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MALADES SIMULATEURS ET HOPITAUX DISCIPLINAIRES… TOULOUSE, 1915.

23 Mars 2015 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

En réponse aux difficultés à apporter au traitement dans les centres neurologiques des soldats « hystériques rebelles » et autres « embusqués du cerveau », le professeur Raymond Cestan (1872-1933) de Toulouse, proposait, après avoir combattu l’expédient, de renvoyer les malades dans leurs foyers, de les démobiliser afin d’éviter « des effets de contagion » susceptibles d’affecter un plus grand nombre de soldats fragilisés. On retrouvera les détails de ce vaste débat sur les simulateurs dans les Soldats de la Honte, de Jean-Yves Le Naour (Perrin, 2011). Je propose aux lecteurs les conclusions d’un rapport d’inspection établi par un médecin d’active en charge de la « chasse » aux hospitalisations indues dans le ressort de la direction du service de santé de Toulouse qui ne ménage pas son propos. Ce document extrait des archives du musée du service de santé des armées est apostillé : « inadmissible » par le médecin inspecteur, chef du bureau des hospitalisations de l’administration centrale…

Le médecin major de 1ère classe D., inspecteur technique adjoint du service de santé de la 17e région militaire, au secrétariat d’Etat au service de santé militaire.

« Toulouse, le 20 décembre 1915

J'ai l'honneur de vous rendre compte qu’il y a en traitement à Toulouse à l'hôpital militaire dans le service de neurologie de M. le Professeur Cestan un groupe de malades fortement soupçonnés de simulation, ni les raisonnements ni les menaces n'ont pu les faire changer d’attitude.

Certains médecins ont proposé de grouper ces malades dans des hôpitaux spéciaux où ils espèrent les réduire par la privation de liberté, de viande, de vin de tabac.

Les hôpitaux disciplinaires seront des lieux de délices pour ces gens là qui y attendront patiemment la fin de la guerre.

Pour briser leur mauvaise volonté et pour éviter la contagion de leur mauvais exemple une solution s'impo­se : les envoyer dans les tranchées de première ligne et leur en confier la propreté, travail compatible avec leur état de santé."

Autre conclusion d’un rapport du même, en date du 1er octobre 1916.

« Au cours de mes tournées d’inspection, il m’arrive quelquefois de retrouver dans un Hôpital, soit en traitement, soit même proposés pour la Réforme, des malades ou blessés dont l'état de santé ne comporte ni séjour à l'hôpital, ni proposition d'aucune sorte, pour les distraire du Service Armé. Des hommes ont été longuement examinés et observés, même par des spécialistes qui ont conclu à leur aptitude à faire tout leur service.

Energiquement résolus à ne rien faire, ces réfractaires finissent par trouver un médecin timoré qui leur fait recommen­cer un nouveau cycle d'observation.

Le Commandement semble désarmé devant ces individus [.C]e ne sont pas des punitions de prison qui briseraient ces mau­vaises volontés. Seul l'envoi au front pourrait être efficace.

En l'absence de grosse lésion anatomique: paralysie, atrophie musculaire, raideur articulaire, cal vicieux, large cicatrice adhérente, etc. Tout individu claudicant, refusant de se servir d'une main, d'un avant-bras, d'une épaule, les plicaturés, les muets eux-mêmes qui n'attendent que la fin de la guerre pour recouvrer l'usage de la parole, et l'intégrité de tous leurs membres, devraient être employés à des services du front, en première ligne. On y verrait des cures merveilleu­ses qu'on ne verra jamais dans les meilleurs centres de physio­thérapie, de neurologie, ou même dans les établissements thermaux »

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serrurier 27/03/2015 18:07

J'apprécie votre blog, n'hésitez pas a visiter le mien.
Cordialement