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Journal d'un Poilu sur le front d'Orient

6 Février 2013 , Rédigé par FO Publié dans #varia

Journal d'un Poilu sur le front d'Orient
SORTIE 2003 -

Jean Leymonnerie. Journal d’un Poilu sur le front d’Orient, présenté par Yves Pourcher, Paris : Flammarion-Pygmalion, 2003, 362 p.

Le sergent Jean Leymonnerie (1895-1963), originaire de Ribérac en Dordogne nous offre un témoignage de sa guerre qui mérite d’être redécouvert. Leymonnerie a raconté non seulement son expérience militaire à l’armée d’Orient, au 175e régiment d’infanterie, mais il nous a laissé une relation remarquable de son parcours de blessé ainsi que de ses pérégrinations hospitalières.

Les lettres et carnets de route de Jean Leymonnerie ont été scrupuleusement restitués dans leur contexte par l’ethnologue Yves Pourcher qui ne s’est pas contenté de nous servir le manuscrit lissé par l’auteur au fil du temps ; mais a souhaité accéder aux documents originaux conservés par la famille, contraignant rétrospectivement Leymonnerie « à rester ce soldat de vingt ans qu’il avait été » (p. 14). Appelé par anticipation sous les drapeaux (classe 1915), Leymonnerie s’inscrit dans une stratégie classique d’évitement – tout lui est bon pour échapper au front ! – (volontariats les plus divers, pour le peloton d’élève-officier, pour la Cavalerie, l’Aviation, l’Orient, etc.). Ce dernier volontariat sera accepté et notre crypto-embusqué sera conduit par son mirage d’exotisme au Verdun des Dardanelles : aux ravins du Kévérès-Déré (15 juin au 8 août 1915). Après un séjour épuisant aux tranchées, malade de la dysenterie, il bénéficie d’une convalescence dans le sud de la France. Evacué de Salonique sur le « France II » il est hospitalisé à l’hôpital de Bandol en août-septembre 1915 ce qui lui permet de fréquenter pour ses consultations l’hôpital maritime de Saint-Mandrier. Toujours inscrit dans sa stratégie d’évitement et après moult pelotons et passages au dépôt du 175e qui ont dû lui valoir une solide réputation de tire-au-flanc et probablement lui coûter sa ficelle d’aspirant, Jean Leymonerie retourne, le 3 octobre 1916, à Salonique. Il est presque aussitôt engagé avec le 175e dans le saillant de Kérali lors de la bataille de Monastir (novembre 1916). Grièvement blessé le 14 novembre, « abandonné » dans le no man’s land entre tranchées françaises et bulgares, il échappe à la capture et à la mort mais ne peut éviter, quatre jours plus tard, l’amputation de sa jambe gangrénée.

Commence alors pour lui un long « chemin de Damas » qui va le conduire du poste de secours, à l’ambulance alpine [plutôt ambulance de colonne mobile n°1] de Sakulevo puis à l’hôpital d’évacuation (HOE n° 2) d’Excissou où il sera amputé. Evacué sur la base de Salonique, installé à l’hôpital auxiliaire n°2 [plutôt hôpital temporaire n°2] il attend patiemment son rapatriement en métropole. Débarqué à Toulon, le 12 décembre 1916, du navire-hôpital « Sphinx », il rejoint la Riviera et l’hôpital américain de Nice [hôpital bénévole n° 147 bis] où il séjournera près d’un an. Son séjour à Nice fait l’objet de longs développements (p. 258-309) dans lesquels le jeune mutilé transformé par sa douloureuse expérience cultive son nouveau statut de « héros malgré lui » (R. Cazals, CRID 14-18) : racontant son histoire pour permettre à son hôpital de lever des fonds jusqu’en Amérique ; en se faisant l’observateur sagace et parfois cruel du monde hospitalier et de ses conflits domestiques. Nous l’accompagnons, au travers du Chemin de Croix du Poilu mutilé, balisé par la cicatrisation, les reprises chirurgicales et l’attente de l’appareillage, dans ce milieu cosmopolite et privilégié où se côtoient médecins et infirmières américaines, anglaises, brésiliennes... Cette attente de la « jambe de l’Amérique » tant espérée et qui ne vient pas. Ce patient au long cours est attentif au spectacle d’une formation hospitalière qui vit et se transforme sous ses yeux, l’interpelle et le fait réagir : « Nice – 24 mai 1917, l’hôpital évolue. On le transforme en annexe de chirurgie pour officiers, c’est-à-dire qu’on en fait une maison d’officiers » (p. 276) dans laquelle, lui, le sempiternel élève-officier recalé, l’étudiant en droit de Bordeaux, l’anglophone courtisé, a trouvé toute sa place. L’hôpital américain devient le creuset de sa nouvelle position sociale, celle de combattant décoré, de héros mutilé dont le périple hospitalier se poursuit près de ses proches à l’hôpital complémentaire n°37 de Ribérac, du 22 octobre à novembre 1917, puis au centre d’appareillage de l’hôpital complémentaire n° 35 à Bordeaux qu’il « taille » en formules lapidaires : « Liberté très grande. Nourriture mauvaise ! ».

Jean-François Marc Leymonnerie libéré de ses obligations militaires, le 18 février 1918, se retirera à Ribérac où entouré par les siens, admiré par ses concitoyens, il exercera la profession de conservateur des hypothèques.

Hôpitaux et ambulances d’accueil : Hôpital complémentaire n° 9 de Bandol – Hôpital de la marine de Saint-Mandrier – Ambulance alpine, plutôt ambulance de colonne mobile n° 1 de Sakulevo – Hôpital d’évacuation n° 2 d’Excissou – Hôpital auxiliaire, plutôt hôpital temporaire n° 2 de Salonique – Hôpital bénévole n°147 bis, dit « hôpital américain » de Nice – Hôpital complémentaire n° 37 de Ribérac – Hôpital complémentaire n° 35 de Bordeaux.

La Guerre de 1914-1918 : ++

Histoire du service de santé militaire : /

Histoire locale : /

Histoire hospitalière : ++

Le blessé, l’aventure humaine : +++

Photo : L'hôpital bénévole n° 147 bis, "l'hôpital américain" de Nice. Coll. Musée du service de santé des armées, DR

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Tietie007 04/05/2016 08:39

Mon grand-père russe, Pierre Gortchakoff, fut mobilisé en Sibérie en 1916 et partit sur le front de Salonique avec la 2eme brigade russe, en 1917, via Arkhangelsk, Brest, Toulon.

http://tietie007.blog4ever.com/pierre-gortchakoff-1897-1942-de-la-siberie-a-marseille

anti snoring devices 16/04/2014 13:36

This blog is a good source to know more about the important hospitals part of the military during historic wars. These have played a vital role in serving the soldiers in a great way and these services can never be forgotten.