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Journal de guerre du service de santé - mardi 14 mai 1940

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Mardi 14 mai 1940

Repli de la VIIe armée (Giraud) derrière l'Escaut d’Anvers. La 68e division d'infanterie se "cramponne" aux îles de Walcheren et de Beveland. En Belgique, la Ière armée est au contact. Le Corps de cavalerie se replie derrière la position de Gembloux. Dans les Ardennes, multiplication des têtes de pont allemandes, sur la Meuse, au contact des IIe et IXe armées. Bombardement systématique des arrières de la IXe armée (Corap). Recul général, déroute. Repli des IIe et IXe armées sur la deuxième ligne de défense. Percée allemande de plus de 50 kms. La VIe armée (Touchon) reçoit l'ordre de rétablir la liaison entre les IIe et IXe armées.

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

est dès son engagement, au contact des Allemands sur la position de Gembloux-Ernage.

 

            Corps de cavalerie - Repli du groupement d'ambulances du Corps de cavalerie sur Villers-Saint-Ghislain (7 kms est de Mons), à l'exception de l'ambulance chirurgicale n°229 (Fleurus) qui "restera déployée jusqu'à la liquidation de la situation" (76 entrants du 14 au 15 mai). Le DSS/CC s'établit à Fleurus. Une des deux sections sanitaires automobiles de renfort est mise à la disposition du DSS/5e CA (médecin-colonel Augé). Ces évacuations se font sur Maubeuge par autorail et véhicules sanitaires.

 

            Le Directeur du service de santé de la Ière armée visite Binche, Bonne-Espérance, où il prévoit l'installation de l'HoE1 n°13 (médecin-lieutenant-colonel Rigaux) dans les locaux d'une abbaye "immense" et Thuin où l'installation de l'HoE1 n°1 (médecin-commandant Diffre) est envisagée.

            A Lobbes, la section d'hygiène lavage désinfection n°181 est "anéantie" par un bombardement aérien. A Mons, est poussée l'ambulance chirurgicale légère n°251 (médecin-lieutenant Welti), qui y restera jusqu'au 16 mai, renforcée par le groupe chirurgical mobile n°15 (médecin-lieutenant Joly) qui fonctionnera les 14 et 15 mai 1940. A 24h 00, ordre est donné de préparer le repli de toutes les formations sanitaires arrivées à Thuin (15kms sud-ouest de Charleroi). La Ière armée arrête également toutes les formations sanitaires en cours de transport, dont ses deux hôpitaux d'évacuation primaire (n°1 et 13).

 

            Centre hospitalier de Bonne-Espérance - (cf. supra) Arrivée à Thuin de l'ambulance médicale n°31 (médecin-capitaine Joulia) et d'une section d'hygiène lavage désinfection qui sont dirigées le jour même sur l'abbaye de Bonne-Espérance. L'ambulance chirurgicale légère n°231 fait mouvement de Binche sur Bonne-Espérance où fonctionnent déjà l'hôpital d'évacuation primaire n°13 et l'ambulance chirurgicale lourde n°422 (médecin-commandant Chenut).

 

                      IIe armée -

Elargissement des têtes de pont allemandes de Houx et de Sedan.

 

             HoE1 n°5 (Ancemont) - 222 lits sont occupés à minuit. Dans la journée, 188 entrées et quatorze sorties dont deux décès sont enregistrés.

 

              HoE1 n°10 (Vouziers) - Le repli de l'HoE1 n°10 et de l'hôpital complémentaire d'armée n°312 (Corbon) est décidé sur Sainte-Menehould-Vertevoyes. Ce centre hospitalier fonctionne dorénavant comme groupement d'ambulances de corps d'armée (GACA) et évacue sur Bar-le-Duc. Départ d'un train sanitaire de 360 blessés (14h 30). A 20h 00, il ne reste plus qu'une soixantaine de blessés. A la nuit, évacuation complète des blessés.

 

              Centre hospitalier de Maison-Rouge - A l'ambulance chirurgicale légère n°242 : "travail formidable, du fait de la disparition du GACA (n°10) du Chesne et de certains GSD, des blessés arrivent sans aucune fiche de l'avant. Les deux équipes chirurgicales opèrent sans arrêt..."

 

             Hôpital militaire de Mourmelon - subit un bombardement, ainsi que le camp d'aviation. Ce bombardement sera renouvelé le 15 mai.

 

                        IIIe armée

            HoE1 n°7 (Pont-à-Mousson) - Deux autocars sanitaires de la compagnie sanitaire automobile n°543 sont mis à la disposition de l'HoE1 n°7 de Pont-à-Mousson (médecin-lieutenant-colonel Campaignolle).

 

                       VIe armée (détachement d'armée Touchon) - armée de réserve

              Dans la nuit du 14 au 15 mai, départ rapide pour le front de Aisne d'un petit détachement du service de santé militaire comprenant: un médecin, un sous-officier et trois infirmiers de l'ambulance chirurgicale légère n°236 (Peyrus) avec du matériel et deux véhicules sanitaires.

 

           Centre hospitalier de Reims - (sera dans le secteur du détachement d'armée Touchon le 15 mai). Un train sanitaire est accordé à la direction du service de santé de la 6e région militaire (Châlons-sur-Marne) pour l'évacuation de Reims de 350 blessés civils. C'est sur Reims, compte-tenu du non déploiement de l'HoE2 n°4 d’Epernay, toujours en "réserve générale" le 14 mai, que pèse tout le poids des évacuations sanitaires de la bataille de Sedan. Reims joue en effet, avec ses douze hôpitaux complémentaires et ses 6 881 lits, le rôle d'HoE2 au profit des IIe, VIe, IXe armées et complète, au mieux, la "barrière sanitaire" des HoE2 dans laquelle le médecin-général Liégeois a laissé un vide énorme de plus de 200 kilomètres entre Compiègne (HoE2 n°7) et Bar-le-Duc (HoE2 n°2).

 

                       VIIe armée -

repli sur le camp retranché d’Anvers.

           

 

             Centre hospitalier de Bruges - installation de l'HoE1 n°14 (médecin-colonel Tournier).

 

            Centre hospitalier de Gand - Renforcement du centre hospitalier de Gand-Zwijnaarde par la 21e compagnie d'infirmiers de réserve générale, une section d'hospitalisation de l'hôpital complémentaire d'armée n°317 (Brouste) et l'ambulance chirurgicale lourde n°412 (en partie). Le groupe chirurgical mobile n°18 de Saint-Omer est également dirigé sur Gand. Le centre hospitalier peut recevoir des blessés et opérer à 16h 00. Au soir du 14 mai, Gand comprend onze équipes chirurgicales et quatre radiologues.

 

             Centre hospitalier du Touquet-Paris-Plage - Renforcement du centre hospitalier par trois équipes chirurgicales et 150 hommes, provenant de l'HoE2 n°4 d’Epernay (médecin-colonel Pauron). La 1ère section de la compagnie sanitaire automobile n°967 de Saint-Riquier (douze autocars sanitaires) est également mise à sa disposition.

 

                          VIIIe armée -

             

Insigne de tradition de l'ambulance chirurgicale légère n°258, appartenant à la VIIIe armée. Considérée comme disparue pendant la campagne de France.

            Etude de déploiement de l'hôpital d'évacuation primaire n°8 (médecin-commandant Faure) à Remiremont.

 

                           IXe armée -

En situation précaire, compte-tenu des puissantes formations blindées allemandes qui après avoir enfoncé les défenses de la IIè armée se rabattent vers l'Ouest dans son secteur.

 

              HoE1 n°2 (Rethel) - Encombrement de blessés civils : 300 évacués dont 150 graves. Un train sanitaire a été bombardé. Evacuation par autorail sanitaire des blessés de troisième urgence (U3). L'aide-major général envisage la constitution d'un train sanitaire de blessés civils, à évacuer sur la 4e région militaire du Mans.

 

              HoE1 n°4 (Liesse) - (rapport de mission du médecin-commandant Wilmoth, de l'état-major de l'aide-major général). L'ambulance chirurgicale lourde n°428 (médecin-commandant Soupault) est en partie détruite par un bombardement: "deux salles d'opération ont été réinstallées dans des caves aménagées." Capacité de traitement de 60 blessés par jour. Chargement d'un train sanitaire en gare.

 

              Centre hospitalier de Fourmies - Hospitalisation de 400 à 500 blessés. Evacuation sur Ribemont et repli le 15 mai.

 

              Centre hospitalier de Laon - (Hôpital complémentaire "Foch") reçoit des blessés du front après 14 heures de route et de Rethel après deux heures. L'aide-major général accorde au centre hospitalier: trois équipes chirurgicales mobiles, huit véhicules sanitaires et des moyens de stérilisation (cinq autoclaves).

HOPITAUX D'EVACUATION SECONDAIRE

 

                        HoE2 n°7 (Compiègne) - a reçu vingt blessés civils. "S'il en reçoit d'autres, il devra déborder sur les salles militaires" de l'hôpital civil de Compiègne.

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie maritime

           Toutes les évacuations sanitaires par voie maritime, tant françaises que britanniques, du corps expéditionnaire français en Scandinavie transitant par la Grande-Bretagne (détachement médical de liaison à Manchester) sont dirigées sur la base sanitaire de Lorient (instruction n°100 294/4/FT du 14 mai 1940).

 

                        Voie routière

            DSS/2e région militaire (Amiens) - signale qu'elle a des difficultés à assurer le transport des blessés. L'aide-major général fait diriger 40 camionnettes disponibles, aménagées en version sanitaire.

            Compagnie sanitaire automobile n°961 - utilisée sans ordres, retourne à Ailly-sur-Noye.

            CSA n°974 - est mise à la disposition de l'HoE2 n°6 (Beauvais).

            CSA n°983 - provenant de la Ve armée est reportée à Senlis.

         CSA n°984 - provenant de la VIIIe armée est mise en réserve à Crépy-en-Valois (24 kms sud-est de Compiègne).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IIIe et VIIe armées]

 

                        Voie ferrée

            Le GQG demande à l'état-major général de l'armée (télégramme n° 9753-4/FT) la constitution, à partir des équipements existants de deux trains sanitaires pour couchés.

           L'aide-major général met à la disposition de l'armée belge un courant d'évacuation passant par Ghywelde, Dunkerque, Calais et Etaples, en direction du centre hospitalier du Touquet, réservé à l'hospitalisation belge.

             Diffusion du tableau récapitulatif, arrêté à la date du 14 mai, des centres hospitaliers de l'Intérieur "sur lesquels pourront être dirigés des trains sanitaires de blessés à opérer" appelés aussi "trains rouges".

 

TABLEAU n°2 - Centres hospitaliers "abonnés" pour un train sanitaire de blessés à opérer :

3e région militaire (Rouen)

Evreux - Trouville - Rouen - Caen - Lisieux – Saint-Lô

4e région militaire (Le Mans)

Le Mans - Rennes – Bagnoles-de-l’Orne - Alençon

5e région militaire (Orléans)

Nevers

8e région militaire (Dijon)

Châlons-sur-Saône - Sens

9e région militaire (Tours)

Un train rouge tous les quatre jours, soit à Angers, Tours ou Poitiers

 

                        RC n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de gare régulatrice n°2 (Laon) - nombreux arrivages de blessés (bombardements de Corbény sur la route de Reims, de Laon (13 mai) et de Guignicourt).

 

                        RC n°3 (Saint-Dizier)

            - un train sanitaire partiellement détruit à Charny.

            - le train sanitaire n°109 (médecin-lieutenant Danhier), de Vouziers (306 évacués) sur Bar-le-Duc.

            - le train sanitaire n°466 signalé au départ de Vouziers (600 évacués) sur Bar-le-Duc prend en remorque le train sanitaire n°303.

 

                        RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°460 (316 évacués), de Dijon-Beaune sur la 13e région militaire (Néris-les-Bains).

            - le train sanitaire n°512 (médecin-lieutenant Madeuf) de 247 évacués, de Besançon sur Carpentras.

            - le train sanitaire n°535 (273 évacués), de Sarrebourg sur Epinal.

            - le train sanitaire n°563 (328 évacués), de Montbéliard-Luxeuil sur Autun.

 

                        RC n°5 (TROYES)

            - le train sanitaire n°318 (médecin-lieutenant Lapuyade), de Commercy (301 évacués) sur Nevers (14 mai).

            - le train sanitaire n°325, de Réthel (204 évacués) sur Soissons et Compiègne (15 mai).

 

                        RC n°6 (Venissieux)

            - Un autorail sanitaire de Nantua sur Lyon (39 assis et quatre couchés).

            - Deux autorails sanitaires jumelés de Gap sur Crest et Valence (seize assis et 64 couchés).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, VIe et IXe armées]

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        La 7e direction du ministère de la Guerre fait procéder :

            - à l'envoi d'appareils de fractures type "Lardennois"; fait fabriquer du store en rouleaux (type "Eugène Perdu") ; envisage la fabrication d'appareils de fractures de Pouliquen.

            - à l'achat de brancards : 40 000 sont commandés et seront livrés à raison de 300 par semaine, 3 000 sont envoyés aux stations-magasins. On compte actuellement à la station-magasin de Sens, 1 800 brancards, à la station-magasin de Saint-Cyr (2 800), à la station-magasin d’Avord (300). Compte-tenu de la destruction d’Avord, ils seront répartis sur les régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°3 (Saint-Dizier), n°7 (Creil).

            - à la constitution urgente de matériel de neuro-chirurgie ;

          - à l'expédition de médicaments de faible poids et de peu de volume par la section automobile féminine (SSAF). Cet organisme dispose pour cette mission de trois sections auxiliaires de transport sanitaire (SATS): n°5 201/19 (lieutenant Henrion), n° 5 202/19 (lieutenant Dreyfuss), n° 5 203/19 (lieutenant Roques) ;

            - à l'achat de médicaments destinés au traitement des hémorragies: Anthemo, Arrhemapectil et au traitement du choc: syncortyl (laboratoires Roussel) et néocortyl.

 

                        Pharmacie centrale de l'armée (fort de Vanves à Malakoff) - répartira vingt lots de traitement des brûlures, par jour, sur les régulatrices de communications.

 

                        Station-magasin de Dole – A la suite au bombardement de la station-magasin d'Avord, la station-magasin de Dole fait procéder à une dispersion de ses approvisionnements en trois locaux distants au minimum de 800 mètres.

                    Alcide Dutilleul, né le 27décembre 1914 à Croix (Nord), diplômé de la faculté de Médecine de Nancy (1939), médecin-auxiliaire au 2e régiment de dragons portés, mort au combat le 14 mai 1940 à Aische-en-Refaix (Belgique).

 

                     Robert Lapierre, né le 13 octobre 1913 à Casablanca (Maroc), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1936), médecin-lieutenant au 1er régiment de dragons portés, mort le 14 mai 1940 au combat à Aische-en-Refaix (Belgique).

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