Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
hopitauxmilitairesguerre1418.overblog.com

bretagne 1914-1918

LES ARCHIVES MEDICALES DE LA MARINE DU PORT DE BREST (1914-1918)

21 Avril 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation, #Bretagne 1914-1918, #varia

Le dépôt d’archives médicales et hospitalières relevant du ministère de la Défense le plus connu, le SAMHA de Limoges (A) n’est pas le seul organisme détenteur de ce type de documents. La Marine Nationale possède ses propres dépôts dans les ports de Brest, Toulon, Cherbourg, Lorient, Rochefort dans lesquels sont conservés dans la série F (service de santé) certaines archives médicales et hospitalières.

Ces documents médicaux sont communicables dans un délai de 120 ans (-18 ans) à compter de la date la plus récente reportée sur le registre. Des dérogations pour la communication sont possibles (Loi n° 2008-696 du 15 juillet 2008).

Les archives du service de santé de la Marine à Brest (cote F)

A Brest, les archives conservées sous la cote F (service de santé) constituent un fonds important pour la période de 1855 à 1972. Ces archives sont diverses : administratives (1F), médico-hospitalières (3F), matriculaires du personnel sanitaire (4F) :

Sous-série 1F – Direction du service de santé de la 2e région maritime (1914-1969), hôpital maritime de Brest (1930-1969) et hôpital Bel Air de Landerneau (1944-1952)

Sous-série 3F – Service de santé de la 2e région maritime, hôpital maritime (1886-1972)

Sous-série 4F – Service de santé de la 2e région maritime. Personnel (1855-1962)

La sous-série 3F (1200 articles en 148 cartons) nous intéresse aujourd’hui, car cette sous-série conserve les pièces médico-chirurgicales brestoises de la guerre 14-18, se limitant, presque exclusivement, à des registres et cahiers d’enregistrements (statistique médicale, passage au conseil de santé, enregistrement journalier des entrées, enregistrement mensuel des entrées, décès, autopsies, examens, analyses de laboratoire, incurabilité, causes de décès, etc.).

On notera dans ce fonds l’absence de dossiers individuels et de pièces isolées, hormis pour les feuilles d’observations, par exemple.

Les formations hospitalières à Brest, en 1914-1918

Elles relèvent tant des départements de la Guerre que de la Marine et sont placées durant la Grande Guerre sous la direction du directeur du service de santé du 2e arrondissement maritime (circ. N° 8758-2/7 du 1er octobre 1914). IMPORTANT : Les archives médicales des hôpitaux temporaires relevant du département de la Guerre sont conservées au SAMHA de Limoges ; ces hôpitaux appelés temporaires puis complémentaires possèdent une numérotation particulière à la place forte de Brest et sont classés de 1 à 13. La ville de Brest dispose également de deux hôpitaux auxiliaires, numérotés 5 (SSBM) et 104 (UFF), classés parmi les formations sanitaires de la 11e région militaire de Nantes, dont relève le département du Finistère. Il n’existe à Brest aucun hôpital bénévole et très peu de filiales ou annexes à ces hôpitaux temporaires.

Nota : Il est à noter que les hôpitaux de la Marine (cf. infra) ont accueilli des milliers de marins et de soldats durant la guerre ; ils sont enregistrés dans des registres marqués « Guerre » ou, à la suite, en fin de registre « Marine ». Les généalogistes doivent en tenir compte car un soldat de l'armée de terre peut avoir été accueilli à l'hôpital maritime (archives à Brest) puis transféré sur un hôpital temporaire de l'armée de terre de Brest ou un hôpital dépôt de convalescents (attente de réforme), dépôt de la Marine de Kervallon, par exemple, dont les archives sont à Limoges...

Les formations sanitaires relevant de la Marine sont organisées autour de l’hôpital maritime, appelé aussi hôpital principal de la Marine (1445/1780 lits) ; elles comprennent trois hôpitaux principaux : l’hôpital temporaire des Mécaniciens (650 lits), l’hôpital temporaire de l’Arsenal, dit aussi du Bagne (660/930 lits), l’hôpital du lazaret de Trébéron (200 lits). Le port de Brest possède également un réseau d’infirmeries du port, appelées « ambulances » qui ne sont pas considérées comme des formations hospitalières.

Recherche dans les fonds documentaires : informations pour les généalogistes

La recherche documentaire dans la sous-série 3F est particulièrement délicate sur place et fera reculer de nombreux généalogistes pressés. En effet, les registres qui constituent la majeure partie de la documentation sont tenus par « salle » (traduire « service » dans la Marine). Ce qui donne, à titre d’exemple, pour le seul hôpital principal jusqu’à 27 séries de registres avec des enregistrements journaliers ou mensuels, parfois particuliers pour les militaires (Guerre), les marins (Marine), les officiers, les agents civils, etc., répartis dans des cartons différents dont le remplissage a été optimisé au préjudice de la cohérence...

A titre d’exemple, le détail du carton n°42 : Pièce 3F360. Enregistrement journalier des malades, salle 17-19, Marine, août-décembre 1939 – 3F361, ibid., déc. 1939-août 1940 – 3F362, Enregistrement journalier des malades, salle 18, Marine, août 1912-déc. 1920 – 3F363, ibid., jan-déc 1913 – 3F364, ibid., Marine, nov. 1914-juin 1915 et Guerre, nov. 1914-juin 1915 – 3F365, ibid., Guerre, oct. 1916-mars 1917 – 3F366, ibid., Guerre, avril-déc. 1917 – 3F 367, ibid., Guerre, jan-sept. 1918.

En conclusion : Il est préférable de s’en remettre aux archivistes experts de la Marine à Brest… ou de disposer de beaucoup de temps que vous passerez dans un dépôt d'archives à l’accueil agréable et au service rapide et de qualité.

 

(A) – Service des archives médicales et hospitalières des armées, 23 rue de Châteauroux, BP 21105 - 87052 Limoges Cedex 2
Contact : Service Historique de la Défense-Marine, CC 46, 29240 Brest-cedex 9.

Pour en savoir plus sur Brest et/ou la recherche documentaire dans les archives de la Marine : Jacques Vaché, à Brest et Tréberon.

Lire la suite

JACQUES VACHE "EN ISOLEMENT" SUR TREBERON (1915)

22 Mars 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

SURREALISME ET HOPITAUX MILITAIRES 1914-1918… DU NOUVEAU !

Jacques Vaché « en isolement » sur l’îlot de Trébéron, en rade de Brest (1915).

Nous retrouvons aujourd’hui Jacques Vaché (1895-1919), « l’évangéliste dada » auquel j’ai déjà consacré deux petits articles sur ce blog (31 décembre 2012 et 1er janvier 2013). Le dépouillement des archives du service historique de la défense, département marine de Brest me permet d’apporter de nouvelles informations inédites sur le séjour de Jack de Nantes à Brest, à partir desquelles, il sera dorénavant possible de dater la correspondance de Vaché écrite de l’îlot de Trébéron où il était hospitalisé.

Le 19 février 1915, Jacques Vaché rejoignait le lazaret de Trébéron situé sur un îlot en rade de Brest. Cette structure sanitaire de 200 lits (1915) relevant du département de la Marine était alors réservée au traitement des militaires atteints de maladies vénériennes et non de convalescents comme il le laisse entendre dans sa correspondance. Population mêlée de marins, de soldats coloniaux et de « Piou-Piou » du 19e régiment d’infanterie de Brest auquel appartenait le soldat de 2e classe Jacques Vaché.

Jacques Vaché est entré le 19 février 1915 à Trébéron en compagnie d’un camarade de 26 ans, du 19e, qui revient du front, Jean Rannou. Ils sont les seuls militaires entrés ce jour-là dans le lazaret, qui accueillit, en février 1915, dix-sept soldats et marins. Une seule ligne sur le registre d’enregistrement de malades conserve la trace du passage de J. Vaché à Trébéron.

VACHE Jacquessoldat 19e ligne20 ansProvient de l’hôpital principal [de la Marine] de Brest – Date d’entrée : 19 février 1915 – Date de sortie : 16 avril 1915 – Nature de la maladie : Orchite blenmorhag. [orchite blennorragique] – Journées d’infirmerie : 44a – Journée d’hôpital : 21 – Total : 21 – Destination à sa sortie : RSS [reprend son service] – Observations [néant].

Quelques pages plus loin dans une note sur le registre, le médecin traitant précisait, le 21 février, que parmi les entrants, conformément à la réglementation des hôpitaux militaires, « aucun malade n’a exprimé le désir d’un envoi du bulletin de santé militaire à sa famille » [du 15 au 21 février]. Ce bulletin, imprimé sous forme de carte postale, permettait en temps de guerre à l’hospitalisé d’informer sa famille et de la rassurer sur sa situation médico-militaire et son lieu d’hospitalisation… Dans le cas de Vaché, le lieu d’hospitalisation, Brest, était connu de la famille ; toutefois, il paraît naturel qu’il ne se soit pas étendu dans sa correspondance sur les raisons de son quasi isolement à Trébéron - où on le donne comme "convalescent" ou soignant une bronchite ? - qu’il décrit comme « un vieux sanatorium, ancien asile de pestiférés, puis de lépreux, puis de tuberculeux » mais dont il taisait la destination d’accueil des vénériens…

Le lazaret de Trébéron accueillit son dernier hospitalisé militaire le 27 septembre 1915 et ferma officiellement ses portes le 21 octobre 1915.

Source : Arch. SHD-Marine Brest, 3F (service de santé), cart. n° 61, art. 3F 560, Trébéron, salle 3, registre de l’enregistrement journalier [de malades (vénériens)], août 1914-décembre 1915, non paginé.

Voir aussi les pages relayées par la Blogosphère sur Jacques Vaché, les articles des 31 décembre 2012 (Jacques Vaché à Nantes) et 1er janvier 2013 (Jacques Vaché à Brest).

et le site incontournable de Thomas Guillemin sur Jacques Vaché : https://jacquesvaché.fr/

Version du 16 février 2018
Lire la suite

COTES-DU-NORD - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

COTES-DU-NORD - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

Côtes-du-Nord – Hôpitaux militaires, tome 1, p. 205-215

Belle-Île-En-Terre – Binic – Broons - Créhen-Plancoët – Dinan – Glomel – Gouarec – Guingamp – Lamballe – Lannion - Loc-Envel – Louargat – Loudéac – Moncontour – Pabu – Paimpol - Perros-Guirec – Plemet - Plestin-les-Grèves – Pleubian - Pleumeur-Bodou – Ploufragan – Plouguernevel – Plouha – Quintin – Roche-Derrien (la) - Rostrenen - Saint-Brieuc - Saint-Cast - Saint-Jacut-de-la-Mer - Saint-Nicolas-de-Pelem - Saint-Quay-Portrieux – Trébeurden – Trégastel – Tréguier – Val-André (Le).

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique –dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Sanitaires allemands prisonniers de guerre à l'hôpital complémentaire n° 17 de Dinan. Ecole des Cordeliers. (c) Musée du service de santé des armées, DR

Lire la suite

ILLE-ET-VILAINE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

10 Janvier 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

Ille-et-Vilaine – tome 1, p. 216-233

Amanlis – Antrain – Argentré-du-Plessis – Bain-de-Bretagne – Balazé – Bonnemain – Bruz – Cancale – Carentoir – Châteaugiron – Combourg – Corps-Nuds – Dinard – Dol-de-Bretagne – Domagné – Fougères – Grand-Fougeray – Guerche-de-Bretagne (La) – Hédé – Janzé – Louvigné-de-Bais – Louvigné-du-Desert – Martigné-Ferchaud – Meillac – Messac – Minihic-sur-Rance (Le) – Montauban-de-Bretagne – Montfort-sur-Meu – Mordelles – Paramé – Parigné – Piré-sur-Seiche – Pléchâtel – Pleurtuit – Redon – Rennes – Saint-Briac – Saint-Brice-en-Coglès – Saint-Coulomb – Saint-Georges-de-Reintembault – Saint-Jacques-de-la-Lande – Saint-Lunaire – Saint-Malo – Saint-Meen-le-Grand – Saint-Pern – Saint-Rémy-du-Plein – Saint-Senoux – Saint-Servan – Saint-Sulpice-Des-Landes – Sixt-Sur-Aff – Tinténiac – Tremblay – Visseiche – Vitré – Vivier-sur-Mer (Le).

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Hôpital complémentaire n° 40 de Rennes. Ecole nationale d'agriculture, rue de Rennes. Rééducation de mutilés aux travaux agricoles. (c) Musée du service de santé des armées, DR.

Orientation bibliographique :

FOUGERES

Bouffort Daniel, "Les formations sanitaires dans une place militaire de l'arrière, Fougères 1914-1918", dans En Envor, revue d'histoire contemporaine en Bretagne [en ligne]

SAINT-CAST

Association Patrimoine, Dossier sur l'hôpital militaire de Saint-Cast, 3 p. [en ligne]

SAINT-MEEN-LE-GRAND

Gicquel Samuel, "Une maison mère en guerre : les religieuses de l'Immaculée Conception de Saint-Meen, entre 1914 et 1919", dans Les catholiques bretons dans la Grande Guerre, Actes du colloque de Sainte-Anne-d'Auray (14-15 octobre 2016), sous la direction de Yvon Tranvouez, coll. Collectif, CRBC-ICB, Brest-Vannes, 2017, p. 193-209.

Péron Marie, soeur et Bouvier Marie-Louise, soeur, "Implication d'une congrégation religieuse dans la guerre 1914-1918. Accueil à la maison mère de l'Immaculée-Conception de Saint-Meen-le-Grand", dans le bulletin de l'association des archivistes de l'Eglise de France, 2011, n° 75, p. 12-23.

Lire la suite

MORBIHAN - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

10 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

Morbihan – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 276-286

Auray – Baden – Baud - Belle-Ile-en-Mer – Carnac – Coëtquidan – Gourin - Groix (Ile de ) - Gueméné-sur-Scorff – Guer – Guidel – Hennebont – Josselin – Lesvellec – Lorient – Malestroit – Meucon - Noyal-Pontivy – Ploërmel – Plouharnel – Plumelin – Plumergat – Pluneret – Pontivy - Port-Louis – Quiberon - Roche-Bernard (La) - Rochefort-en-Terre - Sainte-Anne-d'Auray - Saint-Gildas-de-Rhuys – Sarzeau – Vannes.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Hôpital complémentaire n° 44 de Sainte-Anne-d'Auray. (c) Musée du service de santé des armées, DR

Orientation bibliographique :

Plumelin

L'Helgouach Emma, "Kermaria pendant la guerre 1914-1918", dans Bulletin de l'association des archivistes de l'Eglise de France, 2011, n°75, p. 27.

Lire la suite

LOIRE-INFERIEURE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

10 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

LOIRE-INFERIEURE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

Loire-Inférieure – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 258-275

Abbaretz – Ancenis - Batz-sur-Mer - Baule (La) - Bernerie (La) – Besné – Blain – Bouguenais - Bourgneuff-en-Retz – Campbon – Carquefou - Cellier (Le) – Châteaubriant – Chateauthebaud – Chemeré - Clion-Sur-Mer – Clisson – Couéron - Croisic (Le) – Donges – Escoublac - Fay-de-Bretagne – Frossay – Gueméné-Penfao – Guérande - Joué-sur-Erdre – Legé - Loroux-Bottereau (Le) – Machecoul – Missilac – Monnières - Montoir-de-Bretagne – Nantes - Nort-sur-Erdre – Orvault – Oudon – Paimboeuf - Pellerin (Le) - Piriac-sur-Mer – Plessé – Pontchâteau – Pornic – Pornichet - Pouliguen (Le) – Préfailles - Saint-Brévin-les-Pins - Sainte-Pazanne - Sainte-Reine-de-Bretagne - Saint-Etienne-de-Corcoué - Saint-Etienne-de-Montluc - Saint-Gildas-des-Bois - Saint-Joseph-de-Portricq - Saint-Mars-la-Jaille - Saint-Nazaire - Saint-Père-en-Retz - Saint-Philibert-de-Grandlieu – Savenay - Turballe (La) – Vallet – Varades – Vertou – Vieillevigne – Vigneux-de-Bretagne.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Hôpital complémentaire n° 25 de Nantes. Prisonniers de guerre allemands hospitalisés. (c) Musée du service de santé des armées, DR

Lire la suite

FINISTERE - Hôpitaux militaires (1914-1918)

10 Janvier 2013 , Rédigé par OLIER LE BRIS Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

Finistère – Hôpitaux militaires, tome 1, p. 245-257

Audierne - Beg-Meil (Voir Fouesnant) – Bénodet - Beuzec-Conq – Brest – Carantec – Carhaix - Châteaulin – Châteauneuf-du-Faou – Concarneau - Crozon – Douarnenez - Faou (Le) – Fouesnant – Guiclan – Guilers – Guipavas – Huelgoat - Kerhuon – Landéda – Landerneau – Landivisiau – Lanmeur – Lannilis – Lesneven – Loctudy – Loquénolé - Morlaix – Pencran – Ploudalmézeau – Plougasnou - Plougastel-Daoulas – Plourin - Pont-Croix - Pont-de-Buis - Pont-l'abbé - Primel-Plougasnou – Quimper – Quimperlé – Roscoff – Rosporden - Saint-Martin-des-Champs - Saint-Pol-de-Léon - Saint-Renan – Taulé – Tréboul – Trégunc.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : L'hôpital complémentaire n°8 de Brest, Petit lycée, 5 rue d'Aiguillon. (c) Musée du service de santé des armées, DR

Lire la suite

Surréalisme et hôpitaux militaires : Jacques Vaché à Brest (1914)

1 Janvier 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Bretagne 1914-1918, #les hommes

Jacques Vaché (1895-1919) hospitalisé sur l’îlot de Tréberon en rade de Brest (ca1914-1915).

Jacques Vaché fut incorporé le 15 décembre 1914 au 19e régiment d’infanterie de Brest. Cet écrivain, ami d’André Breton et « précurseur posthume » du surréalisme a été hospitalisé entre décembre 1914-et juin 1915, sur l’îlot de Tréberon, alors annexe de l’hôpital principal de la Marine de Brest. Dans une longue lettre adressée à sa tante, Madame Guibal, sans précision de date, il décrit sommairement son cadre de vie :

« Maintenant parlons de choses de ce monde : je suis malade [...] je suis dans un sanatorium à trois km en mer. J'y suis bien et renaît à la vie active - ainsi que peut t'en témoigner cette lettre incohérente – [...] Mon île déserte est une vrai île de roman de Conan Doyle. Toute petite, à peine 1 km. de tour, sans communication avec la terre, sauf par un rare bateau à vapeur, parfois empêché par le mauvais temps. Un vieux sanatorium, ancien asile de pestiférés, puis de lépreux, puis de tuberculeux. Des rochers à pic. Et puis comme malades dans cet étrange hôpital une bande [de] coloniaux et de marins abrutis par de trop formidables "bordées" et dont le plus innocent sort de Biribi. Enfin à la tête de tout cela un vieux médecin à cinq galons, invisible et taciturne [...]". Cette missive se termine par six croquis intitulés "quelques types de malades" ». [source : argusdubibliophile]

L’annexe hospitalière de Tréberon servait depuis 1689 de lazaret pour la réception des escadres atteintes de maladies contagieuses. Tout au long des XVIIIe et XIXe siècles elle fut utilisée par la Marine tout à la fois, pour servir d’espace quarantenaire bien souvent installé « sous tentes ou baraques » (fièvre jaune, typhus), mais aussi d’espace de relégation pour les chaînes de bagnards suspectes de maladies (1768), les prisonniers de guerre de l’Empire (1814), les galeux, etc. De 1826 à 1832, le lazaret reçut une « grande extension » ; il était susceptible d’accueillir 175 malades dont 25 officiers soignés par des officiers de santé, des infirmiers de la marine et des religieuses hospitalières. De 1856 à 1858, de grands travaux furent entrepris qui permirent au lazaret de fonctionner intensivement pendant la Guerre de 1870-1871 et d’hospitaliser les Communards emprisonnés sur les pontons de la rade. En 1909, la Marine y installa un sanatorium « provisoire » qui fonctionnait encore en 1914… et dont Jacques Vaché fut l’un des derniers occupants. L’établissement ferma le 21 octobre 1915.

Illustrations sur l'île de Tréberon : Voir le dossier magnifiquement illustré (85 photos) de Glad, le portail des patrimoines de Bretagne sur cette île, propriété de l’Etat (Marine Nationale), interdite d’accès :

Sources : M. Burel. Dans la rade de Brest, l’île de Tréberon et l’île des Morts, Bannalec : imp. régionale, 2003, 190 p. et Dr Cazamian. Le sanatorium provisoire pour tuberculeux de l’île de Tréberon (…), dans Archives de Médecine Navale, XCII, déc. 1909, p. 401-468.

Sur les Hôpitaux militaires et de la Marine de Brest, en 1914-1918, voir notre ouvrage, t. 1, p. 245-248.

Voir aussi sur ce blog les articles relayés par la blogosphère : Jacques Vaché à Nantes, article du 31 décembre 2012 et Jacques Vaché "en isolement" sur Trébéron (1915), article du 22 mars 2013
Lire la suite

Surréalisme et Hôpitaux militaires (1914-1918) : Jacques Vaché à Nantes (22 nov. 1915-25 fév. 1916)

31 Décembre 2012 , Rédigé par FO Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

Des documents inédits...

En 1985, j’ai travaillé au reclassement des archives de la direction régionale du service de santé de la 3e région militaire, alors située au quartier Margueritte de Rennes et en particulier de son fonds de la Guerre 1914-1918 stocké dans le sous-sol de la direction (plus de 2000 mètres linéaires d'archives…). A cette occasion j’ai pu consulter les archives médicales des hôpitaux militaires de Nantes ; j’étais alors « à la recherche des surréalistes ». Mon but était de tirer de cette documentation quelques éléments biographiques susceptibles d’être utilisés pour le bulletin de liaison du service de santé des armées « SAN3 » du Grand-Ouest.

Le temps est passé. Celui de la mutation est arrivé. Le dossier constitué alors s’est perdu sous une pile d’autres dossiers…. La direction de Rennes a été supprimée et ses archives médicales ont migré sous d’autres cieux. Aujourd’hui il est temps d’exhumer ces notes et de proposer ces éléments qui devraient intéresser le plus grand nombre et « éclairer », par des documents inédits, le parcours nantais de Jacques Vaché. Les experts « ès-dada » devraient apprécier cette petite contribution.

En guise d’introduction : La « Guerre » de Jacques Vaché (résumé).

Jacques Vaché (1895-1919), écrivain et dessinateur, ami d’André Breton et précurseur mythique du surréalisme est incorporé au 19e régiment d’infanterie de Brest (15 décembre 1914) puis versé au 64e régiment d’infanterie d’Ancenis (16 juin 1915). Avec son régiment, lors de la 2e offensive de Champagne, il est blessé à la jambe gauche, le 25 septembre 1915, à proximité de Tahure. Il est hospitalisé, du 26 septembre au 29 octobre 1915 à Nevers. A l’issue de sa convalescence il est envoyé à Ancenis au dépôt du 64e et présenté au conseil spécial de réforme, classé « service auxiliaire » pour myopie… (CSR d’Ancenis, du 17 novembre 1915). Sa blessure du 25 septembre 1915 lui a cependant laissé des séquelles qui nécessitent une nouvelle hospitalisation. Le 22 novembre 1915 il est admis à l’hôpital bénévole (HB) n° 103bis de Nantes, dont il sort le 25 février 1916 après avoir été opéré. A sa sortie, il rejoint l’hôpital dépôt de convalescents (HDC) n°1 de Nantes et voit confirmer par la commission spéciale de réforme d’Ancenis son affectation au « service auxiliaire ». Il rejoint, le 18 mai 1916, le 81e régiment d’infanterie territoriale (RIT) en qualité d’interprète en langue anglaise. Il est versé – probablement pour administration – au 19e escadron du Train des équipages militaires (19 juin 1916), puis au 14e escadron (30 août 1918). Libéré des obligations militaires, il décède, par accident ou suicide ?, à Nantes le 6 janvier 1919.

Jacques Vaché, le « dandy aux tranchées » : sa blessure (éléments d’analyse)

Affecté au 64e d’Infanterie, dans une lettre à sa tante, Madame Guibal, datée du 30 septembre 1915, le soldat Vaché précise : « un sac de grenade qui éclate à côté de moi, les miennes qui s’en mettent, voila toute l’affaire. Mais ce que je ne pourrai jamais dire, c’est la chance que j’ai eu : Quand je pense que plus de trente grenades explosives ont éclatés à mes pieds (alors qu’une seule avait blessé 19 boches sous mes yeux) – et que je portais de quoi asphyxier un régiment (…) » [orthographe respectée].[argusdubibliophile]

Pour moi, ce type de lettre est un classique du genre combattant, destiné à rassurer les proches, à minorer une participation active à l’action. Après en avoir lu plusieurs centaines du même genre, j’ai toujours le même réflexe : me reporter au Journal des marches et opérations (JMO) de l’unité au sein de laquelle servait le soldat. Celui du 64e auquel appartenait le soldat Vaché, pour septembre 1915, m’a paru édifiant.

Vaché précise – dans sa lettre du 30 septembre (cf. supra) – qu’il fut blessé « le matin d’une journée intéressante », bien avant la mêlée. Le JMO n’est pas de cet avis puisque son colonel précise que le régiment rejoignit ses positions dès la veille à 23h00. Il était donc à poste pour le départ de l’attaque, le 25 septembre à six heures. Appartenant à la 2e compagnie du régiment [affectation précisée sur le dossier médical] il dût faire partie de la troisième vague d’assaut sous le commandement du capitaine Chenard.

Voici quelques extraits du Journal des marches et opérations (SHD-Terre, Vincennes, 26N 657/2, du 13 janvier au 19 octobre 1915, journée du 25 septembre 1915) qui illustrent l’action du régiment et l’utilisation des grenades ce jour-là :

« Le lieutenant-colonel rend compte que le régiment est parti à l’attaque d’une manière enragée (…) ». Il signale des corps à corps dans les tranchées allemandes. – « Tous les hommes qui reviennent témoignent que les Allemands ont criblé de grenades ceux de nos blessés qui donnaient le moindre signe de vie. (…) Toute la nuit du 25 au 26 et du 26 au 27 des patrouilleurs et des groupes de brancardiers cherchèrent à ramener les blessés malgré le feu violent des mitrailleuses ennemies et les fusées éclairantes qui se succédaient sans interruption. » Plus loin, dans le texte, cette information concernant le capitaine Chénard qui nous ramène « à la valse des grenades » : « Le capitaine Chénard de la 2e cie et le lieutenant Lhermite de la 1ère cie furent rapportés. Les blessés rapportés étaient tous dans un état très grave à cause du jet de grenades. Le capitaine Chénard est mort de ses blessures dans la nuit du 25 au 26. »

Il est possible que le soldat Vaché se soit blessé lui-même mais j’en doute. Ne serait-ce que par sa mention des 19 boches blessés par une grenade « sous ses yeux ». Je ne sais si son récit a rassuré ses parents et amis, mais un Jacques Vaché, pacifiste, qui « se créait de nombreux personnages qui étaient autant de cuirasses » ne pouvait être identifié à un héros, ou – pour le moins - à un poilu combattant.

Jacques Vaché et les hôpitaux militaires.

Blessé le 25 septembre 1915, le soldat Vaché suivit les vicissitudes des blessés du 64e. L’on peut s’en faire une petite idée en dépouillant les JMO du service de santé des 21e division d’infanterie dont dépendait le 64e (26N 303/7), puis du 11e corps d’armée dont dépendait la 21e DI (26N 335/8).

Nous savons qu’il fut hospitalisé à Nevers (8e région militaire), transporté par train sanitaire, probablement via l’hôpital d’évacuation (HOE) n° 33 de Troyes qui accueillit, du 26 septembre au 10 octobre, 85 451 blessés de la deuxième offensive de Champagne.

A Nevers il fut hospitalisé, le 26 septembre 1915, à l’hôpital complémentaire n°25, couvent Sainte-Marie, 36 rue Sainte-Marie, 160 lits (ouvert du 2 août 1914 au 30 septembre 1919). Sainte-Marie était un hôpital spécialisé pour blessés dans lequel Il subit une opération chirurgicale aux jambes. Il sortit le 29 octobre 1915.

De retour à son dépôt d’Ancenis, le 6 novembre, il cherche à se faire réopérer des séquelles qu’il a conservées de sa blessure du 25 septembre et à quitter Ancenis où il peut être hospitalisé et opéré pour Nantes et sa famille… Dans son dossier médical consulté en 1985, j’ai retrouvé la trace d’une demande du médecin-chef du dépôt du 64e d’Ancenis adressée à la direction du service de santé de la 11e région militaire de Nantes, suite à l’intervention du père de Jacques Vaché, pour son hospitalisation à Nantes.

« [sur papier à en-tête :] 1er Corps d’Armée / 64e Régiment d’Infanterie - Le médecin-chef de service, 64e régiment d’infanterie, à Monsieur le Directeur du Service de Santé de la XIe Région.

Objet : Demande d’hospitalisation du soldat Vaché Jacques du 64e à l’hôpital municipal 2bis.

J’ai l’honneur de vous rendre compte que le soldat Vaché Jacques, du 64e régt d’infanterie, arrivé au dépôt le 6 novembre 1915 a été radiographié le 10 novembre à Ancenis. Il a : 1°) un éclat d’obus situé dans l’espace interosseux de la jambe gauche à sa partie [] supérieure. 2°) un éclat d’obus dans le mollet gauche situé dans la masse des jumeaux. Il doit être hospitalisé pour extraction de ces projectiles. Son père, Mr le lieutenant-colonel Vaché du 101e d’artillerie lourde [f. verso] à Angoulême désirerait que son fils fût hospitalisé à l’hôpital municipal 2bis, rue du Boccage à Nantes où Madame Guibal tante de ce dernier et belle-sœur du lt Colonel est infirmière.

J’ai donc l’honneur de vous demander si vous voulez bien autoriser cette évacuation.

Ancenis 15 novembre 1915 [– signé : illisible].

[autre écriture, en bas de page] Municipal 2bis / Dr Chevrier – Nantes le 16 novembre 1915. [signé : illisible] P[ar] O[rdre] [Timbre officiel, « république assise » de la Direction du service de santé de Nantes], n° 13927T. »

L’on observera qu’il n’est plus question dans cette lettre d’extraits de grenades mais d’obus ; dans d’autres citations du dossier médical il est mentionné des « projectiles »…

Le 22 novembre 1915 le soldat Vaché est hospitalisé à l’hôpital bénévole n°103bis (ex-ambulance municipale n°2bis ou hôpital municipal n°2bis ou hôpital bénévole n°2bis), au 2 rue du Bocage, dans les locaux du lycée de jeunes filles Gabriel Guist’hau (en fonctionnement du 26 septembre 1914 au 31 janvier 1919). Vaché est placé salle n°9, dans le service du docteur Chevrier qui l’opérera « sous écran » le 9 décembre 1915 (noté dans le cahier d’observations du docteur Chevrier). Le 25 février 1916, il sort de l’hôpital et rejoint l’hôpital dépôt de convalescents (HDC) n°1 (Salle Mauduit, 10 rue A. Leloup), avant de retourner à son dépôt à Ancenis où il est de nouveau présenté à la commission de réforme du lieu, le 22 mars 1916.

Confirmé « service auxiliaire », classé « bon pour le service », il rejoint le 18 mai 1916 sa nouvelle affectation, le 81e Territorial de Nantes, dans lequel ce jeune dandy « myope », à canne de jonc, devait plus que « dénoter » au milieu des « pépères » qui devaient le considérer comme un « embusqué » en dépit de ses blessures de guerre.

Photo : Page du registre des entrées (15 octobre 1915-21 juillet 1916) de l'hôpital bénévole n° 103bis de Nantes
Sur les hôpitaux militaires (1914-1918), l'on peut se référer à nos ouvrages : Hôpitaux militaires de Nantes, tome 1, p. 262-270 et Hôpitaux militaires de Nevers, t. 2, p. 291-294 ainsi qu'au dossier thématique sur les évacuations sanitaires par voie ferrée, t. 2, p. 32.
Sur Jacques Vaché... Tout sur Jack de Nantes, le site incontournable de Thomas Guillemin
mis à jour : 16 février 2018
Lire la suite
<< < 1 2 3