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ZILLISHEIM 1914 – UN EPHEMERE HOPITAL MILITAIRE FRANÇAIS EN ALSACE ANNEXEE

12 Août 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

ZILLISHEIM 1914 – UN EPHEMERE HOPITAL MILITAIRE FRANÇAIS EN ALSACE ANNEXEE

La bataille qui se déroula, du 7 au 10 août 1914 entre la Ière armée française et la VIIe allemande fut le premier engagement prévu par le plan XVII qui prévoyait une offensive en Haute-Alsace dès avant la fin de la concentration des troupes. Dans la matinée du 7 août l’armée française s’empara de la ville d’Altkirch puis de Mulhouse (8 août) sans bataille, suite à un repli des Allemands. Dès le 9 août les Allemands montaient une contre-attaque à Cernay. Le 10 août, le général Bonneau, en l’absence de réserves, décidait l’évacuation de Mulhouse et la retraite vers Belfort. Une seconde tentative fut faite par une « nouvelle » armée d’Alsace formée le 11 août. Le 19 août, le 7e corps d’armée français pénétrait de nouveau dans Mulhouse. Le 21, le général Pau ordonnait l’arrêt des troupes. Le 25 août, l’armée d’Alsace commençait son repli et évacuait une seconde fois Mulhouse. Le 28 août, l’armée d’Alsace était dissoute.

« Journal [du médecin major de 2e classe Marius Antoine Perriol (A)], du 23 août au 2 septembre 1914 – [Médecin-chef de l’] Hôpital de Zillisheim (près Mulhouse)

Le [dimanche] 23 août 1914, monsieur le médecin inspecteur général Nimier (B) m’emmenait en automobile, depuis les faubourgs de Belfort jusqu’à Zillisheim (à 5kms de Mulhouse) pour y prendre les fonctions de médecin-chef du Petit séminaire [actuel collège épiscopal], immense établissement où se trouvaient les brancardiers divisionnaires de la 66e division et trois ambulances. Il me prévenait que je serais fait prisonnier, et me recommandait le secret vis-à-vis de mes camarades de l’ambulance 3/44.Une rapide poignée de mains à mes collègues, avec lesquels je venais de travailler après la bataille de Flaxlanden Illfurth, soit à Altkirch, soit à Dannemarie. Quelques secondes pour charger ma cantine, et je partais avec le médecin de l’armée d’Alsace.

Le Petit séminaire de Zillisheim est très vaste et avait pu hospitaliser un millier de blessés ; il en restait environ six cents. Une visite rapide me permet de classer les évacuables. Quelques grandes gouttières mises solidement m’autorisent à joindre à cette catégorie de blessés, les trois quarts de mes 84 fractures de cuisse – et j’ai la satisfaction, grâce à l’envoi de convois automobiles de voir partir vers notre armée tous [page 2] les blessés sauf 86, dont 36 allemands. Je puis même faire évacuer 2 officiers ayant des plaies de poitrine au quatrième jour, et j’ai su plus tard qu’ils avaient guéri.

Lundi 24 août

Après 24 heures de besogne écrasante : évacuations, confection de gouttières et plâtres, débridements urgents, pansements avec la collaboration de 5 infirmiers et un médecin dentiste (Dr. Vieu) et un étudiant en médecine (Ch. Durand) chargés des fonctions de médecin auxiliaire ; notre petit groupe restait seul dans l’hôpital ; à 6 heures du soir le médecin major des brancardiers de la 66e division et moi nous étions serrés tristement la main, émus jusqu’aux larmes, à la pensée que si la retraite s’imposait pour notre armée d’Alsace victorieuse, de graves évènements avaient dû se passer dans le Nord – Voitures d’ambulance même et voitures de brancardiers emmenaient le maximum de blessés ou d’éclopés  sur un ordre de moi, donné au nom du médecin d’armée, ordre que je prenais , bien entendu, sous ma responsabilité. Et nous rentrions à notre hôtel.

Devant cette retraite de nos troupes, les Allemands deviennent immédiatement insolents. Notre repas nous est servi d’une façon un peu humiliante et lorsque je demande à parler aux abbés, directeur ou économe (Badois) un prêtre me dit qu’ils n’ont pas le temps et ne peuvent se déranger. Je leur envoie l’ordre de se présenter à moi, le lendemain 8 heures du matin et vais continuer à m’occuper des blessés. [page 3]

Mardi 25 août

Grande scène amusante avec le Supérieur et l’Econome du Séminaire. Je parle raide et j’ordonne sévèrement « au nom de l’armée française ». Promesse formelle m’est faite que nous serons traités bien, couchés convenablement et obéis à la lettre. L’attitude humble et déférente de tous ces Allemands rassemblés me prouve que c’est la manière forte qui doit être employés. Et je foudroie du regard un malheureux professeur qui essayant de me regarder en face avait osé dire : « je crois, cette fois, que les Français sont partis définitivement. » Une verte semonce le remet dans le rang. Il a dû depuis,  se contenter d’adresser à la commandanture de Mulhouse, un rapport secret sur mes faits et gestes.

L’arrière-garde de notre armée doit passer à midi. Je fais charger sur des voitures de maraîchers, tout l’équipement considérable resté à l’hôpital (au moins 600 fusils), vêtements, sacs, cuirs, etc. J’ai la satisfaction de le faire emmener après visite, au général, que je trouve dans le village de Zillisheim.

Mercredi 26 août

La besogne est grande, mais nous travaillons de toute notre âme, pour calmer notre esprit anxieux, en pensant que cela ne va pas bien pour notre armée et que l’offensive est arrêtée. Les premières  patrouilles allemandes traversent très prudemment [page 4] le village, mais ne pénètrent pas dans l’hôpital.

Jeudi 27 août

Le maire de Zillisheim m’envoie dire qu’il refuse de continuer de s’occuper des funérailles des soldats français décédés dans notre hôpital. Je fais mander le garde champêtre « au nom de l’autorité française » et je fais porter un ordre écrit au maire, de faire sous sa responsabilité personnelle, creuser des fosses pour nos décédés, organiser un convoi convenable avec un prêtre et inhumer avec honneur, tous les morts français ou allemands. Je garde un reçu détaillé de mes prescriptions.

J’organise pour le soir, l’évasion de deux de nos éclopés guéris : le caporal Delorme du 159e et le soldat Pariot du 280e régiment. Je leur donne un repas froid, de l’argent et leur explique longuement, comment ils se guideront sur le canal du Rhin, la voie ferrée, la grande route ; il y aura clair de lune. Nos hommes partiront avec leurs fusils, des cartouches. Ce sont deux braves garçons, capables de se tirer d’affaire. Mais le soir arrive, le village est envahi par les Allemands. L’évasion devient impossible.

Vendredi 28 août

Un médecin de Berne, suisse allemand, vient par ordre de l’autorité allemande prendre 24 blessés pour Badenweiller ; [page 5] je lui donne exclusivement des allemands, espérant toujours que nos troupes pourraient revenir à Mulhouse. Apparition des infirmiers de la Croix-Rouge allemande qui arrivent dans les automobiles, que nous avons hélas oubliés d’emmener de Mulhouse au moment de la retraite ! Elles auraient si bien pu enlever tous nos blessés et quelques otages même [en.] ces Messieurs de la Croix-Rouge sont superbes de dignité et de ridicule [ :] costume vert bouteille avec la casquette plate allemande, révolver, gourde, jumelles de Zeiss, gibernes à médicaments et bandes, haches battant sur le côté, pattes d’épaules, couteau. Ils se présentent avec correction, talons joints, la taille redressée avec une raideur militaire. – échange de compliments protocolaires. Nos blessés sont conduits par eux à Mulhouse, aimablement d’ailleurs, après distribution de cigarettes. Je continue à parler et à allocutionner « au Nom de l’Armée Française qui s’est retirée momentanément ».

Samedi 29 août

Je fais démonter trois fusils qui nous restent. Vis, culasses, canons, sont glissés par nous dans le canal du Rhin, avec beaucoup de cartouches, qui sont éparses dans l’hôpital. Il y a des troupes d’infanterie tout autour de nous, et nous ne tardons pas à être en contact. En effet, arrive une patrouille automobile composée de : un officier de réserve, trois soldats ayant les aiguillettes de [page 6] bons tireurs. Avec eux, deux sous-officiers, dont l’un est alsacien. L’abordage est froid. Je suis averti que nous sommes moi et mes hommes consignés dans l’hôpital, et que si nous faisons un pas au dehors, nous serons fusillés. – Salut. –

De nombreuses sentinelles sont placées. Visite minutieuse par un détachement, de tout l’établissement. On recherche les fusils, les cartouches et les « Mauser » que l’on sait avoir été au nombre de plus de 400 dans le Petit Séminaire. Où sont ces fusils, et où sont les armes françaises ? Les caves et greniers, les placards sont examinés pendant plus de trois heures. Mais je suis bien certain, qu’il n’y a plus rien. Tout ce que je n’ai pas livré à notre arrière garde, est dans le ruisseau affluent de l’Ill, ou dans le canal du Rhin. La déception de nos ennemis est sérieuse ; ils n’emportent qu’une baïonnette égarée en un coin.

Il me reste trois blessés graves, et en plus de mon personnel, Pariot du 280e. Je lui ai fait remplacer ses écussons par d’autres, le classant dans la 16e section. Je le nomme infirmier, et l’orne d’un brassard de la Croix-Rouge, que j’ai fait confectionner en secret, par une jeune fille alsacienne qui a fait serment de n’en jamais parler. J’estampille le brassard à la plume, du cachet du Ministre de la Guerre, et me suis décidé à tenter de l’emmener si on me relâche. Notre travail médical étant très restreint, j’occupe mes loisirs, à surveiller du haut de la maison, avec ma jumelle, les mouvements des troupes qui construisent des tranchées, perpendiculairement à la route de Mulhouse. – Sur le flanc du coteau qui [page 7] monte vers Flaxlanden, deux bataillons font des retranchements. Je repère sur la carte d’état-major, et me tiens prêt à faire un rapport si je suis relâché. Je cause avec les soldats qui me gardent, et j’apprends les numéros des régiments qui sont dans la région. Avec quelques cigarettes, je deviens très documenté. Pendant ce temps, mes six hommes se mettent en tenue très soignée, astiquée. – Je tiens à ce qu’ils soient irréprochables devant nos ennemis, se tiennent la tête haute et les regardant droit.

Pour moi, je suis très surveillé. Le médecin allemand a fait un rapport où il prétend que je l’ai reçu avec insolence. Il s’est présenté à moi, hier, accompagné d’hommes en armes, baïonnette au canon, dans une salle de blessés. Je l’ai salué avec raideur, mais poliment, attendant qu’il se présente àmoi.

  • Aide-major X…
  • Oberartz  Professor  Perriol
  • Je désire voir les blessés
  • Très volontiers.

Et nous commençons la visite. Au troisième lit, voyant que ces douze fusiliers continuent à nous suivre et m’encadrer étroitement, je m’arrête.

  • Vous seriez bien aimable de laisser votre escorte à la porte des salles de blessés. J’ai des blessés graves et le mieux est de les laisser reposer.
  • Jamais de la vie, mes hommes me suivront. [page 8]
  • Dans ce cas, vous m’excuserez. Je me retire. D’ailleurs, j’ai une opération urgente à faire.

Je salue et m’en vais sans me retourner.

Deux heures après, mon confrère à la joue ornée de balafres, revenait avec une vingtaine d’hommes en armes et baïonnette au canon, accompagné d’un capitaine, revolver à la main. Ce capitaine vient droit sur moi. J’étais en sarrau, faisant un pansement. – Je salue.

Il marche à pas comptés, arrive jusqu’à moi, et me braque sur la poitrine son énorme revolver Mauser, sans rien dire. – Rien de mieux à faire qu’à le regarder, comme s’il désirait m’inviter à déjeuner, sourire aimablement, en lui disant à vos ordres.

  • Herr Hauptmann. Je suis l’Oberartz français.
  • Combien avez-vous eu de soldats allemands blessés ?
  • Combien de morts ?
  • Qu’avez-vous fait de l’argent trouvé sur eux ?

Et la conversation s’engage ainsi. Du moment qu’il ne tirait pas, il fallait bien qu’après un certain temps, il abaissa son révolver. Le temps paraît un peu long en pareil cas ; enfin il se décide et remise son mauser ! Ce hauptmann était fort excité. Il termine notre entretien en me criant :

  • Nous avons détruit hier un des forts de Belfort. Nous avons amené des canons de 42 centimètres et dans [page 9] deux jours, Belfort  sera pris.

Je ne bronche pas et réponds:  - « Je n’ai pas compris, ce que vous venez de me dire. »

Il recommence son discours, nouvelle protestation de ma part : -« Je comprends mal l’allemand, vous parlez trop vite pour moi. » et devant mon impassibilité, le bouillant hauptmann s’en va, l’air furieux en grommelant. Mais je ne sais pas ce que je vais devenir. Serais-Je libéré ?

Dimanche 30 août

Je suis décidé à essayer de tout tenter, pour me faire relâcher, mais je sais que la Commandanture est à Mulheim – Comment faire parvenir une lettre au général de division allemand jusqu’à Mulheim ? Je songe aux membres de la Croix-Rouge de Mulhouse, à ces gens si bien vêtus dans leur accoutrement de brancardiers volontaires. Leur président est un négociant en draps enrichi. Il a une automobile. Son allure est superbe de majesté et de dignité. Là doit être mon moyen de salut. J’écris à Monsieur le Président, une lettre, où je confesse mon admiration  pour l’habileté, le dévouement, la charité, la prévoyance, etc., etc. de la compagnie qu’il dirige si bien.

  • Faire son devoir est bien. Vous, Monsieur le Président vous faites mieux encore.

La lettre relue, mes deux médecins auxiliaires protestent et me déclarent qu’elle est excessive de lourds compliments, et [page 10] que le destinataire croira que j’ai voulu : « galéger » comme disent nos Provençaux. Je maintiens mon style ampoulé et dithyrambique et j’envoie à Mulhouse, à l’aide d’un fort pourboire.

Quelques heures après, Monsieur le Président venait en automobile me remercier tout ému, et me disait qu’il avait de suite fait faire un tirage à part de mon élucubration. L’ORIGINAL figurera dans le LIVRE d’OR de la compagnie.

Quelques minutes de conversation, et nous nous quittions. Au moment de nous séparer, je coupe court aux dernières protestations de reconnaissance en disant : « Voulez-vous me rendre un service ? »

  • Avec plaisir.
  • Porter la lettre que voici à Mulheim au général, commandant.
  • Avec plaisir.

Et voilà comme je pus exposer au général Mathy, ma demande de libération.

Arrivée d’un monsieur très correct, ganté, courtois.

  • Qui êtes-vous en France, Monsieur l’Oberartz ? Etes-vous un homme « considérable » ?

J’hésite une minute. Est-ce pour me libérer,  est-ce pour faire de moi un otage ? Je réponds :

  • Professor Perriol, Vice-Président du Conseil de l’Université de Grenoble.
  • Connaissez-vous beaucoup de généraux français ? [page 11]
  • Beaucoup
  • Tiennent-ils compte de ce que vous leur demandez ? Votre opinion est-elle sollicitée par eux ?
  • J’habite une ville de garnison où résident plusieurs généraux. Je connais beaucoup de généraux dans notre armée et j’ai avec eux d’excellentes relations.
  • Vous pouvez fréquenter chez eux ?
  • Certainement

J’explique que je vais être libéré par le général Mathy auquel, Monsieur le Président de la Croix-Rouge, est allé demander le départ de l’Oberartz, vice-recteur de l’Université de Grenoble, dont la mission à Zillisheim est maintenant sans objet.

  • Mais, me répond le Monsieur correct, je vais de mon côté me rendre de suite à Mulheim, appuyer la demande faite.

Saluts, plongeons, poignées de mains. Mais pourquoi me demande-t-il si je suis un homme considérable ? Quelques heures après, il revient, m’apportant mon sauf-conduit pour moi, pour tout mon personnel, y compris mon brave Pariot, qui va s’évader comme lazarethilfe. Pariot est dans le ravissement. Le Général spécifie, que nous serons dirigés sur Bâle, et officieusement on me demande d’emmener avec moi, Madame Coomans (C), la femme du bourgmestre de Mulhouse, arrêté par notre commandement et incarcérée à Belfort. Cette dame désire aller rejoindre son mari dans un camp de concentration et y être enfermée avec lui. Il m’est expliqué, que je partirai dans une limousine de grande marque, avec cette dame, et que je retrouverai à Bâle, mes hommes. Je refuse de les quitter, me retranche derrière mon rôle de chef et j’obtiens que, puisqu’il n’y a pas moyen de me décider, on cherchera une deuxième voiture pour mes hommes.

Lundi 31 août

A 7 heures 1/2 du matin, deux officiers et cent hommes arrivent. Nos bagages sont descendus ; minutieuse recherche dans nos bagages, visite des sacs des hommes. Nos armes sont confisquées. Nos cartes nous sont enlevées. On nous laisse notre linge et nos vêtements. Le Supérieur et l’Econome qui nous avaient voulu mal recevoir, après le départ de nos troupes et nous témoignaient une antipathie de Badois se présentent aux officiers très humblement et leur font leurs compliments. Comme ils sont Allemands, non Alsaciens, comme ils m’ont la veille chargé de donner leur note pour la France, 140 000 frs. Je prends subitement envie de me venger de leur essai d’indépendance, si hâtive à l’égard des Français. Je m’approche d’eux en souriant et le plus poliment du monde, à voix haute, devant les officiers allemands, je les remercie de leur si grande amabilité à l’égard des Français qui n’oublieront pas leurs prévenances. Je me souviendrai longtemps de leur air consterné et du regard foudroyant de l’hauptmann. Mes deux phrases de compliments ont dû valoir aux abbés une sérieuse réquisition. [page 13] Enfin, nous partons pour Mulhouse, où nous allons prendre Madame Coomans (C).

Retour par Bâle, en regardant avec le plus grand soin, pour en rendre compte, l’état de la voie à Mulhouse, la composition des troupes à Mulhouse, la composition des troupes à Mulheim et sur le reste de notre trajet.

Midi – arrivée à Bâle, où nous sommes reçus très aimablement par les officiers suisses avec une cordialité charmante et un enthousiasme fou s des Suisses, qui nous offrent des fleurs et qui crient : « Vive la France ». Quelle émotion est la nôtre.

En réfléchissant à ces journées passées loin de mon ambulance 3/44 je me félicite d’avoir pu faire enlever tout l’équipement et les fusils de mon hôpital, ramasser assez de documents pour faire à Besançon un rapport jugé intéressant par l’Etat-major qui à ce moment là, ne savait rien de ce qui se passait au-delà de Dannemarie. (On se demandait si cent cinquante mille autrichiens n’arrivaient pas par la Forêt Noire) prévenu tous les colonels des régiments de mes blessés, en donnant les diagnostics et pronostics. Nos blessés ont été évacués à Fribourg-en-Brisgau et Mulhouse (pour les Français) et à Badeweiller (pour les Allemands).

Or le lazaretts inspector professor Jessen de l’université de Strasbourg et le lazarett Sommer director Gustave Krautinger ont publié dans les journaux allemands un article disant que les blessés ont été traités : « Freundlich, gut und human » par le service de santé français au grand lazarett de Zillisheim. Nous leur en témoignons ici, toute notre reconnaissance, et demandons que les blessés français soient bien traités en retour. (Lu dans la Dépêche de Lyon, le 25 décembre 1914).

 – [signé] Docteur Perriol. »

 

Notes :

A – Perriol Marius-Antoine (1866-1927). Docteur en médecine à Grenoble et directeur de l’école de médecine de la ville. Médecin major de 2e classe, affecté à l’ambulance n°3/44 (15 avril 1914). Mobilisé à l’A. 3/44. Médecin-chef de l’hôpital militaire de Zillisheim (22 août 1914).Prisonnier de guerre (23 août 1914). A. 3/44 (3 septembre 1914). Evacué (2 novembre 1914). Médecin-chef de l’hôpital complémentaire du lycée de garçons de Grenoble (21 novembre 1914). Médecin-chef du secteur chirurgical de Grenoble (25 juin 1916). Chirurgien de l’hôpital militaire Desgenettes de Grenoble et adjoint chirurgical de secteur (13 novembre 1916). Affecté comme chirurgien à l’ambulance américaine (Depew) d’Annel près de Compiègne (11 janvier 1917). Médecin major de 1ère classe à titre temporaire (1er mai 1917). Médecin-chef du secteur chirurgical de Chambéry (7 juillet 1917). Congé sans solde, dans ses foyers (20 janvier 1918). Base Léonore LH/2111/58.

B – Nimier Henri Jacques (1857-1938). Médecin inspecteur général du Gouvernement militaire de Lyon et du 14e corps d’armée (24 septembre 1908-2 août 1914). Médecin de l’armée des Alpes (2 août 1914). Médecin de l’armée d’Alsace (15 août 1914). Médecin de la 6e armée (27 août 1914). Médecin d’armée, directeur du service de santé en Afrique du Nord (22 février 1917-31 décembre 1918). Base Léonore AN 19800035/131/16357.

C – Le maire de Mulhouse : Hermann Cossmann (1874- ?), magistrature du 25 avril 1913 au 28 septembre 1914.

Source : Musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 639 (Perriol)

 

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IN MEMORIAM – « SANITAIRES » BRETONS 1914-1918

6 Août 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hommes, #Bretagne 1914-1918

MEDECINS ET « SANITAIRES » BRETONS MORTS DURANT LA GRANDE GUERRE (1914-1918) – lettres A-B.

En marge de la thématique des hôpitaux militaires je propose cet été quelques biographies sommaires sur des « sanitaires » bretons (officiers et troupe) morts pendant la Grande Guerre…

1. ANGER Alexandre François Célestin (1890-1915) – Médecin auxiliaire (adjudant), 126e régiment d’infanterie. Né le 17 juin 1890, à Vitré (Ille-et-Vilaine). Tué à l’ennemi le 7 avril 1915, entre Regneville et Faye-en-Haye (Meurthe-et-Moselle). Recrut. Nantes 1910, matricule 96. Etudiant en médecine (Ecole de Nantes). Aux Méd., 153 ; MDH.

2. ASSICOT Louis Victor François (1874-1916) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), 109e régiment d’infanterie. Né le 9 janvier 1874, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Tué à l’ennemi le 18 mars 1916, devant le fort de Douaumont (Meuse). Précédemment blessé le 10 septembre 1914. Recrut. Rennes 1894, matricule 2325. Ancien interne des hôpitaux de Paris, docteur 1902 (Fac. de Paris), médecin à Rennes. Aux Méd., 156 ; MDH.

3. AUFFRET Joseph (1892-1916) – Médecin auxiliaire (adjudant), 37e [ou 8e] régiment d’artillerie. Né le 15 mars 1892, à Guingamp (Côtes-du-Nord). Mort de maladie contractée aux armées le 8 novembre 1916, à Paimpol (Côtes-du-Nord). Recrut. Saint-Brieuc 1912, matricule 1889. Médaillé militaire - J.O., 20 décembre 1917 : « Soldat dévoué ayant toujours parfaitement rempli son devoir. A contracté une grave maladie aux tranchées dans l’exercice de ses fonctions de brancardier qu’il accomplissait avec un zèle et un dévouement inlassables ». Aux Méd., 158 ; MdH.

4. BABIN-CHEVAYE Jean-Baptiste Louis Marie (1893-1917) – Médecin auxiliaire (adjudant), 52e régiment d’infanterie coloniale. Né le 7 novembre 1893, à Nantes (Loire-Inférieure). Décédé le 15 juin 1917, à Paissy (Aisne). Recrut. Nantes 1913, matricule 1254. Etudiant (Ecole de Nantes). Médaillé Militaire – J.O., 1er novembre 1920 : « Sur le front depuis la formation du régiment, comme sergent brancardier, puis comme médecin auxiliaire, a toujours eu une très belle attitude au feu. A été mortellement blessé, le 16 avril 1917, alors qu’avec un beau courage et un sang-froid remarquables, sous une grêle de balles, il se portait au secours de blessés derrière la vague d’assaut. A été cité ». Aux Méd., 159 ; MdH.

5. BACHELET Louis-Albéric (1891-1917) – Médecin auxiliaire (adjudant), 222e régiment d’artillerie. Né le 2[ou 21] août 1891, à Guéméné-Penfao (Loire-Inférieure). Tué à l’ennemi le 23 octobre 1917, à Vaudesson (Marne). Recrut. Guingamp 1911, matricule 1616. Précédemment blessé le 4 septembre 1916, Croix de guerre – J.O., 17 janvier 1918 : « Le 23 octobre 1917 détaché dans une batterie, s’est spontanément porté sur les positions avancées que devait occuper son groupe et y a trouvé une mort glorieuse. Déjà blessé en marchant à l’assaut avec l’infanterie pendant la bataille de la Somme. » Aux Méd., 160 ; MdH

6. BAINVEL Henri Marie Joseph (1892-1915) – Médecin auxiliaire (adjudant), 48e régiment d’infanterie territorial. Né le 25 avril 1892, à Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Inférieure). Décédé le 25 juillet 1915, à Saint-Mars-la-Jaille (Loire-Inférieure), en congé de convalescence suite à maladie (Bronchite suspecte et pleurésie). Recrut. Ancenis 1912, matricule 97. Mort pour la France. Aux Méd., 161 ; MdH

7. BENET DE MONTCARVILLE Henri Alphonse Edouard (1887-1915) – Médecin auxiliaire (adjudant), 116e régiment d’infanterie. Né le 20 novembre 1887, à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). Décédé des suites de ses blessures le 30 mars 1915, à Warloy-Baillon (Somme), ambulance n°7/11CA [ou n°7/22DI]. Recrut. Ancenis 1907, matricule 290. Etudiant (Ecole de Nantes). Croix de guerre, Médaille militaire - J.O., 6 mai 1915 : « Au front depuis le début de la campagne, s’est toujours montré un auxiliaire précieux et compétent pour son chef de service. En maintes circonstances a méprisé le danger en allant secourir des blessés sur la ligne de feu. A été atteint le 29 mars tandis qu’il allait porter secours à un blessé dans les tranchées de première ligne très exposées. » Aux Méd., 168 ; MdH.

8. BILLON Louis Jean-François Marie (1873-1916) – Médecin major de 2e classe (capitaine), 11e région militaire, dépôt de Pontivy du 137e régiment d’infanterie. Né le 14 février 1873, à Quimper (Finistère). Décédé le 18 juin 1916, à Fontenay-le-Comte (Vendée), en congé de convalescence. Mention « Mort pour la France », acte du tribunal de Fontenay-le-Comte du 27 décembre 1918. Aux Méd., 175 ; MdH (« indéfini ».

9. BINET Maurice Victor Aimé (1890-1918) – Médecin aide-major de 2e classe (sous-lieutenant), 231e régiment d’infanterie. Né le 1er novembre 1890, à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Tué à l’ennemi le 27 mai 1918, à Dickebuch [Poperinghe](Belgique). Recrut. Bourges 1910, matricule 1225. Chevalier de la légion d’honneur ? Ne figure pas dans la base Léonore – J.O., 9 janvier 1920 : « Médecin dévoué et consciencieux qui a toujours donné le plus bel exemple de sang-froid et d’abnégation. A été mortellement atteint le 27 mai 1918. A été cité». Aux Méd., 176 ; MdH ; AN base Léonore.

10. BLANCHET Joseph Edouard [Edmond] Eugène (1876-1918) – Médecin aide-major de 1ère classe (lieutenant), « ambulance du Lac de Gérardmer (Vosges) ». Né le 13 septembre 1876, à Lamballe (Côtes-du-Nord). Décédé le 5 juillet 1918, à Pléneuf (Côtes-du-Nord), en permission à son domicile au lieu-dit « bourg ». Docteur (Fac. de Paris, 1902). Médecin à Pléneuf (Côtes-d’Armor). Mort pour la France, acte du 5 septembre 1918. Aux Méd., 178 ; MdH « indéfini ».

11. BLIN Adolphe-Louis (1852-1915) – Médecin major de 2e classe, 10e région militaire. Né le 8 décembre 1852, à Champrépus (Manche). Décédé le 7 novembre 1915, à Rennes (Ille-et-Vilaine). Docteur (1879). Médecin à Rennes (Ille-et-Vilaine). Aux Méd., 179 ; MdH (absent).

12. BLINEAU Paul Samuel Marie (1888-1915) – Médecin auxiliaire, 28e régiment d’artillerie. Né le 8 octobre 1888, à La Montagne (Loire-Inférieure). Décédé le 14 mai 1915, à l’ambulance n° 3/11 de Dernancourt (Somme), des suites de ses blessures. Recrut. Nantes 1908, matricule 1027. Etudiant (Ecole de Nantes). Aux Méd., 179 ; MdH.

13. BLIVET Fulgence François Xavier Louis Marie (1872-1918) – Médecin major de 2e classe (capitaine), 5e région militaire. Né le 2 septembre 1872, à Uzel-près-l’Oust (Côtes-du-Nord). Décédé le 7 octobre 1918, à Auxerre (Yonne). Docteur (Fac. Paris, 1897).Médecin à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). Aux Méd., 179 ; MdH (absent).

14. BONHOMME Pierre Marie Joseph (1873-1914). Médecin-major de 1ère classe (commandant), 41e régiment d’infanterie. Né le 21 avril 1873, à Tremblay (Ille-et-Vilaine). Tué à l’ennemi le 18 septembre 1914 à Oulches (Aisne). Recrut. Vitré 1893, matricule 1231. Croix de guerre - J.O., 28 novembre 1914 : « Tué en traversant une zone balayée par les obus pour porter ses soins à des blessés qu’on ne pouvait relever en raison de la violence du feu ». Aux Méd., 182 ; MdH.

15. BRENUGAT Charles Augustin Alain (1872-1918) – Médecin-major de 2e classe (capitaine), ambulance n° 9/22 [ou 248e régiment d’infanterie]. Né le 9 juillet 1872, à Mordelles (Ille-et-Vilaine). Décédé le 20 août 1918 à l’hôpital militaire Desgenettes de Lyon (Rhône) de maladie contractée en service. Mort pour la France. Docteur (Fac. Paris, 1897). Médecin à Corseul (Côtes-du-Nord). Chevalier de la Légion d’honneur (29 décembre 1916, rang du 25 décembre 1916) – J.O., 3 janvier 1917 : « Au front depuis le début des hostilités, s’est fait remarquer par le sang-froid et le dévouement avec lesquels il a donné des soins à de nombreux blessés dans des conditions particulièrement difficiles et dangereuses. A déjà été cité. » Aux Méd., 190 ; MdH ; AN base Léonore, LH/357/63.

(à suivre) lettre C

Sources :

Aux Méd. - Collectif. Aux médecins morts pour la Patrie (1914-1918). Hommage au corps médical français. Paris : Syndicat des Editeurs, [ca. 1920-1922], 446 p. MdHhttp://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/spip.php?rubrique41

Base Léonore - http://www.culture.gouv.fr/documentation/leonore/leonore.htm

Photo : Dans les boues de la Somme, par Gaston Broquet. Jardins de l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce à Paris.

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DAMVILLERS (Meuse) 1914

5 Août 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

DAMVILLERS (Meuse) 1914 – L’HOPITAL TEMPORAIRE DE COUVERTURE EST OCCUPE PAR LES ALLEMANDS…

 

D’après le médecin général inspecteur A. Mignon (Le Service de Santé pendant la Guerre 1914-1918, I, pp. 26-27) les hôpitaux de couverture étaient des formations sanitaires éphémères situées entre Meuse et Moselle « essaimées dans la Woëvre et probablement exclusives à cette contrée ». Ces hôpitaux mis sur pied en 1907 à l’initiative du général Charles-Arthur Maitrot (1849-1924), chef d’état-major du 6e corps d’armée (Châlons-sur-Marne), à partir des ressources des sociétés d’assistance locales, étaient destinés, à la mobilisation, à recueillir les petits malades, les blessés et éclopés de leur voisinage en attendant le déploiement des ambulances et des formations sanitaires des étapes. Leur fonctionnement y compris dans le ramassage et le transport des blessés était assuré au moyen de la réquisition. Ces hôpitaux de couverture, appelés aussi « hôpitaux temporaires de couverture » se replièrent, mission accomplie, à partir du 21 août 1914, sur Verdun, Châlons-sur-Marne et Nevers. Ces hôpitaux ne possèdaient pas de numérotation particulière. Ceux qui furent maintenus seront transformés en hôpitaux bénévoles [développement des notices hospitalières dans le tome 5 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, à paraître].

Localisation (exemple à la 3e armée) : Aulnois-sous-Ventuzey, Jouy-sous-les-Côtes, Saint-Julien, Raulincourt, Apremont, Woinville, Buxières, Vigneules, Hattonchâtel, Saint-Maurice-sous-les-Côtes, les Eparges, Fresnes-en-Woëvre, les Petits-Monthairons, Haudiomont, Ville-en-Woëvre, château d’Honnoncelle, Etain, Spincourt, Damvillers, Mangiennes.

 

Je propose aujourd’hui la transcription du court rapport de captivité du médecin aide-major de 2e classe Paul Maillard, médecin-chef de l’hôpital temporaire de couverture de Damvillers.

« J’étais désigné en cas de mobilisation pour remplir les fonctions de médecin-chef de l’hôpital temporaire de couverture de Damvillers (Meuse). Cet hôpital renfermant 120 lits fonctionna sans arrêt depuis le début des hostilités [7 août] jusqu’au 26 août. Ce jour là, quand les uhlans apparurent, il me restait environ 15 blessés qu’il m’avait été impossible d’évacuer. J’avais en outre en traitement un uhlan qui avait été frappé d’une balle le matin même, à l’entrée du village. L’officier commandant la patrouille vint à l’ambulance et après avoir vérifié mes pièces d’identité, me laissa l’entière liberté de soigner mes blessés comme auparavant. Le lendemain et les jours suivants, de nombreux blessés entrèrent à l’hôpital et je continuais à les traiter, de concert avec leurs médecins.

Brusquement, le 5 septembre, et par ordre du Général, nous fûmes enfermés, ma femme et moi, dans notre propre maison, avec défense absolue d’en sortir l’un ou l’autre sous peine d’être fusillés. Nous étions accusés de correspondre avec la place de Verdun au moyen d’un téléphone souterrain, et dans le but de trouver cet appareil des officiers firent pratiquer des fouilles et perquisitionnèrent dans ma maison plus de trente fois. Enfin le 26 [page 2] octobre, le général commandant le 5e corps d’armée de réserve dont le quartier général se trouvait à Ecurey, me donna l’ordre de partir le lendemain matin, en compagnie de ma femme. Entre temps, tous les habitants mâles du village, et parmi eux un vieillard aveugle de 80 ans avaient été emmenés en captivité en Allemagne.

Donc le 27 octobre, nous fûmes transportés en automobile à Montmédy d’où nous partîmes pour Thionville dans un train de blessés. Le 31 octobre, on nous fit monter dans un train sans nous en indiquer notre destination. Notre voyage s’est effectué dans un compartiment de seconde classe, réservé, et toujours accompagnés par un officier. Le 1er novembre, nous arrivions à la gare de Mayence, où je fus séparé de ma femme. Cette dernière fut logée à mes frais dans un hôtel, et je fus conduit sous escorte à la citadelle où sont enfermés les officiers alliés prisonniers. En général, les officiers allemands se sont montrés, à notre égard, corrects et même courtois.(…) »

En mai 1915, le médecin aide-major Paillard fut rapatrié via la Suisse.

 

Annexe (V. 2, complément du 19 août 2013) : Dans son ouvrage Le Service de santé pendant la Guerre 1914-1918. Paris : Masson, 1926, p. 88-90 et 94, le Médecin général inspecteur Mignon précise qu'en qualité de directeur du service de santé de la IIIe armée il envoya le 22 août 1914 une équipe sanitaire divisible en deux groupes indépendants pour organiser à Damvillers un "poste sanitaire avancé" qui fonctionnerait à la gare de la ville et dans les locaux de l'hôpital temporaire de couverture. Cette équipe fonctionna jusqu'au 24 août à 14h30 avant d'être rappelée à Verdun. Composition de l'équipe : Médecin major de 2e classe Lozé, pharmacien aide-major Hermelin, officier d'administration Cussac, 15 infirmiers et deux dames infirmières.

En parallèle à cette initiative de l'armée, l'on sait, grâce au JMO du service de santé de la 9e DI (SHD-T, Vincennes, 26N285/10, fol. 5 r et v). l'on sait que l'ambulance n°1/9 DI fonctionna à Damvillers le 24 août ; tandis que le lendemain l'ambulance n°2/9 DI, en prvenance de Dombras se présentait à Damvillers, sans fonctionner, avant de poursuivre sa retraite vers Consevoye.

Source : Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris, carton n° 638 (Maillard).

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MORHANGE (août 1914) – Un hôpital improvisé en Lorraine annexée (2)

21 Juillet 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Ce nouvel "épisode" de la bataille de Morhange est relaté par des officiers du service de santé affectés à l’ambulance n°4 du XXe corps d’armée (4/20) mise en renfort auprès de la 39e division d’infanterie ; cette dernière ne possédait qu’une unique ambulance (n°2/39) dans le cadre de l’offensive de Morhange. En guise d’introduction concernant la situation militaire, l’on se référera à notre premier article : « Morhange (août 1914) : un hôpital improvisé en Lorraine annexée », tandis que dans cette seconde partie seront présentées, en guise d'introduction, quelques données générales sur l’ambulance du règlement de 1910.

L’ambulance 1910

L’ambulance organisée par le règlement sur le service de santé en campagne du 26 avril 1910 se substituait aux anciennes formations sanitaires du règlement du 31 octobre 1892 (ambulances et hôpitaux de campagne), de manière à les rendre plus mobiles, plus interchangeables grâce à l’adjonction d’une section d’hospitalisation. Ce dernier apport de 100 lits permettait à l’ambulance immobilisée de se transformer en hôpital de campagne.

Chaque ambulance (16 par corps d’armée) comprenait en personnel : 9 officiers (6 médecins, 1 pharmacien et 2 officiers d’administration), 3 sous-officiers, 48 infirmiers du service de santé ; 1 sous-officier, 1 brigadier et 8 conducteurs du train d’équipage. Le matériel technique était « réparti dans des paniers, caisses et ballots numérotés et interchangeables, comprenait : 2148 pansements, un arsenal chirurgical, des appareils d’immobilisation, des objets de pharmacie, du linge, des couvertures et du matériel de cuisine (…) Les moyens d’abris étaient réduits à deux tentes Tortoises (Sieur) ».

Le 20 août 1914, aux premières lueurs du jour, le médecin inspecteur Célestin Sieur, chef du service de santé du XXe CA inspectait à Bellange l’amb. n°4/20 et la trouvant trop en pointe et encombrée de blessés, il ordonnait à son médecin-chef d’évacuer au plus vite vers l’arrière – avec l’aide d’éléments du groupe de brancardiers divisionnaires de la 39e DI – ses blessés transportables. Mais il était déjà trop tard ; les troupes bavaroises, à la faveur de la nuit, cernaient Bellange.

L’ambulance n°4/20 prisonnière à Bellange…

« Rapport du médecin aide-major de 2e classe Oster de l’ambulance n°4 du 20e corps d’armée sur sa captivité à Morhange (Lorraine annexée).

Le 19 août nous installons notre ambulance à 19 heures à Bellange. Nous travaillons toute la nuit et recevons 300 blessés environ.

Le 20 août jugeant notre situation jugeant notre situation dangereuse nous cherchons à nous retirer sur les ordres du Directeur du Service de Santé qui était venu nous visiter vers les 6 heures. Le médecin divisionnaire [39e DI] Arderue [lire Alvernhe (A)] est blessé à la tête par un éclat d’obus. Les obus tombent alors sur le village dans la rue où se trouvent nos voitures, et sur l’église dont ne nous sommes éloignés que de 60 mètres. Nous décidons d’attendre

La maison où nous avions notre ambulance avec les drapeaux de la convention de Genève n’est pas épargnée, elle reçoit 4 obus dont un éclate juste au-dessus de la cuisine où nous étions réunis, nous arrose de plâtres, d’autres tombent dans le jardin occasionnant un déplacement d’air considérable. Des médecins régimentaires viennent se réfugier chez nous. Pour mettre nos blessés à l’abri, nous descendons ceux qui sont transportables à la cave qui est voutée.

Vers 23 heures du soir, nous voyons à la jumelle passer de nombreux détachements ennemis à droite et à gauche du village [. A] 16 heures un détachement bavarois occupe le village et visite les maisons. A cemoment un médecin auxiliaire [page 2] M. Prévost au courant de la langue allemande s’avance et parlemente avec eux. Je détruis alors mes papiers indiquant que je suis né à Metz (Lorraine annexée). On nous fait tous sortir de la maison en levant les bras, nous avons eu soin de nous désarmer ainsi que les blessés. D’une voix rogue, un simple soldat nous ordonne de nous mettre par 4, et malgré nos récriminations, on s’oppose à ce que nous laissions du personnel sanitaire pour les blessés abandonnés.

Il n’y avait aucun officier allemand présent avec une escorte baïonnette au canon, nous sortons du village au moment où nous débouchons nous sommes accueillis par une fusillade assez vive d’une hauteur voisine, nous nous aplatissons par terre : personne n’est blessé. Nous voyons alors à environ 100 mètres de nous notre personnel et nous assistons impuissants au pillage de nos cantines.

Un sous-lieutenant bavarois arrive enfin, ne nous adresse pas la parole et nous dirige par une marche très fatigante à travers champs à Burlioncourt où se trouvait un quartier général. On nous parque à l’église pour passer la nuit, les hommes dans les bancs ; les officiers dans l’allée centrale. Vers 22 heures on nous réveille pour nous séparer de nos hommes et nous faire coucher à la mairie.

Le lendemain 21 août, sans nous avoir rien donné à manger, nous partons pour Morhange (20 kms environ). En sortant de Burlioncourt nous sommes accueillis par des quolibets et des sarcasmes d’un bataillon bavarois au vu de leurs officiers. Pour ma part, je reçois deux noyaux de quetsche en plein visage. Un de nos confrères, le docteur Perrin se trouvant [page 3] malade, j’intercède auprès du vice-feldwebel qui le fait monter en fourgon.

Nous arrivons à Morhange pavoisée, vers 13 heures et on nous installe dans une caserne du 17e régiment westphalien graf Barfuss. En attendant qu’on décide de notre sort, on fait rester les officiers devant le corps de garde où nous sommes constamment insultés. Un sergent bavarois avec le bras en écharpe se montre particulièrement agressif à notre égard ameutant la soldatesque ; sur la prière de M. le médecin major Lesterlin, j’interviens le menaçant de le signaler au premier officier allemand qui passerait. Il rectifie la position et s’en va. Nous fûmes alors tranquilles. Pendant ce temps les blessés qui n’avaient pu nous suivre étaient amenés dans les charrettes lorraines réquisitionnées par les allemands et déchargés dans la cour, comme les allemands avaient déjà de nombreux blessés dans cette caserne, nous ne pûmes loger nos blessés qui étaient au nombre d’environ 1300. Il fallut les loger dans la cour du quartier sous les arbres avec un peu de paille, ils restèrent environ 7 à 800 pendant 4 jours et 4 nuits avec de la pluie.

Les allemands ne se préoccupant pas de notre nourriture je dus intervenir à plusieurs reprises étant donné les solides connaissances d’allemand que j’avais acquises à Metz. Le médecin bavarois Bayer attaché à notre service me répondit qu’actuellement il n’avait rien et que notre présence n’était pas prévue ; qu’il fallait par conséquent attendre au lendemain. Nous restâmes ainsi nous et nos blessés pendant 48 h. sans manger.

Le 2e jour de notre arrivée, nous commençâmes à nous organiser. Le médecin-major de 1ère classe Lesterlin, officier le plus ancien en grade prit le commandement, il nous [page 4] répartit en six services sous la direction de médecins-majors, chefs de service. Pour ma part, je fus affecté au 2e service, celui de M. Lesterlin avec mes amis le Dr Recen et Godfrin pharmacien. Nous installons dans une infirmerie allemande une petite salle d’opération. Mais nous n’avions pas de matériel de pansement. Une dame allemande de la Croix-Rouge s’étant adressée à moi pour critiquer la façon de faire des médecins français, j’eus une vive altercation avec elle en langue allemande et lui fit comprendre que nous ne pouvions soigner utilement nos blessés, faute de pansements. Je la vis se diriger vers un capitaine allemand, discuter avec lui. Le lendemain matin, on nous donna deux voitures médicales provenant du 4e bataillon de chasseurs à pied et le surlendemain un fourgon-tente Tortoise de notre ambulance. Nous ne pûmes avoir malgré mes réclamations au médecin allemand notre caisse de chirurgie. Il me répondit qu’ils en avaient besoin. Cette façon d’agir nous a empêchés de faire de la grosse chirurgie. De nombreux cas de septicémie gazeuse et de plaies vermineuses rendaient des amputations nécessaires. Les médecins allemands dont un était certainement un étudiant firent ces opérations et je vis des amputations qui certainement laisseront des moignons coniques.

Heureusement, le lendemain, des chirurgiens alsaciens-lorrains de réputations notoires, en particulier le docteur Lentz de Metz (qui fut médecin de ma famille quand j’y habitai, un pur Français annexé en 1870) vinrent avec tout leur matériel chirurgical et opérèrent pendant 7 heures sans discontinuer avec un dévouement auquel on ne saurait trop rendre hommage [page 5] Nous mîmes environ six jours à panser nos blessés. Sur l’initiative du Dr Becus et la mienne le service de M. Lesterlin prit les notes sur les blessés traités dans ce service ; ces notes furent prises sur un cahier de visite allemand que j’ai réussi à ramener en France. Arrivé à Troyes, M. le médecin-major Larrieu, mon supérieur direct à l’ambulance 4 a exigé que je lui remette ce cahier bien que ne concernant pas les blessés traités à son service de Morhange, de façon à prévenir les familles éplorées.

Au bout de dix jours, l’autorité allemande avec laquelle j’étais en rapport constants, me demande d’assurer personnellement l’évacuation par fer des blessés français transportables. Accompagné d’un officier allemand, je me suis rendu à la gare pendant que six de nos infirmiers s’y rendaient escortés par 4 hommes baïonnettes au canon. Les hommes du landsturm de service à la gare me furent d’un grand secours à l’embarquement et ont montré à ce sujet une conduite digne de tous éloges. Il ne restait plus à la caserne que huit blessés dont l’état inspirait de trop graves inquiétudes pour être transportés. Nous avions eu 76 décès. Un médecin allemand du grade de colonel vint alors à la caserne pour parler à notre médecin-chef, il demanda un interprète. Je me présentai. Il nous annonça qu’en conformité avec la convention de Genève, nous allions regagner notre patrie. Il nous offrait deux itinéraires à :

1°) le plus court chemin en traversant les lignes. Il ne nous le conseillait pas car les batailles pouvaient durer [page 6] plusieurs jours et il fallait faire intervenir le jeu des parlementaires.

2°) autrement passer par Strasbourg, le grand duché de Bade et la Suisse. Du reste, ajouta-t-il, c’est je crois le chemin que prirent en 1870 les élèves de l’école de santé de Strasbourg. Le médecin chef accepta la 2° combinaison et le lendemain 30 septembre on nous donna ¼ d’heure pour quitter la caserne. Nous arrivons à Appenveiler (Bâle) ou d’autres médecins français venant de Carlsruhe, Mannheim nous rejoignent et nous franchissons le 31 août au matin la frontière suisse au nombre de 52 médecins, médecins auxiliaires ; sur les 36 infirmiers de notre ambulance, les prussiens n’en laissèrent revenir que 11 (…) ».

« Rapport de captivité de l’officier d’approvisionnement Louis Barbier sur les évènements qui ont suivi la capture par les Allemands de l’ambulance n°4 du 20e Corps d’armée – Le 20 août, à Bellange (Lorraine annexée).

Le 19 août, le fourgon à vivres parti le matin d’Arracourt où avaient lieu les distributions, rejoignit l’ambulance 4 à la rencontre des chemins de grande communication de Vannecourt à Dalhain et de Burlioncourt à Dalhain, à l’entrée de ce dernier village. Il continua avec l’ambulance sa route sur Bellange où la formation s’installa le soir.

L’officier d’approvisionnement prit son tour de surveillance à l’entrée de l’ambulance pour y assurer le service relatif à l’inscription, sur le carnet des entrées, des blessés qui arrivèrent du front. Il s’y employa de minuit au matin.

Le lendemain 20 août, sur l’ordre de M. le médecin-major de 1ère classe Larrieu, médecin-chef de l’ambulance, il se mit en rapport avec le maire de Bellange, pour réunir le nombre de voitures lorraines de réquisition nécessaires à l’évacuation des blessés. Le bombardement de Bellange, qui commença à ce moment empêcha de donner suite à cette opération. L’ambulance ne tarda pas d’ailleurs à être atteinte par les obus allemands. Les vivres contenus dans le fourgon [page 2] Les vivres contenus dans le fourgon permettaient sauf pour la viande – de ne pas aller ce jour au convoi administratif. La situation se maintint ainsi jusqu’à 16 heures, heure à laquelle le village fut occupé par les Allemands et l’ambulance, prise. Les officiers furent conduits en même temps que le détachement à Burlioncourt, où ils passèrent la nuit et ne reçurent pour leur repas, qu’un peu de pain et de l’eau.

Le 21 août, tout le personnel de l’ambulance fut emmené à Morhange, où il fut logé dans la caserne du régiment d’infanterie Gräf Barfuss. Il ne fut rien distribué au début pour les repas, tant au personnel qu’aux malades, ces derniers restèrent de nombreux jours exposés aux intempéries sur la paille dans la cour de la caserne. Les officiers furent à différentes reprises – exposés aux insultes de certains officiers allemands. Un soir, on les obligea à descendre dans la cour de la caserne, sous la menace des révolvers et des baïonnettes, on leur prit leurs couteaux, les trousses des médecins, on les fit coucher à terre avec les prisonniers (certains mêmes furent brutalisés par les Allemands). Tout cela sans motif valable.

La nourriture fut toujours abominable ; la viande sentait et la préparation des aliments laissa toujours à désirer. Dans les premiers jours, nous n’eûmes sur la table ni cuillers, ni fourchettes. Plusieurs officiers furent gravement indisposés par la qualité des mets servis. Les distributions aux malades (surtout ceux qui restèrent dans la cour) furent notoirement insuffisantes. On fut réduit fort souvent à leur distribuer les conserves (viande et biscuits) que l’on avait pu sauver du pillage, pour compléter leur ordinaire. Tout le matériel fut confisqué, notamment [page 3] le fourgon. Ce dernier contenait outre deux jours de vivres de réserve : cent rations de pain ; dix kilogs de café ; dix kilogs de sucre ; dix kilogs de sel ; dix kilogs de légumes secs (haricots) ; un baril de quarante kilog. de graisse. Aucune de ces denrées ne fut restituée à la formation, ni utilisée pour l’alimentation du personnel pendant le séjour à la caserne de Morhange. Elles furent enlevées, lors du pillage de l’ambulance. Le fourgon à vivres fut démarqué par les Allemands qui effacèrent l’insigne de nationalité et il fut emmené par l’ambulance allemande qui se trouvait à la caserne de Morhange. Les vivres d’un fourgon du 153e régiment d’infanterie – seuls, nous furent laissés et servirent en partie à la nourriture de nos blessés.

Le 29 août, tout le personnel interné à Morhange reprit la route de France, par le duché de Bade et la Suisse (…) [A Troyes, le 25 octobre 1914 – signé L. Barbier] »

Le 23 août 2014 au soir, le XXe corps d’armée rétablit en position défensive détachait à la 39e DI, l’ambulance n°9/20, jusque-là placée en réserve de corps d’armée, laquelle prenait la place de l’amb. n° 4/20 et soulageait ainsi l’amb. n°2/39 qui restait l’unique ambulance de la 39e division.

Notes :

  1. Biographie sommaire (1914-1918). Médecin principal de 2e classe Joseph Léon Marie Alvernhe (1861-1927). Médecin principal de 2e classe (23 mars 1912). Médecin divisionnaire de la 39e DI (2 août 1914-12 mai 1916). Blessé à la bataille de Morhange d’un éclat d’obus à la région temporale et à l’œil droit (20 août 1914). Médecin principal de 1ère classe (16 novembre 1915). Directeur du service de santé du 13e CA (13 mai 1916-20 mai 1918). Médecin inspecteur à titre temporaire (14 mai 1918), à titre définitif (21 septembre 1918). Chef supérieur du service de santé de la Ve armée (21 mai 1918-31 janvier 1919). Directeur du Service de santé de la 4e région militaire, Le Mans (1er février 1919-28 août 1919). Admis sur sa demande dans la 2e section (décret du 27 août 1919) – Commandeur de la Légion d’Honneur (17 janvier 1920). AN/LH 00270006 et service historique de la défense, département Terre, 15 Yd 203.

Sources :

Ces deux témoignages peuvent être complétés par les souvenirs du médecin inspecteur Célestin Sieur publiés dans la Revue du Service de santé militaire de janvier 1937, pp. 336-341 (Morhange), repris par Jacques Didier dans son ouvrage Echec à Morhange (Louviers : Ysec, 2003, 240 p.).

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris. Cartons n° 633 (Barbier), n°639 (Oster).

L’on consultera l’incontournable blog de Jacques Didier, le spécialiste de la bataille de Morhange dans lequel l’on peut découvrir des photographies de blessés français prises dans la cour de la « caserne-hôpital » de Morhange : http://jadier.canalblog.com/archives/2009/08/13/14735036.html et aussi : http://jadier.canalblog.com/archives/2010/04/13/17561295.html

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MORHANGE (août 1914) – Un hôpital improvisé en Lorraine annexée

17 Juillet 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

Je poursuis la publication des monographies consacrées aux hôpitaux de 1914 par un sujet atypique à plus d’un titre ; le premier parce qu’il est localisé hors de l’Hexagone de 1914, en Lorraine annexée ; le second parce qu’il fait appel aux témoignages de médecins affectés tant en unité combattante qu’en formation sanitaire de campagne. L’ensemble présenté en deux parties apporte un nouvel éclairage sur le travail du service de santé militaire durant les journées qui suivirent la bataille de Morhange ainsi que sur les conditions inhumaines du traitement des blessés.

Le service de santé du 4e bataillon de chasseurs à pied (BCP) à Morhange (20 août 1914).

Intégré dans la IIe armée de Castelnau (15e, 16e et 20e corps d’armée) qui s’engage en Lorraine annexée, le 4e BCP (chef de bataillon Gustave Paul Lacapelle) reçoit la mission d’éclairer puis de flanc-garder la 11e division d’infanterie (20e corps d’armée). Le 20 août 1914, en compagnie des autres unités de la 11e DI (26e, 37e, 69e et 79e régiments d’infanterie), le 4e BCP, surnommé « les Chasseurs de Saint-Nicolas » se déploie autour de Pevange sous de violents feux de l’artillerie lourde allemande qui rendent Morhange inaccessible. Dans l’après midi du 20 août, à l’instar des autres grandes unités engagées plus au sud (15e et 16e CA), le 20e CA amorce un mouvement général de retraite laissant plusieurs centaines de blessés sur le champ de bataille.

A Pévange, l’unique poste de secours du 4e BCP dirigé par le médecin-chef du bataillon, le médecin major de 2e classe Grenot est déployé, vite encombré de blessés et ne peut se replier…

« Rapport de Monsieur le Médecin-major de 2e classe Grenot, chef de service au 4e bataillon de chasseurs à pied, au sujet des circonstances qui ont accompagné la prise du personnel médical du bataillon et se sont déroulées pendant le temps de sa captivité.

Le 20 août 1914, à la suite du combat de Pevange (Lorraine annexée), le poste de secours du 4e bat. De chasseurs à pied, installé par ordre du chef de bataillon au centre du village, ne put se replier à temps et tomba aux mains de l’ennemi. Le village fut occupé par une compagnie du 17e régiment d’infanterie, dont les hommes entourèrent aussitôt les médecins et infirmiers, sans commettre d’ailleurs de brutalité. Ils pillèrent les sacs des blessés et en jetèrent le contenu sur le sol ; ils mirent également la main sur un certain nombre d’objets appartenant aux médecins.

Ils ne se livrèrent à aucun acte de violence sur les blessés. Le capitaine qui commandait [la cie] d’occupation se montra correct et donna toutes facilités au personnel pour assurer les soins aux blessés. A plusieurs reprises cependant, des infirmiers et brancardiers furent acquis (sic)[requis] pour aider à enterrer les morts. Sur l’initiative des médecins du bataillon, quelques habitants apportèrent du bouillon aux blessés [page 2] privés jusque là de toute nourriture.

Les évacuations se firent pendant la journée du 21, assez lentement d’ailleurs, parce que maintes fois les voitures requises à cet effet furent employées par les allemands pour transporter des cadavres. Le soir de ce même jour, une section emmena baïonnette au canon le dernier convoi de blessés accompagné du personnel médical.

Après une assez longue attente dans la cour d’une des casernes de Morhange, un médecin militaire allemand arriva, se fit ouvrir les paniers de la voiture médicale et fit main basse sur une partie du matériel et des médicaments (boîte chirurgicale, teinture d’iode, alcool, thé, etc.). Puis les blessés et le personnel furent conduits dans des écuries voisines, où se trouvaient encore des chevaux. Les médecins du bataillon ayant fait remarquer qu’un séjour en un pareil lieu offrait de sérieux dangers pour les blessés, un médecin allemand répondit qu’il trouvait, quant à lui, le local excellent. Force fut donc aux blessés et au personnel de s’étendre sur une litière non renouvelée.

C’est très vraisemblablement à ce séjour prolongé dans des écuries, où les blessés étaient littéralement dévorés par les mouches, que doit être attribué le nombre relativement considérable de plaies venimeuses [vermineuses ?] constatées. Le lendemain matin, le personnel infirmier et brancardier fut emmené pour une destination inconnue, malgré les protestations des médecins qui restèrent seuls pour assurer le renouvellement des pansements.

Les blessés ne recevaient toujours aucune nourriture ; des habitants de Morhange eurent connaissance de cette détresse et apportèrent dans la journée quelques provisions. Ils ne purent [page 3] renouveler leur visite, affirmant qu’ils se rendraient suspects en agissant ainsi et qu’ils étaient surveillés de près.

Le soir enfin, des voitures emmenèrent dans une autre caserne les blessés qui furent déposés dans la cour, où se trouvaient déjà réunis pêle-mêle, un assez grand nombre de blessés français. Le service médical ne s’effectua qu’assez difficilement, car les médecins ne pouvaient circuler sans être surveillés et suivis par des hommes baïonnette au canon, qui interdisaient de s’éloigner un tant soit peu des bâtiments.

Un soir, survint un incident qui faillit entraîner des conséquences incalculables. Vers 9 heures, un coup de feu retentit dans la cour où se trouvaient encore de nombreux blessés, coup de feu suivi de gémissements et d’un violent tumulte. On apprit que des soldats, sous un prétexte qui ne pût être suffisamment éclairci, venaient de tirer à bout portant sur un blessé français. Les français furent alors accusés de rébellion. Les blessés qui ne pouvaient marcher furent arrachés des places qu’ils occupaient et traînés brutalement au milieu de la cour, sans égard pour leurs blessures ; les médecins furent également arrachés de leurs chambres et conduits près des blessés. Au milieu du bruit et des vociférations, tout le monde fut fouillé. Un certain nombre d’objets appartenant à des médecins disparurent ; on enleva à tous couteaux et canifs. Beaucoup de blessés furent dépouillés de leur porte-monnaie [page 4].

Un commandant menaçait de faire tirer « dans le tas ». Grâce à l’intervention d’un médecin allemand qui sortait de la cantine et qui fut attiré par le tumulte, celui-ci fut apaisé et peu à peu tout rentra dans un calme relatif.

Les médecins furent prévenus qu’au moindre geste suspect de leur part, quelques-uns d’entre eux seraient fusillés. Interdiction formelle fut faite de sortir des bâtiments une fois la nuit tombée. A chaque instant le service médical fut entravé du fait de la réquisition d’infirmiers et de brancardiers qu’on emmenait au dehors creuser des fosses et enterrer des morts. La nourriture fut détestable, repoussante même pendant les premiers jours : deux brancardiers désignés pour aider les cuisiniers allemands avouèrent avoir maintes fois, retiré avant le repas, des morceaux (sic) [monceaux ?] de mouches tombées dans le liquide graisseux et noirâtre qui servait de bouillon pour les officiers et les blessés.

Deux médecins allemands coopérèrent au service chirurgical. Ils se montrèrent très interventionnistes et de l’avis des médecins français qui assistèrent à quelques opérations pratiquées par eux, il aurait pu être sursis à un certain nombre d’amputations. Des sœurs infirmières, venues de Metz, se montrèrent dévouées.

A partir du 7e jour, les évacuations furent commencées et il ne resta bientôt plus que quelques intransportables. Le 30 août au matin, les médecins furent brusquement prévenus qu’ils avaient un quart d’heure pour faire leurs [page 5] préparatifs de départ. Ils furent conduits à la gare de Morhange, en colonne par quatre, et entourés de soldats baïonnette au canon. »

Le personnel sanitaire du 4e bataillon de chasseurs à pied (dont seulement 9 infirmiers et brancardiers) embarqua dans un train en direction de la Suisse, via Sarrebourg et Strasbourg pour être libéré à Bâle.

« Rapport du médecin aide-major de 1ère classe Noël, du 4e bataillon de chasseurs à pied (…)

Le 20 août1914, au cours de l’action engagée entre les troupes françaises et les troupes allemandes, un certain nombre de médecins français tombèrent aux mains de l’ennemi. Le personnel sanitaire du 4e bataillon de chasseurs à pied, médecins, infirmiers, brancardiers, fut pris au village de Pévange à 1800 mètres environ de Morhange. Installés à proximité de la ligne de feu, (800mètres au plus) nous fûmes promptement débordés par les nombreux blessés qui affluaient ; et trop absorbés par notre pénible besogne, non prévenus du mouvement de repli effectué par le bataillon, nous devions fatalement être faits prisonniers. C’est ce qui arriva entre 13 et 14 heures.

Le premier contact avec la troupe fut pénible. Les quelques hommes qui s’avancèrent sur moi, dans l’excitation du combat me mirent en joue. Portant vivement le bras gauche en avant et leur criant « Rothes Kreuz ! ». Je pus faire reconnaître ma qualité de médecin ; et les relations s’établirent avec l’ennemi, correctes, non courtoises.

A partir de ce moment, l’autorité allemande nous donna pleins pouvoirs pour soigner à notre guise nos blessés dans le village même de Pévange – défense expresse nous était faite de nous éloigner des quelques granges qui composaient le poste de secours – Seuls, nos brancardiers accompagnés de soldats bavarois, baïonnette au canon, procédèrent au relèvement des blessés français, sans être aidés d’aucune manière. Et [page 2] pendant ce temps nous donnions nos soins à plus de cent blessés qui restaient à panser. Ce n’est que le 21 août vers deux heures du matin, qu’il nous était permis de prendre un peu de repos. – Au jour, les allemands réquisitionnèrent quelques voitures, genre guimbarde, et nous occupâmes la journée entière à y installer nos blessés qui étaient dirigés sur Morhange. Nous partions à 19 heures, environ derrière le dernier convoi. Nous emmenions également la voiture médicale du bataillon, déjà bouleversée par la soldatesque, et nous arrivions à la nuit dans la cour d’une caserne d’infanterie.

Là ; un médecin militaire allemand (stabsartz) préleva dans notre voiture tout ce qui lui parut utile : boite à instruments, paquets de pansement, teinture d’iode, éther, alcool, formol, thé, etc. Après quoi, on nous conduisit sur un autre point de la ville, dans une écurie qui venait d’être évacuée par les chevaux. La litière n’en avait pas été renouvelée, et nous dûmes installer sur le fumier les derniers blessés que nous amenions avec nous, trente-cinq environ. En vain ai-je représenté à un médecin allemand qui se trouvait présent que le local ne me semblait pas choisi pour y installer des blessés ; il me répondit railleur, « Là, du moins, ils auront chaud !»

La journée du 22 août fut consacrée à refaire les pansements de nos blessés, avec le peu de matériaux qui restaient dans notre voiture médicale – et nous fûmes très douloureusement surpris en trouvant bon nombre de plaies vermineuses. Pendant toute cette journée, blessés et médecins furent maintenus à la diète la plus complète. Puis le soir, il fallut à nouveau réinstaller les blessés sur des charriots [page 3] de réquisition, pour les ramener dans la cour de la caserne, où nous avions touché barre la veille au soir. Là on les étendit sur de la paille au pied des arbres qui entouraient la cour, à côté d’une foule d’autres (environ 300) qui attendaient depuis quarante huit heures, sous des averses répétées, que leur tri soit fait, pour être dirigé vers tel ou tel bâtiment.

On pansa toute la journée dans la cour, sur la paille ; bref le 23 août au soir, les blessés français étaient à peu près campés dans les divers bâtiments de la caserne. Mais ici rien n’avait été prévu pour recevoir des blessés, si bien que ces malheureux pendant tout le séjour qu’ils durent faire à Morhange, avant d’être évacués sur les hôpitaux de l’arrière, manquèrent totalement de la plus élémentaire hygiène. Pas de linge, ni bassins, ni urinals (sic) – un bon nombre de blessés furent constamment souillés de leurs déjections – et c’est dans d’aussi déplorables conditions qu’il nous était donné de les soigner.

La caserne de Morhange contenait environ 1200 blessés français. Nos médecins ne pouvaient suffire à la tâche et quelques médecins militaires allemands vinrent nous assister ou plus exactement nous décharger d’une partie de la besogne – les relations étaient correctes – et c’est tout – Ces praticiens sont beaucoup plus interventionnistes que nous : il n’est pas douteux que bien des membres auraient pu être conservés, à condition cependant qu’on se soit trouvé dans un milieu chirurgical bien outillé – ce n’était malheureusement pas le cas – mais il nous a semblé plusieurs fois, en présence de fractures compliquées, qu’ils prenaient un peu rapidement le couteau en main.

En même temps nous avions l’aide d’une douzaine de religieuses, envoyées par le Président de la Lorraine. Elles [page 4] se montrèrent très dévouées et [en] adoucissant de leur mieux les souffrances de nos blessés.

Le Maire de Morhange, le docteur Mey, très français de cœur, est venu à diverses reprises nous prodiguer ses encouragements. Il avait mis à notre disposition toutes les ressources de son arsenal de médecin cantonal. Plusieurs fois, il apporta à nos blessés quelques douceurs, du tabac et du linge. Malheureusement ses sentiments pour nous étaient soupçonnés par les allemands qui surveillaient étroitement ses allées et venues. Il en fut de même pour le professeur Lentz, venu de Metz avec son interne Laewenbruck. Je les ai vus tous les deux les larmes aux yeux en trouvant des blessés français installés avec un tel mépris des convenances. Lui aussi voulut bien nous prêter aide. A ces confrères français, je suis heureux d’apporter ici le faible hommage de ma reconnaissance.

Ce que l’administration allemande n’avait pas su faire pour des blessés, ne le fut pas davantage pour les médecins. A n’envisager que le côté matériel, je puis dire sans crainte d’être démenti, que nous avons été mal traités. La nourriture provoquait le dégoût – Deux repas par jour, composés d’une soupe, s’il est permis d’appeler ainsi le brouet noirâtre qui nous était servi, dans lequel on repêchait les mouches – une portion de viande et quelques légumes cuits à l’eau. – Le pain était le pain de guerre allemand, de farine de seigle, noir, dense comme la brique, toujours moisi. – Pour manger, la même fourchette, la même cuillère servaient à plusieurs, à tour de rôle. Comme literie, médecins de tous grades, durent se contenter d’un lit de troupe, sans draps.

Ces mesquineries eussent été plus facilement supportées [page 5], si au moins nous avions eu quelque tranquillité d’esprit. Mais à diverses reprises, nous avons craint pour notre existence. Nous étions gardés et surveillés dans toutes nos allées et venues, à l’intérieur même de la caserne par des sentinelles baïonnette au canon, fusil chargé. Plusieurs fois, officiers et sous-officiers sont venus nous braquer le révolver sous le nez, alors qu’il n’y avait pas motif. Un de nos confrères est passé en cour martiale ; d’autres ont descendu les escaliers la crosse dans les reins. D’ailleurs toutes ces vexations pour ne pas dire plus, ont été relatées dans divers rapports par des voix plus autorisées.

J’ajouterai encore que jamais les hommes de troupe ne nous ont salués. Et je conclurai en affirmant, que blessés et médecins, tous nous conserverons un affreux souvenir de Morhange. [Signé :] Noël. »

(A SUIVRE)

L’ambulance n°4 du 20e corps d’armée (amb. n°4/20) prisonnière à Morhange (20 août 1914).

Sources :

Archives du musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce, à Paris. Cartons n° 636 (Grenot), n°638 (Noël) - Didier Jacques. Echec à Morhange : août 1914, la bataille de Lorraine. Louviers : Ysec, 2003, 240 p.

L’on consultera le blog de J. Didier où l’on peut voir des photographies de blessés français prises dans la cour de la « caserne-hôpital » de Morhange. http://jadier.canalblog.com/archives/2009/08/13/14735036.html

Photo : carte postale allemande représentant la caserne du 17e régiment d’infanterie de Morhange (Lorraine occupée).

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HoE 1914 : hôpital d’évacuation ou hôpital origine d’étapes

6 Juillet 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #recherche archives documentation

HoE 1914 : hôpital d’évacuation ou hôpital origine d’étapes

Dans les relevés d’abréviations de la Grande Guerre, les lettres "HOE" sont le plus souvent traduites par « Hôpital Origine d’Etapes ». Un débat relayé par le passionnant Forum 1914 s’est engagé entre les "forumeurs" pour valider cette définition. J’ai proposé, en 2010, dans le tome 2 des Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918(A) des éléments de réflexion qui me paraissent toujours pertinents et que je vous propose aujourd'hui.

L’appellation « hôpital origine d’étapes » est une formule d’état-major, tombée en désuétude, bien avant 1914, dans le langage courant des armées. Dans le règlement du Service de santé en campagne du 31 octobre 1892, comme dans celui du 26 avril 1910 qui le remplaça, il n’est nullement fait mention « d’hôpital origine d’étapes » mais d’hôpital d’évacuation. Je pense que cette formule provenait du fait que l’hôpital d’évacuation s’implantait selon les règlements des chemins de fer en campagne, à proximité de la gare origine des étapes (GOE), qui s’était elle-même substituée à la gare ordinaire des étapes (GOE) du règlement de 1892, située en limite avant de la zone des étapes de la zone des armées, en « tête d’étapes de guerre ».

En août-septembre 1914, c’est bien rarement, car trop en pointe en phase de retraite, que ce cas de figure se présenta. Le plus souvent, ce n’était pas l’hôpital d’évacuation en entier, mais des sections autonomes (2e section suivant le réglement ) ou éléments isolés du service de santé (ambulances faisant fonction d'HoE) qui furent détachés auprès des GOE, rapidement appelées « stations d’évacuations » ou « stations d’évacuations sanitaires avancées ». En dépouillant l’ensemble des journaux de marche et opérations des hôpitaux d’évacuation je n'ai jamais relevé de mention « d’hôpital origine d’étapes » ; seulement celle « d’hôpital d’évacuation » parfois celle « d’HE » et plus rarement en 1914, l’abréviation « d’HoE » qui entrera dans le langage courant et imagé de la Grande Guerre…

Pour le Poilu, l’HoE reste « l’achoé » en dépit de l’abréviation de fantaisie : hospice ordonnances embusqués proposée par A. Dauzat dans son Argot de la Guerre (A. Colin, Paris, 1919) et de la seule mention contemporaine – à ma connaissance (B) - relevée : HOE « hôpital origine d’étapes » qui figure au Larousse médical illustré de la Guerre de Galtier-Boissière, (Larousse, Paris, 1917).

Pour ma part je pense que c’est pour le moins un comble de traduire HOE par Hôpital Origine d’Etapes alors que les logisticiens santé de l’époque l’avaient abandonné bien avant la Grande Guerre ; si l’on souhaite le traduire de manière plus appropriée, je propose de l’écrire « HoE» pour Hôpital d’évacuation.

(A) - F. Olier et J.-L. Quénec’hdu. Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918. Louviers : Ysec, 2010, 320 p. Dossier thématique : Organisation et fonctionnement des hôpitaux d’évacuation (p. 10-25).

(B) – Les lecteurs qui auraient connaissance d’autres mentions bibliographiques ou archivistiques de l'HoE, "hôpital origine d'étapes", contemporaines de la Grande Guerre seraient très aimables de m’en faire part.

Photo : Hôpital d'évacuation secondaire (HoE2) de Cravant ((Yonne), constitué sous tentes et baraques à partir des éléments de l'HoE n°15. 10 juin-26 novembre 1918, 1200 lits. Notice dans le tome 2 des Hôpitaux militaires..., p. 218 (5e RM, Yonne, Cravant).

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Navires-hôpitaux (1914-1918)

1 Juillet 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #recherche archives documentation

Navires-hôpitaux (1914-1918)

Les navires-hôpitaux français et les évacuations sanitaires par voie maritime (1914-1918).

Ce sujet méconnu fera l’objet de développements dans le tome 4 des Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918 consacré à la France sud-est (à paraître, en novembre 2013, chez Ysec) et va ainsi clore la série de dossiers thématiques sur les évacuations sanitaires proposée dans les précédentes livraisons : tome 2, les trains sanitaires ; tome 3, les véhicules sanitaires automobiles ; tome 4 (octobre 2013), les navires-hôpitaux et les péniches sanitaires.

Plan :

Introduction historique

  1. Les navires-hôpitaux et le front des Flandres : avec focus sur le centre hospitalier de Dunkerque. Les évacuations au départ de Dunkerque sur les ports de destination : Brest, Cherbourg, Le Havre et Saint-Nazaire.
  2. Les navires-hôpitaux aux Dardanelles : avec focus sur le centre hospitalier d’Alexandrie (Egypte).
  3. Les navires-hôpitaux à Corfou et à Salonique : avec focus sur le centre hospitalier de Corfou, « au secours des Serbes », le centre hospitalier de Bizerte. Les navires-hôpitaux à Salonique. Les lignes de communication en Méditerranée, Toulon, etc.

En guise de conclusion

Ce dossier thématique sera illustré, accompagné d’annexes et d’un tableau récapitulatif des navires-hôpitaux, transports de blessés, hôpitaux flottants, dépôts de convalescents, etc. de la Guerre 1914-1918, repérés par les auteurs :

Amazon - Amiral Duperré - Amiral Hamelin - Amiral Magon - Angèle Achaque – Annam - André Lebon – Aquitaine – Ariadne - Armand Béhic - Asie - Asturias – Australien – Basque - Bien Hoa - Bon Voyage – Brasile – Bretagne – Britannia – Burdigala – Calédonien – Canada – Carthage – Caudan – Ceylan - Charles Martel - Charles Roux – Delta – Divona – Djemnah – Doukkala - Duguay Trouin – Dumbea - Edouard-Corbière – Flandre - France IV – Furet – Gange – Glaneuse – Goliath [exemple] - Grand Phocéen – Havraise – Infatigable – Iskheul – Italie - Jeanne Antoinette – Karnac – France - La Gascogne - La Navarre – Landau – Lafayette - Lorraine II – Lotus – Louqsor – Lutetia – Médie – Miquelon – Moulouya - Natal - Paul-Lecat - Petite Savoie – Phocéen – Polynésien - Provence II – Rove - Saint François d’Assise - Sainte Hélène - Sainte Marguerite - Savoie II – Sphinx – Sud – Sydney – Tchad - Théodore Mante – Timgad – Travailleur - Ville-d’Arzew - Ville-de-Rabat - Ville-de-Rochefort - Vinh Long – Yarra – Zazita

Ces bâtiments feront l’objet d’une monographie succincte avec le détail connu de leurs évacuations sanitaires, classées chronologiquement, sur le modèle des notices présentées dans les précédents volumes des Hôpitaux militaires dans la guerre 1914-1918. Un point de synthèse sur les marques postales des navires-hôpitaux français sera présenté par René Le Verge, marcophile naval.

A titre d’exemple :

Goliath - 1915-1919 - Remorqueur - Activités d'évacuations sanitaires : [mai 1915 à juillet 1915]

Notes : Front d’Orient (Dardanelles) – 31/05/15, Dép. Cap Helles (217 évacués, avec Th. Mante) pour Moudros – 07/06/15, 13h00, Dép. Cap Helles (60) pour Moudros – 17/06/15, Dép. Cap Helles (148) pour Moudros – 19/06/15, 13h00, Dép. Cap Helles (220) pour Moudros – 21/06/15, Dép. Cap Helles (120) pour Moudros – 25/06/15, 13h00 Dep Cap Helles (151) pour Moudros – 29/06/15, 11h00 Dép. Cap Helles (186) pour Moudros – 03/07/15, 13h00 Dép. Cap Helles (159) pour Moudros – 05/07/15, 13h00 Dép. Cap Helles (94) pour Moudros – 07/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (143) pour Moudros – 11/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (149) pour Moudros. Goliath, lors de ce trajet est touché par un obus (7 blessés) - 15/07/15, 12h00 Dép. Cap Helles (60 ou 162 ?) pour Moudros – 19/07/15, 11h00 Dép. Cap Helles (129) pour Moudros.

Photo : Le personnel médical sur le pont du Charles-Roux à Salonique.(c) Musée du service de santé des armées, cl. 22644

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VAUCLUSE - Hôpitaux militaires (1914-1918)

29 Juin 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

VAUCLUSE – Hôpitaux militaires (1914-1918), 15e région militaire, tome 4, p. 312-319

Apt – Avignon - Beaumes-de-Venise – Bédarrides – Bollène – Bonnieux – Cadenet – Camaret - Caromb – Carpentras – Cavaillon - Chateauneuf-du-Pape – Courthézon – Cucuron - Isle-sur-la-Sorgue (l’) – Lapalud – Ménerbes – Méthamis – Orange – Pernes – Pertuis – Roussillon - Saint-Didier - Sainte-Cécile - Saint-Martin-de-Castillon – Sarrians - Vaison-la-Romaine – Valréas – Visan.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des notes historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Tome 4 - François Olier et Jean-Luc Quenec’hdu, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-198, tome 4, France sud-est, édit. Ysec Louviers, 2014, 336 p. (1950 hôpitaux et annexes, 950 illustrations).

Répertoire des hôpitaux militaires (500 communes) : Allier, Alpes-Maritimes, Ardèche, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Cantal, Corse, Drôme, Gard, Haute-Loire, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Isère, Loire, Monaco, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Var, Vaucluse. Dossiers thématiques : Les évacuations sanitaires par voies maritimes et fluviales : navires-hôpitaux et péniches sanitaires.

Photo : Hôpital complémentaire n° 34 d'Avignon. Ancienne école d'agriculture.Collection René Le Verge DR.

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VAR - Hôpitaux militaires (1914-1918)

29 Juin 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

VAR – Hôpitaux militaires (1914-1918), 15e région militaire, tome 4, p. 297-311.

Aups –Bandol – Bargemon – Barjols - Beausset (le) – Bormes - Boulouris-sur-mer – Bras – Brignoles – Carqueiranne – Cogolin – Collobrières – Cuers – Draguignan - Farlède (la) – Figanières – Flassans - Fox Amphoux – Fréjus - Garde (la) - Garde-Freinet (la) – Giens – Grimaud – Hyères – Lavandou (le) – Lecques - Luc (le) - Martre (la) - Méounes-lès-Montrieux - Muy (le) – Ollioules – Pierrefeu - Plan-de-la-Tour - Pradet (le) - Puget-Ville - Revest-Bandol - Roque-Esclapon (la) - Sainte-Maxime - Saint-Maximin - Saint-Raphaël - Saint-Tropez - Saint-Zacharie – Salernes – Sanary – Seillons - Seyne-sur-Mer (la) – Signes - Solliès-Pont - Tamaris-sur-Mer – Toulon – Vidauban.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des notes historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Tome 4 - François Olier et Jean-Luc Quenec’hdu, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-198, tome 4, France sud-est, édit. Ysec Louviers, 2014, 336 p. (1950 hôpitaux et annexes, 950 illustrations).

Répertoire des hôpitaux militaires (500 communes) : Allier, Alpes-Maritimes, Ardèche, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Cantal, Corse, Drôme, Gard, Haute-Loire, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Isère, Loire, Monaco, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Var, Vaucluse. Dossiers thématiques : Les évacuations sanitaires par voies maritimes et fluviales : navires-hôpitaux et péniches sanitaires.

Photo : L'établissement de l'assistance aux convalescents militaires n° C3 de Cogolin. Coll. particulière DR.

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GARD - Hôpitaux militaires (1914-1918)

29 Juin 2013 , Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux

GARD – Hôpitaux militaires (1914-1918), 15e région militaire, tome 4, p. 286-296

Aigues-Vives – Alais – Anduze – Aumessas - Bagnols-sur-Cèze – Barjac - Beaucaire – Bellegarde – Bessèges – Callargues – Calvisson – Cardet - Cauvalat-le-Vigan – Congénies – Fourques – Gagnières – Générac - Grand-Combe (la) – Lasalle – Laudun – Lussan – Marguerittes – Milhaud - Molières-sur-Cèze – Nîmes - Pont-Saint-Esprit – Puechredon – Quissac - Saint-Ambroix - Saint-Geniès-de-Malgoirès - Saint-Gilles - Saint-Hippolyte-du-Fort - Saint-Jean-du-Gard - Saint-Laurent-d’Aigouze – Salindres – Sernhac – Sommières – Sumène - Tamaris-les-Alais – Uzès – Vallabrègues – Vauvert – Vergèze - Vigan (le) - Villeneuve-lès-Avignon – Vallérargues.

Chaque commune étudiée comprend une notice hospitalière (localisation géographique – dates d’ouverture et de fermeture – nombre de lits) et un indice HOPMIL, auxquels s’ajoutent, suivant les formations, des notes historiques, un descriptif de marques postales sanitaires connues, des illustrations : photographies, cartes postales et marques sanitaires.

Tome 4 - François Olier et Jean-Luc Quenec’hdu, Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-198, tome 4, France sud-est, édit. Ysec Louviers, 2014, 336 p. (1950 hôpitaux et annexes, 950 illustrations)

Répertoire des hôpitaux militaires (500 communes) : Allier, Alpes-Maritimes, Ardèche, Basses-Alpes, Bouches-du-Rhône, Cantal, Corse, Drôme, Gard, Haute-Loire, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Isère, Loire, Monaco, Puy-de-Dôme, Rhône, Savoie, Var, Vaucluse. Dossiers thématiques : Les évacuations sanitaires par voies maritimes et fluviales : navires-hôpitaux et péniches sanitaires.

Photo : L'hôpital bénévole n°49bis de Bagnols-sur-Cèze.L'Hôtel-Dieu. (c) Musée du service de santé des armées.

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