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HOPITAUX MILITAIRES FRANÇAIS EN BELGIQUE OCCUPEE – FLORENNES 1914

Rédigé par François OLIER Publié dans #les hopitaux, #recherche archives documentation, #Belgique 1914-1918

HOPITAUX MILITAIRES FRANÇAIS EN BELGIQUE OCCUPEE – FLORENNES 1914
En 2014 : Une nouvelle catégorie de mon blog dédiée aux aspects médico-militaires affectant les troupes françaises en Belgique, de 1914 à 1918 et mettant en avant la solidarité belge à l'égard de la France et des évènements qui s'en sont suivis : bataille des Frontières, massacres de sanitaires, atrocités allemandes sur les populations civiles belges. Malheureux évènements qui ne seront pas officiellement commémorés par les Etats européens en 2014.
Pour ces embusqués du grand oubli, seuls, les morts ont perdu la guerre en 14-18....

Après avoir présenté une série de témoignages de médecins français prisonniers des Allemands dans le nord-est, y compris en Lorraine et Alsace annexées, il était grand temps pour moi de remercier nos voisins belges qui sont de plus en plus nombreux et assidus à mon blog, en leur faisant partager de nouveaux témoignages qui ont pour cadre la Belgique occupée. Ce premier article consacré à la bataille de Charleroi (Mettet et Florennes avec le 10e CA français, de Rennes en Bretagne) sera suivi d’autres. Je compile actuellement des témoignages sur les massacres de « sanitaires » à Ethe et Gomery, en marge des atrocités allemandes sur les populations belges innocentes et un grand article sur le service de santé à la bataille de Rossignol (18-20 août 1914).

Ces témoignages de médecins militaires du 10e corps d’armée sont d’autant plus importants que les journaux des marches et opérations de nombre d’ambulances du 10e CA n’ont pas été conservés dans les archives militaires (cf. annexe 2). Je me permets de rappeler que les JMO des ambulances (1914-1918) ne sont pas encore en ligne sur le site « Mémoire des Hommes » ; ils restent consultables – sur place, sur rendez-vous et soumis à autorisation préalable - au centre de documentation du musée du service de santé des armées au Val-de-Grâce (1, place Alphonse Laveran – 75230 Paris cedex 05), à Paris. Je donne en annexe 2 le détail des JMO du 10e CA conservés dans cet organisme militaire majeur pour toute recherche sur l’Histoire du service de santé militaire français dans la Grande Guerre.

En marge de la bataille de Charleroi (août 1914)

« Rapport du médecin aide-major de 2e classe [Henri] Dejust [de l’Institut Pasteur] sur sa détention en Allemagne – 24 août – 28 novembre 1914.

J’ai été mobilisé comme médecin aide-major de 2e classe, à la 6e ambulance du 10e corps d’armée (médecin-chef Docteur Kalt, ophtalmologiste des Quinze-Vingt, à Paris).

Cette ambulance a fonctionné pour la première fois, le 23 août à Mettet (petite ville de Belgique située sur la ligne Charleroi-Dinant, à l’intersection d’une autre ligne menée de Namur à Philippeville).

Il était 16 heures lorsque les premiers blessés sont arrivés. Nous nous sommes bornés à faire une large désinfection des blessures au moyen de teinture d’iode dédoublée (à 5%), à appliquer, sans aucune manipulation un pansement que nous nous efforcions de rendre aussi occlusif que possible.

Nous faisions coucher immédiatement dans une grange les blessés qui ne pouvaient marcher et dirigions les autres sur l’arrière. A 18 heures, le médecin-chef de mon ambulance de se replier en laissant à Mettet un médecin et trois infirmiers pour donner des soins aux blessés que l’on ne pouvait évacuer. Ce médecin, conformément au règlement, devait être le plus jeune de l’ambulance. Je fus donc désigné.

A dix-huit heures et demie l’ambulance se repliait avec son matériel me confiant environ 130 blessés ; elle me laissa quelques paquets de pansements. Je disposais, en outre, de ma trousse personnelle. [page 2] L’ordre qui me fut laissé était de me mettre en rapport avec le médecin de la N° Division et d’agir suivant les circonstances. Le médecin de cette division n’étant pas, à ma connaissance, venu à Mettet. J’ai donc agi selon mon initiative personnelle.

Les blessés continuèrent à arriver à mon poste. Jusqu’à minuit je ne pus faire autre chose que m’occuper des nouveaux arrivants qui se présentaient sans cesse. Aucun blessé ne fut amené par des brancardiers ; tous étaient transportés par des moyens de fortune : amenés par des civils sur des voitures, transportés à bras par des camarades, etc.

A ce moment la plus grande partie de l’arrière-garde de l’armée française avait quitté Mettet, et d’après les renseignements qui m’étaient parvenus. J’attendais d’un instant à l’autre l’arrivée de l’armée ennemie.

J’ai pensé que je devais tenter cependant l’évacuation de mes blessés vers les lignes françaises (Florennes, 9 km), par les moyens que je pourrais me procurer. Il était d’une très grande difficulté de se procurer soit chevaux, soit voitures, et ceci pour deux raisons : les réquisitions semblaient avoir absolument épuisé le pays ; d’autre part la rencontre possible, pour ne pas dire probable, d’un détachement ennemi qui dans l’obscurité n’aurait pu voir mon brassard à Croix-de-Genève, m’obligeait à me déplacer dans Mettet et ses environs avec les lenteurs et les précautions imposées à tout soldat marchant en éclaireur.

Vers 4 heures du matin, j’ai eu la chance, néanmoins, grâce à la bonne volonté d’un habitant du pays de trouver 4 chevaux et 2 voitures sur lesquelles j’ai chargé soixante de mes blessés les plus graves. J’ai formé le reste de mes blessés en convoi et sous le commandement d’un adjudant blessé, ce convoi a effectué à pied le pénible trajet, à une vitesse d’environ 1 km 1/2 à 2 kms à l’heure. [page 3] J’ai laissé derrière moi à Mettet, après leur avoir fait une injection de morphine, deux blessés agonisants. J’ai quitté Mettet à 5 heures ; et je suis passé peu après à la hauteur des dernières batteries de 75, qui protégeaient la pointe de l’arrière-garde, au moment où ces batteries commençaient à se mettre en action. J’ai conduit le convoi jusqu’à Florennes où il est arrivé à temps pour, que tous les blessés évacuables parle chemin de fer puissent partir immédiatement par le dernier train régulier d’évacuation vers l’arrière. J’ai donc, de la sorte été assez heureux, pour pouvoir éviter que 148 de nos combattants tombent aux mains de l’ennemi.

Je suis alors revenu avec mes trois infirmiers me mettre aux ordres du médecin-chef de mon ambulance. A ce moment cette ambulance reçut l’ordre de s’installer dans le Collège des Pères Jésuites de Florennes et d’y fonctionner parallèlement avec l’ambulance n°7 du 10e Corps d’armée qui y était déjà en action depuis 48 heures. J’ai travaillé dans ces conditions jusqu’à 19 heures, premier instant où, depuis 48 heures, j’ai pu prendre un peu de nourriture et de repos.

Or, le 24 août au matin, les médecins-chefs des ambulances n°6 et 7, recevaient du directeur du service de santé l’ordre de se replier et de désigner chacun 2 médecins ayant mission de s’immobiliser avec les blessés jusqu’à l’arrivée de l’armée allemande. Le médecin-chef de l’ambulance n°6 me désigna ainsi qu’un de mes collègues : le Docteur Oudot, le médecin-chef de l’ambulance n°7 désigna les docteurs Bertrandon et Guinet. Les 13 infirmiers qui nous furent adjoints étaient des volontaires 6 et 7 et de la section d’hospitalisation. Le matériel laissé à notre disposition se composait de 5 fourgons [page 4 ] sans attelage, renfermant du matériel de l’ancien modèle.

Les ambulances 6 et 7 quittèrent Florennes à 7 heures du matin. Mes confrères et moi nous trouvions alors dans la situation suivante : organiser des soins pour environ 800 blessés. Immédiatement nous avons pu choisir 500 blessés relativement légers, faire préparer un train par le personnel de la gare, et évacuer ces blessés vers la France. Restaient 300 blessés graves, dont un grand nombre n’avait encore reçu aucun soin. Le caractère de grande gravité de ces blessés s’explique par ce fait que, depuis 2 jours, 2500 blessés environ avaient défilé dans les ambulances 6 et 7 et que seuls avaient été gardés à Florennes, les blessés absolument intransportables. Ces blessés étaient épars dans la ville, le collège et ses dépendances.

Comme ressources nous disposions :

Local : Le collège des Pères Jésuites et ses dépendances. Le Collège reçoit normalement 300 élèves internes. Il présentait des ressources et des commodités inespérées : dortoirs, cuisines, même une salle d’opération avec 2 tables d’opération, lesquelles avaient été installées la veille par l’ambulance n°7 dans un local se prétant admirablement à cette destination.

Personnel : Le Collège était vide de ses élèves, mais presque tous les Pères étaient présents. Sous la direction du Père Bureau, recteur, ils nous ont prêté le concours le plus dévoué et le plus précieux. Sans eux, disposant seulement d’un personnel militaire de 13 infirmiers, il eut été impossible de subvenir aux besoins des 300 malades graves, couchés. Ces Pères furent aidés dans leur besogne par des sœurs de divers ordres ayant leurs maisons à Florennes, et par des jeunes filles de la population civile. Je signale dès à présent le courage dont ont fait preuve ces auxiliaires bénévoles lorsque quelques obus ont éclaté au-dessus de l’ambulance [page 5] et brisé même le vitrage de la salle d’opération. Personne n’a quitté son poste.

Fonctionnement de l’ambulance : Nous avons organisé la division du travail de la manière suivante : le docteur Guinet, chirurgien, se chargea des interventions importantes, de l’administration de l’ambulance, de la direction du personnel civil et militaire.

Le docteur Oudot, ophtalmologiste et laryngologiste, s’occupa spécialement des blessures de la face. Il se chargea, en outre, d’un service d’environ 100 blessés.

Le docteur Bertrandon dirigea un service d’égale importance (100 blessés).

J’assurai pour ma part les soins d’un même nombre de blessés et, en ma qualité de chimiste, je remplis en même temps les fonctions de pharmacien.

A chaque service nous affectâmes 3 infirmiers, les autres furent affectés à la salle d’opération. Le personnel civil fut divisé de même. Presque toute la besogne correspondant au service des infirmiers d’exploitation fut assurée par les Pères Jésuites. L’Administration et les écritures étaient, par exemple, tenus par un Père, sous la direction du docteur Guinet.

Pendant ce temps, le feu d’artillerie allemande se rapprochait, mais il est équitable de faire remarquer qu’à aucun moment l’hôpital n’a été pris comme but. Les obus qui sont tombés dessus venaient de coups égarés.

Occupation par l’armée allemande – 24 août.

A 3 heures, les troupes d’infanterie allemande pénétrèrent dans la ville. Etant le seul de mes camarades qui sut quelque peu l’allemand, je me plaçai à la porte de l’hôpital en compagnie […] Pères Jésuites et du Commissaire de la ville. [page 6] Au premier sous-officier allemand qui arriva, je demandai à être mis en rapport avec un médecin militaire allemand. Les dépendances de l’Hôpital furent visitées par des patrouilles, mais ces patrouilles ne pénétrèrent pas dans les salles de blessés.

Dans l’après-midi, les médecins allemands arrivèrent à l’hôpital. Parmi eux se trouvait le professeur Hildebrand de Berlin. Il examina un blessé allemand en consultation avec le docteur Guinet et confia à ce dernier l’intervention qui était urgente. Comme nous avions besoin, pour opérer un de nos soldats, de catguts, et que nous en manquions, les médecins allemands nous en fournirent immédiatement.

Le surlendemain [26 août], le Feldlazarett n°4 du Garde Corps, médecin-chef docteur Gasper, vint prendre possession de l’hôpital. Le docteur Gasper respecta complètement l’autonomie de notre formation. Il se borna à donner ses soins à une soixantaine de blessés allemands, couchés dans une salle spéciale. Au point de vue administratif, le Feldlazarett se chargea de surveiller l’approvisionnement général et le service du poste militaire de garde. Dès le premier jour, le docteur Gasper fit preuve, vis-à-vis de nous d’une parfaite correction. Je dois rapporter deux traits du docteur Gasper, traits auxquels nous fûmes particulièrement sensibles : Le docteur Gasper ayant trouvé deux pavillons français parmi le matériel de notre formation, les remit entre nos mains. D’autre part, lors de l’enterrement de nos morts, le docteur Gasper fit rendre les honneurs militaires par un détachement de soldats allemands. Pendant le séjour du FeldLazarett, un certain nombre de blessés étant devenus transportables. L’administration allemande nous demanda [page 7] de désigner deux d’entre les blessés susceptibles d’être évacués sur l’arrière allemand. Les médecins allemands s’en rapportèrent entièrement à nous quant au choix de ces blessés.

Le Feldlazarett quitta Florennes le 4 septembre, laissant quelques blessés allemands. Il fut remplacé par le Kriegslazarett : Médecin-chef, le docteur Muller. Nous conservâmes avec ce médecin, les mêmes excellentes relations qu’avec le docteur Gasper. Pendant l’occupation par le feldlazarett un certain nombre de blessés fut évacué sur Spa, d’autres sur Mettet, puis une destination inconnue.

Le 10 septembre, le Kriegslazarett évacuait de Florennes tous les blessés allemands.

Le 12 septembre, mes camarades et moi reçumes l’ordre d’évacuer Florennes avec tous les blessés transportables, et de gagner Charleroi. Les blessés intransportables, déterminés d’accord avec un médecin allemand étaient au nombre de 19.L’administration allemande les confia à un médecin civil de Florennes, le docteur [Paul] Rollin.

Le 13 septembre, à 8 heures du matin, on nous fit prendre place, avec nos blessés, et nos infirmiers, dans un train à destination de Charleroi (25 km). Nous arrivâmes à Charleroi seulement à 18 heures. Dans la gare de cette ville, l’administration allemande divisa rapidement les blessés :

  1. – Les blessés les plus graves furent transportés sur des brancards jusqu’à l’hôpital de la ville ;
  2. – Les blessés les moins graves montèrent dans un train où on nous fit prendre place avec nos infirmiers ;

Au moment où le train se mit en marche, les collègues et [page 8] moi apprîmes qu’il nous emmenait vers Cologne.

Notre présence était inutile auprès de ces blessés relativement légers, mais elle était nécessaire à Charleroi auprès des blessés graves ; aussi nous fîmes notre possible pour retourner auprès de ces derniers.

Descendus de notre propre autorité à Herbesthal, station frontière, nous mîmes le commandant de la gare et le médecin au courant de notre situation. On nous autorisa à quitter le train et attendre à Herbesthal les instructions demandées télégraphiquement. Pendant notre séjour dans cette ville (24 heures), nous avons été, ainsi que nos infirmiers extrêmement bien traités. Au bout de 24 heures, on donna l’ordre de nous transporter à l’hôpital Saint-Laurent à Liège. En arrivant dans cet établissement, nous avons trouvé 6 médecins militaires français venant de Maubeuge ; 2 autres faits prisonniers à Namur y arrivèrent dans la suite. Jusqu’au 20 septembre, on nous garda à Liège. Il nous était interdit de sortir de l’hôpital, les médecins militaires belges avaient, par contre, la faculté de sortir en vêtements civils. Pendant ce séjour, aucune besogne médicale ne nous fut confiée. Nous n’avons même pas vu une salle de malades.

Le 20 septembre, tous les médecins français de l’hôpital Saint-Laurent furent dirigés vers le camp d’Ohrdruf (Thuringe) […].

Dans le rapport du médecin aide-major de 1ère classe Lucien Oudot les noms des infirmiers militaires français de Florennes sont mentionnés avec quelques informations supplémentaires :

Les infirmiers de l’amb. n°6/10 : Jules Guillou, Ory, François Le Bars, Le Merrer et Ollivier de la section d’hospitalisation ; ceux de l’amb. n°7/10 : le caporal Eon, Jean Fayer, Eugène Robichet, Joseph Barbedette et Alain Sauvage. « Ces infirmiers revenus d’Allemagne après onze mois de captivité ont rempli leur devoir avec bravoure et dévouement. Je suis heureux d’avoir à vous signaler leur belle conduite pendant le bombardement de Florennes en particulier. Un obus ayant éclaté au-dessus de la salle d’opération vitrée où plusieurs d’entre eux se trouvaient avec nous, ils n’en ont pas moins continué leurs soins aux blessés avec le plus grand calme.

Restés à Florennes avec 700 blessés, nous avons par tous les moyens à notre disposition évacués près de 500 blessés sur Philippeville avant l’arrivée des allemands.

Un acte de brutalité à signaler : un père jésuite de Florennes parti réclamer le Directeur des Pères Jésuites emmené comme otage a été assommé à coup de crosses et de souliers par des soldats allemands. A moitié enterré laissé pour mort, il nous fut ramené le soir sur un brancard […]. »

Sources : Musée du service de santé des armées, au Val-de-Grâce à Paris, carton n° 635 (Dejust) et n° 639 (Oudot).

Sur le R.P. Lafra, l'otage signalé ci-dessus et l'occupation de Florennes par les Allemands, ainsi que sur les exactions commises dans la ville, l'on se reportera à : Schmitz J et Nieuwland N, Documents pour servir à l'Histoire de l'invasion allemande dans les provinces de Namur et de Luxembourg, 5e partie, t. VI, L'Entre-Sambre-et-Meuse. Bruxelles-Paris : G. Van Oest, 1923, p. 56-62.

Annexe 1 Sur Florennes et les ambulances 6 et 7/10 aventurées en Belgique, entre Sambre et Meuse, avec la Ve armée (Lanrezac). D’après Poirier (A.-P.). Le service de santé d’un corps d’armée dans la bataille. Le 10e CA à Charleroi (Août 1914), dans la revue du service de santé militaire, t. CVII, 2e sem. 1937, p. 817-846.

21 août 1914 – Le 10e CA intégré à la Ve armée comprend une brigade de cavalerie et trois divisions d’infanterie (19e, 20e et 37e DI). Situation des ambulances (8, de l’ancien modèle 1892) : 19e DI (amb. n°2/10 et 3/10) ; 20e DI (amb. n°1/10 et 4/10) ; les quatre autres (5/10, 6/10, 7/10 et 8/10) sont affectées aux éléments non endivisionnés de CA, à la disposition du directeur du service de santé).

22 août 1914 – Les amb. n°5/10 et 6/10 ENE sont en mouvement de Saint-Aubin vers la région de Mettet. Les amb. n°7/10 et 8/10 sont en route, en arrière de Florennes. Après-midi et début de soirée : les amb.n°5/10 et 6/10 suivent le train de combat du CA jusqu’aux environs de Mettet. L’amb. n°6/10 fonctionne dans l’école de filles de Mettet jusqu’à 22h30 (400 entrées) puis fait mouvement sur Florennes emportant ses blessés. Durant ce laps de temps, l’amb. n°7/10, restée en arrière sans directives organise à Florennes un échelon sanitaire de 275 lits dans les écoles municipales, l’établissement Concordia et le collège des Jésuites. Ce « centre hospitalier » est bientôt renforcé par l’amb. n°3/10 repliée de Fosse ; l’ensemble est placé sous la direction du professeur Pierre Duval de Paris (1874-1941). A la fin de la journée plus de 2000 blessés auront été évacués, en collaboration avec les Belges, par trains sanitaires au départ de Florennes.

23 août 1914 – L’amb. n°6/10, venue de Mettet renforce le centre hospitalier. En soirée, chargement d’un dernier train sanitaire de 400 blessés en gare de Florennes. Retraite générale du 10e CA.

24 août 1914Matin : Evacuation du centre hospitalier de Florennes par les ambulances du 10e CA, hormis quatre médecins maintenus pour soignés les intransportables (cf. témoignages ci-dessus).

Annexe 2 – Journaux des marches et opérations (JMO) des ambulances du 10e corps d’armée (1914-1918) conservés au Musée du service de santé des armées, Val de Grâce à Paris :

Amb. n°1/10 : 3 vol. (4 août 1914-1er mars 1919) – Amb. n°2/10 : Manque – Amb. n°3/10 : Manque – Amb. n°4/10 : 3 vol. (10 août 1914-15 février 1919) – Amb. n°5/10 : 3 vol. (10 août 1914-10 mai 1919) – Amb. n°6/10 : 2 vol. (9 août 1914-1er janvier 1919) – Amb. n°7/10 : 2 vol. (10 août 1914-1er janvier 1919) – Amb. n°8/10 : Manque [un/le registre d'état-civil, n°27, de cette ambulance est conservé aux archives nationales de Fontainebleau] – Amb. n°9/10 : Manque – Amb. n°10/10 : Manque – Amb. n°11/10 : 4 août 1914-1er janvier 1919) – Amb. n°12/10 : 3 vol. (13 août 1914-décembre 1918), avec lacunes du 16 août au 14 octobre 1915 et du 30 novembre 1916 au 30 avril 1917 – Amb. n°13/10 : 1 vol. (5 août 1914-7 mars 1919) – Amb. n°14/10 : 1 vol. (12 août 1914-19 janvier 1919) – Amb. n°15/10 : 1 vol. (13 août 1914-16 janvier 1919) – Amb. n°16/10 : Manque.

Mise à jour : 16 août 2014

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