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Journal de guerre du service de santé - Dimanche 12 mai 1940

24 Janvier 2020 , Rédigé par François OLIER Publié dans #GUERRE 1939-1945

 

 

Dimanche 12 mai 1940 (Pentecôte)

Hollande - les Allemands marchent sur Amsterdam. Repli des troupes françaises sur Berg-op-zoom et Lierre. La reprise de Rotterdam est abandonnée. Les troupes allemandes franchissent le canal Albert. Le front belge est rompu dans la région de Tongres (près de Maastricht). Infiltrations allemandes au sud de Namur. Franchissement dans les Ardennes de la frontière française. Dans la soirée, de Dinant à Sedan, l'ennemi est devant la Meuse.

 

 

Le médecin-colonel Jean Lambert des Cilleuls, médecin-chef du Corps de Cavalerie (à gauche)

MANOEUVRE SANITAIRE

 

                       Ière armée -

La Ière armée se trouve déployée entre Wavre et Namur. En avant, le Corps de cavalerie est puissamment attaqué et résiste sur la ligne Tirlemont-Huy.

 

           

Corps de Cavalerie - Le groupe d'ambulances du Corps de cavalerie (GACC) s'implante à Fleurus :

            - l'ambulance chirurgicale légère n°229 (médecin-capitaine Sicard) s'installe à "'Institution des soeurs de Notre-Dame" (52 lits) ;

            - l'ambulance médicale n°29 (médecin-commandant Chavialle puis médecin-capitaine Lainier) à l'institution épiscopale "Saint-Victor", 54 lits.

            - le groupe sanitaire de ravitaillement n°29 (médecin-commandant Carrade) à l' "Ecole Mayenne". Celui-ci subit un bombardement aérien (5 blessés).

            Les évacuations primaires sont assurées sur Maubeuge et Valenciennes (plus de 80 kms).

            La DSS/Ière armée recherche à Mons des locaux "susceptibles d'être utilisés à des fins sanitaires", destinés à recevoir le matériel d'un hôpital d'évacuation primaire.

 

            Centre hospitalier de Maubeuge - les 4 équipes chirurgicales de l'hôpital militaire fonctionnent sans arrêt sous la règle des 3X8 (8 heures de chirurgie, 8 heures de soins et de triage, 8 heures de sommeil). Dans la soirée, le régulateur annonce l'arrivée d'un train sanitaire pour le lendemain.

            La 2e section de la compagnie sanitaire automobile n°971 va à MONS et la 4e section à Maubeuge.

 

          Centre hospitalier de Saint-Quentin - l'ambulance chirurgicale légère n°231 (médecin-lieutenant-colonel Didiée) est à Saint-Quentin.

 

                        IIe armée -

dont la cavalerie se replie derrière la position de résistance.

 

            HoE1 n°5 (Ancemont) - 357 lits sont occupés à minuit. Dans la journée : 103 entrées et 272 sorties dont 2 décès.

 

         HoE1 n°10 de Vouziers (médecin-commandant Magnenot) - reçoit 300 blessés par jour. L'ambulance chirurgicale lourde n°402 (médecin-commandant Bloch) est affectée à Vouziers en renfort, de même que le groupe chirurgical mobile n°9 (médecin-capitaine Leydet) et l'équipe chirurgicale mobile n°4.

 

            Centre hospitalier de Maison-Rouge -  L'ambulance chirurgicale légère n°242 (médecin-lieutenant Baumann) fonctionne à Maison-Rouge et signale le départ de l'ambulance chirurgicale lourde n°402 pour Vouziers.

 

         L'hôpital complémentaire d'armée n°312 de Saint-Morel (médecin-commandant Culty) et l'ambulance chirurgicale légère d'étape n°262 de Corbon (médecin-capitaine Cordier) subissent des bombardements sans conséquences.

 

                     IVe armée -  demande la mise à sa disposition de l'ambulance chirurgicale légère n°281 de réserve générale de Toul, qui lui est refusée par l'aide-major général, en raison de l'activité des armées du Nord.

 

                        VIIe armée -

se renforce dans les îles des bouches de l'Escaut, poursuit l'acheminement de ses grandes unités d'infanterie ; prend le contact avec les troupes allemandes au nord-est d’Anvers.

 

            Intention de la VIIe armée de faire venir à Saint-Nicolas, l'hôpital d'évacuation primaire n°14 (médecin-lieutenant-colonel Tournier) dont la première destination était Bruges et qui vient de quitter Soissons par voie ferrée. Toutefois il reste une incertitude sur ce mouvement. Arrivée à Saint-Nicolas de l'ambulance chirurgicale légère n°257 (médecin-capitaine Rudler), de l'ambulance médicale n°47, de la section d'hygiène lavage désinfection n°137. Ces formations, en attente de déploiement, restent sur roues. La situation militaire impose un repli pour le lendemain (13 mai à 08h 00) sur Gand (plus de 30 kms). Suppression du centre hospitalier de Saint-Nicolas, repris par des formations sanitaires du groupement d'ambulances de corps d'armée (GACA) n°1. Maintien du poste chirurgical avancé (PCA) organisé par l'ambulance chirurgicale légère n°257, jusqu'à sa relève par le GACA n°1. Suppression du poste chirurgical avancé de Braaschaat (banlieue nord-est d’Anvers).

 

            Centre hospitalier de Bruges - L'ambulance médicale n°77 (médecin-commandant Bernier) est à Bruges avec une équipe chirurgicale de l'hôpital complémentaire d'armée n°327.

 

                        IXe armée - opère le repli de ses divisions légères de cavalerie (DLC) sur la Meuse ; poursuit au nord de Givet l'installation de ses grandes unités d'infanterie.

 

            HoE1 n°2 (Rethel) - une section de la compagnie sanitaire automobile n°972 est détachée à Rethel pour l'évacuation de l'hôpital civil (70 couchés et 250 assis) sur le centre hospitalier de Reims. La gare de Rethel avait été bombardée la veille (11 mai à 09h 10).

 

EVACUATIONS SANITAIRES

 

                        Voie routière

            L'aide-major général demande à la direction de l'Artillerie d'assurer le recomplètement en véhicules sanitaires des ambulances chirurgicales lourdes n°424 et 425 (médecin-lieutenant-colonel Duboureau) et de l'ambulance chirurgicale légère n°281 (Banzet) de Toul.

            Le 12 mai l'état-major général (4e bureau) prescrit le regroupement des compagnies sanitaires automobiles n°982 (IVe armée), n°983 (Ve armée), n°984 (VIIIe armée).

enlightened [cf. Manoeuvre sanitaire, Ière et IXe armées]

 

                        Voie ferrée

Destructions de voies ferrées sur l'axe Tergnier-Charleroi, et la zone Laon, Rethel, Reims, Saint-Dizier: "quatorze interruptions dont cinq réparées dans la journée".

 

            RC n°3 (Saint-Dizier)

            - le train sanitaire n°105 (médecin-lieutenant Coulloudon), du 12 au 14 mai, de Vouziers, Verdun, Ancemont, Bar-le-Duc sur Angers (14 mai).

          - le train sanitaire n°565 (médecin-lieutenant Bertrand), d’Ancemont (210 évacués) et Vouziers (181) sur Poitiers (14 mai).

 

            RC n°4 (Vesoul)

            - le train sanitaire n°473 de Dijon sur la 13e région militaire (Moulins-Clermont-Ferrand).

         - le train sanitaire n°534 (médecin-lieutenant Jacquot) de Besançon (299 évacués) sur la 15e région militaire (Tarascon) au 13 mai.

            - le train sanitaire n°561, de Sarrebourg sur l'HoE2 n°3 de Sathonay.

 

            RC n°5 (Troyes)

             - le train sanitaire n°108, de Toul (329 évacués) à Auxerre, via Sens et Joigny (14 mai).

            - le train sanitaire n°164 (357 évacués), du 12 au 14 mai, de Vittel sur Auch. Le 16 mai, retour à Pagny.

            - le train sanitaire n°418 (médecin-lieutenant Malaplate) de 301 évacués, du 12 au 15 mai, de Toul sur Orléans. Désinfection à Cosne. Retour à Thaon.

RAVITAILLEMENT SANITAIRE

 

                        L'aide-major général demande à la Pharmacie centrale de l'armée de Malakoff : des envois de sérums antitétaniques et antigangréneux sur les régulatrices de communications n°3 (Saint-Dizier) et n°4 (Vesoul) ; l'état des disponibles en produits anesthésiques et ligatures.

MEMORIAL

 

                     César Chaspoul, né le 18 octobre 1908 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute- Provence), ancien élève de l’Ecole du service de santé militaire et diplômé de la faculté de Médecine de Lyon (1935). Médecin-lieutenant au 1er bataillon du 4e régiment de tirailleurs marocains, mort au combat le 12 mai 1940 à Rouhling (Moselle).

 

                     Jean-Paul Tellier, né le 9 juillet 1911 à Levallois (Hauts-de-Seine), diplômé de la faculté de Médecine de Paris (1937). Médecin-lieutenant au 40e Groupe de reconnaissance de division d’infanterie, mort des suites de ses blessures au combat le 12 mai 1940 à Rombas (Moselle).

 

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