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Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Lundi 13 mai 1940

Hollande - bataille, capitulation et bombardement de Rotterdam. Belgique - repli du Corps de cavalerie. Franchissement de la Meuse par les Allemands, à la jonction de la IXe armée (Corap) et de la IIe armée (Huntziguer); les défenses françaises sont bousculées. Constitution d'une forte tête de pont à Monthermé. Attaque de Sedan (16h 00). L'aile gauche de la IIe armée lâche pied (21h 00). A la IIIe armée, la position avancée de Longwy est menacée.

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

hâte la mise en état de défense de la position Wavre-Namur.

            Le 2e échelon de la DSS/Ière armée se porte à Valenciennes. Liaison du directeur du service de santé avec le directeur du service de santé du Corps de cavalerie (DSS/CC) à Saint-Géry et le DSS/5e CA à Warfusee.

 

            Corps de cavalerie -  18h 00, un point d'embarquement par voie ferrée (PEVF) pour automotrice sanitaire est signalé à Marlais (8 kms au nord-ouest de Fleurus) pour les blessés légers. Le Corps de cavalerie demande à la Ière armée un renfort de deux sections sanitaires automobiles (SSA). L'ambulance chirurgicale légère n°229 (Fleurus) a déjà reçu 73 blessés dont 40 de première urgence (U1), "opérés dans d'excellentes conditions de temps et d'installation."

 

            HoE1 n°3 (Marcoing) - renforcé par l'ambulance chirurgicale lourde n°411 (médecin-commandant Richard). Arrivée dans la nuit du 13 au 14 mai, du groupe chirurgical mobile n°40 (médecin-lieutenant Chigot) à trois équipes chirurgicales.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - Evacuation par train sanitaire des blessés de Maubeuge. A la clinique "Saint-Christophe", affluence de blessés graves. Deux équipes chirurgicales travaillent sans arrêt. Une nouvelle salle de réchauffement est installée. Repli de nombreux médecins isolés, d'infirmiers et de formations sanitaires.

 

            Centre hospitalier de Saint-Quentin - Départ de l'ambulance chirurgicale légère n°231, de Saint-Quentin pour Binche, où elle installe un poste de recueil dans le collège.

 

                        IIe armée -

La Meuse est franchie par les Allemands à l'Ouest de Sedan, à Houx et Monthermé.

 

           

Médecin général Bercher, DSS du 10e corps d'armée

10e corps d'armée - La direction du service de santé du 10e corps d'armée (médecin-général Bercher) perd toute liaison avec ses formations sanitaires. Au groupement d'ambulances du même corps d'armée (GACA n°10) installé au Chesne: une "atmosphère de panique règne dans ce secteur". Le repli de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 de Maison-Rouge (4 kms, sud du Chesne) est ordonné.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - Nombre de lits occupés à minuit : 188 - Dans la journée : 96 entrées et 72 sorties dont trois décès.

 

            HoE1 n°10 (Vouziers) - Afflux considérable de blessés (hôpital complémentaire "Jeanne d'Arc"). L’ambulance chirurgicale lourde n°402, venant de Maison-Rouge s’implante à l’école « Mazaryck ».

 

                        IIIe armée -

            Le point d'embarquement voie ferrée de Longwy est replié sur Longuyon.

 

                        IVe armée

            HoE1 n°11 (Saint-Jean-de-Bassel) - Arrivée de 23 blessés dans la nuit.

 

            Relève des moyens d'évacuation de la compagnie sanitaire automobile n°982, par ceux de la compagnie sanitaire automobile n°544, à Burthecourt, Luneville et Morhange.

 

                        VIIe armée -

vient occuper la ligne générale : isthme de Woendsrecht-Turnhout.

 

            Centre hospitalier de Bruges - Regroupement des formations sanitaires, dont l'ambulance chirurgicale lourde n°416 (médecin-capitaine Thalheimer).

 

            Centre hospitalier de Gand - Regroupement des formations sanitaires de la VIIe armée au centre hospitalier de Gand-Zwijnaarde (banlieue sud), lequel possède 500 lits d'hospitalisation et 400 places d'évacuation sous tentes.

Formations sanitaires regroupées : ambulance chirurgicale lourde n°407 (médecin-capitaine Cibert), ambulance chirurgicale légère n°257, ambulances médicales n°47 et 57, sections d'hygiène lavage désinfection n°137 et 147, laboratoire d'armée "Z" n°347. Bombardement de deux ambulances chirurgicales transportées par voie ferrée, en gare de Gand.

 

            Centre hospitalier de Roulers - Arrivée de deux formations sanitaires de réserve générale : l'ambulance chirurgicale lourde n°412 (médecin-lieutenant-colonel Assali) et l'hôpital d'évacuation primaire n°22 (médecin-commandant Franchi) "qui resteront sur roues".

 

                        IXe armée -

La situation est très grave, en raison du franchissement de la Meuse à Houx et Monthermé.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - L'ambulance chirurgicale lourde n°430 (médecin-capitaine R. Bloch) signale l'arrivée de l'équipe chirurgicale mobile n°37 (Cochin) venant de Vittel (HoE2 n°5). A Rethel, débordé, les blessés se présentent en très grand nombre. A 04h 00, des camions de réquisition en conduisent une grande partie à Reims. Dès 05h 30 une section sanitaire de volontaires américains fait la navette entre Rethel et Reims.

 

            HoE1 n°4 (Liesse) - Bombardement aérien : "Toute l'hospitalisation chirurgicale est absolument inutilisable pendant deux jours." Après triage, l'hospitalisation des blessés se fait à l'hôpital complémentaire "Foch" de Laon (15 kms de Liesse).

E- [Evacuations sanitaires, voie ferrée, RC2 (Laon)]

 

            Centre hospitalier de Fourmies - L'ambulance chirurgicale lourde n°423 signale l'arrivée en renfort des groupes chirurgicaux mobiles n°37 et 38 provenant de Vittel.

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Prise de Bjerkvik par la 13e demi-brigade de Légion Etrangère. Conclusions du médecin-capitaine Merklen intéressant le fonctionnement du service de santé de ce débarquement de vive force :

            " 1) - Dans une opération de débarquement, le fonctionnement du service de santé régimentaire est aisé et presque normal en cas de succès ; impossible à faire fonctionner en cas d'échec. Il est à craindre en cas d'échec que les blessés des éléments débarqués ne tombent aux mains de l'ennemi et que les blessés des éléments débarquants ne soient noyés.

            2) - Il est donc inutile de faire débarquer trop tôt un élément sanitaire avancé (comme celui que j'avais demandé dans mon instruction technique). Chaque PS (B)ataillon ou (R)égiment ne doit débarquer que lorsque l'unité correspondante a largement et solidement mis pied sur la côte.

            3) - Il faut donc prévoir que le service de santé ne fonctionnera que très lentement. En fait dans le débarquement de Bjerkvik les premiers éléments de combat ont débarqué vers 02h 00 du matin. Les postes de secours de bataillon ont dû commencer à fonctionner entre 07h 00 et 08h 00. Le poste de secours central de la demi-brigade vers 10h 00 et le service divisionnaire britannique vers 18h 00 seulement".

 

Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

EVACUATIONS SANITAIRES

 

            Voie routière

            Rappel d'une section de la compagnie sanitaire automobile n°974 (capitaine Delegorgue), affectée à la Ière armée, qui est en cours de déplacement. Il lui est donné ordre de retourner à Beauvais à l'HoE2 n°6 (médecin-colonel Soulié) pour en assurer le service.

            Retour de deux sections de la compagnie sanitaire automobile n°961 (Ailly-sur-Noye).

            La compagnie sanitaire automobile n°983 (capitaine Giliby) quitte Lorquin (Ve armée) pour la VIIe armée.

            La compagnie sanitaire automobile n°984 (capitaine Peron) fait mouvement sur Troyes.

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IVe armée]

 

            Voie ferrée

            L'aide-major général demande aux régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier), n°5 (Troyes), n°7 (Creil) "d'assurer les évacuations demandées par les armées, les régions et les HoE2, qui désirent vider autant que possible leurs formations en les libérant des malades ou blessés hospitalisés depuis un certain temps ; de diriger ces blessés ou malades de préférence sur les régions de l'Intérieur les plus éloignées".

 

            Diffusion de la directive n°3 aux directions du service de santé d'armées (n°11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940) relative à l'hospitalisation, aux évacuations, au ravitaillement sanitaire.

            "Le plan d'évacuation devra être réalisé en tenant compte des possibilités d'interruption de la voie ferrée."

enlightened - [cf. Manoeuvre sanitaire, IIIe armée]

 

            Régulatrice de communications n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de régulatrice de communications n°2 (Laon) - Evacuation des malades médicaux   "L'ACL Z à Liesse et l'HoE ont été bombardés, le bloc chirurgical est atteint et hors d'usage. Nous devons être prêts à fonctionner à leur place, à partir de cette nuit".

            - le train sanitaire n°360, de Rethel (360 évacués) à Rennes (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

      - le train sanitaire n°408 (96 malades) de l'hospice civil de Belfort sur Brive.

      - le train sanitaire n°467 (325 évacués) de Saint-Die sur Autun.

      - le train sanitaire n°503 (285 évacués) d’Autun sur la 15e région militaire (Nimes).

 

            RC n°5 (Troyes)

      - le train sanitaire n°104 (médecin-lieutenant Giraudon), du 13 au 15 mai, de Langres (49 évacués), Chaumont (258 évacués) sur Périgueux, désinfection à Cosne et retour à Brienne.

      - le train sanitaire n°525, après désinfection à Vittel, embarque 295 évacués sur Cahors. Retour au garage à Bar-sur-Aube, le 16 mai.

 

            RC n°6 (Venissieux)

      - Deux autorails sanitaires jumelés (50 assis et 16 couchés) de Chambéry sur Lyon.

 

            RC n°7 (Creil)

      - le train sanitaire n°118 (médecin-lieutenant Fuchs), de 244 évacués, de Marcoing-Cambrai sur Le Mans et Alençon.

      - le train sanitaire (334 évacués) de Saint-Quentin sur la zone de l'Intérieur.

      - le train sanitaire n°201 (médecin-lieutenant Traut) est au Cateau, du 13 au 17 mai.

 

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            Des directives sont adressées aux stations-magasins pour assurer le ravitaillement d'urgence des régulatrices de communications et leur réapprovisionnement en matériels sanitaires (directive n° 11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940).

            La Direction de l'Artillerie informe l'aide-major général qu'elle dispose de 300 brouettes porte-brancard à répartir sur les armées.

            L'Aide-major général demande à la 7e Direction :

            - d'accélèrer les livraisons aux stations-magasins de bandes plâtrées, sparadraps, drains, etc...

            - l'expédition sur les stations-magasins de Saint-Cyr et de Sens, de l'alcool et de l'éther qui se trouvaient à la station-magasin d’Avord, le 11 mai, lors de son bombardement.

            - le nivellement sur les régulatrices de communications des matériels Z (paniers et musettes)

            - la mise en place de films radiographiques et de médicaments auprès des régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier).

MEMORIAL

 

Jean Benjamin Ferrari, né le 12 janvier 1908 à Venacco (Corse), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1932). Médecin-capitaine au 77e régiment d’infanterie, mort au combat, tué par une explosion d’obus le 13 mai 1940 à Dinan (Belgique).

 

Jean Lucien de Lemos, né le 23 mai 1910 à Paris, diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937), médecin-lieutenant au 1er régiment d’autos-mitrailleuses, mort au combat le 13 mai 1940, à Vodecée (Belgique).

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Journal de guerre du service de santé - Dimanche 12 mai 1940

24 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Dimanche 12 mai 1940 (Pentecôte)

Hollande - les Allemands marchent sur Amsterdam. Repli des troupes françaises sur Berg-op-zoom et Lierre. La reprise de Rotterdam est abandonnée. Les troupes allemandes franchissent le canal Albert. Le front belge est rompu dans la région de Tongres (près de Maastricht). Infiltrations allemandes au sud de Namur. Franchissement dans les Ardennes de la frontière française. Dans la soirée, de Dinant à Sedan, l'ennemi est devant la Meuse.

 

 

Le médecin-colonel Jean Lambert des Cilleuls, médecin-chef du Corps de Cavalerie (à gauche)

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                       Ière armée -

La Ière armée se trouve déployée entre Wavre et Namur. En avant, le Corps de cavalerie est puissamment attaqué et résiste sur la ligne Tirlemont-Huy.

 

           

Corps de Cavalerie - Le groupe d'ambulances du Corps de cavalerie (GACC) s'implante à Fleurus :

            - l'ambulance chirurgicale légère n°229 (médecin-capitaine Sicard) s'installe à "'Institution des soeurs de Notre-Dame" (52 lits) ;

            - l'ambulance médicale n°29 (médecin-commandant Chavialle puis médecin-capitaine Lainier) à l'institution épiscopale "Saint-Victor", 54 lits.

            - le groupe sanitaire de ravitaillement n°29 (médecin-commandant Carrade) à l' "Ecole Mayenne". Celui-ci subit un bombardement aérien (5 blessés).

            Les évacuations primaires sont assurées sur Maubeuge et Valenciennes (plus de 80 kms).

            La DSS/Ière armée recherche à Mons des locaux "susceptibles d'être utilisés à des fins sanitaires", destinés à recevoir le matériel d'un hôpital d'évacuation primaire.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - les 4 équipes chirurgicales de l'hôpital militaire fonctionnent sans arrêt sous la règle des 3X8 (8 heures de chirurgie, 8 heures de soins et de triage, 8 heures de sommeil). Dans la soirée, le régulateur annonce l'arrivée d'un train sanitaire pour le lendemain.

            La 2e section de la compagnie sanitaire automobile n°971 va à MONS et la 4e section à Maubeuge.

 

          Centre hospitalier de Saint-Quentin - l'ambulance chirurgicale légère n°231 (médecin-lieutenant-colonel Didiée) est à Saint-Quentin.

 

                        IIe armée -

dont la cavalerie se replie derrière la position de résistance.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - 357 lits sont occupés à minuit. Dans la journée : 103 entrées et 272 sorties dont 2 décès.

 

         HoE1 n°10 de Vouziers (médecin-commandant Magnenot) - reçoit 300 blessés par jour. L'ambulance chirurgicale lourde n°402 (médecin-commandant Bloch) est affectée à Vouziers en renfort, de même que le groupe chirurgical mobile n°9 (médecin-capitaine Leydet) et l'équipe chirurgicale mobile n°4.

 

            Centre hospitalier de Maison-Rouge -  L'ambulance chirurgicale légère n°242 (médecin-lieutenant Baumann) fonctionne à Maison-Rouge et signale le départ de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 pour Vouziers.

 

         L'hôpital complémentaire d'armée n°312 de Saint-Morel (médecin-commandant Culty) et l'ambulance chirurgicale légère d'étape n°262 de Corbon (médecin-capitaine Cordier) subissent des bombardements sans conséquences.

 

                     IVe armée -  demande la mise à sa disposition de l'ambulance chirurgicale légère n°281 de réserve générale de Toul, qui lui est refusée par l'aide-major général, en raison de l'activité des armées du Nord.

 

                        VIIe armée -

se renforce dans les îles des bouches de l'Escaut, poursuit l'acheminement de ses grandes unités d'infanterie ; prend le contact avec les troupes allemandes au nord-est d’Anvers.

 

            Intention de la VIIe armée de faire venir à Saint-Nicolas, l'hôpital d'évacuation primaire n°14 (médecin-lieutenant-colonel Tournier) dont la première destination était Bruges et qui vient de quitter Soissons par voie ferrée. Toutefois il reste une incertitude sur ce mouvement. Arrivée à Saint-Nicolas de l'ambulance chirurgicale légère n°257 (médecin-capitaine Rudler), de l'ambulance médicale n°47, de la section d'hygiène lavage désinfection n°137. Ces formations, en attente de déploiement, restent sur roues. La situation militaire impose un repli pour le lendemain (13 mai à 08h 00) sur Gand (plus de 30 kms). Suppression du centre hospitalier de Saint-Nicolas, repris par des formations sanitaires du groupement d'ambulances de corps d'armée (GACA) n°1. Maintien du poste chirurgical avancé (PCA) organisé par l'ambulance chirurgicale légère n°257, jusqu'à sa relève par le GACA n°1. Suppression du poste chirurgical avancé de Braaschaat (banlieue nord-est d’Anvers).

 

            Centre hospitalier de Bruges - L'ambulance médicale n°77 (médecin-commandant Bernier) est à Bruges avec une équipe chirurgicale de l'hôpital complémentaire d'armée n°327.

 

                        IXe armée - opère le repli de ses divisions légères de cavalerie (DLC) sur la Meuse ; poursuit au nord de Givet l'installation de ses grandes unités d'infanterie.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - une section de la compagnie sanitaire automobile n°972 est détachée à Rethel pour l'évacuation de l'hôpital civil (70 couchés et 250 assis) sur le centre hospitalier de Reims. La gare de Rethel avait été bombardée la veille (11 mai à 09h 10).

 

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            L'aide-major général demande à la direction de l'Artillerie d'assurer le recomplètement en véhicules sanitaires des ambulances chirurgicales lourdes n°424 et 425 (médecin-lieutenant-colonel Duboureau) et de l'ambulance chirurgicale légère n°281 (Banzet) de Toul.

            Le 12 mai l'état-major général (4e bureau) prescrit le regroupement des compagnies sanitaires automobiles n°982 (IVe armée), n°983 (Ve armée), n°984 (VIIIe armée).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, Ière et IXe armées]

 

                        Voie ferrée

Destructions de voies ferrées sur l'axe Tergnier-Charleroi, et la zone Laon, Rethel, Reims, Saint-Dizier: "quatorze interruptions dont cinq réparées dans la journée".

 

            RC n°3 (Saint-Dizier)

            - le train sanitaire n°105 (médecin-lieutenant Coulloudon), du 12 au 14 mai, de Vouziers, Verdun, Ancemont, Bar-le-Duc sur Angers (14 mai).

          - le train sanitaire n°565 (médecin-lieutenant Bertrand), d’Ancemont (210 évacués) et Vouziers (181) sur Poitiers (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°473 de Dijon sur la 13e région militaire (Moulins-Clermont-Ferrand).

         - le train sanitaire n°534 (médecin-lieutenant Jacquot) de Besançon (299 évacués) sur la 15e région militaire (Tarascon) au 13 mai.

            - le train sanitaire n°561, de Sarrebourg sur l'HoE2 n°3 de Sathonay.

 

            RC n°5 (Troyes)

             - le train sanitaire n°108, de Toul (329 évacués) à Auxerre, via Sens et Joigny (14 mai).

            - le train sanitaire n°164 (357 évacués), du 12 au 14 mai, de Vittel sur Auch. Le 16 mai, retour à Pagny.

            - le train sanitaire n°418 (médecin-lieutenant Malaplate) de 301 évacués, du 12 au 15 mai, de Toul sur Orléans. Désinfection à Cosne. Retour à Thaon.

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        L'aide-major général demande à la Pharmacie centrale de l'armée de Malakoff : des envois de sérums antitétaniques et antigangréneux sur les régulatrices de communications n°3 (Saint-Dizier) et n°4 (Vesoul) ; l'état des disponibles en produits anesthésiques et ligatures.

MEMORIAL

 

                     César Chaspoul, né le 18 octobre 1908 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute- Provence), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1935). Médecin-lieutenant au 1er bataillon du 4e régiment de tirailleurs marocains, mort au combat le 12 mai 1940 à Rouhling (Moselle).

 

                     Jean-Paul Tellier, né le 9 juillet 1911 à Levallois (Hauts-de-Seine), diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937). Médecin-lieutenant au 40e Groupe de reconnaissance de division d’infanterie, mort des suites de ses blessures au combat le 12 mai 1940 à Rombas (Moselle).

 

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journal de guerre du service de santé - samedi 11 mai 1940

23 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Samedi 11 mai 1940

Poursuite de la mise en oeuvre de l'option "Dyle". Les combats s'intensifient en Hollande. Franchissement de la Meuse par les Allemands. Sérieux bombardements sur plus de 33 aérodromes en France

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

   

Médecin Général Mahaut

                     Ière Armée

            "Tout est en place on attend les évènements." (médecin-général Mahaut).

            Les corps d'armée (CA) poursuivent leur avance en Belgique. La direction du service de santé de la Ière armée (premier échelon) s'installe à Valenciennes, où quelques blessés civils victimes de bombes d'avions sont traités depuis le 10 mai au soir. Les centres hospitaliers de Marcoing (HoE1 n°3), Cambrai, Saint-Quentin commencent à procéder au chargement de leurs trains sanitaires. Installation à l'hôpital complémentaire "lycée Henri Martin" de l'ambulance chirurgicale lourde n°401 (médecin-commandant Courty).

            Centre hospitalier de Maubeuge - Arrivée dans la matinée, du groupe chirurgical mobile n°13 (médecin-lieutenant Colson). Le matériel chirurgical et radiologique est installé dans un local de la clinique "Saint-Christophe". Les trois équipes chirurgicales fonctionnent alternativement avec l'équipe chirurgicale de l'hôpital militaire. Les évacuations sanitaires sont assurées sur Saint-Quentin.

 

                        IIe Armée

            HoE1 n°5 (Ancemont) - 178 lits sont occupés à minuit - Dans la journée : 190 entrées et 12 sorties (six évacués et six décès).

            La deuxième section de la compagnie sanitaire automobile n°542 (capitaine Normand) transporte des malades civils des hôpitaux de Sedan sur Rethel et Château-Porcien. Du 11 au 14 mai, les deuxième et troisième sections de la CSA n°542 évacuent les hôpitaux de Vouziers, Maison-Rouge, La Forêt, Saint-Morel et Corbon.

 

                        IIIe Armée

            HoE1 n°6 (Burthecourt) - Arrivée à Burthecourt de l'ambulance chirurgicale lourde n°413 (médecin-capitaine Banzet).

 

                        IVe Armée

         Centre hospitalier de Toul - Bombardement de l'hôpital militaire (Gama ?) de Toul (570 lits), les 11 et 12 mai 1940 (trois bâtiments éventrés).

 

                        VIIe Armée

Les corps d'armée poursuivent leur avance en Belgique et en Hollande; les unités de découverte sont à Tilburg et Turnhout.

 

               A Saint-Nicolas, l'hôpital "Saint-Louis" est prêt à fonctionner (médecin-lieutenant Ferradou). Mise en place de la chaîne des évacuations : Duffel (urgence 1), Saint-Nicolas (urgences 2 et 3). Reconnaissance des moyens hospitaliers d’Anvers et des compléments d'hospitalisation de Saint-Nicolas ("Séminaire" et "Institution de jeunes filles").

 

                Centre hospitalier de Zuydcoote - dispose de neuf équipes chirurgicales :

            - ambulance chirurgicale légère n°247 du médecin-capitaine Magendie (deux équipes) ;

            - groupe chirurgical mobile n°19 (trois équipes) ;

            - hôpital complémentaire d'armée n°307 (une équipe), HCA n°317 (une équipe), HCA n°327 (deux équipes).

 

                        VIIIe Armée

            L'ambulance chirurgicale légère n°258 ? et l'ambulance médicale n°87 sont prêtes à faire mouvement : en direction générale de Delemont. Deux équipes chirurgicales sont affectées en renforcement : l'une au groupement d'ambulances de corps d'armée n°7, l'autre à l'ambulance chirurgicale légère n°258 ?

 

                        IXe Armée

            HoE1 n°2 (Rethel) - Le centre hospitalier de Rethel a déjà reçu 100 malades des hôpitaux de Sedan et on en annonce 100 autres qui doivent être dirigés sur l'Aisne, par manque de place. Une section de la compagnie sanitaire automobile n°972 est affectée au groupement d'ambulances de corps d'armée n°2. Une autre section poursuit 'évacuation de l'hôpital d'évacuation primaire n°2 de Rethel. Poursuite de l'évacuation de l'hospice de Rimogne sur l'hôpital d'évacuation primaire n°4 de Liesse.

 

            Centre hospitalier de Fourmies - La compagnie sanitaire automobile n°981 procède à l'évacuation du centre hospitalier de Fourmies.

 

            Centre hospitalier d’Origny-en-Thiérache - (7kms sud-est d’Hirson) - L'ambulance chirurgicale légère n°277 (médecin-capitaine Figarella) stationne à l'hospice d’Origny et y fonctionne du 11 au 15 mai, opérant une centaine de blessés.

 

                        Corps Expéditionnaire Français en Scandinavie

            Le service de santé de la 1ère division légère de Chasseurs demande l'envoi d'urgence en Norvège du médecin-commandant Toureng, son chef, d'un groupe sanitaire divisionnaire et d'une section d'hygiène lavage désinfection. Préparation de l'attaque de Bjervik.

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

              HoE2 n°3 (Sathonay)

            Départ du groupe chirurgical mobile n°14 (Folisson) et de l'équipe chirurgicale mobile n°23 (Charton-Ronzier).

 

              HoE2 n°5 (Vittel)

                D'après une enquête de l'aide-major général, il reste huit équipes chirurgicales à la disposition de l'HoE2 n°5. Renforcement complémentaire de Vittel par les centres hospitaliers de Chaumont (hôpital complémentaire "Damrémont") et de Biesles. Dans la nuit du 11 au 12 mai, départ sur ordre de l'aide-major général des groupes chirurgicaux mobiles n°11 (médecin-lieutenant Soustelle), n°12 (médecin-capitaine Regad), n°17, 37, 38 et des équipes chirurgicales mobiles n°25, 35 (médecin-lieutenant Benassy), n°36 (médecin-lieutenant Xambeu), n°37.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            Mise en alerte de la compagnie sanitaire automobile n°961 (Ailly-sur-Noye, 18 kms sud-est d’Amiens) à deux sections (SSA) et de la compagnie sanitaire automobile n°967 (Saint-Riquer).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IIe et IXe armées]

 

                        Voie ferrée

Destructions de voies ferrées dans les régions de Châlons, Toul, Molsheim, Cassel, Saint-Quentin, Brienne-le-Château, Vesoul, Hirson ; en Belgique, Termonde, Alost, Tournai, Louvain, Mons : "vingt-deux interruptions, dont le tiers réparées dans la journée".

 

                        Régulatrice de communications n°1 (Amiens)

            - le train sanitaire n°361 (médecin-lieutenant Delaeter) stationne à Calais.

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            - IIe armée : abonnement pour 7 autorails sanitaires (AS) à Verdun et 2 AS à Sainte-Menehould.

            - le train sanitaire n°303 (médecin-lieutenant Salles), de Reims (293 évacués) sur Poitiers (12 mai).

            - le train sanitaire n°463, de Bar-le-Duc (313 évacués) sur Bordeaux et Mont-de-Marsan (12 mai).

 

                        RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°119 (médecin-capitaine Lefevre), de Dijon sur la 13e région militaire de Clermont-Ferrand.

           - le train sanitaire n°520 (médecin-lieutenant Fraysse), de Dijon sur Moulins et Vichy (12 mai).

 

                        RC n°5 (Troyes)

            - le train sanitaire n°120 (médecin-lieutenant Lautrente), de Nancy (259 évacués) sur Limoges et Brive (13 mai).

           - le train sanitaire n°163 (médecin-lieutenant Servy) de Nancy (345 évacués) sur Troyes (12 mai).

           - le train sanitaire n°363 (médecin-capitaine Philippeau) de Lunéville (359 évacués) sur Sens.

         - le train sanitaire n°565 (médecin-lieutenant Barbier), du 11 au 12 mai, de Droitaumont (308 évacués) sur Chaumont ; puis va à Vittel en désinfection.

 

                        RC n°7 (Creil)

      - le train sanitaire n°309 (médecin-lieutenant Conté), de Marcoing-Cambrai (300 évacués) sur Argentan (12 mai).

            - la Ière armée : deux trains sanitaires (601 évacués) de Saint-Quentin sur la zone de l'Intérieur (12 mai).

           - le train sanitaire n°571 (médecin-lieutenant Dassencourt), de Compiègne (316 évacués) sur Lamballe et Saint-Brieuc (12 mai).

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        Sation-magasin d’Avord - bombardement le 11 mai de la station-magasin (30 baraques et 3 wagons incendiés).

MEMORIAL

 

André Ducasse, né le 2 février 1914 à Toulouse (Haute-Garonne), médecin-auxiliaire au groupe sanitaire divisionnaire n°61, mort suite de ses blessures le 11 mai 1940 à l’ambulance chirurgicale légère n°276 à Rimogne (Ardennes).

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Journal de guerre du service de santé - vendredi 10 mai 1940

23 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

Vendredi 10 mai 1940

 

 

Le 10 mai 1940, sept mois après la déclaration de guerre de la France et de l'Angleterre à l'Allemagne, cette dernière lance ses armées sur les Pays-Bas, la Belgique et la France mettant fin à la « Drôle de guerre ».

LE SERVICE DE SANTE DANS LA MANOEUVRE "DYLE"

 

            06h 15 - Les Ière (Blanchard), VIIe (Giraud) et IXe (Corap) armées commencent à exécuter la manoeuvre offensive "Dyle", préférée à l'hypothèse défensive "Escaut", en dirigeant vers la Hollande, à travers la Belgique, leurs formations sanitaires organiques et celles de réserve générale affectées pour la circonstance. Pendant leur marche vers le front, en Belgique, elles ne disposent pas de leurs hôpitaux d'évacuation primaire (HoE1) déployés, hormis l'HoE1 n°3 au Préventorium de Marcoing (médecin-commandant Brion) appartenant à la Ière armée et les HoE1 n°2 de Rethel (médecin-commandant Bonneterre) et n°4 de Liesse (médecin-commandant Surreau) de la IXe armée.

            Les missions de traitement sont assurées pendant ce vaste mouvement en avant par les centres hospitaliers de la zone des armées fonctionnant comme hôpitaux d'évacuation primaire, voire secondaire (HoE2), cas du centre hospitalier du Touquet Paris-Plage (médecin-colonel Debeyre).

 

            Centres hospitaliers fonctionnant comme hôpitaux d'évacuation, au profit des Ière et VIIe armées en mouvement :

                        Ière armée

            Centre hospitalier (CH) de Cambrai :

            - 1 000 lits de médecine à l'hôpital complémentaire (HC) "Notre-Dame-de-Grâce" et à l'HC du "Grand séminaire".

            Centre hospitalier de Saint-Quentin :

            - 2 000 lits dans l’hôpital militaire du lieu et neuf hôpitaux complémentaires, dont deux HC importants : "Lycée H. Martin" et "Cordier".

 

            Centre hospitalier de Péronne :

            - 820 lits dont 300 à l'HC "Lycée de jeunes filles".

           Mais aussi les hôpitaux militaires et mixtes de Maubeuge, Valenciennes, Le Quesnoy et Avesnes, établissements de 30 à 120 lits.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - mise en place du dispositif sanitaire prévu pour le jour J :

            a) - un centre d'aiguillage des évacuations est installé aux "Grisettes" dans un hangar situé à l'intersection des routes Maubeuge, Avesnes, Ferrières-la-Grande ;

            b) - un poste de triage s'implante à l' Ecole pratique armé par l'ambulance chirurgicale légère n°241 (médecin-commandant Desbonnets) ;

            c) - les malades et blessés hospitalisés à l'hôpital militaire sont mis en état d'évacuation et dirigés sur Le Cateau et Saint-Quentin.

 

            Centre hospitalier de Valenciennes - L'ambulance chirurgicale légère n°261 (médecin-capitaine Igelrans) effectue le triage des blessés dans les sous-sols aménagés de l'hôpital général et organise le point d'embarquement voie ferrée (PEVF) de Marly-les-Valenciennes. Le centre hospitalier reçoit en renfort :

            - le groupe chirurgical mobile n°1 (médecin-lieutenant-colonel Sauve-Evausy), qui occupe les salles militaires de l'Hôtel-dieu ;

            - la section d'hygiène lavage désinfection n°151 (pharmacien-lieutenant Bultez), installée à la caserne Ronzier ne se déploie pas, les installations de désinfection et de bains de la ville étant encore utilisables ;

            - la compagnie sanitaire automobile n°551 (capitaine Delahaye) ;

            - la 17e compagnie d'infirmiers de réserve générale.

         

Corps de Cavalerie - Le service de santé du Corps de cavalerie (médecin-colonel Jean Lambert des Cilleuls) établit en Belgique des "postes de recueil" sanitaires échelonnés sur les itinéraires Court-Saint-Etienne, Gembloux, etc.

            Comme le notera plus tard le médecin-général Mahaut dans ses "Commentaires" annexés au journal des marches et opérations de sa direction "le 10 mai fut une journée extrèmement calme. Après les coups de téléphone destinés à mettre tout en place, rien ne vînt troubler la quiétude de la direction."

 

                        VIIe armée

            En attendant le déploiement des formations sanitaires de l'armée, en cours de mouvement en Belgique, l'armée belge propose l'hôpital "Saint-Jean" (400 lits) à Bruges, pour y organiser un poste chirurgical avancé (PCA). De même, à l'Institut orthopédique de Zwijnaarde, la VIIe armée prépare l'implantation d'un nouveau PCA, ainsi qu'à Saint-Nicolas (hôpital civil "Saint-Louis"). Les moyens hospitaliers de Gand sont reconnus dans la journée. A la nuit, le quadrillage médico-chirurgical est mis en place: Bruges, Dixmude, Eekloo, Lichtervelde, Deinze, Saint-Nicolas, Lier, Braaschaat. "Aucun incident n'est signalé ». La note n°6116-1/FT du 10 mai 1940 fixe les règles de réquisition en Belgique et prévoit exclusivement pour le Service de santé militaire français : "les soins aux blessés et malades".

Afin de faciliter la manoeuvre sanitaire des trois armées engagées par l'option "Dyle", plusieurs formations sanitaires de la réserve générale sont accordées sur la ressource gérée par l'aide-major général du service de santé. Ces éléments doivent être acheminés entre J2 et J8 :

 

TABLEAU n°1 - Renforcement des armées engagées durant la manœuvre « Dyle » en formations sanitaires de réserve générale :

Type de formation sanitaire

Ière armée

VIIe armée

IXe armée

 

HoE1

2 (n°13 et 20)

2 (n°14 et 22)

1 (n°19)

 

ACL

2 (n°411 et 422)

1 (n°416)

 

 

GCM

6

1

2

 

ECM

10

 

4

 

SHLD

2

1

 

 

SH

1

 

 

 

CSA

2 (n°974 et 980)

1 (n°975)

 

 

CIRG

1

1

 

 

DE

 

1

 

 

Lot d’abris

 

1

 

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

(Armées non engagées dans la manoeuvre "Dyle")

 

                        IIe armée

            Centre hospitalier d'Ancemont (HoE1 n°5) - 41 lits sont occupés à 0H00. Dans la journée du 10 mai : 155 entrées et 18 évacués.

enlightened[cf. Manoeuvre sanitaire, IXe armée.]

 

                        IIIe armée

            Centre hospitalier de Labry - arrivée des premiers blessés (qui seront de l'ordre de 250 par jour). Le groupe chirurgical mobile n°27 et l'ambulance chirurgicale légère n°280 secondent l'ambulance chirurgicale lourde n°427 (médecin-capitaine Larget).

 

            Centre hospitalier de Morhange - L'ambulance chirurgicale lourde n°413 (médecin-capitaine Banzet) subit un bombardement aérien. La formation sanitaire est inutilisable (deux tués et un blessé). Evacuation immédiate des blessés sur l'hôpital d'évacuation primaire n°6 de Burthecourt (médecin lieutenant-colonel Farinaud).

enlightened [cf. Mémorial].

 

                        IXe armée

            Centre hospitalier d'Ancemont (HoE1 n°5) - [rattaché à la IIe armée] Arrivée des premiers blessés de guerre de la IXe armée à l'hôpital d'évacuation primaire n°5 (médecin-commandant Pinard). Mise en oeuvre du chantier "Triage-évacuations".

 

            Centre hospitalier de Fourmies - L'ambulance chirurgicale lourde n°423 (médecin-commandant Boppe) va se déployer au collège "Saint-Pierre". Bombardement, puis évacuation sur Liesse et Compiègne (12 mai).

 

            La compagnie sanitaire automobile n°972 procède à l'évacuation des blessés de l'hôpital d'évacuation primaire n°2 de Rethel. Une section sanitaire automobile de la CSA n°972 évacue les hôpitaux de Charleville et les blessés des localités frontières de la Belgique. Six véhicules sanitaires sont détachés à l'hôpital de Rimogne (12 kms Sud-Ouest de Rocroi) pour son évacuation sur Aubigny-les-Potées et Liesse (HoE1 n°4).

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Constitué à l’origine au profit d'une intervention en Finlande (janvier 1940) et finalement dirigé sur la Norvège (15 avril). Débarquement à Namsos (Norvège) le 19 avril de la 5e demi-brigade de chasseurs (1ère division légère de Chasseurs). Les 27 et 28 avril, débarquement du deuxième échelon de cette grande unité dans la région de Skaanland en vue d'opérations dans la région de Narvik. Entre le 29 avril et le 2 mai, rembarquement des forces de la région de Namsos, par suite de l'impossibilité de couvrir efficacement la base contre les actions aériennes ennemies. Le 3 mai, embarquement sur le El Djezaïr, à Namsos, des blessés de la 5e demi-brigade, relâche à Scapa-Flow du 4 au 6 mai 1940 et transbordement des blessés sur le navire-hôpital français Sphinx. Arrivée à Gourock le 6 mai. Le 7 mai, débarquement dans la région de Harstad, Bellangen (Narvik) des éléments organiques du corps expéditionnaire français en Scandinavie destinés au renforcement de la 1ère division légère de Chasseurs (13e demi-brigade de légion étrangère et brigade polonaise des Chasseurs du Nord).

                        Eléments du service de santé en Norvège (au 10 mai) :

            - Chefferie : médecin-capitaine Merklen, faisant fonction de médecin-chef du corps expéditionnaire français en Norvège, en l'absence du médecin-commandant Toureng, médecin-chef, retenu en Grande-Bretagne.

            Les moyens sanitaires sont ceux des postes de secours régimentaires, sans aucun autre renforcement. Le matériel sanitaire a été chargé séparément puis "égaré" à l'embarquement à Brest, par défaut d’allotissement des dotations et il ne sera jamais débarqué en Norvège...

                        Eléments du service de santé au Royaume-Uni :

            - A Glasgow, direction du service de santé : médecin-commandant Toureng, dépendant de la direction des bases et services du CEFS ;

            - A Bella-Houston : ambulance chirurgicale légère n°271 (médecin-commandant Migayron) et ambulance médicale n°90 (médecin-capitaine Henri).

            Ces éléments organiques, hormis une équipe chirurgicale de l'ambulance chirurgicale légère n°271, ne rejoindront jamais la Norvège.

ZONE DE L'INTERIEUR

 

                        Directions régionales du service de santé

            "Aussitôt connue la nouvelle du déclenchement de l'attaque allemande, le sous-secrétaire d'état [au service de santé militaire] adressa à tous les directeurs régionaux une dépêche, par laquelle il les invitait, notamment:

- à libérer, au maximum, les formations hospitalières territoriales par des sorties effectuées suivant tous les modes justifiés;

- à faire vérifier par les chirurgiens consultants des secteurs toutes les installations chirurgicales, leurs ressources en personnel, la constitution de leurs équipes, l'instrumentation, la stérilisation;

- à ouvrir et à mettre en état de fonctionnement tous les hôpitaux en sommeil et réintégrer, jusqu'à nouvel ordre, les hôpitaux thermaux dans l'hospitalisation générale;

- à rappeler, d'urgence, les officiers mis en congé sans solde par application des circulaires 1805, 3491, 3492 et non encore rayés des cadres."

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

                        HoE2 n°2 (Bar-le-Duc)

            L'hôpital d'évacuation secondaire n°2 (médecin-colonel Badie) est implanté dans les casernes "Oudinot" et "Exelmans". Il comprend 2 200 lits pouvant être portés à 2 600. Le centre hospitalier dispose également de quatre hôpitaux complémentaires dont le lycée "Henri Poincaré" (250 lits) et l'hôpital complémentaire "Ecole Saint-Louis". Dans son rapport en date du 30 avril 1940, le contrôleur-général Valette, en mission d’inspection, constate que l'HoE2 n°2 "est trop avancé" et propose comme nouveau site d'implantation : Epernay.

 

                        HoE2 n°4 (Epernay)

            L'hôpital d'évacuation secondaire n°4 (médecin-colonel Pauron) est une formation de réserve générale, non déployée, dont les personnels "officiers" sont détachés à :

            - l'hôpital mixte de Châlons-sur-Marne ;

            - l'hôpital complémentaire "Cognaq-Jay" à Reims ;

            - l'hôpital complémentaire "Libergier" à Reims;

            - l'hôpital complémentaire "collège de garçons" à Epernay;

            - l'hôpital complémentaire "lycée de jeunes filles" à Reims;

            - l'hôpital complémentaire "asile départemental de vieillards" à Châlons.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie Ferrée

                        Destruction de voies ferrées dans les régions de Laon, Metz, Conflans-Jarny, Toul, Nancy. "Vingt-cinq interruptions dans nos voies, dont moitié réparées le soir même".

                        Mise en alerte générale, par l'aide-major général et le 4e bureau de l'état-major général, des trains sanitaires (TS) stationnés dans la zone de l'Intérieur.

 

                        Régulatrice de communications n°1 (Amiens)

            La RC n°1 (médecin colonel Brizon) est installée dans les locaux d'une vieille usine désaffectée ; elle dispose, au 10 mai 1940, de dix-huit trains sanitaires dont deux sont prêtés à l'armée britannique et de dix autorails sanitaires (2 à Boulogne, 4 à Amiens, 4 à Fives).

 

                        Régulatrice de communications n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de RC n°2 (Médecin-capitaine Coste) - Bombardement de la ville de Laon (nombreux blessés dont un médecin-auxiliaire). Les blessés sont transportés dans les caves. "L'hôpital n'a plus qu'à fermer ses portes. Les blessés sont continuellement en voyage entre les lits et les souterrains".

            - le train sanitaire n°360 (médecin-lieutenant De Prat), de Rethel (360 évacués) à Nogent-l’Arthaud (sanatorium de Villers-sur-Marne), le 10 mai.

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            La chefferie est à Saint-Dizier et les services à Vitry-le-François.

            - le train sanitaire n°160 (médecin-lieutenant Fuselier), de Verdun (300 évacués) sur Rochefort (12 mai).

            - le train sanitaire n°463 (médecin-lieutenant Goulesque), de Verdun (149 évacués) et Vouziers (210 évacués) sur Epernay (10 mai).

            - le train sanitaire n°466 (médecin-lieutenant Cornu) de Vouziers (262 évacués) et Sainte-Ménéhould (88 évacués) sur Châteauroux (11 mai).

 

                        RC n°5 (Troyes, médecin-colonel Hassenforder)

            IVe armée - dispose de neuf autorails sanitaires (5 à Sarrebourg et 4 à Château-Salins) et de dix-neuf trains sanitaires mis en place par la RC n°5 de Troyes.

            - le train sanitaire n° 108 (médecin lieutenant Perdu), de Droitaumont (300 évacués) sur Vittel.

            - le train sanitaire n°164 (médecin-lieutenant Coladant), du 10 au 11 mai, de Metz, Pont-à-Mousson sur Vittel (384 évacués), désinfection, reste sur place.

            - le train sanitaire n° 325, de Longwy (225 évacués) sur Nogent-l’Artaud (11 mai).

            - le train sanitaire n°420 (médecin-lieutenant Susbielle), du 9 au 11 mai, de Vittel sur Cahors, désinfection à Cahors et retour en garage à Brienne.

            - le train sanitaire n°464 (médecin-lieutenant Demoly), de Vittel (360 évacués) sur Limoges (11 mai).

 

                        RC n°7 (Creil)

            Six trains sanitaires de renfort sont demandés par l'aide-major général au 4e bureau de l'état-major général pour Creil.

 

                        RC n°8 (Saincaize, médecin-colonel Paris)

            La chefferie de la RC n°8 est au château de Sampanges par Gimouille. L'hôpital complémentaire de régulatrice n°8 est à Nevers (Ecole professionnelle). La réserve de personnels sanitaires est cantonnée à Saint-Pierre-le-Moutier ; les réserves avancées de matériels et de médicaments sont installées dans les usines "Souriou" de Vierzon.

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            L'aide-major général demande à la 7e Direction (ministère de la Guerre, Service de santé) de hâter l'envoi des "lots de traitement pour brûlures", en cours de constitution à la Pharmacie centrale des armées de Malakoff.

MEMORIAL

 

Paul Cavalin, né le 20 janvier 1917 à Gourin (Morbihan), élève à l’Ecole du Service de santé militaire de Lyon, médecin-auxiliaire au 61e régiment d’artillerie détaché au parc d’artillerie de forteresse n°4, mort au combat le 10 mai 1940 à Morhange (Moselle).

 

Jean Kunossy, né le 12 mai 1905 à Budapest (Hongrie), médecin-auxiliaire attaché à la 9e batterie de repérage, mort lors de l’explosion d’un avion allemand revenant d’une mission de bombardement à Borre non loin de la commune d’Hazebrouck (Nord) le 10 mai 1940.

Journal de guerre du service de santé - vendredi 10 mai 1940
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JOURNAL DE GUERRE DU SERVICE DE SANTE 1940

22 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

Bonjour

Après un an de calme plat sur le front de mon blog, je vous propose depuis hier la diffusion de l'une de mes études déjà ancienne (1992) restée inédite à ce jour, intitulée :

Journal de campagne du service de santé (10 mai-25 juin 1940), multigr., 2 vol., 750 p.

Cette publication s'inscrit d'une manière plus générale dans l'évolution du blog. Il ne vous a pas échappé que le titre de ce journal nous éloigne du thème originel du blog : "Hôpitauxmilitairesguerre1418" alimenté depuis 2012 par plusieurs dizaines d'articles. A la veille du 80e anniversaire de la campagne de France en 1940, j'ai choisi de mettre à la disposition du plus grand nombre, mes notes organisées sur l'histoire du service de santé militaire durant ces journées tragiques.

Dans le cas où cette publication trouverait un écho favorable, je ferai évoluer mon blog pour répondre à cet intérêt qui ne fait que s'amplifier.

Pour plus de souplesse dans sa mise en page j'édite ce travail de plusieurs années sans son appareil de notes (environ 2500). Il va de soi que j'adresserai le détail de mes sources aux abonnés qui m'en feront la demande.

Bonne découverte. François OLIER

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AMIS LECTEURS

10 Décembre 2018 , Rédigé par OLIER LE BRIS Publié dans #Centenaire

ARMISTICE

Le 11 novembre 2018, les cérémonies associées aux « itinérances mémorielles » marquaient le centenaire de l’Armistice et clôturaient en quelque sorte les commémorations du 1er conflit mondial. Ce blog sur les Hôpitaux militaires vient de fêter son sixième anniversaire et c’est pour moi l’occasion de lever le pied et de me consacrer à un nouveau défi : celui de l’écriture d’une série romanesque sur le XVIIIe siècle. Bien éloigné de 14-18 !

J’ai toutefois décidé de poursuivre l’animation du blog des Hôpitaux militaires et de ne pas le supprimer ; mais je ne répondrai plus aux questions qui me seront adressées directement via la rubrique « contact ». Je continuerai à gérer les « commentaires » et j’y répondrai, en ligne, dans la mesure où ils peuvent intéresser le plus grand nombre. Par expérience – à partir des 4600 courriels reçus à ce jour depuis 2005 – je sais que la plupart des réponses aux questions posées existent en ligne.

Je continuerai de correspondre avec les "abonnés" anciens et nouveaux.

TOUS MES VOEUX POUR LA NOUVELLE ANNEE 2019

ABONNES : Je continuerai aussi d’accueillir les recensions d’ouvrages et autres comptes-rendus qui me seront adressés par les abonnés avec lesquels je poursuivrai notre correspondance. A bientôt.

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ALEXANDRIE (EGYPTE) DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

8 Décembre 2018 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

ALEXANDRIE DANS LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Jean-Yves Empereur (dir.), Alexandrie dans la Première Guerre mondiale, Alexandrie Moderne, 01, CEAlex, Centre d'Etudes Alexandrines, Alexandrie, 2018, 434 p.

ISBN : 978-2-490128-03-7, 40 €

Cet ouvrage est le fruit d’une coopération du Centre d’études alexandrines d’Egypte, lequel, dans le cadre de la commémoration du Centenaire de la Grande Guerre, organisa en 2014-2015 une exposition qui rencontra un vif succès. L’édition d’un ouvrage-souvenir faisant son chemin, le CEAlex nous propose aujourd’hui une monographie très complète, en français, sur la Grande Guerre à Alexandrie.

Je me fais le relai de cette sortie qui intéressera particulièrement les passionnés de l’Histoire du service de santé militaire et des sciences médicales, au travers des articles richement illustrés d’un fort chapitre de plus de 80 pages sur « Alexandrie, havre pour les malades et les blessés »

 

[…] Extrait du sommaire :

Les navires-hôpitaux en Méditerranée orientale, François-Marie Lahaye - p. 280-286.

Alexandrie ville-hôpital, Cécile Shaalan - p. 286-327.

Alexandrie ou les coulisses médicales du Front d’Orient (1915-1916), Anne Marie Moulin - p. 328-347.

Amour et patriotisme. Le destin tragique d’une jeune aide-soignante, Jean-Philippe Girard - p. 348-356.

Infirmières et marraines de guerre, Dominique Gogny - p.356-363.

Résumé et sommaire complet, modalités de vente dans :

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CAHIERS DE L'IROISE - n°230 - LES RUSSES EN BRETAGNE

1 Décembre 2018 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

 

RUSSES ET BOLCHEVIKS EN BRETAGNE (XIXe -XXIe siècles)

La Société d'étude de Brest et du Léon, éditrice des Cahiers de l'Iroise, propose au public le 12 décembre 2018 un fort numéro de 217 pages entièrement consacré aux "Russes et aux Bolcheviks en Bretagne".

Ce numéro exceptionnel consacre une série de huit articles inédits à des sujets intéressant le Premier conflit mondial, de 1914 à 1919 et à l'arrivée des Russes à Brest en 1916.

Vous trouverez ci-après un extrait du sommaire (en PDF) faisant connaître les auteurs français et russes qui ont collaboré à ce n° 230, dont votre serviteur.

 

CONTACTS & INFOS - societe.etudes29@gmail.com
Numéro en vente : 25 € à la Librairie Dialogues - 32 € (port compris) sur www.cahiersdeliroise.org

 

CAHIERS DE L'IROISE - n°230 - LES RUSSES EN BRETAGNE

Communiqué de presse - auteurs et sujets développés.

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ERIC MANSUY - LA GRIPPE ESPAGNOLE A BELFORT, EN 1918

27 Novembre 2018 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

"La lutte contre un « péril national » : l’armée face à la grippe de 1918 dans le Territoire de Belfort ", par Eric MANSUY,
à découvrir dans La Vôgue, n° 46-2018.

AHPSV - Association pour l'histoire et le patrimoine sous-vosgiens,

20 rue de la Savoureuse, 90200 GIROMANY

[…] Dans ce cataclysme planétaire d’une ampleur telle que le nombre des morts qu’il a semés sur son parcours reste un sujet de conjectures un siècle plus tard, le Territoire de Belfort n’a pas échappé au sort commun. Il est à ce titre d’autant plus intéressant d’y étudier les manifestations du mal que le département concentre des caractéristiques permettant d’obtenir une vision nette de sa propagation chez les militaires et – quoique dans une moindre mesure – chez les civils, sur la ligne de front et à l’arrière de celui-ci, dans les hôpitaux militaires et civils, dans les cantonnements et dans les communes […]

Belfort et le Territoire avant la grippe

Eric Mansuy étudie tout d’abord la place des maladies infectieuses dans la garnison de Belfort et cela, dès 1877 : goitre, fièvre typhoïde, etc. A la mobilisation de 1914 et dans les semaines qui suivent le but est de ne pas revoir les catastrophes sanitaires du précédent conflit de 1870-1871. Ainsi le service de santé de la place de Belfort multiplie les campagnes de vaccinations anti-typhoïdiques : 50 000 dès novembre 1914 ! La catastrophe n’aura pas lieu… Toutefois la bataille de la lutte anti-infectieuse n’est jamais totalement gagnée. Eric Mansuy précise les poussées épidémiques et les luttes ultérieures, jusqu’en 1918, jusqu’au cataclysme de la grippe espagnole.

Comment cerner la grippe…

Eric Mansuy détermine ensuite le cadre de son étude : Belfort en 1918. Quelles en ont été les unités de lieu, de temps, et d’action.

- Le lieu. Le « front de Belfort », dans la terminologie militaire 14-18 : le « Secteur de Haute-Alsace » ;

- Le temps. Il se focalise sur l’épidémie de grippe de 1918 caractérisée par deux phases distinctes : la première d’avril à août, la seconde, plus virulente, de septembre à décembre.

- L’action. « Baruch Spinoza a écrit que « l’humilité est un sentiment de tristesse qui provient de ce que l’homme contemple son impuissance et sa faiblesse ». Il y a bien là, en tous points, de quoi qualifier la quête de la réalité de l’épidémie de grippe de la fin de la Première Guerre mondiale, dans une confrontation à des archives lacunaires, des traces écrites insatisfaisantes, et aussi et surtout, la consultation de fiches de décès à la rédaction ambiguë ».

Tout est dit !

Eric Mansuy nous détaille, à la façon d’un entomologiste, les deux phases de l’épidémie pour Belfort, à travers l’étude attentive des journaux des marches et opérations des régiments et bataillons et des JMO des directions du service de santé des grandes unités ; lesquels sont disponibles sur internet. Un véritable travail d’enquête, unité par unité. C’est le cœur de son étude à découvrir.

Dans ses « Conclusions » Eric Mansuy, confirme dans son étude, celles déjà mises en avant par d’autres auteurs :

- Incompréhension du commandement et du service de santé militaire face à ces poussées épidémiques en 1918 ;

- recherche difficile des causes : fatigues des troupes, « travaux pénibles », du « très mauvais temps », et de « terrains détrempés », tous facteurs qui ont favorisé la persistance et la propagation d’une grippe saisonnière.

- Irruption de formes exceptionnelles et contagieuses de « broncho-pneumonie » ou de « pleurésie », auxquelles sont affectées les causes classiques de l’insalubrité des locaux, des cantonnements, la promiscuité, les contacts avec la population, les flux de permissionnaires, les mouvements d’unités militaires. A ces causes, je rajouterai personnellement le rappel de la classe 1920 et de son contingent d’engagés volontaires qui avaient déjà dû faire face aux privations de quatre ans de guerre, etc.

Eric Mansuy fait la constatation bienvenue que ce n’est pas une cause unique qui est à la base de l’épidémie de grippe espagnole mais une « conjonction d’éléments, tout à la fois climatiques et pathologiques ».

Il cite l’historien Freddy Vinet, lequel dans son remarquable et tout récent ouvrage « La Grande grippe. 1918. La pire épidémie du siècle. Histoire de la grippe espagnole » (Vendémiaire, 2018)  jette un éclairage nouveau et précise des pistes de recherches intéressant les soldats victimes des gaz ! Mais pas seulement, comme je le précisais plus haut ; ainsi la population touchée concernait des populations jeunes, « dans la force de l’âge ».

Enfin, une dernière particularité strictement militaire et – a priori locale ? - mise en relief par Eric Mansuy concerne l’appartenance à un corps de troupe particulier :

- Les malgaches, les « coloniaux » en général, les artilleurs et les affectés spéciaux essaimés en usines et aux travaux agricoles.

 

Comme de coutume dans les publications d’Eric Mansuy, son étude est accompagnée d’une solide bibliographie.

Je laisse à l’auteur le soin de conclure… temporairement un sujet d’actualité où de nombreuses et solides monographies restent à écrire (gazés, jeunes classes, civils, etc.). Ces travaux pourraient faire l’objet de TER universitaires, à partir de dépouillements sur pièces médicales au SAMHA de Limoges pour les militaires et dans les séries « Hdépôt » des archives départementales de l'Hexagone pour les civils.

« […] Telle est donc l’incomplète et nébuleuse histoire de la propagation et des effets de l’épidémie de grippe dans le Territoire de Belfort et à ses abords en 1918 : une histoire immergée dans les mémoires et dans les sources, dont n’émergent que de trop rares caractéristiques, et qui n’a pas encore livré toute sa vérité et toutes ses particularités, loin s’en faut […] »

 

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RAPATRIEMENT DES PRISONNIERS DE GUERRE (DECEMBRE 1918-FEVRIER 1919) - 3e PARTIE

11 Novembre 2018 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #les hommes

 

 

 

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Personnel sanitaire de la Mission - Répartition du personnel médical - Médicaments - Commissions de contrôle des P.G. des frontières - Commissions maritimes (pp. 3-12).

 

 

 

JOURNAL DU SERVICE DE SANTE  - 3e PARTIE

Mission militaire française à Berlin, rapport du médecin-major de 1ère classe REHM (suite)

Malades hospitalisés dans les lazaretts des camps et dans les hôpitaux - Trains sanitaires - Autos sanitaires - Navires-hôpitaux.

 

" [p. 12, suite] 7° - Malades hospitalisés dans les lazaretts des camps et dans les hôpitaux.

Il est de toute justice de reconnaître avant toute chose, que dans la majorité des cas, nos hospitalisés ont reçus des médecins allemands tous les soins désirables.

Certaines formations sanitaires sont assez bien aménagées, quelques-unes laissent vraiment à désirer, mais l'ensemble n'est pas mal [p. 13]. La nourriture est partout insuffisante, mais des dons de petits vivres venus de France ont généralement suffi à assurer l'alimentation des hospitalisés. Les chiffres des malades français communiqués par le service de santé du Kriegsministerium sont des chiffres absolument fantaisistes. Au 20 octobre, ils donnaient les totaux suivants : pour les français 9000 malades, 2400 blessés, 200 tuberculeux. Il est possible qu'il y ait eu parmi ces malades beaucoup de grippés qui aient guéri depuis.

Bien des malades au début sont montés dans des trains de valides pour rentrer plus vite de sorte que la statistique est impossible à établir.

On peut estimer que le chiffre approximatif d'hospitalisés français vers le 20 décembre était de 6000 au plus.

Il a été dans beaucoup de camps, possible aux médecins français de soigner les malades dans les lazaretts. Par contre, le contrôle dans les hôpitaux a été impossible. C'est pour cette raison que j'ai profité du passage à Berlin, fin décembre, de 3 médecins de la Croix-Rouge de Genève pour les prier de faire une enquête sur les hôpitaux de Magdebourg qui m'avaient été signalés comme particulièrement défectueux. Leur enquête a établi que l'un de ces hôpitaux était bien, et que les conditions de fonctionnement de l'autre étaient acceptables. A Berlin, j'ai visité l'hôpital auxiliaire (Alexandrinenstrasse) qui laissait une impression franchement médiocre.

Les malades alliés en ont été évacués fin décembre par un train sanitaire anglais. Le Tempelhof Baracken Lazareth que j'ai visité également et qui contenait 340 malades alliés était bien. Les malades ont quitté cette formation le 23 janvier par train sanitaire.

 

8° - Trains sanitaires [p. 14]

Jusqu'au 25 décembre, j'ai conservé l'espoir devant les promesses toujours renouvelées des allemands, d'obtenir d'eux l'application au moins partielle des conditions auxquelles ils s'étaient engagés dans l'annexe de l'armistice du 28 novembre concernant l'évacuation des malades et blessés alliés.

A ce moment j'ai jugé qu'il valait mieux, quelque soient la grandeur de l'effort à accomplir et les difficultés extrêmes que nous allions rencontrer, rapatrier nous-mêmes les hospitalisés alliés.

La grande difficulté a consisté à obtenir le chauffage des trains sanitaires. Le raccordement de la tuyauterie de  la locomotive allemande avec celle des wagons français a été presque toujours impossible et il a fallu employer des moyens de fortune qui ont donné un chauffage insuffisant. La température a été heureusement assez clémente pendant la période où les trains ont fonctionné.

Des 80 trains sanitaires que les Allemands se vantaient de pouvoir mettre à notre disposition, 5 ou 6 seulement étaient capables de rendre quelques services. Ils ont [été] utilisés comme le montre la carte. Presque tous les autres trains étaient inutilisables, le personnel sanitaire les ayant abandonnés, en emportant le matériel.

Le temps pressait, les évacuations de P.G. valides battaient leur plein : tous les trains disponibles roulaient vers l'Ouest le flot humain joyeux qui retournait dans la Patrie. L'hiver clément jusque-là, menaçait de causer des perturbations dans les transports par voies ferrées ; le mouvement révolutionnaire grandissant chaque jour risquait [p. 15] d'aggraver la situation. Les malades inquiets, lançaient les premiers appels au secours. Il n'y avait plus à hésiter, ni à compter sur d'autres. Le 24 décembre des trains et des autos sanitaires sont demandés à Spa comme indispensables.

Le 27 décembre des précisions sont données sur les points où il conviendra d'envoyer 6 trains sanitaires français. Le 1er janvier, 3 autres trains sont demandés.

Le 4 janvier, 18 trains sanitaires français concentrés à Mayence, sont prêts à partir pour l'Allemagne.

S'il était possible à ceux qui en France ou dans un autre pays allié ont souffert de l'attente et trouvé long, dans leur impatience bien excusable, le retour des chers êtres vaincus par la blessure ou par la maladie, de mesurer l'effort formidable accompli par ces trains sanitaires français qui ont roulé dans des conditions inimaginables jusqu'au fond de l'Allemagne, entre le 6 et le 18 janvier, en plein hiver, en pleine révolution, presque sans contrôle des autorités allemandes étonnées souvent de leur venue, aiguillés par erreur où ils ne devaient pas aller, dirigés sur des centres ou les malades avaient été enlevés la veille de leur arrivée, par le caprice d'une autorité locale allemande, s'ils avaient pu voir passer un train pareil, filant parfois durant 15 jours dans les plaines grises et désolées, pour chercher et ramener leur enfant à leurs soins et à leur tendresse, s'ils avaient pu sentir l'émotion d'un tel spectacle, il n'en est pas un qui trouverait que tout le possible n'a pas été fait.

Quelques malades sont morts dans ces trains.

Des médecins des C.A. ou des camps, la veille du passage du train sanitaire, m'ont fait par le téléphone, part de leur hésitation à charger le lendemain des malades qui presque mourants voulaient partir. De loin on juge mal de ces choses. Je leur ai répondu d'abord qu'il fallait [p. 16] raisonner les malades et les laisser sur place puisqu'ils étaient intransportables. Quelques autres médecins ont satisfait au désir exprimé par les malades.

Le 21 janvier visitant moi-même les 340 malades alliés qui attendaient pour le lendemain au Tempelhof Lazareth à Berlin la venue du train sanitaire français 24bis PLM, j'y ai trouvé 3 malades tuberculeux couchés, dont la température était élevée. L'un était français, un autre italien, le troisième arabe. J'ai fait tout pour les convaincre qu'il fallait rester, leur promettant même que je viendrais souvent les voir. Des larmes coulaient sur leurs joues amaigries et de toute leur voix ils me criaient qu'ils voulaient mourir dans le train français, en France… Le lendemain, au moment de l'appel du départ, ils étaient au pied de leur lit dans l'espoir que je ne les reconnaitrais pas. Je les ai laissés partir pour ne pas les tuer de chagrin.

On a songé tout d'abord à enlever les malades par nationalité mais le procédé n'était pas pratique à cause de la lenteur des concentrations qu'il aurait fallu effectuer et de l'impression fâcheuse produite par le départ de leurs camarades sur les malades restants. C'est cette raison qui explique que quelques petits groupes de Serbes et de Roumains aient été emmenés par les trains sanitaires.

Et puis les évènements se sont précipités, faisant craindre avec des troubles plus sérieux, la grève générale des chemins de fer.

On avait songé aussi à laisser sur place tous les grippés qui n'étaient pas convalescents. Il a fallu modifier cette conception et enlever les grippés transportables. J'ai demandé, en prévision de leur arrivée dans les HoE qu'il soit installé des salles d'isolement pour les recevoir.

 

20 trains sanitaires français partis de Mayence et de Bâle sont venus en Allemagne. Le dernier train de ramassage quitte aujourd'hui Mayence pour enlever les 125 derniers malades transportables [p. 17] réunis par les autos sanitaires françaises et anglaises à Chemnitz, Dresde, Wittemberg, Magdebourg, Erfurt et Cassel. Les 19 trains sanitaires ont enlevé 5000 malades et blessés alliés dont 3465 français, 1095 italiens, 230 anglais, 55 belges, 100 serbes, 50 roumains, 5 portugais et 2 grecs. Avec le 20e train, plus de 5100 malades seront partis.

Les 8 trains sanitaires anglais ont enlevé environ 1750 malades dont 675 français environ.

Les 4 trains sanitaires allemands allant à grande distance ont enlevé environ 1100 malades alliés dont 500 français environ.

Les trains sanitaires belges, hollandais, suisses et américains à petit rayon, ont enlevé environ 2500 malades alliés dont 800 français environ.

Les 3 trains sanitaires italiens ont enlevé 750 italiens environ et 60 malades français.

 

On pourra remarquer que les 25 trains sanitaires alliés et neutres ont enlevé environ 5000 malades, mais si l'on regarde la carte on verra par comparaison avec le rayon de pénétration des 20 trains sanitaires français qui ont enlevé plus de 5000 malades combien l'effort fourni par la France est considérable. Les 25 trains sanitaires alliés et neutres ont fait en Allemagne environ 12 000 kil. Les 10 trains sanitaires allemands à grande et à courte distance ont fait 6 500 kil. Les 20 trains sanitaires français ont fait plus de 16 000 kil.

Ceux qui sont allés jusque dans l'Est de l'Allemagne sont restés 2 semaines en route. Pour le train de Posen, ville occupée par les autorités polonaises, il a fallu faire des démarches auprès de ces autorités pour obtenir le passage du train. Le Service de santé du Kriegsministerium m'a affirmé, lorsque je lui ai parlé de mon intention d'envoyer un train à Posen que la chose serait impossible [p. 18] Il trouvait déjà bien extraordinaire que je puisse télégraphier et recevoir des télégrammes des 2 médecins français que j'avais envoyé à Posen, malgré l'occupation de cette ville par les Polonais et malgré l'existence d'un front de bataille à l'ouest de cette localité.

Il a été possible d'obtenir des renseignements sur 30 blessés français signalés à Kalisch (*), évacués ensuite sur Prague d'où ils ont gagné la France dans un train tchécoslovaque amenant à la Conférence de la Paix les représentants de la République tchécoslovaque.

 

9° - Autos sanitaires

Pour assurer le ramassage de tous les malades isolés devenus transportables et leur concentration dans des hôpitaux placés sur le passage des trains sanitaires, il a fallu songer à utiliser des automobiles sanitaires. Les Allemands étant incapables de nous en fournir, j'ai demandé à Spa le 24 décembre que 30 automobiles sanitaires françaises soient mises à ma disposition pour être répartis dans divers corps d'armée en Allemagne. Après entente avec le colonel médecin Pollock de la mission britannique pour le rapatriement des P.G. Il fut décidé que les Anglais assureraient le service par autos sanitaires dans les 2/3 des corps d'armée avec 50 voitures. Je me réservai 1/3 des corps d'armée pour le service par autos sanitaires. Depuis, les Anglais ont envoyé 5 voitures par CA soit 90 au total. L'effort était vraiment bien grand pour l'œuvre à accomplir, mais ils ont fouillé très scrupuleusement tous les C.A. après les avoir divisés en secteurs. Nos autos françaises réunies le 7 janvier à Rastadt ont été employées de la façon suivante :

- 1 a fait la région de Stuttgard ;

- 1 la région de Wurzbourg ;

- 5 sont allées par route à Nuremberg pour drainer les malades de la Bavière. Elles y opèrent encore en ce moment [p. 19] et j'ai prescrit au médecin-major de 2e classe Montane d'en garder deux avec lui pour visiter tous les intransportables de Bavière et de Wurtemberg.

- 2 ont été employées à faire la navette sur Giessen.

- 5 sont arrivées sur wagons à Berlin, le 19 janvier.

L'une d'elle a été envoyée à Stettin pour visiter le 2ème CA, une deuxième a été envoyée à Magdebourg pour drainer le 4ème CA. La troisième et la quatrième ont été envoyées sur wagons à Hambourg. Elles y recherchent en ce moment les intransportables signalés dans le Schlesvig et la partie est du 9ème CA. La cinquième, visite le 3ème CA. Elle est allée à Spandau, Brandenbourg, Döberits et va aller à Perleberg.

- 3 ont été envoyées à Hanovre où elles ont visité tout le Xe CA. Deux d'entre elles, avec le docteur Saint Mathieu sont parties hier pour voir quelques malades dans la région de Munster.

- 2 ont été dirigées sur Cassel

- 1 sur Erfurt

- 3 à Leipzig d'où elles sont utilisées pour Dresde et la Saxe.

Les régions de Posen, Danzig, Allenstein, Königsberg et Breslau étant parcourues en ce moment par 23 autos sanitaires anglaises, j'ai jugé inutile d'y envoyer des autos françaises.

J'estime que toutes les autos sanitaires françaises pourront être ramenées en France vers le 5 février. Elles auront rendu les plus grands services. Chaque voiture avait une réserve d'essence pour 1400 kilomètres [p. 20].

 

10° - Navires hôpitaux

Les malades qui se trouvaient hospitalisés dans les 1er, 20ème, 17ème, 2ème et 9ème CA ont été pour la plus grande part, emmenés par navires hôpitaux anglais ou par bateaux suédois, danois et allemands aménagés.

Des trains sanitaires allemands, complets ou réduits à quelques wagons ont assuré le transport des malades des centres hospitaliers des CA aux hôpitaux des ports. Cette organisation a été concertée entre les Généraux Kommandos et les médecins français qui leur avaient été attachés. L'exécution en a été parfaite.

- 60 malades alliés sont partis de Hambourg

- 87 de Warmemünde

- 473 de Stettin

- 725 de Dantzig

- 75 de Königsberg

1420 au total. Sur ce chiffre, on peut compter 500 français environ.

Les navires hôpitaux anglais allaient directement en Angleterre. Les petits bateaux aménagés emportaient les malades à Copenhague où il reste actuellement 350 malades alliés qui attendent pour leur rapatriement, la venue du navire hôpital anglais "Formose" annoncé comme parti de Southampton le 27 janvier [1919].

 

A SUIVRE - Les malades et blessés français intransportables laissés en Allemagne, avec leur identité et leur localisation - Conclusion.

 

 

 

NOTES :

(*) Auj. Kalisz (Pologne)

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