 p.

News : Si cet article du blog vous a intéressé. Si vous souhaitez être informé des parutions à venir... abonnez vous! - Thèmes demandés par les abonnés/contacts qui seront présents en 2014 dans des catégories dédiées : Belgique 1914-1918 et Suisse 1914-1918.
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LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : MARIE CURIE, une femme sur le front.

1 Février 2014 , Rédigé par Le glaneur sanitaire Publié dans #Centenaire

LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : MARIE CURIE, une femme sur le front.

MARIE CURIE, une femme sur le front.

A l’occasion du Centenaire, le Glaneur sanitaire annonce la sortie en février 2014 d’un « docufiction » de 90 mn sur Marie Curie, prix Nobel de physique et de chimie. Ce téléfilm labellisé par le comité du Centenaire et soutenu par le ministère de la Défense sera présenté au festival de Luchon, du 12 au 16 février 2014.

Réalisé par Alain Brunard. Scénario écrit par Marie-Noëlle Himbert, Yann Le Gal, Alain Brunard. Produit par Cécile Roger-Machart. Production : Capa Drama ; co-production Be-Films, de Bruxelles. Fiche du film

Résumé proposé par le festival de Luchon :
« Quand la guerre de 14 éclate, Marie Curie est une scientifique reconnue, prix Nobel de Physique puis de Chimie. Son époux Pierre Curie est mort brutalement depuis huit ans déjà, et elle dirige, depuis peu, l’institut du Radium avec le docteur Claudius Regaud. L'urgence de la situation de guerre et les besoins qu'elle analyse immédiatement la poussent hors de son laboratoire.

Déterminée à implanter les techniques de la toute nouvelle radiologie, elle va, accompagnée de sa fille Irène, 17 ans, sillonner les lignes de front, convaincre mécènes, chirurgiens, médecins de l'importance de l'utilisation de la radiographie. De son coté, Claudius Regaud, qui travaille depuis plusieurs années sur le traitement radiologique du cancer, va développer sur le front de nouvelles méthodes de soins dans les hôpitaux. Tous deux vont pendant ces quatre années de guerre, contribuer à faire avancer, à grand pas, la médecine et à inventer l’hôpital moderne.

A la fin de la guerre, ces deux chercheurs ouvriront une unité de soins à l’institut du radium, couplant ainsi la recherche à la thérapie. »

Fiche du film

La figure emblématique de Marie Curie aux armées et sa place dans la réorganisation des services radiologiques des armées françaises et belges ont été souvent soulignées. Récemment, René Van Tiggelen conservateur du musée belge de radiologie et ses collaborateurs ont mis en exergue l’œuvre de Marie Curie sur le front belge dans : La Grande Guerre de 1914-1918. La radiologie belge monte au front, Bruxelles, 2011, 143 p.

Brèves

Plus récemment c’est le musée Curie de Paris qui prêtait des objets de ses collections (plaque de radiologie) pour l’exposition conjointe « Guerre et Trauma » "Oorlog en Trauma" des musées belges : In Flanders Fields Museum d’Ypres et Musée du docteur Guislain de Gand. Cette grande exposition originale, en deux volets, sur les soins médicaux durant la Première Guerre mondiale, se déroule jusqu’au 30 juin 2014. Le musée yprois propose l’exposition : « Des soldats et des ambulances 1914-1918 », tandis que le volet gantois présente « Des soldats et des psychiatres, 1914-2014 ». L’exposition française sur le « Service de Santé durant la Grande Guerre » quant à elle, très attendue, en raison de la richesse des collections du musée du service de santé des armées devrait être inaugurée au Val-de-Grâce à Paris, en octobre 2014 et se poursuivre tout au long de l’année 2015.

Le Glaneur vous conseille, après avoir survolé les analyses de presse sur le film "La guerre de Marie" (ancien nom ? de "Marie Curie, une femme sur le front") et - en quelque sorte pour redescendre sur terre - de lire La Radiologie et la Guerre, F. Alcan, 1921, 143 p. de Madame Pierre Curie. Comme ne semblent pas le comprendre les commentateurs délirants et ignorants, on ne fait pas la guerre seule dans son coin, même si l'on s'appelle Marie Curie. Sur le site Gallica vous trouverez aussi sa correspondance, ses notes de guerres et ce qu'elle doit à ses devanciers français et belges. Je ne mets pas de lien... il faudra farfouiller...

BIENTOT A BRUXELLES

Le téléfilm en avant-première, le 14 mars 2014

Belgian Museum of Radiology - Military Hospital Queen Astrid - Bruynstreet 2 - B1120 BRUSSELS - tel : +32 2 264 40 97  -  Fax : + 32 2 264 40 98
Email : info@radiology.be
http://www.be-films.com

http://www.be-films.com

LE GLANEUR SANITAIRE PROPOSE : MARIE CURIE, une femme sur le front.
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LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (11e au 15e CA)

26 Janvier 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (11e au 15e CA)

Ces JMO peuvent être consultés, sur place à Paris, sur rendez-vous : au Musée du service de santé des armées, 1 place Alphonse Laveran, 75230 Paris-cedex 05.

Classification des ambulances de la Guerre 1914-1918 :

« Les ambulances furent affectées à leur mise sur pied, à raison théoriquement d’une par division de cavalerie ; deux, par division d’infanterie ; seize, par corps d’armée…

On identifiait ces ambulances par une fraction dont le numérateur représentait un numéro d’ordre, et le dénominateur, le n° de la grande unité de rattachement. Exemple : 1/137, ambulance n°1 de la 137e DI ; 5/5, ambulance n°5 du 5e CA.

Toutefois cette belle architecture ne prévalait que pour le jour de la mobilisation, de la mise sur pied et pour les quelques jours et semaines qui suivirent. Rapidement, lors de la « bataille des frontières » et d’une manière générale lors des mouvements de la « Course à la mer », le rattachement mécanique aux grandes unités (GU) fut bouleversé. Aussi est-il illusoire – comme on peut le lire encore trop souvent – de vouloir rattacher une ambulance quelconque – à de rares exceptions – à l’épopée d’une grande unité durant la Grande Guerre. L’histoire de chaque ambulance doit être singularisée et c’est ce qui fait toute la difficulté du suivi de leurs pérégrinations sur les théâtres de guerre. Ce rattachement évolua rapidement. Il suffit de consulter quelques journaux de marches et opérations (JMO) pour s’en convaincre. Dans un premier temps l’on individualisa l’ambulance en tant que formation sanitaire, sans jamais la rattacher à un CA organique qui pouvait se situer à des centaines de kilomètres de l’ambulance déployée au sein d’un nouveau CA.

L’on choisit alors de l’identifier par l’appellation générique de « groupe » en lieu et place de CA. Exemple : 10/12, ambulance n°10 du 12e groupe [initialement 12e CA] » (Olier F, Quénec’hdu JL,Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, III, 20-21).

Billet précédent : (Groupes 6 à 10)

Ambulances du 11e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 11e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/11 – 1 vol. (1/08/14-11/11/18).

Ambulance 2/11 – JMO manquant.

Ambulance 3/11 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-5/03/19).

Ambulance 4/11 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-10/03/19).

Ambulance 5/11 – 1 vol. (8/08/14-9/10/15) ; 1 vol. (10/10/15-1/01/17) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-5/03/19).

Ambulance 6/11 – JMO manquant.

Ambulance 7/11 – 1 vol. (2/08/14-20/02/19).

Note : A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ On trouvera un rapport sur le fonctionnement de l’ambulance 7/11 à Senlis, du 3 octobre au 23 novembre 1914, s.d.n.l., 10 p., donné comme JMO (26N 306/13) alors qu’il n’en est pas un, classé avec les JMO du service de santé de la 22e DI.

Ambulance 8/11 – manque avant le 17/03/16 – 1 vol. (17/03/16-6/02/17) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-16/12/18).

Ambulance 9/11 – 1 vol. (15/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-25/02/19).

Ambulance 10/11 – 1 vol. (4/08/14-12/10/15) ; 1 vol. (13/10/15-3/08/16) ; manque du 4/08/16 au 13/02/18 ; 1 vol. (12/02/18-25/07/18) ; manque après le 25/07/18.

Ambulance 11/11 – JMO manquant

Ambulance 12/11 – 1 vol. (3/08/14-1/06/15) ; 1 vol. (2/06/15-5/01/16) ; 1 vol. (6/01/16-9/11/16) ; 1 vol. (10/11/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-28/02/19).

Note : L’auteur a servi dans cette ambulance 12/11 – Denis Omer, Un prêtre missionnaire dans la Grande Guerre 1914-1919. [Saint-Cloud] : Editions Soteca, 2011, 398 p.

Ambulance 13/11 – manque avant le 1/01/16 ; 1 vol. (1/01/16-30/04/19).

Ambulance 14/11 – manque avant le 4/04/18 ; 1 vol. (4/04/18-10/03/19).

Ambulance 15/11 – 1 vol. (17/08/14-29/08/18) ; manque après le 30/08/18.

Ambulance 16/11 – 1 vol. (8/08/14-14/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 11e Corps d’armée : Direction (6/08/14-28/3/19), 26N 135/7 à 135/10 – Groupe de brancardiers de corps (9/08/14-16/01/19), 26N 135/11 à 135/12.

Ambulances du 12e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 12e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/12 – 1 vol. (11/08/14-21/02/19).

Ambulance 2/12 – 1 vol. (5/08/14-28/01/18) ; 1 vol. (29/01/18-31/12/18).

Ambulance 3/12 – 1 vol. (2/08/14-17/08/17) ; 1 vol. (18/08/17-13/12/18).

Ambulance 4/12 – 1 vol. (4/08/14-24/06/15) ; 1 vol. (25/06/15-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-15/05/19).

Ambulance 5/12 – 1 vol. (7/08/14-17/02/15) ; manque du 18/02/15 au 31/12/16 ; 1 vol. (1/01/17-1/05/19).

Ambulance 6/12 – manque avant le 12/02/17 ; 1 vol. (12/02/17-2/12/17) ; manque après le 3/12/17.

Note : Un résumé sur feuille volante, d’août 1914 au 12/12/17.

Ambulance 7/12 – 1 vol. (5/08/14-30/09/17) ; 1 vol. (1/10/17-24/02/19).

Ambulance 8/12 – 1 vol. (9/08/14-11/11/17) ; manque après le 12/11/17.

Ambulance 9/12 – 1 vol. (12/08/14-11/02/19).

Ambulance 10/12 – 1 vol. (13/08/14-17/03/19).

Ambulance 11/12 – 1 vol. (11/08/14-31/12/16) ; manque après le 1/01/17.

Ambulance 12/12 – 1 vol. (3/08/14-27/12/18).

Note : Le journal de mobilisation est annexé.

Ambulance 13/12 – 1 vol. (12/08/14-20/12/18).

Ambulance 14/12 – 1 vol. (8/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-15/11/18).

Ambulance 15/12 – 1 vol. (12/08/14-22/01/19).

Ambulance 16/12 – manque avant le 14/08/16 ; 1 vol. (14/08/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-25/04/17) ; 1 ol. (26/04/17-15/12/18).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 12e Corps d’armée : Direction (6/08/14-9/03/19), 26N 139/5 à 139/11 – Groupe de brancardiers de corps (9/08/14-19/01/19), 26N 139/12 – Groupe des sections d’hospitalisation, détail (9/08/14), 26N 139/13.

Ambulances du 13e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 13e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/13 – JMO manquant.

Ambulance 2/13 – 1 vol. (7/08/14-31/12/16) ; manque après le 1/01/17.

Ambulance 3/13 – 1 vol. (8/08/14-5/04/15) ; 1 vol. (6/04/15-11/11/18).

Ambulance 4/13 – avant le 24/08/14 « n’a pas été tenu » ; 1 vol. (24/08/14-11/10/18) ; 1 vol ; (12/10/18-25/02/19).

Ambulance 5/13 – 1 vol. (2/08/14-22/08/16) ; 1 vol. (23/08/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-20/03/19).

Ambulance 6/13 – 1 vol. (4/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/01/19).

Note : Minute, 1 vol. (4/08/14-31/01/19).

Ambulance 7/13 – 1 vol. (3/08/14-11/03/16) ; 1 vol. (12/03/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-1/03/19).

Ambulance 8/13 – 1 vol. (9/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-3/01/19).

Note : On trouvera sur le site : http://www.compiegne1914.fr/iso_album/jm-total.pdf  17 pages extraites du JMO de l’ambulance 8/13 (MM1 Philippe Marcombes) intéressant le centre hospitalier de Compiègne (septembre-novembre 1914).

Ambulance 9/13 – 1 vol. (5/08/14-6/03/16) ; 1 vol. (13/03/16-26/06/18) ; manque après le 27/06/18.

Ambulance 10/13 – 1 vol. (4/08/14-11/08/17) ; manque après le 12/04/17.

Ambulance 11/13 – 1 vol. (15/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-17/04/18) ; manque après le 17/04/18.

Ambulance 12/13 – 1 vol. (15/08/14-1/01/19).

Ambulance 13/13 – JMO manquant.

Ambulance 14/13 – 1 vol. (4/08/14-30/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-15/01/19).

Ambulance 15/13 – manque avant le 14/01/16 ; 1 vol. (14/01/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-28/02/19).

Ambulance 16/13 – 1 vol. (15/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-11/11/18) ; manque après le 11/10/18.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 13e Corps d’armée : Pas de JMO

Ambulances du 14e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 14e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/14 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; manque après le 1/01/17.

Note : Le JMO de l'ambulance 1/14 (3/08/14-21/05/16), 26N 315/17, classé avec le service de santé de la 28e DI.
A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ambulance 2/14 – JMO manquant.

Ambulance 3/14 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; manque après le 1/01/18.

Ambulance 4/14 – Manque avant le 1/01/17 ; 1 vol. (1/01/17-31/12/18).

Ambulance 5/14 – JMO manquant ? [Ratures sur l’inventaire]

Ambulance 6/14 – 1 vol. (2/08/14-15/01/19).

Ambulance 7/14 – 1 vol. (2/08/14-21/11/16) ; 1 vol. (20/11/16-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18) ; 1 vol. (1/01/19-1/03/19).

Ambulance 8/14 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-23/01/19).

Note : Un extrait, cahier (1/09-30/09/14).

Ambulance 9/14 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-10/01/18) ; 1 vol. (1/01/18-28/02/19).

Ambulance 10/14 – 1 vol. (7/08/14-31/12/18).

Ambulance 11/14 – 1 vol. (2/08/14-12/01/19).

Ambulance 12/14 – 1 vol. (7/08/14-20/03/19).

Ambulance 13/14 – Manque avant le 1/01/17 ; 1 vol. (1/01/17-1/02/19).

Ambulance 14/14 – 1 vol. (17/08/14-7/01/18) ; 1 vol. (7/01/18-22/09/18) ; manque après le 23/09/18.

Ambulance 15/14 – 1 vol. (16/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-7/11/17) ; manque après le 8/11/17.

Ambulance 16/14 – 1 vol. (16/08/14-31/08/17) ; 1 vol. (31/08/17-15/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 14e Corps d’armée : Direction (2/08/14-1/03/19), 26N 154/15 à 154/18 – Groupe de brancardiers de corps (3/08/14-16/01/19), 26N 154/19.

Ambulances du 15e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 15e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/15 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; Le JMO n’a pas été tenu du 1/01 au 29/06/17 ; 1 vol. (30/06/17-1/03/19).

Ambulance 2/15 – 1 vol. (8/08/14-27/11/18).

Ambulance 3/15 – 1 vol. (7/08/14-15/07/16) ; 1 vol. (16/07/16-26/03/19).

Note : L’auteur a servi dans cette ambulance 3/15 – 1914-1918 Images de l’arrière-front, Raoul Berthelé, lieutenant et photographe. Toulouse : édition Privat, 2008, 127 p.

Ambulance 4/15 – 1 vol. (7/08/14-22/12/18).

Ambulance 5/15 – JMO manquant.

Ambulance 6/15 – 1 vol. (7/08/14-6/01/19).

Ambulance 7/15 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-15/04/19).

Ambulance 8/15 – 1 vol. (8/08/14-31/12/16) ; manque depuis le 1/01/17.

Ambulance 9/15 – 1 vol. (13/08/14-5/07/15) ; 1 vol. (6/07/15-11/01/16) ; 1 vol. (12/01/16-28/07/16) ; 1 vol. (29/07/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18) ; 1 vol. (1/01/19-29/01/19).

Ambulance 10/15 – 1 vol. (8/08/14-16/05/16) ; 1 vol. (17/05/16-25/02/19).

Ambulance 11/15 – 1 vol. (13/08/14-25/01/17) ; manque du 26/01 au 12/07/17 ; 1 vol. (13/07/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-18/05/18) ; manque après le 18/05/18.

Ambulance 12/15 – 1 vol. (13/08/14-31/01/19).

Ambulance 13/15 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16).

Ambulance 14/15 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-6/10/19).

Ambulance 15/15 – 1 vol. (13/08/14-30/06/16) ; 1 vol. (1/07/16-23/01/18) ; 1 vol. (23/01/18-23/03/19).

Ambulance 16/15 – JMO manquant.

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Les JMO du Service de santé du 15e Corps d’armée : Direction (3/08/14-31/12/16), 26N 157/10 à 157/11 – Groupe de brancardiers de corps (3/08/14-1/02/19), 26N 157/12.

A SUIVRE : (Groupes 16-22)

Mise à jour : 8 août 2016
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LE SERVICE DE SANTE DES ARMEES MONTE AU FRONT DU CENTENAIRE

13 Janvier 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

LE SERVICE DE SANTE DES ARMEES MONTE AU FRONT DU CENTENAIRE

En marge de La Grande Collecte, le Service de Santé des Armées (SSA) se mobilise...

Par une note 517883 du 20 décembre 2013, la Direction centrale du service de santé des armées (Fort Neuf de Vincennes, cours des Maréchaux – 75614 Paris cedex 12) « sollicite… l’ensemble du personnel servant ou ayant servi au sein du service, civil et militaire, d’active et de réserve, quelle que soit son armée d’origine ou son affectation, et disposant, ou ayant des connaissances, disposant, d’archives familiales privées sous forme de témoignages écrits (carnets, journaux, correspondances, etc.), dessinés ou photographiques ou filmés à bien vouloir les confier, à titre de prêts, au musée du SSA* pour être numérisés.

Cette collecte de sources familiales privées relatives à la 1ère Guerre Mondiale est organisée à compter de la date d’enregistrement de la présente note et sans limitation de durée.

Les documents qui seront prêtés dans ce cadre seront analysés, reproduits et inventoriés par le musée du SSA puis restitués aux familles propriétaires. Ils pourront, le cas échéant, être intégrés dans le scénario relatant les évènements historiques auxquels seront confrontés les deux héros de la page Facebook du SSA [page de type Facebook, à paraître, relatant les aventures scénarisées d’un médecin et d’un infirmier militaires en 1914-1918] ». Signé : Le médecin général inspecteur Patrick Godart, directeur central adjoint du service de santé des armées.

(*) Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce. 1 place Alphonse Laveran, 75230 Paris-cedex 05.
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IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 - lettres D-F

10 Janvier 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 - lettres D-F

MEDECINS ET « SANITAIRES » BRETONS MORTS DURANT LA GRANDE GUERRE (1914-1918) – lettres D-F.

Lettre C
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24. DANIEL Joseph Henri (1879-1917) – Médecin-major de 2e classe des troupes coloniales (capitaine), 146e régiment d’infanterie [ou 2e Spahis]. Né le 26 novembre 1879, à Brest (Finistère). Décédé le 4 mars 1917 à l’ambulance n° 3/69, à La Fère-en-Tardenois (Marne) de maladie contractée en service. Aux Méd., 229 ; MdH.

25. DELALANDE Pierre Gilles (1863-1918) – Médecin (civil) à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Né le 20 mai 1863, à Domloup (Ille-et-Vilaine). Décédé le 29 mai 1918, à Saint-Just-en-Chaussée (Oise). Docteur en médecine (1892). Aux Méd., 233.

26. DERRIEN Paul Edouard Alfred Jules (1892-1916) – Médecin auxiliaire (adjudant) au 342e régiment d’infanterie. Né le 29 juillet 1892 à Nantes (Loire-Inférieure). Décédé le 24 août 1916 à Fleury (Meuse). Nantes 1912, matricule 3656. Etudiant en médecine (Faculté de Bordeaux). Tué à l’ennemi. Croix de guerre – JO, 12 décembre 1916 : « Pendant un violent bombardement allemand a été tué alors qu’il prodiguait ses soins aux blessés du bataillon ». Aux Méd., 237 ; MdH.

27. DEUNFF Jean-Marie (1878-1919) – Médecin major de 2e classe (capitaine) au 7e régiment d’infanterie coloniale. Né le 18 juillet 1878 à Locquirec (Finistère). Décédé le 12 avril 1919 à Sainte-Terre (Gironde). Docteur en médecine (Faculté de Bordeaux, 1903). Aux Méd., 240.

28. DUFRECHE Eugène Joseph (1871-1917) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant) à la mission médicale française en Roumanie. Né le 18 mars 1871 à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine). Décédé le 9 mai 1917 à Botoschani (Botosani), Roumanie, de typhus contracté au service. Recrutement Saint-Malo 1891, matricule 312. Aux Méd., 247 ; MdH.

29. DUGAST Armand (1876-1915) – Médecin auxiliaire (adjudant) au 54e régiment d’infanterie. Né le 13 mai 1876 à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Décédé le 18 janvier 1915 à Laval (Mayenne). Aux Méd., 247.

30. FARGUES Emile André Eugène (1877-1918) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant) à l’hôpital d’évacuation n°3, 1ère section (HoE n°3/1) de Saint-Dizier. Né le 14 mai 1877 à Nantes (Loire Inférieure). Décédé le 17 avril 1918 à Saint-Dizier (Haute-Marne) de maladie contractée en service. Mort pour la France. Nantes 1897. Docteur en médecine, 1902 (Faculté de Paris). Aux Med., 258

31. FELTMANN Lucien (1880-1917) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), au service de santé de la 20e région militaire, 10e régiment d’infanterie. Né le 17 octobre 1880 à Saint-Méloir-des-Ondes (Ille-et-Vilaine). Décédé le 13 mai 1917 à l’hôpital militaire Ambroise Paré de Rennes. Mort pour la France. Rennes 1900. Matricule 2576. Docteur en médecine, 1909. Réside à Saint-Meloir-des-Ondes. Aux Med., 260 ; MdH.

32. FISTIE Auguste Joseph Pierre Camille (1879-1917) – Médecin-major de 2e classe des troupes coloniales (capitaine), 26e régiment d’infanterie. Né le 13 juin 1879 à Morlaix (Finistère). Décédé le 21 avril 1917 à Moussy (Aisne). Mort pour la France – JORF, 21 août 1917 : « Médecin, chef de service. A toujours fait preuve de dévouement et d’abnégation. A été tué en inspectant les postes de secours de son régiment ». Aux Med., 262 ; MdH.

33. FOHANNO Léon Jean Eugène (1868-1914) – Médecin-major de 1ère classe (commandant), 25e régiment d’artillerie. Né le 27 octobre 1868 à Pontivy (Morbihan). Décédé le 9 septembre 1914 à Paris. Non MPLF. Croix de guerre – JORF, 11 décembre 1914 : « Médecin qui donna depuis le début de la campagne aux médecins et brancardiers de son groupe, l’exemple du courage et du dévouement. S’est particulièrement distingué en relevant, pendant cinq nuits consécutives, les blessés par différents combats ». Aux Med., 263.

34. FORGEOT Jean Raoul Etienne (1891-1915) – Médecin auxiliaire (adjudant), 4e régiment d’infanterie. Né le 21 octobre 1891 à Brest (Finistère). Décédé le 18 mars 1915 à l’ambulance n°8 aux Islettes (Meuse). Mort pour la France. Brest 1911, matricule 2504. Médaillé militaire. Croix de Guerre – JORF, 15 octobre 1920. « médecin auxiliaire a donné le plus bel exemple de dévouement en se portant à plusieurs reprises sur la ligne de feu pour y panser des blessés. A été mortellement blessé le 18 mars 1915. A été cité ». Aux Med., 264 ; MdH.

35. FORTINEAU Charles (1885-1916) – Médecin auxiliaire (adjudant), 81e régiment d’infanterie territoriale. Né le 27 juillet 1885 à Bois-de-Cessé (Vendée). Décédé le 10 novembre 1916 à Nantes (Loire-Inférieure) de maladie contractée en service. Mort pour la France. Nantes 1905, matricule 610. Etudiant en médecine (Ecole de Nantes). Aux Med., 264 ; MdH.

36. FOURNIOUX Emile Joseph (1879-1915) – Médecin aide-major de 2e classe (sous-lieutenant), 82e régiment d’infanterie territoriale. Né le 21 mars 1879 à Douarnenez (Finistère). Décédé le 7 septembre 1915 à l’hôpital complémentaire n°33 de Langrune-sur-Mer (Calvados) de maladie contractée en service. Mort pour la France. Fontenay-le-Comte 1899, matricule 3003. Docteur en médecine (Faculté de médecine Toulouse, 1906). Aux Med., 265 ; MdH.

37. FREMIN Eugène-Marie (1867-1917) – Médecin-major de 2e classe (capitaine). Médecin chef de la place de Dinan. Né le 7 mai 1867 à Paris. Décédé le 23 juin 1917 à Dinan (Côtes-du-Nord) de maladie (bronchite). Mort pour la France. Aux Med., 267 ; MdH.

A SUIVRE (lettres G-K)

Sources :

Aux Méd. - Collectif. Aux médecins morts pour la Patrie (1914-1918). Hommage au corps médical français. Paris : Syndicat des Editeurs, [ca. 1920-1922], 446 p.

Base Léonore - http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/leonore.htm

MDH - http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/recherche_transversale/bases_nominatives.php

Photo : Dans les boues de la Somme, par Gaston Broquet (1880-1947). Localisé dans les jardins de l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce à Paris.

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MEDECINS MILITAIRES FRANÇAIS EN CAMP DE PRISONNIERS DE GUERRE (1914)

3 Janvier 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

MEDECINS MILITAIRES FRANÇAIS EN CAMP DE PRISONNIERS DE GUERRE (1914)

De Sarrebourg au camp de prisonniers de guerre de Grafenwöhr 1914

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Ces quelques lignes, suite d’un rapport du médecin major de 1ère classe (commandant) Védrines, médecin-chef du 85e régiment d’infanterie sur la bataille de Sarrebourg (18 au 20 août 1914), présentent l’arrivée des médecins et blessés français détenus au camp de Grafenwöhr (Bavière) dans un environnement sanitaire inexistant où plusieurs dizaines de blessés alliés laissèrent la vie.

« [page 3] Les Allemands sont entrés dans l'hôpital [civil de Sarrebourg] entre 16 et 17 Heures. Ils ont mis la main sur tout le personnel et le matériel médical. M. le Médecin major de 1ère Clas­se Mangenot, chef de Service au 95e [régiment d’infanterie], a été pris, avec tout son personnel, dans les Halles de la ville, où il avait installé un autre poste de secours. Les 21 et 22, nous avons continué à donner nos soins aux blessés présents à l’hôpital et à tous ceux qu’on nous amenait encore du champ de bataille. Le 23, est ar­rivé à Sarrebourg un hôpital de campagne allemand.

Le Médecin-chef de cette formation nous a remer­ciés et a déclaré que nous allions être dirigés sur la Suisse. Le soir du 23, on nous, mettait dans un train dans la direction de [Zweibrücken], où nous devions descendre. Là, un certain nombre d’entre nous M. Mangenot, du 95e et M. Lesbre, du 29e, et Proust, du 85e Guillemier et Gustin du 85e, Faverot, médecin-auxi­liaire, du 29e et une cinquantaine de brancardiers, ont pu descendre. Quant aux autres, nous étions enfermés dans le wagon et, malgré nos protestations, nous n’avons pu [page 4] descendre. On nous a emmenés ainsi jusqu’à Grafenwöhr, malgré les réclamations que nous faisions à toutes les gares. Nous avons constaté, en cours de route, que dans le même train, se trouvaient d’autres médecins venus de di­rections différentes. Quoiqu'il en soit, voici les noms des médecins retenus à Grafenwöhr :

Védrines médecin-major de 1ère Classe, 85e RI - Ribes, médecin aide-major de réserve, 85e RI - Morlot, médecin auxiliaire, 85e RI - Lantier, médecin auxiliaire, 85e RI - Segrette, médecin auxiliaire, 85e RI - Séchan, médecin Aide major, 95e RI - Eschbach, médecin aide-major de réserve, 95e RI - Lévy, médecin aide-major de réserve, 95e RI - Apard, médecin auxiliaire, 95e RI - Moineau, médecin auxiliaire, 95e RI - Gavot, médecin auxiliaire, 29e RI - Gaillard, médecin auxiliaire, 29e RI - Lacaze, médecin aide major, 37e RA – L’hommelle, médecin aide-major de réserve, 161e RI - Dumolt, médecin aide-major de réserve, 323e RI - Fournier, médecin auxiliaire, 323e RI - Brisson, médecin auxiliaire, 150 RI - Peltier, médecin auxiliaire, 165 RI - Ballan, médecin auxiliaire, 206e RI - Bovier, médecin auxiliaire, 4e Génie

D’autre part encore sont retenus à Grafenwöhr [page 5] MM, Progent officier d’administration des ambulances du 6e corps - Vaillant, officier d’administra­tion du Groupe de brancardiers de la 40ème division.

Il est à signaler aussi que trente-cinq médecins mili­taires sont également retenus à Ingolstadt, parmi lesquels je puis citer : MM. Proust, du 85e, Lesbre du 29e, Guillemier, du 85e, Faverot, du 29e.

On peut affirmer tout d’abord que les trente-cinq médecins retenus à Ingolstadt sont loin d'y être indispensa­bles, il n'y a à Ingolstadt que sept mille prisonniers dont la plupart non blessés. « J'ai reçu, étant à Grafenwöhr, une lettre de M. Proust qui me dit : "Nous sommes 35 médecins militaires prisonniers à Ingolstadt ». Il ne fait nullement mention des occupations médicales qu’ils pourraient avoir.

Quant aux médecins de Grafenwöhr, voici leur histoire : Nous nous sommes trouvés en arrivant en présence de huit mille prisonniers dont environ six mille blessés, par­mi lesquels quinze cents blessés très graves. Les blessés graves étaient traités dans quatre grands pavillons, les blessés légers dans des écuries et des baraques en bois.

Nous avons dû organiser tout le service avec des moyens de fortune et une instrumentation chirurgicale des plus primitives. Néanmoins, nous avons pratiqué toutes les in­terventions chirurgicales nécessaires en nous montrant extrêmement conservateurs. Nous n'avons pratiqué d'amputa­tions que lorsque nous avons eu la main forcée. Pendant que jour et nuit, avec des moyens rudimentaires, nous soignions nos blessés, arrivaient à Grafenwöhr des médecins mili­taires [page 6] allemands, des instruments, des étuves, et, au bout de quinze jours, nous avons été informés par des af­fiches placardées aux portes des pavillons que désormais – 1) l’accès de ces pavillons était interdit aux médecins militaires français qui n'auraient plus à s’occuper désormais que des blessés logés dans les écuries ou les baraques. Les blessés graves des pavillons seraient traités par les médecins allemands. J’ai écrit aussitôt au général commandant le Camp pour lui demander notre renvoi immédiat en France notre concours ne pouvant plus être considéré comme indispensable. 2) a été répondu que nous étions toujours indispensables, car il devait arriver encore de nouveaux blessés et que d’ailleurs on nous gardait en prévision d’épidémies pos­sibles.

Du 25 août à la fin septembre, il est arrivé au camp encore quatre mille militaires, la plupart non blessés plus deux mille civils. A la fin septembre la plupart des blessés traités dans les écuries étaient guéris et notre rôle consistait à faire la visite journalière, à exempter de corvée les hommes et à envoyer les malades se faire soi­gner à l’hôpital par les médecins allemands. Trois ou quatre médecins auraient suffi large­ment à assurer ce service. A plusieurs reprises, j'ai adressé des réclamations au Général Commandant le camp, m'ap­puyant sur les textes de la Convention de Genève, il m'a toujours été répondu par une fin de non-recevoir.

A peine les médecins allemands avaient-ils pris la direction des pavillons de blessés qu'ils se mettaient à amputer avec rage, tout membre fracturé qui suppurait était aussitôt sacrifié. Ces interventions, d’ailleurs, étaient pratiquées dans des conditions déplorables, comme [page 7] par des praticiens ignorant les règles les plus élémentaires de la médecine opératoire. Nous avons trouvé dans les écuries des blessés assez gravement atteints pour être hospitalisés, mais dans la crainte de les voir amputer nous préférions les soigner dans les écuries avec les moyens dont nous disposions.

Pour moi, dès la mi-octobre, je me suis senti profondément atteint par un mal qui depuis n’a fait qu’empirer. Le général Commandant le camp, après m’avoir fait examiner par un médecin allemand, a consenti à me laisser retourner dans mon pays. J’ai quitté Grafenwöhr le 8 décembre [1914] et suis arrivé à Cosne le 14 décembre. Monsieur le Colonel commandant la Place a décidé que je prendrais les fonctions de médecin chef de la Place, dès que mon état de santé me le permettrait, mais, pour le moment, je me sens absolument incapable d’assurer un ser­vice quel qu’il soit. D’ailleurs, si je parviens à me rétablir, je demande­rai à être renvoyé sur le front – Signé : Védrines »

Une description du camp de Grafenwöhr, en décembre 1914, parue dans le journal La Croix, du 26 décembre 1914 - « Au camp de Grafenwöhr (…) Voici quelques détails sur les prisonniers de guerre en Allemagne. Si vous avez une carte de Bavière, cherchez Grafenwöhr, entre Nuremberg et la frontière d’Autriche ; c’est que nous sommes gardés, dans un camp d’artillerie.

La plupart des bâtiments, casernes, pavillons d’officiers, magasin, etc., rappellent un peu les chalets suisses où le bois encadre la brique et le ciment armé. Les prisonniers sont logés, partie dans les écuries, partie dans des baraquements en planches, tous couverts de carton goudronné. Nous tâchons d’y vivre le plus proprement possible ; on a eu la bienveillance de mettre à notre disposition une machine à désinfecter les habits, de façon que lorsque les poux ou n’importe quels microbes sont signalés dans une « baracke » on peut leur faire bonne chasse.

Nous avons eu de la chance d’être envoyés en Bavière, où les gens sont bons catholiques.

Un Bavarois, en dehors du combat, est le meilleur des hommes, mais il n’en est pas de même de ceux qui ont sur leurs écussons l’aigle à deux têtes.

Tous les jours, sauf le dimanche, on nous emploie à des travaux qui ne sont pas très pénibles, du moins quand la neige ou le vent glacial de la forêt ne s’en mêlent pas. Nous partons le matin en colonne par quatre, chacun portant un pic ou une pelle. De vieux territoriaux bavarois nous encadrent, baïonnette au canon, mais se déclarant plus embêtés que nous de cette guerre et nous expliquant à force de gestes qu’ils ont chacun trois ou cinq enfants à la maison. Quand paraît un officier, on fait passer le mot d’alarme : « vingt-deux », que tous répètent à leurs voisins, et tant qu’on aperçoit sa raide silhouette, on fait semblant de s’acharner au travail.

Les blessés, les malades, ainsi que ceux à qui l’insuffisance de vêtements ne permet pas d’affronter le froid de la forêt, restent aux baraquements. Là sont mêlés l’artilleur au bras amputé, le colonial, le dragon. Là un chasseur alpin panse ses blessures tout en écoutant un pioupiou lui conter ses aventures. Ici, un caporal a remplacé son képi par une casquette bavaroise. Nous avons même un nègre de la Guadeloupe. Tous les uniformes sont mêlés, car à l’hôpital ou au sortir de la mêlée on s’est débrouillé comme on a pu. (…) – extraits. Signé : L.B. »

C’est dans ce camp de Grafenwöhr, pendant son internement que le sculpteur Frédy Stoll (1869-1949), suisse de naissance engagé au 347e Régiment d’infanterie, réalisa la sculpture monumentale du « Géant enchaîné » qui fut déplacée en 1928 du cimetière bavarois à la nécropole nationale des prisonniers de guerre de Sarrebourg inaugurée en 1922. Nouveau clin d’œil de l’Histoire et lien entre Sarrebourg et Grafenwöhr… Sur l’aventure du monument l’on consultera le blog de Michèle Baugillot

Source : Archives du musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 641 (Védrines).

Description du camp de Grafenwöhr, en septembre 1914 : Un camp bavarois, par Edouard Trapp, paru dans le Neue Zürcher Zeitung, extrait de La Guerre Mondiale [de Genève, Suisse], n°12, 14 septembre 1914, p. 91. Autre description du camp de Grafenwöhr, en décembre 1914, parue dans le journal La Croix, du 26 décembre 1914, signée : L.B., extraite de Montvert J, Captivité ! La vie que nous y menons. Paris : Payot, 1915, p. 60-63.

" Là sont mêlés l’artilleur au bras amputé, le colonial, le dragon. Là un chasseur alpin panse ses blessures tout en écoutant un pioupiou lui conter ses aventures. Ici, un caporal a remplacé son képi par une casquette bavaroise. Nous avons même un nègre de la Guadeloupe. Tous les uniformes sont mêlés..."
" Là sont mêlés l’artilleur au bras amputé, le colonial, le dragon. Là un chasseur alpin panse ses blessures tout en écoutant un pioupiou lui conter ses aventures. Ici, un caporal a remplacé son képi par une casquette bavaroise. Nous avons même un nègre de la Guadeloupe. Tous les uniformes sont mêlés..."

" Là sont mêlés l’artilleur au bras amputé, le colonial, le dragon. Là un chasseur alpin panse ses blessures tout en écoutant un pioupiou lui conter ses aventures. Ici, un caporal a remplacé son képi par une casquette bavaroise. Nous avons même un nègre de la Guadeloupe. Tous les uniformes sont mêlés..."

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LE SERVICE DE SANTE DANS LA BATAILLE DE SARREBOURG (18-20 août 1914).

29 Décembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE DANS LA BATAILLE DE SARREBOURG (18-20 août 1914).

LE SERVICE DE SANTE DANS LA BATAILLE DE SARREBOURG (18-20 août 1914).

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Je vous présente aujourd’hui, dans la lignée de ce que je vous propose depuis des mois, un nouvel épisode de la bataille des frontières – vu comme à chaque fois – au travers des témoignages de médecins militaires français prisonniers de guerre. Cette bataille de Sarrebourg de trois jours (18-20 août 1914), fut, relativement aux effectifs engagés, l’une des plus meurtrières de la campagne de Lorraine de 1914. Vous trouverez ci-après ces témoignages exceptionnels de médecins des 85e et 95e régiments d’infanterie, appartenant à la 31e brigade (Reibell), de la 16e division d’infanterie (de Maud’huy) du 8e corps d’armée (de Castelli), restés au plus près des bataillons engagés. L’on recherchera vainement les ambulances divisionnaires affectées à la 16e DI et aux éléments non endivisionnés du 8e CA ; elles ne furent pas déployées car elles auraient été immanquablement sacrifiées. Tout le poids du soutien sanitaire retomba sur les régiments et les autorités civiles locales (soins et logistique) de Lorraine occupée restées à leur poste. Pour illustrer ces journées mémorables, toutes à la gloire des médecins civils et militaires ainsi que des dames du « Vaterländische Frauen-Verein » de Sarrebourg, je propose quelques éléments d’organisation extraits du journal inédit d’Elisabeth François (1864-1953) présenté par Philippe Tomassetti, hébergé sur le remarquable blog du mosellan Pierre Brasme.

Voir la situation des armées engagées, le mardi 18 août 1914, sur le site carto1418.fr

Situation des formations sanitaires de campagne du 8e CA (directeur du service de santé, médecin principal de 1ère classe Vogelin) autour de Sarrebourg (18-20 août 1914) : Le 18 août 1914, les ambulances 4/8 et 6/8 à la disposition de la 16e DI (directeur du service de santé, médecin principal de 2e classe Launois) sont stationnées respectivement à Imling et Heming en position d’attente. Les évacuations sanitaires de la division (150 blessés, le 18) sont effectuées, par voitures de réquisition, sur l’ambulance 3/8 installée au château de Domèvre. Durant l’attaque de Sarrebourg une section du Groupe de brancardiers du 8e CA (GBC 8) vient renforcer, à Bühl, le groupe de brancardiers de la 16e DI (GBD 16, médecin-major Larrieu) débordés par les opérations de relève et de transports des blessés. L’ensemble du poids des évacuations de la 16e DI repose sur l’ambulance 3/8 qui évacue 638 blessés, les 21 et 22 août, sur les hôpitaux temporaires de Baccarat à l’aide de voitures de réquisition. Au retour offensif des Bavarois, la 16e DI doit se replier de Sarrebourg en abandonnant ses blessés confiés aux services régimentaires des 85e et 95e régiments d’infanterie faits prisonniers au complet. Dès le rétablissement de la 16e DI sur la frontière, les 22-24 août 1914, deux nouveaux services régimentaires « à titre temporaire » sont constitués aux 85e et 95e par les soins du GBD 16 : Médecin aide-major Meyer au 95e avec 2 médecins auxiliaires, 1 voiture médicale et 20 brancardiers et autant au 85e RI sous la conduite du médecin aide-major Dioclès.

Situation des moyens civils fonctionnant à Sarrebourg, sous la conduite du médecin d’arrondissement, le docteur Meyer – Hôpital militaire, docteur Mely – Hôpital civil, docteur Muller – Ambulance des Magasins réunis et bazar, docteur Ott – Ambulance du Collège (écoles communales ?), docteur Schwarzkopf – autres ambulances : Maison Meyer, Grand’Rue ; Pensionnat Sainte-Marie des sœurs de la Doctrine Chrétienne, 12 rue Luppin.

A leur arrivée les services de santé régimentaires français s’installent aux Halles (appelées aussi « salle des fêtes » ou « théâtre), aux hôpitaux (lazarette) militaire et civil, au Pensionnat de Sainte-Marie, dans des fermes alentours où des postes de secours de bataillon sont installés de manière rudimentaires…

Au poste de secours de la ferme du Mouckenhof, près de Bühl.

(Témoignage du médecin aide-major de 2e classe (sous-lieutenant) Edouard Lévy, du 95e régiment d’infanterie)

(…) « Les péripéties du combat, qui a précédé l’entrée dans Sarrebourg de la brigade à laquelle j’appartenais, m’ont séparé, vers le milieu de la journée du 18 août ; de mes camarades du 95e d’infanterie et de mon chef de service Monsieur le médecin major de 1ère classe Mangenot. Ce dernier, averti de la présence de nombreux blessés dans une ferme [de Mouckenhof] située en avant de nous, à 3 ou 4 kilomètres au sud-ouest de la ville m’y envoya après avoir essayé en vain de s’y porter avec le personnel et le matériel médical du régiment [page 2] : les plus petits rassemblements et surtout les voitures étant furieusement canonnées. Il réussit à me faire rejoindre par une douzaine de brancardiers qui se glissèrent un à un jusqu’à l’habitation où plusieurs dizaines de fantassins et de cavaliers français s’abritaient.

J’organisai immédiatement un poste de secours dans les salles du rez-de-chaussée. Nous devions y passer soixante-six heures. La ferme, abandonnée des maîtres et des domestiques était gardée par deux adolescents que je jugeai prudent de renvoyer avant la nuit avec un détachement qui passait. Dès le lendemain je pus évacuer sur des voitures de la Croix-Rouge locale dirigées vers nous de Sarrebourg par les soins de Monsieur le Médecin major Mangenot, la moitié environ de mes blessés sous la conduite du caporal-brancardier Bailly. Ces voitures, dont j’escomptai le retour pour achever le transport des hommes restants, ne purent s’aventurer une seconde fois sur une route arrosée d’obus. La canonnade d’accentua et, dans la journée du 20, rendit intenables les abords immédiats de la ferme. Les shrapnells démolirent la toiture, brisèrent les meubles, tuèrent une partie du bétail dans la cour et dans les étables. J’eus à peine le temps aidé des sept brancardiers que j’avais gardés, de transporter dans une cave les blessés étendus dans les diverses pièces de la maison.

L’immeuble fut à partir de ce moment, quoique désigné par deux pavillons de la Croix-Rouge, criblé de projectiles et finalement le matin du 21, incendié par un obus – quelques minutes avant l’irruption dans les cours d’un groupe de fantassins bavarois. Ceux-ci, à qui je me présentai d’abord seul et sans armes, permirent à tous mes hommes de sortir, sans les maltraiter. Je devais bientôt me convaincre que tous nos blessés n’avaient pas été [page 3] ainsi ménagés. En effet, après avoir placé mes premiers compagnons de captivité dans des véhicules réquisitionnés, que les Lorrains avaient conduits (malgré les obus que continuaient à envoyer nos 75 en retraite) jusqu’au voisinage de mon poste de secours, je procédai, sous escorte, au relèvement des soldats tombés la veille sur les pentes au bas desquelles est construit le village de Bühl.

Les Bavarois avaient relevé les leurs dans la matinée. Il restait une centaine de cadavres et quelques blessés immobiles, contrefaisant les morts. L’un d’eux, la face contre terre ne consentit à donner signe de vie qu’en entendant les appels criés en Français à travers ce champ lugubre, par mes brancardiers harassés par 48 heures de veille : le soir tombait et, pour aller d’un corps inerte au suivant les espaces étaient souvent assez longs. – Ce malheureux, le thorax transpercé de part en part, me dit : « Je n’avais qu’une blessure au pied, je m’étais trainé jusqu’à ce fossé où j’ai passé la nuit. Ce matin des colonnes allemandes ont défilé : les soldats ouvraient les sacs des morts ; deux d’entre eux, des jeunes, s’étaient approchés de moi pour fouiller dans des musettes ; en s’éloignant l’un des deux me désigna avec son fusil en riant, l’autre lui répondit en haussant les épaules : alors il tira… L’infortuné dut expirer le soir même dans l’église de Bull où l’on me fit déposer les blessés recueillis, avant de me conduire à Sarrebourg.

Au lazaret de Sarrebourg, la nuit tombée, je retrouvai tous mes confrères de la brigade, prisonniers depuis la veille, occupés à panser et à opérer. Ils avaient été isolés de leurs formations dans l’après-midi du 20 août au moment où les Allemands, au prix d’un combat livré dans les rues, [page 4] réoccupèrent la ville.

Pendant ces journées, je n’ai reçu aucun ordre et aucun renseignement susceptible de me faire comprendre que notre corps d’armée battait en retraite. Je me suis demandé par la suite, en voyant se prolonger pendant onze mois une captivité que je croyais ne devoir durer que quelques jours, si je n’aurais pas mieux fait de regagner Lorquin d’où mon régiment était parti le 18 à l’attaque de Sarrebourg et où il avait cantonné le premier soir de la retraite. Aujourd’hui, édifié sur la conception que se font nos ennemis de la Convention de Genève, il m’apparaît que le médecin, absolument dépourvu des moyens d’évacuer les blessés auxquels il a donné les premiers soins et exposé à être pris, devrait se croire autorisé à les abandonner à la garde d’un ou deux infirmiers. C’est ainsi, semble-t-il, que procèdent les Allemands, qui ont laissé à Lorquin un grand nombre de leurs blessés sans un seul médecin. Il faut reconnaître pourtant que les circonstances seront bien rares où le médecin, jugera que ses malades sont en suffisante sécurité et en état de se passer de ses soins. Je me suis rendu compte de la nécessité d’une direction et d’une autorité au milieu d’un groupe d’hommes affaiblis et désemparés – aussi bien que de l’utilité d’un personnel infirmier courageux et dévoué.

Les sept brancardiers m’ont été d’un précieux secours. Ils ont pendant trois jours de bombardement procédé au transport des soldats tombés aux alentours du poste de secours et assuré leur entretien. L’alimentation du poste n’a pas été, en effet, le moindre de nos soucis : un carré de pommes de pommes de terre et les volailles qu’il fut possible d’attraper permirent de nourrir tout notre monde jusqu’au moment où la pluie de shrapnells eut rendu intenable le séjour hors des caves. Il fallait cependant sortir pour accueillir [page 5] les nouveaux blessés et pour dégager l’issue des débris de tuiles et de pierres dont l’amoncellement nous eut emmurés. Mes infirmiers s’employèrent avec industrie et avec sang-froid à la sauvegarde de leurs camarades. Je dois signaler leur parfaite tenue, voici leurs noms :

Clusel (de Marigny, Allier)** ; Deschames A. (de Bourbon l’Archambault) ; Devineau André (de Dun le Poeber, Indre) ; Darnault Maurice (de Levroux, Indre) ; Mouragnon** (de Bourges) ; Salmon Henri (de Moulins Lesroux, Indre), infirmiers ou brancardiers régimentaires au 95e d’Infanterie. »

** Alphonse Pierre Clusel (1890-1914)

et François Gilbert Mouragnon (1889-1915)

décédèrent au camp de Grafenwöhr [Bavière].

[Service sanitaire sur les routes de Lorraine : Hadigny, Hablainville, Lorquin…]

(Rapport du médecin aide-major de 1ère classe Paul Séchan, du 95e régiment d’infanterie).

«(…) Médecin aide-major de 1ère classe de l’armée active, je suis parti de Bourges le 6 août 1914, en qualité de médecin du 1er bataillon du 95ème d’infanterie. Mon médecin [page 2] chef de service était Monsieur le médecin-major de 1ère classe Mangenot, sous les ordres de qui je servais déjà depuis deux ans. Fait prisonnier le 20 août 1914 à Sarrebourg j'ai été, le 23 août, séparé de Monsieur le médecin-major Mangenot et interné au camp de Grafenwöhr où j'ai eu succes­sivement comme médecins chefs de service : 1° - jusqu’au huit décembre 1914 : Monsieur le Médecin-major de 1ère classe Védrines, du 85° d’infanterie; 2°- depuis cette date et jus­qu'à la fin de ma captivité, c’est-à-dire, jusqu'au 17 juillet 1915 ; M. le médecin-major de 2ème classe Lacaze du 37° Rgt d’artillerie. Déjà, dès les premiers jours de la campagne qui pré­cédèrent notre entrée en Lorraine annexée, le service médical régimentaire fut, en maintes circonstances, fort difficile à assurer. Les marches longues sous un soleil souvent torride éprouvaient de nombreux soldats et parmi eux surtout ceux qui, arrachés brusquement à des occupations sédentaires n’é­taient plus entraînés à de telles fatigues. Malgré toutes les recommandations, la chaleur portait fatalement les hommes à boire de l’eau qui déterminait souvent chez eux des coliques telles qu’il fallait quelquefois les évacuer. Les cas d’inso­lation furent fréquents dans la journée du 10 août où le régi­ment fournit une marche très longue sous un soleil brûlant. Partis d'Hadigny le dimanche 9 août à 23 heures, nous n’arri­vâmes à Hablainville que le lendemain à 20 heures. Au canton­nement, nous nous trouvions fréquemment dans la nécessité de faire des évacuations et la difficulté, du moins tant que nous fûmes en France, ne tenait pas tant au fait d'être obligés de [page 2bis] de trouver des moyens d’évacuation qu’à celui de savoir où nous pouvions bien faire des évacuations. L’emplacement de l’ambulance nous était le plus souvent même inconnu, de même que celui du dépôt d’éclopés. Nous devions alors évacuer sur des localités voisines et cela un peu à l'aveuglette, et les malades ou blessés étaient obligés de ce fait de faire un chemin qui aurait été moins long et moins fatigant pour eux si nous avions été régulièrement informés de l’emplace­ment et de l’ambulance et du dépôt d’éclopés. Ainsi donc, dès le début, nous avons été maintes fois gênés par le manque de liaison entre les différentes formations médicales.

[Service de santé à la Halle de Sarrebourg… avec le 95e régiment d’infanterie]

Cet état de choses n'a d’ailleurs fait que s’accentuer pendant les journées des 18, 19 et 20 août qui furent celles de la bataille de Sarrebourg. Partis de Lorquin le mardi 18 Août à 7 heures, nous entrâmes le soir à Sarrebourg vers 22 heures. Les pertes étaient déjà assez, élevées, et à notre arrivée en ville, nous nous installâmes à la Halle avec le médecin-chef de service et le médecin du 3° bataillon. La journée du 19 août fut relativement peu meurtrière, mais au cours de celle du lendemain le nombre des blessés augmenta dans de très grandes proportions. L'hôpital où était instal­lé le service médical du 85ème d’infanterie et la Halle où nous étions nous-mêmes contenaient un grand nombre de blessés qui ne fit que s'accroître sans cesse au cours de la journée du 20 août. Dès le matin, le colonel Reibell [Emile Reibell, 1866-1950] commandant par intérim la brigade, demandait qu’une ambulance au moins soit envoyée à Sarrebourg où nous nous trouvions débordés. Beau­coup de blessés furent hospitalisés dans des maisons particu­lières de la ville et cela faute de place à la Halle, à l’hôpital [page 3] et dans les écoles de la ville où l'on avait également installé des lits. L’ambulance ne put venir ; le groupe de brancardiers envoya seulement quelques voitures dans la nuit du 19 au 20 qui permirent de faire quelques évacuations Pour nous, médecins régimentaires, nous nous trou­vions avec un poste de secours où arrivaient sans cesse des blessés ; de plus, nous nous trouvions dans une ville qui venait d’être évacuée par les Allemands, et évacuée de telle sorte qu'il ne restait pas le moindre mode de transport. Ni chevaux, ni voitures, ni rien qui puisse nous permettre d’évacuer pendant toute cette journée du 20 août.

Dans le courant de cette journée, qui fut celle où nous fûmes faits prisonniers, nous nous trouvâmes donc

I°- débordés par l'afflux des blessés ;

2°- dans l’impossibilité de faire les évacuations nécessaires par suite de l’absence de tout moyen de transport à Sarrebourg et aussi par le fait que ni l'ambulance ni les brancardiers divisionnaires ne purent venir à notre aide ce jour-là.

Notre situation était encore d'autant plus critique que nous étions dans une ignorance à peu près complète des événements militaires qui se déroulaient. Les Blessés que nous recevions étaient les seuls à nous donner quelques nou­velles. Le matin, vers 11 heures, le colonel fit mettre les musiciens à notre disposition, mais à aucun moment de la journée nous n'avons reçu de qui que ce soit l'ordre de nous replier.

Faits prisonniers le 20 août, vers 16h.30 nous restâmes dans notre poste de secours de Sarrebourg jusqu'au 23. De là, je fus, avec un convoi de blessés et quelques autres médecins [page 4], dirigés sur le camp de Grafenwôhr. Ce que furent ces trois journées où les allemands nous gardèrent à Sarrebourg et ces deux jours de voyage à travers l'Allemagne, ont dû être relatés avec détail par les médecins chefs de service dans leur propre rapport. J'insisterai seulement sur la façon brutale dont les médecins et les blessés ont été traités. Dès l'entrée des Allemands à Sarrebourg, nous avons été dépouillés de la plus grande partie de notre matériel; c'est à peine si l'on nous a laissé quelques paniers à pansements. Dans la cour de l'hôpital, nous avons été dépouillés de notre selle et de nos armes ainsi que de notre trousse médicale. Au cours des deux journées de voyage, les blessés sont restés sans aucun soin, et quand nous sommes arrivés au camp de Grafenwôhr où nous trouvâmes déjà, de nombreux blessés, rien n'était installé pour les recevoir (…) » - signé: Dr Paul Séchan.

Le dossier de Légion d’honneur de Paul Séchan (1886-1962)

(Rapport de monsieur le médecin major de 1ère classe Mangenot, du 95e régiment d’infanterie (extraits)).

« 21 Août - 350 blessés sont pansés par nos propres mo­yens. Un médecin civil, Dr Ott, est venu nous voir, avec une arrogance aussi déplacée qu’inaccoutumée. Ne croyant être vu, il emplit ses poches de comprimés.

Le Lieutenant de garde (Régiment des Gardes du Corps du Roi de Bavière) me vole mon sabre et mon revolver, avec promes­se de me les rendre. Je ne les ai jamais revus. Vers 4 heures M. l’Aumônier Rameau nous apprend que 150 blessés sont sans soins à l’Hôpital civil. Je m'y rends avec un médecin du 85eme qui nous a rejoints. Un chargement de voiture médicale du 29eme Régiment est trouvé au Pensionnat et nous rend les plus grands services.

Le Médecin Aide-major [page 2] Lévy est de retour, étant resté trois jours dans les caves de la ferme de Mouckhenhof avec des bles­sés, sans pouvoir en sortir. De nouveaux blessés sont apportés et nous pansons Français et Allemands. Les brancardiers et voitures sont parait-il insuffisants pour un relèvement rapide. Il est cer­tain que de nombreux hommes succombèrent à l'inanition sur le ter­rain. Le spectacle qui nous est donné dans les salles est d'une indescriptible atrocité. A onze heures du soir, nous nous préparons à sortir de l'hôpital pour retourner aux halles, n'ayant rien mangé depuis midi ; lorsqu'apparaît la masse imposante et ventrue d'un médecin allemand, à qui j’explique notre cas. "Un moment, Monsieur, s'écrie-t-il, où sont mes blessés allemands ?"- Exclamation, indiquant suffisamment ce que cette brute aurait fait, s'il se fut trouvé en présence de blessés français à panser comme nous l'avions fait pour les siens. Il réapparut quel­que temps après et sortit, en disant qu'il allait nous faire accom­pagner. A Minuit, irruption d'un lieutenant, revolver au poing, suivi d'hommes baïonnette au canon, criant : "Où sont les médecins qui veulent se sauver?.." - Les voici lui dis-je, mais ils ne dé­sirent que manger et dormir après avoir soigné les vôtres!

On nous entraîne vers l'hôpital militaire pour prendre des instructions. En route tout s'explique et cet officier, plus civilisé, après nous avoir offert à la cuisine roulante de sa com­pagnie, du pain et du café nous ramène à notre gîte.[page 3] 23 Août - Envoi précipité des médecins et du personnel sanitaire au lazaret, où, sous la menace d'un révolver, en l'absence, je dois le dire, de tout officier, nous nommes fouillés et dépouillés de nos objets personnels, comme de simples malfaiteurs. Sur ma réclamation à un médecin, nous sommes autorisés à reprendre quelques menus objets indispensables. Toute la journée se passe dans l'attente, parqués sur une pelouse du jardin. A 7 heures du soir, l'estomac creux, nous sommes conduits à la gare et embarqués à 23 heures pour Zweibrücken (Palatinat), où nous arrivons à 4 heures du matin.

Trois boites d'instruments régimentaires (2 au 95ème une du 29ème) qui, des différents postes de secours avaient été emportées, sur mon ordre, au Lazaret, y ont également été retenues Dès notre arrivée à Zweibrücken j'adressai au Commandement une ré­clamation, au sujet des faits précités, contraires à la convention de Genève et demandai notre renvoi par la Suisse. Cette réclamation était accompagnée d'une liste indi­viduelle de tous les objets personnels qui nous avaient été pris. Sur la mienne se trouvaient comprises les 3 boîtes d'instruments réglementaires. Aucune réponse.

24 Août - Six d'entre nous, (Mangenot 95eme, Faveret, 95eme, Lesbre, 29eme, Guillemin 85eme, Proust 85eme) descendus du train sont conduits à la prison civile. (Landsgericht gefängnis). Nous restons sans nouvelles des autres qui ont sans doute été maintenus dans le train avec le personnel. 96 blessés français sont hospitalisés au 1er étage de la prison où nous sommes chargés de les soigner sans pouvoir sortir ? L'état d'esprit de la population nous en eut d'ailleurs empêchés. »

[Le service au lazaret de Sarrebourg… avec le 85e régiment d’infanterie]

(Témoignage du médecin-auxiliaire Lantier du 85° régiment d'infanterie)

« Je suis tombé au pouvoir des Allemands le 20 Août vers 5 heures du soir à Sarrebourg-en-Lorraine.- Le Régiment était entré dans la ville le 19 au matin, une bataille très violente avait eu lieu toute la journée et le service de santé du 85ème avait travaillé sans relâche jusqu'à 1 heure du matin pour arriver à relever et à panser les blessés déjà très nombreux. - Le 20, au matin, nous étions prêts à partir, attendant les ordres qu'avait été chercher le Médecin-Major Védrines, quand arriva le cycliste du Colonel nous donnant Bühl comme lieu de destination. Une demi-heure environ s'écoula et nous vîmes apparaître notre médecin-chef et organisa aussitôt le convoi et déjà nous étions en route quand éclata une violente canonnade ; les obus arrivaient exactement sur la route que nous devions suivre, un éclat effleura même le médecin-major. Celui-ci nous ordonna alors de descendre vers la partie basse de la ville pour essayer de nous rendre à Bühl par un autre chemin ; mais après avoir interrogé plusieurs personnes de la ville, nous acquîmes la conviction que [page 2] c'était là, chose impossible ; le convoi fit alors demi-tour pour regagner la route abandonnée ; les premières voitures y étaient déjà engagées quand survint le Colo­nel Reibell, commandant la brigade qui nous donna l’or­dre de rentrer à l'hôpital et d’y installer les postes de secours.

Les blessés ne tardèrent pas d’ailleurs à arriver en très grand nombre, tout l’hôpital fut bientôt plein, les couloirs étaient occupés. Les blessés nous ren­seignaient un peu sur la marche de la bataille, nous savions que le Régiment reculait, bientôt la fusillade éclata dans les rues et quelques instants après les Allemands entraient à l'Hôpital.- Un officier allemand pénétra dans la salle où je travaillais avec quelques camarades et dit simple­ment : vous êtes médecins, continuez Messieurs - Il revint un instant après nous demander nos armes sans se départir de sa correction.

Le 20 [août], jusqu'à minuit - Le 21 - le 22 nous con­tinuâmes à panser les blessés qui étaient immédiatement évacués - Des formations allemandes étaient arrivées - le médecin-chef de l'Ambulance allemande (feldlazarett) nous traite durement disant au personnel de ne nous donner de quoi manger et de ne nous laisser reposer que quand tout le travail serait complètement terminé. - Nous fûmes nourris grâce à l’obli­geance des Dames de la ville, mais beaucoup d’entre nous furent obligés de coucher dans la salle de pansements.- Le 23 [un officier allemand] qui avait, je crois, le grade de Général nous fit appeler et nous dit de cesser immédiatement notre travail et nous remercia du dévouement dont nous avions fait preuve depuis notre prise ajoutant que le soir même nous partirions par la Suisse. - A ce moment [page 3] des sous-officiers nous emmenèrent dans le jardin de l’hôpital pour procéder à une fouille - Chacun de nous dût s’avancer à son tour entre 2 hommes révolver au poing pendant qu'un sous-officier [revêtait ?] consciencieuse­ment ses bottes enlevant les couteaux et même la corres­pondance - A midi, deux médecins allemandes nous condui­saient dans un restaurant de la ville pour y prendre un re­pas et le soir à 9 heures munis d'un passeport pour Zweibrücken nous prîmes le train à la gare de Sarrebourg. - Quand nous voulûmes des­cendre à Zweibrücken les portes étaient fermées et malgré nos protestations le train continua sa route jusqu’à Grafenwôhr où il arriva après 40 heures de trajet.- Le long du par­cours comme régime - pain, eau et une vague soupe au riz. (…) »

(Témoignage du médecin major de 1ère classe Védrines, médecin chef du 85e régiment d’infanterie.)

"J'ai été fait prisonnier à Sarrebourg, le 20 Août, avec tout mon personnel médical. Le 19 Août, j’avais installé mon poste de secours à l’hôpital de Sarrebourg, et là, jusqu’à minuit, les bran­cardiers et médecins auxiliaires ont battu le champ de bataille [page 2]- s'étendant du Petit-Sick à Bühl. Jusqu’à minuit, avec les médecins sous mes ordres, j’ai opéré, pansé, ligaturé les blessés qui m’étaient amenés par centaines. De plus, le 19, sur la demande de mon chef de Corps, j’ai fait installer vers midi, un poste de secours au village de Bühl. Le médecin chargé de ce poste a ramené à l’hôpital de Sarrebourg tous ses blessés, le 19 vers dix heures du soir.

Le 20 [août] au matin, à six heures, constatant que l'hôpital de Sarrebourg était bondé de blessés, je suis allé trouver M. le Colonel Reibell,- commandant la brigade, pour demander des moyens d’évacuations pour ces blessés. M. le Colo­nel Reibell a envoyé une note à la Division, réclamant instamment une ambulance. A mon retour à l'hôpital, j’ai trouvé une note de M. le Colonel Rabier, commandant le 85ème, note dans laquelle il me faisait connaître qu’il se trouvait à Bühl. J'ai aussitôt rassemblé mon matériel et réuni mon personnel, et me suis mis en route pour Bühl au milieu des obus qui pleuvaient sur la ville, notamment au voisinage de l'hôpital, car des batteries d’artillerie et des mitrail­leuses françaises étaient installées tout contre ce bâtiment. A peine avions-nous fait quelques pas hors d:e l’hô pital que j’ai reçu une blessure insignifiante (éclat d'obus) a la pommette gauche, et qu’une maison s'écroulait de­vant nous, nous barrant ainsi la route. Au cours d'un dé­tour que nous faisions pour continuer notre chemin nous avons rencontré M le Colonel Reibell qui nous a interdit de nous rendre à Bühl déclarant qu’il était absolument im­possible de passer. Cet officier supérieur m'a donné l'ordre de m'installer [page 3] à nouveau à l'hôpital de Sarrebourg. Là, j’ai continué à recevoir des blessés qui arrivaient de plus en plus nombreux : blessés du 85ème, du 95ème, du 29ème.

Pendant que nous nous occupions très activement de tous ces blessés, le bombardement devenait de plus en plus violent et l’on commençait à entendre la fusillade. Beau­coup de blessés, ont été blessés à nouveau ou tués dans leur lit d'hôpital.

Les Allemands sont entrés dans l'hôpital entre 16 et 17 Heures. Ils ont mis la main sur tout le personnel et le matériel médical. M. le Médecin major de 1ère Clas­se Mangenot, chef de Service au 95ème, a été pris, avec tout son personnel, dans les Halles de la ville, où il avait installé un autre poste de secours.

Les 21 et 22 [août], nous avons continué à donner nos soins aux blessés présents à l'hôpital et à tous ceux qu’on nous amenait encore du champ de bataille. Le 23, est ar­rivé à Sarrebourg un hôpital de campagne allemand. Le Médecin-chef de cette formation nous a remer­ciés et a déclaré que nous allions être dirigés sur la Suisse. Le soir du 23, on nous, mettait dans un train dans la direction de Zweibrucken, où nous devions descendre. Là, un certain nombre d’entre nous M. Mangenot, du 95ème et M. Lesbre, du 29ème, et Protet, du 85ème, Guillemier et Justin ; du 85ème, Faverot [Faveret du 95e], médecin-auxi­liaire du 29ème et une cinquantaine de brancardiers, ont pu descendre (...)."

Pour en savoir plus :

Parmi les « incontournables », sur la bataille des frontières :

http://chtimiste.com/batailles1418/morhange2.htm

http://www.sambre-marne-yser.be/article.php3?id_article=99

Didier J., Des moissons tachées de sang. Lorraine 1914. Metz : éditions Serpenoise, 2010, 168 p. Sur la bataille de Sarrebourg, p. 107-128, ill. avec cartes. Jacques Didier, une référence sur "les" batailles de Lorraine présente le « point de vue » français puis allemand. Son blog : http://jadier.canalblog.com/

Sources : Archives du musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, Paris. Cartons 636 (Lévy), 637 (Lantier), 638 (Mangenot), 640 (Séchan), 641 (Védrines).

Archives du service historique de la défense, Vincennes [en ligne, Mémoiredeshommes] 26N 130/1 (DSS 8 CA) et 26N 297/11 (GBD 16).

http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=2&titre=journaux-des-marches-et-operations-1914-1918

Illustration : les halles de Sarrebourg (détail d'une carte postale).

A VENIR : Quelques témoignages inédits de médecins militaires français sur le « chemin de croix » des prisonniers blessés, dans les camps d’Allemagne, après la bataille des frontières : 1 - Grafenwöhr (août 1914).
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UN GRAND RABBIN DANS LA GRANDE GUERRE, Abraham Bloch...

21 Décembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

UN GRAND RABBIN DANS LA GRANDE GUERRE, Abraham Bloch...
SORTIE : 15 novembre 2013

En cette fin d’année un ouvrage sur un "sanitaire" dont il reste à signaler, avec retard, la sortie : la biographie de l’aumônier militaire israélite Abraham Bloch (1859-1914), de la 14e section d’infirmiers militaires de Lyon, « tué à l’ennemi ». Je ne peux le « conseiller », ne l’ayant pas encore lu…

Cette fin d’année est vraiment difficile pour les passionnés de 14-18 qui ne savent où donner de la tête devant les étalages des libraires… Aussi pour ceux dont la « cagnotte 14-18 » est encore rebondie, cette présentation de l’éditeur vous est destinée ; quant à moi j'attendrai des jours meilleurs...

UN GRAND RABBIN DANS LA GRANDE GUERRE

Abraham Bloch, mort pour la France, symbole de l’Union Sacrée.

par Paul Netter

Editions Italiques, Broché 14 x 21 cm ; 144 pages ; 75 illustrations ; ISBN : 978-2-35617-012-5.

Présentation de l’éditeur :

Cette première biographie d’Abraham Bloch, écrite par son arrière-petit-fils, nous fait découvrir sa vie, son parcours et sa mort par le texte et par l’image : lettres et archives personnelles, carnet de guerre, articles de journaux, poèmes, extraits de livres, cartes postales…

Le 29 août 1914, au col d'Anozel, sur le front des Vosges, le Grand Rabbin Abraham Bloch, aumônier israélite et infirmier-brancardier volontaire, est tué par un éclat d'obus en portant un crucifix à un soldat catholique mourant qui l'a pris pour un prêtre. Cet acte héroïque et cette mort exemplaire vont faire de lui un symbole de l'Union Sacrée de tous les Français face à la menace allemande. Issu d'une famille alsacienne qui a opté pour la France en 1870, Abraham Bloch, diplômé du Séminaire Israélite de Paris, est d'abord rabbin à Remiremont en 1883. Grand Rabbin d'Alger en 1897, à une époque où les journaux et les ligues anti-juives se déchaînent, il est confronté à la violence politique et à des drames personnels, et il est même victime d'une tentative d'assassinat. De retour en métropole, il est nommé en 1908 Grand Rabbin de Lyon. En 1913, malgré son âge - 53 ans ! -, Abraham Bloch se porte volontaire comme aumônier israélite aux Armées. La déclaration de guerre le ramène dans les Vosges et l'entraîne vers le destin hors du commun qui le mène au sacrifice suprême et à la gloire. Le récit de sa mort, annoncée à sa veuve par un Père jésuite, est repris par les journaux français et étrangers, puis par des poètes et écrivains comme Maurice Barrès qui célèbrent le rabbin patriote et héroïque. Très vite, l'histoire d'Abraham Bloch devient légende, puis mythe avec des célébrations officielles, des inaugurations de monuments, des hommages publics qui se succèdent tout au long du XXe siècle à Paris, à Lyon, à Alger... Cette première biographie d'Abraham Bloch, écrite par son arrière-petit-fils, nous fait découvrir sa vie, son parcours et sa mort par le texte et par l'image : lettres et archives personnelles, carnet de guerre, articles de journaux, poèmes, extraits de livres, cartes postales...

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