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HISTOIRE DES MEDECINS DE LANGENSALZA VICTIMES DU TYPHUS (JANVIER-MAI 1915)

25 Août 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

HISTOIRE DES MEDECINS DE LANGENSALZA VICTIMES DU TYPHUS (JANVIER-MAI 1915)

Médecins prisonniers de guerre au camp de Langensalza (1914-1915)

J’apporte aujourd’hui quelques éléments complémentaires sur le décès dans le camp de prisonniers n°4 de Langensalza du docteur Rigollot-Simonnot (1876-1915), ancien interne en chirurgie de Paris (1903) et plus généralement sur les médecins militaires français, victimes du typhus à Langensalza en Thuringe.

La biographie du docteur Rigollot-Simonnot a fait l’objet d’un article très fouillé sur le site belge « Médecins de la Grande Guerre », en relation avec l’Association Bretagne 14-18, et je n’ai que peu d’éléments à y ajouter (cf. infra, témoignage Poinsot).

Camp de Langensalza. Témoignage du docteur Poinsot sur les conditions de remise du courrier par les autorités du camp – « Notre regretté confrère, le docteur Rigollot-Simonne[o]t apprend la mort de son père par une lettre de quatre pages ; on lui remet seulement les deux premières pages. Le docteur réclame; on lui promet une enquête, et de celle-ci il ressort, d'après le colonel allemand commandant le camp que c'est la censure française qui aurait fait la coupure. Inutile de dire que M. Rigollot n'en a pas cru un mot, bien qu'il fut au désespoir de ne pouvoir connaître les dernières volontés de son père » [Rapport du médecin aide-major de 1ère classe Poinsot, du 228e régiment d’infanterie, médecin en service au camp de prisonniers de guerre de Gustrow, puis à Langensalza (janvier 1915), p. 4].

Parmi les nombreux témoignages de médecins militaires français sur les épidémies, à Langensalza, puis à Cassel-Niederzwehren, j’ai choisi l’extrait suivant qui rythme magistralement la progression de l’épidémie de typhus, de janvier à mai 1915. Nos amis belges connaissent l’auteur de ce témoignage exceptionnel, le docteur Dournay, qui fut pris à Bellefontaine en Belgique et dont le long rapport de fin de captivité constitué de notes préservées au péril de sa liberté, m’a déjà permis de rédiger plusieurs articles sur ce blog.

Mais avant de passer au témoignage du docteur Dournay proprement dit, quelques mots sur le camp de Langensalza et son service de santé (1914-1915) : Langensalza est une ville d’eau de Thuringe. Le camp était situé à environ 3 kms de la ville, dans le fond d’une cuvette argileuse environnée de collines. En décembre 1914, le camp compte dix baraques en bois avec assise partielle sur pilotis. Ce sont des baraques pour mille lits divisées par des cloisons en 4 groupes de 250 hommes. Les PG de différentes nationalités sont mélangés (février 1915). Les prisonniers couchent sur des bas flancs superposés.

Lazarett/hôpital - A l’origine (1914) le service de santé dispose de deux grandes baraques à la distribution exemplaire, appelés lazarette 1 et 2 . Chaque baraque comprend deux salles de 80 lits, quatre salles de 4 à 6 lits et de locaux annexes (pharmacie, tisannerie, salle de soins, salle de bains, etc.). Lors de l’épidémie (décembre 1914-mai 1915) une baraque entière, la n° 10, est réservée aux typhiques légers, tandis que le lazarett 1 accueille les malades graves et le lazarett 2 les autres maladies, dont des diphtériques. En raison de l’afflux de typhiques, jusqu’à 1200 malades en traitement, les blessés sont disposés jusque dans les couloirs et entre les lits. Les typhiques ne peuvent être descendus et urinent sur les malades des couchettes basses, etc.

Pour les médecins militaires français détenus avant l’éclosion de l’épidémie ou arrivés en renfort, l’épidémie s’expliquerait par une faute de commandement qui aurait imposé le mélange des prisonniers russes et français, négligé les mesures de quarantaine pour les cas suspects voire avérés… Il faut attendre que la garnison de Langensalza soit touchée pour que Berlin prenne des mesures efficaces, dont l’envoi du docteur allemand Rehberg [Roehberg, Roberg ?] de Berlin dont l’action prophylactique a été décisive et unanimement louée par ses confrères français ; ce qui est suffisamment rare pour être souligné. Ce médecin fut ensuite envoyé, comme d’autres médecins français prisonniers, combattre l’épidémie encore plus virulente du camp de Niederzwehren près de Cassel (1200/1500 décès - 3500 typhiques sont traités au 15 mai 1915) où deux autres médecins militaires décédèrent du typhus (Charles-Jean Dumas (1891-1915) du 57e régiment d’infanterie et Louis Joseph Perier (1887-1915) du 6e régiment de Tirailleurs.

Extrait du rapport du médecin aide-major Dournay, du 9e bataillon de chasseurs à pied sur sa captivité à Langensalza.

« Le service fut assuré au début par les médecins français seuls. Plus tard des médecins russes soignèrent leurs compa­triotes (Baraque 1). Chaque médecin avait en principe le ser­vice suivant : visite d'une Mannschafbarake, une salle de typhiques (ou service du Lazarett 1). Deux médecins français furent attachés aux salles du Lazarett 1 (non contagieux) comme assistants des médecins allemands. Il y avait de plus un service de garde de nuit, par rou­lement.

Logement - Les médecins sont logés à l'extrémité d'une baraque des hommes, à raison de 4 à 5 par chambre. Ils ont un lit, une cuvette chacun. Des tables, des chaises.

L'alimentation est largement suffisante,

Promenade - Mais nous ne pouvons sortir du camp. L’autorisation que nous en demandons nous est refusée. Ce n'est qu'après la maladie (et la mort) de la plupart d'entre nous que l'on nous autorise à nous promener de 14 à 16 heures dans un parc voisin du camp, et sous une surveil­lance étroite.

Les W.C. - méritent d'être signalés, Nous ne disposons que de quelques seaux de toilette, mis à notre disposition dans une chambre du Lazarett 1. Il faut s'y rendre au besoin la nuit.

Les médecins malades - En dehors de l'un d'eux, le médecin auxiliaire Dautrey [Hôpital militaire de Lens ?] qui fut soigné en ville (*), tous les médecins [page 2] malades furent soignés dans le camp par nous, dans une chambre de l'isolier-Baracke, où on peut leur donner des bains. Cette chambre n'était pas aménagée lors de la maladie et la mort de Lassalas [26e régiment d’infanterie territoriale]. On se rendra compte des mauvais moments passés dans ces conditions, par l’examen du tableau suivant (en bleu les cas de typhus, en rouge les décès [sur l’original]).

En janvier : arrivée du médecin auxiliaire Héritier [64e bataillon de chasseurs] que nous trouvons en convalescence de typhus.

21 février - arrivée à Langensalza des médecins Thorel, Dautrey, Pelte, Tersen [hôpital militaire de Douai].

22 février - Arrivée de MM. Bahier [17e bataillon de chasseurs], Goudard [50e régiment d’infanterie], Deupes [20e régiment d’infanterie], Esquirol [20e régiment d’infanterie], Dournay et Lassalas.

9 mars - Dautrey tombe malade

10 mars - arrivée de Meuilles, Nectoux [groupe de brancardiers divisionnaires n°37] et deux médecins russes.

12 mars - arrivée de MM. Faucheux et Nattier [4e régiment d’infanterie territoriale].

15 mars - Lassalas tombe malade. Le lendemain, Tersen s’alite.

17 mars - Arrivée de 8 médecins et 2 officiers d’administration russes.

24 mars - Les deux médecins russes arrivés le 10, tombent malades.

26 mars - Nattier tombe malade.

27 mars - Mort de [M. le médecin aide-major Ferdinand Jean Laurent Lassalas (1874-1915)], MM. Bahier, Nectoux s’alitent. Tersen est dans le coma. Le docteur allemand, médecin auxiliaire, Dhale, a le typhus.

28 mars - Enterrement de Lassalas. Esquirol s’alite. L’aumônier allemand de même.

29 mars - M. Faucheux s’alite.

1er avril - Un médecin russe s’alite.

4 avril - Arrivée de MM. Rigollot [amb. n° 9/10], Poinsot [228e régiment d’infanterie], Léonetti [228e régiment d’infanterie], Dhalluin, Fontaine et du médecin anglais Garlaud [Garland ?] et 4 médecins russes.

6 avril - mort de [M. le médecin aide-major Léon Alphonse Natier (1879-1915)].

7 avril - un officier d’administration russe malade.

12 avril - un médecin russe malade.

20 avril - Rigollot tombe à son tour. Poinsot est malade mais non du typhus.

24 avril - mort de l’officier d’administration russe.

1er mai - mort d’un médecin russe.

3 mai - Mort de [M. le médecin aide-major Louis Pierre Rigollot-Simonnot (1876-1915)].

16 mai - Mort d’un médecin russe.

Personnellement j’ai été chargé de la Mannschafbaracken 8, d’une salle de typhiques du lazarett II[2], que j’ai gardée jusqu’à l’arrivée du docteur Rigollot, du service de dyphtérie (du 1er avril-26 avril). J’ai soigné les docteurs Lassalas, Bahier, Nectoux, Esquirol.

J’ai quitté le camp de Langensalza le 26 avril avec MM Thorel, Pelte, Esquirol, Faucheux, Tersen, Dautrey, Neuilles, Deupes, Goudard et 8 russes. Nous sommes envoyés au Réserve Lazarett de la ville pour y faire une quarantaine, car on nous promet soit notre prochain rapatriement, soit notre envoi dans un camp de repos (…). Le 7 mai, après 10 jours de quarantaine et de désinfection, on nous envoyait à Cassel, où régnait une autre épidémie de typhus. (…) Je sais qu’après notre départ, le sort des hommes et des médecins a été amélioré. Mais il est trop tard. Environ 8000 hommes en effet sur 10 000 ont eu le typhus et 900 environ sont morts. Les Allemands nous ont toujours empêchés d’avoir des chiffres précis (…). »

En guise de conclusion : Citation du docteur Louis Rigollot-Simonnot mise en exergue de la thèse du docteur François Léonetti : « Au milieu de tant de misères, notre devoir n’est plus de songer à nous réclamer de nos droits, mais de travailler ».

Note : (*) Le docteur Dautrey n’en donne pas la raison dans son rapport de captivité.

Source : Musée du service de santé des armées au val-de-Grâce, à Paris, carton n° 635, dos. 59 (Dournay) ; carton n° 639, dossier 23 (Poinsot).

Léonetti François. Souvenirs de Captivité. Les épidémies dans les camps de prisonniers d’Allemagne. Gustrow, Langensalza, Cassel. Thèse de médecine, Paris, n°8-1915. Paris : Jouve, 1915, 121 p.

Carte des camps de PG en Allemagne

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ACCUEIL EN SUISSE DE MEDECINS FRANÇAIS LIBERES (novembre 1914)

14 Août 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #varia

ACCUEIL EN SUISSE DE MEDECINS FRANÇAIS LIBERES (novembre 1914)

Témoignage du médecin aide-major de 1ère classe Monteilh, médecin du 3e bataillon du 144e régiment d’infanterie (Bordeaux) sur les conditions de son rapatriement via la Suisse.

J’ai choisi aujourd’hui de vous présenter le long témoignage d’un médecin militaire français libéré du camp d’Erfurt (Thuringe) - fait prisonnier à Corbeny et détenu à Erfurt de septembre à novembre 1914 - qui décrit par le menu son rapatriement et l’accueil mémorable dont il a bénéficié, tant des autorités que des populations helvêtiques. Ce type de témoignage contrariant en 1914 une certaine neutralité affichée reste relativement rare. Les rapports français de rapatriement à travers la Suisse sont assez peu détaillés.

"(…) [Erfurt, 6 novembre 1914] Nous allâmes reprendre notre service au camp, mais à 10 heures on nous fit appeler de nouveau Chez le Général pour nous dire que nous devions "être à midi à la gare". Nous télé­phonâmes alors immédiatement à des autos de venir nous prendre et après avoir déjeuné au camp nous partîmes en auto accompagnés d'un sous-officier allemand et passant Rudolf Casern prendre nos bagages nous nous rendons à la gare où on nous fait entrer dans [page 22] un salon particulier et ou un capitaine et un interprète passent soigneusement l'inspection de tous nos bagages. Puis on nous fait monter dans un wagon couloir de 1ère, 2e et 3e Classe où nous trouvons 20 infirmiers et brancardiers de la 16e Sec­tion [d’infirmiers militaires] qui rentrent en France avec nous. Nous sommes donc 10 médecins et 20 hommes. Le voyage s'accomplit sans incident. Nous arrivons a Stuttgart vers 20 heures et on nous permet de descendre du train nous et nos hommes pour aller prendre notre repas dans une installation de la Croix-Rouge mais ser­vi par le buffet de la gare et à nos frais.

Puis on nous fait remonter dans notre wagon qui mis sur une voie de garage nous sert d'hôtel et nous y passons la nuit. Le lendemain matin notre wagon est ramené sous le hall de la gare et on nous apporte notre petit déjeuner à nos frais mais on ne nous permet pas de descendre. Enfin nous repartons, en route pour Constance.

Nous arrivons à Constance vers 14 heures et sommes reçus courtoisement par un officier de troupe allemande, un capitaine qui est en congé de convalescence pour une blessure. Il est vraiment fort aimable et nous conduit à la frontière suisse, là nous sommes reçus d'une façon plus qu'aimable. On nous offre des cigarettes et des cigares et surtout des journaux. Un officier de l'armée suisse vient nous prendre et nous accompagne dans un hôtel ou nous commandons un repas pour nous, et Monsieur le médecin major de 1ère classe Rambaud [médecin chef du 144e régiment d’infanterie] offre un repas à tous les hommes, voulant leur dit-il leur offrir le 1er repas pris sur [un] terrain ami.

Nous quittons "Kreutzlingen" à 18 heures pour Saint-Gall. Sur tout le parcours de l'hôtel à la gare ce sont des ovations. A la gare aussi au moment du départ du train des cris de "Vive la France" qui vont au coeur.

Nous arrivons à Saint-Gall vers 20 Heures et là aussi nous sommes reçus par des officiers qui nous traitent en [page 23] camarades. Les soldats nous rendent les hon­neurs et on nous amène chez le Colonel qui a son bureau dans la gare même et qui nous reçoit d'une façon cordiale, nous demande des détails sur notre séjour, sur la façon dont nous avons été traités, et sur la partie de la campagne à laquelle nous avions assisté avant notre captivité. Nous lui soumettons aussi, les manquements à la convention de Genève que nous croyons avoir été commis à notre égard et surtout le non relâchement de nos infirmiers régimentaires et des étudiants en médecine infirmiers que nous avons dû laisser en Allemagne. De là il nous fait accompagner dans un hôtel superbe près de la gare ou des chambres nous ont été rete­nues et où un dîner succulent nous est servi à une table couverte de fleurs et attention délicate, sous chacune de nos serviettes nous trouvons un paquet de cigarette française. Après le dîner nous passons à l'Estaminet et là de jeunes suisses viennent se joindre à nous et nous font une réception très touchante. Peu après 2 messieurs anglais et un américain demandent la permission de venir se join­dre à nous. Un de ces messieurs anglais ne parlant pas fran­çais cause avec moi un moment puis me prie d'accepter un billet de 50 frs pour envoyer en Allemagne aux prisonniers que nous venons de quitter. Puis l'Américain pour nous remercier, ne sachant pas assez bien le français se lève et nous siffle la Marseillaise que tous les assistants écou­tent debout tête nue.

Le lendemain matin avant le départ, déjeuner au chocolat ou au café au lait au choix et lorsque nous de­mandons la note on nous répond que tout a été porté au compte du comité fédéral.

Nouvelle [page 24] ovation lorsque nous quittons l'Hôtel pour la gare quoique ce soit de grand matin. Nous allons à Berne et sur tout le parcours ce sont des ovations des cris de " Vive la France " poussés par des nuées de soldats qui se précipitent sur le quai de la gare lorsqu'ils nous aperçoivent. A Berne nous sommes reçus princièrement dans une salle de la direction d'un grand hôpital transformée en salle à manger ou un dîner succulent nous est servi. Pendant les deux repas que nous y prenons des soldats suisses viennent nous chanter des chants du Pays de leurs voix superbes et d'une méthode im­peccable. Pendant toute la journée des gens de la ville viennent nous voir et nous félicitent, nous souhaitant la bien­venue dans leur pays et nous apportant un tas de choses, cho­colat, cigares, tabacs, etc.

Nous avions demandé au commandant de dragon qui était chargé de nous accompagner de nous laisser sortir voir la ville. Il nous a répondu qu'il n'osait pas parce que c'était un dimanche et qu'il craignait que les manifestations francophiles dont nous serions l'objet ne soient telles que l'attaché militaire allemand habitant Berne n'en prenne om­brage.

Le soir on nous accompagne à l'Hôtel ou nous sommes très bien installés.

Pendant ce temps nos hommes sont aussi très bien traités, nourris largement et logés dans des salles [à] l'Hôpital ou dans des casernes. Pendant tout le voyage on les comble de tabac, cigares et chocolat, etc.

Le Lundi matin à 6 heures nous quittons Berne et par Neuchâtel nous rentrons en France par Verrière-en-Joux. »

Source : Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 638, dossier 24 (Monteilh).

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BLESSES FRANCAIS AU CAMP DE GRAFENWOHR (1914-1915)

13 Août 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Le camp de prisonniers de guerre de Grafenwöhr
Le camp de prisonniers de guerre de Grafenwöhr

AU CAMP DE PRISONNIERS DE GUERRE DE GRAFENWOHR (1914-1915)

J’ai déjà, dans un précédent article, présenté le service hospitalier du camp de Grafenwöhr au travers du rapport du médecin major de 1ère classe Védrines. Aujourd’hui, je vous propose un témoignage complémentaire, celui du médecin auxiliaire [adjudant] Bovier du 4e régiment du Génie, fait prisonnier lors de la bataille de Sarrebourg, qui séjourna à Grafenwöhr du 20 août 1914 au 18 juillet 1915. J’ai choisi ce témoignage parmi d’autres car il me paraît très mesuré dans ses appréciations de sa captivité, en dépit de quelques pointes de chauvinisme. Son appréciation du service chirurgical allemand considéré par lui comme défectueux – interventionniste en matière d’amputations – a été également observé durant toute la guerre par d’autres chirurgiens français prisonniers, résolument abstentionnistes (à l’exemple du chirurgien rennais Paul Hardouin prisonnier en 1918).

[page 2] "(...) 2) Organisation du service médical au camp de Grafenwöhr - Personnel : 20 médecins français, une dizaine de médecins allemands, du 25 août au 15 septembre environ,- 4 pavillons de grands blessés, 2 pour les médecins français. A partir du 15 septembre les médecins français sont chassés de ces pavillons et relégués au service d’écuries transformées en baraquements pour prisonniers et blessés moins graves. Pendant le séjour des médecins français dans ces pavillons, très peu d’interventions mutilantes (3 seulement pour le pavillon où je me trouvais, pour un chiffre approximatif de 300 blessés). Dès l’arrivée des médecins alle­mands, énorme quantité d’amputations [souligné dans le rapport], au point que les blessés graves restant dans les écuries ne voulurent pas être évacués sur les pavillons et que pour ma part je dus en opérer beaucoup dans les écuries [page 3] Nous avons pu constater l'incompétence manifeste d’un mé­decin auxiliaire allemand qui travailla pendant quelque temps dans les mêmes conditions que nous. Beaucoup d’autres médecins auxiliaires sensiblement du même âge que lui étaient aux pavillons et par suite échappaient tota­lement au contrôle médical français. J'affirme avoir vu des malades ou des blessés en assez grand nombre, sortant des services allemands et ayant été manifestement mal soignés. Je crois très fermement qu'il y a eu incompé­tence chirurgicale et de plus, je crois qu’il est per­mis de penser à quelque chose de plus grave quand on rap­proche le nombre considérable des amputations, du fait de rendre inutiles pendant de longs mois un grand nombre de médecins français. Je crois que cela fait partie du plan de conduite générale " Faire à l’ennemi par tous les moyens, le plus de mal possible". Ce fait monstrueux pa­raît acceptable à qui a vu à quel point la discipline al­lemande étouffe personnalité et conscience.

Locaux et Matériels,- Lorsque nous sommes arrivés fin août, à Grafenwöhr avec 3 à 4000 blessés (chiffre qui s’est augmenté par la suite) nous n’avons trouvé aucune installation hospitalière. Ce n'est qu’au bout d’une huitaine de jours que chaque grand blessé put avoir un lit. Aucun triage n’a été fait pour expédier sur Nuremberg ou tout autre centre important les blessés particulièrement graves. Le matériel de pansement a été très Insuffisant pendant les premiers jours. Je crois pouvoir évaluer à 6 ou 7000 le nombre de blessés soignés à Grafenwöhr pen­dant 11[onze] mois. Pas une seule radiographie n’a été faite ni au camp, où le matériel nécessaire manquait, ni dans un centre [page 4] centre voisin où les blessés eussent pû être envoyés. Les médicaments ont été en général livrés d’une façon satisfaisante, sur notre demande. Il n'en a pas été de même des instruments courants de chirurgie, et au cours du mois de juin [1915], les médecins allemands ayant appris que j'opérais dans mon infir­merie, m'ont fait retirer les quelques instruments qui composaient mon misérable arsenal.

3) - Hygiène et prophylaxie

L’état sanitaire du camp a été bon en général. Nous n’a­vons pas eu d’épidémies sérieuses. Quelques cas de typhoïde dont je ne puis fixer le nombre et une quinzaine de méningites cérébro-spinales qui ont pu être traitées par le sérum malgré la difficulté que nous avons eu à l'obtenir.

A l’exception des blessés graves qui, je l’ai dit, étaient dans des pavillons et avaient un lit, les autres blessés et les prisonniers étaient pourvus d'une paillas­se. Jusqu'au mois de février [1915], ces paillasses reposaient sur le béton, ou mieux, sur la boue recouvrant celui-ci, tellement les écuries étaient humides. En février une commission de délégués des nations neutres passa et ordon­na l'exécution d'isolateurs pour les paillasses, ce qui fut fait. La nourriture, mauvaise dès le début, devint très rapidement exécrable et très insuffisante. Heureusement les envois de France purent bientôt arriver et lorsque j'ai quitté le camp, les hommes se nourrissaient presque exclusivement des colis de provisions qu’ils recevaient.

En général, les corvées n'étaient pas très pénibles [page 5] d'ailleurs beaucoup de prisonniers n'y allaient que d’u­ne façon intermittente. Je n’ai eu que très rarement à constater de mauvais traitements, et lorsque cela s'est produit, nos réclamations ne sont jamais restées vaines. Tous les hommes ont été vaccinés par nous contre la fièvre typhoïde et le choléra au moyen de cultures tuées par la chaleur et additionnées d'une petite quantité d'acide phénique (pour la typhoïde, 3 injections sous-cutanées ; 1/2 cc, 1cc, 1cc - pour le choléra, 2 injections : I/2 cc et I cc.) Les allemands n'admettent pas de contre-indications. Tous les prisonniers, blessés et malades ont été vaccinés.

Je n'ai pas constaté de réactions désordonnées. Il semble que ces vaccinations ont eu quelque utilité pour la typhoïde qui est devenue rare. Quant au choléra, nous n’en avons pas eu un seul cas bien caractérisé. Pas de typhus non plus. A noter à côté de l’absence de radiographie, l'installation d'un laboratoire de bactériologie avec étuve électri­que. etc.

J'ajouterai que le moral des prisonniers, malgré des vagues d'ennui inévitables, est bon ; il est entretenu dans cet état par la lecture fréquente de journaux français relati­vement récents arrivés en cachette dans des colis, par le déclin visible des forces allemandes, et surtout par un sentiment de supériorité individuelle dont il est impossible de ne pas s’apercevoir quand on voit un Français à côté d'un Allemand.

Je terminerai en disant que la tuberculose ne m'a pas paru constituer un grand danger, dans le camp. Sans doute, j’ai vu des tuberculeux, dont les lésions évoluaient, d'au­tres constituant plutôt des pré-tuberculeux à qui la captivité sera fatale. Leur nombre m'a paru restreint étant donné les conditions dans lesquelles vivent les prisonniers (…)"

Source : Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton 634, dos. 20 (Bovier).

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HOPITAUX MILITAIRES JUILLET 2015 - PROGRAMME ANGLO-AMERICAIN...

1 Juillet 2015 Publié dans #varia

Avec l'été nous entrons dans le temps des spectacles, expositions, festivals, commémorations diverses et variées. Voici deux adresses sur la thématique "sanitaire" 14-18... pour ce week-end du 4 et 5 juillet 2015.

Direction le château d' Arc-en-Barrois (Haute-Marne) et son exposition sur l'hôpital bénévole anglais du château de Penthièvre (1915-1919)

HOPITAUX MILITAIRES JUILLET 2015 - PROGRAMME ANGLO-AMERICAIN...

et aussi direction Montpon en Dordogne pour un spectacle nocturne devenu un rendez-vous incontournable, depuis le succès de 2014.

The Vauclaire Hospital Base n°3

HOPITAUX MILITAIRES JUILLET 2015 - PROGRAMME ANGLO-AMERICAIN...
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JEREMY BRUNET. QUAND LA GRANDE GUERRE S’INVITE A BRIVE, 1914-1917…

1 Juillet 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

JEREMY BRUNET. QUAND LA GRANDE GUERRE S’INVITE A BRIVE, 1914-1917…

BREVE : PUBLICATION D’UN TRAVAIL UNIVERSITAIRE SUR LES HOPITAUX MILITAIRES CORREZIENS, 1914-1917

Un mémoire de Master 2 d’Histoire contemporaine (année 2009-2010) : « Le dépôt des blessés de la caserne Brune et l’hôpital complémentaire n° 41 du collège Cabanis. Deux hôpitaux temporaires à Brive pendant la Grande Guerre », fait l’objet d’une récente publication aux éditions universitaires Pulim.

M. Brunet « régional de l’étape » a utilisé avec talent les fonds méconnus du service des archives médicales et hospitalières des armées de Limoges dont il a su, à la manière d’un entomologiste, extraire la « substantifique moelle » de cette documentation aride. Avis aux universitaires et érudits locaux en recherche de matière pour leurs notices hospitalières sur 14-18 ; le fonds médico-militaire limougeaud, d’intérêt national, est quasi inépuisable.

Après les travaux de Romaric Nouat sur les hôpitaux temporaires de Touraine en 14-18, présent récemment à Laon (30-31 oct.-1er nov. 2014), avec Vincent Viet, Marie Derrien et Sylvain Bertschy, au colloque « Mises en guerre de l’Etat », il faut noter et faire connaître l’édition de cette étude de Jérémy Brunet. Ce type de publication est suffisamment rare pour être signalé aux lecteurs à la veille des vacances estivales. Vous pouvez consulter le sommaire : ici

Jérémy Brunet. Quand la grande guerre s’invite à Brive, 1914-1917, Histoire de deux hôpitaux de l’arrière. Limoges : Pulim, 2014, 514 p.
Texte de présentation de l’éditeur (extrait) :

« Brive, dimanche 30 août 1914 : la population attend, fébrile, l’arrivée de « ses » premiers blessés de guerre. « Un spectacle à la fois pénible et grandiose » l’attend. Brive entrevoit les premiers indices du drame qui se joue déjà sur le front. Les hôpitaux corréziens accueillent des soldats martyrisés par l’armement moderne de cette première guerre de masse industrielle. Très vite on s’organise pour porter assistance à ces hôtes exceptionnels nimbés de prestige. Une vague de générosité les enveloppe. Elle ne sera pas de trop pour pallier les insuffisances initiales d’un service de santé qui entame le conflit avec une doctrine de prise en charge erronée. À l’orée de la guerre, un dépôt de blessés s’installe dans la caserne Brune. Rapidement prise de court, la structure ne doit son salut qu’au soutien de la population civile. Au début de l’année 1915, un nouvel hôpital est aménagé dans le collège Cabanis. Son installation n’est pas exempte de rebondissements malgré l’élan de solidarité locale dont elle fait l’objet. Bien desservie, Brive fait partie intégrante du vaste dispositif d’hospitalisation militaire de l’intérieur qui se construit et évolue au fil de la guerre. L’intrusion soudaine des blessés et des hôpitaux affecte la vie quotidienne de la population civile. La générosité spontanée des premiers temps se trouve peu à peu confrontée au prolongement imprévu de la guerre. La situation s’éternise, l’endurance charitable locale s’étiole… »

Pour en savoir plus - A consulter :

http://www.unilim.fr/com/pdf/postit/jeremybrunet

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Vincent Viet, La santé en guerre, 1914-1918...

18 Juin 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Vincent Viet, La santé en guerre, 1914-1918...
Un livre attendu : Vincent Viet, La santé en guerre, 1914-1918. Une politique pionnière en univers incertain, Paris, Presses de Sciences Po, 2015, 662 p.

Enfin !

Voici enfin, même si l’auteur s’en défend, une biographie – une belle cryptobiographie – du radical-socaliste Justin Godart (1871-1956), le premier sous-secrétaire d’Etat au service de santé militaire de la Grande Guerre (juillet 1915-février 1918), parlementaire, avocat, ami de Jaurès, pacifiste militant et « Esculape des Poilus de la Guerre »...

J’attendais cette biographie avec impatience depuis de nombreuses années ; depuis l’époque où j’avais assisté au Val-de-Grâce, à une conférence très documentée de M. François Billange sur son grand-père. J’attendais sa biographie de Godart. Cela ne s’est pas fait. Il revenait à M. Vincent Viet de reprendre la cognée et d’utiliser les fonds documentaires collectés par M. Billange, propagandiste inlassable, hagiographe familial passionné de Justin Godart.

M. Viet, universitaire patenté HDR qui se positionne volontiers au cœur des controverses mémorielles contemporaines, éloigné de tout « ethnocentrisme médico-militaire » - c’est le moins que l’on puisse dire - revisite, « décrypte » pour nous, en douze chapitres passionnants, l’Histoire du service de santé militaire et ses « usages discutables ». Cet ouvrage délicieusement irrévérencieux, parfois outrancier, toujours précis, saura se faire apprécier des passionnés de 14-18… civils et militaires. Enfin du neuf ! Une somme qui va devenir un classique. Enfin… et merci !

Présentation de l’éditeur :

« La première guerre mondiale va provoquer une hécatombe. En quatre ans, elle occasionnera en France près de 1,4 million de morts, 4 millions de blessés hospitalisés, 5 millions de malades et quelque 400 000 victimes de la grippe espagnole.

Dès les premiers jours du conflit, la situation réclame des décisions cruciales : reconstituer le capital humain pour renvoyer les soldats au front est la priorité. Dans cet univers imprévisible, tributaire d'armes nouvelles et exposé aux germes pathogènes, le Service de santé militaire met en place des procédures d’évacuation, de soin, de veille, d’alerte, d’accréditation, de contrôle et de régulation par l’État.

À travers des hôpitaux, des formations sanitaires mobiles et une logistique, tout un système de santé s’instaure, voué à l’urgence médicale, à la protection réciproque des populations civiles comme militaires contre les épidémies et à la réadaptation des mutilés et des traumatisés mentaux. De fait, la période constitue un moment de vérité pour le « gouvernement des risques », puisque le pronostic vital de centaines de milliers de citoyens est engagé, et un cas d’école, puisque pour la première fois les pouvoirs publics ont pleine autorité sur le corps médical.

C’est l’histoire de cette grande politique de santé publique et de cette « médecine d’urgence », pilotées par Justin Godart - futur résistant et juste parmi les Nations -, que cette vaste fresque vient tirer de l’oubli, tout en décryptant les usages discutables de la santé en temps de guerre. »

Sommaire sur le site de l’éditeur

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EXPOSITION - "1915-1919 UN CAMP CANADIEN A SAINT-CLOUD"

10 Juin 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #les hopitaux

EXPOSITION - "1915-1919 UN CAMP CANADIEN A SAINT-CLOUD"
BREVE ACTU :

DERNIER MOIS ! – Exposition jusqu’au 12 juillet 1915 au Musée des Avelines à Saint-Cloud

Il reste encore un mois pour découvrir cette très belle exposition inédite sur le service de santé militaire franco-canadien présentée dans le cadre magnifique du musée d’art et d’histoire de Saint-Cloud.

Extrait du dossier de presse :

« A partir d’une très riche collection de cartes postales, objets et films d’époque et du War Diary or Intelligence Summary, journal de guerre tenu par les commandants successifs de l’ hôpital, l’exposition retrace l’histoire du Camp canadien de Saint-Cloud, constitué d’ une équipe médicale francophone, à l’origine québécoise, qui avait pour vocation de soigner les soldats blessés venant du front.

L’ exposition apporte de précieux renseignements sur l’histoire et la vie de cet hôpital militaire et le contexte dans lequel il s’inscrit. Elle retrace les étapes de sa création, son installation sur l’hippodrome, la vie quotidienne des soignants et des patients, les soins apportés aux blessés, les activités proposées pour distraire les poilus en convalescence (jeux de cartes, matchs de baseball, concerts et spectacles), les visites officielles et les remises de décorations (…) »

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AMBULANCE DE L’ ASSOCIATION DES DAMES FRANCAISES (ADF) DE BRUXELLES (13 AOUT-15 OCTOBRE 1914)

9 Juin 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

AMBULANCE DE L’ ASSOCIATION DES DAMES FRANCAISES (ADF) DE BRUXELLES (13 AOUT-15 OCTOBRE 1914)

Une ambulance française à Bruxelles dans la Guerre 1914-1918.

Extrait du bulletin de l’Association :

« L’ambulance de la section des Dames Françaises [Association des Dames Françaises (ADF)] de Bruxelles fut organisée dès le début des hostilités dans les appartements de la Société française de Banque et de Dépôts, mis gracieusement à sa disposition. Le service médical et un service de radiographie furent rapidement installés et deux infirmières diplômées, très au courant de leur profession, organisèrent la salle d’opérations et en assurèrent le service. Un groupe de messieurs remplirent les fonctions de brancardiers, et le ser­vice des salles de malades, de la lingerie et de la cuisine fut confié à des religieuses et à des dames et jeunes filles.

Le 13 août 1914, l’ambulance reçut ses premiers blessés : deux soldats belges, et le 16 août un autre groupe de blessés belges fut amené.

Le 20 août, l’arrivée des troupes allemandes étant signalée, tous les blessés qui se trouvaient à l’ambulance furent évacués par les soins de celle-ci, à l’exception d’un carabinier belge qui n’était pas transportable. Tous les blessés purent éviter ainsi d'être faits prisonniers. A ce moment, une grave résolution dut être prise : l'ambulance devait-elle rester ouverte pendant l'occupation par l'ennemi? Il fut décidé que, conformément aux traditions de la Croix-Rouge, il ne pouvait être fait de distinction entre les nationalités des blessés à soigner et que le devoir imposé à l'Association des Dames Françaises était d'apporter ses soins au soulagement des blessés, quels qu’ils fussent. Au début de l’occupation, certaines ambulances furent utilisées par les Allemands, et celle de l'Association des Dames Françaises fut du nombre, mais, à l’exception d’un de leurs chirurgiens qui vint au début y opérer, le service continua d’y être assuré par le personnel habituel. A cette époque, le Crédit Liégeois ayant gracieusement offert de servir d’annexe à l’ambulance au cas où elle serait débordée, on y envoya une partie des nombreux blessés reçus le 27 août [1914].

Jusqu'au 27 septembre [1914], l'autorité occupante envoya des blessés à l'ambulance, mais, deux jours après, le gouvernement allemand signifia la défense de recevoir de nouveaux hospitalisés ; puis, peu après, ordonna la fermeture.

Il restait alors deux blessés belges et un certain nombre de blessés allemands. L’autorité occupante les laissa ; mais, malgré les protestations du chef de l'ambu­lance et des soldats allemands, elle fit enlever le drapeau de la Croix-Rouge. Le 15 octobre, les derniers blessés allemands furent enlevés et il ne resta plus que les deux soldats belges qui, peu après, parvinrent à s’enfuir au moment où l’on transformait les locaux en bureaux. Quand l’ambulance fut fermée, le matériel fut placé dans les caves de la Société française de Banque et de Dépôts et le linge fut reporté à l’Ouvroir de l’Association des Dames Françaises. »

Le matériel sanitaire ainsi sauvegardé fut employé, de 1916 à 1918, au profit des blessés militaires, tuberculeux et réfugiés (Œuvre des Orphelins français) soignés dans les hôpitaux de Bruxelles et de Charleroi.

Source : Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, cart. n° 252, dos. 1 - Bulletin de l’Association des Dames Françaises, n° 4-9, avril-sept. 1919, p. 46-47.

AMBULANCE DE L’ ASSOCIATION DES DAMES FRANCAISES (ADF) DE BRUXELLES (13 AOUT-15 OCTOBRE 1914)
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LE SERVICE DE SANTE DANS LA BATAILLE DE L’AISNE : NOYON (SEPTEMBRE 1914)

2 Juin 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LE SERVICE DE SANTE DANS LA BATAILLE DE L’AISNE : NOYON (SEPTEMBRE 1914)

Après Cuts, Carlepont, voici le fonctionnement sanitaire dans l’église de Pontoise-lès-Noyon (Oise), à la ferme du Mériquin, etc.

Rapport de captivité du médecin auxiliaire Baron [117e régiment d’infanterie, 3e bataillon]. « J'ai l'honneur de vous rendre compte des faits que j'ai pu observer durant les dix mois pendant lesquels j'ai été retenu par les Allemands.

J'ai été pris le 15 septembre, à Pontoise près de Noyon, avec un médecin auxiliaire, Mr Dayras, la voiture médicale du bataillon et son conducteur. Nous sommes restés 4 jours à Pontoise pour soigner les blessés français des combats déroulés dans la région. De là, nous fûmes emmenés à l'hospice civil de Noyon où pendant un mois et demi nous avons eu à nous occuper des blessés français qu'on y avait réunis. Nous avons été ensuite conduits en Allemagne, et après un court séjour dans un camp d'officiers prisonniers, à Crefeld, on me dirigea sur Munster, au camp III des soldats prisonniers, le 12 novembre 1914, j'y restai jusqu'au 20 mai 1915. Du 20 mai au 19 Juillet, je fus envoyé au camp de Senne, près de Paderborn, où l'on concentrait les médecins français du 7e [page 2] corps pour leur départ définitif.

Les renseignements que je puis fournir concernent donc : A) La manière dont j’ai vu traiter les blessés ; B) La vie des prisonniers du camp III de Munster [non transcrit]; C) Les faits personnels relatifs à ma pseudo-captivité [transcrit partiellement].

A. Traitement des Blessés

1) Relève des blessés sur le champ de bataille - Elle a été faite par des soldats français prisonniers et par des infirmiers allemands. Quelques blessés se sont plaints d'avoir été dévalisés ; d'autres m'ont dit avoir été bien soignés. J'ai seulement constaté que la plupart arrivaient avec des pansements sommaires assez bien faits par les sanitaires allemands.

2) L'Ambulance - La plupart des blessés français, une centaine environ, furent réunis dans l’église de Pontoise. Ils étaient couchés sur de la paille, préservés du froid par quelques couvertures et des ornements d'église pris à la sacristie par les Allemands. Les matelas, le linge des habitants avaient été en très grande partie pris ou requis par les allemands pour leurs propres blessés. Aucune Croix-Rouge ne fut mise sur l'église dont le clocher servait à des observateurs ennemis.

Soins.- Pendant les deux premiers jours [15-16 septembre], avec mon collègue Dayras, le conducteur de notre voiture médicale et quelques prisonniers, nous avons tant bien que mal donné nos soins à nos malheureux compatriotes. Les objets de pansements et les médicaments provenaient de notre [page 3] voiture médicale ; les allemands d'ailleurs s'étaient emparés de la plus grande partie de son contenu, nous laissant à peine le nécessaire. Nous manquions notamment de morphine et de teinture d'iode. Le 3e jour [17 septembre], une ambulance allemande (*) composée de médecins courtois vint à notre aide, améliora un peu le sort de nos blessés et le nôtre et commença l'évacuation. Malgré tout, nos blessés étaient très mal. L'incommodité des lieux, la pénurie de matériel, l'absence d'aides nous empêchèrent de leur donner les soins désirables. De nombreux pansements se trouvèrent souillés de vers. Nous ne pouvions ni prendre les précautions nécessaires pour les faire, ni les renouveler assez souvent.

Alimentation.- Au début fournie par les corps de troupes qui occupaient Pontoise elle se composait d'un peu de café, 1/4 de soupe le matin, 1/4 le soir. Le 3e jour, le maire fut chargé de pourvoir à l'alimentation des blessés ; ce fut un peu mieux ; les habitants malgré leur propre dénuement apportèrent en outre quelques oeufs, du lait, des fruits que les autorités allemandes ordonnaient de partager avec leurs blessés.

Décès - Les morts furent assez nombreux, une dizaine environ de très grands blessés, surtout des plaies de l'abdomen. Ils furent enterrés au cimetière de Pontoise après que j'eus relevé leur identité. J'ai fourni à I'économe de l'hospice de Noyon tous les renseignements nécessaires qu'il m'était difficile de garder sur moi, ainsi que l'emplacement des tombes avec le nom des morts qui y sont ensevelis. Le curé de Pontoise et l'aumônier du 115e régiment d'infanterie, le Père Doncoeur (*), pris presque en même temps que nous à la ferme du Méricain [Mériquin] purent leur donner [page 4] les derniers secours de la religion. Pour les autres français morts dans les combats du 16 et 17 septembre dans la région de Pontoise et restés en mains ennemies, ils furent enterrés, sur l'ordre des autorités allemandes par les habitants de Pontoise qui nous ont dit que la plupart des cadavres avaient été auparavant détroussés par les allemands. Je ne sais si le maire du village a pris les plaques d'identité.

3) Evacuation vers le lazarett de campagne (*) - Elle commença lorsque tous les blessés allemands eurent été évacués. Les blessés légers sont partis à pied vers Noyon et Chauny et de là en Allemagne, par le train. Les blessés plus graves furent transportés sur des voitures à munition, de retour de la ligne de feu, dans les différentes formations sanitaires de Noyon ; quelques officiers français furent transportés dans une voiture d'ambulance allemande. Les blessés les plus graves furent abandonnés aux soins de la municipalité. Les médecins de l'ambulance allemande, dont nous devons citer l'humanité à l'égard des blessés français, la correction envers nous, se chargèrent de leurs pansements. Nous fûmes nous-mêmes évacués sur Noyon.

4) L'Hôpital de campagne - Dans Noyon étaient installés plusieurs hôpitaux de campagne. On nous affecta à l'un d'eux, l'hospice civil où l'on avait groupé un certain nombre de blessés français dans une, puis deux salles. Beaucoup d'autres blessés français étaient répartis dans l'hôpital [page 5] l'hôpital de la Croix-Rouge (**) et ses annexes.

Soins.- Dans l'hospice de Noyon, nos compatriotes étaient entièrement confiés aux médecins, infirmiers et soeurs françaises, ce qui n'avait lieu pour aucun autre lazarett de Noyon notamment l'hôpital de la Croix-Rouge. Les médecins français étaient sous les ordres des médecins allemands dont ils n'étaient considérés que comme les aides. Les médecins allemands ne pénétraient presque jamais dans nos salles qu'appelés par nous ou pour compter nos blessés. De temps en temps, ils demandaient une liste d'évacuation qu'ils venaient parfois contrôler. Ils furent en général courtois à notre égard. Nous étions cinq médecins français, un médecin civil de Noyon. Le docteur Véroudart, deux médecins aide-majors de réserve, le Dr Molimar [Molinard] du 5e Zouaves (***), le Dr Petit d'une ambulance du 4e Corps (****), le médecin auxiliaire Dayras et moi. Les trois premiers les Drs Molimar [Molinard], Petit et Dayras furent rapatriés le 25 novembre 1914 et ont dû déjà fournir des renseignements sur cette étape de notre séjour dans les lignes ennemies. Des infirmiers militaires et civils nous aidaient ainsi que les soeurs de l'hospice qui faisaient leur devoir avec un dévouement et une bonne humeur réconfortante pour tous. Les objets de pansements, les médicaments étaient la plupart fournis par l'hospice; ce qui manquait, par le Lazarett allemand. Nous avons pu ainsi soigner nos compatriotes dans des conditions matérielles et morales satisfaisantes. Nous n'eûmes à déplorer que quelques décès inévitables parmi de graves blessés et quelques cas de tétanos. Les malades [page 6] français et allemands atteints de tétanos furent soignés sur la demande des médecins allemands, par notre camarade Dayras.

Alimentation.- Au début, les blessés furent très bien nourris par l'hospice. Mais les Allemands qui nourrissaient eux-mêmes leurs blessés, et mal d'ailleurs, exigèrent bientôt que les Français fussent au même régime, ce qui fut atténué par les soeurs qui, en cachette, continuèrent à gâter le plus possible nos blessés.

Correspondance.- Les soldats blessés tant qu’ils furent en France dans les lignes allemandes, n'eurent pas la possibilité de faire savoir leur situation à leurs familles. Quelques officiers seulement et nous-mêmes l'avons pu, grâce à la complaisance d’un officier bavarois soigné à l’hospice qui voulut bien se charger de lettres qu’il mit à la poste en Allemagne.

Décès - A l’hospice de Noyon tous les décès ont été enregistrés et les actes dressés régulièrement. On pourra retrouver là tout ce qui est nécessaire à ce sujet, de même que la trace du passage de tous les blessés français qui y ont été soignés et dont on prenait la fiche signalétique avec les dates d’entrée et de sortie.

Rapports entre les autorités allemandes et l’hospice. Malgré l’attitude correcte des médecins et des gestionnaires du Lazarett, les rapports entre l’autorité allemande et l’hospice étaient difficiles. Les allemands cherchaient à accaparer le plus possible tout matériel, emplacement, personnel. Ce fut surtout sensible, lorsque le lazarett de campagne (*5) fut transformé en Lazarett de guerre (*6), formation sanitaire plus fixe et plus importante, comprenant, outre le personnel habituel, des infirmières allemandes, schwesters ou diaconesses [page 7]. C'est grâce à la fermeté de la Supérieure, aux protestations énergiques du Maire de Noyon, Mr le Sénateur Noël (*7), dont nous avons tous admiré la belle attitude dans ces moments pénibles, que l'hospice put conserver les salles et le matériel à peu près suffisant aux soins des malades civils, et rendre plus agréable la situation de nos blessés. Partout ailleurs, à l'hôpital de la Croix-Rouge, notamment, les Allemands avaient mis la main sur tous les services, qu'ils dirigeaient avec leur dureté coutumière. A la fin d'octobre, l'hospice de Noyon fut consacré aux maladies épidémiques, notamment aux typhiques qui paraissaient assez nombreux dans l'armée ennemie à ce moment. Les blessés français furent évacués sur les formations sanitaires voisines ou en Allemagne. Nous-mêmes nous fûmes expédiés à Créfeld.

5) Evacuation des blessés en Allemagne. - Deux fois par semaine environ nous désignions sur la demande des allemands, des blessés qui devaient être évacués. Le plus souvent c'étaient des blessés guéris ou presque. Quelquefois, sur l'assurance des médecins allemands qu'ils seraient mieux dans un grand hôpital de réserve (*8) en Allemagne, nous avons évacué de grands blessés, que nous ne pouvions facilement soigner. Depuis nous avons appris que ces évacuations ont été parfois très pénibles pour les blessés, mis dans des wagons à bestiaux sur de la paille et laissés sans soins pendant les deux ou cinq jours et plus que durait le voyage. Des confrères qui assistaient au passage de ces trains d'évacuation à la gare de Maubeuge nous ont certifié ces faits.

C. Faits personnels relatifs à ma pseudo-captivité [page 35]

Je suis resté aux mains de l’ennemi dans les circonstances suivantes ; faisant fonction de médecin-aide-major au 3e bataillon du 117e régiment d’infanterie en attendant l’avis officiel de ma nomination pour laquelle j'avais fait deux demandes appuyées favorablement par mes chefs je reçus l’ordre de monsieur le colonel Julien de me rendre, avec le médecin auxiliaire Dayras, qui m'était adjoint, et la voiture médicale du bataillon à la ferme du Méricain [Mériquin] en suivant la route qui va de Carlepont à Pontoise et celle de Pontoise à Cuts. En arrivant à la hauteur d’un petit hameau près de Pontoise nous nous sommes trouvés derrière une ligne de tirailleurs du 104e et nous avons appris que Pontoise était en mains allemandes. Nous avons installé dans ce hameau un petit poste de secours pour soigner les blessés du combat qui se déroulait là, en attendant que Pontoise fut repris par les Français pour continuer notre route. Le combat était dur, l’attaque ennemie énergique, le 104e se replia. Nous sommes restés dans notre poste de secours où nous avons fait des pansements à quelques blessés légers que nous avons pu évacuer de suite, et où nous avions un lieutenant du 104e gravement atteint d’une balle dans la poitrine avec hémothorax abondant. Nous étions alors dans les avant-postes du 115e régiment d’infanterie. Nous étions toujours confiants dans la marche en avant qui progressait depuis quelques jours, nous savions que de nombreux blessés se trouvaient à proximité, que nous ne pouvions relever à cause de la nuit et du manque de personnel, mais que le lendemain nous espérions secourir au plus tôt; nous n’avions aucun moyen [page 36] d’évacuer notre blessé, nous sommes donc restés. Mais dans la nuit les avant-postes français se retirèrent, et le lendemain au petit jour nous étions entourés par les allemands qui nous cueillirent. Le premier contact fut favorable. Nous espérions un moment être renvoyés dans nos lignes le soir même, suivant la Convention de Genève. Mais à Pontoise où l'on nous conduisit, nous fûmes malmenés, fouillés, et sur notre protestation, on nous dit que les Croix-Rouge étaient prisonniers comme les autres.

On nous pris jumelles, revolver, couteaux, trousse médicale, on nous laissa toutefois notre argent. On nous emmena à l'église de Pontoise où commençaient à arriver des blessés français du combat de la veille. Pendant ce temps notre voiture médicale était mise au pillage. Mes objets personnels, ainsi que ceux de mon collègue Dayras furent volés. Les paniers de pansement, de médicaments furent pris par les médecins qui nous donnèrent à peine le nécessaire pour soigner nos blessés. Pendant deux jours nous avons été dans de pénibles conditions, couchant parmi les blessés sur de la paille dans les stalles de l’église, mangeant 1/4 de soupe le matin, un autre quart le soir, et ayant un travail considérable et pénible. Au bout du deuxième jour, sur l'intervention des médecins d’une ambulance allemande, nous avons pu aller coucher et manger chez des habitants. Le quatrième jour on nous conduisit en voiture à Noyon. Là, nous avons été aussi bien que possible, malgré un petit incident au début : la Kommandatur prétendait [page 37] une fois notre travail terminé à l’hôpital, nous faire coucher dans une salle de la mairie sur de la paille, et gardé par des sentinelles. Les médecins allemands intervinrent et nous fûmes réintégrés dans l’hospice où nous avons été logés et nourris par l’administration. Nous étions parfaitement, à condition de ne pas sortir et d’éviter le plus possible le contact avec les casques à pointe. Les médecins allemands étaient corrects avec nous, et, nous pouvions à peine nous plaindre de leur manque de délicatesse, en ce qui concernait la guerre notamment, qui parait si normale chez les meilleurs d’entre les Allemands.

Le 26 octobre, on nous envoya en Allemagne. On nous fit voyager dans un wagon de deuxième classe, soigneusement, fermé à clef, pour éviter les indiscrétions de la population, nous disait-on, et gardés par des sentinelles. On oublia de nous ravitailler en vivres, heureusement nous avions prévu le cas. Deux jours après l’arrivée à Créfeld, où on nous logea au camp d’officiers prisonniers. Là, les médecins subissaient un traitement de faveur, liberté plus grande tout au moins, et droit de sortir seul en ville, à condition d'être en civil. Nous étions inoccupés attendant, nous disait-on notre rapatriement, ce qui fut vrai pour la plupart de mes camarades qui revinrent en France le 25 novembre. Le 12 novembre, je reçus l’ordre d’aller au camp de Munster […] ».

Notes :

(*) Père jésuite, Paul Doncoeur (1880-1961). Sur lui : Pierre Mayoux. Paul Boncoeur, aumônier militaire. Paris : Presses d’Ile-de-France, 1966, 243 p. et aussi : De Grandmaison (Léonce), recueil. Impressions de guerre de prêtres soldats. T. 1, Paris : Plon-Nourrit, 1916-1917, 332 p. (p. 170 et suiv.), dans lequel ouvrage le père Doncoeur a laissé une relation : De Noyon à Krefeld. Deux mois et demi dans les lignes allemandes, pp. 160-205 ; sous-titres pour notre sujet : Le Mériquin (p.160-170) et Noyon (p. 170-184).

(**) Hôpital auxiliaire n° 31, Pensionnat Notre-Dame de Saint-Thomas de Villeneuve.

(***) Il s’agit du médecin aide-major de 1ère classe Elie Molinard, du 4e bataillon du 2e Zouaves.

(****) Médecin aide-major de 2e classe P. Petit, de l’ambulance n° 2/4, prisonnière à Carlepont.

(*5) feldlazarett ou hôpital de campagne, équivalent aux ambulances divisionnaires françaises.

(*6) Kriegslazarett ou hôpital de guerre (implanté dans la zone des étapes).

(*7) Charles-Ernest Noël (1847-1930), sénateur-maire de Noyon.

(*8) Reserve-lazarett, hôpital d’infrastructure sur le territoire allemand.

Sur le service hospitalier allemand à Noyon lire la chronique très vivante de Sœur Saint Eleuthère, sœur de Saint-Thomas de Villeneuve (1874-1958) : Occupation allemande de Noyon, 1914-1917. Les carnets de guerre d’une sœur infirmière. Louviers : SHASN-Ysec, 2003, 144 p.

Sources :

Archives du musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 633, dos. 25 (Baron) ; n° 638, dos. 21 (Molinard) ; n° 639, dos. 11 (Petit).

Cf.Historique du 2e régiment de marche de zouaves (37e DI) sur les combats de Cuts, Laigle, Carlepont.

Sur les formations hospitalières de l’Oise et de l’Aisne, dont Noyon : Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 5, à paraître en 2015, aux éditions Ysec.
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2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

27 Mai 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

2e RENCONTRE GENEALOGIQUE NATIONALE SUR LA GRANDE GUERRE - GRENOBLE 2015

Bonjour

LE FORUM NATIONAL DE LA GENEALOGIE "1914-1918" est à GRENOBLE les 6 et 7 Juin 2015...

Le Centre généalogique du Dauphiné sous la houlette de sa présidente, Madame Claude Scarpelli relève le défi d'organiser, après Nice en 2014, la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, les samedi 6 et dimanche 7 juin 2015 à Grenoble, au fort de la Bastille.

Vous trouverez, comme promis, le programme de cette "Rencontre" et le dossier de presse pour en savoir plus...

Je peux vous confirmer que pour ce qui me concerne, je serai présent à Grenoble durant ces deux jours et que je ferai une communication le dimanche 7 juin à 15h00 sur les personnels médicaux et paramédicaux de la Grande Guerre (seront plus particulièrement traités dans cette imposante "armée sanitaire"..., les médecins, les infirmiers et les infirmières militaires).

A BIENTOT... A GRENOBLE !

Le programme des 6 et 7 juin 2015 à Grenoble

Le dossier de presse de la 2e Rencontre Généalogique Nationale sur la Grande Guerre, Grenoble 2015

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