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HOPITAUX MILITAIRES AU FORUM DE MAIGNELAY (OISE)

5 Novembre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

HOPITAUX MILITAIRES AU FORUM DE MAIGNELAY (OISE)

Samedi 14 novembre 2015, à Maignelay (Oise) - « Forum des associations historiques et culturelles du Plateau Picard ».

La société historique de Maignelay-Montigny et l’association « Collectif Mémoires d’ici » vous invitent à participer à la 8e édition du « Forum des associations historiques et culturelles du Plateau Picard ». Cette huitième édition se tiendra à Maignelay (Oise), dans la salle du Marmouset, rue de Saint-Just, le samedi 14 novembre 2015, de 10 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures.

Programme : 10 h00 : Ouverture du Forum au public ; 11 h00 : Inauguration officielle du Forum ; 15 h00 -18 h00 : Interventions et exposés de chacune des sociétés représentées ; 18 h00 : Clôture du Forum.

À l’occasion de ce forum et de son inauguration, sera officiellement présenté le volume 4 de Mémoires d’ici, dans lequel un article à thématique sanitaire sur la Grande Guerre a retenu notre attention : celui de Guy Isambart sur « les hôpitaux militaires de Breteuil-sur-Noye, Breuil-le-Sec, Clermont, Litz et Saint-Just-en-Chaussée pendant la Grande Guerre ». Cet article fera également l’objet d’un exposé par l’auteur et représentera la Société Archéologique et Historique de Clermont (S.A.H.C) .

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ENQUETE A L'HA 105 DE GOURIN (MORBIHAN)

2 Novembre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Bretagne 1914-1918

ENQUETE A L'HA 105 DE GOURIN (MORBIHAN)

VARIA

Je vous propose aujourd’hui deux documents intéressant l’hôpital auxiliaire n° 105 de Gourin lequel relevait, en 1918, de l’Union des Femmes de France (UFF). Il s’agit ici d’une enquête, parmi des milliers d'autres, confiée par le sous-secrétaire d’Etat au service de santé à la direction régionale du service de santé de la 11e région militaire de Nantes. Cette direction qui supervisait le fonctionnement hospitalier militaire dans les départements de la Loire-Inférieure, du Morbihan, de la Vendée et du Finistère, délégua à Gourin son directeur adjoint, le médecin principal Pailloz. Ce dernier, en charge du contrôle des hôpitaux permanents et temporaires de la 11e région, du contentieux et de la chasse aux blessés dont le traitement pouvait « traîner » dans les formations temporaires isolées. le docteur Pailloz traitait quotidiennement ce type de demande émanant du ministère de la Guerre, ayant pour origine des interventions parlementaires, épiscopales ou des lettres anonymes...

HA 105 – Institution Saint-Yves, Gourin – capacité hospitalière : 90 lits ; 66 lits (mars 1917) ; 50 lits (1918) - Première hospitalisation : 12 septembre 1914 – Dernière hospitalisation : 27 décembre 1918 – 1466 hospitalisés – 12 décès – Décision ministérielle de fermeture n° 36565-1/7 du 21 décembre 1918 et compte-rendu de fermeture du 31 décembre 1918. L’HA 105 disposait aussi d’une annexe, fermée le 1er mars 1916.

Circulaire n° 5579-3/7 du 13 avril 1918Objet : au sujet de l’H.A. 105 à Gourin (Morbihan) - Le sous-secrétariat d’Etat du service de santé militaire à Monsieur le directeur du service de santé de la 11e région militaire à Nantes, sous couvert de M. le Général commandant la région. – «Mon attention a été appelée sur l’hôpital auxiliaire n°105 à Gourin (Morbihan), où les « militaires en traitement seraient obligés de faire eux-mêmes leurs pansements. Les malades sauteraient le mur pendant la nuit. Un de ceux-ci serait mort à la suite d’une chute faite dans ces conditions. Le caporal infirmier se livrerait à la boisson. » J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien inviter le directeur adjoint à procéder à une enquête au cours de sa prochaine inspection et à consigner ses observations dans le rapport mensuel ». Signé, Pour le sous-secrétaire d’Etat, le médecin principal de 1ère classe Pouy. (1 page, dact.)

Morlaix, le 15 Mai 1918. - Rapport du médecin-principal de 1ère classe Pailloz, directeur-adjoint du service de santé de la 11e région, au sujet de l’H.A 105 de Gourin. – « Le 13 mai 1918, J’ai procédé à l’H.A. 105 de Gourin (Morbihan) à l’enquête prescrite par la lettre ministérielle n°5579-3/7, en date du 13 avril 1918. Arrivé à l’improviste à Gourin, je me suis d'abord rendu à la Gendarmerie et ai demandé quelques renseignements au chef de la brigade. Ce sous-officier m’a déclaré que depuis plus de huit mois (date de son arrivée à Gourin) il n’avait aucune plainte à formuler contre les malades de l’hôpital et qu’il n’était pas à sa connaissance que ces derniers sautent le mur pendant la nuit. A l’Hôpital, j’ai interrogé le médecin-chef, le personnel infirmier et les malades; ces derniers à part et en dehors de la présence du médecin et des religieuses. Dix malades et blessés restent actuellement en traitement dont deux (intransportables), sont soignés depuis trois mois et plus pour des tuberculoses chirurgicales. Tous sans exception m’ont déclaré que jamais un blessé n'avait été obligé de faire lui-même son pansement. Les pansements sont tous et toujours faits : importants par le médecin lui-même ; insignifiants, par les trois religieuses infirmières. Trois religieuses couchent à l’hôpital, dont les portes sont fermées à la tombée de la nuit et dont les murs sont assez élevés (2m50). Dans les rondes qu’elles font chaque nuit, les religieuses n’ont jamais constaté l’absence d’un malade et elles ne se sont jamais aperçu que les malades ou blessés, sautaient le mur pendant la nuit. Deux décès ont eu lieu depuis novembre 1917: l’un, le 4 novembre 1917 est celui d’un homme atteint de myocardite avec asystolie, entré au cours d’une permission et toujours intransportable. L'autre est celui d’un autre malade, atteint de tuberculose et qui entré le 8 mars 1917 fut toujours intransportable. J’ai souvent vu ces deux hommes au cours de mes inspections. Il n’y a pas eu d’autre décès à l’hôpital de Gourin. Il n’y a pas de caporal infirmier à l’hôpital de Gourin mais un infirmier soldat de 2° classe: Le médecin, les religieuses et les malades n’ont jamais constaté que cet homme s’enivrait. Je conclus donc que les accusations portées au sous-secrétariat d’Etat du service de santé (accusations qui sont énumérées dans la lettre précitée) sont fausses. » (1 feuille, dact., recto-verso)

Source : Collection particulière, correspondance docteur Pailloz.

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HOPITAL AUXILIAIRE N° 29 DE RIVES (ISERE)

21 Octobre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

HOPITAL AUXILIAIRE N° 29 DE RIVES (ISERE)

La Grande Guerre à Rives, à travers un « album-souvenir » devenu un « trésor » de bibliophilie…

Madame Geneviève Delafon qui prépare un article pour les Chroniques Rivoises sur les soldats blessés hospitalisés à l’hôpital auxiliaire n°29 de Rives (Isère) et sur l’analyse de leurs courriers de remerciements adressés à la direction de cet hôpital temporaire, m’a signalé l’existence d’un « album-souvenir » sur cette formation hospitalière d’une centaine de lits. Cet ouvrage à petit tirage – de l’ordre de 200 exemplaires - exceptionnellement illustré devenu introuvable mériterait une analyse bibliographique complète qui ne paraît pas avoir été faite. Je suis d'ailleurs "preneur" de toute information à ce sujet. Madame Carole Darnault, présidente d’ARAMHIS, la revue d’histoire du pays rivois, m’a aimablement communiqué la référence d’un article publié dans sa revue en 1991 - disponible en PDF - qui s’inspire de cet album-souvenir du HA 29.

Hôpital auxiliaire n°29, relevant de la société de secours aux blessés militaires de la 14e région militaire, implanté dans les dortoirs de la papeterie Blanchet Frères et Kléber (BFK), du 1er septembre 1914 au 27 janvier 1919. Quelques compléments à la notice historique publiée dans les Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 4, p. 174 :

Ouverture de l’hôpital et accueil du premier blessé : 1er septembre 1914 – Dernière entrée (admission) d’un hospitalisé : 24 décembre 1918- Dernière sortie : 27 janvier 1919, évacuation sur l’hôpital complémentaire n° 30 de Grenoble lequel fermera en novembre 1919. Fermeture administrative par décision ministérielle n° 1156.B-1/7 du 10 janvier 1919 du sous secrétaire d’Etat au service de santé militaire. L'hôpital ferma après avoir accueilli 2118 hospitalisés pour une capacité hospitalière qui varia de 92 à 100 lits.

Sources : Musée du service de santé des armées, Paris, carton 187 – Roger Menu, L’hôpital militaire auxiliaire n° 29 de Rives, dans les Chroniques rivoises, n° 11, avril 1991, p. 9-13 – Bull. SSBM, n° 13, avril 1919, p. 395.

http://www.aramhis.org/

Cette association très active a déjà présenté en 2014 (nov-décembre) une exposition sur "les Rivois dans la Grande Guerre". Gageons que lors d'une prochaine exposition, l'ouvrage sur l'hôpital auxiliaire n°29, sera une nouvelle fois mis à l'honneur.

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CONFERENCE : HOPITAUX D’AVALLON 1914-1919

19 Octobre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

CONFERENCE : HOPITAUX D’AVALLON 1914-1919

HOPITAUX D’AVALLON 1914-1919

Conférence le 11 novembre 2015 à 16h à la mairie de Quarré-les-Tombes (Yonne), de Madame Nicole Roy-Gillot sur les hôpitaux civils et militaires d’Avallon dans la Grande Guerre.

invitée par l’Association Mémoire Vivante du Canton de Quarré-les-Tombes dans le cadre de son exposition 1914-1918, Madame Roy-Gillot présentera un diaporama illustré de nombreux extraits et agrandissements de photos, cartes postales anciennes sur les hôpitaux permanents et temporaires d’Avallon.

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EXPOSITION « LA GUERRE DES GAZ » A VITRY-LE-FRANCOIS

13 Octobre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Exposition du 10 octobre au 11 novembre 2015
Exposition du 10 octobre au 11 novembre 2015

EXPOSITION « LA GUERRE DES GAZ » A VITRY-LE-FRANCOIS, du 10 octobre au 11 novembre 2015

La mise en oeuvre de cette magnifique exposition, placée sous la houlette de la mairie de Vitry-le-François, réalisée à base de « tableaux vivants » a fait un large appel à de nombreuses expertises sur la Grande Guerre - dont celle de l’association « Autour du conservatoire des produits de santé des armées » de Chanteau dans le Loiret (ACAPSA) dont j'ai présenté les activités dans un précédent billet.

« C’est l’événement du mois : l’exposition de la « Guerre des Gaz » à la salle du Manège de Vitry-le-François fait déjà la une de la presse.
Un spectacle impressionnant de réalisme attend les visiteurs. Vous vous retrouverez ainsi au cœur même de la bataille, dans une tranchée reconstituée, soumis à une attaque (heureusement fictive) de gaz de combat. Un cheval équipé d’un masque à gaz et son cavalier lui aussi en tenue de protection anti-gaz. En tout, 13 scènes différentes vous ramènent juste 100 ans en arrière, pendant la Première Guerre Mondiale, comme si vous y étiez. Une première en France, une exposition placée sous le Haut Patronage du Président de la République. Les « tableaux vivants » proviennent de l’exposition « Liège Expo 14-18 » qui a attiré 500 000 visiteurs à Liège, en Belgique, cet été.

L’entrée est de 1 € pour les enfants, de 3 € pour les adultes, et des visites guidées et commentées par des spécialistes sont également prévues (5 €).

L’exposition est ouverte en semaine de 08h45 à 11h30 (sauf périodes scolaire où cette plage horaire est réservée aux visites des classes) et 13h30-18h30. Samedi, dimanche et jours fériés : 11h-19h du 10 octobre au 11 novembre 2015. »

Source : Ville de Vitry-le-François
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L’HOPITAL AUXILIAIRE N°6 DE SAINT-ETIENNE (LOIRE) AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES…

12 Octobre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

L’HOPITAL AUXILIAIRE N°6 DE SAINT-ETIENNE (LOIRE) AUX ARCHIVES DEPARTEMENTALES…

Un album complet de photographies sur le service de santé dans la zone de l’intérieur (13e région militaire, Loire, Saint-Etienne)

Je tiens à débuter ce billet en présentant mes chaleureux remerciements à Mme Maria Xypolopoulou, étudiante en master à l’université Capodistrienne d’Athènes pour m’avoir signalé ce magnifique album détenu par les archives départementales de la Loire (Saint-Etienne), conservé sous la cote 2NUM_1F173, qu’il m’a été donné de consulter en ligne, en septembre 2015, durant un court laps de temps, avant son retrait ?. Mme Xypolopoulou prépare actuellement un mémoire sur la « Photographie en France pendant la Grande Guerre » ; « dénicheuse » de trésors, elle possède des connaissances très étendues sur les fonds documentaires de l’Hexagone en 1914-1918.

Cet album est véritablement un petit trésor dont peut s’enorgueillir le département de la Loire, tant à travers la thématique, la cohérence du propos (service de santé de la croix-rouge locale (SSBM)), le nombre de documents (plusieurs dizaines) et la qualité de cette « photographie d’amateur ». Par ailleurs, dans la thématique présentée, qui reste classique dans ses descriptions animées ou non et ses traditionnelles photographies de groupes civils et militaires, quelques perles peuvent être repérées qui traitent du mois d’août 1914 et de l’arrivée des premiers blessés à l'hôpital auxiliaire n°6 ou à l'infirmerie de gare de Saint-Etienne. Ces photographies deviendront ensuite très rares – voire interdites – par pudeur, par souci de ne pas alarmer les populations. N’oublions pas aussi, que dès sept.-oct. 1914, les périodiques de la presse régionale s’autocensureront ou seront censurés en ce qui concerne la publication de longues listes de blessés accueillis dans les hôpitaux permanents et temporaires de province.

Présentation succincte de l’album, à ce jour :

[page 1] Dispensaire-école de la Croix-Rouge de Saint-Etienne [août 1914].

[pages 2, 3, 4, 5] Infirmerie de gare (SSBM) de Saint-Etienne : arrivée des blessés militaires [23 août 1914] – description des locaux – Présentation du personnel infirmier, infirmières [1914-1915].

[page 6] Les services militaires et sanitaires de la gare de Saint-Etienne : photographies de groupes [ca1914].

[pages 7, 8, 9, 10, 11, 12] Hôpital des Houillières, annexe du Soleil dite « ambulance du Soleil », Hospice Sainte-Barbe de Saint-Etienne – description des locaux. Présentation du personnel soignant civil (infirmières et d’exploitation). Quelques blessés et malades. Quelques infirmiers de la 13e section d’infirmiers militaires (SIM), etc. [1914-1915].

[pages 13, 14, 15, 16] Ambulance du « Palais de Justice », hôpital auxiliaire n°6, rue du Palais-de- Justice – description des locaux. Présentation du personnel soignant civil (infirmière et d’exploitation, lingères). Quelques blessés et malades, des visiteurs, etc. [1914-1916].

[page 17] Maison de convalescence de la Barollière [1914-1916]

[page 18] Hôpital de l’hôtel des ingénieurs [ca1915]

[page 19] Maison de convalescence Le Monteil, hôpital des ingénieurs, Bouthéon, Feurs [ca1914-1915]

Etc.

Nota : le lien vers cet album en ligne ne serait plus opérationnel à ce jour… Les chercheurs intéressés peuvent toujours le consulter auprès des archives départementales de la Loire à Saint-Etienne et m'adresser leurs compléments que je publierai sur ce blog.

Vous pouvez aussi consulter les monographies hospitalières et marcophiles de l’hôpital auxiliaire n°6 de Saint-Etienne dans notre tome 4 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918 (Ysec, 2014, p. 123-124) ou les monographies du bulletin de la société de secours aux blessés militaires, n° 12, janvier 1919, 13e région militaire, p. 334-357.

Si vous avez connaissance d'autres perles d'archives sur le service de santé militaire et civil hospitalier, en 1914-1918 susceptibles d'être présentées sur ce blog ou déjà traitées en ligne dans des périodiques, journaux, revues numériques, etc. n'hésitez pas à m'envoyer un lien vers ces documents. A bientôt !

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AMBULANCE 13 – GUEULE DE GUERRE

2 Octobre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

AMBULANCE 13 – GUEULE DE GUERRE

Une suite attendue - Le tome 6 est paru le 30 Septembre 2015 - Scénariste : Patrice Ordas – Dessinateur : Alain Mounier – édition Grand Angle, 2015, 48 p.+ encart illustré 8 p. D’après une histoire de Patrick Cothias et Patrice Ordas.

La saga de Louis Bouteloup se poursuit avec ce tome 6 qui clôture le cycle III… Cet album auquel j’apporte quelques miettes de « conseils avisés » avec d’autres (Xavier Tabbagh et Philippe Lafargue), devrait être – comme ses devanciers – un grand succès de librairie. Ce 6e volume est accompagné d’un encart illustré (n.p.) de dix pages élaboré par l’Association des Amis du service de santé des armées et intitulé : La chaîne d’évacuation des blessés pendant la Grande Guerre. Un autre gage de succès pour cette association dynamique, organisatrice au Val-de-Grâce à Paris les 4 et 5 février 2015 du colloque : "le service de santé aux armées durant la Grande Guerre", dont le Petit Journal en forme d’annales (Panorama médical) est sur le site de l’association. Ici.

Loin des tranchées, un médecin défiguré fait face à un autre visage.

Texte de l’éditeur : « Chirurgien militaire, Louis Bouteloup est désormais entre les mains de ses pairs. Grièvement blessé et défiguré sur le front alsacien, il peut cependant compter sur les talents de sculpteur d’Émilie pour retrouver un visage. Mis hors du cadre de l’armée, Louis est confronté aux peurs de l’arrière, aux monstrueux canons bombardant la capitale. Il découvre aussi le sentiment profond qu’il éprouve pour Émilie. Sera-t-il trop tard pour reconstruire leur vie ? (…)

  • Que dites-vous ? Vraiment ? c’est le fils Bouteloup, vous êtes sûre ?
  • Messieurs, il apparaît que ce garçon est l’un des nôtres, alors je compte sur vous, n’est-ce pas ?
  • Je n’attends pas un miracle mais, au moins, qu’un enfant puisse le regarder sans se mettre à hurler.
  • Je sais que vous êtes des novices. Etudiez bien les méthodes de Pont. On l’opère dans deux jours. »

Bonne lecture en compagnie de Louis Bouteloup.

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LE SERVICE DE SANTE DE LA 35e DI A CORBENY (AISNE) EN SEPTEMBRE 1914 (2e Partie).

18 Septembre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Eglise de Corbeny (ca. 1914)
Eglise de Corbeny (ca. 1914)

Le service médical du 57e RI à Corbény (13-17 septembre 1914).

Vers la 1ère partie : 144e RI

Sur la situation médico-militaire et le déploiement des formations sanitaires de campagne du 18e corps d’armée autour de Corbeny, l’on se référera à l’introduction de la 1ère partie de l’article sur le service de santé de la 35e DI.

Le 57e Régiment d’infanterie dispose – ce qui est relativement exceptionnel – d’un journal des marches et opérations particulier pour son service médical. Celui-ci a été ouvert le 7 avril 1915 par le médecin aide-major de 1ère classe Tronyo, de retour de captivité, ancien médecin de bataillon qui venait d’être nommé médecin-chef du régiment. Tronyo a renseigné rétrospectivement le JMO pour les combats de Lobbes (22/08), Guise (28/08) et Corbeny qui nous intéresse aujourd’hui. A son départ du 57e (25 décembre 1916) le « JMO sanitaire » a été tenu avec soin par ses successeurs : les docteurs Ferron et Martinet, ce qui nous donne une masse documentaire de première importance sur l’organisation et le fonctionnement du service de santé d’un corps de troupe d’active, du 2 août 1914 au 12 septembre 1919.

Etat d’encadrement du service de santé du 57e RI (08-09/1914)

Médecin chef : Médecin major (MM) de 1ère classe Sonrier (Active), du 05/08/14-14/09/14), prisonnier (14/09) ; MM2 des troupes coloniales Le Boucher, du 22/09/14 au 04/03/15. Le MaM1 Tronyo, du 1er bataillon, à son retour de captivité (18/02/15), est nommé médecin chef (07/04/15).

– 1er bataillon : Médecin aide-major (MaM) de 1ère classe Tronyo (Active), Maux. Neveu.

– 2e bataillon : MaM Guignon (évacué pour épuisement, ca. 28/08/14), Maux. Planque.

– 3e bataillon : MaM1 Bonnefon, Maux. X (évacué pour épuisement, ca. 28/08/14).

Extrait du journal des marches et opérations du 57e régiment d’infanterie (13-17 septembre 1914)

[p. 43] 13 septembre 1914 – « Combat de Corbeny. Itinéraire Courlandon, Romain, Ventelay, Roucy, Pontavert. L’ennemi est signalé vers Craonne et Chevreux, Corbeny. Le régiment venant de Pontavert est arrivé en vue de Craonne au bas de la colline, à la lisière du bois qui s’étend à l’est aux pieds des hauteurs [p. 44]de Craonne et Chevreux, à midi. L’artillerie a commencé le combat vers 13 heures ; mais l’intensité maxima du feu de l’artillerie a eu lieu vers trois heures. Le 1er bataillon est à cheval sur la route de Pontavert à Corbeny à environ 2000 mètres de ce dernier village. Ce 1er bataillon est en tête de l’attaque. Le deuxième bataillon fait face au nord-ouest et utilise les couverts (bois) [p. 45] qui sont abondants en ces lieux aux pieds du plateau de Craonne. Le 3e bataillon est en réserve, plus en arrière. Le groupe sanitaire du 1er bataillon se trouve immédiatement en arrière des compagnies 1, 2, 4 et à gauche de la troisième compagnie placée de flanc à l’est. Le groupe sanitaire du 2e bataillon se trouve en arrière de son bataillon, c’est-à-dire à la lisière sud du bois de Chevreux. [p. 46]Le groupesanitaire du 3e bataillon est très en arrière. Le médecin chef de service qui était à la ferme du Temple, quitte cette ferme et se porte à 600 mètres en avant d’elle derrière une meule de paille. A 16 heures pendant le feu intense de l’artillerie française quelques blessés légers par balle arrivent aux groupes sanitaires des bataillons et sont dirigés en arrière vers [p. 47] la ferme du Temple. A 17 heures le premier bataillon se porte en avant et marche en tête pour l’attaque du village. Sa gauche s’appuie sur la lisière est du bois de Chevreux ; sa droite arrimé à la route de Pontavert à Corbeny. La fusillade est vive, quelques blessés sont ramenés en arrière. Le deuxième bataillon appuie l’attaque du premier [p. 48] A 18 heures l’attaque du village par le 1er bataillon est menée vivement. Quelques blessés tombent à la lisière sud du bois de Chevreux, blessures par balle ; l’artillerie allemande ne donne pas dans cette journée. Dans la plaine située au sud de Corbény, on voit la ligne de tirailleurs du 1er bataillon s’avancer par bonds. Le médecin aide-major du 1er bataillon et le médecin [p. 49] du 2e bataillon (Dr Planque) ont établi un petit poste de secours à côté de la corne sud-est du bois de Chevreux. Quelques blessés sont emmenés et pansés. A 18h 1/2 le premier bataillon rentre dans Corbény et s’en empare. La nuit est presque tombée. Le médecin du 1er bataillon fait avertir le médecin chef que le village est pris et lui demande du matériel et les [p. 50] musiciens. Le régiment (1er et 2e bataillons) cantonne à Corbény. En route, en […] au village, musiciens et brancardiers portent les blessés sur la route. Tout le personnel médical avec blessés se rend à Corbény. Il est 19h1/2 environ. Dans le village nous trouvons derrière l’église quatre morts et une douzaine de blessés du 1er bataillon. Tout le mal a été fait [p. 51] par un obus français tombé dans le village au moment de l’attaque à la baïonnette de Corbény par le 1er bataillon. On décide de former le poste de secours à l’église où se trouve le matériel de couchage nécessaire (matelas), car la deuxième section de l’ambulance de la garde impériale allemande s’était installée à l’église et à la mairie de [p. 52] Corbény avant nous. Les blessés sont portés à l’église. La plus grande partie des morts et des blessés de la journée [p. 53] appartiennent au 1er bataillon ; au total nous comptons une trentaine de blessés et 8 morts, à la mairie (*) nous trouvons une vingtaine de blessés allemands gravement atteints avec cinq infirmiers et un médecin de réserve (stabartz). Le personnel médical allemand et les blessés allemands sont traités avec tous les égards possibles [p. 54] Vers minuit le groupe divisionnaire de brancardiers [Groupe de brancardiers divisionnaires n° 35] arrive et emporte nos blessés vers l’arrière.

14 septembre (capture du personnel médical et du matériel sanitaire) – (Deuxième journée du combat de Corbeny). Au matin, dès 7 heures, le combat reprend. Les Allemands attaquent en force et cette fois avec l’artillerie et l’infanterie à la fois. Le premier bataillon est au nord du village (la 3e compagnie dans le village même). Le deuxième bataillon au [p. 55]nord-ouest de Corbény ; le 3e bataillon au N.-E. Médecins auxiliaires et brancardiers fonctionnent et transportent les blessés au poste de secours, c’est-à-dire à l’église. Notre poste de secours unique fonctionne normalement. Les voitures médicales des 3 bataillons sont rassemblées sur la place de l’église. Vers 8 heures arrivent les brancardiers divisionnaires qui emportent les blessés allemands et quelques-uns de nos blessés. [p. 56] Le combat devient de plus en plus vif. Le cdt Picot du 1er bataillon et le lieutenant-colonel Debeugny cdt le régiment retiennent en permanence près de l’église leur poste de commandement. Nous recevons des blessés que nous rangeons au fur et à mesure sur les matelas dans l’église après soins et pansement. Le général de brigade Pierron, le colonel cdt le 57 se tiennent près de l’église ; le médecin chef de service [p. 57] s’entretient avec eux. La situation paraît délicate ; mais aucun ordre, ne nous est donné soit par le médecin-chef soit par le colonel. Confiants nous continuons notre travail. Vers 11 heures arrive porté par les brancardiers le capitaine Pougnet mortellement blessé d’une balle au ventre (région épigastrique). Vers midi, le lt-colonel Debeugny vient voir le capitaine [p. 58] Pougnet. Un instant après le général Pierron vient aussi. Vers 13 heures, la 3e compagnie de garde au village s’en va. Sentant que la retraite se fait de plus en plus probable, nous dressons une liste du personnel médical qui devra rester avec les blessés. Nous donnons l’ordre à une partie des brancardiers et à plusieurs blessés qui peuvent marcher de se retirer au sud-est de [p. 59] Corbeny dans la direction de la Ville-aux-Bois. Parmi eux partent le sous-lieutenant Tratour et l’adjudant Peublecourt. Mais beaucoup de ces brancardiers et éclopés nous reviennent un instant après ; pendant que nous faisions nos préparatifs de départ, et nous déclarent que toutes les issues du village sont balayées par l’infanterie et l’artillerie allemandes. [p. 60] Encombrés par tout notre matériel (les 3 voitures médicales du régiment) notre possibilité de retraite devient de plus aléatoire. Nous avons en ce moment une cinquantaine de blessés. Le capitaine Pougnet va de plus en plus mal : faciès péritonéal, pâleur du visage, pouls très rapide et faible. Le capitaine est mort à 15h30. Nous ne croyons pas cependant à l’occupation du village par les Allemands. [p. 61] Malheureusement cela devait arriver et à 14h30 environ le village ou du moins la Grand rue du village est envahie par les Allemands. Nous voyons par la porte de l’église une troupe allemande d’une trentaine d’hommes s’avancer prudemment de l’extrémité de la Grand rue, face à l’église. Bientôt ils ne sont plus qu’à une trentaine de mètres de l’église. [p. 62] Pour éviter tout accident ou méprise malheureuse pour les blessés couchés à l’intérieur de l’église, le médecin aide-major Tronyo sort de l’église et s’avance au-devant des Allemands. Ceux-ci sont corrects et pénètrent dans l’église. Nous étions prisonniers. Ainsi tout le personnel médical et tout le matériel médical du 57e tomba entre les mains des Allemands.[p. 63]Comment sommes-nous tombés entre les mains de l’ennemi ? Nous croyons pouvoir invoquer les raisons suivantes : le régiment poursuivait l’ennemi après la bataille de la Marne, le service médical s’est tenu trop au contact des bataillons. Tout au moins, s’il n’y a pas d’inconvénients (ou plutôt des avantages) à ce que les médecins des bataillons suivent leurs bataillons respectifs en liaison étroite, le matériel [p. 64] médical régimentaire c’est-à-dire les trois voitures médicales, doit suivre à distance respectable pour ne pas être englobé dans les péripéties de la lutte. C’est ce matériel qui nous a attachés à notre poste de secours à Corbeny et voyant que nous ne pouvions sauver ce matériel, nous avons couru l’ultime chance de la reprise du village par les Français et attendu la dernière minute.[p. 65] Le matin vers 9h quand déjà l’on sentait et l’on […] que la retraite était inévitable, il eût fallu transporter le matériel, toutes les voitures au sud de Corbeny vers la direction de la Ferme du Temple et de la Ville-aux-Bois. Les médecins, infirmiers, brancardiers transportant la majeure partie des blessés auraient pu se replier, non sans danger, vers midi et tout était sauvé. [manque p. 66-67 de la relation sur le JMO en ligne]

[…] [p. 68] il a soigné des blessés allemands transportés en grand nombre au poste de secours tout en continuant à donner des soins aux blessés français. Le soir même du 14 septembre, les médecins du 144e regt d’infanterie tombés comme nous entre les mains des Allemands avec leur matériel viennent se joindre à nous et nous ne formons plus qu’un seul poste de secours. Parmi eux, le médecin major de 1ère classe [p. 69] Rambaud, chef de service, et le médecin aide-major de 1ère classe Sieur. Nous fûmes obligés pour nourrir nos blessés et même les blessés allemands d’acheter au village des moutons et des pommes de terre (**). Le 17 [septembre] au soir le personnel médical français (médecins, infirmiers et brancardiers) étaient dirigés sur Laon d’où le lendemain ils s’embarquaient pour Cassel et Erfurt. » (…)

Le régiment quant à lui se replia, le 14 septembre vers midi, sur la Ville-aux-Bois où se déroulèrent de sérieux combats toute la journée du 15.

FIN

Notes :

(*) le MM2 Sonrier précise dans son rapport (cf. sources) que les blessés allemands se trouvaient dans une salle d’école derrière la mairie.

(**) Sonrier précise aussi que les morts trouvés le 13, furent enterrés dans le jardin du presbytère ; que les couchages et autres matelas de l’église avaient été fournis par la population et qu’en matière d’alimentation, outre les deux moutons et les pommes de terre achetées et payées par le docteur Rambaud (médecin chef du 144e RI), les Allemands fournirent « quelques maigres soupes » ; il signale aussi l’empathie d’un médecin allemand (docteur Ahreiner) d’origine alsacienne qui fit servir un déjeuner…

Sources : Service historique de la défense, Vincennes, 26N 646/10, JMO service médical 57e RI, tome 1, du 02/08/14 au 31/07/15 (relation Tronyo) [lien @].

Cette relation du JMO est à rapprocher du rapport du docteur Jean Tronyo conservé dans les archives du musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, carton 641, dossier 17 – autres rapports : ceux du médecin chef du régiment, le docteur Sonrier (carton 640, dossier 52), du docteur Bonnefon (carton 634, dossier 11).

Vous pourrez découvrir en détail l’épopée du 57e RI (1914-1918) en consultant le blog incontournable de M. Bernard Labarbe.

Se référer à la carte de situation :

http://www.carto1418.fr/target/19140913.html

Mémoire des Hommes, extrait du JMO du 57e RI (service de santé) 26N646/10, t. 1, p. 52.

Mémoire des Hommes, extrait du JMO du 57e RI (service de santé) 26N646/10, t. 1, p. 52.

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HOPITAUX MILITAIRES DU BAZADAIS PENDANT LA GUERRE 1914-1918

15 Septembre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

HOPITAUX MILITAIRES DU BAZADAIS PENDANT LA GUERRE 1914-1918
HOPITAUX MILITAIRES DU BAZADAIS PENDANT LA GUERRE 1914-1918

Le n° 188 des Cahiers du Bazadais publié par les Amis du Bazadais (mars 2015, 88 p.) est sorti récemment. Un petit éclairage sur cette revue bien ancrée dans un large sud-ouest qui vient de nous livrer un numéro thématique superbement illustré sur l’histoire des hôpitaux dans le Bazadais à l’époque contemporaine introduit magistralement par M. Yannick Marec :

Dominique Barraud et François Olier. Les hôpitaux militaires du Bazadais pendant la guerre 1914-1918 (p. 11-54).

Michel Bénézech. L’histoire de l’hôpital de Cadillac et de ses particularités (p. 55-76).

Il est difficile pour moi de ne pas vous dire tout le bien que je pense de ce numéro auquel j’ai activement collaboré sous la férule bienveillante de Dominique Barraud. Notre article placé aux confluences de l’Histoire du conflit mondial et du quotidien du Bazadais devrait servir de modèle à nombre de sociétés savantes de France et de Navarre... en recherche de thématiques pour illustrer le poids d’une conflagration mondiale qui mobilisa jusqu’aux plus petits terroirs de nos antiques provinces.

Commande : Les Amis du Bazadais. Espace Mauvezin, 49-50, place de la Cathédrale. 33430 Bazas – 15 € + 3€ (frais de port).

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LE SERVICE DE SANTE DE LA 35e DI A CORBENY (AISNE) EN SEPTEMBRE 1914 (1ère Partie).

7 Septembre 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

La gendarmerie de Corbény où était installé le poste de secours du 144e régiment d'infanterie (14 septembre 1914).
La gendarmerie de Corbény où était installé le poste de secours du 144e régiment d'infanterie (14 septembre 1914).

Le service médical du 144e RI à Corbény (14-17 septembre 1914).

Je vous propose aujourd’hui de suivre la 35e DI dans sa poursuite des Allemands après la Marne ; cette poursuite se termina pour la « 35e » dans le secteur de Craonne où se déroulèrent des combats d’une grande intensité. Cet article est le quatrième sur le service de santé dans les combats entre Aisne et Oise, après ceux intéressant Carlepont, Cuts et Noyon.

Cet article se présente en deux parties et intéressera les 144e (1ère partie) et 57e RI (2e partie) de la 70e brigade, 35e division, 18e corps d’armée, 5e armée.

Parmi les témoignages à ma disposition (voir les sources) j’ai préféré utiliser celui du médecin aide-major de 1ère classe de l’armée active Pierre-Marie-Marcel Sieur (1888-1974) qui n'est pas pour moi un inconnu. Le docteur Sieur est le fils du médecin inspecteur général Célestin Sieur (1860-1955), en 1914, directeur du service de santé du 20e CA et qui sera en 1918 conseiller « santé » du général Foch. Il existe sur Célestin Sieur – qui n’est pas mon sujet - une riche bibliographie à laquelle je renvoie le lecteur. L’on connaît beaucoup moins son fils Marcel Sieur qui fut un éminent radiologue (non officier général, bien que "fils à papa") et qui s'est fait un nom (et nombre d’ennemis) Entre-les-deux-guerres dans son combat pour le dépistage systématique des tuberculeux militaires et civils – des collectivités, en général -, notamment en Bretagne (hôpital militaire Ambroise Paré de Rennes).

Situation des formations sanitaires de la 35e DI autour de Corbény (13-19 septembre 1914) - sur l’axe marchant de la division : Roucy, Pontavert, Ferme-du-Temple - Lors de la poursuite, les formations sanitaires de la 35e DI ne dépassèrent pas Ferme-du-Temple qu’elles atteignirent le 13 septembre : amb. n° 2/18 et 5/18. Sous la pression des combats, elles se replièrent sur Pontavert où elles fonctionnèrent tout en procédant à l’évacuation systématique de leurs blessés sur Fismes (100, le 13 et 220 le 14) par les soins des GBC 18 et GBD 35. Le 15 septembre, elles poursuivirent leur repli sur Roucy en raison du bombardement de Pontavert : 680 blessés furent accueillis. A Roucy le médecin principal de 2e classe Octave Félix Bich (né en 1858), médecin divisionnaire, souhaita s’installer au château qui fut en définitive occupé par le QG de la 35e DI ; il se rabattit alors sur « le couvent des sœurs » autrement appelé « orphelinat ». Le 16 septembre, les amb. n° 2/18 et 5/18 étaient en fonctionnement (300 blessés) ; ils étaient 200 à 300 le 17 et le personnel y était signalé comme épuisé. Déjà, le 15, le médecin inspecteur Pauzat (DSS 18e CA) avait pu constater lui aussi l’épuisement complet des personnels et des animaux du GBC 18 sollicité pour les évacuations sanitaires des ambulances de l’avant vers Fismes et avait donné l’ordre formel d’un repos de 24 heures. Toujours le 17 septembre, le docteur Bich obtînt l’envoi en renfort à Roucy de l’amb. n° 8/18. Le 18 septembre 1914, les trois ambulances (2/18, 5/18 et 8/18) étaient en fonctionnement à Roucy (350 blessés) tandis que les évacuations sanitaires s’accélérèrent sur la gare de Fismes où s’était installée l’amb. n° 1/38 qui faisait fonction d’hôpital d'évacuation (HoE) depuis le 14 septembre. Le 19 septembre le 18e CA fut relevé par le 1er CA dont les formations sanitaires devaient se substituer à celles du 18e CA. Les amb. n° 2/18 et 8/18 se libérèrent tandis que l’amb. n° 5/18 installait ses 60 blessés intransportables à l’orphelinat de Roucy en lieu et place du château que l’état-major du 1er CA se réserva.

Etat d’encadrement du service de santé du 144e RI (5/08/1914)

Médecin chef : Médecin major de 1ère classe Louis Rambaud – 1er bataillon : Médecin aide-major de 1ère classe (MaM1) Sieur ; médecin auxiliaire (Maux.) Dubourg – 2e bataillon : MaM1 Plantier ; Maux. Darrieux – 3e bataillon : MaM1 Monteilh ; Maux. Germain.

A la prise de Corbény sont également signalés au 144e RI les médecins auxiliaires Fouassier (Foissier) et Proux.

Témoignage du médecin aide-major de 1ère classe Sieur, médecin du 1er bataillon

« Prise et Séjour à Corbeny (Aisne) du poste de secours du 144e d'Infanterie – 14-17 septembre [1914]

[page 2] (…)

1)-Les circonstances de la prise

Le 13 à midi le 144e franchissait l'Aisne à Pontavert et prenait ses positions de combat en face des villages de Craonnette et Craonne au pied du plateau de même nom. Dans l'après-midi, deux postes de secours étaient ins­tallés, le premier par les soins du [2e] bataillon en avant de Pontavert, le second par le personnel du 1er Bataillon et le médecin chef de service à Pontavert même. A 2 heures du matin l'évacuation de l'un sur l'autre était achevée grâce à une petite automobile. Ce soir là le 3e Bataillon et ses médecins [page 3] bivouaquaient au village de Corbény (3K au Nord) qui venait d'être enlevé à la baïonnette. Le 14 [septembre] - nous gagnions Corbény. Vers midi le convoi médical régimentaire nous rejoignait sans encombre bien qu'ayant été canonné. Le personnel du 2e Bataillon avec une voiture médicale restait à Pontavert. A ce moment la situation était donc la suivante : le 57e d'Infanterie, la moitié de notre régiment [144e RI] sous les ordres du colonel et l'état major de la 70e brigade tenaient Corbény. A l'extrémité Sud du village le poste de secours du 144e s'installait dans la gendarmerie. A l'autre bout du village celui du 57e occu­pait depuis la veille l'église, édifice moderne assez vaste. Au centre la mairie et l'école restaient libres après le départ dans la matinée d'un ”Feld Lazareth" évacué sur l'arrière, avec ses malades au nombre de dix environ, ses 5 infirmiers et son médecin, tous appartenaient à un régiment de hussards. Aux environs de 2 heures le bombardement allemand devenait plus violent et la brigade se repliait. Les premiers blessés arrivaient à notre poste de secours. Peu après les shrapnells français se croisaient sur nos têtes avec les obus allemands puis remplaçaient ceux-ci jusqu'au soir.

2)-Les conditions de notre prise

Vers 3 heures le premier casque à pointe se montrait à la porte de la gendarmerie. Les deux postes de secours étaient faits prisonniers avec 11 médecins, 71 infirmiers ou brancardiers, 3 voitures médi­cales (dont une fut incendiée par un obus) une petite auto­mobile à deux places et 5 voitures de réquisition. Le poste de secours [page 4] du 144e abritait une douzaine de blessés et M. le capitaine Bisset atteint à l'épaule droite, deux d'entre eux succombèrent dans la nuit.

A-Attitude des allemands envers les officiers - Le sergent major commandant la patrouille qui nous prit fut correct. Deux brutes armées de révolvers nous crièrent de rendre nos armes mais personne ne fut molesté ou même menacé. Dans la soirée, à notre insu, on vint prendre nos chevaux et selles. Toutefois on me remit scrupuleusement tout ce que contenaient les fontes, à part une montre en or et l'on me rendit mon épée ainsi qu'à M. le médecin major Rambaud en remerciement des soins qu'avait reçus un lieutenant allemand.

B-Attitude des Allemands envers la troupe - La patrouille reconnut nos blessés. Aucun de nos soldats ne fut fouillé mais ils durent rendre leurs armes et même leurs couteaux. Les combattants valides furent emmenés immédiatement sous escorte. Plusieurs avaient pu s'échapper avant l'arrivée des Allemands mais il en restait encore une vingtaine (conducteurs auxiliaires, cyclistes, éclopés) Ceci fait, trois sentinelles furent placées dans la gendarmerie.

C-Attitude des Allemands envers le matériel - Toutes les armes furent immédiatement mises hors d'usage, les fusils brisés, les baïonnettes tordues. Le matériel sanitaire fut momentanément respecté, mais une voiture de réquisition où se trouvaient les vivres de nos infirmiers et éclopés fut rapidement vidée. Depuis trois jours en effet nos adversaires devaient se contenter de leurs vivres de réserve ; petits biscuits ou conserves. Le pays précédemment pillé ne pouvait plus les faire vivre. [page 5]

D-Attitude des Allemands dans le village - Je pus me rendre à deux reprises sans être inquiété au poste de secours du 57e, une fois entre autres pour accompagner le capitaine Bisset. Nous vîmes ainsi les Allemands divisés en patrouilles en ordre et en silence visiter les maisons ; méthodiquement ils brisaient à coups de hache les portes fermées et les fenêtres closes, et coupaient les fils télégraphiques. Je ne fus le témoin ou n'entendis parler d'aucun acte de brutalité commis sur les habitants restés en petit nombre dans le village. En somme nous ne fûmes ni molestés ni insultés mais insuffisamment protégés. C’est que d'une part le village n'avait pas été pris d'assaut et que d'autre part le bataillon qui nous fit prisonniers appartenait à un régiment alsacien (n° 39 - Colmar).

3)-Séjour à Corbény

A 8 heures du soir nous recevions l'ordre de transférer notre poste de secours dans l' église pour qu'on put enfermer des prisonniers dans la gendarmerie. Réunis dès lors au 57e nous devions subir un sort commun. Pendant 4 jours le bombardement français ne cessa pas ; un drapeau de la Croix Rouge était hissé au clocher et de fait l'église demeura indemne, mais le mardi matin (15) une salve d'obus explosifs l'encadra brisant les vitraux, écornant la porte, fauchant devant elle deux infirmiers allemands.

A-Nombre des blessés - A la date du 16 les blessés des deux régiments étaient les suivants :

Intransportables : 57e, Gaudin, Vilaine ;

Transportables couchés : 144e, cap. Bisset, soldats Castaguère, Daudieu ; [page 6] - Entron, Laporte, Porchet, Tiriet ; 57e Bougues, Coudein, Hilaret, Hospital, Sure, Talon.

Transportables assis : 144e, Benay, Castera, Fazempat, Guirle, Lafitte, Pelot, Philippot ; 57e, Charou, Chevalier, Dardezou, Dieu-Xyssies, Florentin, Girard, Subrou, Sudre, Videau.

Marchant : 144e, Logei;

soit en tout 32 hommes. PIusieurs étaient partis la veille ou l’avant-veille, deux seulement furent découverts sur le champ de bataille du 14. Jusqu'au mardi matin les nôtres dominaient, mais la bataille de l'Aisne se poursuivant, les blessés allemands affluèrent. L'église à notre départ en contenait près de cent.

B-Répartition des blessés - La nef de l'église fut réservée aux blessés ; quatre rangées de matelas et de litières, de la paille garnissaient dans sa largeur. Les blessés étaient mélangés sans distinction de nationalité et sans que la gravité de la blessure entrât en jeu.

C-Alimentation des blessés - Notre poste de secours ne fut ravitaillé pendant notre séjour ni en pain ni en vivres pas plus d'ailleurs que la population civile. Les troupiers allemands continuèrent à vivre sur leurs réserves.

Dans la nuit du 15 au 16 une cuisine roulante put distribuer un quart de soupe à quelques blessés. La nuit suivante il en fût de même. 0n ne fut que le jeudi matin qu'une cuisine put fournir à chaque malade et à chaque infirmier une soupe aux pâtes et un petit morceau de viande. Grâce à l'initiative de M. le médecin major Rambaud des boites de conserves sauvées du pillage, furent partagées [page 7] entre les blessés et les infirmiers à raison de 1 pour 3 têtes. Le mercredi 16 cette ressource n'existant plus, on put encore acheter deux moutons et distribuer ainsi à chaque homme une mince tranche de viande accompagnés d'une pomme de terre bouillie. On put également préparer un peu de café. Un fait me frappa durant le séjour à Corbény comme durant notre voyage ; les hommes de garde et les hommes valides en général, se servaient copieusement les premiers sans songer aux blessés ou aux prisonniers.

D-Pansement des blessés - Chaque jour les pansements de tous les blessés français et allemands étaient renouvelés par nos soins. On confectionna également quelques appareils d'immobilisation. Certaines voitures médicales ayant été pillées, tous les paniers furent descendus dès le mardi soir et transportés dans l'église. Ni les pansements ni la teinture d'iode ne firent défaut mais la provision de morphine fut insuffisante. Les allemands nous empruntèrent des gouttières et des pansements car ils paraissaient à juste titre apprécier notre matériel.

E-Evacuation des malades - Elle s'opéra sans ordre au petit bonheur. Tous les jours quelques blessés plus ou moins ingambes étaient emmenés à pied par petits groupes jusqu'à Laon (22 Km). Le mercredi soir nous aperçûmes quelques "Sanitatsbute" assimilables à nos brancardiers divisionnaires. Ils emmenèrent dans une voiture de réquisition une demi-douzaine d'allemands. Enfin le jeudi matin trois automobiles arrivèrent. Elles appartenaient à une clinique chirurgicale de Marburg ; très confortables elles pouvaient charger trois blessés couchés. Quand nous quittions l'église le 17 au soir nous y laissions encore tous nos blessés [page 8] dont M. le capitaine Bisset.

F-Part du personnel médical - M. le médecin major Rambaud réserva le choeur et les bas-côtés à nos infirmiers et brancardiers. Nous mêmes couchions au hasard qui sur des bancs qui entre des stalles. Les fonts baptismaux constituaient notre buffet. Nous vivions comme nos infirmiers et nos malades, bien heureux de faire cueillir quelques poires vertes pour améliorer notre ordinaire. Nous étions en effet strictement cantonnés dans l'église. Le sergent du poste, alsacien d'origine s'employa du mieux qu’il put avec quelques autres de ses compatriotes à atténuer les rigueurs de notre sort.

G-Rapports avec le personnel médical - Dans la soirée du 15 un médecin d'artillerie parut sur le porche de l'église. Il se contenta de me demander ma carte d'état-major de prendre la liste de nos noms et de nous parler avec véhémence des balles dum-dum. En outre il donna l'ordre au sergent de garde de rendre compte au général qu'un étui de signaleur avait été trouvé près d'une voiture médicale et ce faisant il soupçonnait mes infirmiers ou moi-même de s'en être servi. Le 16 au matin deux médecins d'infanterie lui succèdent. Nous leur offrions nos services, Ils nous ignorent et disparaissent comme le premier après avoir fait le pansement d'un des leurs. Le soir les premiers brancardiers faisaient leur apparition et dans la nuit une ambulance s'installait au voisinage. Le 17 un médecin allemand se permet en passant de critiquer un de nos camarades qui pansait [page 9] un blessé allemand mais il refuse l'offre de lui succéder dans sa besogne.

Enfin apparut un médecin alsacien le docteur Threiner, d'éducation et de mentalité françaises. Bien que simple "unterarzt" il fut appelé à opérer aussitôt dans le presbytère. Il trépane aussitôt un de nos soldats, pratique chez un autre une trachéotomie, achève enfin cette séance opératoire par une désarticulation de l'épaule, trop tardive pour empêcher une gangrène gazeuse de se développer chez un allemand. Bien plus il nous procure quelque nourriture ainsi qu'à nos infirmiers ; enfin il nous apprend notre départ pour Laon.

Voyage d'Aller - Corbény-Erfurt, 17-23 septembre

1-De Corbény à Laon - Le Jeudi soir nous partions quatre par quatre pour Laon (26 Km) encadrés par un piquet, baïonnette au canon, commandé par un sergent. M. le médecin major Rambaud dut abandonner ses bagages et nous ne pûmes rien sauver du matériel. Je pris dans ma trousse tous les instruments de la boîte n°23 et distribuai des médicaments aux blessés. Le temps était affreux, la boue épaisse, mais tout cela n'était rien en regard des insultes des convoyeurs que nous croisions. En cours de route le Généralarzt du 15e Corps se contenta de nous contrôler. Nous n'aperçûmes aucune formation [page 10] sanitaire ; à plusieurs reprises nous avons rencontré des automobiles du service de santé mais en petit nombre. A 9 heures du soir nous arrivions à destination devant la préfecture de l'Aisne transformée en Kommandatur. Après un quart d'heure d'attente notre personnel subalterne fut dirigé sur la caserne d’artillerie où il devait être [fusillé ( ?)] Nous mêmes solidement encadrés nous gagnions le Palais de Justice. On nous chambra dans la salle des témoins où l'on nous servit une maigre soupe. Nous dûmes pour reposer nous contenter d'un sommier de 5 fauteuils, de 2 banquettes et du plancher. Cependant le lendemain on nous permit de faire venir de la ville quelques objets des victuailles on nous distribua des paillasses et l'on nous permit de sortir une heure dans la cour du Palais. Pour nous distraire nous contemplions la cathédrale toute proche et ses tours dans lesquelles les officiers allemands ne se gênaient point pour monter.

2-De Laon à Erfurt

A-Transport du personnel - Le samedi 29 septembre nous étions dirigés sur la gare de Laon où nous retrouvions deux officiers français non blessés MM. le commandant Communal du 34e d'Infanterie, le sous-lieutenant Fayolle du 18e Chasseurs à cheval. Sous la garde d'un sous-officier et de deux soldats rapatriés en Allemagne nous partagions tout d'abord de Laon à St Quentin le wagon mortuaire du colonel Mathis du 136e d'Infanterie de Strasbourg tué à Corbény le 17 septembre.

A St Quentin nous fûmes transférés dans un grand wagon (…) »

Le docteur Sieur enfermé au camp de prisonniers de guerre d'Erfurt fut libéré via la Suisse et rejoignit la France le 9 novembre 1914.

A SUIVRE : LE SERVICE DE SANTE DE LA 35e DI A CORBENY (AISNE) EN SEPTEMBRE 1914 (2e Partie). Cette deuxième partie sera consacrée au service médical du 57e RI.

Carte de situation : http://www.carto1418.fr/target/19140913.html

Historique du 144e RI

Sources : Service Historique de la Défense, journal des marches et opérations, 144e RI, 26N 694/7, 5/08/14-21/05/15, état d’encadrement du régiment à la date du 5/08/1914 ; service de santé de la 35e DI, 26N 327/10 ; service de santé du 18e CA, 26N 192/9.

Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce, à Paris, carton 640, dossier 46 (Sieur) ; carton 640, dossier 3 (Rambaud) ; carton 638, dossier 24 (Monteilh).

Base Léonore : Célestin Sieur (1860-1955).

Le dossier de Pierre-Marie-Marcel Sieur (1888-1974) ne figure pas dans la base Léonore en dépit de son grade d'officier de la Légion d'honneur (1940).
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