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LILLE 1914 - HOPITAUX DANS LE NORD OCCUPE (2/2)

3 Février 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #Les Hôpitaux, #les hopitaux

Témoignage inédit du médecin-chef de l'hôpital militaire Scrive de Lille (2 août 1914-18 mai 1915).

Rapport du médecin principal de 2e classe [lieutenant-colonel] Fribourg, médecin chef de l’hôpital militaire de Lille, rapatrié d’Allemagne.

« A l’hôpital militaire

Nommé médecin-chef de l’hôpital militaire de Lille, je prends possession de mon poste le premier jour de la mobilisation. Le personnel de l’hôpital est composé d’officiers et d’infirmiers de l’armée territoriale. Le nombre de lits doit être porté à 500, dont 150 à peine étaient installés.

Dans les premiers jours, travaux d’organisation de l’hôpital pour le mettre en état ; je fais confectionner, avec l’autorisation du Directeur du service de santé 200 matelas et 400 vêtements complets de malades et passe mes matinées à faire aux officiers des conférences sur les services qu’ils vont être appelés à rendre. Dans les journées de septembre, lors des combats au Sud de Lille, à Vannehain, Cysoing, Orchies, Mouchin, Arras et jusqu’à Sailly-Salisel, au Sud de Bapaume, avec le personnel médical et les voitures automobiles dont je dispose, et aidé des membres de la Croix-Rouge, environ 2000 blessés français, laissés à peu près sans aucun soin sur ces différents champs de bataille, sont ramenés et soignés à l’hôpital militaire et dans les hôpitaux auxiliaires de Lille et de Roubaix.

Entre temps, nous évacuons journellement sur Dunkerque et Boulogne des blessés évacuables, quand les trains peuvent être mis en marche. Nous avons ainsi pu faire partir des blessés jusqu’au 8 octobre, avant-veille du bombardement de Lille. A noter que les Allemands [page 2] ont fait, pendant cet intervalle, plusieurs apparitions dans la Cité, mais qui n’ont eu que peu de durée.

L’hôpital était depuis le 24 août le seul endroit où pouvaient s’adresser les militaires en quête de renseignements ou de secours ; toutes les autorités militaires, telles que Commandement, Service de santé, Intendance, Recrutement, etc. avaient quitté Lille le 24 août, laissant la formation sanitaire sans aucun ordre sur ce qu’elle devait faire. Aussi, nombre d’isolés, de fugitifs, de militaires évadés de Maubeuge, s’adressaient-ils à l’hôpital, et nous avons pu ainsi en faire rapatrier un certain nombre jusqu’à l’investissement complet de la ville, c’est-à-dire jusqu’au 9 octobre.

Bombardement du samedi soir 10 au mardi 13 octobre. L’hôpital n’est pas épargné ; environ 1200 maisons sont détruites par les bombes ou par le feu. L’hôpital contient à ce moment 221 blessés, comprenant une trentaine d’Allemands, dont 4 officiers. Le 7 octobre, tous les officiers français en traitement avaient été évacués par voitures automobiles, les trains ne marchant que très irrégulièrement. Nous sommes environ 500 personnes dans les caves de l’hôpital et y passons plus de 60 heures. Les blessés y reçoivent des soins, des médicaments, des aliments, grâce au dévouement des médecins, des pharmaciens, des infirmiers. Nous perçons des murs pour avoir plusieurs issues en cas d’accident.

Le 12 octobre, dans la nuit, la rue de l’hôpital militaire est en feu. La pompe de l’hôpital déverse des torrents d’eau toute la nuit, car l’hôpital est très menacé par l’incendie du lycée Fénelon qui est contigu et qui brûle. A 2 H.1/2 du matin, le danger d’incendie parait conjuré, mais vers 3 H. nous sommes menacés d’asphyxie dans les caves. Je tiens un Conseil de guerre et après examen de la situation, je décide l’évacuation qui commence à 3 H. pour être terminée à 7 H., sans accident. Nous nous réfugions à l’hospice général. [page 3]

A l’Hospice Général

Dans la journée du 13 octobre, nous portons tous nos efforts pour installer le plus confortablement possible nos blessés dans notre nouveau local, qui est un asile de vieillards. Nos blessés occupent deux salles, et pendant les deux premiers jours, un certain nombre d’entre eux couchent sur les brancards sur lesquels ils ont été transportés et qui sont placés entre les lits des salles. Petit à petit, le service s’organise, et, en trois jours tous nos blessés sont dans des lits. Les blessés allemands sont dans un pavillon isolé. Nous espérions, au début de notre installation nouvelle que notre séjour à l’hospice général ne serait que de très courte durée. Le bruit courait avec persistance que les Allemands avaient quitté notre territoire, qu’ils n’occupaient plus que Cambrai et Valenciennes, que notre victoire de la Marne avait été suivie de celle de l’Aisne, qu’on avait illuminé pendant deux jours à Paris, que les Etats-Majors ennemis étaient à Hirson, qu’ils se retiraient sur la Belgique en toute hâte. Bref, nous avions la quasi certitude d’être délivrés à très bref délai. Nous étions sans aucune nouvelle de France, et nous avons vécu pendant plus d’un mois, attendant tous les jours notre délivrance. Et ce n’est guère qu’un mois après l’entrée des Allemands à Lille, que recevant par fraude un journal français, nous apprenions avec stupeur que les ennemis occupaient encore St-Quentin, Laon, etc. Quelle amère désillusion et quelle tristesse !

Vers le 20 octobre, le Service de santé allemand évacue sur notre ancien hôpital militaire dont ils ont pris possession, les blessés allemands que nous avons encore en traitement. En même temps, ils s’emparent de toutes nos voitures automobiles, au nombre de six. Ils ont aussi besoin de draps de lits et veulent prendre ceux de l’hospice général ; mais je fais remarquer que c’est du [page 4] matériel appartenant à la Charité publique, que ces draps ne sont pas à nous, qu’ils n’ont pas le droit de les prendre et finalement j’obtiens gain de cause.

Je n’ai pas eu à me plaindre des rapports que j’ai eus avec le médecin allemand chargé de la surveillance de l’hôpital. Nous avons toujours fonctionné, comme nous aurions pu le faire en territoire français. J’ai été il est vrai, personnellement menacé d’être fusillé, une fois surtout par le Directeur du Service de santé de l’armée d’occupation à la suite de l’évasion d’un officier français en traitement.

Leurs menaces se sont bornées à quelques représailles sur le personnel hospitalier. Nous ne pouvions quitter les abords de l’hôpital ; l’autorité allemande nous avait fait comprendre que la vue, en ville, de pantalons rouges était incompatible avec l’occupation ennemie et force nous fut de rester prisonniers dans l’hôpital et de nous promener dans les limites très restreintes autour de l’établissement.

Dans les premiers jours de l’occupation, l’officier d’administration gestionnaire, Monsieur Legrand, et deux infirmiers furent appréhendés en ville, et conduits à la citadelle et emmenés en Allemagne, malgré les réclamations que j’ai faites pour obtenir leur élargissement. J’ai toujours ignoré les raisons qui ont motivé leur internement.

D’octobre 1914 à mars 1915, à l’hospice général, les Allemands nous ont envoyé environ un millier de blessés français et anglais dont la plupart gravement atteints. Dans leurs formations sanitaires, ils évacuaient très rapidement les blessés légers, et même les blessés graves quand les circonstances les y obligeaient. Souvent même, ils étaient conduits directement à la gare d’où les trains les emmenaient en Allemagne sans passer par les hôpitaux. Ils ne se sont jamais préoccupés des traitements employés par nous, et c’est moi qui désignais les [page 5] blessés guéris qui pouvaient voyager. Inutile de dire que les sortants étaient toujours guéris au moment de leur départ pour l’Allemagne. Aucun officier français ou anglais, en traitement, n’a quitté l’hôpital avant la fin mars, si mes souvenirs sont exacts, et la plupart ont été évacués dans l’espoir d’un échange contre des blessés allemands.

A partir de mars, rares ont été les blessés envoyés à Lille, non seulement chez nous, mais même dans leurs hôpitaux. Ils évacuent très vite à cette époque et ferment même quelques établissements de la Croix-Rouge : La Treille, la Terrasse Sainte Catherine, Saint-Joseph, les Facultés Catholiques, etc. ainsi que l’hôpital installé dans l’Ecole des Arts-et-Métiers où ils ont en traitement des allemands atteints de fièvre typhoïde. Jamais nous n’avons pu savoir les raisons de cet exode ; on ne sait jamais les raisons qui les font agir.

Du mois d’octobre 1914, jusqu’au jour de notre départ pour l’Allemagne, en mai 1915, la population à l’hospice général peut être évaluée à environ mille huit cents personnes (hospitalisés et personnel). L’état sanitaire y a toujours été excellent. Dès notre arrivée, sachant qu’il y avait de nombreux cas de fièvre typhoïde dans les environs immédiats de Lille, puisque les Allemands, à l’hôpital installé aux Arts-et-Métiers, y ont traité plusieurs milliers de cas, j’avais fait installer des tonneaux auprès d’une chaudière où il y avait de l’eau à bouillir, en permanence, et tout le monde, dans l’établissement, était au régime de l’eau bouillie et y est resté jusqu’à notre départ. Nous n’avons eu à signaler aucun cas de cette maladie.

Je note, en passant, que nous n’avons eu parmi nos blessés, à déplorer aucun cas de tétanos. Dans les conférences que j’ai faites aux médecins au début de la mobilisation, j’avais prescrit que tout blessé recevrait une injection de sérum antitétanique. Cette prescription a toujours été observée, et le résultat a été [page 6] excellent. Et cependant, les blessés que nous avons été chercher sur les champs de bataille des environs de Lille, en septembre 1914, étaient restés plusieurs jours sans soins ; quelques-uns avaient des vers dans leurs plaies.

J’ai eu à vaincre de grosses difficultés pour approvisionner l’hôpital de draps, de chemises, de linge de corps qui nous faisaient totalement défaut. Grâce à l’obligeance du Préfet du Nord et du Maire de Lille, qui m’ont facilité mes recherches, j’ai pu trouver, dans les premiers jours, soit dans les casernes, soit chez les blanchisseurs des corps de troupe, nombre d’effets usagés laissés après le départ de la garnison. C’est ainsi que j’ai pu de même me procurer les vêtements nécessaires à l’habillement de beaucoup de blessés qui, à leur entrée à l’hôpital, n’étaient souvent vêtus que d’une chemise, ou bien lorsqu’ils arrivaient encore vêtus soit d’un pantalon, soit d’une capote, ces vêtements étaient le plus souvent en loques ou n’en avaient plus qu’une jambe ou qu’une manche. J’ai trouvé en face de l’hospice, dans un endroit appelé « le magasin brûlé » nombre d’uniformes, plus ou moins usagés, ayant appartenu au 43e régiment d’infanterie. Avec l’autorisation du Préfet, je pus faire transporter à l’hôpital, à l’insu des Allemands un très grand nombre de ces vêtements qui, réparés, servirent à habiller, à leur sortie, nos blessés français et anglais, et c’est ainsi qu’on pouvait voir des uniformes français sur des hommes coiffés d’une casquette anglaise, ou inversement.

Pour les pansements, et nous avons eu jusqu’à quatre cent cinquante blessés à panser par jour, dont bon nombre porteurs de plusieurs blessures, j’ai dû réquisitionner des objets de pansement à Roubaix (coton hydrophile et gaze non apprêtée). Le préfet, sur ma demande, fit ouvrir les pharmacies dont les patrons étaient absents et nous envoya le matériel qu’il y trouva.

Les désinfections de vêtements et de literie que nous avons dû faire très nombreuses en raison des poux [page 7] et de la vermine dont les vêtements des blessés, surtout des anglais, étaient abondamment pourvus, ont été pratiquées dans une étuve Geneste-Herscher appartenant à la ville et placée heureusement en face de l’hôpital, dans la cour du « Magasin brûlé », où se trouvaient les uniformes dont il est question ci-dessus.

Et puisque je parle des objets nécessaires aux blessés, je ne saurais, sans être taxé d’ingratitude envers les habitants de Lille, passer sous silence la vague de générosité qui grandit d’abord et dura jusqu’à notre départ définitif, en faveur de nos blessés. Ces derniers furent comblés d’objets utiles et de gourmandises de toutes sortes. C’est grâce à cet élan de chaude et active sympathie que tous nos blessés furent amplement fournis de chaussettes de laine, de chandails, de caleçons, de passe-montagne, de cache-nez, etc.

J’ai pu distribuer plus de trois mille bouteilles de vins fins et de Champagne, reçues en dons ; je ne parle ni de tabac qui n’a jamais manqué, ni du chocolat ni des friandises : tous les jours il y avait de nouvelles distributions.

J’ai reçu en dons, de nombreux donateurs, une somme totale de près de sept mille francs en espèces, et tous nos blessés, à leur départ en captivité, emportaient une somme, petite il est vrai, mais suffisante pour quelque temps. En hiver, je remettais 15 francs à chacun d’eux ; plus tard, une moyenne de dix francs, et, ce léger viatique, pour des hommes qui très souvent étaient dénués de toute ressource, était le bien venu.

La mortalité pendant notre séjour à Lille, a été environ de 4% ; si je suis à peu près sur de ce chiffre que je cite de mémoire, n’ayant pas devers moi aucun document. Environ un quart des décédés succomba dans les deux premiers jours de leur arrivée.

Je ne saurais, dans ce trop succinct exposé, m’étendre plus longuement. Plus tard, quand je retrouverai mes notes, pourrai-je raconter avec plus de détails, les [page 8] tristesses que nous avons dû subir pendant ces sept mois que nous avons vécus, mes camarades et moi, botte à botte avec nos envahisseurs ; je pourrai dire les rancoeurs que je ressentais quand j’étais obligé de montrer mon laissez-passer à la sentinelle placée à la porte de l’hôpital pour pouvoir sortir de l’établissement ou y rentrer ; quand tous les jours, je me demandais quelle nouvelle tuile allait nous apporter la visite du médecin allemand, etc.

J’ai dit plus haut qu’à partir du mois de mars l’hôpital ne reçut plus que de rares blessés. Après la bataille d’Arras, vers le 10 mai, je sentis dans mes rapports avec le médecin allemand qu’il y avait quelque chose de changé, et, de fait vers le 12 ou le 13, il m’informa que l’autorité allemande avait décidé que les 130 blessés environ, qui restaient, seraient évacués, sans délai, les intransportables sur l’hôpital militaire allemand, (il y en avait encore vingt) et les 110 transportables, couchés ou assis, par train sanitaire sur l Allemagne. Le personnel officiers et troupe partiraient le lendemain.

Et le 18 mai, nous quittons Lille pour l’exil.

Qu’il me soit permis de dire ici que le médecin allemand, en raison de mon âge et des fatigues morales et physiques que j’avais endurées depuis la mobilisation, me proposa de rester à Lille où j’avais mon appartement et où je laissais ma femme. J’aurais revêtu des vêtements civils, et j’aurais attendu là la fin de l’occupation allemande. Je remerciai, mais je refusai et je partis en captivité (…) [pour le camp de Gütersloh, Westphalie, Allemagne]. »

 

Musée du service de santé des armées, Val-de-Grâce à Paris, carton n° 636.

Photo : L'Hospice Général, quai de la Basse-Deûle devenu hôpital militaire de Lille (13 octobre 1914-18 mai 1915).

Les hôpitaux militaires du département du Nord pendant la guerre 1914-1918 sont traités dans le tome 5 de la collection des Hôpitaux Militaires dans la Guerre 1914-1918, aux éditions Ysec de Louviers.

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LILLE 1914 - HOPITAUX DANS LE NORD OCCUPE (1/2)

2 Février 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Témoignage inédit d’un pharmacien de l’hôpital militaire Scrive à Lille (2 août 1914 – 18 mai 1915)

A la suite du retrait des franco-britanniques de Belgique, la ville de Lille déclarée « ville ouverte », quasiment vidée de ses troupes, se rend aux Allemands après un bombardement de vingt-quatre heures. La garnison est prisonnière ainsi que l’ensemble des formations hospitalières de la ville. Les personnels sanitaires restés à leur poste, protégés par la Convention de Genève, poursuivent toutefois leurs activités au profit des blessés. Ils ne sont pas considérés comme prisonniers de guerre et doivent être rendus à la liberté dès que les autorités allemandes estimeront qu’ils ne sont plus indispensables au service sanitaire des prisonniers. Dans les faits, la plus grande partie du personnel sanitaire « prisonnier » ne sera libéré qu’après plusieurs mois de camp en Allemagne. Dans le cas du pharmacien aide-major de 1ère classe (lieutenant) Beyaert qui nous a laissé cette relation inédite de son séjour dans Lille occupée il quittera la ville pour un court séjour au camp de Gütersloh (mai-juillet 1915) avant de rejoindre la France via la Suisse.

 

Rapport de captivité

du pharmacien aide-major de 1ère classe Beyaert de l’hôpital militaire de Lille rapatrié d’Allemagne le 15 juillet 1915 et affecté à la 13e région, hôpital temporaire n°25 à Roanne.

« Mobilisé le 2 août 1914 et affecté par décision ministérielle en date du 15 décembre 1907 à la place de Lille j’ai été nommé chef de service de la pharmacie à l’hôpital militaire de cette ville.

Le médecin-chef était monsieur le médecin principal de 2e classe Fribourg :

Les officiers du service de la pharmacie : Beyaert, Phar. A.M. de 1e cl. Chef de Sce ; Regnault, Phar. A. M.de 2e classe ; Levêque, Phar. A. M.de 2e classe ; Geoffroy, Phar. A. M.de 2e classe.

M. le Pharmacien-Major de 1ère classe Le Mitouard me mis très obligeamment au courant du service avant son départ.

Les débuts de la guerre nous ont donné un travail considérable car en dehors du service d’hôpital, léger à cette époque, il fallait compléter l’approvisionnement des ambulances, fournir certaines infirmeries et expédier à Maubeuge, Arras, etc. certains médicaments qui manquaient. Il fallait aussi se mettre en mesure de ne manquer de rien et compléter par des achats sur place l’approvisionnement de notre magasin.

Le 24 août 1914, la Direction du service de santé quitta Lille [page 2] avec l’Etat-major et tous les services d’intendance et autres. Nous restions seule formation militaire dans la ville. Le canon tonnait de tous côtés. Chaque fois que nous apprenions l’endroit où se livrait bataille, les automobiles disponibles à Lille partaient en expédition avec le personnel de l’hôpital, aidé par les membres de la Croix-Rouge. Que de blessés ont été ainsi secourus, trouvés sans soins dans les champs, les plaies infectées, abandonnés sans nourriture. Que d’autres, malheureusement ont été emportés brutalement, sans ménagement par les sauvages en furie. Les Docteurs Decherf et Aubert, Aide-Majors de 1ère classe à l’hôpital de Lille fourniront sur ces voyages à Bapaume, à Moislain et ailleurs des rapports très circonstanciés.

Au mois de septembre, les Allemands firent leur première apparition à Lille et le chef du détachement : Von Oppel, vint visiter l’hôpital militaire. Il donna l’ordre de tenir à sa disposition les blessés, disant qu’il les ferait enlever dans la semaine.

Par bonheur, Von Oppel fut appelé ailleurs et ne put mettre son projet à exécution ! Le médecin-chef fut heureux de remettre les officiers blessés en traitement, quelques jours après, à un détachement anglais de passage à Lille et de les rendre ainsi à la France. Un grand nombre de blessés en voie de guérison furent évacués sur Dunkerque.

Pendant ce temps les Allemands passaient toujours près de Lille, marchant vers Paris. De temps en temps, il en venait à Lille, mais ils ne séjournaient pas longtemps, leurs patrouilles fouillaient beaucoup les environs.

Le 4 8bre, une alerte beaucoup plus vive eût lieu [page 3]. Un train entier d’Allemands, venant de Tournai arrivait vers Lille mais dût s’arrêter à Fives. L’ennemi débarqua dans ce faubourg et se dirigea vers la ville. Le 17e Chasseurs à pied, venant d’Armentières, traversait Lille juste au moment où les Allemands pensaient n’avoir qu’à prendre possession de Lille, ville ouverte. Une fusillade très intense éclata place de la Gare, rue Faidherbe, dans les rues de Fives et de St-Maurice. Dans la soirée, les Allemands dûrent rebrousser chemin vers la Belgique, non sans avoir incendié un certain nombre de maisons et une usine à Fives. – Le 17e Chasseurs eût quelques pertes. Lille lui témoigna une vive reconnaissance et, voyant l’ennemi repoussé, respira à l’aise et se crut à l’abri. Il suffit à la population d’avoir vu les soldats français pour reprendre confiance. Hélas ! la tranquillité ne fut pas longue !

Le vendredi 9 8bre ordre est donné à tout mobilisable de quitter Lille et de se diriger vers Béthune. Ce même ordre a été donné à Roubaix, à Tourcoing et aux environs. Il y avait déjà dans Lille une quantité considérable de réfugiés venant de Cambrai, Valenciennes, Douai, etc. Aussi, quel spectacle de voir ces longues théories d’hommes, défilant par les rues de la ville, tandis que le canon tonne tout alentour. Arrivés à Haubourdin, les mobilisables partis de Lille vers 3 heures de l’après-midi, rencontrèrent des troupes allemandes. Il y eut des tués, des blessés, des prisonniers… le reste rentra dans Lille, les uns dans leurs foyers, les autres… où ils purent.

Pendant ce temps, les automobiles nous ramenaient à l’hôpital des blessés venant d’Englos, Wez Macquart et autres environs, car la canonnade battait son plein [page 4] et le 20e Chasseurs était décimé non en entier mais l’escadron, je crois, qui devait escorter les territoriaux du 8e jusqu’aux portes de Lille. L’angoisse grandissait dans nos cœurs car il était manifeste que l’ennemi se rapprochait.

Soudain, le bombardement de la ville commença ! Immédiatement, le médecin-chef donna l’ordre de descendre dans les caves voûtées de l’hôpital tous les blessés, en commençant par les plus grièvement atteints. Tout le personnel, officiers, infirmiers, dames de la Croix-Rouge, se mit à l’œuvre et en 35 minutes tous les blessés étaient à l’abri, couchés sur des brancards. Les obus éclataient tout autour de l’hôpital, le jardin en reçut un, un autre vint éclater contre leur mur et les débris pénétrèrent dans la pharmacie et dans les bureaux du médecin-chef.

Dans l’obscurité des caves, à la lueur blafarde des lanternes, chacun fit son devoir auprès des blessés, leurs pansements furent renouvelés en temps utile, des repas chauds leur furent servis et rien ne leur manqua comme soins. Vers le soir, les obus incendiaires commencèrent à produire leurs sinistres effets, les Allemands blessés, surtout les officiers exultaient, mais qui dira notre angoisse patriotique à nous, Français et Lillois pour la plupart ! Le feu s’étendait à vue d’œil. Les efforts sublimes de pompiers étaient vains devant un tel fléau et les Allemands avaient coupé les eaux aux réservoirs d’Emmerin.

Rapidement, l’incendie se rapprocha de notre hôpital. Lille tenait toujours. Nos 1800 territoriaux ne cédaient pas. Les Allemands bombardaient à outrance pensant avoir [page 5] affaire à une garnison importante.

Le lundi 12 8bre vers 5h. du soir le drapeau blanc fut arboré, et de nos caves nous eûmes le cœur déchiré en entendant l’ennemi entrer dans notre ville aux chants de leur « Gloria, victoria » !

Le feu menaçait de détruire la ville entière. Pour essayer de préserver l’hôpital, la pompe de l’établissement fut mise en batterie et fonctionna toute la nuit, le canal qui passe sous l’hôpital nous donnait l’eau en abondance. Vers minuit, il devint manifeste que nous ne pourrions rester plus longtemps dans les caves : une fumée âcre pénétrait de partout et l’atmosphère devenait irrespirable. Il fallut remonter nos malades et nos blessés : on les installa dans les corridors et dans la cour d’honneur – Des flammèches venaient à tout moment se poser sur les couvertures et menaçaient de mettre le feu à la couchette des blessés. Il fallut songer à fuir le fléau. Après en avoir délibéré avec les chefs de service, le médecin-chef décida l’évacuation sur l’Hospice général, quai de la Basse-Deûle.

Les blessés furent transportés, les uns en auto, d’autres portés sur leurs brancards par les infirmiers, d’autres purent rejoindre à pied. Ah ! ce défilé en pleine nuit, dans la ville en flammes, occupée par l’ennemi !... Nous étions bien convaincus que notre séjour à l’Hospice ne serait que très provisoire, hélas, il devait se prolonger jusqu’à notre départ en captivité !

Sans perdre de temps, chaque chef de service s’occupe de faire transporter de l’Hôpital à l’Hospice tout ce qu’il put emporter de plus nécessaire et de plus urgent. Secondé par mes très dévoués confrères et par les infirmiers de mon service, je pus, en plusieurs voyages, ramener quantité de médicaments et toutes nos capsules [page 6] de platine, microscope, autoclave, balance de précision, etc.

C’est au cours d’un de ces voyages que j’eus la douleur d’apprendre l’incendie de mon officine personnelle et la destruction du fruit de mon travail assidu pendant quinze années.

Dès le lendemain de notre installation à l’Hospice et grâce, il faut le reconnaître à la complaisance de l’Administration de cette maison ; notre service put reprendre de façon presque normale. Les pharmaciens allemands vinrent faire à l’Hospice par deux fois une petite rafle de médicaments pour leurs troupes. Je leur refusai de mon mieux mais je ne pus les empêcher d’emporter des comprimés d’aspirine, d’extrait d’opium, de quinine et autres. J’exigeai un « bon » que je produirai plus tard si je retrouve un jour à Lille ma comptabilité et tout ce que j’ai dû laisser.

Deux jours après notre arrivée à l’Hospice général les Allemands enlevèrent leurs blessés et nous laissèrent les Français et les Anglais.

La tâche de Monsieur le Médecin-chef Fribourg devînt dès l’occupation allemande extrêmement ardue et il est de justice élémentaire, à mon avis, de reconnaître son très grand mérite. Commander en chef une formation sanitaire importante dans une place occupée par l’ennemi est une rude charge.

Il fit appel au dévouement et à l’abnégation de chacun et il fut écouté.

Les Allemands remirent à chaque officier un « Laissez-passer » permettant de circuler en ville. Nous fûmes rapidement fixés sur la valeur de ce papier. Notre gestionnaire, Monsieur Legrand, officier d’administration de 1ère classe fut, dès le premier jour arrêté avec deux infirmiers pour avoir circulé sur la petite auto de service, sans avoir songé à enlever [page 7] le drapeau tricolore, emblème de provocation. Malgré son entière bonne foi et des démarches rapides, notre camarade fut envoyé en Allemagne sans pouvoir emporter sa cantine ni faire ses adieux à sa famille. Peu de jours après, le médecin allemand, très courtoisement, nous fit dire qu’il serait dangereux pour nous de sortir : notre uniforme offusquait nos conquérants. Il nous fallut rester prisonniers à l’Hospice, y prendre tous nos repas et y coucher. Notre détention commença donc le 13 8bre : je n’ai pu aller chez moi que deux fois en 7 mois, me dissimulant dans une voiture fermée.

Le 15 ou 16 8bre, cinquante de nos infirmiers furent envoyés en Allemagne.

De temps à autre, un certain nombre de blessés guéris étaient enlevés comme prisonniers, mais les Allemands nous envoyaient très souvent de nouveaux blessés.

En mars [1915], Monsieur le Médecin-chef fut avisé que 8 officiers et cinquante infirmiers devaient se tenir prêts à partir pour l’Allemagne car on ne nous envoyait plus de blessés. Les hôpitaux de la Croix-Rouge furent licenciés. Il ne resta en fonctions que notre ancien hôpital militaire occupé par l’ennemi, le lycée Faidherbe et l’Hospice général, les 3 Festung Lazaret [Festungslazarette (hôpitaux de forteresse)].

L’envoi en Allemagne de nos camarades n’eût lieu que le 8 mai. Le 18 du même mois, le reste de la formation prenait à son tour le chemin de l’Allemagne ! Les blessés avaient tous été évacués la veille.

Le grand mérite de Monsieur le Médecin-chef à mon avis, est d’avoir su, grâce à son énergie et son habileté, conserver son autorité vis-à-vis des Allemands. Il a pu garder près de nous un certain nombre de soldats qui ne sont partis [page 8] en captivité qu’après guérison complète. Avec nous, ils restaient sur la douce terre de France, la population lilloise les choyait, heureuse de retrouver, à l’écart des brutes allemandes, un coin de Lille resté Français et la vue du pantalon rouge était une consolation et un réconfort pour les malheureux habitants de notre malheureuse cité. En soulageant les souffrances de nos blessés ils songeaient aux leurs qui combattaient pour la délivrance du pays et ils exprimaient l’espoir que ce qu’ils faisaient à ces blessés, d’autres en France le faisaient aux leurs.

Les rapports avec les médecins allemands furent toujours courtois. Pour les besoins de la pharmacie, le pharmacien allemand, installé dans notre ancien hôpital militaire, ne m’a jamais refusé ce qu’il pouvait me fournir. J’avais emporté le 13 8bre bien des choses, mais en 7 mois j’ai dû cependant faire quelques achats sur place peu importants, toutefois, nous avions conscience de la gravité du moment et nous étions scrupuleusement économes. Certains dons en nature sont venus bien à point.

Le 18 mai 1915, nous avons été enlevés de l’Hospice général ! Il est dur, pour qui aime sa patrie, de partir en captivité… nous maintenions notre courage et celui de nos familles laissées là-bas à la pensée que la délivrance était proche et que les Allemands ne nous expédiaient que parce qu’ils ne se sentaient plus en sécurité et que notre départ précédait de peu le leur. Dans ces conditions, le sacrifice devenait infiniment plus léger !

Nous fûmes transportés à Gütersloh (Allemagne, Westphalie)… »

 

 

Musée du Service de santé des armées, Val-de-Grâce, Paris. Carton n°633, Roanne le 11 août 1915, dact., 14 p.

Photo : Le 12 mars 1914 l'hôpital militaire de Lille reçoit le nom du médecin inspecteur Gaspard Léonard Scrive (1815-1861), le chef du service médical de l'armée d'Orient (Crimée).

 

A SUIVRE - Témoignage du médecin principal de 2e classe Fribourg, médecin-chef de l'hôpital militaire Scrive de Lille (2 août 1914-18 mai 1915).

Découvrir - Chemins de mémoire du Nord Pas-de-Calais : Lille à l'heure allemande

Les hôpitaux militaires du département du Nord pendant la guerre 1914-1918 sont traités dans le tome 5 de la collection des Hôpitaux Militaires dans la Guerre 1914-1918, aux éditions Ysec de Louviers.

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André Breton médecin malgré lui

27 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #varia, #les hommes

André Breton médecin malgré lui
SORTIE 2012 -

Gilbert Guiraud. André Breton médecin malgré lui. Préface du docteur Xavier Riaud. Coll. Médecine à travers les siècles. Paris : éd. L'Harmattan, 2012, 83 p.

La première de couverture, un magnifique portrait de Breton portant képi et sanglé dans un uniforme de médecin auxiliaire du service de santé militaire, avait attiré mon oeil. Par je ne sais quelle perception subliminale j'avais voulu y lire : André Breton, médecin [militaire] malgré lui. Que nenni ! Le docteur Guiraud annonce, présente et nous sert son sujet ; il n'y a pas tromperie sur la marchandise. Il s'agit d'une petite monographie aérée, en moins de soixante-dix pages (hors préface, biblio, index ! - mais oui -, illustrations et blancs de page...) d' André Breton, le "médecin". C'est une honorable synthèse, un cours d'épistémologie à l'intention d'étudiants assidus. Mais pour ce qui est d'en retirer du neuf, en particulier sur la "carrière médico-militaire" du maître en 1914-1918, vous repasserez ! Vous en apprendrez plus en parcourant la toile. Mais comme j'ai pu vous le dire, mon attente d'inédit était trop forte.

Sur 1914-1918 : ch. 1 - A la recherche d'une vocation (1896-1919), p. 17-28.

La Guerre de 1914-1918 : /

Histoire du service de santé militaire : /

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Région militaire du Nord (1914-1918) : aux origines...

16 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #recherche archives documentation

Région militaire du Nord (1914-1918) : aux origines...
Région militaire du Nord (1914-1918)

Quelques lignes sur cette région militaire du Nord, création de la guerre, dont les origines restent méconnues pour un grand nombre de passionnés de la Grande Guerre et qui s’est substituée aux 1ère et 2e régions militaires.

La région du Nord fut créée par décision ministérielle du 9 septembre 1914, le lendemain de la reddition de Maubeuge et quatre jours après le déclenchement par les alliés de l’offensive de la Marne. Sous la pression allemande, les populations civiles belges de la frontière prirent la fuite ; elles furent suivies par les citadins et ruraux du nord de la France qui tentaient d’échapper aux avant-gardes ennemies (Maubeuge, Hirson, Rocroi, Avesnes, etc. se vidèrent de leur population). Près de 325 000 belges et deux millions de Français prirent la route entraînant l’évacuation des hôpitaux militaires des 1ère (Lille) et 2e (Amiens) régions militaires qui allèrent se réfugier dans les 12e (Limoges) et 11e (Nantes) régions militaires. Les rares structures hospitalières maintenues sur place au profit des intransportables ou qui furent mises sur pied en octobre 1914, au lendemain de la stabilisation du front, intégrèrent le service de santé de la nouvelle région du Nord.

« Bordeaux le 9 septembre 1914

Le Président de la République,

Vu l’article de la loi du 24 juillet 1873 relative à l’organisation générale de l’armée, etc.

Vu le décret du 6 août 1874 qui détermine les régions territoriales et les subdivisions de région, etc.

Sur le rapport du ministre de la Guerre

Décrète :

Art. 1 – Les territoires des 1e et 2e régions, non occupés par l’ennemi, sont réunis provisoirement en une région unique dont le chef lieu est Boulogne.

Art. 2 – Cette région comprend les subdivisions suivantes :

1) Dunkerque, arrondissements de Dunkerque, Hazebrouck, tout ou partie de ceux de Lille, Douai, Valenciennes, Cambrai, Avesnes.

2) Boulogne, arrondissements de Boulogne, Saint-Omer, Montreuil.

3) Béthune, arrondissements de Béthune, Saint-Pol, tout ou partie de celui d’Arras.

4) Abbeville, arrondissements d’Abbeville, Doullens.

5) Amiens, arrondissement d’Amiens, tout ou partie des arrondissements de Péronne et Montdidier.

6) Beauvais, arrondissements de Beauvais, Clermont.

Art. 3 – Le ministre de la Guerre est chargé de l’exécution du présent décret. »

Cette région appartenant dans sa totalité à la zone des armées, correspondait, de Dunkerque à Clermont (Oise), à la partie du front occupée par l’armée belge, par le corps expéditionnaire britannique (BEF) et par l’aile gauche des armées françaises.

Dès le premier mois de la campagne (au 1er septembre 1914), 14 300 lits de la 1ère région et 8 461 lits de la 2e région militaire furent perdus, soit la presque totalité des capacités hospitalières du Nord. Au 31 décembre 1915, la nouvelle région du Nord n’avait retrouvé qu’une capacité de 4 031 lits.

Le personnel de la direction du service de santé de la 2e région militaire d’Amiens (directeur : médecin inspecteur Charles-Marie-Jules Viry, 1845-1930) qui avait reçu l’ordre de se replier sur Nantes devînt le noyau de la nouvelle région. Le personnel médical mobilisé des deux anciennes régions constitua le corps des effectifs de la région du Nord ainsi que le personnel « troupe » des 1ère et 2e sections d’infirmiers militaires (SIM). Toutefois, comme aucun dépôt de corps de troupe ou de services ne pouvait être implanté dans la zone des armées, les dépôts des deux SIM furent maintenus dans la zone de l'intérieur : l’un au Dorat (Haute-Vienne), celui de la 1ère SIM ; l’autre à Nantes (Loire-Inférieure) pour la 2e SIM.

La région du Nord fonctionna jusqu’au 20 octobre 1919, date à laquelle les anciennes structures régionales furent rétablies avec quelques modifications dans leurs délimitations.

Photo : Carte originale des régions militaires de 1914 réalisée par Bernard Labarbe. Avec l'aimable autorisation de l'auteur www.bernard-labarbe-57ri.com/

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COTES-DU-NORD - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux, #Bretagne 1914-1918

COTES-DU-NORD - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

Côtes-du-Nord – Hôpitaux militaires, tome 1, p. 205-215

Belle-Île-En-Terre – Binic – Broons - Créhen-Plancoët – Dinan – Glomel – Gouarec – Guingamp – Lamballe – Lannion - Loc-Envel – Louargat – Loudéac – Moncontour – Pabu – Paimpol - Perros-Guirec – Plemet - Plestin-les-Grèves – Pleubian - Pleumeur-Bodou – Ploufragan – Plouguernevel – Plouha – Quintin – Roche-Derrien (la) - Rostrenen - Saint-Brieuc - Saint-Cast - Saint-Jacut-de-la-Mer - Saint-Nicolas-de-Pelem - Saint-Quay-Portrieux – Trébeurden – Trégastel – Tréguier – Val-André (Le).

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique –dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Sanitaires allemands prisonniers de guerre à l'hôpital complémentaire n° 17 de Dinan. Ecole des Cordeliers. (c) Musée du service de santé des armées, DR

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DEUX-SEVRES - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux

Deux-Sèvres – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 192-197

Absie (L’) – Airvault – Ardin – Argenton-Château – Breloux-la-Crêche – Bressuire – Celles-sur-Belle – Cerisay – Champdeniers – Chapelle-Bertrand (La) – Châtillon-sur-Sèvres – Chef-Boutonne – Chize – Coulonges-sur-L’autize – Exireuil – Faye-l’abbesse – Frontenay-Rohan-Rohan – Lezay – Magne – Mauze – Melle – Menigoute – Moncoutant – Mothe-Sainte-Heraye (La) – Mougon – Niort – Oiron – Pamproux – Parthenay – Prahecq – Sainte-Neomaye - Saint-Florent – Saint-Maixent-l’école – Saint-Pardoux – Sauze-Vaussais – Secondigny – Souche – Thouars – Vernoux-en-Gatine.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique –dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Hôpital auxiliaire n°4 de Niort. (c) Musée du service de santé des armées, DR

ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

BRESSUIRE

Baufreton Loïc, "Soigner pendant la guerre. Les hôpitaux militaires à Bressuire 1914-1918", dans la revue d'histoire et patrimoine du bressuirais, n°73, 2015. [en ligne]

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EURE-ET-LOIR - Hôpitaux militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux

EURE-ET-LOIR - Hôpitaux militaires (1914-1918)

Eure-et-Loir – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 115-125

Anet – Auneau – Bazoche-Gouet (La) – Beaumont-les-Autels – Bonneval – Bretoncelles – Breuzolles – Chapelle-du-Noyer (La) – Chartres – Châteaudun – Châteauneuf-en-Thymerais – Cloyes – Courtalain – Courville-sur-Eure – Dreux – Esclimont – Ferte-Vidame (La) – Janville – Lanneray – Laons – Loupe (La) – Maintenon – Marboué – Nogent-le-Roi – Nogent-le-Rotrou – Saint-Lubin-des-Joncherets – Senonches – Thiron-Gardais – Vert-en-Drouais – Villemeux - Villiers-le-Morhier.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Châteaudun : L'on retrouvera sur le site du CRID14 l'analyse du témoignage d'Albert Dauzat (1877-1955) par J.F. Jagielski (avil 2010), sur son service d'infirmier aux hôpitaux de Châteaudun (hôpital civil et hôpital complémentaire n°15, du Collège communal) entre le 2 août et le 5 septembre 1914.

Albert DAUZAT, Impressions et choses vues (juillet-décembre 1914). Paris-Neufchâtel : Attinger, s.d. [1916], 270 p.

Photo : Hôpital bénévole n°17 bis de Dreux. (c) Musée du service de santé des armées, DR.

Mise à jour : 1er décembre 2013.

Article dans L'Echo Républicain, du 8 septembre 2014.

Article dans L'Echo Républicain, du 8 septembre 2014.

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EURE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux

EURE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

Eure – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 82-114

Acquigny – Amfreville-la-Campagne – Andelys (les) – Beaumont-le-Roger – Bernay – Breteuil-sur-Iton – Breuilpont – Brionne – Bueil – Conches – Conde-sur-Iton – Ecouis – Etrepagny – Evreux – Fauville – Fleury-sur-Andelle – Gaillon – Gasny – Gisors – Harcourt – Heudebouville – Lieurey – Louviers – Montaure – Neubourg (le) – Nonancourt – Notre-Dame-de-Vaudreuil – Orgeville – Pacy-sur-Eure – Pont-Audemer – Quatremare – Rugles - Saint-Aubin-d'Ecrosville – Saint-Pierre-du-Vauvray – Saint-Sébastien-de-Morsent – Tremblay (Le) – Trouville-la-Haule – Verneuil-sur-Avre – Vernon.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : Première de couverture de l'ouvrage "Un hôpital édifié par ses malades" (hôpital complémentaire n° 27 de Vernon). (c) Musée du service de santé des armées. DR

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ORNE - Hôpitaux militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux

ORNE - Hôpitaux militaires (1914-1918)

Orne – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 135-143

Alençon – Argentan – Athis-de-L'orne – Bagnoles -de-L’orne – Bellême – Bellon-en-Houlme – Briouze – Chapelle-Moche (La) – Chapelle-Montligeon (La) – Domfront – Dompierre-de-l’orne – Gacé – Laigle – Merlerault (Le) – Mesle-sur-Sarthe (Le) – Mortagne – Origny-le-Roux – Saint-Bomer – Sainte-Gauburge – Sainte-Honorine-la-Chardonne – Sées – Soligny-la-Trappe – Tessé-la-Madeleine – Theil-sur-Huisme – Tinchebray – Vimoutiers.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : L'hôpital complémentaire n°2 d'Alençon. (c) Musée du service de santé des armées. DR

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SARTHE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

11 Janvier 2013 , Rédigé par FO Publié dans #les hopitaux

SARTHE - Hôpitaux Militaires (1914-1918)

Sarthe – Hôpitaux Militaires, tome 1, p. 144-155

Aubigné – Auvours (camp d’) – Beaumont-sur-Sarthe – Besse-sur-Braye – Bonnetable – Bouloire – Brulon – Chantenay – Chartre-sur-Le-Loir (La) – Château-du-Loir – Conlie – Connerré – Ecommoy – Ferté-Bernard (La) – Flèche (La) – Fresnay-sur-Sarthe – Ivre-l’Evêque – Luart (Le) – Lude (Le) – Luze-sur-Sarthe (La) – Mamers – Le Mans – Marolles-les-Braults – Montabon – Montfort-le-Rotrou – Montmirail – Noyen-sur-Sarthe – Parigné-le-Polin – Pontvallain – Ruillé-sur-Loir – Sablé-sur-Sarthe – Saint-Calais – Saint-Cosme-de-Vair – Saint-Rémy-des-Monts – Saint-Symphorien – Sargé-Lès-le Mans – Sillé-le-Guillaume – Solesmes – Souligné-sous-Ballon – Suze (La) – Teloché-le-Rancher – Tuffé – Vaas – Vallon-sur-Gée – Verneuil-le-Chétif.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des développements historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Photo : L'hôpital dépôt de convalescents n° 48 du Mans. (c) Musée du service de santé des armées. DR

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