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Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

26 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Lundi 13 mai 1940

Hollande - bataille, capitulation et bombardement de Rotterdam. Belgique - repli du Corps de cavalerie. Franchissement de la Meuse par les Allemands, à la jonction de la IXe armée (Corap) et de la IIe armée (Huntziguer); les défenses françaises sont bousculées. Constitution d'une forte tête de pont à Monthermé. Attaque de Sedan (16h 00). L'aile gauche de la IIe armée lâche pied (21h 00). A la IIIe armée, la position avancée de Longwy est menacée.

 

 

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                        Ière armée -

hâte la mise en état de défense de la position Wavre-Namur.

            Le 2e échelon de la DSS/Ière armée se porte à Valenciennes. Liaison du directeur du service de santé avec le directeur du service de santé du Corps de cavalerie (DSS/CC) à Saint-Géry et le DSS/5e CA à Warfusee.

 

            Corps de cavalerie -  18h 00, un point d'embarquement par voie ferrée (PEVF) pour automotrice sanitaire est signalé à Marlais (8 kms au nord-ouest de Fleurus) pour les blessés légers. Le Corps de cavalerie demande à la Ière armée un renfort de deux sections sanitaires automobiles (SSA). L'ambulance chirurgicale légère n°229 (Fleurus) a déjà reçu 73 blessés dont 40 de première urgence (U1), "opérés dans d'excellentes conditions de temps et d'installation."

 

            HoE1 n°3 (Marcoing) - renforcé par l'ambulance chirurgicale lourde n°411 (médecin-commandant Richard). Arrivée dans la nuit du 13 au 14 mai, du groupe chirurgical mobile n°40 (médecin-lieutenant Chigot) à trois équipes chirurgicales.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - Evacuation par train sanitaire des blessés de Maubeuge. A la clinique "Saint-Christophe", affluence de blessés graves. Deux équipes chirurgicales travaillent sans arrêt. Une nouvelle salle de réchauffement est installée. Repli de nombreux médecins isolés, d'infirmiers et de formations sanitaires.

 

            Centre hospitalier de Saint-Quentin - Départ de l'ambulance chirurgicale légère n°231, de Saint-Quentin pour Binche, où elle installe un poste de recueil dans le collège.

 

                        IIe armée -

La Meuse est franchie par les Allemands à l'Ouest de Sedan, à Houx et Monthermé.

 

           

Médecin général Bercher, DSS du 10e corps d'armée

10e corps d'armée - La direction du service de santé du 10e corps d'armée (médecin-général Bercher) perd toute liaison avec ses formations sanitaires. Au groupement d'ambulances du même corps d'armée (GACA n°10) installé au Chesne: une "atmosphère de panique règne dans ce secteur". Le repli de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 de Maison-Rouge (4 kms, sud du Chesne) est ordonné.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - Nombre de lits occupés à minuit : 188 - Dans la journée : 96 entrées et 72 sorties dont trois décès.

 

            HoE1 n°10 (Vouziers) - Afflux considérable de blessés (hôpital complémentaire "Jeanne d'Arc"). L’ambulance chirurgicale lourde n°402, venant de Maison-Rouge s’implante à l’école « Mazaryck ».

 

                        IIIe armée -

            Le point d'embarquement voie ferrée de Longwy est replié sur Longuyon.

 

                        IVe armée

            HoE1 n°11 (Saint-Jean-de-Bassel) - Arrivée de 23 blessés dans la nuit.

 

            Relève des moyens d'évacuation de la compagnie sanitaire automobile n°982, par ceux de la compagnie sanitaire automobile n°544, à Burthecourt, Luneville et Morhange.

 

                        VIIe armée -

vient occuper la ligne générale : isthme de Woendsrecht-Turnhout.

 

            Centre hospitalier de Bruges - Regroupement des formations sanitaires, dont l'ambulance chirurgicale lourde n°416 (médecin-capitaine Thalheimer).

 

            Centre hospitalier de Gand - Regroupement des formations sanitaires de la VIIe armée au centre hospitalier de Gand-Zwijnaarde (banlieue sud), lequel possède 500 lits d'hospitalisation et 400 places d'évacuation sous tentes.

Formations sanitaires regroupées : ambulance chirurgicale lourde n°407 (médecin-capitaine Cibert), ambulance chirurgicale légère n°257, ambulances médicales n°47 et 57, sections d'hygiène lavage désinfection n°137 et 147, laboratoire d'armée "Z" n°347. Bombardement de deux ambulances chirurgicales transportées par voie ferrée, en gare de Gand.

 

            Centre hospitalier de Roulers - Arrivée de deux formations sanitaires de réserve générale : l'ambulance chirurgicale lourde n°412 (médecin-lieutenant-colonel Assali) et l'hôpital d'évacuation primaire n°22 (médecin-commandant Franchi) "qui resteront sur roues".

 

                        IXe armée -

La situation est très grave, en raison du franchissement de la Meuse à Houx et Monthermé.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - L'ambulance chirurgicale lourde n°430 (médecin-capitaine R. Bloch) signale l'arrivée de l'équipe chirurgicale mobile n°37 (Cochin) venant de Vittel (HoE2 n°5). A Rethel, débordé, les blessés se présentent en très grand nombre. A 04h 00, des camions de réquisition en conduisent une grande partie à Reims. Dès 05h 30 une section sanitaire de volontaires américains fait la navette entre Rethel et Reims.

 

            HoE1 n°4 (Liesse) - Bombardement aérien : "Toute l'hospitalisation chirurgicale est absolument inutilisable pendant deux jours." Après triage, l'hospitalisation des blessés se fait à l'hôpital complémentaire "Foch" de Laon (15 kms de Liesse).

E- [Evacuations sanitaires, voie ferrée, RC2 (Laon)]

 

            Centre hospitalier de Fourmies - L'ambulance chirurgicale lourde n°423 signale l'arrivée en renfort des groupes chirurgicaux mobiles n°37 et 38 provenant de Vittel.

 

                        Corps expéditionnaire français en Scandinavie

            Prise de Bjerkvik par la 13e demi-brigade de Légion Etrangère. Conclusions du médecin-capitaine Merklen intéressant le fonctionnement du service de santé de ce débarquement de vive force :

            " 1) - Dans une opération de débarquement, le fonctionnement du service de santé régimentaire est aisé et presque normal en cas de succès ; impossible à faire fonctionner en cas d'échec. Il est à craindre en cas d'échec que les blessés des éléments débarqués ne tombent aux mains de l'ennemi et que les blessés des éléments débarquants ne soient noyés.

            2) - Il est donc inutile de faire débarquer trop tôt un élément sanitaire avancé (comme celui que j'avais demandé dans mon instruction technique). Chaque PS (B)ataillon ou (R)égiment ne doit débarquer que lorsque l'unité correspondante a largement et solidement mis pied sur la côte.

            3) - Il faut donc prévoir que le service de santé ne fonctionnera que très lentement. En fait dans le débarquement de Bjerkvik les premiers éléments de combat ont débarqué vers 02h 00 du matin. Les postes de secours de bataillon ont dû commencer à fonctionner entre 07h 00 et 08h 00. Le poste de secours central de la demi-brigade vers 10h 00 et le service divisionnaire britannique vers 18h 00 seulement".

 

Journal de guerre du service de santé - lundi 13 mai 1940

EVACUATIONS SANITAIRES

 

            Voie routière

            Rappel d'une section de la compagnie sanitaire automobile n°974 (capitaine Delegorgue), affectée à la Ière armée, qui est en cours de déplacement. Il lui est donné ordre de retourner à Beauvais à l'HoE2 n°6 (médecin-colonel Soulié) pour en assurer le service.

            Retour de deux sections de la compagnie sanitaire automobile n°961 (Ailly-sur-Noye).

            La compagnie sanitaire automobile n°983 (capitaine Giliby) quitte Lorquin (Ve armée) pour la VIIe armée.

            La compagnie sanitaire automobile n°984 (capitaine Peron) fait mouvement sur Troyes.

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, IVe armée]

 

            Voie ferrée

            L'aide-major général demande aux régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier), n°5 (Troyes), n°7 (Creil) "d'assurer les évacuations demandées par les armées, les régions et les HoE2, qui désirent vider autant que possible leurs formations en les libérant des malades ou blessés hospitalisés depuis un certain temps ; de diriger ces blessés ou malades de préférence sur les régions de l'Intérieur les plus éloignées".

 

            Diffusion de la directive n°3 aux directions du service de santé d'armées (n°11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940) relative à l'hospitalisation, aux évacuations, au ravitaillement sanitaire.

            "Le plan d'évacuation devra être réalisé en tenant compte des possibilités d'interruption de la voie ferrée."

enlightened - [cf. Manoeuvre sanitaire, IIIe armée]

 

            Régulatrice de communications n°2 (Laon)

            Hôpital complémentaire de régulatrice de communications n°2 (Laon) - Evacuation des malades médicaux   "L'ACL Z à Liesse et l'HoE ont été bombardés, le bloc chirurgical est atteint et hors d'usage. Nous devons être prêts à fonctionner à leur place, à partir de cette nuit".

            - le train sanitaire n°360, de Rethel (360 évacués) à Rennes (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

      - le train sanitaire n°408 (96 malades) de l'hospice civil de Belfort sur Brive.

      - le train sanitaire n°467 (325 évacués) de Saint-Die sur Autun.

      - le train sanitaire n°503 (285 évacués) d’Autun sur la 15e région militaire (Nimes).

 

            RC n°5 (Troyes)

      - le train sanitaire n°104 (médecin-lieutenant Giraudon), du 13 au 15 mai, de Langres (49 évacués), Chaumont (258 évacués) sur Périgueux, désinfection à Cosne et retour à Brienne.

      - le train sanitaire n°525, après désinfection à Vittel, embarque 295 évacués sur Cahors. Retour au garage à Bar-sur-Aube, le 16 mai.

 

            RC n°6 (Venissieux)

      - Deux autorails sanitaires jumelés (50 assis et 16 couchés) de Chambéry sur Lyon.

 

            RC n°7 (Creil)

      - le train sanitaire n°118 (médecin-lieutenant Fuchs), de 244 évacués, de Marcoing-Cambrai sur Le Mans et Alençon.

      - le train sanitaire (334 évacués) de Saint-Quentin sur la zone de l'Intérieur.

      - le train sanitaire n°201 (médecin-lieutenant Traut) est au Cateau, du 13 au 17 mai.

 

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

            Des directives sont adressées aux stations-magasins pour assurer le ravitaillement d'urgence des régulatrices de communications et leur réapprovisionnement en matériels sanitaires (directive n° 11 528/SS/FT/EM du 13 mai 1940).

            La Direction de l'Artillerie informe l'aide-major général qu'elle dispose de 300 brouettes porte-brancard à répartir sur les armées.

            L'Aide-major général demande à la 7e Direction :

            - d'accélèrer les livraisons aux stations-magasins de bandes plâtrées, sparadraps, drains, etc...

            - l'expédition sur les stations-magasins de Saint-Cyr et de Sens, de l'alcool et de l'éther qui se trouvaient à la station-magasin d’Avord, le 11 mai, lors de son bombardement.

            - le nivellement sur les régulatrices de communications des matériels Z (paniers et musettes)

            - la mise en place de films radiographiques et de médicaments auprès des régulatrices de communications n°1 (Amiens), n°2 (Laon), n°3 (Saint-Dizier).

MEMORIAL

 

Jean Benjamin Ferrari, né le 12 janvier 1908 à Venacco (Corse), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1932). Médecin-capitaine au 77e régiment d’infanterie, mort au combat, tué par une explosion d’obus le 13 mai 1940 à Dinan (Belgique).

 

Jean Lucien de Lemos, né le 23 mai 1910 à Paris, diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937), médecin-lieutenant au 1er régiment d’autos-mitrailleuses, mort au combat le 13 mai 1940, à Vodecée (Belgique).

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