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LAON SOUS LA BOTTE ALLEMANDE, 1914

1 Septembre 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

LAON SOUS LA BOTTE ALLEMANDE, 1914

Le docteur Mestrude mobilisé à 68 ans témoigne…

Rapport de captivité de Monsieur le médecin-major de 1ère classe [Antoine Marie Ferdinand] Mestrude (1846-1921) de l'A[rmée].T[erritoriale]. Médecin-chef des salles militaires de l'Hospice mixte (hôtel Dieu) et de la Place de Laon.

« De la Mobilisation à la Captivité…

Le 3 Août (2e jour) je prenais possession de mon poste [de médecin-chef des salles militaires de l’hôtel Dieu de Laon]. Mon prédécesseur M. [le médecin major de 1ère classe] Eugène Meyer [1867-1933] était parti de la veille - J'eus donc à me préoccuper de trouver immédiatement, dans les archives, tout ce qui concernait la mobilisation (perte de temps). Même jour : arrivée de 22 Infirmiers ou plutôt de réservistes et territoriaux des services auxiliaires de toutes provenances dont, à part 3 ou 4 exceptions, je n'ai jamais rien pu tirer. Se présentaient également deux médecins civils :

MM Predhomme [de Laon] et Peyron [de Montcornet] ; un étudiant en fin d'études, M. Fortier.

Le pharmacien aide major de 2e classe de l'A[rmée].T[erritoriale]. M. Cahen.

Pour le logement, la nourriture des hommes je rencontrai, dès le 1er jour, la plus parfaite mauvaise volonté chez Monsieur l'économe directeur, elle ne cessa que le jour de notre départ pour l'Allemagne. [page 2] Je ne lui trouve comme excuse que l’ignorance dans laquelle il était de l‘arrivée d'un pareil contingent. Je ne reviendrai plus sur ces auxiliaires qui m'ont donné beaucoup de tracas en raison de leur indiscipline, de leur grossièreté, etc. ; on aurait juré qu'ils avaient été choisis. J'en ai retrouvé quelques-uns en Allemagne qui se sont singulièrement assoupli et me l'ont avoué. Bref ce fut une erreur.

Quelques jours après, sur l'offre du Général commandant la Place, je choisis au 45ème d'Infanterie, 5 réservistes ayant fait des stages dans les salles militaires à Laon. Je n'eus qu'à m'en louer et c'est grâce à eux que le Service a pu fonctionner normalement. Je considère comme un devoir de le dire.

Un infirmier de la 2ème section [d’infirmiers militaires] prévu et annoncé, n’a jamais paru. Je puis dire que tout le mois d'août se passa en grands mouvements de malades, en commissions spéciales de réforme qui auraient pu siéger en permanence ; c'était prévu.

J'arrive au premier contact avec les Allemands. Les premiers blessés allemands arrivent le 18 [août] - 1 capitaine de Dragons et 2 soldats de la Garde. J'eus beaucoup de peine à arracher le premier à la curiosité malveillante de mon personnel civil. Je le conduisis le jour même, à l'infirmerie du lycée (Hôpital temporaire n° 3). Les 2 soldats furent placés dans un cabinet éloigné, dans le quartier des Civils. Je n'ai pas pu les évacuer avant [page 3] l’arrivée des Allemands, à mon grand regret. La Prévôté s'est occupée du capitaine.

Le 27 août un télégramme de la direction me prescrit, en cas de repliement, de rester et de donner des ordres en conséquence. Aux autres formations de la Place - Arrivée de [M. le médecin] aide-major Moulineau.

Le 31 août les autorités militaires ont quitté la Place. L’arrivée et l'évacuation des blessés battent leur plein. Je résumerai aussi le mouvement d'évacuation.

J'ai reçu 16 officiers blessés, fin août ; pas un n'est tombé entre les mains des Allemands mais il était temps, et si j'eusse eu quelques automobiles de plus, beaucoup de ces blessés ne seraient pas en Allemagne actuellement.

2 Septembre. - Arrivée des Allemands. C'est le 2 septembre que les Allemands occupèrent la ville haute. Depuis la veille, au matin les communications postales et télégraphiques étaient interrompues. Dans la journée beaucoup de soldats et d'officiers allemands viennent se faire panser. Pas de médecins. - On devine un certain désordre.

Témoignage du docteur Peyron (extraits) : [page 1] « (...) Je faisais partie du personnel des salles militaires de l'hospice mixte de Laon. La ville de Laon fut occupée par l'ennemi le 2 septembre. (Quelques jours avant l'arrivée des Allemands on apporta à l'hôpital les civils blessés,  quelques-uns grièvement. Il y avait parmi eux un garçon de 15 ans. Ils racontaient que les Allemands les avaient forcés de faire des tranchées, puis les avaient fusillés à distance. Trois ou quatre avaient été tués sur place. Nous avions en ce moment dans nos salles quelques centaines de blessés français, des blessés anglais et quelques allemands. Les premiers jours furent calmes. Pas d'incidents. Des officiers allemands vinrent visiter leurs blessés, s'assurèrent qu'ils étaient bien traités - et ce fut tout. Puis on nous confia de [page 2] nouveaux blessés, allemands pour la plupart. (A plusieurs reprises, pendant ces premiers jours d’occupation, les Allemands nous témoignaient toute leur satisfaction des soins que nous donnions à leurs propres blessés.)

Peu à peu les Allemands organisèrent leurs services. Ils nous retirèrent alors leurs soldats et nous laissèrent en traitement les Français et les Anglais. Nous fûmes bientôt relégués, avec nos blessés, dans les salles les plus étroites ; les salles les plus vastes et les mieux aérées, les salles d'opération les mieux installées étant réservées aux services allemands. Ils s'emparèrent ainsi de la partie la plus belle de l'hospice civil, dont ils évincèrent les occupants. (...)

Je me contente de signaler qu'à plusieurs reprises des médecins allemands pénétrèrent dans nos salles, sous prétexte de visites d'inspection, accompagnés d'un peloton de soldats en armes baïonnette au canon. (Au reste tous les infirmiers allemands étaient armés et il leur arrivait même de faire le coup de feu de l'intérieur de l'hôpital sur les aéroplanes français et anglais qui survolaient la ville.)(...) » [extraits du rapport du médecin aide-major R. Peyron].

Le 5 [septembre]. - Visite du service des Etapes qui s'enquiert de mes ressources et passe partout. Des groupes d'officiers viennent demander à prendre un bain ; il est satisfait à leur demande autant que possible. Ils ne font que passer.

6 septembre. - 85 blessés allemands entrent à [page 4] l’hôpital à 4 Heures du soir. Aucun médecin ne les accompagne, j’en suis très surpris.

7 septembre. - Quelques médecins isolés se présentent le matin - Dans la journée : visite d'un personnage accompagné du professeur Ppfeifer de Breslau que je verrai plusieurs fois et chaque fois courtois.

- Visite de médecin-chef des ambulances.

- Visite d'un groupe de médecins, escortés et serrés de très près par de nombreux infirmiers, l’arme au bras. Tous paraissent très pressés. Le Médecin-chef de l’artillerie de la Garde qui voit mon étonnement de pareilles mesures me dit qu’il en est ainsi depuis, qu’en Belgique, la population a tiré sur les blessés, les médecins et les brancardiers. Ces MM. passent rapidement, et m’annoncent qu’ils partent pour Fismes. Je dirai, une fois pour toutes, que dans toutes ces visites qui devinrent fastidieuses et nombreuses, je me fis prévenir immédiatement et tins essentiellement à accompagner les visiteurs dès leur arrivée jusqu’à leur sortie. Chacune de ces visites se termine par force éloges sur la façon dont nous traitons les Allemands qui sont d'ailleurs interrogés chaque fois dans ce sens.

8 et 9 septembre. - Unités d’autorités médicales. Désignation de blessés allemands évacuables.

10 septembre. - L’après-midi, tous les blessés allemands qui peuvent marcher ou se traîner, quittent l’hôpital sans ordre, isolément ; ils se dirigent paraît-il sur la gare où ils croient que se forme un train d'évacuation. [page 5] Plusieurs reviennent mais, le soir il en manque 19. - Cette fuite correspond évidemment aux combats de la Marne que nous avons toujours ignorés.

11 [septembre]. - Evacuation continuelle par autobus de tous les Allemands même gravement atteints. On nous fait prévoir l'arrivée de centaines de blessés. Aussi les médecins désignent dans le quartier des Civils tous les locaux qu’il leur faut et font évacuer, au besoin, les salles qu'ils ont choisies.

12 septembre. - Un médecin-chef (M. Landesberger) est désigné pour prendre le service des Allemands. Parle bien le français et se montre et se montrera toujours un camarade serviable au possible. Arrivée dans l’après-midi de 19 officiers allemands blessés venant de Reims, à 5 Heures, 20 autres arrivent en auto : même provenance, je ne puis les recevoir tous, j’en dirige une partie sur l'hôpital temporaire [n°3]. Ces officiers étaient soignés à Reims dans différents établissements ou cliniques comme ils me l'ont dit ; ils ont donc été enlevés précipitamment. La cause nous échappe toujours.

13 Septembre. - Il y a dû avoir une alerte car les deux dames de la Croix-Rouge employées aux officiers allemands fuient précipitamment sac au dos. Elles reviennent 1 heure après, très grand mouvement en ville.

16 septembre. - Grande évacuation par autos sur Chimay [page 6] (les chemins de fer étant détruits) Le Prince de Reuss (qui n'est pas officier) en fait partie.

18 septembre. - Les Allemands me demandent d'évacuer 24 malades ou blessés français sur la caserne d'artillerie.

19 [septembre]. - Je reçois un capitaine français blessé à Corbeny.

21 [septembre]. - De nombreux blessés allemands (12 officiers) arrivent par autos. A Une Heure de l'après-midi à la suite d'un incident survenu dans une formation sanitaire en ville, des fonctionnaires sont placés à l'entrée et dans l'intérieur de l'hôtel Dieu - Je dois dresser un état nominatif de tous les Français en traitement - Je ne puis plus sortir qu'avec un laisser passer pour aller au lycée où je prends depuis longtemps mes repas avec mes camarades. Défense d'aller en ville. Je considère ma captivité comme datant de ce jour. J'en eus bientôt la preuve.

22 septembre. - M. le Directeur amène dans mon bureau le médecin-chef allemand et lui déclare qu'il sera très bien là pour surveiller les allées et venues. C'est l'expulsion sans protestation possible. J'ai à peine le temps d'emporter les documents les plus importants : (mobilisation, etc.). Je n'insiste pas sur ce procédé.

24 septembre. - Malgré les évacuations, toutes les formations sont pleines. Nous recevons les blessés français qui étaient en dépôt dans une caserne et sans pansements depuis 5 jours. Il est évident que les Allemands ne savent plus où loger leurs blessés. Ils évacuent des amputés récents, [page 7] les leurs comme les nôtres, il leur faut de la place à tout prix. Ils emploient les chemins de fer, mais avec transbordement, les ponts n’étant pas rétablis. J’apprends que le tétanos est très fréquent chez eux (EcoIe normale) Chez nous, deux cas le même jour.

25 septembre. - Nous recevons quelques blessés de Craonne et environs, blessés du 20. Il ne reste dans nos salles, grâce aux évacuations, que 73 Français et 11 Anglais.

1er octobre. - Les Allemands évacuent sans discontinuer des blessés arrivés la veille ou l'avant-veille et souvent gravement atteints.

2 octobre. - Nous avons failli avoir la visite de l’Empereur. Mais, il paraît que le spectacle qu’il a eu à l’Ecole Normale lui a suffi (témoignage d'une dame de la Croix-Rouge.)

4 octobre. - Les Allemands n’ont plus à l'hôtel Dieu que 76 blessés ou malades, et nous 85. Je prépare, par ordre, une évacuation de 25 Français. Les journées suivantes sont dénuées d'intérêt jusqu’au 17.

17 octobre. - Départ de nombreux infirmiers de la Croix-Rouge. Ils n’en emploient pas d'autres. Ces infirmiers annoncent qu’ils vont à Amiens, Dunkerque et peut-être même Calais. C’est la croyance du [page 8] médecin en second qui part lui-même (Dr Kastan) dans quelques jours. Visite du Prince Max de Saxe. Il passe lentement dans nos salles et, en un langage dépourvu d'accent, réconforte nos soldats. Arrivé aux officiers il prononce cette phrase : " Je sais que la France ne voulait pas la Guerre". J'en fus quelque peu stupéfié. II prend les lettres ouvertes des blessés pour leurs familles. Jusque-là aucune correspondance n'avait pu sortir de l'hôpital. Pour clore ce petit incident j’ajouterai que quelques jours après, je reçus la visite d’une Excellence à qui je fis part de l’aimable visite du Prince. -- Ah oui ! répondit le haut dignitaire : Max de Saxe, beaucoup plus connu en France qu'en Allemagne.

19 octobre. - 25 malades sont désignés pour être évacués d'urgence,- mais ne partent pas. Le Docteur Kastan m'annonce que Laon a évacué pendant le mois 18.000 blessés. Bien que n'allant pas en ville je sais que la garnison de Laon est partie et remplacée complètement par de la landstrum. J’en sais assez, pour m'en rendre compte. Le départ pour Calais n’était pas un mythe. Le 19 octobre le personnel allemand est changé ; nous perdons avec regret le docteur Landesberger, qui va à Neufchâtel. II est remplacé par le docteur Manasse professeur à Strasbourg, [page 9] spécialiste des maladies nerveuses et mentales. Il a pour adjoint un unterartz M. Spiro. Je n'eus aucun rapport de service avec ces MM [messieurs]. Nos relations aux rencontres furent toujours courtoises et plutôt rares. Comme je demandais à un pharmacien militaire du lycée, (M. Wahl), pourquoi il ne venait pas à l'hôtel Dieu voir son chef il me répondit :

-. M. Manassé, à Strasbourg, cultive les sympathies françaises pour mieux les dénoncer. (textuel)

Tout le personnel est donc renouvelé radicalement. Le mois d'octobre s'écoule dans la plus grande monotonie.

Le 29 [octobre] je réclame un bureau chauffé et éclairé à la commission administrative et le 30 je prends possession d'un cabinet de consultation abandonné dont tout le matériel a été enlevé. C'est là que j'attendrai les évènements.

Novembre 8. - Je demande au médecin-chef de la Place l'autorisation de visiter les blessés français de la Providence (Croix-Rouge Française). Elle m'est accordée. Je fais ma première sortie, en uniforme bien entendu. En sortant de cet établissement, je suis accosté par un jeune homme qui me dit dans le plus pur français :

- "Je suis agent de la police secrète allemande ! Je désire savoir si vous avez le droit de vous promener en ville".

En même temps il donne un coup de sifflet et un soldat s’approche. Je montre mon laisser-passer, et je conduis le bonhomme à la Kommandantur à deux pas. Bafouillage d'un officier subalterne et rentrée à l'hôtel-Dieu. [page 10]

M. [Georges] Ermant [1852-1935] sénateur-maire de Laon informé de cet incident écrivit à l’autorité militaire une lettre fort digne à laquelle, il ne fut probablement pas répondu (méthode allemande).

9 Novembre. - Des automobiles arrivent à l'improviste et un médecin de la Direction désigne 28 malades ou blessés français qui vont être emmenés au camp de Sissonne - ils partent à 11 H. du matin.

11 Novembre. - L'hôpital temporaire n°3 (Lycée) est évacué : il m'envoie ses 5 derniers blessés ou malades.

12 [novembre]. - Un personnage, chef des chevaliers de St- Jean, délégué de la Croix-Rouge, me prie de faire appliquer les règles de la Convention de Genève relatives au port du brassard par le personnel civil. Je le lui promets et prends des mesures en conséquence. Il me parle de mon arrestation en ville et me dit : Pourquoi ne sortez-vous pas en pékin ?

Je lui réponds qu'un officier ne pouvait se livrer à ce genre de plaisanterie en temps de guerre devant ses subordonnés. Ce fut tout. A peine ce grand personnage est-il parti que le sous-officier de la Comma[n]da[n]tur me communique l’ordre suivant :

"Par ordre du général en chef, il est défendu au personnel civil et militaire de la Croix-Rouge du Lycée et de l'hôtel Dieu de sortir de leurs établissements". La veille j'avais adressé une demande d'autorisation de circuler librement en ville. - Il m'est donc interdit d’aller au Lycée prendre mes repas avec mes camarades.

C’est la prison tout simplement. Toutefois le Dr Peyron continue à aller à la citadelle donner ses soins aux [page 11] civils français. M. Predhomme obtient une heure de sortie le soir pour sa clientèle. C’est donc à la culotte rouge qu'on en veut. Le fait est que les habitants de Laon en étaient plutôt privés et la voyaient avec une joie à peine dissimulée. Inutile de dire, que privé de ma seule distraction : déjeuner et dîner au Lycée tout près d’ailleurs, à dater de ce jour j’eus le coeur bien serré surtout après le départ de tout le personnel de l’hôpital n° 3 qui eut lieu le 18 - puis Hudelbeerg - J’eus beaucoup de peine à pénétrer jusqu'à mes camarades pour leur serrer la main. Ils croyaient eux aussi traverser la Suisse pour rentrer en France

21 Novembre. - La Commandantur me fait établir un état des médecins-pharmaciens-Infirmiers employés à l'hôtel Dieu et le chiffre exact des malades qui y sont traités. On peut prévoir l'évacuation prochaine. Un officier de la Commandantur et de la Direction de Santé visitent nos salles en ma présence.

En route pour la Captivité.

Décembre 4. - 10 Heures du matin : Messieurs : Tenez-vous prêts à partir pour 1 heure sauf M. le pharmacien Cahen : le personnel infirmier y compris, bien entendu. Je passe rapidement dans les salles, fais mes adieux [page 12] à nos blessés, leur recommande la bonne tenue, la correction et la résignation. A 1 Heure 10 minutes un autobus pour les infirmiers et un omnibus à vitres peintes pour les médecins nous attendent ; nous sommes obligés de nous tenir debout dans ce véhicule dont on n'avait même pas enlevé les deux brancards. On nous presse vigoureusement. Je ne parlerai pas des adieux de notre personnel et des religieuses si dignes et si dévouées. Les moteurs ronflent depuis longtemps et nous partons à grande allure. Il saute aux yeux que les Allemands voudraient que notre départ passât inaperçu de la population ; il n'en fut rien et les braves habitants de Laon, malgré l'extrême vitesse des voitures trouvèrent le moyen de jeter à nos hommes et même à nous, des vivres, du vin, etc. Une bonne vieille jeta à nos soldats une pièce de 1 franc enveloppée soigneusement ! Je n'insiste pas.

En très peu de temps nous sommes amenés au quai d'embarquement de l'Artillerie, à Chambry (2 kilomètres de Laon) en pleine campagne(…). »

Le médecin major de 1ère classe Mestrude sera rapatrié en août 1915 après avoir séjourné aux camps de Giessen et de Friedberg.

A SUIVRE : LES INTERNES CIVILS FRANÇAIS DE LA CITADELLE DE LAON, EN 1914. Témoignage inédit du docteur R. Peyron, de Montcornet, médecin militaire, sur les conditions inhumaines de leur détention par les Allemands.

Sources :

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 638, dos. 19, Mestrude ; carton n° 639, dos. 13, Peyron.

Arch. Nat., base Léonore : dossier n° LH/1847/26, d’Antoine Marie Ferdinand Mestrude (1846-1921)

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