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MATHURIN MEHEUT AU FRONT, 1914-1918

27 Juillet 2014 , Rédigé par François OLIER Publié dans #varia, #Bretagne 1914-1918

MATHURIN MEHEUT AU FRONT, 1914-1918

Exposition, du 1er avril au 31 décembre 2014, au Musée Mathurin Méheut de Lamballe (Côtes-d’Armor)

Le musée Mathurin Méheut de Lamballe nous présente en 2014 une exposition labellisée « centenaire 14-18 » sur l’œuvre de Mathurin Méheut (1882-1958) durant la Grande Guerre. Toujours en recherche de thématiques « sanitaires », j’ai été irrésistiblement attiré par l’affiche de présentation de l’exposition représentant deux magnifiques brancardiers. Qu’à cela ne tienne, direction Lamballe.

L’exposition est installée dans les locaux de la belle « maison du bourreau » de la place du Martray (Musée Méheut) ; elle tient en deux salles à l’étage et présente « au coude à coude alignement » une fraction de la remarquable collection de dessins de Mathurin Méheut aux armées. Ces documents s’admirent eux-aussi « au coude à coude » tant le succès est présent… Malheureusement elle a subi un tri « sélectif » - pour en avoir admiré de riches éléments à Brest (1988), à Coëtquidan (1995), etc. - en raison probable de l’exiguïté des locaux et de prêts circonstanciels liés au Centenaire. Le discours scientifique de l’exposition qui met l’accent sur l’illustration de la dimension historique – exemple : Clémenceau au front - reste cependant parfaitement « audible ».

En tout état de cause, en matière de « sanitaire » il y a peu à glaner – pour un « furieux » comme moi, cela s’entend - : une estampe rehaussée de gouache, quelques « crayonnages » tout au plus représentant de nombreux blessés dont des prisonniers de guerre allemands. En dépit de leur sempiternelle présentation « étriquée » l’œuvre de Mathurin Méheut rayonne et ses gouaches colorées parviennent à illuminer l’horreur de la guerre et à dominer cette tristesse qui nous étreint à la vue de tant de destructions. Ce regard décalé ne peut qu’impressionner le visiteur, d’autant qu’il émane d’un véritable artiste combattant. A ses premières armes dans la « Grande Boucherie » et avant un « embusquage institutionnalisé » – comme tant d’autres artistes connus -, Mathurin Méheut (1882-1958) était un chef de section, cité, au 136e régiment d’infanterie de Saint-Lô.

Exposition à voir absolument et à méditer sans modération…

Mon coup de cœur… prévisible. : Mathurin Méheut. Brancardiers de [à] la Croix-Rouge, 1916 [sic]. Estampe rehaussée de gouache sur papier – 21,8x16,5 – Coll. Musée Mathurin Méheut de Lamballe, 1983.1.A.15.

Cette petite estampe - sujet de l'affiche de l'exposition - est accompagnée d’une photographie de l’hôpital d’évacuation (HoE) de Mont-Frenet sur laquelle l’on peut distinguer des véhicules d’une section sanitaire automobile russe (cf. Olier et Quénec’hdu. Hôpitaux militaires…, t. III, Louviers : Ysec, 2011, p. 45-47, sur les sections sanitaires automobiles, dont les russes).

Texte de présentation du commissaire de l’exposition : « Méheut est au Japon lorsque la Mobilisation est décrétée le 1er août 1914. Dans l’enfer des tranchées, il nous livre un témoignage sur la Grande Guerre grâce à ses nombreux croquis qui relatent la vie quotidienne mais aussi la dure réalité du conflit. Au-delà de l’intérêt artistique des dessins de guerre de l’artiste, cette exposition souhaite mettre l’accent sur leur dimension historique en les illustrant de documents d’archives, de petit matériel, de photographies et de films, empruntés au Musée de la Grande Guerre de Meaux et à l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense ».

Orientation bibliographique : L’incontournable : Jude (E. et P.). Mathurin Méheut 1914-1918. Des ennemis si proches. Rennes : Ouest-France, 2001-2014, 144 p. – que l’on peut encore se procurer (juillet 2014) à l’efficace Office du Tourisme de Lamballe.

Pour en savoir plus sur les hôpitaux militaires de Lamballe, des Côtes-du-Nord, de Bretagne, du Nord-Ouest en 1914-1918 : Olier et Quénec’hdu. Hôpitaux militaires dans la Guerre 1914-1918, tome 1, Nord-ouest, Louviers : Ysec, 2008, 302 p.

Lamballe (notice complétée) : Hôpital complémentaire n°71, installé à Lamballe dans les locaux de l’hôpital civil Villedeneu, rue du Jeu-de-Paume, avec deux annexes. L’ensemble comprend 130 lits. L’HC 71 est ouvert le 9 septembre 1914. Il est immatriculé sous le n°71 le 15 novembre 1914. Il ferme comme formation hospitalière militaire le 10 janvier 1919. A la fermeture, les malades et blessés militaires continueront, comme Avant-guerre, d’être accueillis dans les infrastructures redevenues civiles. Les personnels de l’HC n°71 : les docteurs Ageorges, Badin, Baque, Chesnais. Le service chirurgical est assuré par les docteurs Ageorges et Denisty ; ce dernier est un médecin bénévole belge originaire de Bruxelles. Les pharmaciens sont MM. Simon et Daniel. Le gestionnaire bénévole est M. Joseph Collet.

Mise à jour : 1er juillet 2015

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