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EN LORRAINE ANNEXEE… A L’AMBULANCE DE KERPRICH (20-28 AOUT 1914).

23 Février 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

EN LORRAINE ANNEXEE… A L’AMBULANCE DE KERPRICH  (20-28 AOUT 1914).

En marge de la bataille de Morhange : les ambulances du 15e corps d’armée (2e armée) dans la bataille.

Sur les combats de la IIe armée (15e, 16e et 20e CA) en Lorraine annexée (19-20 août 1914) : Perte de l’ambulance n° 4/16 - Morhange (1) - Morhange (2) et la perte de l’ambulance n° 4/20 - Dieuze.

Le 19 août 1914 – La journée a été dure pour le 15e CA. A la 29e division, les chasseurs des 6e BCA et 23e BCP de Nice enlèvent Vergaville mais restent soumis aux feux de l’artillerie allemande aux débouchés du village. Dans une « véritable fuite en avant », en dépit des barrages d’artillerie qui redoublent, les Français entrent dans Bidersdorff évacuée par les Allemands.

Service de santé – Le DSS du 15e CA (MI Dziewonski) effectue des reconnaissances auprès des structures hospitalières de Dieuze susceptibles d’accueillir des blessés : hôpital civil (90 lits) ; lazaret (200 lits) et caserne des Chevau-légers (400 lits). Une section du GBC n°15 est mise à la disposition de la 29e DI. Les ambulances sont ainsi réparties : ambulance n°1/15, est immobilisée au lazaret de Dieuze (600 à 700 blessés) ; 2/15, est à Coincourt ; 3/15 est installée à la Real Schule de Dieuze ; 4/15 est installée à l’école de filles de Dieuze puis est mise à la disposition de la 29e DI ; 5/15 est désignée pour se rendre à Kerprich. Les ambulances 6/15, 7/15 et 8/15 sont attachées aux trains de combat du CA (TCCA) non déployés.

Le 20 août 1914La 29e DI se porte au-delà de Bidersdorf en direction de la voie ferrée de Bensdorf. Elle est aussitôt assaillie par des forces bavaroises qui passent partout à l’offensive. Le recul de la 29e division est général ; évacuation de Bidersdorf et repli sur Vergaville et Dieuze. La 29e DI ne parvient pas à contenir les Bavarois et évacue Dieuze. Aggravation générale. Reflux des troupes sur la ligne Dieuze-Kerprich. La 2e armée prescrit en fin de journée le repli général des 15e, 16e et 20e CA.

Service de santé – Situation des ambulances du 15e CA : ambulance n°1/15 est au lazaret de Dieuze puis évacue l’hôpital en laissant un médecin pour les intransportables ; 2/15 est à Coincourt et peut se replier avec l’ensemble de ses personnels et matériels, en évacuant 1200 blessés dont 74 considérés comme inévacuables ; se replie en direction de Rosières-les-Salines (22/08/14) ; 3/15, transfère, dès le 19/08 ses blessés à l’ambulance n° 1/15 puis est « en marche » avec la 30e DI ; 4/15, comme la 3/15, en marche « rétrograde » avec la 29e DI ; 5/15 à Kerprich encerclée ; 6/15 est au train de combat du CA ; 7/15 quitte le train de combat du CA est affectée pour peu de temps en remplacement de la 1/15 immobilisée à Dieuze. Toutes les deux se replieront sur Dombasle ; 8/15 est au TCCA.

Pertes sanitaires de la 2e armée (18 au 21/08/14) : 37 médecins, 18 médecins auxiliaires, 8 officiers d’administration, 440 infirmiers et brancardiers, 3 ambulances [n° 4/20 (Bellange), n° 4/16 (Vergaville), n° 5/15 (Kerprich)] 1 GBD [n° 29], 6 voitures médicales régimentaires – SHD-T, 26N 28/14, f°5v, 24/08/14.
Rapport du médecin-major de 2e classe Bergé, médecin-chef de l’ambulance n° 5/15 .

[p. 1] « L'ambulance n°5[/15] venant de La Bourdonnay [Bortenach], est arri­vée à Dieuze, le 19 août 1914 à 11 heures. Dans l'après-midi, je me prépare à l'installer dans la brasserie Casino qui est à la sortie-est de cette ville, le groupe de bran­cardiers [divisionnaires, 29e DI] commandé par M. le médecin-major Langlois s'apprêtant lui aussi à fonctionner.

A 8 heures du soir, m'apercevant que des tran­chées sont faites à 50 mètres du local que j'ai choisi, je me replie pour aller, le cas échéant, m'installer au Casino des chevaux légers, situé à l'opposé, à la sortie ouest.

En route, un planton cycliste me prévient que M. le médecin-inspecteur Bréchard [Albert-Eugène, 1858-1938, directeur du service de santé du 15e CA], m'appelle au quartier général installé à la mairie. Au quartier général, je trou­ve un sergent de la 15e section [d’infirmiers militaires] qui me remet l'ordre ci- joint : la 30e division etc.

Malgré son caractère imprécis et Indirect, je décide, étant disponible, de me rendre à Kerprich, petit village situé à 2 Kilomètres au nord-est de Dieuze. Je me mets à 9h.50 environ à la disposition à Kerprich de M. le général Coll [François Léon Victor Colle, 1853-1942], commandant la 30e division qui me fait part en particulier [page 2] des pertes (plus de 50 %) éprouvées par certaines unités et de la probabilité néanmoins de nouveaux engagements pour le lendemain.

Le 20 [août] à 4 heures du matin, je procède à l'instal­lation de l'ambulance dans la maison d'école située au bas du village, en bordure, face aux bois où sont retran­chés les Allemands.

L'action s'engage vivement à 6 heures. A 8 heures, premiers blessés vers les 10 heures, fléchissement des lignes françaises : les postes de secours du 155e [ ?], du 173e ne peuvent s'installer ou fonctionner. - A ce moment, af­fluence considérable de blessés si bien qu'il n'est plus possible de faire fonctionner les groupes médicaux confor­mément au règlement : il faut aller au plus pressé, faire surtout des pansements et des interventions de 1ère urgence. Un grand nombre de blessés, amenés ou apportés par leurs camarades, ne sont pas pansés.

À ce moment, l'ambulance est un vaste poste de secours. A midi, plus de 400 blessés, sont déjà dans la formation.

A 2 heures, arrivée des troupes allemandes : Le village est cerné depuis midi et devant l'ambulance se trouvent une centaine d'hommes non blessés qui n'ayant pu s'évader, sont venus sans armes se mettre sous sa sauvegarde. Le capitaine de Beaulieu, du 60e Bavarois est le premier officier allemand qui pénètre dans l'ambulance. Il nous assure que nous pourrons continuer, sans être molestés, à remplir notre mission et déclare que les troupes allemandes ayant aperçu le grand fanion de neutralité que j'avais eu la précaution de faire confectionner et d'arborer sur le toit se sont abstenues de tirer dans sa direction : des [page 3] balles sont arrivées cependant jusque dans les murs de la maison d'école au moment de la retraite du 173e.

Par contre, le capitaine de Beaulieu, dont le cheval a été tué, dispose du mien avec son harnachement, malgré mes protestations et, pour donner une apparence de régularité à ce rapt, il me signe une espèce de bon de réquisition (oferderhaltung ?). Dans la soirée, fouille de l’ambulance par un autre officier, browning au poing: toutes les armes, y compris celles des officiers de l'ambulance sont prises. De plus, les soldats de l'escorte me débarrassent de mes lorgnettes, de mon porte-cartes. Si l'autorité allemande ne nous a pas autre­ment molestés, elle ne nous a pas donné en tous cas, un concours très efficace en particulier au point le vue alimentaire et c'est, réduits à nos propres ressources et avec l'aide d'une population française, courageuse, que nous avons pu arriver à nourrir les 730 blessés recueillis et soignés, soit dans la maison d'école et ses dépendances, installés sous la tente Tortoise ou à même dans la cour, soit dans les bâtiments voisins (couvent, ancien presbytère, église, salle de danse,[…]).

De plus, par suite de l'absence de groupe de brancardiers dans la zone avancée où nous avons opéré, ce n'est qu'avec les plus grandes difficultés (un infirmier présumé tué par une patrouille en recherchant les blessés) que nous avons pu, réduits à nos seuls moyens, recueillir à plusieurs kilomètres et transporter dans l'ambulance un aussi grand nombre de blessés.

Entre temps, le 25 ou le 24 [août], compte-rendu de ma situation à l'autorité allemande et demande le retour aux lignes françaises après évacuation des blessés.

[page 4] Le commandant d'étapes de Dieuze me répond que, dès que mes opérations seront terminées, je serais avec tout mon personnel et mon matériel renvoyé en France, mais par la Suisse, en raison du séjour prolongé fait dans les lignes allemandes: j'ai dû, après en avoir pris connaissance, renvoyer à Dieuze, le document que tous les officiers de l'ambulance ont lu.

Nous restons jusqu'au 28 [août] au matin dans la maison d'école de Kerprich, nous occupant de nos blessés dont les derniers sont évacués le 27 [août] au matin, circulant, pour les besoins du service, avec une facilité relative dans l'intérieur du village, - Je m'aperçois entre temps que plusieurs chevaux de trait ont été pris pendant la nuit par des soldats du train et je surprends moi-même un officier allemand de cette arme au moment où il allait disposer d'une nouvelle monture. Devant mes protestations il se décide à la laisser. Mais le détachement de gendarmerie qui est chargé de nous conduire le 28 [août] à la gare de Dieuze est obligé de réquisitionner des chevaux pour tirer les voitures ; ne pouvant atteler que trois voitures; j'y avais fait char­ger ce qui restait du matériel, les autres voitures et fourgons vides ont été aussi emmenés avec nous.

Nous arrivons à Dieuze vers les 11 heures ; on nous fait faire un tour complet de la ville pour nous exhiber longuement aux yeux des troupes et de la popula­tion et c'est, copieusement abreuvés d'insultes et d'ou­trages de toutes sortes que nous arrivons à la gare où nous sommes séparés des voitures qui prennent une direc­tion inconnue. Je réclame au commissaire de la gare qui est chargé de notre embarquement, du moins nos bagages personnels [page 5] et la caisse d'administration et de compta­bilité qui contient les documents officiels et les pièces justificatives de l'ambulance et le dépôt sacré des successions des décédés (18) enterrés au voisinage de l'ambulance et dont les noms du moins pourront être retrouvés sur les croix mortuaires. L’officier répond que "c'est prise de guerre" et, pour mieux accentuer le caractère volontairement ignominieux de ce pillage systématique, nous sommes immédiatement et sous la menace des armes, l'objet d'une fouille et dans l'obligation de laisser couteaux, rasoirs et même nos instruments professionnels, trousses d'infirmiers et de médecins, ma trousse médicale a subi le même sort, et notre arrivée en captivité et, plus tard encore, au fort Prinz Karl, j'ai fait par écrit les réclama­tions nécessaires qui n'ont abouti à aucun résultat pas plus que celles, nombreuses, que j'ai faites, ainsi que les autres médecins captifs, pour obtenir notre libération.

Les réponses des autorités allemandes témoi­gnaient de la plus insigne mauvaise foi, promettant des re­cherches dont les résultats étaient toujours négatifs. Enfin à court d'arguments, elles ont interdit à un moment donné toutes nouvelles réclamations.

Embarqués le 28 [août] au matin à Dieuze, dans des wagons de voyageurs, nous sommes arrivés le 31 [août] au soir à Ingolstadt traités pendant tout le trajet comme de vulgai­res prisonniers qu'on a le droit de laisser mourir de faim; nous n'avons reçu officiellement des aliments que deux fois. Il a fallu de nombreuses démarches et protestations pour pouvoir nous procurer en cours de route, par voie d'achat, les aliments nécessaires.

Les officiers de l'ambulance n°5 ont été internés au fort IX et nous avons été séparés de nos infirmiers.

[page 6] Le fort IX est un fort d'officiers où les conditions matérielles et morales étaient et sont depuis toujours restées mauvaises et où, à la fin du mois d'août, se trou­vaient déjà une quarantaine de médecins retenus prisonniers dans l'inaction la plus complète (…) ».

Rapport [in extenso] de M. l'officier d'administration de 2e classe de réserve Mosse Charles, officier gestionnaire de l'am­bulance n° [5] du XVe corps d'armée, tombée au pouvoir de l'ennemi le 20 août 1914 à Kerprich-les-Dieuze (Lorraine annexée) à Monsieur le médecin inspecteur Heuyer, directeur du service de santé du 15e corps d'armée à Marseille - 8 août 1915

[Page 1] – « Notre ambulance partie de Bourdonnaye (Lorraine annexée) le 19 août à 7 heures du matin, est arrivée à Dieuze vers 11 heures où nous avons cantonné dans le casino en attendant les ordres du médecin divisionnaire. Notre médecin chef donna ordre de départ sur Kerprich-les-Dieuze vers 8 heures du soir. Arrivée à Kerprich vers 10 heures du soir où nous cantonnons. Vers 4 heures du matin le lendemain soit le 20 août, nous organisons notre ambulance à la maison d'école. Deux heures après, vive fu­sillade et canonnade et dès huit heures, nous recevons de nombreux blessés, que j'estime à plus de 400, jusqu'à midi. Vers deux heures de l'après-midi, le village de Kerprich-les-Dieuze est complètement cerné par les Allemands qui pénètrent dans toute la région. Les Allemands occupent Kerprich et notre ambulance passait avec tout son personnel et son matériel au pouvoir de l'ennemi.

L'autorité allemande après nous avoir assuré qu'il ne nous serait fait aucun mal nous a fait dépouiller de toutes nos armes, partie de nos chevaux, et nous avons continué [Page 2] à soigner nos blessés ainsi que des blessés

Allemands jusqu'au 28 août au matin, dernier jour de l'évacuation des blessés par les Allemands. Nous avons donné des soins à 700 blessés environ. Nous avons eu à l'ambulan­ce 31 décès, les corps ont été enterrés derrière la maison d’école. L’autorité allemande nous avait donné l’assurance que nous serions rendus à notre pays conformément à la Convention de Genève. En ce qui me concerne j'avais établi tous les états concernant les décès, actes de l'état civil, registre des actes de l'état civil, cahier des entrées, comptabilité etc. J'avais soigneusement recueilli tous les objets et toutes les sommes trouvées sur les morts et j’en avais fait des paquets individuels que j'avais placés dans la cantine de comptabilité ainsi que tous les objets confiés par les blessés.

Le 28 août au matin la gendarmerie allemande nous donne ordre de nous préparer à partir immédiatement. Nous comptions suivant la promesse faite par les allemands, qui nous avaient même donné un écrit la confirmant, être renvoyés en France par la Suisse, avec tout notre matériel. En violation flagrante de la Conven­tion de Genève, les allemands nous promenèrent avec toutes nos voitures, dans la ville de Dieuze dont nous fîmes le tour plusieurs fois entre les baïonnettes allemandes et au milieu des Allemands qui nous injuriaient de la façon la plus grossière. Avant d'arriver à la gare de Dieuze [page 3] le commandant de la gare fit diriger nos six voitures dans une direction inconnue et malgré mes protestations il me fut impossible d'obtenir le moindre reçu de la prise de

tout notre matériel chevaux, voitures, contenant le matériel, nos cantines et la caisse de comptabilité contenant tous mes papiers de comptabilité, l’argent et les objets appar­tenant aux morts. Malgré les injures que nous subissions de la part des soldats allemands, j'insistai auprès du Com­mandant allemand pour que ces objets sacrés me soient ren­dus. Il resta inflexible en me disant avec une brusquerie inouïe : « C'est proie de guerre, il n'y a plus de convention" Nous avons également cherché à obtenir nos cantines, nous avons obtenu le plus formel refus. J'avais sur moi dans une serviette le cahier des entrées et plusieurs papiers de comptabilité, je fus dépouillé de tout mais je réussis à dissimuler l'argent de l'ambulance (neuf cents francs en­viron).

Nous quittâmes Dieuze le 28 à 5 heures du soir d'où nous avons été dirigés sur Ingolstadt (Bavière) où nous arrivâmes le 31 à 6 Heures du soir et internés au fort n° 9 à Obersturn où je devais rester onze mois. Pendant notre long voyage de Dieuze à Ingolstadt, il ne nous fut donné qu'une seule soupe et un café mais on nous permit de prendre un petit repas à nos frais dans une gare dont j'ai perdu le nom.

Ayant été dépouillé de tous mes papiers de comptabilité il m'est impossible de justifier le montant de mes dépen­ses pour le détachement et les blessés, je puis pourtant les indiquer aussi exactement que possible de mémoire et suivant [Page 4] – l’argent qu’il me restait le jour où nous avons été dirigés sur la Bavière.

J’avais reçu les sommes suivantes le 5 août à Orange pour le détachement (380 Frs) pour les blessés (1000) [Le 19 août à] Dieuze de l'officier gestionnaire du groupe des brancardiers (pour le détachement)500 [Frs] –Total : 1880 [Frs]. Nos dépenses ont été les suivantes :

Dépenses diverses pour le détachement du 5 août au 31 août, nourriture et fournitu­res diverses...580 [Frs]

Dépenses diverses pour nourriture de 700 blessés environ soignés à Kerprich-les-Dieuze du 20 août au 29 août [400 Frs] [Total] 980 - En caisse : 900 [Frs].

que j'aie réussi à conserver en Allemagne malgré de nombreuses fouilles, en confectionnant des cigarettes au centre desquelles j'avais placé un billet de banque et j'avais rempli de tabac les extrémités. A Ingolstadt j'ai protesté à différentes repri­ses, contre la main mise sur notre matériel qui se compo­sait de six voitures, une voiture du personnel, une voiture d'administration, une de chirurgie, trois fourgons, 18 chevaux [page 5]. Le montant des sommes trouvées sur les morts était d'environ 2500 Francs. Une enquête a été faite par l'autorité allemande, enquête qui a eu bien entendu un résultat négatif. Les allemands ont prétendu en effet que nos voitures ne contenaient que des vieux brancards (ci-joint dossier de l'enquête allemande)(A).

Quant aux 31 décédés que nous avons eu à l'ambu­lance je ne puis me rappeler leurs noms. Je ne me souviens que du nom de quatre officiers que nous avons enterrés : le commandant Lebert du 173e régiment d'infanterie dont on nous a apporté le corps à l'ambulance. Ce comman­dant a été trouvé mort dans les bois par les habitants complètement dépouillé. Il n'avait sur lui que sa croix de la Légion d'honneur - 2* Le capitaine Rourissol du 58° mort des suites de ses blessures. Ces deux officiers ont été placés chacun dans un cercueil et pourront être très probablement retrouvés 3* Le lieutenant Lacoste du 58* et le sous-lieutenant Meyssel je crois, mais je ne puis garantir exactement l'exactitude du nom. Ces deux officiers n'ont pas été mis en bière... Un point important à signaler : Nous avons eu le soin d'indiquer au ripolin sur deux tableaux noirs, les noms de tous les morts que nous avons enterrés. On retrouvera très probablement ces deux tableaux que nous avons plantés devant les tombes de nos braves soldats. Les habitants de Kerprich m'ont apporté un grand nombre de médailles d'identité dont j'avais éta­bli une liste. Tout est malheureusement resté aux mains de nos ennemis. FIN

Marseille 8 Août 1915 - L'officier gestionnaire de la 5e ambulance - Signé : MOSSE.

  1. – Le rapport de l’enquête allemande, mentionné, ne figure pas dans le dossier du Val-de-Grâce.
A SUIVRE

Gaston Riou (1883-1958)… prisonnier des Allemands à l’ambulance n° 5/15 à Kerprich (20-28 août 1914). Extraits de Gaston Riou. Journal d’un simple soldat, Guerre-Captivité, 1914-1915. Paris : Hachette, 1916, 251 p.

Notes : Le médecin major de 2e classe Antoine Louis Gabriel Norbert Bergé (1878-1941), de l’armée active. Elève de l’école du service de santé militaire de Lyon (1899). Médecin-chef de l’amb. n° 5/15, faite prisonnière à Kerprich (20/08/14) – Ingolstadt – rentré de captivité (19/07/15) – médecin-chef de la place d’Orange (13/08/15) – réserve de personnel sanitaire de la 7e armée à Gray (4/09/15). Evacué des armées pour cardiopathie ; à Saint-Nicolas-du-Port et à l’hôpital auxiliaire n° 222 de Lyon (28/01/17) – en congé de convalescence (27/02/17), etc. voir la suite de sa biographie dans la base Léonore LH/186/58..

Sources : Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, cart. 633, dos. nc 43 (Bergé) ; cart. 638, dos. Nc 32 (Mosse) – SHD-T, Vincennes, Mémoire des Hommes, journaux des marches et opérations.

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