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SANITAIRES AU FORT DE MANONVILLER 1914

6 Décembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

SANITAIRES AU FORT DE MANONVILLER 1914

Un médecin militaire témoigne…

« Rapport de captivité fourni par le docteur Blusson, médecin aide-major de 1ère classe de réserve, médecin au fort de Manonviller (Meuthe-et-Moselle), rentré le 7 septembre [1914] de captivité à Constance où il avait été emmené prisonnier avec ses blessés après la reddition du fort, médecin civil à Bénaménil, chargé en temps de paix du service du fort de Manonviller.

Je me suis rendu au fort de Manonviller le 31 juillet 1914 à 18h 30 sur réquisition de M. le chef de bataillon Rocolle, commandant d’armes. Afin de pouvoir rejoindre mon poste le plus rapidement possible, craignant une attaque brusquée, je pris ma voiture automobile, cette voiture qui se trouvait par conséquent au fort au moment de la reddition a été prise par l’ennemi sans qu’aucun bon ne m’ait été fourni.

Durant les premiers jours de la mobilisation et avant que nos troupes aient pris l’offensive, le fort avec ses tourelles, Nord, Sud, Br, fit de l’excellent travail en tirant sur de nombreuses patrouilles de cavalerie qui se montraient sous le feu de nos canons. Nous pouvions voir aussi défiler sur la route de Igney à Amenoncourt des troupes allemandes, artillerie, cyclistes, infanterie contre lesquelles malheureusement, étant donnée la distance, nous ne pouvions rien.

[page 2] Lors de l’offensive de nos troupes, nos canons détruisirent ou endommagèrent sérieusement des batteries allemandes placées sur la cote de St. Martin et des escadrons ou pelotons de cavaliers ennemis aperçus aux environs de la ferme de Grand Seille, des Amienbois, dans la direction de Xousse et Leintrey. La position des troupes ennemies nous était fréquemment signalée par l’instituteur de Leintrey et cela malgré la présence dans ce village de cavaliers allemands – et communication faites par voies téléphoniques.

Nos troupes s’étant portées en avant sur la ligne Blamont, Avricourt, Maizières, le rôle du fort fut nécessairement réduit à celui de spectateur. Puis nos troupes se replièrent (21 août) et nous n’aperçumes que peu de troupes allemandes durant cette retraite, l’ennemi semblait éviter le fort et passer sur la lisière Nord de la forêt de Parroy (Benamenil – Crion – Sionviller) ou sur la lisière de la forêt de Mondon (Hablainville – Azerailles).

Le 24 août, vers 5 heures du soir, un aéroplane allemand est venu survoler le fort à faible hauteur, faisant deux fois le tour de l’ouvrage, ce qui nous a permis de penser qu’il le photographiait.

Le 25 août à 9h 20 du matin est tombé sur le fort le premier obus allemand (- coup long –) passant exactement au-dessus d’un groupe d’officiers en observation sur le parapet. Immédiatement le pont-levis est levé et le blindage de toutes les ouvertures effectué, soit à l’aide de rails, soit à l’aide de nombreux sacs à terre préparés à l’avance. Du 25 août à 9h 20 du matin et durant 53 heures consécutives sans aucune interruption (si ce n’est une interruption [page 3] de 3/4 d’heures environ dans la nuit du 26 au 27) le fort fut bombardé à raison de 180 à 230 obus par heure. Les constations qui ont pu être faites, débris de projectiles, ogives trouvées, ont permis de penser que l’on avait à faire à des obus de 280 voire même 305 et de calibres inférieurs. Après une heure 1/2 de bombardement, la tourelle Sud (fonte dure) était déjà sérieusement endommagée, quelques heures après le bombardement une gaine circulaire s’effondre rendant le passage impossible, les observatoires d’artillerie ne signalaient aucune troupe importante en avant de nous, quelques patrouilles de deux ou trois cavaliers. Un ballon captif allemand était aperçu du côté d’Amenoncourt, il fut tiré sur lui sans résultat. Impossibilité de pouvoir situer la position des batteries allemandes.

Dès le premier jour, les gaines, les casemates, les tourelles étaient envahies par une fumée noirâtre et jaunâtre particulièrement asphyxiante dégagée par l’explosion des projectiles. Dans la nuit du 25 au 26 j’ai dû donner mes soins à près de 150 hommes atteints d’un début d’asphyxie. Devant cet état de choses, je priai le capitaine du génie de bien vouloir mettre à ma disposition les tubes d’oxygène destinés à la télégraphie optique dont le poste venait d’être démoli. Grâce à ces tubes aussitôt que m’était signalé un endroit où les vapeurs asphyxiantes étaient particulièrement intenses, immédiatement les brancardiers se rendaient à l’emplacement indiqué, avec un tube dont le dégagement gazeux permettait de créer une atmosphère un peu plus respirable.

[page 4] Les 25 et 26, le bombardement continua sans relâche morale des hommes et de toute la garnison [excellent.] Plusieurs blessés dont les premiers l’ont été de la façon suivante : un officier et plusieurs hommes allant porter des sacs à terre devant la porte d’entrée, un obus perfore cette porte projetant de nombreux éclats qui atteignirent l’officier (lieutenant Fora) et trois hommes dont l’un mourut dans la nuit, de fracture du crâne. Plusieurs casemates, en particulier celle des officiers de la 10e cie étaient sérieusement atteintes, c’est miracle qu’aucun d’eux n’ait été blessé. Un d’entre eux qui portait sa jumelle en sautoir a vu cette jumelle écrasée sans que lui n’ait subi aucun dommage. Des fissures sont constatées dans de nombreux endroits, les gaines et casemates sont envahies par les gaz. La tourelle nord, autant que je puis me rappeler était indisponible dès ce moment, l’approvisionnement en projectiles de ces tourelles fut évacué dans la crainte qu’un nouvel obus ne les fit sauter.

Le 27 au matin, le bombardement redouble et l’on sent très bien (ébranlement sérieux du fort, plus grande intensité des détonations) que les obus lancés sont d’un plus gros calibre. Vers midi, un obus tombé sur l’ambulance fit fléchir nettement sous mes yeux, la voûte de celle-ci qui après, se réfléchissant, repris sa forme primitive sans autre détérioration qu’une fêlure.

Trouvant que dans ce local la sécurité était plus que relative, après avis du commandant d’armes et du capitaine du génie, je me mis en devoir de transporter ma table d’opération dans une gaine voisine de la casemate du gouverneur. Là, se trouvaient 25 à 30 hommes que je fis reculer un peu plus loin pour établir mon installation. A peine venais-je [page 5] de donner cet ordre que la voûte s’effondrait, blessant grièvement deux hommes (l’un fracture du crâne, l’autre fracture de la clavicule). Moi-même je reçus sur la tête un énorme débris de maçonnerie qui ne me causa que peu de mal grâce à l’idée que j’avais eue de placer dans mon képi, trois ou quatre mouchoirs de poche.

La situation devenait critique, une casemate dans laquelle heureusement ne restaient que quelques hommes s’effondre en en ensevelissant un sous les décombres et en en blessant deux autres (l’homme enseveli a pu être retiré dans la nuit du 27,il a été retrouvé courbé en deux, la colonne vertébrale brisée, la tête aplatie d’arrière en avant). A ce moment se trouvaient à l’infirmerie une vingtaine de blessés, dont huit ou neuf (dont 2 officiers) ne pouvaient marcher.

Vers deux heures du soir, le 27, la situation devient intenable, le fort est ébranlé de toutes parts, les gaines sont envahies de plus en plus parles gaz délétères et les hommes cherchent de tous côtés, un endroit où ils puissent respirer. Les gros obus dont il sera parlé tout à l’heure éclatent exactement sur le fort, chaque chute de l’un d’entre eux, nous avons nettement l’impression, le moral étant toujours parfait, que nous sommes sous la menace imminente ou d’une asphyxie complète, ou d’un ensevelissement total.

Le Conseil de défense se réunit pour envisager la situation dans une première réunion dont je n’ai pas connu le résultat. Vers 15 heures (autant que mes services soient exacts) nouvelle réunion du Conseil de défense qui envisage la possibilité d’une sortie reconnue impossible (En effet les fossés sont à moitié comblés, les parapets n’existent plus, les abords du fort sont impraticables, la grille d’avancée sérieusement [page 6] endommagée semblait présenter un obstacle des plus sérieux). Devant cet état de choses, le Conseil de Défense considère que résister plus longtemps vouerait à une mort certaine et sous peu de temps (asphyxie ou ensevelissement) la garnison toute entière, et cela sans aucun profit pour les opérations, la défense ou le pays. Il décide, à regret, les larmes aux yeux, d’abandonner le fort dont les tourelles, les canons-révolvers sont inutilisables.

La garnison sort avec les honneurs de la guerre et, le colonel ou général allemand félicite la garnison en la personne de son Commandant sur sa bravoure et sa ténacité. Nous apprenons par les allemands que nous étions bombardés par des batteries installées sur voie ferrée, à la gare de Deutsch-Avricourt, ils s’étonnent que nous n’ayons pas eu connaissance de l’emplacement de leurs batteries.

Un capitaine de pionniers, parlant très bien le français nous a montré le plan du fort qu’il possédait, il nous apprend que les obus lancés sur nous dans la dernière journée sont du diamètre de 42,5 mesurent 1m30 de haut contenant 100 kgs. d’explosifs, un ou deux culots de ces obus ont été vus sur le fort après le bombardement. Les pièces tirant des obus étaient installées sur voie, à la gare de Deutsch, sur un raccordement de la ligne Avricourt-Strasbourg ou Avricourt-Dieuze.

Les affuts, d’un poids très lourd, ne peuvent guère être amenés que par voie ferrée, ils rouleraient sur rails, la portée maxima de ces canons est parait-il de 15 kilomètres, le maniement de ces pièces était effectué par des ingénieurs ou ouvriers de l’usine Krupp. [page 7] J’ai quitté le fort de Manonviller le 29 août au matin, avec mon personnel (A) et mes blessés pour me rendre à la gare de Blamont, là, nous fûmes embarqués dans un train contenant des blessés allemands en grande quantité, nous fûmes dirigés par Strasbourg sur Appenweis et Offenburg, et après deux jours et deux nuits de voyage, nous fûmes enfermés à Constance où j’étais en compagnie du sous-lieutenant Villard du 19e Dragons et du lieutenant Claudel, blessé au fort de Manonviller. L’attitude des officiers allemands à notre égard, fut bienveillante.

Après 5 jours de captivité, le personnel sanitaire et moi fûmes reconduits à la frontière suisse à Kreuzlingen, d’où un officier suisse nous accompagna jusqu’à Berne. – A Berne, l’Etat-major suisse nous fit diriger sur la gare frontière des Verrières.

Je suis allé me présenter à la Place de Pontarlier où j’ai pris le train pour Besançon, me mettant dans cette ville immédiatement à la disposition de M. le général commandant la 7e région. Je me permettrai de signaler l’accueil particulièrement bienveillant et chaleureux des officiers suisses qui, durant toute la traversée de leur pays, ne permirent pas que mes hommes et moi eussent à dépenser quoi que ce soit pour leur nourriture ou leur voyage. Signé : Blusson. »

  1. Garnison de Manonviller : 803 personnels, dont 23 officiers et 56 sous-officiers – Personnel du service de santé : médecin aide-major Blusson, médecin auxiliaire Servet, huit infirmiers (Demoyen, Lacoste, Louis, Pelingre, Verrier, Richard, Pereb, Declerc).

Source : Arch. Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 634 (dos. Blusson).

Pour en savoir plus :

Site officiel du fort de Manonviller

Sur les autres hôpitaux militaires de siège traités dans ce blog : Givet, Montmédy, Longwy, etc.

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ANTONIN ARTAUD DANS LA GUERRE, par Florence de Mèredieu.

1 Décembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes

ANTONIN ARTAUD DANS LA GUERRE, par Florence de Mèredieu.

Sortie : 20 Novembre 2013

A propos d’un cas… Antonin Artaud (1896-1948), « soldat d’infanterie, ajourné puis trois fois réformé (1914-1918) ».

Florence de Mèredieu après une magistrale biographie d’Antonin Artaud (« C’était Antonin Artaud », Fayard, 2006, 1087 p.) nous propose aujourd’hui : « La Guerre d’Antonin Artaud », période de 1914-1918 qui avait été à peine abordée dans sa biographie citée précédemment. Son ouvrage est découpé en six parties, dont la première (p. 15-126) et les documents annexés (p. 317-343) intéressent la « Grande » Guerre d’A. Artaud qui paraît s’être limitée aux seuls murs de l’infirmerie du 3e régiment d’infanterie de Digne. L’amorce de son combat contre ce que l’on appelait alors la « neurasthénie » laquelle proliféra, s’aggrava et l’accompagna au fil de sa vie de maisons de santé en asiles, nous est présentée par l’auteur à la façon d’un entomologiste. Florence de Mèredieu, dans un livre très dense, introduit en marge le cas Artaud dans le creuset explosif des « mécanique(s) asilaire et guerrière », pour mettre douloureusement en évidence les traitements coercitifs contre les « embusqués du cerveau » mis en œuvre par la médecine civilo-militaire. Ce nouveau « réquisitoire » après ceux de Sophie Delaporte et de Jean-Yves Le Naour présente l’un des aspects les plus controversés de l’historiographie médico-militaire 1914-1918.

L’ouvrage se poursuit (p. 127-317), en six parties sur la « Guerre continuée » (1919-1939) ; « exilé dans son propre pays » (1939-1946), « La période de Rodez, résistances et machines de guerre », « stratégies de guerre et manières d’écrire », « l’après-guerre, le retour, l’ère atomique » (1946-1948). Ces monuments d’esthétismes littéraires m’éloignent de ma thématique 14-18… encore que loin de l’esthétisme, il y a un petit quelque chose de « surréaliste », de baroque, en un mot de rafraîchissant à découvrir – parmi tant d’autres informations passionnantes - la filmographie d’Antonin Artaud dans son rôle du soldat Vieublé, l’ouvrier parigot fin saoul, le « crisard » des Croix de Bois de Dorgelès, dans le film éponyme (1932) de Raymond Bernard. [Ici c’est moi qui cite l’extrait avec jubilation, puisé aux meilleures sources – Je souhaite que Florence de Mèredieu ne m’en tienne pas rigueur de l’associer à son ouvrage -, en souvenir du « soldat d’infanterie, ajourné puis trois fois réformé» qui n’a probablement jamais vu les tranchées :]

  • « Et moi, Vieublé, soldat de deuxième par protection, médaillé militaire et croix de guerre. Si les boches n’aiment pas la lumière, je les em… !».
Présentation de l'éditeur :
Mr Mutilé, Mr tronçonné, Mr amputé, Mr décapité dans les barbelés et les guillotines du pouvoir discrétionnaire de la guerre. (Antonin Artaud).

1914-1918 : une génération d'artistes et d'écrivains (Artaud, Breton, Masson, Céline...) est projetée dans la Grande Guerre, ses tranchées, ses champs de bataille (Verdun), ses morts et ses blessés psychiques. Des Centres de neuropsychiatrie sont créés pour traiter au plus vite les malades sans blessures apparentes, et les renvoyer au front.


Cette guerre de 14-18, Antonin Artaud (1896-1948) ne cessera de la revivre. Comme acteur de cinéma, dans Verdun, Vision d'histoire et Les Croix de bois. Comme écrivain, auteur et acteur de théâtre. Les textes et dessins de ses derniers cahiers sont l'expression de la guerre littéraire et graphique qu'il mène à l'encontre d'une société qui a fait de lui : un mutilé, un amputé, un déporté de l'être.


Entre les deux conflits (de 1918 à 1939), se mettent en place un processus de guerre continue (Michel Foucault), une société de plus en plus technicisée et médicalisée, une brutalisation de masse (George Mosse) de la société civile et la montée d'une forme d'hygiène mentale et sociale dont le dévoiement aboutira, en Allemagne, au fascisme hitlérien. 1939-1945 : Hitler (soigné lui aussi, durant la Première Guerre, dans un centre psychiatrique) entraîne l'Europe et le monde dans une guerre d'extermination.


Artaud connaît alors les asiles psychiatriques, la faim, les électrochocs. Ce livre plonge au coeur même de ce qui fit l'essentiel de l'histoire politique et culturelle du XXe siècle. La grande histoire s'écrit au rythme de la littérature et des arts de la première moitié du siècle. On y croise ces psychiatres (et psychanalystes) qui ont nom Charcot, Freud, Babinski, Toulouse, Grasset, Tausk, Allendy, etc.


Ce qu'Edouard Toulouse nommait la biocratie marque, aujourd'hui encore, l'ensemble de notre société.

Florence de Mèredieu : écrivain et universitaire (Paris I-Panthéon/Sorbonne-Philosophie. Esthétique et sciences de l'art). Auteur d'ouvrages sur Picasso, Duchamp, Masson, le Gutai, Van Gogh... Et d'un ensemble d'études sur l'oeuvre et la vie d'Antonin Artaud: C'était Antonin Artaud, biographie, Fayard, 2006. Antonin Artaud, Portraits et Gris-gris, 1984-2008 ; Sur l'électrochoc, le Cas Antonin Artaud, 1996 ; La Chine/Le Japon d'Antonin Artaud, 2006, Blusson. L'Affaire Artaud, Fayard, 2009, etc.

http://www.editions-blusson.com/

A lire dans le Journal Ethnographique en ligne, du 1er mai 2015, l'interview de Florence de Mèredieu par Jean Joseph Goux : Artaud. Guerre, Pouvoir et Psychiatrie.

MISE A JOUR : 9 janvier 2016

A lire ou à écouter sur France-Culture, sur des sujets connexes et difficiles qui me sont chers sur l’hygiène mentale, les mutilations volontaires et le « torpillage » à la façon médico-militaire, durant la guerre 1914-1918 :

L’ouvrage devenu « classique » de Sophie Delaporte, Les médecins dans la Grande Guerre, 1914-1918. Paris : Bayard ; 2003, 224 p.

Jean-Yves Le Naour, Les soldats de la honte. Paris : Perrin ; 2011, 280 p. – Paris : Perrin (Tempus poche) ; 2013, 222 p.

Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la Grande Guerre et la mémoire collective (1914-1999). Paris : O. Jacob ; 1999, « Mutilations volontaires », p. 38-41 et aussi André Bach (général), Fusillés pour l’exemple, 1914-1915. Paris : Tallandier ; 2003, 617 p. dont le chap. X (p. 321-373) n’est pas à la gloire du service de santé militaire : « La mort pour les lâches qui se mutilent ! ».

L’ouvrage le plus récent sur le sujet est une très belle étude régionale (France Ouest) ; un modèle qu’il serait possible de multiplier à l’échelle nationale : Stéphane Tison et Hervé Guillemain, Du front à l’asile, 1914-1918. Paris : Alma ; 2013, 416 p. Lire une analyse (20 janvier 2014) de l'ouvrage par Fabrice Boyer : Le “4e fiévreux” ou la folie en bleu horizon (1) dans le Carnet BCU 1914-1918 de l'université de Clermont-Ferrand.

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LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (1er au 5e CA)

25 Novembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

LES J.M.O. DES AMBULANCES (1914-1918), AU VAL-DE-GRACE (1er au 5e CA)

Je propose au lecteur, dans les livraisons à venir, des notes relevées dans les années 1995 au musée du service de santé des armées, lesquelles précisent les journaux des marches et opérations conservés dans leurs fonds. Ces informations peuvent avoir – encore - un grand intérêt pour le chercheur à la recherche d’éléments sur ces formations sanitaires dont les JMO ne sont pas encore numérisés par le ministère de la Défense...

Ces JMO peuvent être consultés, sur place à Paris et sur rendez-vous : au Musée du service de santé des armées, 1 place Alphonse Laveran, 75230 Paris-cedex 05.

Classification des ambulances de la Guerre 1914-1918 :

« Les ambulances furent affectées à leur mise sur pied, à raison théoriquement d’une par division de cavalerie ; deux, par division d’infanterie ; seize, par corps d’armée…

On identifiait ces ambulances par une fraction dont le numérateur représentait un numéro d’ordre, et le dénominateur, le n° de la grande unité de rattachement. Exemple : 1/137, ambulance n°1 de la 137e DI ; 5/5, ambulance n°5 du 5e CA.

Toutefois cette belle architecture ne prévalait que pour le jour de la mobilisation, de la mise sur pied et pour les quelques jours et semaines qui suivirent. Rapidement, lors de la « bataille des frontières » et d’une manière générale lors des mouvements de la « Course à la mer », le rattachement mécanique aux grandes unités (GU) fut bouleversé. Aussi est-il illusoire – comme on peut le lire encore trop souvent – de vouloir rattacher une ambulance quelconque – à de rares exceptions – à l’épopée d’une grande unité durant la Grande Guerre. L’histoire de chaque ambulance doit être singularisée et c’est ce qui fait toute la difficulté du suivi de leurs pérégrinations sur les théâtres de guerre.

Ce rattachement évolua rapidement. Il suffit de consulter quelques journaux de marches et opérations (JMO) pour s’en convaincre. Dans un premier temps l’on individualisa l’ambulance en tant que formation sanitaire sans jamais la rattacher à un CA organique qui pouvait se situer à des centaines de kilomètres de l’ambulance déployée au sein d’un nouveau CA. L’on choisit alors de l’identifier par l’appellation générique de « groupe » en lieu et place de CA. Exemple : 10/12, ambulance n°10 du 12e groupe [initialement, en 1914, 12e CA] » (Olier F, Quénec’hdu JL, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, III, 20-21).

Ambulances du 1er corps d’armée (1914), devenues ambulances du 1er groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/1 – 1 vol. JMO du 3/08/14-1915.

Ambulance 2/1 – 1 vol. (3/08/14-1916).

Ambulance 3/1 – 1 vol. (22/03/16-1/11/19).

Ambulance 4/1 – 1 vol. (12/11/16-31/12/16) ; 1 vol. (01/01/17-28/07/18) ; 1 vol. (29/07/18-1/01/19).

Ambulance 5/1 – 1 vol. (3/08/14-13/03/16) ; 1 vol. (14/03/16-9/02/18) ; 1 vol. (10/02/18-7/05/19).

Ambulance 6/1 – 1 vol. (4/08/14-14/07/17) ; 1 vol. (15/07/17-16/01/19) – reg. en double (04/12/17-mars 18).

Ambulance 7/1 – 1 vol. (4/08/14- 31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/18).

Ambulance 8/1 – JMO manquant.

Ambulance 9/1 – JMO manque avant le 5/05/16 ; 1 vol. (5/05/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-27/01/18) ; (27/05/18-01/03/19).

Ambulance 10/1 – JMO manquant.

Ambulance 11/1 – 1 vol. (6/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/19-7/01/19).

Ambulance 12/1 – 1 vol. (3/08/14-29/04/18).

Ambulance 13/1 – JMO manquant avant le 22/04/15 ; 1 vol. (22/04/15-31/01/19).

Ambulance 14/1 – JMO manquant.

Ambulance 15/1 – 1 vol. (6/08/14-29/12/16) ; (17/01/17-31/12/17) ; JMO manque après le 1/01/18.

Ambulance 16/1 – 1 vol. (5/08/14-20/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ :
Les JMO du Service de santé du 1er Corps d’armée : Direction (1/08/14-25/02/19), 26N 101/16 à 26N 101/19.

Ambulances du 2e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 2e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/2 – 1 vol. (2/08/14-31/12/18) ; double (2/08/14-22/09/14).

Note : On retrouve des éléments du « JMO » de l’ambulance 1/2 dans le JMO du service de santé de la 4e DI (26N 267/16 [en ligne]) cahier ms. du médecin major de 1ère classe Meyer, médecin-chef de l’hôpital de Laon, comprenant des notes sur a) l’ambulance 1/2 (2/08/14-1/10/15) ; à partir du 23/09/14, GBC 2 ; à partir du 22/05/15, journal du médecin divisionnaire de la 4e DI.

Ambulance 2/2 – 1 vol. (01/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (01/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 3/2 – 1 vol. (1/08/14-12/05/15) ; 1 vol. (14/05/15-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-26/01/19).

Ambulance 4/2 – JMO manquant.

Ambulance 5/2 – 1 vol. (2/08/14-15/03/19).

Ambulance 6/2 – JMO manquant avant le 20/09/14 ; 1 vol. (20/09/14-15/04/15) ; 1 vol. (16/04/15-16/11/16) ; 1 vol. (16/11/16-28/02/19).

Ambulance 7/2 – 1 vol. (3/08/14-18/07/16) ; 1 vol. (19/07/16-17/08/18) ; JMO manquant après le 17/08/18.

Ambulance 8/2 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-29/12/18) ; JMO manquant après le 30/12/18.

Ambulance 9/2 – 1 vol. (8/08/14-29/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-8/01/19).

Ambulance 10/2 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-25/01/19).

Ambulance 11/2 – 1 vol. (5/08/14-10/03/19).

Ambulance 12/2 – JMO manquant avant le 3 février 1915 ; 1 vol. (3/02/15-15/11/18) ; Manque après le 16/11/18.

Ambulance 13/2 – 1 vol. (9/08/16-31/12/16) ; 1 vol. (21/08/17-8/02/19).

Ambulance 14/2 – JMO manquant.

Ambulance 15/2 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-28/02/19) ; 1 double (3/08/14-31/12/17).

Ambulance 16/2 – 1 vol. (9/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-25/12/18).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ :
Les JMO du Service de santé du 2e Corps d’armée : Direction (1/08/14-04/03/19), 26N 105/1 à 26N 105/10 - Groupe de brancardiers de Corps (GBC) (3/08/14-16/01/19), 26N 105/11 à 26N 105/12 – Groupe des sections d’hospitalisation non affectées (7/08/14-31/12/17), 26N 105/13 à 26N 105/14.

Ambulances du 3e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 3e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/3 – 1vol. (2/08/14-21/12/18).

Ambulance 2/3 – 1 vol. (1/08/14-15/02/19).

Ambulance 3/3 – 1 vol. (3/08/14-1/09/18) ; 1 vol. (1/09/18-28/02/19).

Ambulance 4/3 – 1 vol. (7/08/14-5/07/15) ; 1 vol. (5/07/15-28/06/16) ; 1 vol. (30/06/16-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-15/02/19).

Ambulance 5/3 – JMO manquant.

Ambulance 6/3 – 1 vol. (8/08/14-11/01/19).

Ambulance 7/3 – 1 vol. (8/08/14-30/11/17) ; 1 vol. (1/12/17-28/02/19).

Ambulance 8/3 – JMO manquant.

Ambulance 9/3 – 1 vol. (9/08/14-16/02/15) ; 1 vol. (17/02/15-7/12/15) ; 1 vol. (8/12/15-9/05/16) ; 1 vol. (10/05/16-2/02/18) ; 1 vol. (3/02/18-14/04/19).

Note : Georges Duhamel (1884-1966) dans Vie des martyrs. Paris : Mercure de France, 1917, 229 p. témoigne de son vécu de chirurgien à l'ambulance 9/3 ;
et de nombreuses mentions dans sa correspondance (juin 1915-octobre 1916) : Georges et Blanche Duhamel, Correspondance de guerre 1914-1919, t.1, août 1914-décembre 1916. Coll. Bibliothèque des correspondances, mémoires et journaux, 32, Genève : H. Champion, 2007, 1422 p.

Albert Martin a été médecin-chef de cette ambulance : Un énergique et enthousiaste "Homme de coeur" rouennais : Albert Martin (1866-1948). Souvenirs d'un chirurgien de la Grande Guerre. Luneray : Bertout, Coll. La Mémoire normande, 1996, 239 p.

Ambulance 10/3 – JMO manquant.

Ambulance 11/3 – 1 vol. (4/08/14-30/04/17) ; 1 vol. (1/05/17-15/01/19).

Ambulance 12/3 – Manque avant le 04/09/15 – 1 vol. (04/09/15-31/01/16) – manque entre le 1/02/16 et le 26/05/18 - 1 vol. (27/05/18-3/12/18).

Ambulance 13/3 – 1 vol. (12/08/14-23/01/18) - Manque depuis le 24/01/18.

Ambulance 14/3 – 1 vol. (5/08/14-9/10/17) – Manque depuis le 10/10/17.

Ambulance 15/3 – JMO manquant.

Ambulance 16/3 – 1 vol. (5/08/14-30/08/16) ; 1 vol. (31/08/16-19/01/17) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-1/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ :
Les JMO du Service de santé du 3e Corps d’armée : Direction (5/08/14-3/08/19), 26N 108/6 à 26N 108/10 - Groupe de brancardiers de Corps (GBC) (9/08/14-16/01/19), 26N 108/11.

Ambulances du 4e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 4e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/4 – JMO manquant.

Ambulance 2/4 – 1 vol. (6/08/14-31/08/15) ; 1 vol. (1/09/15-29/06/17) – Manque depuis le 30/06/17.

Ambulance 3/4 – 1 vol. (7/08/14-10/02/19) – 1 double (2/08/14-25/09/15).

Ambulance 4/4 – 1 vol. (3/08/14-26/12/15) ; 1 vol. (27/12/15-mai 1918) – Manque depuis mai 1918.

Ambulance 5/4 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-14/11/18).

Ambulance 6/4 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) – Manque depuis le 01/01/17.

Ambulance 7/4 – 1 vol. (8/08/14-7/01/19).

Ambulance 8/4 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) - Manque depuis le 1/01/18.

Ambulance 9/4 – 1 vol. (2/08/14-30/03/18) ; 1 vol. (2/04/18-4/01/19).

Ambulance 10/4 – 1 vol. (15/08/14-01/01/19).

Ambulance 11/4 – 1 vol. avec pièces annexes (16/08/14-23/02/19).

Ambulance 12/4 – 1 vol. (16/08/14-6/03/18) ; double (16/08/14-6/04/18) - Manque après le 6/04/18.

Ambulance 13/4 – 1 vol. (16/08/14-30/01/18) ; 1 vol. (1/01/18-19/09/18) – Manque après le 20/09/18.

Ambulance 14/4 – 1 vol. (4/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17).

Ambulance 15/4 – 1 vol. (4/08/14-1/03/19).

Ambulance 16/4 – 1 vol. (4/08/14-10/06/18) ; 1 vol. (11/06/18-10/03/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ :
Les JMO du Service de santé du 4e Corps d’armée : Direction (7/08/14-10/03/19), 26N 113/1 à 26N 113/12 - Groupe de brancardiers de Corps (GBC) (2/08/14-16/01/19), 26N 113/13 à 26N 113/16 – Groupe des sections d’hospitalisation non affectées (6/08/14-9/08/17), 26N 113/17.

Ambulances du 5e corps d’armée (1914), devenues ambulances du 5e groupe (1914-1918) :

Ambulance 1/5 – 1 vol. (2/08/14-31/12/18).

Ambulance 2/5 – 1 vol. (18/08/14-19/01/17) ; 1 vol. (20/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/12/18).

Ambulance 3/5 – 1 vol. (7/08/14-15/12/18).

Ambulance 4/5 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-28/02/19).

Ambulance 5/5 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-27/02/19).

Ambulance 6/5 – 1 vol. (6/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-6/07/18).

Ambulance 7/5 – 1 vol. (2/08/14-1/01/17) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-25/11/18).

Ambulance 8/5 – Manque avant le 1/02/16 – 1 vol. (1/02/16-25/01/19).

Ambulance 9/5 – 1 vol. (14/08/14-6/07/15) ; 1 vol. (7/07/15-14/10/15) ; 1 vol. (15/10/15-30/06/16) ; 1 vol. (1/07/16-10/01/19).

Ambulance 10/5 – 1 vol. (14/08/14-31/12/15) – Manque depuis le 1/01/16.

Ambulance 11/5 – JMO manquant

Ambulance 12/5 – 1 vol. (3/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-31/01/19).

Ambulance 13/5 – 1 vol. (14/08/14-4/01/19)

Ambulance 14/5 – 1 vol. (13/08/14-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-15/11/18).

Note : L'auteur a servi dans cette ambulance 14/5 - Journal de guerre de Jacques Le Petit : 1914-1919, Un médecin à l'épreuve de la Grande Guerre. Parçay-sur-Vienne : Anovi, 2009, 127 p.

Ambulance 15/5 – Manque avant le 7/10/16 – 1 vol. (7/10/16-9/01/19).

Note : L'auteur a servi dans cette ambulance 15/5, en Lorraine [1918] - Deschamps Paul, Mémoires de n'importe qui (1914-1919). Plessala : Association Bretagne 14-18, 1999, 52 p.

Ambulance 16/5 – 1 vol. (2/08/14-31/12/16) ; 1 vol. (1/01/17-31/12/17) ; 1 vol. (1/01/18-7/12/18) ; 1 vol. (4/01/19-28/04/19).

A consulter : www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/ :
Les JMO du Service de santé du 5e Corps d’armée : Direction (5/08/14-24/02/19), 26N 117/12 à 26N 117/17 - Groupe de brancardiers de Corps (GBC) (4/08/14-16/01/19), 26N 117/18 à 26N 117/22 – Groupe des sections d’hospitalisation non affectées (2/08/14-25/09/16), 26N 117/23.
NOUVEAUTE 2015 : Les 107 volumes des AFGG en ligne...

A SUIVRE : ambulances (Groupes 6 à 10).

Mise à jour : 13 décembre 2015
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LE SERVICE DE SANTE 1914-1918

23 Novembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Centenaire

LE SERVICE DE SANTE 1914-1918
Sortie : FEVRIER 2014

Le Service de santé 1914-1918, de Marc Morillon et Jean-François Falabrègues

aux éditions Bernard Giovanangeli, de Paris

" Ce livre, bien au-delà de l’histoire du Service de santé militaire, évoque toutes les professions de santé mobilisées au cours de la Grande Guerre. Avec plus de quatre cents images dont la plupart sont inédites, l’ouvrage illustre la guerre des médecins, pharmaciens, dentistes, officiers d’administration, brancardiers, infirmières et aumôniers, tous dévoués au secours des blessés. Il permet de suivre et de comprendre le parcours des soldats depuis leur relèvement sur le champ de bataille jusqu’aux hôpitaux de l’arrière. Il sera utile à tous ceux qui, amateurs de la grande histoire ou simplement curieux de leur histoire familiale, voudront décoder les photographies et documents laissés par un aïeul, que celui-ci ait été soignant ou blessé…"

Bon de souscription

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CENTENAIRE 1914 – Les Carnets de l’aspirant Laby… Grand format et couleur !

10 Novembre 2013 , Rédigé par François OLIER et Gérard Publié dans #Centenaire

CENTENAIRE 1914 – Les Carnets de l’aspirant Laby… Grand format et couleur !

Mon coup de cœur pour ce 11 novembre

Vous connaissez certainement l’ouvrage Les Carnets de l’aspirant Laby, médecin dans les tranchées (28 juillet 1914-14 juillet 1919) qui a été décliné depuis 2001 en de nombreuses éditions y compris de poche (Hachette, coll. Pluriel, 2003). Je ne vous propose pas aujourd’hui une énième analyse, vous trouverez ci-après une fiche bibliographique du CRID présentant, analysant et « commentant » le livre.

En cette fin d’année 2013, je vous invite à casser votre tirelire pour acquérir la nouvelle édition Illustrée parue le 3 octobre 2013 aux éditions Bayard.

Cette édition est une petite merveille d’édition, à lire, à parcourir, à déguster. Les Carnets sont reproduits en grand format et en couleur : magnifiques dessins de Lucien Laby (1892-1982) qui vont « de la caricature au croquis fait à la hâte avant une attaque, de la bande dessinée aux lavis plus sombres » (éditions Bayard). C’est vraiment une belle édition « façonnée » avec goût. [voir le lien vers la vidéo en fin d'article]

Et puisque j’écris ce petit papier un 10 novembre, je cède la place au carabin Lucien Laby - « Dimanche 10 novembre [1918]. Je suis de garde à l’hôpital. A 21h30, j’entends crier dans les couloirs que « l’Armistice est signé ! » Nous courons, Richard et moi, comme des fous, au téléphone. La nouvelle vient d’arriver, officieuse encore, de la direction du SS. [Service de santé] – L’Armistice est signé avec des conditions écrasantes pour les Boches. C’est la « Victoire ! » Enfin !! Nous bondissons, avec Richard, jusqu’à la popote et nous hurlons, de la rue, tant nous sommes essoufflés : « Ohé ! la Popote !! L’Armistice, elle est signée !!! [sic] ». Ils ouvrent leurs fenêtres (la popote est au premier étage) et pour toute réponse nous vident les carafes sur la tête en disant que c’est une mauvaise plaisanterie. Nous sortons en bande et poussons des hurlements dans les rues. Toutes les fenêtres s’ouvrent ! – Bombe toute la nuit. On réveille le père Robillard, médecin de l’endroit. On veut sonner les cloches, mais l’église est bien fermée et le curé fait la sourde oreille. On va à l’épicerie faire une nouba épouvantable. On réveille « Vallerot-Rady » [surnom de Vallery-Radot] à seaux d’eau. On frète une auto avec Ferrier, Meugé, Lorneau, etc. et on va à Morvillars réveiller Gouverneur et Auvigne. Je me couche à 5 heures du matin, complètement noir. Mais avant, nous allons, bras dessus bras dessous, hurler une aubade dans la chambre de Fer-(di)-nand Dubourdieu et sous les fenêtres de Richard ».

Les carnets de l’aspirant Laby, médecin dans les tranchées (28 juillet 1914-14 juillet 1919), Paris, Bayard, 2013, 351 p.
– ISBN : 978-2-227-48685-0 – Préface de Stéphane Audoin-Rouzeau. Texte préparé et annoté par Sophie Delaporte. Bonne lecture !

Un grand merci à mon compère Gérard.

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SAINT-MIHIEL 1914 – MEDECIN PRISONNIER AU CAMP DES ROMAINS (SEPTEMBRE 1914)

9 Novembre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #les hommes

SAINT-MIHIEL 1914 – MEDECIN PRISONNIER AU CAMP DES ROMAINS (SEPTEMBRE 1914)

Le fort du Camp des Romains construit, de 1875 à 1878, au-dessus de Saint-Mihiel surveillait les approches des Hauts-de-Meuse. Cet ensemble fortifié possédait une garnison de près de 850 officiers et soldats pour un hôpital de siège de 50 lits. En septembre 1914 le fort était défendu par la 13e compagnie du 166e régiment d’infanterie et armé par la 5e batterie du 5e régiment d’artillerie à pied. Le gouverneur de la place, le lieutenant-colonel David-Grignot était secondé par le médecin aide-major de 1ère classe René Florentin (1869-1938) praticien à Robert-Espagne (Meuse).

Vers le 19 septembre 1914, les Allemands sous le commandement du général Von Strantz se jetaient dans la trouée de Saint-Mihiel, tentant de couper nos liaisons et d’isoler Verdun qui gênait les communications allemandes entre Metz et la Champagne. Le bombardement du fort débuta le 23 septembre et se poursuivit sans interruption jusqu’au 25 septembre, jour de sa reddition. Dès le premier jour, l’hôpital de siège avait été rendu inutilisable. L’article qui suit, à travers le témoignage du docteur Florentin, rapporte la résistance de la place et les difficultés grandissantes du soutien sanitaire de la garnison.

Rapport du docteur Florentin, [médecin] aide-major de 1ère classe sur sa captivité (25 septembre 1914-17 juillet 1915)

A la mobilisation générale, j’étais affecté au fort du Camp des Romains où je suis arrivé le 2 août 1914 comme seul médecin de la garnison. Sont venus se joindre à moi cinq infirmiers dont l’étudiant en médecine Pucheu (A), qui était en temps de paix chargé du service médical du fort.

Jusqu’au 23 septembre, le service n’a rien eu de bien pénible. J’ai organisé mon infirmerie avec l’abondant matériel de guerre mis à ma disposition. Au début de septembre, lorsque les évènements militaires menacèrent dans la région, le gouverneur du fort m’indiqua, comme infirmerie, en cas de bombardement, une casemate soi-disant à l’épreuve où je fis installer des lits et transporter les médicaments et objets de pansements indispensables.

Le bombardement survint le 23 septembre à 8 heures ½ du matin. L’infirmerie spécialement aménagée, était malheureusement placée dans la direction exacte du tir ennemi, de sorte que les obus venaient éclater à son entrée. Plusieurs blessés qui étaient déjà en traitement, furent transportés à la hâte dans le fond de la casemate pour les préserver de l’atteinte des projectiles. Une immense brèche s’ouvrit bientôt dans le mur d’entrée donnant sur un passage ouvert, lui-même complètement démoli. La situation devenant critique, je chargeai deux ou trois infirmiers, qui sortirent rapidement en enjambant les décombres, d’aller demander qu’on veuille bien pratiquer à coups de massue une ouverture dans le mur formant le fond de la casemate, derrière lequel se trouvait [page 2]. L’ordre fut exécuté et un quart d’heure après nous pouvions, à travers la brèche, ainsi ouverte, faire évacuer nos blessés dans un endroit plus en sécurité, où se trouvaient réunis les officiers du fort. C’était une galerie voutée, d’une quinzaine de mètres de longueur sur 3 de largeur, sur laquelle s’ouvrait un local un peu plus spacieux, sorte de cave, qui paraissait bien protégée. C’est dans ce repaire que les blessés furent recueillis pendant toute la durée du bombardement. On avait amené là quelques matelas et couvertures provenant de casemates encore abordables.

Le bombardement dura du 23 septembre à 8 heures ½ du matin jusqu’au 25 septembre vers 4 heures du matin, d’une façon ininterrompue, si ce n’est une accalmie chaque jour, de 6 heures à 6 heures 1/2 du soir. On profita de ces moments de répit pour enterrer sommairement quelques cadavres dans le fossé du rempart où dans le courant du mois d’août j’avais fait creuser une fosse assez vaste.

A la fin du bombardement, notre galerie était garnie de blessés entassés sur des matelas qui, alignés le long des parois laissaient entre eux un étroit passage. D’autres avaient été installés dans le local adjacent où se trouvaient un petit matériel médical qu’on avait bien difficilement pu sauver de l’infirmerie complètement détruite, quelques boules de pain et un tonneau de vin blanc acheté quelques temps auparavant par les officiers du fort. J’avais pris heureusement sur moi un flacon d’éther, un de morphine et ma trousse personnelle où se trouvait une seringue. Ce bagage sommaire me permit de parer aux premières nécessités.

Pendant l’assaut qui suivit le bombardement et dura 4 heures, de nombreux blessés vinrent envahir notre refuge, notamment une quinzaine d’hommes portant des brûlures importantes du visage, des mains et des avant-bras. Tous ces blessés furent pansés [page 3] immédiatement. Comme on manquait d’eau, même d’eau ordinaire, on se servait pour laver les plaies et faire les pansements du vin blanc qu’on avait sous la main. Ce vin blanc a été à peu près exclusivement la seule ressource alimentaire, pour les blessés et les officiers, pendant ces deux affreuses journées.

Le combat acharné qui se livra à l’intérieur du fort prit fin vers 8 heures. A ce moment, tous nos locaux, qui avaient fort heureusement résistés au fracas des 3500 obus que les pièces des allemands destinèrent au Camp des Romains, étaient totalement envahis ; une soixantaine de blessés étaient là, les uns couchés, les autres assis ou debout, et l’on travaillait dans ce milieu sinistre, éclairé par quelques bougies. On apprit alors, avec consternation, la capitulation du fort. Peu après, plusieurs soldats allemands débouchaient dans notre repaire encore tout échauffé par l’ardeur du combat, croisant la baïonnette et jetant des cris de bêtes fauves. Ce n’est qu’à force d’explications assez pénibles qu’ils commencèrent à se calmer. Un officier allemand qui survint d’ailleurs à ce moment mis fin au conflit en congédiant ses hommes et nous donnant toute liberté d’action.

Je fis sortir delà tous les blessés pouvant marcher pour mettre ensuite un peu d’ordre dans la situation. Puis je me rendis près du capitaine de Lusancay grièvement blessé, auquel je fis quelques piqures d’éther et de caféine et me mis à la recherche des blessés sous les décombres de notre malheureux fort rendu méconnaissable. Ensuite on enterra des morts, notamment le capitaine Cordebar, tué d’une balle à la tête, que nous avons placé dans une sépulture isolée munie d’une croix avec l’indication de son nom. Enfin ; les infirmiers transportèrent, au milieu de grandes difficultés (à cause des amas de décombres obstruant tous les passages), tous les blessés couchés en un endroit [page 4] spécial sur l’avancée, où une voiture d’ambulance vint les prendre dans l’après-midi pour les descendre à Saint-Mihiel.

J’estime à 40 morts et de 60 à 70 blessés les pertes en hommes pendant la défense du Camp des Romains.

Vers midi, un médecin allemand vint m’accoster près des blessés réunis sur l’avancée, et me pria de le suivre à Saint-Mihiel. Il me fit descendre du côté est et me conduisit au lazareth [lazarett] mixte installé dans un immense bâtiment qui servait auparavant de patronage m’a-t-on dit, et où se trouvaient réunis un grand nombre de blessés français et allemands (B). Pendant toute l’après-midi, les Allemands procédèrent à l’évacuation de leurs blessés, avec un certain empressement, faisant supposer qu’ils ne comptaient pas rester longtemps là.

Je demeurai deux jours dans ce lazarett, en contact avec de jeunes médecins allemands fort courtois, qui m’invitèrent à prendre mes repas à leur table. Les opérations chirurgicales étaient faites par un professeur de Leipzig (le Dr Blaser, je crois) qui venait tous les jours en auto du château de Saint-Benoît où il résidait. J’ai pu me rendre compte que les médecins allemands apportaient toute leur attention aux soins qu’ils donnaient, en même temps que moi, aux blessés français.

Dans la journée du lendemain 26 [septembre], arriva au lazarett le docteur Deleuze, du 40e régiment d’infanterie (C), fait prisonnier sur le champ de bataille de Chauvoncourt, alors qu’il ramassait des blessés avec ses brancardiers. Il se joignit à nous. Le 27 [septembre], à midi, on nous annonça brusquement qu’il fallait se tenir prêt à partir dans 5 minutes. On nous dirigeait sur l’Allemagne, mais pour quelques semaines seulement. On devait nous faire rentrer en France par la Suisse. Ce sont les médecins allemands eux-mêmes qui nous dirent cela. Quelques instants après, sans avoir mangé, nous partions à pied, le docteur Deleuze et moi, en tête d’une colonne de 60 blessés environ. On arriva à Saint-Benoît (25 kms) vers 7 heures, tous bien fatigués, après avoir traversés les lignes allemandes et villages dévastés de la Woëvre. On nous enferma [page 5] dans l’église occupée déjà par un grand nombre de prisonniers de l’infanterie coloniale qui avaient combattu sous Chauvoncourt. On nous donna là (aux officiers seulement) un peu de bouillon.

Le lendemain 28 [septembre], trois officiers se joignent à nous et on gagne Chambley où un train, garni de prisonniers ont été dirigés sur une autre direction et nous sommes arrivés à Ingolstadt le 30 septembre à 7 heures du soir. Encore 8 km. à pied et nous faisions tous les 5 notre entrée au fort X où je fus heureux de retrouver les autres officiers du Camp des Romains qui étaient là depuis deux jours. Je ne devais sortir de là que dix mois plus tard.

Pendant le trajet en chemin de fer, nous n’avons pas eu à nous féliciter de la générosité de la Croix-Rouge allemande qui partout nous a refusé à manger, même en payant (Nichts Französe !) Nous avons été pris en pitié par la sentinelle qui nous accompagnait et qui s’est privée pour nous de son pain et de son jambon.

En terminant ce petit compte rendu des choses les plus importantes que j’aie vues de la guerre, je tiens à signaler d’une façon toute particulière la belle conduite du caporal infirmier de la 6e section Georges, qui, au fort et au lazarett, m’a secondé sans marchander ses peines et avec un dévouement absolu. »

Notes :

  1. Les cinq infirmiers : Pucheu, le caporal Georges, les soldats Lacour, Peltier et Millot.
  2. Il s’agit de l’hôpital auxiliaire n° 25 de Saint-Mihiel, mis sur pied par la Société de secours aux blessés militaires (SSBM), 125 lits, 6 août-20 septembre 1914.
  3. En fait il s’agit du 240e régiment d’infanterie.

Remerciements à Jean-Pierre Fraiche qui m’a autorisé à reproduire le portrait du docteur René Florentin.

http://canardespagnol.blogspot.fr/2012_04_01_archive.html

Docteur René Florentin (1869-1938) - Docteur en médecine à Robert-Espagne. Mobilisé le 2 août 1914. Chef du service médical du Fort du Camp des Romains ; fait prisonnier le 25 septembre 1914 et interné à Ingolstadt (Bavière) jusqu’au 20 juillet 1915. Rapatrié et affecté à l’hôpital militaire de Châlons-sur-Marne durant six mois. Désigné ensuite, par la préfecture et l’autorité militaire pour assurer le service médical de la population civile du canton d’Ancerville, jusqu’à sa démobilisation le 25 décembre 1918. Il finit la guerre comme médecin major de 2e classe (capitaine), croix de guerre. Chevalier de la Légion d’honneur (19 janvier 1922).
Le service de santé militaire à Saint-Mihiel (septembre 1914)

En août 1914, le centre hospitalier comprenait 350 lits, « dont 100 dans son vieil hôpital, où l’on faisait de très bonne chirurgie en temps de paix, et 250 dans deux hôpitaux auxiliaires [HA 25 et HA 109] ». Le médecin inspecteur général Mignon directeur du service de santé de la IIIe armée signale dans son ouvrage monumental sur le service de santé de la Grande Guerre, la conduite exemplaire du personnel dans l’organisation, du 22 au 24 septembre 1914, du repli des blessés de Saint-Mihiel devant l’avance allemande : « Nous ne devons pas oublier le rôle du service de santé dans l’évacuation de Saint-Mihiel. La place ne comptait plus que quatre médecins et dix infirmiers. Les médecins appartenaient à l’armée territoriale et étaient aides-majors : c’étaient les docteurs Beuvignon, Chocquet, Morel, Liénard. Les infirmiers étaient des auxiliaires de l’armée territoriale. Ils furent prévenus du danger que la ville courait, le 22 septembre au soir, par une canonnade ininterrompue dirigée sur Saint-Mihiel et les environs. Beuvignon nous demanda alors un train sanitaire que la D.E.S. [Direction des Etapes et des Services] promit d’essayer de lui envoyer. Il projetait le départ de tous les blessés et malades transportables. La situation s’aggrave dans la journée du 23 : une bombe d’aéroplane est jetée sur l’hôpital auxiliaire de la Société de Secours aux blessés ; un obus détruit l’usine électrique, seule ressource d’éclairage de la ville ; car la canalisation du gaz est coupée, depuis la destruction du pont parle génie français. L’hospice mixte est privé d’eau. L’usine élévatoire de Sinarmont ne fonctionne plus. La circulation est impossible sur les routes de Chaillon, Woinville, Apremont et Han. Saint-Mihiel est complètement isolée sur la droite. La ville n’a plus à gauche comme moyens de communication que les passerelles pour piétons jetées sur la Meuse à la place du pont détruit. Dans ces conditions la sécurité des malades et blessés semble à Beuvignon sérieusement compromise. Il prescrit à ses collègues de préparer l’évacuation de tous les hospitalisés, à l’exclusion des intransportables. Un premier lot d’évacués part avec le train ordinaire de 15 h. 25 (23 septembre) ; un second lot part avec le train de 21 h. 25. Le train sanitaire demandé l’avant-veille arrive le 24 à 2 h. 25.On y met les derniers évacuables. Beuvignon sauve ainsi des mains allemandes 122 couchés et 200 assis. Le transport des malades et blessés avait demandé beaucoup de peine. Les formations sanitaires étaient situées dans la ville sur la rive droite de la Meuse et la gare est sur la rive gauche. Les convois ne furent possibles qu’à bras d’hommes. Les passerelles étaient interdites aux voitures. Tout le personnel médical partit avec le train sanitaire à 3 h. 25.Il ne resta derrière lui que 15 malades intransportables, dont une douzaine de typhoïdiques. »

Mignon (A.). Le service de santé pendant la guerre 1914-1918. Tome premier, les années 1914-1915. Paris : Masson, 1926, p. 33 et 187-188.

In Memoriam

Le département de la Meuse, aux populations civiles tant éprouvées lors de la Première Guerre Mondiale le fut également au cours de la Seconde Guerre. Ce rappel mémoriel  « en souvenir » des atrocités allemandes de la 29e division Panzer SS qui affectèrent, le 29 août 1944, les communes de la vallée de la Saulx : Trémont-sur-Saulx, Robert-Espagne (le fief de René Florentin), Beurey-sur-Saulx, Couvonges et Mognéville et firent 87 victimes civiles innocentes, comme aux plus mauvais jours de l’entrée, en Belgique et en France, des troupes allemandes d’août 1914. Pour ne pas oublier, consultez le blog de Jean-Pierre Fraiche et Yves Vinot sur l’Oradour meusien :

A paraître en novembre 2013 : le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, France sud-est. : http://www.ysec.fr/a-paraitre/les-hopitaux-militaires-iv

SAINT-MIHIEL 1914 – MEDECIN PRISONNIER AU CAMP DES ROMAINS (SEPTEMBRE 1914)
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Exposition 1914-1918 à Saint Didier au Mont d'Or (Rhône)

3 Novembre 2013 , Rédigé par Francois OLIER Publié dans #Centenaire

Exposition 1914-1918 à Saint Didier au Mont d'Or (Rhône)

SAINT DIDIER AU MONT D'OR - Exposition 1914-1918 - les dimanche 10, lundi 11 et mardi 12 novembre 2013, de 10 h à 18 heures, au centre Laurent Bonnevay

Trois associations : Les AMIS de la BIBLIOTHEQUE (Généalogie), La VIE en COULEURS (photos-patrimoine), Le CLUB PHILATELIQUE de l’OUEST LYONNAIS, en partenariat avec la Mairie de St Didier, se sont réunies pour organiser ce RENDEZ-VOUS avec l’HISTOIRE

en "avant-première" des manifestations du Centenaire...

L’Exposition s’intéressera aux POILUS de SAINT DIDIER. dont 76 noms ont été relevés sur le monument aux morts, et à l’aide de documents conservés par les familles, et grâce aux recherches effectuées dans les services d’archives (militaires et autres), il a été possible de retracer le parcours de ces soldats.

Avec la contribution du MUSEE MILITAIRE de LYON et la REGION LYONNAISE , une CINQUANTAINE DE PANNEAUX agrémentés de photos constitueront un parcours explicatif sur les évènements importants de cette période 1914-1918.

Entre autres, seront abordés les thèmes suivants : les causes, la mobilisation, les alliances, , les grandes batailles, , la vie au front, l’impact sur notre région, les liens avec l’arrière, les blessés, les hôpitaux, les prisonniers, l’après guerre…..

Des objets de vitrine : décorations et documents d’époque (journaux de marche, photos, cartes postales) seront présentés par les familles) ainsi que de nombreux livres….

VENEZ NOMBREUX !

pour y découvrir ces petites formations hospitalières de 20 lits tout au plus, sans numérotation militaire, annexes de l'Hôtel-dieu de Lyon, qui se sont constituées en un "groupe hospitalier du Mont d'Or" (Saint Didier, Saint-Cyr, Collonges, etc.)
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LONGWY 1914 – UN « HOPITAL DE SIEGE » EMPORTE DANS LA TOURMENTE

16 Octobre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LONGWY 1914 – UN « HOPITAL DE SIEGE » EMPORTE DANS LA TOURMENTE

Le médecin principal de 1ère classe (colonel) Jules Simonin (1864-1920), médecin divisionnaire de la 7e division d’infanterie du 4e corps d’armée, recueille à Mannheim où il est prisonnier et blessé (hospitalisé à la clinique du Diakonissen-hause) le témoignage du médecin-major de 1ère classe (commandant) Favier, médecin-chef de la place de Longwy lors du siège de la ville en août 1914 et le transcrit dans son ouvrage - J. Simonin. De Verdun à Mannheim. Ethe et Gomery (22, 23, 24 août 1914), Paris : Vitet, 1917, 316 p. - J’en propose un extrait (p. 236-241) pour illustrer les vicissitudes sanitaires d’un hôpital de siège de place investie. Ce témoignage est bien plus complet que celui conservé au musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce (carton n°636) ; aussi nous lui donnons la préférence pour la transcription. Nous ajoutons au témoignage du docteur Favier, des extraits de celui du médecin aide-major Louis Lemaire du 45e régiment d’infanterie territoriale lui aussi enfermé à Longwy qui a laissé de nombreuses notes sur les pathologies rencontrées et traitées.

[Le service de santé de la place de Longwy, août 1914]

« La garnison de Longwy comportait environ 4000 hommes appartenant au 164e régiment de l’armée active et au 45e régiment territorial, six cents artilleurs du 5e régiment d’artillerie à pied complétaient cet effectif. L’armement de la place était constitué par 80 pièces de position d’une portée d’environ neuf kilomètres, et approvisionnées de 600 coups par pièce.

Le lieutenant-colonel Darches, du 145e régiment d’infanterie, homme d’une rare énergie, commandait la place. Celle-ci possédait des vivres en abondance ; d’ailleurs elle ne fut jamais totalement investie.

Le service de santé avait, à sa tête, le médecin-major de 1ère classe Favier, de l’armée territoriale, ayant sous ses ordres : le médecin-major de 1ère classe Jeandidier, du 164e régiment actif ; le médecin aide-major de 2e classe Lemaire, du 45e régiment territorial ; puis le personnel de l’hôpital militaire de Longwy-Haut : le médecin aide-major de 2e classe Grandjean, le pharmacien aide-major de 2e classe Noël, l’officier d’administration adjoint de 1ère classe Vignol, les officiers d’administration adjoints de 2e classe Trouyez et Malbet ; enfin 30 infirmiers de l’armée active ou de la réserve.

Le 10 août un parlementaire allemand se présente au gouverneur en le sommant de se rendre ; il est sommairement et vertement éconduit par l’énergique défenseur de la place. Du 2 au 20 août, une série de petites escarmouches se produisent aux avant-postes.

Mais laissons la parole à notre vaillant camarade, le médecin-major de 1ère classe Favier.

[Installés dans l’hôpital de siège de Longwy…]

Le bombardement proprement dit commença, le 21 août, à 5 heures du matin. L’hôpital militaire, bien que placé sous la protection du drapeau de la Convention de Genève, fut atteint dès le début ; on se hâta de l’évacuer, alors que la canonnade n’était pas encore trop meurtrière. Les malades et blessés furent rapidement transportés dans l’hôpital casematé qui date de Vauban, et comprend cinq casemates contenant chacune 20 lits, ouvertes sur une courette longue, étroite et obscure ; en face des salles de malades sont placés les locaux accessoires : salle d’opérations, pharmacie, cuisine, lingerie, bureau du gestionnaire, magasins, latrines, ces dernières constituées par des réduits obscurs, d’un abord difficile.

A peine étions-nous installés dans l’hôpital de siège que les blessés affluent ; la besogne ne tarde pas à devenir rude et incessante. Nous employons systématiquement la teinture d’iode en solution alcoolique au 1/20e, les compresses de gaze iodoformée, la ouate de tourbe ; notre chirurgie est avant tout conservatrice, l’amputation est uniquement réservée aux grands délabrements, avec attrition profonde des membres. Nous avons pratiqué, au total, y compris les régularisations de broiements, 15 amputations seulement.

Dès la fin du deuxième jour, l’hôpital casematé, prévu pour recevoir 100 hommes, en contenait 335, auxquels s’ajoute le personnel hospitalier, c’est-à-dire une quarantaine d’unités. Nous sommes rapidement contraints d’occuper une casemate d’infanterie, contiguë à l’hôpital de siège. Cette casemate faite pour 110 hommes, reçoit 203 blessés, à raison de 4 par couchette ; les blessés les moins graves en haut, les plus graves en bas « couchés tête-bèche, comme des sardines dans une boite ». Dans tout l’hôpital règne une obscurité sinistre ; l’eau suinte des murs, on patauge bientôt dans une boue sanglante.

Le 22 août vers minuit, un obus du poids de 110 kilogrammes éclate dans la courette intérieure, broie comme du verre les rails de protection. De volumineux éclats, irréguliers et tranchants, emportent les jambes de deux blessés qui expirent en quelques minutes ; un autre éclat me déchire le côté gauche du cou. Le local est envahi par une fumée jaunâtre, asphyxiante et corrosive qui, dès le lendemain, provoquait chez tous les blessés la bronchite, connue sous le nom de bronchite méliniteuse. Un second obus tombe dans la pharmacie, tue un infirmier, et compromet gravement notre provision de chloroforme. La salle d’opération est un boyau souterrain où on respire à peine ; une lampe à acétylène assure, en principe, l’éclairage, mais à chaque explosion d’obus, elle s’éteint sous l’influence du déplacement brusque de l’air. Alors on cherche à extraire les esquilles, ou qu’on s’efforce de lier une artère dans le fond d’une plaie, on se trouve à trois ou quatre reprises, au cours de la même opération, plongé dans l’obscurité la plus profonde. On éclaire à nouveau, on reprend la tâche commencée, mais les mêmes incidents se répètent, rendant la pratique chirurgicale à peu près impossible.

Le 22 août, la voûte d’une casemate s’écroule, ensevelissant sous ses débris 10 blessés et l’une des deux dames de la Croix-Rouge, héroïques compagnes de notre hôpital de siège. La voûte de la casemate d’infanterie offre de larges crevasses béantes au-dessus des blessés qui se réfugient et se tassent dans les coins abrités ; ceux qui ne peuvent pas se mouvoir poussent de longs gémissements ou des cris de terreur. Dans cet antre, à peine éclairé par une mauvaise lampe à pétrole, le spectacle est effroyable !

La pompe à vapeur qui assure l’approvisionnement du puits a été détruite par le feu ennemi ; on puise l’eau péniblement avec un seau, à une profondeur de 90 mètres ; le précieux liquide ne tarde pas à devenir rare ; on le rationne et on le distribue avec parcimonie, le réservant surtout aux fébricitants qui sont malheureusement nombreux. Nous nous en servons encore pour laver nos mains couvertes du sang de nos blessés. Du vin muscat trouvé dans les approvisionnements devient la boisson principale ; il ne réussit pas à étancher la soif inextinguible de nos blessés.

Le 25 août, je crois de mon devoir d’exposer au gouverneur l’état précaire du Service de santé ;il consent à demander un armistice de deux heures pour évacuer nos malheureux blessés sur les hôpitaux auxiliaires de Mont Saint-Martin et de Longwy-Bas. L’ennemi refuse et le bombardement redouble d’intensité.

Le 26 août au matin, les médecins de la place se réunissent, délibèrent et se décident à exposer au gouverneur que les blessés, accumulés dans des conditions qui sont un véritable défi à l’hygiène la plus élémentaire et décimés en outre par les projectiles, sont voués à une mort certaine par l’infection putride, ou ne tarderont pas à être ensevelis sous les décombres de leurs casemates. Conscients du rôle humanitaire qu’ils doivent jouer en pareille circonstance, les médecins, impuissants à assurer le salut des malades, réclament des mesures de protection à réaliser d’extrême urgence. Le gouverneur, ému de cette navrante infortune, estime ne pas devoir assumer la responsabilité du trépas de tant de héros et se décide à ouvrir les portes de la forteresse ruinée et fumante, le 26 août à 13 heures.

Deux heures après, des médecins allemands se présentent pour prendre les blessés et les évacuent : en partie sur l’hôpital complémentaire installé à Buzancy, en partie sur l’hôpital auxiliaire n°201 qui occupe les locaux de l’Hôtel-Dieu de Mont-Saint-Martin. Accablé par l’insomnie de plusieurs nuits, brisé de fatigue et d’émotions, je m’affaisse à bout de forces et je dois moi-même être évacué, par voiture automobile, sur l’hôpital auxiliaire déjà cité. Les médecins militaires allemands se conduisirent envers le personnel et les blessés avec beaucoup d’urbanité, et je ne pus m’empêcher d’admirer l’ordre et la rapidité avec lesquels personnel et matériel réalisèrent le transport dans les formations hospitalières.

Quatre-vingt-sept habitants de Longwy avaient tenu à partager le sort de la garnison de la forteresse. Parmi eux je citerai : le maire, le juge de paix, le percepteur, le curé (abbé Rollin), les gendarmes, les sapeurs-pompiers, les agents de police, quelques notables, deux dames de la Croix-Rouge dont l’une trouva un glorieux trépas dans l’exercice de ses devoirs professionnels, et enfin dix-huit religieuses de Saint-Vincent de Paul appartenant au personnel de l’hôpital civil. Ce groupe d’élite occupait une casemate qui s’écroula une demi-heure après son départ. (…) »

Rapport du docteur Louis Lemaire, médecin aide-major de 1ère classe du 45e Territorial, Longwy.

« Mobilisé le 1er août, à 5 heures du matin, je fus affecté au 5e bataillon du 45e Territorial. Pendant l’investissement, 2 au 20 août, mon rôle se borna à organiser le service médical du bataillon, à visiter les impropres au service, à faire des conférences aux brancardiers. En plus visite habituelle des malades.

Au moment du siège, 20-26 août, je fus attaché à l’hôpital de siège. On désignait ainsi cinq casemates communiquant entre elles, reliées par une étroite courette longeant les salles, avec de petites chambres organisées en salle d’opération ; pharmacie, cuisine, salle des entrées, etc. En tout, 120 lits environ ; les dortoirs du collège voisin avaient été transformés en salles d’hôpital. Ils furent totalement inutilisés à cause de la violence du bombardement. Le collège fut détruit et incendié le deuxième jour de siège. Les casemates et les salles annexes étaient obscures. Les fenêtres étant protégées par d’épaisses poutres de bois humides [page 1] l’eau filtrant partout sous les lits, et froides (sic). Il fallut malgré la chaleur du mois d’août chauffer jour et nuit. L’éclairage était médiocre : dans la salle d’opération, les lampes s’éteignaient à chaque explosion. L’air y fut bientôt irrespirable : odeur des plaies et pansements, mauvais fonctionnement de poêle dont les cheminées étaient détruites, poussières et gaz provoqués par le passage et l’explosion des obus.

Dans ces conditions furent soignés plus de 400 blessés. Le personnel sanitaire de la place se composait d’un médecin-major de 1ère classe, le docteur Favier, de deux aides-majors de 1ère classe, d’un aide-major de 2e classe, d’un pharmacien, de 3 officiers d’administration et du personnel, infirmiers et brancardiers, prévu pour 2 bataillons et l’hôpital militaire. Le soir du 21, les 100 lits étaient occupés, tout était en ordre et les blessés pansés, quand le lendemain, samedi 22, les voûtes des salles 1 et 2 s’effondrèrent sous les obus de 220, ensevelissant plusieurs blessés et un infirmier. Nous fîmes évacuer les casemates voisines occupées par les hommes du 45e et transporter les blessés dans ces casemates où ils étaient groupés par six, en lits superposés. Deux de ces casemates s’effondrèrent à nouveau sur les blessés. De tous ces changements résultait un désordre inévitable qui rendait difficile l’application méthodique des soins nécessaires. Tous les blessés cependant furent pansés à leur entrée et les pansements renouvelés à presque tous [page 2], chaque jour. Le quatrième jour de bombardement, la pharmacie s’écroula, ensevelissant le pharmacien. Nous n’avions plus que des objets de pansements, mais plus de médicaments ni de chloroforme.

Il serait intéressant d’établir une statistique de blessures. Malheureusement le livre de l’hôpital sur lequel étaient soigneusement consignés les noms des blessés et la nature des blessures, restèrent aux mains des Allemands. Mes souvenirs et mes notes me permettent de résumer l’ensemble de ce qui fut fait. Quelques blessures par balles de fusil : trois plaies de crâne ayant entrainé la mort après 24 ou 48 heures. Deux plaies perforantes de la poitrine avec pneumonie consécutive. A la reddition ces deux blessés étaient en assez bonne situation.

Trois cents blessures graves des membres ou de la face par éclat d’obus, par éboulement de casemates et abris, écrasements, fractures simples ou compliquées, vastes plaies des parties molles. Quinze à vingt fractures de cuisse prirent rapidement une allure particulièrement grave. Quelques plaies de l’abdomen, ayant provoqué rapidement la mort. 80 ou 100 blessés moins atteints : fractures simples, plaies des mains, plaies légères des parties molles, deux luxations de l’épaule. La plupart des hommes atteints présentaient plusieurs blessures. Douze à quinze amputations absolument indispensables furent pratiquées. Un de ces amputés [page 3] le capitaine Meyer, actuellement aux Sables-d’Olonne et rentré en France depuis peu. Enfin environ 1500 pansements furent pratiqués. Nous fûmes aidés par l’étudiant en médecine, sergent infirmier Dubromel, et par deux prêtres, les abbés Vester et Bernardin.

Quand la ville se rendit, 25 au soir, trois casemates étaient effondrées, la pharmacie disparue, la salle d’opération menaçait ruine. Le personnel sanitaire avait perdu 1 pharmacien et 2 infirmiers morts sous les éboulements, 2 infirmiers étaient grièvement blessés par éclats d’obus. Il y eut 400 blessés environ et approximativement 200 morts. (…)»

Sources : Archives du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, cartons n° 636- . Simonin. De Verdun à Mannheim. Ethe et Gomery (22, 23, 24 août 1914), Paris : Vitet, 1917, 316 p.

Pour en savoir plus sur les hôpitaux de siège en août 1914 : Givet, Montmédy.

A paraître en octobre 2013 : le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, France sud-est.

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IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 - lettre C

9 Octobre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918 - lettre C

MEDECINS ET « SANITAIRES » BRETONS MORTS DURANT LA GRANDE GUERRE (1914-1918) – lettre C.

En marge de la thématique des hôpitaux militaires je propose quelques biographies sommaires sur des « sanitaires » bretons (officiers et troupe) morts pendant la Grande Guerre…

Lettres A-B

16. CADO Marcel-Henri (1890-1916) – Médecin auxiliaire (adjudant), 137e régiment d’infanterie. Né le 24 janvier 1890, à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Décédé le 14 juin 1916, à Baleycourt (Meuse), ambulance 3/12. Mort pour la France. Nantes 1910, matricule 2664. Etudiant (Ecole de médecine, Nantes). Aux Med., 196 ; MdH.

17. CARON Jean-Auguste (1892-1918) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 71e régiment d’artillerie. Né le 8 juillet 1892, à Ancenis (Loire-Inférieure). Décédé le 27 septembre 1918, à Verdun (ambulance n°3/5 de Froidos, Meuse) de maladie contractée en service. Recrut. Ancenis 1902, matricule 17. Interne des hôpitaux de Nantes – [citation ?, sans origine] « Décembre 1915. Excellent médecin auxiliaire, très brave et d’un dévouement à toute épreuve ; a procédé, hors des tranchées, à l’identification d’un officier et de plusieurs soldats français, tombés aux affaires du 25 septembre 1915 ; le 4 décembre 1915, les boyaux étant impraticables, s’est porté à travers la plaine au secours d’un soldat blessé et, à peine de retour, en a pansé plusieurs autres sous le bombardement ». Aux Med., 201 ; MdH.

18. CHARETTE DE LA CONTRIE (DE) Louis-Henri-Emmanuel-Maxence-Marie (1882-1914) - Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 26e régiment d’artillerie de campagne. Né le 27 décembre 1882, à Nantes (Loire-Inférieure). Figure dans le livre d'or du collège Saint François Xavier de Vannes. Exécuté sans jugement (fusillé) par les Allemands le 23 août 1914, à Ethe (Belgique). Recrut. Montluçon 1902, matricule 1494. Docteur (1909). Médecin à Oysonville (Eure-et-Loire). Chevalier de la Légion d’Honneur [absent de la base Léonore ?] – J.O., 24 mai 1919 : « Fortement indisposé le 19 août 1914, reste néanmoins à son poste. Le 22 août 1914 au combat d’Ethe, blessé de deux balles aux reins et à la cuisse demande qu’on enlève d’abord les autres blessés et dit à un lieutenant : « Laisse-moi et occupe-toi de tes échelons ». Transporté au poste de secours de Gomery, est enlevé le 24 par les Allemands, sous le prétexte mensonger qu’on a tiré des fenêtres ; est fusillé avec d’autres blessés. A été cité. » Aux Med., 209 ; MdH. On trouve la relation du massacre des « sanitaires » de Gomery dans : Jules Simonin (médecin inspecteur). De Verdun à Mannheim, Ethe et Gomery (22, 23, 24 août 1914). Paris : P. Vitet, 1917, 316 p.

19. CHENET Charles (1884-1918) - Médecin auxiliaire (adjudant), 84e régiment d’infanterie. Né le 15 décembre 1884 à Guéméné (Loire-Inférieure). Décédé le 16 novembre 1918 de maladie contractée en service. Mort pour la France. Nantes 1904, matricule 618. Docteur en médecine, 1918 (Faculté de Paris). Interne des hôpitaux de Paris. Aux Med., 213 ; MdH.

20. CHOVE Paul-Alfred (1893-1914) - Médecin auxiliaire, à la division marocaine (adjudant), élève de l’Ecole principale du service de santé de la Marine de Bordeaux. Né le 28 août 1893 à Brest (Finistère). Décédé le 9 septembre 1914 à Sézanne (Marne), suite à des blessures de guerre. Mort pour la France. Aux Med., 215 ; MdH.

21. COLLIN Georges (1884-1917) - Médecin de 2e classe de la Marine, embarqué sur le croiseur Kléber. Né le 24 août 1884 à Vannes (Morbihan). Décédé le 29 juin 1917 à l’hôpital maritime de Brest (Finistère), suite à des contusions multiples reçues sur le Kléber lors de son torpillage (mine dérivante lancée par le sous-marin U 61), le 27 juin 1917 au large des Pierres-Noires (approches de Brest). Docteur en médecine en 1911 (Faculté de Bordeaux) – Chevalier de la Légion d’honneur ? [absent de la Base Léonore] Citation à l’ordre de l’armée navale – « A collaboré activement à l’embarquement des malades. A reçu et porté dans ses bras un blessé atteint d’une fracture de la jambe droite, l’a pansé et fait placer sur un cadre dans la chaloupe. N’a quitté l’infirmerie qu’après l’embarquement de tous les malades. Mort des suites de blessures dues à l’explosion pendant le chavirement du bateau ». Aux Med., 219 ; MdH.

22. COTTELLE Henri-Ernest (1894-1918) – Médecin aide-major de 2e classe (sous-lieutenant), 311e régiment d’infanterie. Né le 9 juillet 1894 à Vannes (Morbihan). Décédé le 25 avril 1918, à Mailly-Raineval (Somme). Aux Med. 223.

23. CROSSOUARD Etienne-Marie (1860-1917) – Médecin principal de 1ère classe des troupes coloniales (colonel), armée française d’Orient. Né le 15 juin 1860 à la Chapelle-Glain (Loire-inférieure). Disparu en mer le 17 février 1917, lors du torpillage par le sous-marin allemand U 65, au large de Malte, du paquebot Athos (754 victimes) – Chevalier de la Légion d’honneur (11 juillet 1902). Aux Med., 227 ; MdH ; Base Léonore LH/634/58.

(A Suivre)

Sources :

Aux Méd. - Collectif. Aux médecins morts pour la Patrie (1914-1918). Hommage au corps médical français. Paris : Syndicat des Editeurs, [ca. 1920-1922], 446 p.


MdHhttp://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique41

Base Léonore - http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/leonore.htm

Photo : Dans les boues de la Somme, par Gaston Broquet (1880-1947). Localisé dans les jardins de l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce à Paris.

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BADONVILLER 1914 – Ville martyre sur le front (août 1914)

4 Octobre 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Cet article est consacré à Badonviller et à son « soutien hospitalier » confié en août-septembre 1914 à un médecin militaire de la territoriale, le docteur Veuve. A l’aube de la grande bataille de Lorraine les belligérants se regardent en chiens de faïence par-dessus la frontière. Les troupes françaises qui se sont retirées à dix kilomètres de la frontière laissent le champ libre aux incursions allemandes (Blamont, Cirey-sur-Vezouze, Badonviller). Le service sanitaire est confié aux ressources civiles locales ; l’hospice des vieillards pour ce qui concerne Badonviller. Le 10 août 1914 le 1er corps d’armée bavarois passe la frontière en dépit de la résistance des bataillons de chasseurs à pied placés en couverture. Le 12 août, les Allemands fondent sur Badonviller qu’ils occupent, mettant la ville à sac, au pillage et à l’incendie ; ils abattent douze habitants dont l’épouse du maire et brûlent 84 maisons avant de se retirer. La population civile terrorisée se réfugie à l’hospice et au Château-Fenal mis sur pied par l’Union des Femmes de France. Le 12 août, les Allemands incendient la maison de M. Dubus directeur de la faïencerie qui sert d’ambulance : « l’on eut à peine le temps d’évacuer les blessés ». A l’écurie de l’hôtel de la Gare, deux soldats blessés qui y avaient trouvé refuge sont abattus et leurs corps jetés au feu… Le 14 août, les troupes françaises (105e régiment d’infanterie, suivi des 123e et 139e R.I.) reprennent l’initiative et chassent les Allemands de la ville. Les autorités civiles et militaires lorraines visitent la ville-martyre dès sa libération. M. Léon Mirman, préfet de Meurthe-et-Moselle vient remettre le 19 août la Légion d’honneur à M. Benoît, maire de Badonviller, dont l’épouse a été fusillée par les Bavarois. C’est à cette occasion que le médecin aide-major de 1ère classe Veuve arrive à Badonviller.

Dix jours après sa libération (24 août), au lendemain des échecs de Sarrebourg et de Morhange débute la deuxième période de l’occupation allemande qui se termine le 13 septembre 1914 et est suivie d’une troisième courte occupation allemande (21-25 septembre 1914). La ville reste en définitive au pouvoir des Français durant toute la guerre et subit un bombardement incessant de 1915 à 1918. Le 30 juin 1918 la courageuse population civile restée à Badonviller est définitivement évacuée en raison des bombardements par gaz devenus incessants.

Cette « bataille de Badonviller » qui n’est pas à l’honneur des troupes bavaroises a engendré une marche militaire, la « Badonweiler Marsch » écrite par Georg. Fürst - encore jouée de nos jours – qui pour l’anecdote est donnée comme la « marche préférée » d’Adolf Hitler ancien du 16e régiment d’infanterie bavarois, tous deux de sinistre mémoire.

« Rapport du médecin aide-major de 2e classe (lieutenant) de l’armée territoriale Veuve du service de santé du XVe corps d’armée.

[page 2] Envoyé le 19 août dans l’après-midi de Nancy à Badonviller par ordre de Monsieur le Médecin-chef de l’hôpital militaire de Nancy et sur demande urgente de M. le Préfet du département de Meurthe-et-Moselle [M. Léon Mirman] aux fins d’organisation d’un service de secours, j’ai trouvé à l’hospice civil des vieillards tenu par une communauté de sœurs [de la Doctrine Chrétienne], vingt-cinq lits qui pouvaient être réservés aux blessés militaires, soixante paillasses disposées dans le hangar d’une faïencerie [Fenal] ; une vingtaine de lits au Château-Fenal et respectivement huit et dix lits chez deux particuliers. Ces institutions ou refuges temporaires [rattachés à l’Union des Femmes de France] avaient déjà fonctionné pendant la première invasion des Bavarois du 11 au 14 août 1914.

Le 20 août arrivent les premiers blessés de Sarrebourg, Lorquin et Cirey dont quelques-uns sont transférés à Gray, le plus grand nombre sur les ambulances de Baccarat situées à vingt kilomètres par trains sanitaires. Le lendemain je procède à sept cents évacuations environ sur Gray directement, le service de Baccarat étant très surchargé. A titre temporaire, je maintiens une trentaine d’éclopés dans les différents locaux mis à ma disposition.

Le 22 [août] au matin, l’ambulance n°3 du 21e corps d’armée s’installe dans le hangar de la faïencerie procédant au triage des blessés venant de Cirey. Cette formation qui reste autonome se replie le soir même sur Raon-l’Etape laissant après elle vingt-deux blessés dont la présence ne m’est révélée que le lendemain alors que tout moyen d’évacuation est devenu impossible. [page 3] Pendant cette journée du 22, j’ai procédé également au triage des blessés aux autres hospices ou infirmeries et dont la majeure partie est évacuée à Gray par train sanitaire. Il ne restait le soir qu’une trentaine de blessés que j’ai fait diriger sur Raon-l’Etape en nolisant les trois derniers véhicules restant à Badonviller. Je ne laissais à l’hôpital qu’un blessé grave non évacuable atteint de plaie perforante à l’abdomen avec péritonite et deux cas de rougeole en défervescence.

Le 23 au matin, sur l’indication du médecin civil de l’endroit [docteur Bauquel], j’ai trouvé au hangar de la faïencerie [Fenal] les blessés abandonnés par l’ambulance n°3. Il n’y avait plus à ce moment aucun moyen de transport dans le pays dont la population s’enfuyait sur l’imminence de l’invasion. Le dernier train arrivé au milieu de la nuit vers trois heures était reparti sans blessés puisque toutes les évacuations des blessés directement soumis à mes soins avaient été faites dans la soirée précédente. J’ai donné les premiers soins à ces hommes dont quelques-uns étaient gravement mutilés et je pus terminer les obligations d’urgence avant l’action du feu qui commençait ce jour là à midi pour se prolonger jusqu’au lendemain soir (Bataille de Badonviller).

Avant l’arrivée des Allemands du samedi soir au dimanche matin dix heures, j’avais sollicité des ordres ou des indications nécessaires à la direction de ma gestion. Par l’intermédiaire du maire de Badonviller télégramme a été expédié dans ce sens au préfet. J’ai, par la télégraphie [page 4] militaire, exposé ma situation à Monsieur le Médecin inspecteur du XXIe corps d’armée [médecin inspecteur Loup], télégramme dicté le 24 au matin et que je sanctionnai deux heures plus tard par un essai de téléphonie militaire. Toutes ces tentatives ont échoué par interruption des communications. Devant cette absence de sanction, l’intérêt des blessés résolvait l’incertitude et réclamait mon assistance.

Pendant la période de ma gestion sous [la 2e] occupation allemande du 23 août au 12 septembre, j’ai été confiné par ordre à l’hôpital où j’ai eu à assurer spécialement le service des blessés graves, les autres étaient transférés soit sur des lazarett[e] de campagne, soit sur les hôpitaux de l’arrière. A partir du 2 septembre, il ne restait plus dans le village, à l’exclusion du service de l’hôpital, que six blessés légers chez un particulier et dix autres à l’infirmerie de la faïencerie. J’ai pu, par autorisation spéciale, visiter et contrôler ces alités dont le traitement était dirigé par les soins du médecin civil de la localité [docteur Bauquel].

Le nombre des blessés allemands qui formait au début de leur arrivée la moitié des hospitalisés a été progressivement réduit pour ne plus compter qu’une ou deux unités à partir du 3 septembre. Le reste du contingent des hospitalisés militaires français a oscillé pendant la période du 23 août au 12 septembre entre 25 et 30 unités. Les ambulances allemandes m’ont en outre chargé de traiter six habitants de Pexonne (village situé à 5 km) qui avaient été mutilés par des obus et que j’ai traités pendant [page 5] 10 jours. Quelques blessés français m’ont été retournés par des lazarets allemands, blessés gravement et presque tous mutilés qui ne pouvaient guérir ou se consolider qu’après un long traitement. Ces blessés retenus dans ces lazarets aux fins d’intervention ont presque tous pâti d’une insuffisance de soins, d’une méconnaissance notoire des éléments chirurgicaux. J’ai eu à constater des amputations faites sans lambeaux avec procidence de l’os et moignons inégaux et sphacèlés ; des fractures compliquées avec esquilles [] par l’orifice de la plaie, soigneusement immobilisées sous des plâtres hermétiques déterminant des phlegmons graves ; des plaies sanieuses et des pansements si insuffisants et si peu renouvelés pour y déceler l’apparition des vers. Est-ce incurie, ignorance, faute de temps ou tout ceci à la fois ; les conséquences, si elles n’ont été que quelquefois funestes n’en restent pas moins lourdes dans tous les cas.

Les moyens de traitement ont été rendus difficiles pendant toute cette période par la pénurie d’objets de pansement et par le défaut d’accessoires et d’instruments nécessaires à des interventions même de moyenne importance. La pharmacie de l’endroit était peu organisée et le recrutement d’un matériel convenable a été totalement impossible. Après avoir épuisé les maigres réserves des objets de pansement, il a fallu obvier à ce manquement par l’emploi de matières premières de qualité inférieure comme de l’ouate à molleton, de la bourre de coton, feutre et charpie. Néanmoins ces à peu près ont comblé les exigences, et les résultats ont été normaux et presque bons. [page 6]

Sauf quelques réquisitions, la presque totalité des fournitures de pansement a été faite parles soins de l’hospice dirigé par une communauté de sœurs. Celles-ci par leur assistance et leur dévouement ont donné à une situation très obérée, une aisance et une sollicitude bienfaisantes. Les subsistances ont été fournies parleurs moyens propres et au prix de lourds efforts. Il ne faut pas oublier que les ressources du pays étaient nulles, le ravitaillement impossible et que la lutte était constante pour sauvegarder les maigres intérêts matériels qui subsistaient. L’autorité allemande m’avait bien octroyé la permission de réquisitionner des vivres pour nos malades. J’en usai une fois pour la livraison d’un veau par une ferme des environs. Le lendemain il était réclamé et emmené par l’intendance allemande. Le pain fait par des réserves cachées par la population a pu être distribué très régulièrement et sous le contrôle des allemands.

L’infirmerie de la faïencerie séparée de l’hôpital a résisté au délaissement et à la famine grâce aux soins et au dévouement tous spontanés du jeune J[ean].-B[aptiste]. Vicaire qui s’était consacré volontairement et simplement à ce véritable sacerdoce.

Le service des inhumations (plus de deux cents sans compter celles des chevaux) a été fait régulièrement par Joseph [Roimarnier] et trois hommes. Ce service a été fait en outre consciencieusement et les pièces et valeurs qui ont été trouvées sur les morts m’ont été remises intégralement. J’ai consigné la liste de ces valeurs sur un état que j’ai [page 7] remis au moment de mon départ à Monsieur [Eugène] Lej[e]al percepteur à Badonviller et qui, en qualité de seul fonctionnaire restant, avait été agréé comme maire par intérim par l’autorité allemande. Les valeurs sont restées à Badonviller sous sa sauvegarde et conservées à l’hospice.

Le 12 septembre au jour, le chef de bataillon du [landsturm] allemand n°1 m’a obtempéré l’ordre de partir immédiatement sur Cirey et l’Allemagne, sans avoir pu donner un successeur ou une sécurité aux blessés en cours de traitement et sans avoir averti quiconque, violant ainsi le droit des gens. Dans ce brusque départ une partie de mes bagages, contenant des effets, instruments de chirurgie dont quelques uns appartenant à la Société de la Croix-Rouge de Nancy, mes notes relatant les états et surtout celles de l’état civil des inhumés ; le tout s’est perdu sans espoir de retour. La recherche des identités pourra se faire néanmoins partiellement par les livrets de service et quelques autres pièces que j’ai laissés aux bons soins de la supérieure de la communauté. Les plaques d’identité recueillies, les fiches de diagnostic, les états de roulement des hospitalisés sont restés également aux mains des Allemands.

Le 12 [septembre] au soir, arrivé dans un lazaret de Sarreguemines d’où je fus transféré le 16 dans l’après-midi pour être dirigé sur Stuttgart au lazaret de réserve à la BergKaserne […] ».

Sources : Arch. Musée du Service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, carton n° 641 (dos. Veuve).

Pour en savoir plus sur Badonviller 1914 : http://badonpierre.free.fr/guerre/jpcuny2.html

Sur le service de santé de l’armée allemande :

Sur les atrocités allemandes en Meurthe-et-Moselle : John Horne et Alan Kramer. 1914 - Les atrocités allemandes.La vérité sur les crimes de guerre en France et en Belgique. Coll. Texto. Paris : Tallandier, 2011, 674 p.

Sur le service de santé dans la bataille de Lorraine :

Damvillers : Dieuze : Morhange (1) : Morhange (2)

A Paraître en octobre 2013 : Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, France sud-est

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