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Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)…

21 Juillet 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia

Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)…

Le Service de santé au combat de Lagarde (11 août 1914)… un nouveau témoignage inédit…

A la veille du centenaire du combat de Lagarde (10-11 août 1914), je vous propose un nouveau témoignage inédit sur cette courte offensive française qui se transforma en véritable désastre (près de 2000 tués, blessés et disparus – dont 500 tués). Il n’est pas dans mon intention de retracer dans le détail cette malheureuse opération dans laquelle furent engagés deux bataillons d’infanterie (2/40e RI et 3/58e RI) et un groupe d’artillerie (1/19e RAC). Vous trouverez dans les sources « in fine » matière à réflexions sur cet engagement traité plus particulièrement par l’historien lorrain Jacques Didier (Lagarde, Ysec, 2006).

« Le 10 août 1914, la 2e division de cavalerie française monte une opération surprise pour s’emparer du village de Lagarde, en Moselle annexée, avec deux bataillons de la 59e brigade. L’action est menée rapidement et sans opposition adverse. Mais le lendemain, les Allemands contre-attaquent. L’artillerie prépare le terrain efficacement en neutralisant les pièces françaises, qui sont finalement enlevées par une audacieuse charge d’uhlans. L’infanterie attaque ensuite le village, où les défenseurs français, isolés, sans espoir de renforts, succombent les uns après les autres. L’armée allemande, dès les premières journées de la guerre, fait ainsi une démonstration éclatante de sa puissance et de son efficacité (J. Didier) ».

Notre témoin, le docteur Louis-Frédéric-Etienne Lambert, de Lyon (1881- ?) est déjà connu au travers du témoignage qu’en a donné le docteur Fouquier dans un autre article du blog (4 septembre 2013).

Le docteur Lambert fut apparemment - avec le docteur Paul Escalier (cf. annexe) - le dernier survivant des médecins des deux bataillons engagés à Lagarde ; il nous a laissé trois rapports adressés à des destinataires et à des dates différentes qui traitent des vicissitudes du service de santé à Lagarde.

I - Compte-rendu du médecin auxiliaire [Louis] Lambert, en date du 20 novembre 1914, adressé au médecin-chef du 58e régiment d’infanterie sur les combats de Lagarde.

[page 12] Lyon le 20 novembre 1914 - Monsieur le Major,

A mon retour d'Allemagne j’ai pensé que peut-être vous seriez désireux d'être instruit de ce qui est advenu du personnel du Service de santé du 3e bataillon engagé dans l'affaire de Lagarde. Et comme probablement je suis le seul survivant, je prends la liberté au milieu de vos occupations, de vous envoyer la relation de nos misères.

Au début de l’action nous avions installé notre poste de secours à 5-600 mètres de la ligne de feu un peu en arrière des fourgons de munitions dans un repli de terrain qui nous paraissait un abri suffisant ; nous étions en rase campagne, le bruit ayant circulé que l'ennemi devait bombarder le village.

Déjà quelques blessés arrivaient, les paniers étaient ouverts et nous commencions notre travail lorsque subitement des obus tombèrent autour de nous, presqu'au même moment une grêle de balles venant de notre droite crépitait autour de la voiture et fauchait instantanément presque tout le monde, Doudet [Fernand Daudet] tombait des premiers le pied traversé, bref en quelques minutes il ne restait plus qu'un infirmier et moi, je place Doudet [Fernand Daudet] et quelques blessés à l'abri autant que faire se pouvait dans le petit fossé qui bordait la route. L'idée de gagner le village s'offrit tout de suite à moi mais une mitraille épaisse passait par là comme le montraient les pertes du poste médical du 40ème qui se trouvait un peu en avant de nous. Je pensais donc à me retirer plus en arrière pensant revenir prendre mes blessés, la voiture me précédait sous une grêle de balles et nous fîmes [page 13] ainsi une centaine de mètres, et en m'attardant à tirer un blessé dans le fossé, j'ai été atteint par l’éclatement d'un obus. De petits éclats et une balle pénétrèrent, la balle entraînant un bouton de culotte me brisa le bassin [à] trois centimètres de l'articulation sacro-iliaque, traverse l'abdomen par un trajet oblique et vint s'arrêter contre la peau au niveau de l'ombilic donnant lieu quelques jours après à un phlegmon de la paroi. Dès Iors je suis resté couché par terre sous le feu de mitrailleuses, ignorant ce qu'est devenu la voiture et l'infirmier qui l'accompagnait. Bref, Mauchant [Joseph Beauchamp], l'aide-major disparu dès le début et tout le personnel blessé ou mort, tel est le bilan de la journée.

Pour ma part, après avoir essuyé un ou deux coups de feu, j'ai été ramassé et obligé de marcher, pour comble de malheur, j'ai rencontré un détachement du 138ème allemand qui s'est jeté sur moi, m'a arraché mon équipement, mes vêtements, ma chemise, mes cheveux, m'a couvert de crachats. En dernière analyse, après avoir été menacé d'être fusillé, parce que je refusais de marcher, j'ai été envoyé d'une bourrade sur le tas de fumier qui se trouve au croisement des deux routes. J'ai enfin été recueilli par la Croix-Rouge allemande qui m'a fort bien traité à tous égards.

Les 14 et 15 [août], tout seul des 731 blessés français évacués à Dieuze, J’ai été laissé isolé et n'ai eu de soins que grâce à la charité de quelques jeunes filles du pays et à l'intervention d’un médecin civil, le docteur Husson qui me fit transporter à l'hôpital civil. Les 19 et 20 [août] je suis redevenu Français, mais des phénomènes péritonéaux encore intenses ont fait que malgré mes supplications je n'ai pas été évacué et que j’ai eu la douleur de voir repartir les nôtres....sans moi. [page 14] Je n'aurais plus rien à vous dire de cette lamentable odyssée si je n'avais été, dans les premiers jours de septembre, victime de la dénonciation d'un officier qui prétendait que je lui avais déclaré et que d'ailleurs il m'avait vu tirer sur les allemands. En prévention de Conseil de guerre, j'ai été interrogé par un juge militaire puis le silence s'est fait sur cette affaire et j’ai été finalement expédié par la Suisse à Lyon où je suis en congé de convalescence de trois mois attendant avec impatience le moment de repartir.

J'ai pensé, Monsieur le Major, que ce petit aperçu des faits et gestes allemands pourrait vous être utile, cela me permettait, d'autre part, de vous assurer à nouveau combien j'ai été touché de la bienveillance avec laquelle vous m'avez témoigné votre Intérêt pendant le trop court délai où je suis resté sous vos ordres.

Signé : Lambert. Docteur Lambert, ancien interne des Hôpitaux de Lyon. 6 quai de la Bibliothèque, Lyon.

N.B. Pendant mon séjour en Allemagne, je n'ai eu aucun détail sur les militaires du 58e et je sais depuis mon retour que l'on est toujours sans nouvelles de Doudet [Daudet].

II – Rapport du médecin aide-major Lambert, en date du 25 mai 1915, sur le service de santé du 3e bataillon du 58e de ligne, au combat de Lagarde.

[page 9] A Lyon le 25 mai 1915 - Médecin aide-major Lambert (réserve). Né le 14 novembre 1881. Interne de Lyon. Aide d'anatomie - Aide-major de 1915.

J’ai l’honneur de vous rendre compte des faits survenus au cours de ma courte campagne de 1914 et pendant sept semaines de captivité. Le poste de secours, du 3e bataillon du 58e de ligne, auquel j'étais affecté fut engagé à Lagarde le 11 août et fut bientôt pris sous le feu de l'ennemi. En quelques Instants il ne resta plus que le conducteur de la voiture médicale, un infirmier et moi. Mes deux confrères le docteur Beauchamp d'Orange et Daudet interne des hôpitaux de Paris disparu depuis avaient été atteints presque immédiatement par des balles de mitrailleuses. Avec l'aide du dernier infirmier, je rechargeai les paniers de la voiture médicale et donnai l’ordre de la conduire plus en arrière. Cette voiture fut peut-être le seul véhicule qui put rejoindre la France de tous ceux du 3e bataillon amenés à Lagarde ainsi que me le fit connaître à mon retour mon chef de service Monsieur le Médecin aide-major de 1ère classe Vidal.

Pour ma part désirant mettre à l'abri les blessés que j'étais obligé de laisser, je m' attardai à transporter ceux qui étaient autour de moi, dans le fossé qui borde la route, et c'est en rejoignant la voiture pour établir un autre poste à l’abri des mitrailleuses que je fus atteint par l’éclatement d'un obus. Je reçus une balle avec plusieurs éclats qui entraînant un bouton de culotte ainsi qu'en font foi des radiographies m'occasionnèrent une fracture [page 10] du bassin et la balle poursuivant son trajet du sacrum vers l'ombilic fut arrêtée à la peau.

A la fin du combat, lors de la relève, j'essuyai, bien que couché à terre, deux coups de feu, un notamment tiré de très près, pour être assis et opposé à l'achèvement d'un blessé qui ne pouvait marcher. Relevé à mon tour et contraint à marcher, je rencontrai un détachement du 138ème allemand qui se rua sur moi, me frappant, déchirant mes effets, me crachant au visage et lorsque, épuisé, je déclarais ne plus pouvoir marcher, je fus menacé d'être fusillé puis jeté sur un tas de fumier à l‘intersection des deux routes qui traversent Lagarde. Dans la soirée je fus transporté au lazaret de Dieuze puis abandonné à cause de la gravité de ma blessure abdominale. Je restais les journées des 14 et 15 août complètement seul et n'ayant de soins que par la pitié des habitants du pays qui m'amenèrent à l'hôpital civil. Là je revins aux mains des Français les 18, 19 et 20 août, mais bientôt j'eus la douleur de voir repartir mes compagnons et de retomber au pouvoir des Allemands. Je fus alors opéré d'un phlegmon de l'abdomen par un chirurgien de Nuremberg [probablement le docteur Burkardt, mentionné à Dieuze dans le rapport Fouquier] et depuis mon arrivée à l'hôpital, je n'aurais plus lieu de me plaindre, si vers le 10 septembre, je n'avais été accusé par un officier du 138ème [allemand] d'avoir fait usage de mes armes. J'ai tenu la lettre entre mes mains mais je n'ai pu me rendre compte si j'étais accusé d'avoir achevé des prisonniers ou d'avoir combattu comme soldat. Bref je fus en prévention de conseil de guerre et interrogé en allemand par un juge militaire assisté d'un sous-officier interprète. L'affaire en resta là grâce à l'appui d'un confrère allemand.

Dès cette époque, nombreux étaient les blessés français, un jeune médecin auxiliaire actuellement à Porquerolles, M. Fouquier [page 11] avait été laissé à l'hôpital de Dieuze où il prodiguait ses soins à tous sous la direction dévouée du médecin du pays Monsieur le docteur Husson. Néanmoins étant donnée l'orientation chirurgicale de mes études et malgré mon état précaire je fus prié d'opérer un certain nombre de blessés graves, notamment le capitaine Vallier du 61e qui présentait une balle de shrapnell ayant passé d'une région inguinale à l'autre. Le capitaine Vallier est actuellement guéri au camp de Heidelberg.

Enfin au 26 septembre on décida notre évacuation et nous fûmes renvoyés en France avec M. Fouquier après un voyage en 4e classe de quatre jours de durée. Au 30 septembre nous arrivions en Suisse où chacun s'évertua à nous faire oublier nos tribulations. Depuis lors je suis en congé de convalescence à Lyon avec le diagnostic suivant : Fracture du bassin - plaie pénétrante de l'abdomen. Claudication - modifications à la dynamique gastrique et intestinale par brides ou cicatrices - troubles vésicaux. Corps étrangers à la région sacrée, du passiliaque [psoas-iliaque], de la cavité abdominale et la région fessière. [signé :] Lambert. 6 quai de la Bibliothèque Lyon.

III - Rapport du docteur Lambert, médecin auxiliaire au 58e régiment d’infanterie, sur sa blessure au combat de Lagarde (11 août 1914), son calvaire et ses suites… en date du 1er janvier 1915

Ce rapport est inclus dans un courrier adressé par le colonel Jaguin, commandant le 58e régiment d’infanterie, en convalescence, au général, commandant les subdivisions de Nîmes, daté d’Avignon, du 1er janvier 1915.

« [page 2] Au cours du combat de Lagarde le 11 août le poste de secours fut subitement exposé à un feu très violent et le personnel médical atteint presque en totalité. Désirant trouver un abri, je rechargeais avec l'aide d’un dernier infirmier la voiture médicale et donnais l'ordre au conducteur de partir.

Mais les blessés étaient exposés au feu, je les plaçais avant de m'éloigner à l’abri dans un fossé et c'est en les quittant que je fus atteint par l'éclatement d'un obus. Je me rendis compte qu’un projectile entré en arrière presque au niveau du sacrum m'avait traversé l'abdomen et était venu frapper en avant au niveau de l'ombilic. De midi à cinq heures, je suis resté exposé à un feu des plus vifs couché à terre derrière un arbre. Vers cette [sept] heures le feu cessa, je m'adossais au talus et à la vue des soldats je criai "à moi" en levant un bras. Immédiatement un de ces hommes épaula son fusil se tourna vers moi et malgré mon immobilité fit feu. Je fus manqué et me recouchai la face contre terre et ne relevai plus la tête qu'aux cris déchirants poussés par un soldat, un second coup de feu retentit et je perçus une deuxième balle s’enfoncer près de moi. Ces deux coups de feu furent tirés à une distance de cent à deux cents mètres, il est juste de dire que pour le second je n’ai pas vu le soldat me viser comme pour le premier. Les cris étaient poussés par un Français blessé qui tenait à deux mains une baïonnette allemande ; le prussien avait probablement piqué ce blessé et il cherchait à se protéger. A ma prière le prussien n’appuya plus son arme et j’expliquai au malheureux français ce que l’on exigeait de lui par ces “hoch" assourdissants.

A mon tour je fus abordé par un soldat prussien, je lui fis connaître en allemand ma qualité de médecin et la gravité de ma blessure ; il fut très doux mais m'obligea è me lever et à marcher. Il m'offrit pour cela l’aide de son bras et me procura [page 3] une canne en cassant une lame abandonnée.

Je m’efforçai de marcher appuyé sur mon conducteur lorsque je rencontrai un détachement du 138ème allemand. A ma vue ces soldats se mirent à pousser des hurlements me menaçant de leurs fusils et de leurs baïonnettes, puis malgré mes protestations et celles de non conducteur me dépouillèrent de mes vêtements, me crachèrent au visage, me bousculant et me frappant. L'un d'eux m'arracha si brutalement mon képi de la tête qu'il l'emporta avec bon nombre de cheveux. Au bout de quelques instants le détachement ayant été dépassé, harassé Je déclarai ne plus pouvoir marcher.

Un sous-officier me menaça en disant : "si vous ne pouvez plus marcher on va vous fusiller" tout cela en allemand bien entendu. Je protestai de mon mieux arguant de ma double qualité de médecin et de blessé quand d'une bourrade le sous-officier m'envoya rouler sur un fumier qui se trouvait là (à la croisée des deux routes qui se coupent vers Lagarde) et m’enjoignit d’y rester quand il vit que je cherchais à me traîner à côté.

Je n’avais alors pour vêtement que ma chemise tiraillée et déchira en plusieurs endroits mon pantalon auquel avait été arraché plusieurs boutons. Je restais donc couché sur ce fumier exposé à un soleil ardent sans coiffure, harcelé par les mouches et sentant sur mes mains ramper les vers qui foisonnaient. Des artilleurs eurent pitié de mon sort ils me donnèrent à boire à deux reprises, m'apportèrent un morceau de toile pour me couvrir la figure mais aucun n’osa probablement enfreindre l'ordre du sous-officier et je restai sur le fumier.

Une colonne sanitaire s'approcha de moi et avec les plus grands soins me fit un pansement. On s'apprêtait à me transporter quand [page 4] un officier donna l'ordre de s'occuper des allemands d'abord. Je restais donc sur ce fumier pendant deux heures environ puis je fus transporté à l'ambulance régimentaire où je fus pansé à nouveau. Le médecin m'accompagna jusqu'à une automobile et recommanda de marcher très doucement. Je fus ainsi transporté à Dieuze le 11 août dans la soirée. Les 12 et 13 août je reçus des soins éclairés à l'hôpital militaire de Dieuze. Néanmoins dès le lendemain une péritonite évoluait marquée par des vomissements, de la température, le pouls rapide.....mon état me semblait désespéré. Le 14 [août] avant le jour les allemands évacuèrent le lazaret et me laissèrent seuls. Infirmiers, soeurs avaient disparu, des jeunes filles du pays vinrent par commisération 2-3 fois m'offrir à boire. Dans la soirée le lazaret fut réoccupé pendant quelques heures puis évacué à nouveau. C’est seulement le 15 août vers quatre heures de l'après-midi que, sur les instances d'un médecin de Dieuze, je fus transporté à l'hôpital civil où je reçus des soins empressés et cordiaux.

Les 19 et 20 août les Français occupèrent Dieuze mais à cause de la gravité de mon état, aucun médecin n'osa accéder à mon désir et me faire transporter. J'assistais donc de mon lit à la bataille de Dieuze et après la retraite française je fus repris par les Allemands ; j’eus alors de nombreux compagnons alors que du 14 au 19 j'étais le seul blessé laissé par les allemands à Dieuze. Après l'ouverture d'un phlegmon abdominal, ma convalescence marcha rapidement et le seul incident à signaler est une mise en accusation devant le conseil de guerre.

Par une lettre un officier déclarait que je lui avais affirmé et que d'ailleurs il m'avait vu (je ne suis pas absolument sur de cette dernière proposition) faire usage de mes armes [page 5] contre des blessés ou des soldats. Un juge avec un greffier et un sous-officier interprète vinrent m'interroger dans mon lit. Le juge se montra d'une correction parfaite, voulut bien donner créance à ma défense et ajouter foi à cet axiome qu’aucun médecin français ne pouvait être oublieux de ses devoirs et de sa mission.” Je fus également très soutenu par un autre médecin de Dieuze le Dr. Stach Von Gol[z]heim.

Enfin le 26 septembre je fus renvoyé vers Bâle en wagon de quatrième classe, sauf de Dieuze à Strasbourg où je voyageai en deuxième classe. La radiographie faite à Lyon a montré que je présentais une fracture du bassin en arrière, une balle de shrapnell dans la paroi abdominale antérieure et plusieurs éclats d'obus profondément dans le bassin. » [signé : Lambert].

Le court témoignage attribué à un médecin allemand :

Carnet de route d’un médecin allemand (Oberartz Walter de l’armée bavaroise ; prisonnier de guerre le 27 août 1914 à Hériménil)

« A ce moment, arrive la compagnie sanitaire. Spectacle pénible… Il y a des blessés partout et des deux partis. On les porte dans les granges, on les y couche. L’évacuation se fait lentement jusqu’à 2h de la nuit et de nouveaux blessés arrivent sans cesse. (…) » SHD-T Vincennes, 26N 649/1, JMO 58e RI, 5/08/1914-3/05/1915, p. 5.

Médecins tués, blessés ou disparus au combat de Lagarde :

Médecin aide-major de 1ère classe Joseph Beauchamps (1882-1914) du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Docteur en médecine, 1908. Médecin à Orange (Vaucluse).Tué à l’ennemi ;

Médecin aide-major de 2e classe Fernand-Victor-Marie-François Daudet (1890-1914) du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Interne des hôpitaux de Paris. Tué à l’ennemi ;

Médecin aide-major de 2e classe Paul Escalier, du 2e bataillon du 40e régiment d’infanterie. Fait prisonnier. Transféré à Dieuze puis aux camps de Torgau, Altengrabow, Parchim et Lügrumkloster, il rentra de captivité le 11 septembre 1915. Il a laissé un témoignage sur sa captivité, conservé au musée du service de santé des armées (carton n°636, dos. N.C. 6), dans lequel il ne parle pas du combat de Lagarde.

Médecin auxiliaire Marie-Emile Granier (1887-1914), du 19e régiment d’artillerie de campagne, 1er groupe. Tué à l’ennemi.

Médecin auxiliaire Louis-Frédéric-Etienne Lambert (1881- ?), du 3e bataillon du 58e régiment d’infanterie. Docteur en médecine. Ancien aide d’anatomie à la Faculté de médecine de Lyon. Blessé.

Sources :

Musée du Service de santé des armées au Val-de-Grâce, à Paris, carton n°637, dossier n°9 Nouveau classement (Lambert).

A classer parmi ses favoris, un incontournable pour le suivi des opérations militaires de 1914 à 1918 : http://www.carto1418.fr/19140810.php

Sur les mésaventures du docteur Louis Lambert à Dieuze, voir le témoignage du docteur Fouquier du 173e régiment d’infanterie dans notre blog (article du 4 septembre 2013) : ici.

Bibliographie :

Anonyme. Historique du 58e régiment d’infanterie. Guerre de 1914-1919. Avignon : Rullière, 1920, 65p.

Yves Buffetaut. L’affaire de Lagarde (1914), dans Tranchées Magazine, n°18, juillet-septembre 2014.

Jacques Didier. 10 et 11 août 1914. Lagarde. Louviers : Ysec, 2006, 128 p.

Modifié le 28 juillet 2014

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Jacques DIDIER 30/07/2014 08:54

Bonjour,

La mise en valeur du témoignage du médecin Lambert dans ces trois rapports, montre les difficultés dans lesquelles lui et le personnel de l'ambulance du 58e exercent leur mission de soins aux blessés pendant le combat.
Au cours de la commémoration du centenaire du combat de Lagarde, le 8 août, j'évoquerai ce témoignage dans ma conférence en citant vos travaux et vos livres.

Cordialement.
J. Didier

hopitauxmilitairesguerre1418 31/07/2014 11:45

Bonjour Monsieur Didier

Je vous souhaite une bonne conférence entourée de nombreux passionnés pour échanger sur ce "premier" combat de la GG.

Cordialement

Jacques Didier 31/07/2014 08:38

Bonjour,

La conférence que je donne à Lagarde vendredi 8 août à 14 heures, dans le cadre des commémorations du centenaire, porte sur les particularités du combat du 11 août à travers différents témoignages et les ouvrages publiés sur les batailles en Lorraine dont je suis l'auteur.

Cordialement.
J. Didier

hopitauxmilitairesguerre1418 30/07/2014 15:34

Bonjour Monsieur Didier

Je vous remercie pour votre commentaire. Pourriez-vous nous en dire plus sur votre conférence du 8 août : localisation, horaire?
cordialement